23 août 2007
Souvenirs de vacances - 2
Vers le 11 août 2007
Les jours suivants, RAS voilà, et même RAD. Rien à dire. Que vais-je vous raconter ?
Le temps s’écoule différemment en mer, loin de la civilisation. Les journées semblent courtes, on se surprend à admirer déjà un coucher de soleil flamboyant quand on a la sensation de venir tout juste de se lever. En même temps, elles peuvent être si riches qu’il nous semble qu’une éternité s’est écoulée entre la veille et le lendemain.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, tout en abandonnant l’heure, nous respectons un rythme bien malgré nous. Le soleil nous réveille, la faim nous pousse à préparer le repas, le reste de la journée, et jusqu’à ce que le marchand de sable passe, nous la passons à plonger, jouer, nager, bronzer, lire, écrire, nager et encore nager.
Super intéressant hein ? Sûr que même Stephen King n’arriverait pas à nous en tirer un bon livre.
Mais voilà, c’est ainsi que nos journées se déroulent. Les enfants travaillent une à deux heures par jour, et ils le font assez volontiers, puisque je suis disponible. Boudeuse a apprit à son frère à faire la planche « regarde maman ! ze sais faire l’étoile des mers ! ». Après tout, il a raison, ça ressemble plus à une « étoile des mers » qu’à une planche hein !
Et puis et puis, tout n’est pas que rose lorsqu’on sort en mer et qu’on n’a pas envie de retourner au port au moindre coup de vent.
- Ils ont prévu du vent force 6 à 7 et de la houle de deux à trois mètres pour demain. Qu’est ce qu’on fait ?
Faut le connaître Rahan, pour comprendre le sens de sa question qui n’est pas vraiment une question.
Non parce que la dernière question qu’il m’a posée, juste avant celle-ci, et avant qu’on apprenne qu’il allait y avoir un coup de vent, c’était « où as-tu envie d’aller ? »
Alors j’ai parlé de Cacao, de son eau turquoise et sa tour génoise. Et puis de l’autre mouillage un peu plus loin, où l’on ne peut aller que par très beau temps. Un lieu qu’il faut déjà connaître pour s’y rendre, parce que deviner qu’au bout de ce dédalle de roches et qu’aux pieds de cette falaise aride se trouve un magnifique plan d’eau turquoise (encore, oui, je sais) avec superbe plage de sable blanc, totalement désertique, ben faudrait être devin.
Rahan réfléchit un peu puis me dit « bien, nous irons à Campumoru ». Alors j’aime bien ce coin, j’avais même l’intention d’y aller, mais ça n’a rien à voir avec les deux autres propositions que j’ai faite. C’est à quelque chose comme quatre heures de navigation du lieu où nous sommes. Dans d’autres temps, j’aurais peut être piqué une bonne gueulante, une de celles qui ont fait ma réputation. Ou pire, j’aurais boudé. Je boude très bien quand je veux.
Mais là, j’ai juste haussé les épaules.
- Alors pourquoi tu me demandes où je veux aller ?
- Ben on a dit qu’on irait dans le Sud.
- Oui, mais on a AUSSI dit qu’on allait faire des sauts de puce pour y aller
- Oh ben oui, là pour le coup, ce sont vraiment des sauts de puce qu’on va faire, des micro puces en plus, déjà que c’est pas gros une puce ..
- Ok Rahan ! c’est bon, on va à Campu !
Donc, faut connaître Rahan. Quand il pose ce type de question, c’est qu’il attend une réponse particulière en fait. Et si on tombe dessus, c’est génial. On a vraiment l’impression qu’il va faire tout ce qu’on demande. En fait, ce n’est pas du tout ça, on fait ce qu’il veut.
Alors lorsque Rahan m’a demandé « qu’est ce qu’on fait ? on reste ou on rentre ? » Je savais déjà qu’il avait décidé que nous resterions. Sinon, je vais vous dire, il n’aurait posé aucune question, nous serions rentrés et basta. J’aurais même pas eu de question.
