04 novembre 2009
Célibataire, sans enfant.
Célibataire sans enfant depuis vendredi. C’était une grande première pour moi. Ca fait du bien, une semaine sans devoirs, sans bataille pour le choix de la musique à écouter, les banquettes pour moi toute seule, sans repas à préparer ….
Mais bon c’est un peu trop silencieux. A tel point que je vais finir par me causer toute seule histoire d’avoir la sensation que je raconte encore quelque chose.
La nuit, avant de me coucher, je fais le tour de mon chez moi minutieusement. Je vérifie partout si un satyre en mal de sadisme ne s’est pas planqué dans un coin. Je sais, j’ai trop d’imagination.
Je pensais faire une cure de sommeil pour commencer. Ca a merdé dès le premier jour. Après une super soirée filles chez moi le jour du départ de ma petite famille, autre grande première pour moi, je me suis couchée vers 3h30. Du matin. Yeux grands ouverts à 6h, j’avais la haine. Je me suis obligée à rester au lit parce que bordel, j’ai pas à me lever pour bosser, j’ai pas à me lever pour les gosses, alors je dors !
Ben je n’engueulerai plus jamais mes gosses qui n’arrivent pas à s’endormir le soir. C’est vrai quoi ! tu débarques dans sa chambre, y’a école le lendemain, il est pas loin de 22h et tu vois bien à sa façon de fermer les yeux qu’il est en train de faire tout ce qu’on veut, sauf dormir. Alors après mille et une tentatives douces et compréhensives, tu pètes un câble et tu quittes leur chambre dans une froide et sèche injonction (la tienne) MAINTENANT TU DORS ! Et même que tu es persuadée que ça va fonctionner.
Que hop ! coup de baguette magique, le môme il se dit que là, faut arrêter de chercher des poux dans la tête à maman et hop ! le môme s’endort. Ben ça, c’est dans les films. Les tiens. En vrai, tu peux lui dire sur tous les tons de s’endormir, s’il n’y arrive pas, il n’y arrive pas.
Même que j’ai essayé sur moi-même ce fameux samedi matin. Et de guerre lasse, à 8h, je me suis levée. En plus, il faisait un temps de merde. Et je reçois un appel breton qui me parle de grand soleil, de jardin en tee-shirt alors que chez nous, le ciel commence à pleurer.
Lundi, je bosse alors que j’ai des courbatures, des frissons, mal de gorge latent …. Je me couche avec un bon bouquin et ne le referme que vers 3 heures du mat’.
Je dois être abonnée à cette heure là. Eh oh ! j’ai lu jusqu’à 3 heures du mat’ DANS MON LIT ! avec la grande lumière éblouissante, personne pour grogner à côté que le bruit que je fais en tournant les pages le dérange …. Le pied. Sauf qu’il fait froid dans un grand lit vide. Je me disais que pas grave, le lendemain j’avais posé ma journée, j’allais rattraper mes heures de sommeil. Doit y avoir un petit rigolo là-haut, qui attend juste que je me propose de m’offrir une grasse mat’ sans la moindre petite culpabilité. A 5h30, un bruit énorme me réveille en sursaut. J’ouvre les yeux, m’attendant à voir un homme armé d’une hache dressée au-dessus de moi, un bon gros sadique sanguinolent qui tient à ce que ses victimes le voient les découper, je m’apprête à hurler comme la folle de massacre à la tronçonneuse (mais si, tu sais, la nana à la fin du film qui court partout en hurlant que toi t’as qu’une envie, c’est que l’autre malade qui lui court après l’achève pour qu’elle arrête de hurler) bon en fait, je crois bien que j’ai hurlé …. Mais je ne vois que l’annexe du bateau, et son moteur. Oui parce que au-dessus de mon lit, y’a un capot qui me permet de voir le beau ciel bleu ou étoilé, suivant l’heure à laquelle j’y suis.
Rassurée, ce n’est pas maintenant que je vais faire la une des journaux, je me recouche.
L’annexe du bateau … et son moteur … au-dessus de moi. Pas banal ça. Enfin au moins, c’était pas un malade avec une tête de porc sur la figure. L’annexe du bateau. Et son moteur. PUTAIN MAIS QU’EST-CE QU’ELLE FOUTAIT LA ????
Là, j’en oublie toutes les précautions d’usage et je me précipite au dehors comme une malade, en petite tenue pieds nus. Des rafales de vent comme on en a jamais ici, des trombes d’eau qui n’en finissaient pas de tomber et moi couchée sur l’annexe pour l’empêcher de s’envoler à nouveau. Au bout d’un moment, je me dis quand même que je ne vais peut être pas passer la nuit là, trempée et grelottante, à prévenir les rafales de vent. Alors je retourne à l’intérieur, j’en oublie de vérifier que personne n’en a profité pour s’introduire chez moi, je m’habille plus chaudement, j’enfile un ciré et des bottes, je ressors … bon je fais quoi ? Putain mais pourquoi il faut toujours que ça arrive quand il n’est pas là ????
Il me faut un bout’ (ou une corde, mais vous avez interdiction de dire corde sur un bateau). Bien entendu, Rahan le maniaco a tout viré sur le pont, tout est bien ficelé et rangé. Je retourne à l’intérieur, cherche les clés du coffre extérieur, fouille pour trouver une amarre (ou une corde, mais vous avez interdiction de dire corde sur un bateau) n’importe laquelle m’en fou. J’en trouve une, je repars sur le pont, je me jette juste à temps sur l’annexe pour qu’elle ne s’envole pas à nouveau, putain de nuit de merde, et je commence à saucissonner l’annexe pour qu’elle reste plaquée au pont …. Sauf qu’en fait, elle est en suspens au-dessus du pont, l’annexe. Ben oui, c’est comme ça qu’on la laisse quand on est au port. Légèrement en suspens et tenue à l’avant pour qu’elle ne se balade pas.
Merde merde merde merde merde. Je cherche la drisse (ou la corde, mais vous avez interdiction de dire corde sur un bateau) qui maintient l’annexe en hauteur, je déroule tout ce que Rahan a bien lové autour du winch, je lâche tout doucement histoire que l’annexe ne se viande pas non plus sur le pont et entre temps une nouvelle rafale, mon saucissonnage est maintenant lâche et ne sert plus à rien, je me jette sur l’annexe pour qu’elle ne s’envole pas encore une fois, putain de nuit de merde !
Je reprends l’amarre, re-saucissonne cette putain d’annexe que bordel, il aurait pu prévoir ça Rahan …. Et là je t’entends t’offusquer mais étant donné que c’est moi qui me retrouve trempée en pleine nuit sur le pont à me battre avec une annexe alors que je voudrais DORMIR, j’ai le droit d’accuser les absents même si j’aurais pu moi aussi prévoir ça. Merde alors ! … Je retourne à l’intérieur, trempée jusqu’aux os parce que bien sur, j’avais oublié d’attacher la capuche du ciré et que bien sur, à la première rafale, elle s’est abaissée et que j’avais autre chose à foutre à ce moment là qu’à penser à me la remettre correctement. Je vire mon ciré dégoulinant et en cherchant une serviette pour me sécher les cheveux, je croise malencontreusement le réveil … 6h30.
Je suis maudite.
Sinon, tout va bien. Eux ils ont beau temps, ils ont arpenté la Bretagne sud et sa super côte sauvage, ils vont à la piscine et au hammam de l’hôtel, ils se sont fait un ciné, ils s’offrent des repas gargantuesques, Timousse découvre les merveilles de l’océan (marée, petits ports à marée basse, pêche à pied, petits villages typiques, tempêtes …) Boudeuse confirme ses talents de photographe et affiche une bonne humeur épatante, tandis que Rahan me noie de photos sur leur périple.
27 octobre 2009
Je suis exceptionnelle
Je pense sincèrement que j’ai loupé un truc. Fut un temps où je leur laissais porter le poids de leurs dérapages.
T’as un grain, t’es pas fini, t’as pas le gaz à tous les étages, tu yoyotes du bulbe, t’es pas clair …
Mais bon je dois bien y être pour quelque chose. C’est moi qui les aie faits.
Ca ne peut pas être que de leur faute, j’ai du louper un truc au cours des 9 mois de conception (oui, parce qu’ils ont été du genre à se laisser porter 9 mois … voire un peu plus) et les petites années d’éducation qui ont suivi.
Le petit encore, ça reste sur des trucs basiques très terre à terre genre va te coucher et non tu ne regardes pas un film avant, termine ton assiette (ou plutôt ce qu’il y a dedans parce qu’une assiette n’est pas très digeste) et non tu ne refiles pas tes carottes à ta sœur ou encore arrête de courir sur ce t’ain de ponton en regardant derrière toi bordel !
Mais la grande, oh là là, la grande, dans le genre experte à me balancer des trucs qui me trouent sévère, elle se pose là.
