31 juillet 2007
L’ado que j’étais.
Papa maman étaient ravis. Après le garçon, la fille arrive quatre ans plus tard. Le choix du roi.
Après le petit blond aux yeux bleus, arrive la petite blonde au yeux bleus gris.
J’ai grandi pendant six ans, choyée comme la petite dernière, avec un grand frère investi du rôle de sur protecteur. M’est resté de cette période une grande admiration pour lui.
J’ai revu les photos de nous deux, lorsque nous avions 6 et 10 ans. Des biafrais. Remarquez, nous vivions en Afrique, nous avions le look.
D’après les photos, j’étais plutôt une jolie petite fille, aux longs cheveux blonds que maman tressait la nuit pour qu’ils ondulent au matin. J’étais bien élevée, je travaillais bien à l’école, je décrochais les tableaux d’honneur en fin d’année et me battait toujours pour la première place. J’étais terriblement jalouse de ma petite sœur qui m’avait chassée de ma place de petite dernière l’année de mes six ans, et maman a vécu des jours très difficiles avec moi tellement j’ai pu être immonde.
L’entrée dans l’adolescence s’est faite pour moi à treize ans. Ce fut l’horreur. Mon corps s’est transformé pratiquement du jour au lendemain, alors même que mon esprit n’y était pas du tout préparé. Un esprit d’enfant refusant de grandir dans un corps aspirant à devenir celui d’une femme.
J’ai continué à ressembler à une biafrais, sauf que deux trucs monstrueux se sont mis à pousser sans même me demander mon avis. Deux trucs monstrueux qui poussaient tellement vite que maman n’arrivait pas à suivre dans l’achat des soutiens trucs monstrueux. Deux trucs monstrueux que j’ai tôt fait de planquer sous des pulls ou des tee-shirts trop grands pour moi. En ce temps là, mais les choses ont elles changées ? les garçons étaient bêtes comme des cornichons. Ben oui, c’est très con un cornichon. Et les garçons de mon âge cultivaient la chose. (non, pas le cornichon ! leur bêtise !) Ils étaient bêtes mais pas aveugles. J’étais la première formée de toutes me copines, et ça, ils l’ont repéré assez vite. Oublié le temps où ils nous courraient après dans la cour de récré pour soulever nos jupes (j’ai mis un short nananère –eu !) leurs mains se sont élevées, mais pas leur intelligence.
A compter de ce jour, je suis incapable de vous dire de quelle couleur étaient les yeux de mes camarades de classe masculins. Leur regard était posé beaucoup trop bas pour que je puisse me faire une idée. Un certain Tex a du tirer de leurs expressions son loup très expressif d’ailleurs. Ces cornichons n’aspiraient qu’à une chose, voir et entrer en contact avec la partie la plus proéminente de mon corps. S’en sont suivies des batailles endiablées. Eux, pour accéder à leur fantasme totalement débile et dégradant, moi pour conserver un semblant de dignité.
Pendant ce temps, mes amies se transformaient en jolis papillons. Plates comme des planches à repasser, mais avec des culs à faire frémir un eunuque, et jolies comme des cœurs.
Moi, à part mes deux trucs monstrueux, j’étais passablement moche. J’étais moche, commencez pas à venir me chercher des poux dans la tête, j’étais moche ! Mon premier surnom fut « tas d’os ». Très vite agrémenté de gros seins.
Je portais de grosses lunettes en écaille que j’ai du porter en permanence, connard (oups ! pardon ! un gros mot !) d’ophtalmo ! Les surnoms débiles ont continué. Ils se sont lassés les cornichons, des années qu’ils se moquaient de mon nom et qu’ils en tiraient d’horribles jeux de mots bien humiliants. Ils se sont lassés de me voir partir en courant et rentrer chez moi me jeter en larmes dans les bras de maman. Ils ont trouvé autre chose de plus rigolo. En plus du tas d’os aux gros seins, me voici Serpent à lunettes, têtard à hublot (ben oui un têtard, ça hublote selon les cornichons) et même 4 zyeux. Merci à la famille Ingalls et ses histoires larmoyantes.
Donc, je marchais dans des pulls trop grand pour planquer mes deux trucs monstrueux, la tête baissée pour planquer mes lunettes. Quand elles ne restaient pas au fond de mon sac.
L’année de mes treize ans fut aussi l’année d’une grande rencontre entre ma petite personne et l’acné. Il n’y avait pas un millimètre de peau lisse sur mon visage. Dès que j’arrivais à soigner un bouton, dix autres sortaient. Un de perdu, dix de retrouvés, j’ai respecté ce con d’adage très longtemps. Dès qu’un montrait le bout de sa pointe, les dix autres se marraient comme les cafards dans Oggy, rien qu’à l’idée de la bonne blague qu’ils allaient me faire. Et ça poussait de partout. Le pire, c’était sur le nez. J’ai gardé d’ailleurs la cicatrice d’un monstrueux bouton qui a élu domicile juste sur le bout de mon nez, histoire qu’on ne le loupe pas. Et ça a duré un bon moment, puisque plus j’ai tenté de m’en débarrasser, plus mon cas s’est aggravé.
Après tas d’os gros seins 4 zyeux, je me suis donc vue affublée d’un nouveau surnom particulièrement trognon « deux nez ». Ca les faisait mourir de rire ça, tas d’os gros seins 4 zyeux deux nez , à ces cornichons.
Pendant ce temps là, mes amies collectionnaient et s’échangeaient les flirts, et moi je marchais dans des pulls trop grand pour planquer mes deux trucs monstrueux, la tête baissée pour planquer mes lunettes, une mèche énorme à la place de la frange pour masquer un maximum de mon visage.
Puisque les cornichons commençaient à prêter une grande attention au physique des filles, c’est la même année qu’ils ont découvert le parfait désalignement de mes dents. Avec moi, sur qu’ils avaient de quoi s’amuser. J’étais donc devenue tas d’os gros seins 4 zyeux deux nez sourire de cheval.
Une certaine personne m’a même avoué que le jour où je tomberais du dixième étage, elle plaindrait sincèrement le bitume. Ah ! Ah ! Ah !
Pendant ce temps là, mes amies riaient à gorge déployées dans les bras de leur nouvelle conquête, et moi je marchais dans des pulls trop grand pour planquer mes deux trucs monstrueux, la tête baissée pour planquer mes lunettes, une frange énorme pour masquer un maximum de mon visage, sans même esquiver un sourire de peur de me dévoiler.
Mes malheurs d’ado s’ennuyaient terriblement, ils ne se sentaient pas assez nombreux pour faire la fête. Il se trouve qu’en gymnastique, on porte un justaucorps. Et donc, on voit nos jambes.
Les miennes ne se sont jamais entendues. Elles commencent à se faire la gueule au niveau des cuisses, se rabibochent presque au dessous des genoux et repartent faire la tronche jusqu’aux chevilles.
Ca les cornichons, ils ont adoré. Et me voici Tas d’os gros seins 4 zyeux deux nez sourire de cheval lucky luke ou camion citerne suivant leur humeur.
Pendant ce temps là, mes amies portaient des mini jupes à la mode, se pavanaient devant les cornichons hypnotisés, et moi je marchais dans des pulls trop grand pour planquer mes deux trucs monstrueux, la tête baissée pour planquer mes lunettes, une frange énorme pour masquer un maximum de mon visage, sans même esquiver un sourire de peur de me dévoiler, noyée dans des jeans sans formes.
Et après, y’a des cons qui vont dire aux ados qu’ils font tout le temps la gueule !
Je me suis planquée pendant une longue année, la pénible année de mes treize ans. C’est vrai qu’il porte malheur ce chiffre à la con !
Et puis je me suis réveillée. Et les cornichons ont beaucoup pleuré à leur tour.
Je m’ennuie
Pfiou ! ce que je m’ennuie !
Superstitions
Chez nous, les chambres s’appellent cabines, la salle à manger s’appelle le carré, le divan devient les banquettes, droite se dit tribord, et gauche donc bâbord, la terrasse s’appelle le cokpit.
Cela fait 13 ans que nous vivons sur un bateau. (et en plus, c’est mon treizième message, et notre anniversaire d’amoureux tombe un treize lui aussi).
Oups ! ce chiffre me ramène au histoires de superstitions dans lesquelles je baigne depuis mon enfance. Non pas à cause du bateau, mais du fait de mes origines.
Sur mon île, la croyance se mêle étroitement à certaines pratiques païennes.
Les cornes, ça peut même porter à confusion parfois. Nous tendons souvent l’index et l’auriculaire en rabattant les autres doigts sur la paume, non pas pour souhaiter un éventuel cocufiage (quoi que …) mais pour conjurer le mauvais sort. « Oh là là !!!!! ce qu’il est beau Timousse !!!! » et vite, dix paires de cornes se tendent vers lui pour éloigner le malin qui vient toujours fiche la merde (c’est pas un gros mot merde, c’est comme cul) dès qu’un petit être est un peu trop le centre d’intérêt. Parce qu’il est jaloux le malin, il veut être le seul que l’on trouve beau le malin, alors dès qu’il entend le mot « beau » ou « belle », il se jette avec haine sur l’objet de nos émois. Mais comme nous, nous savons qu’il va faire ça, vile personnage, nous faisons aussitôt les cornes sur le dit objet, ça fiche une pétoche d’enfer à l’autre là, et il n’a plus qu’à se barrer sa queue fourchue entre les jambes.