Ceci dit, ce n’est pas bien difficile pour lui, il sait que je ne veux jamais rentrer, même si je sais que je vais être malade. Eh oui, j’ai l’estomac tout retourné dès que la mer se lève, aussi retourné que le serait votre salle à manger si elle se retrouvait dans une mer démontée.
Non parce que Rahan, dès qu’un coup de vent est prévu, on s’en va toujours la veille du coup du vent, alors que c’est pétole, qu’il fait super beau, qu’on rêve du bain de minuit dans le plancton illuminé … et moi quand on fait ça, je bisque à mort.
Non parce que, un coup de vent, faut pas que déconner non plus, ça vous tombe pas dessus comme ça pof ! il fait beau les mouches pètent et tout à coup c’est la fin du monde hein !
Le coup de vent, c’est dépression x hp se comblant vers l’est l’ouest, le sud ou le nord, c’est selon, vent force 3 à 4, fraîchissant force 7 à 8 etc … Donc ça monte en puissance. Et quand on est à une heure d’Ajaccio, on peut partir du mouillage quand le vent est à force à 3 ou 4, il va pas grimper à 8 comme ça d’un coup le vent. C’est pro-gre-ssif. Mais non, faut qu’on parte. Au cas où ça nous tombe dessus avant. Avant que le début du commencement ne commence. Donc moi, je bisque à mort.
Rahan me demande ce qu’on fait, je lui répond ce qu’il a envie d’entendre « on reste ». Même si je sais que si j’avais voulu rentrer, il aurait dit ok, moi dans sa question j’ai bien entendu qu’il était d’accord pour qu’on reste.
Ben on aurait du rentrer.
Faut savoir que Rahan et moi cultivons le même don, celui de la mémoire courte. Tous les ans, on se tape un coup de vent au mouillage. Tous les ans, ce putain de coup de vent arrive au début de nos vacances. Tous les ans, on se dit allez oh ! c’est pas une tite tempête de merde qui va nous file la pétoche hein ! on tiendra le coup. Surtout que bon, en fait, le vent, il est rarement pour nous. On a juste la mer démontée nous. Et tous les ans, on se tape le coup de vent au mouillage. Et tous les ans, on se dit « c’est la dernière fois ! pourtant, l’an dernier, on l’avait bien dit que c’était la dernière fois hein ! ben là, c’est vraiment la dernière fois ! ».
Et cette année, on a remit ça.
Les coups de vents qui suivent, on ne se pose plus la question. Le souvenir est encore tout frais, Rahan décide de rentrer. Donc, on rentre la veille du coup de vent, quand il fait encore beau les mouches pètent toujours, et … je bisque à mort.
Enfin bref. Le vent et la houle se sont levés comme un seul homme vers quatre heures du matin. De toute façon, vu que ça gigotait sérieusement depuis 22 heures, nous ne dormions pas. Nous avons fait notre première nuit blanche. Rahan à surveiller que l’ancre tenait bon, sinon c’était direct les cailloux, et moi à compter les heures dans mon lit sans bouger.
Au petit matin, c’était la panique à bord. L’ancre arrière censée maintenir le bateau face à la houle histoire de modérer l’effet essoreuse, l’ancre arrière n’a rien voulu savoir. Elle lâchait prise sans cesse et le bateau se retrouvait aussitôt en travers de la houle. Beurk ! pas de petit déjeuner pour moi.
Les enfants eux, se sont levés REPOSES et ont vaqué à leurs occupations NORMALEMENT ! Mais comment ils font ?????
Rahan me propose de nouveau de choisir « on rentre ou on reste ». Le coup de vent devait durer un journée (je tiendrais) la mer très agitée avec une houle de 2mètres 50 dehors, un mètre 50 dans le mouillage. Il est prolongé (meeeeeeeeeeerde !). Et il monte en puissance. Et la houle avec. Euh ??? c’est possible ça ?. Oui, c’est possible. Une seconde dépression arrive (la saloooooooooope !).