Comme l’an dernier alors que je lui demandais comment se faisait-il qu’elle passait toutes ses soirées, mercredi après midi et week-end avec scooter bout de ponton CHEZ NOUS en plein centre de notre chez nous que après tout je suis chez moi, mais que lorsqu’ils sont là je ne peux même pas trouver un coin pour m’assoir, et qu’elle me répondit
- Oui mais j’ose pas trop m’incruster comme ça chez ses parents, tu comprends, les pauvres, ils travaillent.
- ????????? ……………….. ?????????????????? ……………. Ils travaillent ? ILS TRAVAILLENT ????? Et tu crois qu’on fait quoi toute la journée Rahan et moi ????????? on va faire bronzette au club Med ???????
- C’est pas pareil.
C’est pas pareil. Je n’ai jamais compris en quoi ce n’était pas pareil, mais tenez-le vous pour dit, c’est pas pareil. Eux ils bossent, et nous on bosse. Mais c’est pas pareil.
La semaine dernière, j’ai rencontré ses professeurs. Pour la première fois depuis des années, je n’ai entendu que des éloges et croyez moi, ça FAIT DU BIEN !
« Boudeuse ? ah elle est volontaire, Boudeuse (..). Je suis très content d’elle (…) Excellente moyenne … elle navigue entre 17 et 19 (...) Si je devais miser sur quelqu’un pour son exam’, ce serait elle (…) Elle est excellente Boudeuse (…) Je m’entends très bien avec Boudeuse cette année…. » Là voyez-vous, à ce stade de la conversation, j’avais un sourire tellement immense que j’en avais mal aux zygomatiques.
« C’est vrai que l’an dernier c’était plus difficile. Toujours son téléphone à la main …. »
Toujours son téléphone à la main …. En cours ? Ma mâchoire s’est viandée sur le bureau de sa prof vlam !
Et l’explication de Boudeuse,
- Je ne jouais pas avec mon téléphone, je regardais l’heure.
- Et le truc là que tu trimballes à ton poignet, c’est un GPS peut être ?
- Ah ben non mais c’est plus discret.
Alors là ma fille, pour la discrétion tu repasseras. Et me voilà partie dans de grandes explications sur le respect que l’on mérite qui commence par se donner, sur le fait qu’un portable, ça doit rester éteint en cours, que même moi, quand je vais en réunion, je le coupe mon portable, que si j’étais prof je me sentirais doublement en boule après elle. Déjà, on ne fait pas mumuse avec son téléphone en cours, (sinon ledit téléphone va rester au chaud près de son lit pendant les heures de cours) et ensuite, on ne regarde pas l’heure sous le nez de son prof. Ca fait genre je m’emmerde quoi. Que même moi, je ne me permets pas ça, même moi à 44 ans, je ne …
… intervention intrusive de Timousse totalement paniqué
- QUOIIIIIIIIIIII ????? T’AS QUA-RANTE-QUATR’ANS ?????
Je suis fatiguée de ces mômes !
Ce week-end, Boudeuse est rentrée en crise de sa petite promenade en ville que ras-le-bol ce ces bas biiiiiiiiiip qui tiennent rien du tout et qu’elle passe son temps à les remonter.
Vrai qu’on n’a pas de bol elle et moi, la taille -2 n’existe pas, vu les cuisses de grenouilles qu’on se trimballe. Quoi que les miennes sont bien plus musclées que les siennes.
- Maman ! faut absooooooooolument que TU me trouves de nouveaux bas ou des collants qui tiennent.
- Euh …. Dis voir ? t’as des jambes ? des pieds au bout ? de l’argent de poche ? un porte monnaie pour le mettre dedans et des mains pour manipuler ton fric si je n’m’abuse ? Alors tu te débrouilles.
- Mais tu te rends pas compte ????????
- Nan nan, je sais, me rends jamais compte.
- Mais j’ai pas le temps MOI !
Franchement, je me demande ce que ma fille pense que je fabrique de mes journées. Franchement hein. Je me demande. Entre les pauvres parents de scooter bout de ponton qui travaillent, EUX, les pauvres, et ma fille qui n’a pas le temps ELLE, la pauvre, je me demande.
- T’as pas le temps ? t’es en vacances et t’as pas le temps ? Mais tu crois que je fais quoi de mes journées moi ? tu sais à quoi elles ressemblent mes journées à moi ? je suis pas encore levée le matin que je cours déjà dans tous les sens, MOI ! Je bosse ma belle, je bosse. Et d’ailleurs, le fait de bosser me permet entre autre de te filer ton argent de poche, figure toi. Je bosse 12 heures par jour ma belle, les bonnes journées. Je mange un sandwich quand j’ai le temps, au-dessus de mon ordi (demande à l’informaticien ce qu’il en pense, quand il doit pianoter sur mon clavier) et quand je ne bosse pas, je passe mon temps à courir pour faire des courses et faire cuire les courses que je viens de faire ET TU ME DIS QUE T’AS PAS LE TEMPS ?????
- Oui mais toi, tu as une voiture, toi.
Allez, soyons cool, on peut mettre à son actif pour ce coup là, qu’elle a eu la présence d’esprit de me regarder et de se rendre compte assez vite qu’elle se mettait en danger. Elle a donc terminé sa phrase dans un souffle, nourrissant certainement le secret espoir que je n’ai pas tout saisi.
- Là où tu peux trouver tes bas biiiiiiip ou tes collants, c’est au biiiiiiiiip en plein centre ville. Et au centre ville, je n’y vais pas en voiture. J’y vais à pied. Donc, tu te trouves un moment entre la Xee et l’ordinateur et tu y vas comme une grande.
- Pfffffffff mais j’ai pas …
- Ah non hein ! ne me dis pas ENCORE que t’as pas le temps où je te jure que …
- Mais non mais toi, tu as plus l’habitude que moi, tu sauras trouver toi.
Et oui. Parce que je ne vous l’avais pas dit, mais pour Rahan je suis venue au monde avec un fer à repasser dans une main et sa notice dans l’autre. Pour ma fille, non seulement elle reste toujours persuadée que je suis venue au monde à 40 ans, donc déjà vieille, mais en plus que je suis venue au monde en sachant et pouvant faire tous les trucs qui la gonflent. Y’a pas, je dois être quelqu’un d’exceptionnel à leurs yeux.
On se rassure comme on peut non ?
23 octobre 2009
'aciste !
J’ai une vie palpitante.
Si si, je vous jure. Mais avant de vous en parler, je commence tout d’abord par la fin de ma dernière note pour débuter celle-ci. Fermer mon blog, je l’ai dit comme ça, comme on dit au boulot qu’on va se casser pour se planquer sous la couette, comme on dit à ses gosses qui nous prennent le chou gravissime à être puni pour cause de bagarre qu’on va se tirer sur une île déserte, comme on dit à son mec qu’on retourne chez notre mère.
Parce que le jour où j’aurais décidé de fermer ce blog, je ne l’annoncerais pas comme ça.
Voilà. Alors je ne dis pas que c’était des mots en l’air, je n’ai pas envie de mentir. C’est le même type d’envie que le coup de la couette, l’île déserte ou maman. Ca me turlupine depuis quelques mois, je me force parfois à pondre une note, je me rends compte qu’il m’arrive de ne rien trouver à répondre d’intelligent aux commentaires et je m’aperçois que je peux rester des jours sans lire un seul blog. Pas que je me lasse. Je crois que je suis fatiguée. Mon cerveau a bien trop de choses à gérer ces derniers temps et il n’est pas très grand, le pauvre.
Enfin bon, je ne suis pas tombée dans le questionnement sur la réelle valeur des relations virtuelles mais tout de même. Il y a de quoi se poser des questions sur le pourquoi on continue pourquoi on arrête, pourquoi on laisse ouvert ocazou. Et je me les pose.
Maintenant que j’ai expliqué ce ressenti actuel, je vais vous confier un petit morceau de ma palpitante vie. A midi, au lieu de rester enfermée dans mon bureau comme tous les jours, j’ai décidé de prendre l’air à la grande surface du coin. Eh oh ! il ne fait que 20° aujourd’hui et je caille ok ?
Je n’avais que deux trois bricoles à prendre et pour une fois, je me suis contentée des deux trois bricoles. Ce qui n’est pas bon signe chez moi. Ca rime avec fatigue, lassitude. Enfin bon, on s’en cogne. Je quittais le centre commercial d’un pas vif et décidé avec un seul sac dans les mains et vous l’aurez compris, l’autre main libre. Un petit bonhomme de quelque chose comme trois ans pas plus, échappe à la vigilance de maman sous mon nez. Faut dire que la pauvre maman, elle a du rentrer dans le magasin avec l’idée de ne prendre que deux trois bricoles et qu’elle en est ressortie comme je le fais d’habitude : avec la moitié des rayons du magasin dans son caddy.