Chez nous, on parle aussi de mauvais sort. « Lui, il a l’œil ». Entendez par là qu’une personne mal intentionnée l’a ensorcelé pour qu’il lui arrive toutes les merdes possibles. Vous voyez, « la série ça n’arrive qu’à moi ». Alors ne vous en faites pas, il se conjure aussi l’œil. Chez nous, il y a des pros qui enlèvent l’œil. Et ne rigolez pas, moi j’y crois. Il y a toute une foule de petites choses à faire, avec des mèches de cheveux de celui qui a l’œil par exemple, qu’il faut tremper dans une eau spéciale, avec d’autres ingrédients, faire tourner l’eau dans un sens et pas l’autre, réciter quelques quantiques, et hop, l’œil se fait la male, il retrouve le malin qui s’est fait virer juste avant avec nos cornes, et ils vont faire la gueule ensemble.
Moi j’aime bien toutes ces petites superstitions qui font l’histoire de notre région. Un nouveau né, on lui offre les cornes, en corail le plus souvent, à porter autour du coup par exemple, pour le protéger des mauvais sorts. Mes enfants l’ont eu. C’est comme ça. Et j’aime ça.
Mon arrivée sur un bateau n’a rien arrangé à mon univers superstitieux.
Les marins sont des personnes super superstitieuses, et plus particulièrement le monde des constructeurs amateurs que j’ai côtoyé de longues années.
Je n’ai pas retenu toutes leurs superstitions, mais quelques unes m’ont particulièrement marquées.
On ne dit pas lapin sur un bateau. Je l’ai su à mes dépends, alors que j’assistais à une conversation animée entre deux de mes amis, un soir de navigation.
- Mais si, tu vois bien, la petite bête blanche là, aux yeux rouges
- Ah oui ! le cousin du lièvre c’est ça ? mais en moins sauvage …
La conversation durait depuis un moment, et moi je n’aime pas voir les gens ennuyés, à ne pas trouver un mot qui est là, juste sur le bout de la langue, je déteste quand ça m’arrive. Mon grand cœur n’a fait qu’un tour, et pleine de compassion, je me décide à intervenir (surtout aussi parce que là on était parti pour causer des boules blanches et du lièvre une partie de la nuit)
- Ben c’est du lapin que vous parlez ?
Si leurs yeux avaient été des armes, je ne serais pas là aujourd’hui pour vous raconter cette merveilleuse histoire. Pour conjurer ce putain (oups ! pardon ! un gros mot !) de mauvais sort, j’ai du répéter le mot lapin dix fois.
Ahurie, je me suis tout de même exécutée, vu que nous étions en pleine mer, et qu’il est facile de se débarrasser d’un cadavre encombrant dans ces conditions.
Petit aparté : Il est arrivé la même histoire à des amis qui à l’époque avaient amené leur fille en week-end sur le bateau d’un ami. La petite avait avec elle un CD préhistorique, la fameuse chanson de Chantal, « ce matin, un … ». Ben ils ont passé la chanson dix fois pour conjurer le mauvais sort. La gosse était aux anges, les parents ont terminé en HP. Fin de l’aparté.
Donc, une fois que j’ai bien récité dix fois le mot maudit, mes amis m’ont expliqué que sur un bateau, il fallait dire « grandes oreilles ». Ok. Comme j’aime bien savoir d’où viennent les superstitions comme ça, j’ai fait quelques recherches à l’époque. Du temps où seuls les grands bateaux à voile permettaient le convoyage des denrées et des hommes, les cales étaient pleines de cages dans lesquelles étaient entreposés divers animaux de la ferme, comme les poules et … les grandes oreilles. Le grandes oreilles, comme chacun sait, est un rongeur. Les cages en bois ne résistaient pas bien longtemps à leurs adorables quenottes. Et les bateaux, à l’époque, étaient en bois. Et les grandes oreilles, ils adoraient cette espèce de matière qui était entre les lattes de bois et qui empêchaient les infiltrations d’eau. Donc une fois que des centaines de grandes oreilles s’étaient bien attaqué au chanvre et à l’étoupe, le bateau n’avait plus qu’à faire glouglouglouglou.
En conclusion, n’oubliez pas que si une patte de lapin porte bonheur, prononcer son nom vous attirera les foudres d’un marin superstitieux.
Fort heureusement, Rahan et moi ne le sommes pas trop. Mais par respect pour nos amis qui vivent eux aussi sur un bateau, nous nous efforçons d’appeler cette charmante petite bête grandes oreilles, et avons appris à nos enfants à faire de même. Si la chose fut aisée avec Boudeuse, malgré les milliers de peluches et de personnages qui lui ont été offert, représentant le diabolique animal bien sur, c’est un peu plus difficile avec Timousse qui adore les interdits. « Maman ? faut pas dire lapin sur un bateau hein ? c’est pas bien de dire lapin hein maman ? ça porte malheur de dire lapin hein ? … » remarquez, s’il y met du sien, il arrivera bien à nous le dire dix fois dans la même phrase, et conjurera le mauvais sort de lui même.
Non seulement nous ne sommes pas superstitieux en bateau, mais en plus, nous aimons bien provoquer un peu. Bon ok, on ne dit pas corde. On dit une amarre, un bout, une écoute, mais on ne dit pas corde. A la base, c’est parce qu’il n’y avait que deux cordes sur un bateau. Celle de la cloche, utilisée dans le brouillard, et celle du pendu. Donc, on ne dit pas corde. En plus, ça fait très con de dire corde sur un bateau. Essayez avec un marin et vous verrez le regard de feu qu’il vous lancera.
Moi qui adorais allumer mes cigarettes à la flamme d’une bougie, j’ai cessé net le jour où une amie m’a hurlé « malheureuse !!!! tu viens de provoquer la mort d’un marin inconnu ! ». Euh …. J’ai juste allumé ma clope ma cocotte hein, juste j’ai la flegme de sortir mon briquet que de toute façon je ne trouve jamais, alors explique moi techniquement comment je peux provoquer la mort d’un type que je ne connais même pas en allumant juste ma clope avec la bougie dis ?
N’empêche, depuis, j’ai beaucoup de mal à le faire ce geste. Donc je cherche mon briquet pendant des heures en maudissant l’autre débile qui m’a sortie une connerie (oups ! pardon ! un gros mot) grosse comme elle et que en plus j’ai fini par croire !!!!
De toute façon, si on commence à suivre les superstitions des marins, c’est bien simple. Vous prenez votre bateau, vous le planquez dans une marina, et vous n’y touchez plus. Juste, vous venez le regarder de temps en temps, vous le montrez aux potes « t’as vu le beau bateau que j’ai ? ».
Non parce que faut pas sortir en mer un vendredi. Pas de chat noir à bord. Pas de femme à bord. Comment ça pas de femme à bord ???? Ben oui, une femme sur un bateau, ça porte malheur. (ça c’est parce que les mecs, après des mois de navigations entre mecs, ben quand ils voyaient une femme, ils s’entretuaient pour la violer sur le pont. Donc, rien à voir avec la pomme. Juste, la femme est une fouteuse de merde, et les hommes incapables de se tenir, c’est tout). Pas de couleur verte à bord. Allez savoir pourquoi, le vert porte malheur. Ni de fleurs coupées. (vu que les fleurs coupées, elle se jettent en mer lors d’une cérémonie funèbre).
Bon ok, j’arrête la liste parce qu’elle est longue.
Donc chez moi, il y a des fleurs plongeant dans un vase plein d’eau (douce) pratiquement toutes les semaines, parce que j’aime ça. Notre premier bateau avait la coque verte, rien que pour faire chier (oup ! pardon ! un gros mot !) les cons. (c’est pas un gros mot con, y’a bien trop de cons pour que ça reste un gros mot, con) et notre bateau actuel, tout ce que nous lui avons ajouté, c’est vert. Nous partons régulièrement le vendredi, et nous sommes deux représentantes du sexe féminin à bord. Nous parlons (et mangeons) librement du lapin, sauf en présence d’amis marins qui ne supportent pas ce mot. Ca me rend moins malade de dire grandes oreilles qu’eux d’entendre le mot lapin.
Y’a juste la bougie, j’y arrive plus. A part ça, je ne suis pas du tout superstitieuse.
30 juillet 2007
Jeu Musical
J’ai récupéré un boulet chez la miss Tonga Soa
1. Allumez votre baladeur avec toute votre sélection et lancez la lecture aléatoire
2. Appuyez sur "suivant" pour chaque question.
3. Utilisez le titre de la chanson comme réponse même si ça ne veut rien dire. Pas de tricherie !
4. Commentez la réponse en faisant le lien avec la question.
5. Filez le boulet à 4 personnes
1.Comment vous vous sentez aujourd'hui ?
Invincible – Muse
Gniark ! Heureusement que je ne devais pas choisir ma chouchoute parce que là, j’aurais plutôt voté pour Supermassive Black Hole et euh … nous serions partis dans de grandes explications de trous noirs tout le tralala de l’espace. Alors que invincible, j’aime bien ;-)
2. Irez-vous loin dans la vie ?
Least you can Do (Phil Collins)
Hum hum ! ceux qui causent bien l’anglais ils peuvent m’aider là ? non parce que ça ne ressemblerait pas à tu peux me quitter ou un truc du genre là ? et là, je suis pas d’accord du tout !