- Alors si tu veux, on peut rentrer mais on va se faire branler (oui oui excusez le langage des marins) et il nous faudra au moins trois heures pour rentrer (au lieu d’une !) avec le vent dans le nez, et la houle de travers »
Trois heures ??????? plutôt mourir. De toute façon, je suis déjà en train de mourir. On reste. Je tiendrais.
On aurait du rentrer.
Nous entamons notre seconde nuit blanche. Au petit matin, la mer est devenue très forte. Et nous, fallait pas nous parler. Des poches de vieillards sous les yeux, les cheveux emmêlés, on n’a même pas fait peur aux enfants. Ils ont passé la journée suivante NORMALEMENT ! Il y avait juste la baignade qui était interdite. Mais sinon, de se faire bousculer comme on s’est fait bousculer, ça ne les perturbait pas plus que ça. La houle est montée à 2 mètres
Les joies de la plaisance.
Je ne me suis pas plainte une seule fois. J’ai agonisé sagement dans mon coin tandis que les trois autres jouaient, se passaient des DVD, écoutaient de la musique, mangeaient … manger Beurk !
Et le matin du troisième jour, la houle le vent a faibli sensiblement, la houle est tombée progressivement. A dix heures du matin, j’étais sur la plage avec les enfants. Une grande plage, pleine de monde. M’en foutais. J’étais à terre. Ok, je me suis tapée le mal de terre, ok. Mais là, ça tanguait dans ma tête et dans mes jambes, pas autour de moi.
J’ai ressuscité dans la journée. Des amis nous ont rejoint en bateau, nous avons passé la journée ensemble, avons partagé les deux repas, à nous raconter nos horreurs en mer, nos bonheurs en mer. Superbe piqûre de rappel pour que je me souvienne pourquoi j’aime aussi passionnément vivre sur l’eau.
Et le lendemain matin, nous avions un peu mal aux cheveux, mais nous avons prit la route de Campumoru, à la voile. Et à Campumoru … un autre moment magique nous attendait.
20 août 2007
Souvenirs de vacances
Dimanche 05 août 2007
Et voilà ! Vacances, vacances, vacances ! Je les aurais attendues celle-là ! Je crois qu’une semaine de plus m’aurait achevée. J’aime travailler sous la pression, mais le stress permanant comme ça, à force, et surtout si je n’en vois pas le bout, ça me pousse moi, à bout. Alors voilà. Il me faudra certainement une semaine pour m’y sentir, en congés, pour décompresser.
Ce matin, lever tôt. Petit déjeuner à l’ombre du bimini, le port s’éveille doucement, comme un enfant s’étirant paresseusement. Je file faire les derniers achats, le frais de dernière minute, tandis que Rahan termine de préparer le bateau. A mon retour, le moteur tourne déjà, les amarres sont prêtes à être larguées.
Timousse me rejoint et m’aide à la manœuvre. Il relève chaque pare battage (bien plus gros que lui) avec assiduité, nous faisons un dernier signe à ceux qui restent, puis le port s’éloigne tout doucement.
La mer est belle, un vent léger commence à emmêler mes cheveux, nous déroulons le génois. Le moteur se tait. Son grondement laisse place au froissement de la voile sous le vent, l’eau chante sur la coque.
Le bateau prend sa position, une gîte parfaite, ni trop, ni pas assez.
Timousse rentre dans le bateau pour jouer, sa sœur se prélasse, son dernier livre en main. Je ne sais pas comment ils font. Dès que moi, je suis dans le bateau, je n’aspire qu’à une chose, sortir et vite !
Nous voici enfin seuls. Rahan à la barre, moi à l’une de mes occupations favorites : scruter l’horizon. Et surveiller par la même occasion ce satané catamaran grouillant de pâles vacanciers, qui ne se décident toujours pas à changer de cap.