Le petit bonhomme passe tout droit devant moi au pas de course genre sa vie en dépend si sa mère le rattrape. D’ordinaire, je n’interviens pas. Pas envie d’avoir à affronter le regard noir d’un minus qui me décroche un coup de pied pour se libérer. Mais là, alors qu’il n’y avait pas de danger en soi puisque les portes vitrées s’ouvraient, qu’on arrivait sur un large trottoir, que la mère était à deux pas derrière et à deux doigts de le récupérer, allez savoir pourquoi, j’ai rattrapé le petit bonhomme en stoppant net sa course et la mienne.
Et là, sur le trottoir large comme une autoroute, j’ai cru un moment que le vent s’était levé. Qu’il m’attendait pour balancer une bourrasque tiède. Mais ce n’était pas le vent. J’ai vu un truc sombre me passer sous le nez, à grande vitesse, au ras de mes chaussures. Un pas de plus et il me roulait sur les pieds. Un pas et demi de plus et il me percutait. C’est mon sac qui a prit. Je dois avoir une démarche militaire quand je suis pressée. Sous la surprise, le petit bonhomme en est tombé sur le derrière. Et il a commencé à hurler.
Tandis que sa mère se précipitait sur lui et que je ramassais mon sac tombé à terre, le connard en scooter a pilé. Parce que c’était un connard en scooter. Je n’ai rien contre les deux roues, j’adore les motards et la façon qu’ils ont de me dire merci en levant le pied, mais les connards en scooter, je les rayerai volontiers de la planète. Ces types, ils n’ont aucun permis, et s’ils ont le permis voiture, ils ont oublié que le code se respecte AUSSI en scooter. Ces types, ils ne lèvent jamais le pied pour me dire merci quand je les laisse passer.
Et dans la catégorie connard en scooter, celui-ci détenait une putain de palme. Je peux y aller, s’il passe par là, Monsieur Bleck ne lira cette note qu’en diagonale vu la longueur, il ne pourra pas repérer toutes mes grossièretés.
Il a pilé me direz-vous, c’est déjà ça. Il a pilé surtout parce qu’après, y’avait un mur mais il a pilé. Un peu tard. Et connard en scooter, il me regarde, et il me dit
- Vous pourriez le tenir votre môme !
J’aurais pu lui répondre que c’était pas mon môme et qu’il en cause avec la mère affolée à côté de moi, m’est avis qu’en la poussant un peu j’aurais réussi à la transformer en serial killer de connard en scooter.
- On est sur un trottoir ! t’as pas vu que c’était un trottoir ???
Oui oui, je sais, je passe facilement au tutoiement. Surtout quand je suis en crise.
- Ben je m’attendais pas non plus à voir un gosse débouler !
- Mais putain c’est un trottoir ! c’est plutôt nous qui ne devrions pas nous attendre à voir un connard en scooter débouler !
Oui oui, je sais, je passe facilement au langage grossièrement gromoteux. Surtout quand je suis en crise.
- Je vais quand même pas me faire engueuler alors que vous ne tenez pas votre gosse !
Eh oh ! sans dèc ? il n’en tient pas une couche le mec là ? Remarquez tout de même que lui, il est resté poli et dans les mots et dans l’emploi de la personne.
- Mais c’est pas la question de tenir ou pas son gosse ! t’as rien à foutre sur un trottoir et qui plus est à la vitesse où tu allais !!!!!
- Mais d’habitude, y’a pas de gosses qui déboulent comme ça quand j’arrive !
Il n’en était donc pas à son premier test, ce type est hallucinant.
- Et ta connerie ? tu te lèves avec le matin ou elle déboule comme ça dès que tu montes sur ton scooter de merde ?
- Raciste !
Ouaich ! le type m’a traitée de raciste. Je ne sais pas de quoi je suis raciste vu que je n’ai pas entendu d’accent particulier et que derrière son casque j’avais du mal à deviner ses traits. Mais il m’a traitée de raciste et il est parti. Ou alors, je suis raciste anti-connard-en-scooter.
J’en ai perdu mon latin et mes mots. Je l’ai regardé partir hébétée. Y’a un moment où j’ai beau essayer, je ne comprends plus les gens. Je me suis alors retournée vers la dame, toujours avec son petit bonhomme dans les bras. Il me lançait un regard noir entre ses larmes et j’étais heureuse qu’il soit dans l’impossibilité de réaliser son rêve : me décrocher un coup de pied. La dame me remerciait, que si je n’avais pas été là …. oh non elle ne voulait même pas imaginer ce qui aurait pu arriver.
Ce à quoi j’ai rétorqué que tout compte fait, son petit bonhomme m’avait certainement évité un accident en courant à côté de moi. Je ne me serais pas arrêtée alors et … PAF !
- Hein petit bonhomme ? lui dis-je avec mon plus beau sourire.
Et là le petit bonhomme durcit plus encore son regard et me crache un mot, un seul :
- ‘aciste !
19 octobre 2009
Q-A-L-C
Découvert chez jath'
Qui répond à un questionnaire pondu ici : http://tippie.canalblog.com/archives/2009/10/02/15289140.html#comments
(Les premières questions, c'est pour se mettre en bras jambe... )
...
1/Quelle heure est-il ?
J’évite de regarder l’heure. Sinon je panique en hurlant « putain !!!! j’ai encore rien foutu ! »
2/Où es-tu ?
Dans mon bureau, à me geler.
3/Que faisais-tu avant de te mettre à répondre à ce questionnaire con et inutile ?
Pause déjeuner.
4/Pourquoi y réponds-tu puisqu’il est con et inutile ? (Et interdit de dire : “Pour te faire plaisir")
Pour essayer de me réchauffer
5/L’injure/insulte/mot grossier que tu dis le plus souvent ?
Putain. Mais je ne vise personne en particulier
6/Un titre de chanson ? (Le premier qui te vient à l’esprit)
With or without youuuuuuuuuuuuuuuu BONO ! BONO ! BONO !
7/Etire ton bras gauche en pointant ton index. Regarde dans la direction vers laquelle pointe ton doigt, que désigne t-il ?
Plein de photos de mes enfants.
8/Garde ton bras tendu et maintenant regarde tes pieds… Tu sais que t’as l’air complètement con comme ça ?
Ben non parce que j’ai lu avant de le faire.
9/Le premier mot anglais qui te passe par la tête ?
Love
10/Es-tu marié(e) ?
Yes. Tu ne veux pas savoir combien de fois ?
10bis/Pourquoi (pas) ?
Parce que je l’aiiiiiiiiiime et que lui, il l’a fait par amour pour moi (vu qu’il s’en cogne de la bague au doigt)
11/Question pour les hommes : t’es plutôt slips, strings, boxers, caleçons ou adepte du “go commando” ?
Je ne réponds pas, je suis une femme.
11bis/Version femmes : t’es plutôt slips, strings, boxers/shorties ou adepte du “go commando” ?
Shorties.
12/Un titre de livre ? (Le premier qui te vient à l’esprit)
Et que le vaste monde poursuive sa course folle (je suis en train de le lire et je manque de sommeil à cause de lui).
13/C’est la danse des canards… ?
Ralala … toute mon adolescence ça !
14/Un prénom de fille ?
Fleur. Si si, c’est un prénom !
15/Un prénom de garçon ?
Quentin et non, ce n’est pas le prénom de Timousse. Mais je l’aurais bien refilé à Boudeuse si elle avait été un mec.
15bis/Encore un prénom de garçon ?
Ethan
15ter/Encore un prénom de garçon ?
Damien parce qu’il était l’enfant de l’antéchrist gniark gniark
16/Enco… Euh oui, non, pardon, je déconnais…question suivante : Fruits rouges, fruits verts ou fruits jaunes ?
Euh …. Faudra que je regarde la couleur des fruits que je mange, mais je crois que je les aime tous.
17/Le premier mot allemand qui te passe par la tête ?
Ach so ! c’est ce le seul que j’étais capable de sortir en cours d’allemand.
18/Connais-tu l’histoire de tchac-tchac tchic-tchic la girafe (© Ardalia) ?
Nan. Je devrais ?
19/Un titre de film ? (Le premier qui te vient à l’esprit)
Quand Harry rencontre Sally
20/Tippie… ?
Un blog que je viens de découvrir via Jath’
21/Les légumes : bouillis, au wok, au beurre ou cuits à la vapeur ?
Tous. Surtout vapeur.
22/Chien ou chat ?
Chat, sans hésiter. Le chien, ça pue quand il pleut.
23/Le premier mot espagnol qui te passe par la tête ?
Te quiero que je sais même pas si ça s’écrit comme ça.
24/Du tac-au-tac, à quoi penses-tu si je te dis :
a-bleu : les yeux de mes hommes
b-mou : du bulbe
c-sucré : café
d-pur : amour
e-poilu : beurk
f-vénus : planète
25/Quand as-tu allumé la TV pour la dernière fois ?