Correction :
Cinn a dit (eh non, ce n’est pas le jeu du Jacques a dit que pendant des années, j’ai cru qu’on disait jacadi et donc, à chaque fois je disais jacadi a dit ….) Cinn a dit donc que Least you can do voulait dire “c’est la moindre des choses que tu puisses faire”.
Alors là, du coup, me voilà transportée de joie, merci Cinn, la prochaine fois que je me retrouve confrontée à tout plein de mots en anglais, je saurais vers qui me tourner ;-) I am a Winneuuuuse ! yes !
3. Comment vos amis vous voient ils ?
Jalouse - Melle K
Le premier qui se marre, je lui en colle une c’est clair ?
Là j’avoue, j’ai failli tricher. Et donc, j’ai zappé sur un autre Mademoiselle K. Et je suis tombée sur « ça me vexe ». Elle a pas fini de donner des titres à la con à ses chansons la demoiselle ???? J’ai dis bon ok je triche pas, même en trichant, je tombe sur une réponse à la con. Je ne suis pas jalouse ! Enfin juste faut pas trop regarder Rahan de près. Mais sinon je suis pas jalouse. Enfin juste, faut pas qu’il se mette à baver devant une blondasse à forte poitrine. Je suis pas jalouse du tout. Enfin juste, faut pas que la blondasse pose son petit cul parfait trop près de mon Rahan de moi. Mais sinon, je ne suis pas jalouse du tout. Juste, faut pas qu’on s’approche trop de mon Rahan.
4. Allez-vous vous marier ?
Merci – Emmanuel Moire
Je suis censée l’interpréter comment ? Merci bien c’est pas pour moi ? ou merci j’ai déjà donné ? ou merci … je sais comment je vais l’interpréter. Rahan, le mariage, c’était pas son truc. A la base, avant que je le rencontre (et surtout après un mariage totalement foiré et une vie de couple tout aussi foirée) ce n’était plus mon truc non plus. Sauf que … je ne saurais l’expliquer mais dès nos premiers jours de vie amoureuse, je n’ai pensé qu’à ça. C’était devenu obsessionnel. Rahan s’est marié avec moi non par conviction, mais par amour pour moi. Je sais que certaines personnes auraient refusé ce cadeau parce que gnagnagna faut que les deux aient envie tout ça. Mais moi, j’ai vraiment pris ce cadeau comme la plus belle preuve d’amour qu’il ait pu me faire. Et ce jour là, j’étais la plus heureuse des mariées du monde. Alors pour ça, oui, merci.
5. Quelle est la chanson emblème de votre meilleur ami ?
Le crépuscule des Lemmings – Tete
Hum hum…. Là je vois pas du tout.
6. C'est quoi, l'histoire de votre vie ?
Je fais de toi mon essentiel – Le roi soleil
Eh oh ? sans déconner ? (oups ! pardon ! un gros mot !) c’est pas parfait comme réponse ça ? Ils sont mon essentiel tous les trois.
7. C'était comment, le lycée ?
Triste compagne - Benabar
Bah je n’en garde ni un merveilleux souvenir, ni un très mauvais. J’aimais aller en cours, j’aimais travailler et j’aimais tout autant retrouver mes amis. C’est vrai que je n’ai pas pu suivre ma voix vu qu’une erreur s’était glissée à mon inscription en seconde …. Mais sinon franchement, je ne suis ni nostalgique, ni soulagée de cette époque.
8. Comment pouvez-vous avancer dans la vie ?
Et puis après – Tina Arena
Ouaip ! c’est tout à fait moi ça. Et puis après. Toujours terminer quelque chose (enfin quand je peux hein !) et en commencer une autre (chose). Toujours voir plus loin dans le futur, toujours des milliers de projets. Et je m’en tape s’ils ne se réalisent pas. Leur premier rôle, aux projets, étant avant tout de me faire rêver. Et ça, ils le font très bien.
9. Quelle est la meilleure chose à propos de vos amis ?
Les Lionnes – Yannick Noah
A part le fait que j’aime cette chanson, énormément, que mes amis soient assez …. Felins comme moi … je n’ai rien à ajouter.
10. Quoi de prévu ce week-end ?
En apesanteur – Calogero
Yes ! bonne réponse ! tout à fait ce qui nous attend ce week-end. Avec une grosse fête (80 personnes) chez un ami, qui a juste envie de réunir les gens qu’il aime, je suis en VA-CAN-CES ! donc, en apesanteur.
11. Pour décrire vos grands-parents ?...
Don’t Give Up – Peter Gabriel
N’abandonne pas ? ça veut dire ça ? Le premier qui se marre à cause de mon côté inculte en langues étrangères, il se prend la même baffe que s’il s’est marré à la question 3. Sinon, je ne vois pas trop. Je n’ai pas connu mon grand père paternel ni ma grand mère maternelle, ils sont morts avant ma naissance. Et je crois bien que ce sont les personnes que j’ai le plus admiré sans même les connaître. J’ai très peu connu mon grand père maternel, mais je l’aimais ça je le sais, et je n’ai pas oublié son visage. Ma grand mère paternelle est morte lorsque j’étais enceinte de Timousse. Plus personne donc. Mais je sais que chacun des quatre ont vécu des vies tellement exceptionnelles qu’un bon écrivain pourrait publier leur histoire.
12. Comment va votre vie ?
La berceuse – Benabar
Euh … no comment
13. Quelle chanson jouera-t-on à votre enterrement ?
Faire semblant – De palma
M’en fou je serais pas enterrée. Pas question que les asticots viennent s’amuser avec moi. Et j’emmerde (oups ! pardon un gros mot !) le cycle naturel de la vie.
14. Comment le monde vous voit-il ?
La commune – 10 rue de la Madeleine
Ouais ! je suis une révolutionnaire moi !
15. Aurez-vous une vie heureuse ?
Kite – U 2
Calme ? c’est calme ? Bon. On va dire calme et heureuse. Enfin bon calme, ça ne va pas trop avec mon caractère, mais on va dire calme. Sauf si ça veut dire autre chose, et ceux qui se marrent …. Renvoie à la question 3
Correction : Cerf volant, ça veut dire cerf volant. suis pas plus avancée, mais je me sens moins inculte.
16. Qu'est-ce que vos amis pensent vraiment de vous ?
Relax – Mika
Ca, ce doit être surtout ce qu’ils ont envie de me dire ;-)
17. Est-ce que les gens vous désirent secrètement ?
Runaway – Pink
C’est une autoroute non ? Voyons voir … je suis censée me vexer là ?
Correction :
Cinn a dit (eh non, ce n’est pas le jeu du Jacques a dit que pendant des années, j’ai cru qu’on disait jacadi et donc, à chaque fois je disais jacadi a dit ….) Cinn a dit donc que Runaway, voulait dire plein de choses, et comme j'aime bien tricher, je retiens "totalement hors contrôle" parce que ça me plait bien ! Et puis tout bien réfléchi, ça me ressemble pas mal. Donc désirez moi, j'aime ça, mais arrêtez vous là ;-) Non parce que la victoire facile hein .... en plus du libertine ... s'il vous plait ! je suis quelqu'un de bien MOI !
18. Comment me rendre moi-même heureux ?
Soulève moi – Balavoine
Ouais, parfait.
19. Qu'est-ce que vous devriez faire de votre vie ?
La mort n’existe pas – Mickey 3D
Ben voilà, ça me va tout à fait. Et en plus, je trouve que la réponse, elle tombe vraiment trop bien. Parfait. Je savoure. Je suis invincible et immortelle je vous dis.
20. Aurez-vous des enfants un jour ?
Was it a dream – 30 secondes to mars
Ben non, c’est pas un rêve, ça c’est sur que c’est tout sauf un rêve. Ils sont bien là, bien prenants, bien vivants, bien présents, c’est de la réalité totalement réelle.
21. Sur quelle chanson vous feriez un strip-tease ?
Starlight – Muse
Tain ! j’ai intérêt à m’entraîner sec !
22. Si un homme dans une camionnette vous offrait un bonbon, que feriez-vous ?
Déjà, il se prend ma main dans la gueule. Non ce n’est pas le titre d’une chanson, mais c’est la première pensée que j’ai eu en lisant ça. Sp’èce d’obsédé ! Est ce que j’ai une tête à me faire offrir des bonbons ? hein ?
Let the music play - Barry White
Ben voilà. Laisse la, la musique.
23. Qu'est-ce que votre maman pense de vous ?
Salomé - Jean Patrick Capdevielle
« Y’a un bateau qui bouge » Il dit ça dans sa chanson. Ca me va bien hein ?
24. Quel est votre plus sombre secret ?
Me glisser dans tes rêves – Rapsat
Wha ! je suis sur le cul (c’est un gros mot cul ?)
25. Quelle est la chanson emblème de votre ennemi mortel ?
Hey you - Pink Floyd
Ouaip, je suis certaine que ce connard (ah ça oui, c’est un gros gros mot connard, mais comme ça lui va bien, je lui laisse et j’assume) , il aimerait bien m’invectiver comme ça avant de me sortir tout son fiel.
26. Quelle est votre personnalité ?
Libertine - Mylène Farmer
Eh oh !!!!! ça va hein !