Et ça fait boum, là, dans mon cœur. Je reconnais ce mouvement, cette masse sombre qui brise les flots pour y replonger. Un seul cri m’échappe : Dauphin !!!!
- Où ça ?
- Là !!!
- Où ça là ?
- Juste là devant !!!!! il vient vers nous !
- Un autre !
- Tiiiiiiiiiiiiiiiiiiiimousse !!!!!!!! Dauphin !!!!
Pas le temps d’appeler Boudeuse. Elle abandonne sa nonchalance yop et s’arrache à sa lecture.
D’un bond, tout le monde est sur le pont. Nous avons tous des yeux d’enfants, les grands comme le petit. Nous courrons dans tous les sens pour les voir réapparaître.
Et là, j’en ai encore des frissons dans tous le corps rien qu’au souvenir de ce moment, même si ce n’est pas la première fois que la mer m’offre ce si merveilleux spectacle.
Deux adultes, certainement la mère et la marraine, nagent à la surface, s’arrondissent gracieusement pour nous laisser admirer leur nageoire dorsale, et le tout petit nage juste dessous.
On n’entend plus que nos cris. Nous sommes totalement à l’avant du bateau. Timousse serre ma main à m’en faire mal. Les deux adultes passent et repassent sous l’étrave. Et le petit les suit à bonne distance de nous. Et puis les adultes se positionnent d’un côté et de l’autre de l’étrave, en ondulant. Le dauphin sur notre gauche reste sur le ventre, tandis que celui sur notre droite se retourne pour nous regarder en nous offrant la blancheur de son ventre.
Ils font la course avec nous quelques minutes, et dans un dernier plongeon repartent à leur occupation.
C’est à ce moment que j’aperçois le cata, qui s’est encore rapproché de nous, avec sa dizaine de passagers sagement alignés et parfaitement médusés. Les dauphins nous offrent un dernier saut, comme pour nous dire au revoir. Nous les regardons s’éloigner rapidement.
Il nous faut un certain moment, particulièrement à Boudeuse et à moi, pour nous remettre de nos émotions. Nous n’avons même pas pensé une seconde à les photographier.
Comment vous expliquer cela ? C’est un moment qui se vit, il ne se fige pas, si ce n’est dans nos souvenirs. Des souvenirs qui seront toujours plus fort qu’un cliché sur papier photo.
Timousse s’écroule alors sur le banc du cockpit.
- Tu sais maman, z’ai mon cœur qui est devenu énorme et qui s’est mit à battre trop vite !
03 août 2007
Adieu
Comme le dit Tonga Soa "Adieu, tu y vas un peu dort !" oui je sais elle a des gros doigts Tonga Soa, elle a du mal avec son clavier ...
Alors voilà, je suis en VA-CAN-CES ! (d'où le dort, fort ...)
Faut que je réalise. Je réalise. Enfin je ne sais pas si je réalise, mais ce soir je vais réaliser.
Et quand je vais me réveiller dans ce genre d’endroit, je vais réaliser complètement.
Suivant les connections, peut être que je viendrais donner des nouvelles. Et coller des photos qui sait …
Retour prévu …. Pfiou ! ne parlons pas du retour.
Des pensées à tout le monde.
Et si ?
Deux semaines sans. Hier soir j’étais en état de manque. Il me fallait ma dose.
J’ai abandonné toute ma famille en les laissant grignoter un repas froid et me suis plongée dans ma série préférée. Sauf que j’ai loupé deux soirs. Donc quelques épisodes.
J’ai rien compris, bien sur. Enfin pas tout. J’en étais restée à ma chouchoute vêtue en robe de mariée, hurlante de douleur sur la route tandis que son beau mec se tirait en secouant la tête tristement.
Je m’étais même dit en coupant la télé qu’elle se l’était bien cherché, pas bien du tout ce que tu as fait ma belle !
Et hier soir, je choppe enfin la série en cours de route, et je vois ma chouchoute, sa fille, le beau Mike et le fils du beau Mike (qui ne sait pas encore qu’il est son fils) au booling …. Tain ! je vous jure que ça choque de passer de cette image à l’autre !