Hier soir
25bis/Pour voir quoi ?
Rien, je lisais.
26/Tes pieds : égyptiens, grecs ou carrés ?
Moches. Très. C’est d’ailleurs la seule chose que je déteste l’été : je dois les montrer.
27/Un des mots français que tu aimes le plus ?
Rendez-vous parce que j’adore quand les étrangers le disent avec leur accent, c’est magique.
28/Chantal Goya, Annie Cordy ou Dorothée ?
Annie Cordy je l’adorais quand j’étais gamine
28bis/Henri Des, les Musclés ou Carlos ?
Euh … Henri Des ?
29/Tu trouves une mouche dans ta bière au café. Que fais-tu ?
M’en fou, j’aime pas la bière.
30/Approximativement et à vue de nez, combien font 54-26+49 le tout divisé par 11??
A vue de nez, aucune idée. Excel m’a dit que c’était 7. Je crois toujours Excel.
31/A quel département correspond le numéro 23 ?
Je dois connaître trois départements à tous casser alors le 23 ….
32/Missionnaire, rider ou doggy-style ?
C’est une question cochonne ça ????? mais c’est quoi ce questionnaire là ?
33/La confiture… ?
Ca dégouline. Acidulées, ce sont les meilleures.
34/Bon ça suffit là, non ?
Ah merde je m’amusais moi.
35/Quoi, t’as un truc à ajouter ? Ben vas-y…
Je crois que je vais fermer ce blog.
16 octobre 2009
Grande première
C’est quand les vacances ?
C’est une question que me posent souvent mes enfants, les mamans que je vois devant l’école le matin, mes copines ou même mes collègues de boulot, à tel point que je soupçonne tout ce beau monde de penser que je bosse pour l’éduc’nat’ pour être aussi persuadé que j’aurai obligatoirement la réponse.
De tout le monde, oui mais Rahan, jamais.
Rahan, il va me demander TU as du beurre ? TU as de l’aspirine ? TU as des enveloppes ? à tel point que je soupçonne ce beau mâle d’oublier que nous vivons ensemble depuis 15 belles années et qu’il pourrait tout aussi bien utiliser le NOUS à la place du TU. Voir à lever son joli petit derrière de temps à autre pour vérifier par lui-même si NOUS avons du beurre, de l’aspirine, ou des enveloppes.
Mais là n’est pas le sujet du jour.
- C’est quand les vacances ?
Que Rahan me pose la question, ça m’a trouée sur place. D’ordinaire, je déteste ceux qui se prennent pour des Jésuites, à répondre à mes questions par des questions. D’ordinaire, je réponds aux questions avec des réponses. Mais là, j’étais tellement trouée que pas une seconde, je n’ai pensé répondre tout simplement à la question de Rahan.
- Pourquoi tu me demandes ça ?
- Comme ça.
Comme ça ????? toi ? vouloir savoir quand arrivent les vacances des enfants comme ça ? pardon mais mon cul oui ! Toi, tu as une idée derrière la tête et tu n’iras pas te coucher tant que je ne la connaîtrais pas.
- Le 24 pourquoi ?
- T’es sure ?
- Oui. C’est affiché dans le cahier de texte de Timousse, tu peux vérifier
- Et jusqu’à quand ?
- Bon ok, t’as pas envie de vérifier. Jusqu’au 6. Pourquoi ?
- T’es sure ?
- Tu me cherches là ? t’as qu’à vérifier. Pourquoi tu veux savoir ça ?
- Comme ça.
Y’a un tas de truc que n’importe qui pourrait me faire gober, parce que je suis comme ça moi, niaise et naïve, parce que je crois avant tout que les gens disent la vérité, mais personne ne me fera croire que Rahan veut connaître les dates des vacances scolaires …. Comme ça.
Rahan qui ne se donne même pas la peine d’ouvrir l’enveloppe du courrier que nous envoie le centre aéré, tous les deux mois, pour l’inscription de Timousse.
Rahan qui ne sait même pas à quelle heure Timousse va jouer aux échecs, encore moins à quelle heure il termine. Qui ne connait aucun des horaires pour les activités de Timousse, pas même celle qu’il est sensé gérer le vendredi soir.
Rahan qui n’a tellement pas envie de savoir qu’il me téléphone régulièrement pour me demander à quelle heure Timousse quitte l’école, à quelle heure il commence, à quelle heure il doit aller à son cours d’arts martiaux le vendredi soir. RAHAN QUI A ETE EN RETARD AU PREMIER COURS DU VENDREDI SOIR, Rahan qui a poussé le vice, vendredi dernier, pour m’appeler à 18h30, alors que je suis encore au boulot, alors qu’il est avec son fils …
- Il termine à quel heure son cours Timousse ?
- Ben maintenant, à 18h30. (là, une seconde, j’ai eu peur qu’il ne me dise un truc genre meeeeeeerde ! je suis à l’autre bout de la ville, j’avais oublié ! Là, j’ai eu peur pour Rahan. Pour sa vie. Parce que là, Rahan était foudroyé direct par mes soins si c’était le cas.)
- Ah. Ben c’est pas terminé, ils n’ont même pas fait le salut
- Ah.
Je fais quoi ? je me propulse ? je traverse l’espace enveloppée dans la jolie cape de supergirl je viens casser la gueule au prof de Timousse parce que merde quoi ! IL EST 18H30 ET T’AS TOUJOURS PAS FAIT LE SALUT QUI PROCLAME LA FIN DU COURS ?????
Voilà, ça c’est du Rahan tout craché. Alors qu’il me demande les dates des vacances qui arrivent là … ben pardon mais ça me troue. Il a une idée derrière la tête, Rahan et je dois la connaître.
Rahan a décidé de poser une semaine de congés sans solde pour partir en Bretagne. Pendant les vacances scolaires. Et Rahan me demande
- Ca t’embêterait que j’y aille avec Timousse ?
Il faut savoir qu’il y a …. Deux ans ? un an ? j’aurais sacrément été triste de me retrouver toute seule. Je suis de ces mamans qui ont du mal à être séparée de leurs enfants. Je suis de ces compagnes qui n’aiment pas dormir dans un lit vide.
Là, j’ai retenu un hurlement de joie. Parce que ma joie, ce n’était pas seulement que Timousse parte enfin avec son père découvrir la région dont il est de moitié originaire. Ma joie, ce n’était pas seulement que mon demi-breton de fils allait enfin savoir à quoi ressemblait une marée. Ma joie, c’était aussi de me dire oh putain !!!! une semaine pour moi ! Oui parce qu’en plus, Boudeuse a absolument tenu à y aller. Une semaine !!!! Ca ne m’est jamais arrivé !
Ces jours ci, je suis tellement surmenée, fatiguée de tout gérer à la force de mes bras musclés, certes, mais minus tout de même, fatiguée de courir dans tous les sens pour tout le monde, qu’une pause (même en bossant) ne pourrait pas me faire de mal.
Alors j’ai retenu mon hurlement de joie, j’ai même payé les billets moi-même. Pour être certaine qu’ils partent. Et en même temps, je trouve ça génial que Rahan ait envie d’offrir une semaine de vacances et de promenades à ses enfants. Et quelque part, ça me fait quand même chier de ne pas y être, mais ce sera pour une autre fois.
Alors j’ai retenu mon hurlement de joie. Et dès le lendemain, tandis que Rahan dépliait sous les yeux excités des enfants la carte de Bretagne pour leur montrer où ils iraient, tandis que Timousse notait les kilomètres à parcourir en s’écriant « oh ben ça va ! c’est gagné, là c’est sur que ze vais dégobiller si on fait tout ça en voiture ! » j’appelais discrètement toutes mes copines pour leur annoncer la nouvelle. ILS PARTENT LE 30 !!!! T’IMAGINES ?????????? UNE SEMAINE MON CHEZ MOI RIEN QUE POUR MOI ! Ils partent le 30 !!!! On se fait une soirée fille ???? CHEZ MOIIIIIIIIIIII !!!!!!!! LE 30 ! OUI ! OUI !
C’est seulement lorsque j’ai raccroché que j’ai surpris le trio de regards posés sur moi. Rahan s’est alors fendu d’une phrase plus longue que celles dont il est d’ordinaire friand.
- Ca va, tu perds pas le Nord !
12 octobre 2009
Révélations
20h30. J’entasse mes courses dans le coffre, la semaine se termine enfin ce vendredi soir : je rentre chez moi. Sur le trajet, j’ai du mal à porter toute mon attention sur ma conduite tant le ciel est magnifique. Noir d’encre, zébré d’éclairs, l’orage se rapproche. A moins que ce ne soit moi qui me rapproche de lui. Je gare ma voiture sur le parking du port, les premières rafales humides s’abattent sur la ville, j’entasse tous mes paquets sur le trottoir en souhaitant arriver chez moi avant le déluge.