27. Quelle chanson jouera-t-on à votre mariage ?
Je t’en remets au vent Hubert-Felix Thiefaine
Pas mal du tout ! Bon ce n’est pas celle là qu’on a joué à notre mariage, mais tout compte fait, pas mal du tout !
Alors … il me reste qui à montrer du doigt là ? Véro, et si tu me dis que t’as pas d’Ipod, t’es morte. La DragonNe, je sens qu’elle va dépasser mes 6 pages, Cinn, si tu as eu le courage de lire cette tartine, Et Thael, je sens qu’on va rigoler si elle se lance là dedans.
26 juillet 2007
Demain
Je crois bien que je n’ai jamais été aussi laide qu’à cette époque là. Ca m’amuse que notre ami Mapping nous ait comblé d’une superbe note alliant ses superbes dons de conteur, nous laissant découvrir son côté preux chevalier, et dévoilant aussi une grande sensibilité face à la femme qui porte la vie.
Si tu m’avais vue enceinte de mes enfants, Mapping, tu aurais vite revu ta copie.
Y’a un seul âge où j’ai été aussi moche que lorsque j’étais enceinte, c’était à l’âge de treize ans, mais cela fera certainement l’objet d’une autre note. Un jour.
J’avais tout juste quatre jours de doutes lorsque j’ai décidé de faire mon test de grosses à la maison. Et je me souviens encore de mon explosion de joie.
Je suis arrivée fébrile à mon bureau, pour appeler vite fait le laboratoire qui m’a reçue dans la foulée.
Le soir même, mon bureau était envahi de mes collègues lorsque j’ai appelé le labo pour avoir les résultats de ma prise de sang. J’ai raccroché en les regardant, tous les yeux posés sur moi me posaient la même question « alors ? ».
Alors j’ai répondu oui. Non je mens. Alors, j’ai hurlé la nouvelle. J’étais enceinte.
C’était le deuxième bébé de l’entreprise. Il faut dire que nous avions tous le même âge, étions tous en couple, étions amis avant de travailler ensemble, l’ambiance était merveilleuse au bureau. Ils étaient un peu comme ma famille.
La semaine suivante, je n’ai rien perdu de ma joie d’être enceinte, mais j’ai arrêté de fumer par « obligation » et non par volonté. J’étais malade. Comme je ne pensais pas qu’il serait possible d’être malade.
A presque me demander ce qui m’avait pris de vouloir à tout prix porter la vie.
Le médecin n’a voulu me recevoir qu’au second mois de grossesse. Je me souviens que c’était un peu avant noël. J’avais de terribles douleurs dans le bas du ventre.
Il m’a annoncé que je contractais énormément, que je risquais de perdre mon bébé à tout moment, mais qu’il ne me donnerait aucun traitement avant le cap des trois mois, la nature devait faire son choix.
Cela ne m’a pas du tout perturbée. Au fond de moi, je savais que tout irait bien. Mon bébé et moi, c’était une merveilleuse histoire déjà, même si j’étais malade à en crever.
Et au troisième mois, mes ennuis ont commencé. Le traitement m’était enfin accordé. En entrant dans le quatrième mois, les nausées ont disparues, j’ai revécu. Je me suis mise à aimer le thé et le pain d’épice tartiné de beurre salé, moi qui ai toujours détesté ça. Mais il ne faut pas oublier qu’un traitement m’était enfin accorder pour que je ne perde pas mon bébé.
J’ai déjà une peau à tendance boutonneuse depuis mon entrée dans l’adolescence. Et du jour au lendemain, mon visage s’est transformé en clavier de calculatrice. Pas un millimètre de peau lisse, pas un. J’étais recouverte d’acné, comme un ado gravement atteint.
J’ai accepté très vite l’idée de la laideur, j’étais enceinte, c’était la plus belle chose qui pouvait m’arriver. Un peu avant quatre mois, j’ai senti comme des bleurp dans mon ventre.
Mon bébé vivait en moi. C’est la plus belle relation que j’ai vécu de toute ma vie, avant et même après. J’avais vraiment la sensation de communiquer avec ce petit être fragile qui grandissait en moi, sans que je ne fasse rien.
Je me suis mise à manger. J’engloutissais tout ce que je pouvais, j’avais toujours faim. J’ai énormément grossi. Quelque chose comme quatre kg par mois, mon médecin en devenait fou « heureusement que vous avez été malade au premier trimestre ! »
Je tentais de tricher en grimpant sur la balance, je vider l’air de mes poumons, histoire de gagner quelques grammes. Mais la sentence tombaient à chaque fois. Je balayais d’un sourire boutonneux les réflexions de mon médecin, et l’obligeais à passer à autre chose. Je ne venais pas pour me faire engueuler comme une gamine, je venais écouter le cœur de mon bébé. Comme un cheval au galop. La pièce silencieuse se remplissait des battements de son petit cœur et je fondais en larmes à chaque visite. Je sentais chacun des ses mouvements, et je jubilais.
A quatre mois de grossesse, j’ai su que j’attendais une petite fille. Ca m’a fait comme un violent coup dans la poitrine. J’avais l’impression de porter en moi le prolongement de moi, en mieux. Elle serait moi, en mieux. Elle serait ce que je n’ai jamais pu être.
M’a pris alors une frénétique envie d’achat, chaque jour, je rapportais de quoi l’accueillir dans notre monde. Je voulais le meilleur pour elle. Je me suis mise à la couture, au tricot, au bricolage, j’ai entièrement confectionné et agencé sa chambre.
Mon médecin m’a arrêtée à cinq mois, parce qu’il me fallait trois heures de transport par jour pour me rendre sur mon lieu de travail.
J’ai eu très peur de ne pas supporter l’inactivité. Mais en fait, j’ai passé ces mois d’attente à prendre soin de moi, à communiquer avec mon bébé. A sentir cette petite vie grandir en moi, et ça, ce n’était qu’à moi.
Durant toute ma grossesse, l’entreprise qui me louait mon appartement avait décidé de refaire tout l’immeuble extérieur-intérieur. Un jour j’en parlerais, c’était un véritable cauchemar mais il me reste quelques belles anecdotes.
A six mois, j’étais déjà énorme. Un ami m’avait offert un Tee shirt sur lequel était inscrit « je ne suis pas grosse, je suis enceinte ». Je l’ai porté pratiquement tous les jours, il avait de plus l’avantage d’arracher des sourires aux passants.
A sept mois, j’étais aussi haute que large, et Boudeuse a décidé de s’asseoir, de se coincer dans mon bassin et de ne plus en bouger.
A huit mois, mon médecin a arrêté mon traitement « maintenant, vous pouvez accoucher, elle ne fera que grossir ce dernier mois ». Du coup, j’ai arrêté de me peser, persuadée d’accoucher le lendemain. J’en étais à 20 kg. Et puis j’étais certaine de perdre tout ce poids sur la table d’accouchement. Ma valise était prête. Elle l’est restée pendant un long mois, puisque boudeuse a décidé d’attendre le terme pour venir enfin se présenter à nous. De tout mon entourage, j’étais la seule à ne pas être pressée. Elle était bien avec moi, j’étais bien avec elle, nous avions bien le temps. Je savais qu’après ce serait beau, mais différent. Je voulais goûter pleinement à ces jours qui me restaient, en osmose avec mon enfant, j’ai profité de chaque jour comme s’il était le dernier.
Et puis un matin, vers deux heures, je me suis réveillée. J’ai sentie que c’était le moment. Comme si elle me parlait, comme si elle me disait « maman, prépare toi, j’arrive bientôt ». J’ai pris une douche brûlante, je me suis allongée seule dans la pénombre de la salle, et ma main posée sur mon ventre rond, je lui ai parlé de tout ce que la vie lui apporterait. Je la rassurais, je la caressais à travers ma peau, je lui disais combien je l’aimais déjà, depuis toujours, combien j’allais l’aimer tout au long de ma vie. Je lui disais que tout allait très bien se passer, qu’elle ne souffrirait pas, et que personne ne pourra nous séparer même après et en tout cas pas pendant des années.
J’ai perdu les eaux.
A cinq heures du matin, elle était dans mes bras, toute chaude, toute belle, les yeux immensément ouverts et plongés dans les miens.
Ils nous ont laissées toutes seules quelques minutes. C’était trop fort vous comprenez ? c’était tellement violent, cette explosion d’amour. Je n’ai pas voulu qu’ils la prennent tout de suite. Je lui caressais doucement la tête, sa peau tout contre la mienne, j’embrassais le bout de son nez recourbé. Je reconnaissais la forme de mes yeux. Elle était magnifique.
Et juste avant de fondre en larmes, je lui ai parlé tout doucement. Bonjour petite sirène, je suis ta maman, et je t’aime depuis toujours.
Demain, cela fera quinze ans que ma fille m’aura fait le premier plus beau cadeau de la vie.
Cela fera quinze ans que je l’aime, que cet amour grandi avec elle. Demain, cela fera quinze ans qu’en lui donnant la vie elle a sauvé la mienne.
Bon anniversaire mon amour.
25 juillet 2007
Scoop
Ce n’est vraiment pas facile d’élever une ado. Oui je sais, je vous imagine l’air surpris à lire ces quelques mots. Oui je sais, je vous annonce le scoop du mois là, je sais. Peut être même de l’année.
De toute façon, et là je vous balance un nouveau scoop, ce n’est pas facile d’élever un enfant, même tout petit.
On est sans cesse en questionnement.