Trop tard. A peine le dernier paquet sorti de ma voiture, il me tombe la saucée du siècle.
En moins de temps qu’il ne m’en a fallu pour les sortir, je re-balance en vrac tous mes paquets dans ma voiture et m’y engouffre trempée jusqu’aux os. Un coup de fil à Rahan pour lui dire que oui, j’ai quitté le boulot tard encore une fois cette semaine, oui les courses sont faites, oui je suis arrivée mais je n’ai pas pu aller plus loin que le parking.
Rahan me conseille d’attendre une accalmie, parce que d’ordinaire ce type d’orage ne dure pas longtemps. Rahan n’avait pas prévu dans ses sages conseils que nous allions nous taper trois orages d’affilé. Les minutes s’égrainent lentement, tout s’illumine autour de moi et le tonner ne cesse de gronder. Que dis-je gronder ? Je fais des bonds de plus en plus épouvantés à chaque fois que ça explose au-dessus du toit de la voiture. En bref, je flippe sec sans jeux de mots. Pas que l’orage me fasse peur, pas que mes non-origines gauloises me fasse craindre que le ciel ne me tombe sur la tête, mais je préfère être chez moi quand la nature se déchaine comme ça. Plutôt que dans une voiture où l’air commence sérieusement à me manquer.
Au bout de je ne sais combien de temps, soyons honnêtes, j’en ai plein le cul d’attendre que ça se calme. J’ouvre la portière, en deux secondes je me retrouve trempée et je traverse le ponton en emportant le maximum de paquets avec moi, merde alors !
J’arrive chez moi dans un état indescriptible et Rahan commence à me demander pourquoi je n’ai pas attendu mais il se ravise très vite rien qu’à cause du regard noir, aussi noir que le ciel entre deux éclairs, que je lui jette. Pas le moment de me chatouiller.
Entre deux nouveaux orages, nous nous extirpons de chez nous pour aller chercher le reste de mes achats et le premier qui n’est pas content à cause de la marque de céréales que j’ai choisie, il va entendre parler du pays.
Soirée d’orage, soirée sans télé ni Internet. Une fois tout le monde repus et séché (surtout moi) nous nous installons (pour ne pas dire nous vautrons) chacun dans un coin du carré. Rahan avec sa musique, Boudeuse et moi nos derniers romans en main et Timousse qui cherchait absolument un « truc intellizent à faire » se lance dans un dessin. Sachez le mais ne le dites jamais à Timousse, Timousse en dessin, ce n’est pas Boudeuse. Disons qu’elle a du prendre pour elle toute seule tout le don qu’il pouvait y avoir dans cette activité. Les dessins de Timousse sont donc particulièrement uniques. Le genre de souvenir qu’on va garder longtemps non pas pour s’extasier, mais pour rigoler plus tard …. Quand il aura acquis assez de sens de l’humour.
Timousse quand il dessine, ce n’est pas Boudeuse non plus. Il n’est absolument pas captivé par ce qu’il fait. Il bouge et il cause. T’ain qu’est ce qu’il cause ! A tel point que Rahan et Boudeuse posent un casque sur leur tête, me laissant seule face au bavardage incessant de mon fils. Les traitres.
Sur le ton de la confidence, Timousse se livre alors à de grandes révélations.
- Tu sais maman, maintenant ze sais c’est quoi la différence entre les filles et les garçons.
Ce genre de remarque, ça vous fait le même effet que le fameux « comment on fait les bébés ? » Le mieux est de cesser toute activité pour écouter la suite et se préparer à quelques questions plus délicates. Boudeuse me voit poser mon livre et libère une de ses oreilles, toujours à l’affut d’un petit secret volé.
- Ah oui ? et c’est quoi la différence ?
- Ben en fait, y’en a deux des différences entre les filles et les garçons.
Boudeuse lève à mon attention un sourcil parfaitement épilé et interrogateur. Et oh ça va hein ! pas moi que l’ai branché sur le sujet ! Je lis un livre qui fiche la pétoche là ! rien de sexuel là-dedans hein !
- En fait, la première différence (et là, il prend un air méga sérieux du môme qui va faire découvrir à sa vieille mère les secrets de la vie) c’est que les filles et ben elles ont deux maillots de bain. Un en haut (et il montre sa poitrine) et un en bas (et il montre ses hanches).
Alors que les garçons, ben ils z’ont que un seul maillot de bain. Là (et il montre ses hanches).
Eh, je vous jure, c’est super dur de garder son sérieux quand la conversation prend cette tournure.
- Oui ben y’a des filles, elles ne mettent pas le haut hein !
- Boudeuse, retourne dans ta musique, commence pas à compliquer les choses s’il te plait.
- Oh ben non, j’attends la suite moi !
- Alors la deuxième différence …. (puis il prend sa voix la plus grave pour bien appuyer la gravité de la révélation qui va suivre) la deuxième différence, eh ben c’est que les garçons, ils peuvent faire pipi debout !!!! mais pas les filles ! les filles, elles font pipi assises parce que c’est lozique, elles z’ont pas de zizi !
Ben je vous le dis, les soirs d’orage, c’est vachement instructif par chez nous.
29 septembre 2009
Merci
On a le droit de faire de la pub sur un blog ? non hein ?
Bon, je vais faire de la pub sans en faire alors. Je vais parler d’une radio super méga connue dans notre beau pays. Elle est ce qu’elle est, pour ma part j’adore 95 % de ses émissions.
Lorsque nous partons en mer pendant un mois l’été, elle est notre seul lien avec le monde dit civilisé.
Bon ok, le soir, niveau musical, je n’accroche pas systématiquement. C’est vrai qu’ils ne passent pas you two en boucle, ils auraient donc du mal à me satisfaire. Mais on s’en cogne.
C’est avec cette radio que je fais une partie de mes choix de lecture, parce que j’adore cette façon qu’ils ont de recevoir des auteur(e)s, de les faire parler, de nous donner envie de lire leur dernier roman. C’est avec cette radio que je voyage ou que je me replonge dans mes souvenirs africains.
J’ai juste envie d’ouvrir une parenthèse avant d’en arriver au vif du sujet. POURQUOI AVEZ-VOUS SUPPRIME LA METEO MARINE ?????? oui, je sais qu’elle passe sur les ondes courtes mais voyez vous, j’ai un souci avec mon poste, il ne capte pas cette radio sur ces ondes.
Avez-vous une idée de ce dont vous nous avez privés ? C’était une minute (ou deux) de pure magie. Une voix féminine douce à l’oreille nous débitant à la vitesse grand V des lieux dont nous n’entendons jamais parler dans la vie de tous les jours. Une météo balayant tous les secteurs de notre beau pays, annonçant succinctement les avis de grand frais à coup de vent, les mers fortes ou très fortes, les brises et mer belle …. Même si on ne navigue pas, c’est du pur plaisir que d’écouter la présentatrice prononcer des lieux imprononçables sans fauter, tout en retenant parfois un fou rire parce qu’on se doute bien que dans le studio des petits rigolos font les clowns pour lui faire perdre son fil. Vous ne réalisez peut être pas, mais c’est un prodige que de réussir cet exploit !
C’était un moment magique dans notre petite famille, le soir à l’apéro. Timousse hurlait un chuuuuuuuuuuuuut ! ME-TE-O ! nous levions le son et écoutions religieusement ce qui allait nous tomber sur la gueule le lendemain. Ou pas.
Ok allez vous me dire, on ne navigue pas avec une météo sur 24 heures aussi brève. Oui mais. On savait ce qui se passait autour de nous, on devinait ce qui allait arriver avec le nord Sardaigne, on se marrait en entendant ce qui tombait dans le nord. Et tout marin qui se respecte écoute au moins mille météos différentes, parce qu’il a envie et puis c’est tout.
Ok allez vous me dire, t’as qu’à t’offrir une radio qui captera la météo marine sur les bonnes ondes. Je vais le faire. Mais je n’aime pas qu’on perturbe mes habitudes. Fin de la parenthèse, j’en arrive à ce qui amène cette nouvelle note à rallonge.
Ce matin comme toujours, je me préparais en écoutant la dite radio que vous n’avez certainement pas reconnue, je n’ai aucun doute là-dessus. Il y avait un reportage et si vous voulez savoir de quoi il en retourne exactement, suivez donc ce lien.
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/reporter/
Je voudrais les remercier, sans faire leur pub, je voudrais remercier les journalistes qui se sont penchés sur ce nouveau phénomène de société, un de plus, une honte de plus.
Parce que bien entendu, en écoutant ce reportage, j’ai pensé à ma fille. Qui s’est laissée bercer par des promesses vaporeuses, qui ne sera pas reprise en cycle général parce qu’elle n’avait qu’à pas déconner à 15 ans, personne ne déconne à 15 ans ! merde alors ! et qui, pour combler le tout, se retrouvera piégée dans leur nouvelle réforme à la con.
Parce que sachez-le, non seulement on lui ferme les portes du cycle général en lui « imposant » gentiment de passer son BEP, vu qu’elle n’est plus prioritaire pour être acceptée en seconde …. Mais en plus, il y a 99% de chances qu’elle se retrouve à la rue à la fin de l’année avec (peut être) un diplôme en poche qui ne lui servira à rien.
Eh oui. Avec leur nouvelle réforme, elle tombe pile poil dans l’année où le bac pro ne s’obtient plus en 4 mais en 3 ans. Avec leur nouvelle réforme, elle ne peut pas accéder au nouveau bac pro en trois ans, puisque les sortis de troisième seront prioritaires sur les sortis de BEP.
Elle ira faire la queue, comme tout le monde, chez les enfoirés.
Donc voilà. Merci à ces journalistes qui ont si bien traité ce sujet encore tabou, vu qu’il ne faut surtout pas faire de bruit avec les mômes qui ne sont pas premiers de la classe dans toutes les matières et qui ne font pas comme tout le monde.
Merci d’avoir commencé à dénoncer à coup de témoignages l’aberration de ce nouveau système. Même si ça ne change rien pour le moment, je veux croire qu’à force d’être entourés de personnes intelligentes, nous sauverons quelques enfants.
Qu’ils puissent au moins retarder le moment où ils pointeront au chômage quoi.
Non, je ne suis pas négative, je suis juste lucide. Et un peu en crise.
22 septembre 2009
Histoire de fou
Ca n’arrive qu’à moi. A tel point que j’en arrive à oublier l’histoire pour ne pas avoir à la raconter, parce que personne ne va me croire…. Et pourtant, c’est bien arrivé. Avec Timousse, nous avons assisté à la fête du sport. Une manifestation que je trouve pour ma part être une excellente idée, puisqu’elle permet aux petits et grands d’avoir un aperçu des divers sports que nous pouvons pratiquer et même de s’y frotter … Pour ceux qui ne suivent pas, l’an dernier Timousse avait refusé de tester le judo et le karaté. Motif, trop violent…... Timousse trouve le judo trop violent. Boudeuse, je dis pas. Mais … c’est Timousse quoi ! Pour ma part, je me laisserais bien tenter pour inscrire mon fils dans une activité qui lui permettrait de canaliser sa … on va dire trop grande énergie, de respecter les règles et d’apprendre à se MAITRISER ! Bref, là n’est pas le sujet. Après s’être essayé au kick boxing (qui, comme chacun sait n’est absolument pas un sport violent) et avoir craqué pour l’activité en question « oh maman maman ! inscris moi maman maman ! z’adoooooooooooooooooooooooooore le qurique bosxingue maman maman s’il te plaiiiiiiiiiiiiiiiiiiit ! » ; après m’avoir fait fléchir et s’être fait inscrire pour un véritable test, Timousse a foncé direct vers une autre de ses activités favorites : les échecs. Ben oui. Cherchez pas à comprendre, moi j’ai laissé tomber depuis un moment. Timousse se lance donc dans une première partie sanglante contre un plus grand que lui (au moins un an de plus, vous vous rendez compte ????) et hurle au bout de 20 mn ECHEEEEEEEEEC ET MAAAAAAAAAAAAAT ! Faudra que je cause à son prof, qu’il lui apprenne à avoir la victoire un peu plus soft. Fort heureusement pour moi, il y avait une chaise pas loin des tables de jeux, sur laquelle j’ai pu me vautrer en attendant la fin de la partie. Et sachez-le, durant ces 20 minutes, je me suis fait royalement …. caguer. Je me lève alors, soulagée de réaliser que cette fin de partie mette par la même occasion un terme à l’ennuyeuse attente que je viens de subir, quand Timousse tire son prof par la main pour …. Se lancer dans une partie contre lui. A sa décharge, cette partie a au moins eu l’avantage d’être intéressante, vu que le prof lui expliquait chaque déplacement de pièce. Je m’intéressais donc à ce nouvel échange quand une montagne de chair humaine s’est dressée entre les joueurs et moi. Un homme sans âge, sourire aux lèvres, me demande alors si j’attends mon tour pour jouer aux échecs. Ce à quoi je réponds le plus poliment du monde (si si, j’en suis capable) que non, je ne sais pas y jouer. - Oh mais vous devriez apprendre ! tenez, moi je joue, je joue tous les soirs sur mon ordinateur même. J’ai bidule sur mon ordi (j’ai oublié ce qu’il a comme jeu, et d’ailleurs je m’en cogne) et je joue du coup ça me fait faire des maths. Et du coup aussi, je fume. - Ah. Je dis « ah » sur le ton du « je suis contente pour toi » puis je penche la tête sur le côté histoire de lui faire bien comprendre que là, il me gène, je ne peux plus voir mon fils jouer et que la conversation est terminée. Il sort une cigarette de sa poche et l’allume. - Alors tu vois (oui oui, je sais, il est passé assez vite au tutoiement) tu vois, je fume un peu trop même. Je fume 4 paquets par jour. Mais bon, ils n’augmentent qu’en octobre alors pour le moment, je fume parce que c’est moins onéreux. Là, j’ai acheté une cinquantaine de cartouches pour voir venir. Tu sais combien de temps ça va me faire tenir cinquante cartouches ? - Euh … (125 jours pour ceux qui cherchent. Mais on s’en cogne hein ?) - De toute façon, j’y passe ma vie sur mon ordinateur tu vois ? même dans la journée j’y suis parce que j’ai 5 000 albums. Mais faut dire que j’ai un ordinateur super puissant alors je peux mettre la musique que je veux. J’ai un mal fou à tout écouter alors je colle la musique quand je joue aux échecs tu vois ? non parce qu’avant, j’étais pilote de chasse. (et là, il me donne quatre métiers différents rapport à l’aviation dont je me cogne autant que du jeu d’échec qu’il a installé sur son ordi). C’était la belle vie, pilote de chasse. (et moi, je commence sérieusement à me marrer) Mais maintenant, je suis à la retraite. Remarque, je m’en tape (moi aussi) je gagne 4 000 € par mois sans rien foutre ! 4 000 € ! t’imagines ? y’en a qui les touchent même pas en bossant (oui, moi). Donc je manque pas de fric. D’autant que j’ai 600 000 € de côté. Alors je peux voir venir tu vois ? les emmerdes de fric, je les aurais jamais ! En plus, j’ai un super appartement de 1000 m² au-dessus du centre ville, t’imagines ? le pied. Une vingtaine de pièces, rien que pour moi, personne à me faire chier t’imagines ? - Euh …. Non. - Et puis de toute façon, j’ai aussi 6000 films sur mon ordinateur. J’arrive pas à tous les voir, parce que t’imagines ? 6000 films ??? dingue non ? tout ça bien entendu, téléchargé hein ! - Ah bon. - Ben voilà, t’as tout compris. Je les emmerde avec leur loi, je fais ce que je veux, ils ne m’auront pas de toute façon. Et donc hier, j’en ai eu marre de jouer aux échecs parce que l’ordinateur, je l’éclate moi tu vois ? alors je me suis regardé au moins 4 films (dont j’ai oublié le nom comme le reste) à la suite parce faut que j’épure quoi. Mais ce qui est pénible, c’est que je ne peux pas écouter la musique pendant que je regarde un film. Sinon, je ne comprends rien au film. - Alors il faut le regarder en sous-titré. - Ah ouais t’as raison, c’est pas con ça. Je vais essayer ce soir, allez ciao à plus tard, je vais faire un tour. Je vous le dis, y’a qu’à moi que ça arrive. Il y avait une bonne cinquantaine de personnes dans le coin où j’étais, je suis la seule qu’il est venu voir. Et puis pfiout ! il a disparu. Il m’a certainement raconté autre chose mais je vous assure que j’ai oublié. Déjà pas mal que je me souvienne aussi bien d’une partie de N’empêche, j’ai halluciné. Je me dis que je dois dégager un petit quelque chose qui doit attirer les grands malades de la tête. Parce qu’en général, quand il y a un(e) barge dans une ville, il est pour moi. Bon ok, c’est la première fois qu’on me fait le coup de parler plus vite que moi au point que j’ai eu un mal fou à en placer une. C’est la première fois qu’on me fait le coup de me raconter autant de conneries en si peu de temps, tout en restant aussi sérieux. C’est la première fois qu’on me débite autant de délires sans réagir devant mon air hilare. Parce que je trouvais l’histoire tellement dingue que j’en étais morte de rire. Et pendant que j’essuyais mes yeux pleins de larmes, il continuait à me raconter sa pseudo vie le plus naturellement du monde. Même que j’ai bien détaillé le monsieur pour voir si par hasard je ne l’avais pas déjà vu quelque part. Même que j’ai cherché la caméra. Parce que son débit façon sketch, c’était tellement irréel que ça aurait pu coller à une caméra cachée. Même que j’ai attendu un bon moment assise sur ma chaise, à me marrer toute seule en attendant qu’un mec vienne me voir avec un micro et un papier pour me demander de signer une décharge pour qu’ils puissent passer l’émission à la télévision. Même que personne n’est venu, que Timousse a fait égalité avec son prof et qu’on a pu enfin passer à autre chose. Et pour conclure, j’en déduis déjà une chose. Rahan, adepte du « oui-non-ah-bon-je-sais-pas » en guise de conversation, arrive toujours à y mettre un terme (à la conversation qui le gonfle) en utilisant ses « oui-non-ah-bon-je-sais-pas » à outrance. Moi, j’ai du me fendre d’une phrase complète pour que le type me foute la paix. La vie est inzuste. la conversation son monologue.