Est-ce que j’ai bien fait là ? je ne me suis pas planté là ? j’ai pris la bonne ou la mauvaise décision ? oh là là ! j’ai peut être été trop sévère là … ou pas assez. Je n’aurais pas du lui coller une baffe là ! j’aurais du lui en coller une tiens ! Et s’il ne m’aimait plus ? mais pourquoi j’ai voulu des gosses moi ?????
Et bien en fait, pour avoir les deux à la maison, le petit et l’ado, je m’aperçois que les mêmes questions reviennent inlassablement.
Ce sont toujours les mêmes conflits, ils sont juste à échelle différente, et il faut les gérer autrement. Je vais passer moins facilement sur l’insolence de la grande, alors que le petit, il lui suffira de me demander « dis maman ? tu me pardonnes ? ». Ce que ne fait pas la grande. (sauf si elle est allée vraiment trop loin)
Dans un sens, la grande, je crois que je peux toujours attendre qu’elle me présente des excuses. Il faudrait déjà que dans sa toute puissance, elle s’imagine avoir pu se rabaisser à avoir fait (dit) une connerie (oups ! pardon, un gros mot !) réclamant réparation hein !
Dingue comme elle peut à la fois manquer de confiance en elle et se faire les griffes sur moi. Les psys ont beau écrire dans des manuels pour parents paumés, recevoir les mêmes parents en consultation, nous dire et redire que c’est normal, que l’enfant, l’ado, doit affronter ses parents (et trouver quelqu’un d’autre à contrer de temps en temps c’est trop demander ?), que l’enfant, l’ado doit se construire en se détachant des parents (sur qu’en cherchant bien y’a un autre moyen de se détacher du parent sans lui rendre la vie impossible), que c’est souvent le parent qu’il aime le plus à qui il s’en prend le plus (il peut aussi lui prouver autrement comment il l’aime, ce parent, sur que le parent comprendrait) que l’enfant, l’ado, a besoin de limites (ah boooooooooon ??? ben on dirait pas hein !) et même qu’il vous est reconnaissant de les fixer ces limites (euh … j’aimerais bien la ressentir moi cette reconnaissance parfois) que l’enfant, l’ado, a besoin de ce conflit pour se positionner (euh … moi je lui explique sa place si il veut hein, sans conflit hein !) etc … ben moi je dis bordel (et même pas je dis oups pardon sur ce coup là).
Donc ça veut dire qu’au minimum, on va passer quelque chose comme vingt ans de nos vies à fixer des putains de limites qui seront sans cesse repoussées ???
Ok. Petit aparté, y’a une flopé de gros mots qui vont arriver là, alors je le dis une fois pour tous ceux qui arrivent et on n’en parle plus ok ? OUPS PARDON UN GROS MOT ! Voilà. Fin de l’aparté.
Imaginons.
J’ai une maison, je décide de bâtir une clôture tout autour de cette maison.
Je me fais bien chier à la bâtir cette clôture hein ! Avec de temps en temps, une aide extérieure, en bénévolat, ou rémunérée, mais une aide conséquente. Avec d’autre temps en temps une autre aide extérieure que même pas je l’ai demandée une aide maladroite d’un parent, un ami, un collègue, un étranger dans la rue qui passe et qui pense que là, ma clôture elle pendouille il va la redresser. Non mais de quoi je m’occupe ? Et cette aide catastrophique, elle vient fiche par terre des mois de boulot. Cool, ça me met en forme moi.
Je n’ai pas encore terminé de la bâtir cette clôture, que déjà y’a de la maintenance. Parce qu’un bout, juste devant la cuisine là, un bout vient de se casser la gueule.
J’imagine passer vingt ans de ma vie à la bâtir cette clôture, en réparer les accros, à me maudire parfois d’avoir passé un mois en mer à me reposer, en abandonnant la clôture, et avoir l’impression qu’à mon retour, tout est à refaire.
Là tout de suite, je pense au type de la mythologie qui se tape un truc à remonter qui redescend sans cesse. Et le con, il y retourne.
Et bien moi, je vous dis, y’a des fois, je fatigue. En plus, ce n’est même pas valorisant, y’a toujours un con (pas celui qui remonte et redescend hein un autre con, parce qu’il y en a un paquet de cons sur terre) y’a toujours un con donc, qui remarquera LA faille. Un truc que j’aurais loupé. Et ce con, il ne verra que ce truc, pas le reste hein, non, juste le loupé. Il mettra le doigt dessus, il en parlera autour de lui.
Mais pire que tout, c’est le gamin qui aura vu cette faille dans la clôture le premier. Vu que son leitmotiv au gamin, c’est de chercher (et trouver) la faille dans laquelle il pourra se glisser. Presque, on pourrait penser qu’il est payé pour ça le môme ! Et une fois passé de l’autre côté de la clôture, il me narguera de son petit air suffisant « j’ai été plus fort que toi –eu ! nananère –eu ! »
Non parce qu’il faut savoir que Timousse, son passe temps favori, c’est tester la solidité de la clôture. Et ce, à un moment où je m’y attendrais le moins s’il vous plait, sinon ce ne serait pas rigolo hein !
Boudeuse, en fait, lorsqu’elle était toute petite et portait encore des couches, elle m’avait pourtant donné quelques signes. J’aurais du m’en douter. Toute petite donc, elle avait une collection de légos de toutes formes et de toutes tailles. Avec Rahan, nous passions des heures avec elle, à genoux sur le sol de sa chambre, à construire sous ses yeux émerveillés des tours aussi immenses que fragiles. Et lorsque nous posions la dernière pièce, que nous nous écartions un peu de notre œuvre pour l’admirer béatement, Boudeuse nous offrait son plus joli sourire, un rien sadique, et sans nous quitter des yeux, balançait ses mains dans tous les sens pour organiser un effondrement en règle de notre édifice. Et entre deux éclats de rires cristallins, ces rires qui font la particularité des tous petits, elle nous chantonnait « et voilà ! c’est tout cassé ! »
Et bien voilà. C’est exactement la même chose pour ma putain de clôture vous voyez ? Sauf que l’aspect ludique a disparu. En tout cas, du côté parental. Les gamins, ils regardent notre clôture, et d’un coup de paluche « hop ! c’est tout cassé ! »
Et qu’est ce qu’on fait ? ben je vous le donne dans le mille. On reconstruit. On remonte ce qui est retombé quoi comme l’autre con.
Si le plus petit accepter certaines règles nonobstant le fait qu’il tente d’y déroger régulièrement, l’ado elle, commence à avoir plus que du mal à accepter la vue ne serait ce que de loin, d’un tout petit bout de la clôture. Si avec le petit, il suffit d’expliquer le pourquoi de l’emplacement de la clôture juste à cet endroit là et suuuuuuuuurtout pas à un autre (non n’insiste pas où je t’en colle une !) l’ado, elle, s’en va chercher frénétiquement une cisaille dans le jardin pour y faire un trou béant.
Si l’arme favorite du plus petit est de trépigner sur place des fois que les vibrations occasionnées par son débordement ne fasse s’effondrer la clôture, l’ado elle, utilise une technique (selon elle) plus subtile : le faisage de gueule. En général accompagné de regards munis de rayons lasers tueurs. Le faisage de gueule consiste à ne montrer à ses parents que son côté désagréable. Leur faisant oublier qu’il n’y a pas si longtemps que ça, l’ado (qui n’en était pas encore une forcément) hurlait de rire sous leurs attaques de poutous poutous dans le cou.
L’ado est persuadé que le faisage intensif de gueule vaincra là où l’action cisaille aura lamentablement échoué. Vu que les parents, vieux cons mais pas si cons que ça, auront tôt fait de découvrir les dégâts causés par la cisaille, auront confisqué la dite cisaille après avoir réparé fissa la clôture.
L’ado s’exerce donc de longues heures devant sa glace à allonger son menton jusqu’à le faire tomber par terre splatch ! durant ses pratiques intensives de faisage de gueule. Le dit menton finira par traîner lourdement à terre, creusant ainsi de larges et profondes tranchées, lui permettant de passer sous cette putain de clôture que, je le rappelle, vous vous êtes fait chier à construire depuis quinze ans.
Sauf que l’ado, comme toujours, se plante sur le degré de connerie de ses parents. Pas de chance pour l’ado, ses parents ne sont pas nés à l’âge qu’ils ont aujourd’hui. Ses parents sont nés bébés, comme l’ado (si si ! je vous jure) ils ont grandi, et même qu’ils ont eu quinze ans un jour … le premier qui dit lointain, je lui colle une beigne. Et non, la sénilité n’est pas assez installée pour qu’ils aient oublié ce doux âge.
Parce que ce que l’histoire ne dit pas à son début, c’est qu’avant de construire cette putain de clôture dont ils ne voient plus le bout, les parents auront posé de bonnes fondations, bien solides, sorties tout droit de leur propre éducation, de leur propre vécu et de ce qu’ils en auront retenu (et fait).
Et aussi profondes soient les tranchées creusées par le menton de leur ado, aucune ne pourra entamer les fondations conçues par les parents. Bon ok, elles seront peut être un peu ébranlées, les fondations. Mais pas au point de permettre à la clôture de s’effondrer. Après une ultime tentative de soufflements agacés, de gémissements de la mort, l ado repartira avec son menton sous le bras (parce qu’à force, ça pèse) définitivement persuadé d’être la plus grande victime du monde … jusqu’à la prochaine tentative.
Maintenant que j’ai bien fait flipper les pas encore parents laissons parraître le bon côté des choses, histoire de ne pas les dégoutter totalement. Non parce qu’il n’y a pas de raison qu’ils soient ad vitam protégés de ce type de galère hein !
Il est des jours où la clôture avance pas mal et où l’enfant et l’ado s’habituent à sa présence. Il est des mots doux, des caresses échangées, des secrets confiés, des histoires lues et racontées, des jeux qui n’en finissent plus, des fiertés que personne ne pourra nous voler. Il est des moments de pur bonheur qui ne s’expliquent même pas tellement ils sont forts.
Il est des jours où l’enfant et l’ado se posent à nos côtés, nous filent discrètement le calumet de la paix. Ils se posent à nos côtés, et comble de bonheur, ils contemplent avec satisfaction, ils admirent avec nous cette clôture qui a fait verser tant de sueur et de larmes. Ils posent leur tête sur notre épaule, et nous plongeons délicieusement notre visage dans leurs cheveux. En fermant les yeux et porté par tout l’amour qui habite nos cœurs, nous plongeons aussi facilement dans de délicieux souvenirs. Ces moments où le plus petit ne nous contrait pas encore, où l’ado n’était pas si rebelle. Ces merveilleux moments où notre enfant ne trouvait l’apaisement que dans nos bras.
Mieux que ça, il arrive que le plus petit ou l’ado décide de bâtir avec nous de petits bouts de cette clôture.
Et summum de la réussite, arrivera même peut être le jour où le plus petit et l’ado, devenus plus grands, nous seront reconnaissant d’avoir bâti et entretenu cette clôture qui fera un peu de ce qu’ils seront plus tard. Et nous oublierons alors toutes les souffrances vécues autour de la mise en place de cette clôture, parce que l’humain est ainsi fait, lorsqu’il aime, il ne conserve que les meilleurs souvenirs. La nostalgie de ces combats pourrait même venir nous chatouiller de temps en temps.
En attendant, j’avoue sans honte que ce n’est pas que je sois pressée de vieillir … mais presque.
Et de vous à moi, j’ai un peu hâte qu’ils aient des enfants à leur tour, que je me marre un peu à les voir se débattre avec leur propre clôture plus tard.
23 juillet 2007
Sans grand intérêt
J’ai envie de vous raconter des milliers de choses, à commencer par ma semaine palpitante … mais le hic, c’est qu’elle était tellement géniale cette semaine (même si elle a mal commencé) qu’à chaque fois que j’essaie d’en parler, je la trouve fade. Alors qu’elle ne l’est pas. Atelier d’écriture mercredi dernier … il a tourné au délire, j’ai tellement ri que j’ai cru manquer d’air. D’ailleurs, j’ai bien envie de faire comme Tonga Soa, poser ici certains de mes textes … mais je ne sais pas trop … je dois y réfléchir. C’est un peu la honte quand même pour moi. Jeudi soir, spectacle en plein air : Gad est venu nous rendre visite. Un pur délice. Une douce soirée passée avec Boudeuse qui l’aime autant que moi, cet humoriste attachant. Vendredi soir, spectacle dans la rue, pour les petits et grands. Marionnettes, clowns, jongleurs … le cirque de la rue, moi je trouve ça géant et Timousse aussi. Boudeuse c’était pas son truc. Elle a … euh …. Boudé. Après ça allait mieux puisque Timousse est rentré dormir avec Rahan, que j’ai enfin lâché mes copines pour que nous puissions arpenter les villes à la recherche de conneries (oups ! pardon ! un gros mot !) à nous acheter. Lorsque les magasins ont fini par fermer et que j’ai décidé de rejoindre les copines avec elle vers minuit, elle a retrouvé son masque de boudeuse. Me fatigue … légèrement exclusive la boudeuse hein …. Ce même vendredi, j’apprends que oh miracle ! le moteur du bateau est réparé. Donc samedi matin, aux aurores, Rahan a largué les amarres. Le bruit du moteur m’a réveillée. M’avait chauffé mon lait, Rahan, mais moi j’avais encore bien trop sommeil. De m’être couchée vers trois heures du matin … le matin même. Alors j’ai juste jeté un œil, toute vêtue de pyjama que j’étais, j’ai vu qu’il s’en sortait très bien tout seul à quitter la place du port, j’ai relevé les pare battages, j’ai versé le lait chaud dans un thermos, et suis retournée terminer ma nuit dans mon lit. A neuf heures, Rahan me réveille pour jeter l’ancre (ça, c’est mon boulot et j’aime faire ça). Le lieu est calme, reposant, sauvage …. Hummmmmmm ! je m’installe ensuite à l’ombre du bimini pour déguster mon chocolat chaud. La vie est belle. Timousse court dans tous les sens, harcelant son père pour repérer les lieux en annexe. Boudeuse se lève … en boudant. Mais même son air d’ado insatisfaite et victime de parents abusifs qui osent lui offrir un week-end en mer ne peut me faire perdre ma bonne humeur : je suis bien. De toute façon, dans l’après midi, nous avons rencontré pire que Boudeuse, et quelque part, ça rassure. Le côté sympathique du bateau, c’est que où que nous soyons, nous croisons la route d’autre bateaux. Et samedi, nous avons retrouvé des amis qui rentraient justement de croisière. Ils rentraient avec leur fille, une ado. Une ado qui a passé l’intégralité de la croisière à faire la gueule (gueule, c’est pas un gros mot gueule. On le dit pour certains animaux, alors c’est pas un gros mot gueule, donc je ne dis aucun oups ). La mère était toute bouleversifiée lorsque nous l’avons vue. De vous à moi, l’ado, aussi attachante soit elle pour nous, personnes de l’extérieur, et bien l’ado, je lui aurais bien collé une baffe. Avec son petit caprice de merde (oups ! pardon ! un gros mot !) Sans déconner (oups ! pardon ! un gros mot !) ses parents lui offrent un voyage de rêve, ils ont vu des endroits magnifiques, ils ont fait un voyage magnifique, et elle a fait la gueule (oups ! pardon ! un gros mot !) pendant quinze jours ! Moi je dis, trop de merdes (oups ! pardon ! un gros mot !) pour ces gamins. Alors j’ai juste rappelé aux deux enfants gâtées qu’il y avait des gosses, ils n’avaient jamais vu la mer. Il ne savaient même pas qu’elle est salée, la mer, il ne peuvent même pas imaginer les sensations que l’ont peut avoir en plongeant d’un bateau. Ils n’ont jamais vu de ciel étoilé, ils n’ont jamais vu de lever de soleil sur la mer, ils ne savent pas combien le plancton peut illuminer notre sillage la nuit … y’a des gamins, ils grandissent en sachant que jamais ils ne verront la mer. Et l’autre petite merdeuse là, elle a tiré la tronche pendant quinze jours parce qu’elle n’a pas pu aller sur msn ????? nan mais oh ! Boudeuse, c’est vrai qu’elle boude. Mais au moins, lorsque nous sommes partis, elle s’adapte. Et elle s’éclate. Elle a passé son week-end dans l’eau. Ok, elle l’a commencé assez mal le samedi matin parce qu’elle venait de se rendre compte qu’elle ne pourrait pas voir Heroes samedi soir sur la une. Mais en fait, cette sensation de frustration lui est passé assez vite. Dès que nous avons posé nos fesses sur la plage déserte le samedi matin en fait. Et le samedi soir, nous prenons l’apéro avec les amis qui rentrent de croisière. Et puis un nouvel ami arrive, nous l’invitons à dîner chez nous. Tandis que Boudeuse est invitée sur le bateau de l’ado qui ne tire plus la gueule, vu qu’elle a une copine avec elle. (Oui, je sais, on s’y perd). Le lendemain, d’autres amis nous rejoignent à l’improviste. Et nous sommes invités à déjeuner sur un autre bateau. En bref, nous avons passé le week-end à avoir du monde sur notre bateau, à nous éclater sur le bateau des autres, le tout entre coupé de baignades du bateau et de ballades sur la plage. Et Boudeuse n’a pas boudé une seule seconde. Boudeuse n’a pas quitté son amie une seconde non plus, nous l’avons même ramenée au port la gamine, et le dimanche soir, les voilà parties au restaurant ! mazette ! rien que ça ! En fait, les parents étaient trop heureux de voir leur fille retrouver le sourire. Donc, ils ont eu un mal fou à nous rendre la notre. Et moi, je me dis que ok, ma fille peut être chiante (oups ! pardon ! un gros mot !), ok. Mais elle ne me tire jamais la tronche bien longtemps non plus. Ok, elle me sort des inepties. Mais dès que nous sommes plongés dans le bain des week-end en mer, elle en tire son partie et cherche le meilleur de la situation. Même si après, elle abuse un peu de son statut de victime. Preuve en est, ce matin je reçois un sms d’elle. Elle s’est trompée de destinataire hé ! hé ! Ce sms était destinée à une autre amie, et elle lui dit « bon au début je n’étais pas contente, mais en fait j’ai passé un super week-end » et là, je suis gentille, je ne vous le fait pas en langage sms. C’est vrai que Boudeuse parfois elle me sort des réflexions d’ados que je me retiens pour ne pas la pulvériser sur le champ. C’est vrai que souvent, je la trouve ingrate, et jamais contente de tout ce qu’elle peut avoir. Vu que les autres ont toujours mieux et plus qu’elle. Mais c’est vrai aussi que dès qu’elle quitte le monde de la ville, elle redevient une ado adorable, qui retrouve les véritables plaisirs de la vie. Timousse lui, il est encore à l’âge où tout l’émerveille. Avec Timousse, nous avons passé quelques heures à chercher des coquillages que nous avons dégusté le soir même sans modération. J’ai passé de délicieux moment avec mon fils, à jouer dans l’eau, à construire des châteaux de sable, à jouer dans l’eau, à lire des histoires lovés dans le hamac, à jouer dans l’eau … Et Boudeuse avait si bien décidé d’oublier de bouder qu’elle s’est énormément occupée de son petit frère. Donc, ils ont beaucoup nagé ensemble. Puisqu’elle a décidé de lui apprendre quelques mouvements supplémentaires. En plus avec elle, il ne panique pas. Vu qu’elle s’en tape s’il panique. Ce n’est pas la mère, vous voyez, les tripes à l’envers dès qu’elle voit son rejeton sous cinq centimètres d’eau. Alors Timousse, forcément, il a pas mal bu la tasse. Et moi à chaque fois, je me raidissais sur ma serviette, prête à bondir, mais Timousse retournait lui même dans les bras de sa sœur, et se laissait torturer avec plaisir. Lorsqu’il a décidé de revenir un peu vers moi, épuisé par ces jeux d’eau et surtout tiraillé par la faim, je lui ai demandé en souriant - Alors Timousse ? tu as bu toute l’eau de la mer ? Et là, il me regarde interloqué, il se retourne vers la mer, en tendant les bras en croix : - Ben non hein ! tu vois bien ! y’en a encore plein de l’eau dans la mer !