17 septembre 2009
L'ado baobab
Il était une fois une gamine de 15 ans qui décide de s’offrir, un beau matin au saut du lit, une méga crise d’ado. Certes, elle ne décide pas d’opter pour la crise d’ado dans le genre méga violente.
Elle reste sage, polie, respectueuse, timide … mais elle se ferme. Totalement. A ses parents, à ses amis, à ses professeurs. Le poil qu’elle exhibait fièrement au creux de sa main se transforme en baobab au fil des mois ce qui, vous en conviendrez, ne facilite pas les déplacements.
Un baobab dans la main droite, quand on est droitière, ça n’aide pas à bosser. Durant ses deux années de troisième, l’ado baobab se présente chaque jour et à l’heure à l’intégralité de ses cours. En touriste. En deux années consécutives, son agenda sera aussi neuf à la fin de l’année scolaire qu’il l’était au début. Neuf et vierge. L’ado baobab a beaucoup de chance, l’ado baobab est tombé sur des professeurs qui ne donnent aucun travail à la maison. C’est ce que nous appellerons la résistance passive.
L’année de ses 16 ans, l’ado baobab entre en conflit ouvert avec sa mère. Si le dialogue n’est pas totalement rompu, les conversations tournent vite au conflit, les laissant l’une et l’autre épuisées, enragées et en larmes, une tempête d’incompréhension mutuelle vient balayer des années de complicité.
Comment faire comprendre à une ado Baobab qu’elle est en train de briser son avenir avant même qu’elle ne soit en âge de l’effleurer, quand l’avenir se traduit par ce qu’elle pourra porter le lendemain ?
Rien n’y fait. Ni les menaces, ni la douceur, ni le chantage, ni le lâcher-prise, ni l’amour, ni les cris … rien.
Arrive ce qui devait arriver, l’ado Baobab souffle ses 16 bougies dans l’incertitude la plus complète. Ejectée du cursus général, ce n’est qu’après une bataille ardue qu’elle est acceptée en LP, se contentant de miettes pour ne pas se retrouver totalement exclue du système scolaire. Entendons par là qu’elle est casée d’office dans la seule classe où l’on recherche des élèves pour combler les trous et répondre aux cotas des effectifs.
La mère est déçue par son ado, terriblement déçue par ce gâchis, tant de talent et d’intelligence en une seule personne …. La mère ne veut plus écouter les discours de son entourage, les témoignages de réussite d’un cancre, les histoires de déclic … la mère n’y croit plus, elle ne peut que regarder sa fille s’enfoncer dans un monde qui finira de l’éteindre totalement.
Contre toute attente pourtant, le déclic s’opère. Est-ce ce nouvel amoureux qui croit si fort en elle ? Est-ce cet environnement qui lui convient ? Est-ce le dépôt des armes que sa mère à laissé à ses pieds ? Est-ce une nouvelle révolte ? L’ado baobab s’éveille, se découvre, se débat et décide de briller.
Après un an de cris et de larmes, les rapports de l’ado et sa mère reviennent doucement au beau fixe, effaçant doucement les rancœurs cumulées au fil des mois. Au vu de ses nouveaux résultats, l’ado baobab qui n’en fait tout de même pas plus que nécessaire parce que faut pas que déconner non plus, l’ado baobab en déduit qu’en travaillant un strict minimum, elle peut obtenir pas loin du maximum. Sans en parler à sa mère, la sachant échaudée par ses milliers de promesses non tenues, elle décide d’organiser son retour dans la filière générale. Le 20 avril, après deux mois de harcèlement, le LG finit par contacter la mère qui ne laissera rien transparaitre de son ignorance.
- Votre fille passe trois fois par semaine pour demander sa réintégration chez nous. Nous ne pouvons qu’encourager des jeunes comme elle, qui savent ce qu’ils veulent faire, qui ont la volonté pour l’obtenir. Si à la fin de son année, ses professeurs émettent un avis favorable, c’est avec plaisir que nous l’accueillerons dans notre établissement.
La mère ne pose aucune question, acquiesce et contact alors son ado baobab pour savoir de quoi il en retourne exactement. Traduisez par c’est quoi ce bordel ?
Commence alors un long combat. Il faut convaincre le LP que cette enfant n’est pas dans une voie qui lui convient et qu’au lieu de se laisser abattre, elle travaille pour en sortir. Il faut convaincre l’IA qu’il ne s’agit pas d’un caprice ou de l’intervention de parents insatisfaits mais bien d’un réveil. Tardif certes, mais réveil tout de même. La dernière semaine de juin, l’ado baobab qui n’en fait toujours pas plus que nécessaire parce que faut pas que déconner toujours, rapporte un bulletin (presque) excellent couronné des encouragements du conseil de classe. L’ado baobab parvient à obtenir l’accord du LP qui accepte de soutenir sa demande auprès du LG, lequel est de toute façon déjà conquis. C’est là qu’intervient un petit pouvoir qui décide d’ériger de nouvelles règles. Parce qu’il faut savoir qu’aucune législation n’existe pour ce type de cas. Le petit pouvoir décide à trois jours de la fin des cours, que les professeurs doivent donner un avis sur la demande de l’ado.
Le petit pouvoir pond un tableau, exigeant de l’ado baobab qu’elle se mette en contact avec chaque professeur qui devra émettre un avis, favorable ou non, tout en justifiant cet avis. Le petit pouvoir contacte les deux lycées en leur exprimant ses doutes quant à la capacité de l’ado à s’adapter à un rythme de travail qu’elle a refusé durant deux trop longues années.
Et là j’ai envie de dire qu’est ce que ça peut te faire si elle se plante ? Comme chacun sait, à trois jours de la fin des cours et qui plus est en période d’examen, la plupart des professeurs sont difficiles à toucher. L’ado baobab réussit tout de même un exploit, elle fait compléter son tableau par chaque professeur et obtiendra même des avis très favorables dans les matières les plus importantes pour le cursus qu’elle demande.
Après bien des doutes et des balades entre services (lisez donc la BD d’Astérix confronté à l’administration pour vous faire une idée) le dossier est enfin monté et déposé au LG sans que l’ado ne puisse en avoir une copie. Ce qui aurait du mettre la puce à l’oreille à la mère.
La veille des vacances scolaires, le LG contacte enfin la mère. Détendue parce que persuadée qu’il ne s’agit là que des dernières formalités administratives, la mère n’oppose pas la moindre défense quand une voix mécanique l’informe que « le dossier de votre fille est refusé ».
Sous le choc de la nouvelle, la mère ne peut qu’en demander la raison. « Pas de place ». En ces mots, exactement. Comme on vous dirait qu’il n’y a plus de beurre.
L’été se passe dans la plus grande incertitude, la mère étant contrainte de réinscrire son ado en LP pour ne pas la laisser à la rue.
Il faut savoir que le LP s’était engagé à soutenir l’action de l’ado si elle obtenait de bons résultats. L’ado a obtenu les résultats demandés. Du jour au lendemain, le LP s’est rétracté. Il n’a plus voulu donner son appui. Pourquoi ? Eux répondent simplement « elle va se planter ».
Je connais assez bien la mère pour savoir qu’elle ne se serait pas démenée ainsi pour sa fille si elle n’avait pas été persuadée que c’était ce qu’il fallait faire pour elle. Qu’elle ne se serait jamais lancée dans toutes ces démarches si le LG ne l’avait pas contactée, relancée, pour lui promettre d’accepter l’ado baobab dans son établissement. J’insiste bien sur le fait que c’est le LG qui a contacté la mère et non l’inverse.
Du jour au lendemain, le LG refuse un dossier qu’il disait pourtant attendre impatiemment il y a quelques mois. Les parents d’élèves s’en mêlent dès la rentrée et la mère d’ado n’hésite pas à faire appel à ses connaissances pour tenter de comprendre la raison réelle du refus.
La réponse est la même, il n’y a pas de place.