18 juillet 2007
Zentite
Timousse a ce petit seveu sur la langue qui me rend toute chose dès qu’il emploie des mots avec J, Ch …. Ça me fait craquer.
Sommes allés voir une orthophoniste qui n’a pas voulu instaurer de suivi parce que, dit-elle, Timousse est fainéant. Tient de sa mère quoi ((et puis aussi un peu de son père, faut pas que déconner (oups ! pardon ! un gros mot !) ).
Donc, quand Timousse fait l’effort, il prononce bien les mots. Suffit de le lui faire penser. Mais de lui même, jolie devient zolie.
Je me fais un peu de souci pour sa rentrée en CP, je retournerais voir l’orthophoniste parce que ce que nous trouvons nous, adulte, adorable, craquant, mignon, risque bien de devenir quelque chose de plus difficile à gérer pour lui, et ce, très vite.
Ne serait-ce que par la cruauté des enfants entre eux. Oui, je trouve les enfants cruels entre eux. Je ne dis pas que c’est calculé, parce que je n’imagine pas un enfant méchant, mais leur côté direct, leur franchise et leur spontanéité, peut rendre leurs propos cruels parfois, souvent ou même toujours.
Et puis j’avoue, je suis bien emmerdée (oups ! pardon ! un gros mot !) parce que l’orthophoniste m’a dit de reprendre les mots avec Timousse, mais sous forme de jeux. Genre je lui lance un défi « dis moi Jachère Timousse » (petit clin d’œil à une vielle histoire entre une représentante de la médecine scolaire bornée et moi même, bornée aussi).
Mais je ne dois pas le reprendre. Ca vexe. Et ça bloque. Ca vexe et ça bloque un enfant « normal ». Et sur Timousse, l’effet Kiss Cool est encore pire.
Donc, je marche sur des œufs frais. Je ne le reprend pas trop. Juste un peu de temps en temps.
A son adorable zozotement, s’ajoute une faculté de modifier la fin de quelques mots. Et parfois, on s’y perd.
Timousse n’arrive pas à dire gentille, il dit zentite.
- Merci maman, tu es zentite.
- De rien Timousse. Comment tu dis ? Zentite ?
- Noooooooon ! Geeeeeeeeeeeeeeentite
Ah, on s’approche, mais le féminin n’est pas acquis.
- Timousse, il faut dire Gentille pour une fille
Là, ça devient le bordel. (Oups ! pardon ! un gros mot !) non parce que allez expliquer, vous, le féminin d’un mot qui ne s’entend pas. Allez-y vous, prononcez gentil et gentille pour voir la différence hein ! Du coup, j’ai essayé autre chose.
- Timousse, il faut dire Gentilleuuu pour une fille
- Ah ? merci maman, tu es geeeeeeeeeeeentiiiiiiiiillllllllllllllleuuuuuuuuuuuu
Là, de vous à moi, qu’on se le dise, il semble moins débile profond mon fils, si il dit zentite plutôt que geeeeeeeeeeeentiiiiiiiiillllllllllllllleuuuuuuuuuuuu ! Enfin ce n’est que mon ressenti hein !
Sur que si il dit à sa maitresse à la rentrée « merci maîtresse, tu es geeeeeeeeeeeentiiiiiiiiillllllllllllllleuuuuuuuuuuuu ! » ni une ni deux, elle me convoque.
Remarquez, ça me changera des « votre fille, elle plaaaaaaaaaaaaaaaaaane ! » ou « votre fils, il est duuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuur ! » là on me dira, « votre fils, il dit
Geeeeeeeeeeeentiiiiiiiiillllllllllllllleuuuuuuuuuuuu ! »
Donc, j’en suis revenue à la prononciation réelle :
- Timousse, il faut dire gentille.
- Ah ben non, c’est pour les garçons, zentil. Pour les filles on dit zentite.
- Mais non Timousse, tu entends le « ille » quand je dis gentille, et tu ne l’entend pas quand je dis gentil.
- Mais on dit pas zenti pour les garçons ! on dit zentil !
Ouaich bon c’est pas gagné.
- Ecoute maman. On dit petit pour les garçons, et petite pour les filles. Alors on dit zentil pour les garçons, et zentite pour les filles.
- Ben non, c’est pas logique ce que tu dis, puisqu’on ne dit pas genti pour les garçons. (en plus, c’est lui qui l’a dit juste avant hein ! z’avez qu’à lire plus haut !)
Réflexion profonde de chacune des deux parties. Soudain, un éclair illumine mon esprit embrumé.
- Quand un garçon un joli ? tu dis joli non ?
- On dit pas zoli pour un garçon, on dit ça pour les filles ! Moi, ze suis pas zolie, ze suis pas une fille hein oh ! moi ze SUIS BEAU !
« Ok. Tes chevilles vont bien Timousse ? » Regard interloqué du petit homme, qui regarde ses chevilles les yeux ronds « Ben oui, z’ai pas de bobos dessus mes sevilles hein ! pourquoi tu me dis ça ? »
- Ok, on laisse tomber Timousse, on laisse tomber les zentites et les zolies beau, les petits et les jachères, on laisse même tomber tes chevilles. La prochaine fois que je te fais plaisir, tu me dis « oh merci maman t’es trop cool !» Comme ça au moins, tu seras in !
Ouaich … à côté de ça, s’il sort ça à l’instit l’an prochain ….
17 juillet 2007
Le monde à l'envers
Hier, au boulot, je me suis rendue compte d’une connerie (oups ! pardon un gros mot ! … mais je vous préviens, je suis pas d’humeur pour déconner (oups ! pardon un gros mot !) sur le nombre de gros mots que je vais dire ou écrire aujourd’hui.) que j’ai fait au boulot.
Alors oui je sais, tout le monde va dire que c’est humain, qu’il n’y a que celui qui ne fait rien à qui il n’arrive rien, que c’est normal avec la pression, la surcharge de boulot, le stress, la fatigue avant les vacances …. Ouaich. Ben n’empêche que la connerie, je l’ai faite, et que s’il y a une chose que je déteste, c’est bien de faire une connerie, et tout particulièrement au boulot. Et en plus, elle est monstrueuse, cette connerie (et merde aux gros mot !)
Autant, si mon collègue vient me voir en me parlant d’une bourde qu’il a commise, je vais relativiser pour lui, chercher la solution pour rattraper la bourde, le calmer, dédramatiser, et même lui trouver des tonnes de circonstances atténuantes, jouer au détective pour voir comment il a pu en arriver à faire cette bourde, et si je suis en forme, trouver un(e) autre responsable. Ca, je le fais super bien. Si un jour vous faites une bourde, laissez un com sur mon blog, et moi je vous retourne la situation que vous repartez soulagé d’un poids.
Quand il s’agit de moi, j’en suis totalement incapable. Je ne me trouve aucune circonstance atténuante. Je suis déstabilisée.
Enfin bref, on ne va pas se lamenter mon son lamentable petit sort de lamentable faiseuse de conneries.
Ca me rappelle une connerie que j’avais fait une année sur notre déclaration d’impôts à Rahan et moi. J’avais fait un joli cumul en plus. J’avais oublié de déclarer ses indemnités journalières. Bon ça à la limite, y’en a même qui font exprès d’oublier de les déclarer. Mais j’avais fait mieux, j’avais pris ma dernière fiche de paie, vous savez, là où il y a le montant net cumulé à déclarer. Sauf que je m’étais trompée de ligne, et même pas ça m’a traumatisée quand j’ai recopié les montants hein ! j’avais déclaré mon salaire du mois de décembre en Francs au lieu de déclarer le net imposable cumulé de l’année en €uros. Je crois que même en le faisant exprès, je n’y serais pas arrivée.