Et pourtant, les effectifs ne sont pas complets dans la section demandée par l’ado baobab. Le savoir est une chose, le prouver en est une autre. Après discussions ici et là, une terrible interrogation s’élève. Est-ce que le dossier de l’ado serait finalement refusé parce qu’il ne faudrait pas que son cas serve de jurisprudence ? C’est une demande tellement inhabituelle que peu de villes y sont confrontées. Et la peur principale serait que d’autres enfants, mal orientés, s’amusent à monter un dossier tout en exigeant que leur cas soit accepté. Traduisez par si vous la prenez elle, pourquoi pas moi ?
Et bien moi, je trouve ça parfaitement dégueulasse. Des adultes promettent à une ado de la soutenir dans son projet tout en secouant une carotte sous son nez. Quand elle attrape la carotte, les mêmes adultes se rétractent. Quand on connait la fragilité des ados, quand on connait le manque de confiance qu’ils vouent au monde des adultes, on finirait presque par les comprendre.
Je connais cette ado, elle est loin d’être parfaite mais elle mérite qu’on la traite mieux. Vous pouvez y aller avec vos beaux discours sur la filière professionnelle qui n’est pas une honte et qu’il faut estimer comme une filière normale, je vous trouve bien frileux lorsqu’il faut en sortir un môme.
Bien entendu, la mère continue le combat aux côtés de son ado qui malgré tout continue de travailler. Je suis épatée par son courage et sa ténacité. Elle a plus de valeur que vous tous réunis, bardés de diplômes et de belles paroles.
Il y a quelques années, cette enfant m’a regardée droit dans les yeux et m’a dit
- On m’a dit de faire confiance aux adultes, je leur ai tout raconté et ils m’abandonnent.
Sur ces mots, elle a tourné les talons et s’est dirigée vers le chemin qui lui imposait la justice, au nom des liens du sang. Elle avait 9 ans. Elle a brisé mon cœur ce jour là. Je n’oublierai jamais ses mots, ils me hanteront jusqu’à la fin de mes jours.
Sachez que je vous tiendrais pour personnellement responsable, s’il arrivait quoi que ce soit à cette enfant qui a fait, encore une fois, l’erreur de croire aux promesses des adultes.
Je sais que cette note est longue et qu’elle fera fuir le peu de lecteurs qui ne m’ont pas abandonnée en chemin. Mais il fallait que je couche ici ma révolte.
14 septembre 2009
Les virus attaquent
Ce n’est rien, il se mouche. C’est ce que me disait ma mère lorsque l’un de mes enfants, encore à l’étape du nourrisson, éternuait bruyamment dans mes bras.
Sa remarque se voulait rassurante. Mon tout petit tout juste endormi dans mes bras plissait les yeux, ouvrait grand la bouche, remontait ses jambes potelées à la poitrine puis expulsait avec force ce qui lui chatouillait le nez en raidissant son petit corps dans un sursaut, non sans tout postillonner au passage, avant de replonger dans un sommeil paisible.
Sa remarque se voulait rassurante, parce qu’elle lisait dans ma surprise la peur d’une maladie grave dont les éternuements n’en était que les prémices. Mais ma surprise n’était qu’une surprise. Peut être se rassurait-elle toute seule.
Ma mère est de cette génération où la plus petite poussée de fièvre chez un enfant est sujet d’inquiétude. Parce qu’en ces temps, on en mourait. Je me souviens, enfant, de mes angines annuelles, des 40 de fièvre qui les accompagnaient me laissant grelotant sous la couverture … mais je souviens surtout de son regard soucieux, j’aurais pu toucher son anxiété tant elle était palpable.
Ce n’est rien, il se mouche, c’est toujours cette phrase qui me revient en tête lorsque je vois un enfant éternuer. Un enfant à qui l’on apprend à tousser et/ou éternuer en protégeant son visage de ses mains. Enfin en protégeant surtout les autres des effets collatéraux. Enfin moi, j’ai toujours entendu ça. Mets ta mais devant ta bouche quand tu tousses !
Même le grand tableau noir sur lequel les enfants du centre aéré avaient noté les 57 règles à respecter, même le grand tableau noir rappelait la règle N° 15 : « je dois mettre ma main devant ma bouche quand je tousse ou j’éternue. »
Ben maintenant, c’est plus ça. Maintenant, il faut tousser dans son bras. Dans le creux de son coude. Ce que je trouve un peu dégueu soit dit en passant. Alors je ne voudrais pas être que critique sur la campagne dont on nous rabat les oreilles depuis des mois déjà, parce que grâce à cette campagne, nous avons appris quelque chose de vital. Et je tiens au passage à remercier du fond du cœur ceux qui ont pensé à pondre cette campagne, parce que je ne sais pas ce que nous serions devenus sans eux.
Depuis peu de temps, je sais qu’il faut jeter son mouchoir une fois qu’on l’a utilisé. Merci, merci à vous, J’eu été bien ennuyée, une fois que la grippe fut venue, si vous ne m’aviez pas autorisée à jeter les mouchoirs usagés (qu’on appelle aussi mouchoirs jetables soit dit en passant). Peut être que sans votre intervention, peut être que je les aurai gardés. Tous. En souvenir de la grippe de l’année 2009/2010.
Grâce à cette campagne, nous savons aussi que nous devons nous laver les mains. Putain ! Heureusement que vous êtes là !
Alors vous allez me dire que je ne suis qu’une peste mauvaise langue et qu’il y a des gens qui ne se lavent pas systématiquement les mains et que cette campagne leur est destinée. Eh oh ! un peu de sérieux là. Vous ne me ferez pas croire que ces personnes commenceront à le faire maintenant qu’ils ont appris la bonne nouvelle.
J’en reviens donc à l’objet de cette note qui part dans tous les sens, j’en reviens à cette démarche qu’il nous est demandé d’entreprendre, à savoir tousser ou éternuer dans notre bras. Déjà c’est con parce que du coup, le méchant virus va rester sur nos vêtements. Et s’il est certain qu’on ne va pas faire la bise à notre voisin de rame de métro en pleine heure de pointe, on risque fort d’être en contact à un moment ou à un autre avec le creux de son bras. Et là, tout le monde va se mettre à paniquer. Meeeeeeeeeeeerde ! ma main vient d’effleurer le creux de son bras, t’ain si ça se trouve, il vient juste de tousser dedans !!!!
Alors vous me direz que de toute façon, je m’en cogne, y’a pas de métro chez nous. On n’arrive déjà pas à avoir un train qui fasse autre chose qu’un shaker, alors un métro…. Mais quand même. Tousser ou éternuer dans son bras, ben moi je dis qu’il faut être sur de son coup. Non parce que sans vouloir rentrer dans les détails, il peut y avoir quelques petits accidents lorsqu’on éternue. Et franchement, le mouchoir c’est quand même mieux que le bras. Et j’en sais quelque chose qu’il peut arriver des petits accidents, je suis mère de famille vous rappelle-je. Et j’ai un spécimen là chez nous qui, il y a peu de temps encore, éternuait violemment. Je dis violemment parce que sa tête à ce moment là est projetée d’arrière en avant et passe à chaque fois à un micro centième de millimètre de la table, qu’on finissait par se dire avec Rahan qu’un jour, cette histoire se finirait aux urgences. Et on aurait peut être eu quelques problèmes avec les services sociaux au passage. Le gosse, le visage en sang, une vilaine coupure au niveau du front et une bosse à rendre jaloux elephant man : l’interne qui nous demande ce qui est arrivé et nous de répondre « il a éternué » … à mon avis ça ne serait pas passé.
Nous avons résumé les mises en garde en « tain Timousse éloigne toi de la table quand tu éternues, on n’a pas envie de passer la nuit au poste » ce que, je le conçois, peu de gens comprennent.
Mais je m’égare. Il y a peu de temps encore donc, Timousse se laissait surprendre par un énorme éternuement puis (au fait maman, t’as raison, quand il éternue.. enfin voilà quoi) puis il hurlait « bouchoiiiiiiiiiiir » Et restait ensuite sans bouger sous le regard horrifié de sa sœur « beuuuuuuuurk ! ce gosse est trop dégueu ! » Et nous de nous précipiter (merci pour ton aide Boudeuse) sur la boite à mouchoir pour la refiler le plus vite possible à Timousse. Et nous de lui expliquer que bordel, il pourrait mettre sa main devant la bouche quand il éternue bordel !
- Ze beu ba ! après ze bais en aboir blein les bains !
- AAAAAAAAHHHHHHHHHH ! mais il est dégueu ce gosse c’est pas possiiiiiiiiible ! (oui oui, c’est toujours Boudeuse)
Et nous d’insister qu’en ce cas, il faut absolument qu’il garde toujours sur lui un mouchoir et … et que voilà quoi. Je ne vais pas vous faire un dessin comme dans la campagne.
Sauf que maintenant, s’ils commencent à dire à Timousse qu’il doit éternuer dans son bras …. Ça va pas le faire.