Et ça, c’est comme les enfants malades qui vous font un 40° de fièvre le samedi soir hein ! je m’en suis rendue compte le vendredi soir, en classant mes papiers de ma connerie. Donc, j’ai passé un week-end horrible. Le lundi matin, tout était réglé (normal, j’avais plus à déclarer que ce que j’avais déclaré initialement).
M’enfin bon, j’ai un sérieux problème avec le regard que j’ai sur mes erreurs.
Hier soir, j’étais dans un piteux état. Et j’ai un Rahan extraordinaire qui a su m’écouter et me rassurer (enfin essayer). Même qu’il m’a parlé. Et je peux vous dire que pour arracher à Rahan plus de deux mots, sortis du contexte du « oui, non, ah bon ? je sais pas » faut se lever de bonne heure.
Même boudeuse était toute retournée de me voir comme ça, sauf que je n’aime pas parler de mes problèmes de boulot avec elle. Je suis un peu comme les enfants qui ne racontent rien de ce qu’ils ont fait de la journée à l’école. Il y a mon monde avec les miens, et mon monde en dehors des miens. Et je fais tout ce que je peux pour qu’aucun des mondes ne vienne empiéter sur l’autre. Sauf hier soir, hier soir j’étais défaite.
Donc, j’ai une famille extraordinaire, qu’on se le dise, qui a su me soutenir hier, mieux que je ne l’aurais pensé. Et ça fait du bien. Mais j’étais dans un piteux état.
Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit.
Alors pourquoi parle-je de monde à l’envers ?
J’avais rendez-vous avec Boss ce matin, pour exposer ma connerie.
Boss m’a payé un café avant l’exposition de la connerie.
Boss a réglé la connerie avec moi.
Boss m’a payé un café après le règlement de la connerie.
Et Boss m’a remonté le moral.
Boss est un amour de Boss.
Et moi, j’ai fait une énorme connerie.
16 juillet 2007
Godasse
Je marchais en compagnie de Timousse et Boudeuse, nous traversions le parking du port pour nous rendre en ville, d’un pas assuré.
Le pas étant très assuré, parce que ce jour là, la chaleur accablante du mois de juillet n’était pas encore au rendez-vous.
Nous discutions de ce qu’une maman et ses enfants discutent lorsqu’ils marchent ensemble, de tout et de rien. De la vie, des animaux, des copains et des prochaines promenades en mer.
C’est alors qu’une énorme chose que certains appelleront voiture a bouché notre horizon.
Le truc parfaitement et ridiculement inutile en ville vous voyez ? le machin tellement haut qu’il me faudrait un marche pied si je voulais m’y engouffrer. Le bidule noir et rutilant, qui sert essentiellement de miroir pour les piétons qui passent devant. Nous devons donc stopper net, sous peine de devoir percuter la chose.
Derrière le volant, une (censuré, totalement censuré, même sur mon blog, c’est vous dire combien ce mot est terriblement censurable !) impeccablement coiffée, ultra maquillée, droite comme un I, le regard plein de dédain, plongé dans le vide, au moins aussi vide que doit l’être son cerveau. Vous voyez ? je l’aime déjà !
Elle prend son temps ne daigne même pas remarquer notre présence, et encore moins se questionner sur le dérangement qu’elle occasionne. Et lentement, très lentement, elle braque à droite pour tenter (je dis bien tenter) de se garer dans une minuscule place. A l’œil nu pourtant, je vois bien qu’à moins de rectifier soigneusement les portières des voitures déjà garées, elle ne pourra jamais terminer sa manœuvre.
Mais il en faut bien plus à ces (toujours censuré) pour se laisser démonter. Elle plante sa chose là, au milieu de tout et de rien, comme un chien poserait sa merde (oups ! pardon un gros mot).
Et elle y reste. Elle bloque tout. Elle bloque les deux véhicules qui ne pourront sortir que lorsque son bidule géant se sera déplacé, elle bloque aussi le passage aux véhicules qui voudraient traverser le parking, elle nous bloque nous, pauvres piétons.
Je précise au passage aux esprits tordus que nous ne pouvons que traverser ce parking totalement dépourvu de trottoirs pour nous rendre en ville.
Et de toute façon, même lorsque trottoir il y a et aussi haut soient ils, il y a toujours une chose ressemblant au bidule noir qui nous a bouché le passage pour se garer dessus.
Comme la (encore et toujours censuré) semblait se trouver très bien où elle était, nous avons entrepris de contourner sa grosse crotte en nous faufilant tant bien que mal.
Passablement agacée, je n’ai pu retenir un connasse (oups ! pardon, un gros mot !).
Oui, je sais, c’est mal, c’est très très mal. Dire des gros mots, c’est mal, les dire devant ses enfants, c’est encore plus mal. Mais moi, je suis une impulsive grosmoteuse.
Pendant un court instant, j’ai songé que Timousse n’avait pas entendu mon grosmotage.
Un instant court en fait. Arrivés au bout du parking ….
- Maman, t’as dis un gros mot.
- Ah bon ?
- Oui, t’as dis connasse à la dame, et connasse, c’est un gros mot connasse
- Oui bon Timousse, tu ne dis pas de gros mot s’il te plait hein !
- Maman ? pourquoi tu l’as traitée de connasse la dame ?
- J’ai pas dit ça !
Regard courroucé de Boudeuse qui n’est sourde, elle aussi que quand ça l’arrange.
- Si, ze t’ai entendue, quand la dame nous a bloqué la route, tu as dit connasse et c’est un gros mot connasse, il faut pas le dire connasse.
- Timousse ! arrête de dire ce mot ! Ce n’est pas joli dans la bouche d’un petit garçon !
- Et c’est zoli dans la bousse d’une maman ?
- (Prend ça dans les dents) Non plus. Mais je n’ai pas dit ça. J’ai dis …. Godasse !
- Et c’est quoi une godasse ?
- (ouf ! sauvée par le gong, la conversation dévie) et bien godasse, c’est de l’argot. Et ça veut dire chaussure. Mais je ne voudrais pas que tu dises godasse non plus, parce que ce n’est pas très joli. Sauf que moi, quand les gens m’énervent, je les traite de godasse, c’est plus rigolo.
- Mais moi z’ai entendu connasse !
- Timousse ! arrête de dire ce gros mot ! je t’ai dis que j’avais dis godasse !
- Et c’est depuis quand que tu dis godasse aux zens qui t’énervent ?
- Depuis que je suis toute petite ! mon papa m’interdisait de dire des gros mots, alors j’ai inventé l’insulte godasse quand les gens m’énervent.
- Ben moi, ze t’ai zamais entendue dire godasse quand les zens t’énervent.
- Et bien peut être que je ne l’ai jamais dit devant toi ! ou peut être que je ne m’énerve jamais devant toi
- Oh si tu t’énerves, l’autre zour tu as dis connard au monsieur qui t’énervait ! Et connard, c’est un gros mot connard !
- Tain Timousse ! arrête de dire des gros mots maintenant !
- Et moi ? z’ai le droit de dire godasse quand les zens m’énervent ?
- Ben c’est moche quand même comme mot, c’est de l’argot
- Ben ze vais pas dire saussure ! quand ils m’énervent hein ! sinon, ils vont rire de moi !
C’est à ce moment là que j’ai baissé les bras. Et puis en même temps ça permettait de focaliser Timousse sur autre chose que sur mon langage grosmoteux.
- Oui bon d’accord, si tu es vraiment très très énervé, tu auras le droit de dire godasse. Mais pas trop fort.
- Merci maman !
J’ai évité le regard plein de pitié de ma fille, désespérée par une mère n’assumant aucun de ses actes.
Nous avons batifolé en ville. Nous sommes rentrés quelques heures plus tard, et en voyant son père, Timousse s’est précité dans ses bras.
- Tu sais papa, y’a une dame, ben elle a énervée maman !
- Ahhhhhhhhhhhhhh booooooooooon ? (regard interrogateur de Rahan, que je m’empresse de fuir aussi)
- Oui, et maman, elle m’a dit qu’elle l’avait traitée de godasse, parce que quand elle est très énervée, maman, elle dit godasse aux zens !
- Ahhhhhhhhhhhhhhhh booooooooooooon ? (là, Rahan ne cache plus du tout son ironie, et ça m’énerve ça ! ça m’énerve !)
- Oui bon ça va Timousse, on ne va pas parler que de ça aussi hein !
Timousse tire alors son père à lui, pour lui murmurer façon Timousse (donc tout le monde entend) un secret à l’oreille.
- Mais tu sais, en vrai maman elle croit qu’elle a dit godasse, mais en vrai elle a dit conasse, moi ze l’ai entendue mais faut pas lui faire de la peine, et faut lui dire que c’est vrai qu’elle a dit godasse sinon elle va être triste de s’être trompée quand elle m’a dit qu’elle avait pas dit connasse.
Je m’engouffre à l’intérieur, je n’ai pas du tout l’intention d’affronter la mine totalement hilare de Rahan, et je tombe nez à nez avec Boudeuse, bras croisés, me dévisageant d’un air totalement contrit et plein de reproches.
Et avant de me tourner le dos, elle m’achève d’un
- Toi aussi hein ! prend le pour un demeuré ton fils !