Bonjour les rebondissements loupés. M’en fou. Comme je vais m’en louper plein d’autres, je m’offrirais la saison deux et basta.
En ce moment, c’est la working girl qui me titille. Exiger de son mec une vasectomie, sous prétexte que si elle venait à mourir, il avait dans l’intention de fonder une nouvelle famille …. Et qu’elle n’en supportait pas l’idée …. Wha !!!! se sont bien creusés les méninges à la rédac’ pour imaginer un plan tordu comme ça !
Et puis elle est chiante l’autre là, qu’est ce que ça peut lui faire à elle, si elle est morte que son homme refasse sa vie ? Elle ne sera plus là !!!! Et puis d’abord, si on aime, on veut le bonheur de l’autre non ? Et la voilà qui lui fait une crise que ce qu’elle veut, c’est qu’il la pleure tout le reste de sa vie, qu’il ne s’en remette pas, qu’il soit malheureux …. Egoïste !
Je ne me souviens pas m’être posé la question, sur ce que fera Rahan s’il m’arrive quelque chose, qu’il soit avec ou sans autre femme. Disons que je n’y pense pas.
D’ailleurs c’est vrai ça ? pourquoi est ce que je ne me suis jamais posé la question ?
Sur que bon, s’il me disait là, entre le beurre et le sel « tu sais Kaliuccia, si tu viens à mourir là, juste l’an prochain, par exemple, et bien j’ai l’intention de refaire ma vie avec une autre femme » sur qu’il se prend le beurre dans la tronche Rahan. Et peut être même le sel avec.
Parce que là, imaginer une autre femme dans les bras de mon Rahan, ce n’est même pas imaginable. Dans MON lit la nana, elle s’endormirait la tête sur son épaule à lui …. Elle consolerait les chagrins d’amour de Boudeuse à ma place et soignerait les écorchures de mon Timousse …. Là vous voyez, j’imagine la scène et la haine me monte, la nana elle est déjà morte avant d’être née. Et commencez pas à me dire que c’est bon pour les enfants, une mère à dispo, qu’on ne peut pas vivre solitaire éternellement, qu’on a besoin d’une compagne, d’un compagnon …. Il n’est pas question que je sois remplacée !
Eh puis oh !!! c’est quoi ces façons de me faire mourir là comme ça alors que je suis en pleine forme, bonne santé, encore jeune (si si !) encore féconde même (SI ! SI !) donc y’a aucune raison de me remplacer !
Ca se trouve, je l’imagine l’autre blondasse là, aux gros seins, elle porterait mon pantalon préféré, elle pousserait mon parfum pour y poser le sien (qui pue forcément), elle collerait sa brosse à dent à la place de la mienne juste à côté de celle de Rahan, elle piquerait mes huiles essentielles (que si elle essaie de masser Rahan avec, sur que je ressuscite pour venir lui pulvériser sa petite tronche) elle virera mes photos pour y plaquer sa tronche à la place, elle ferait des crêpes à mes enfants, elle recevrait les cadeaux de fêtes des mères préparés à l’école, elle parlerait à mes amis, elle inviterait du monde CHEZ MOI, et peut être même qu’elle demanderait à Timousse de l’appeler maman …. Tain t’es morte je te dis ! t’es morte !
Ca y’est. Je sais pourquoi je ne me suis jamais posé la question. Ca me rend dingue rien que d’y penser. Rahan, t’es prévenu, si je meures avant toi, tu pleures ma disparition jusqu’à la fin de tes jours. Et si tu essaies de refaire ta vie, je viendrais vous hanter jusqu’à ce que ta blondasse devienne dingue ! Et toi avec !
Mais sinon, je t’aime Rahan, je ne veux que ton bonheur !
Ceci dit, pour en revenir à la série, j’ai trouvé la réaction de la Working girl très exagérée. Aller jusqu’à demander à son mec de subir une vasectomie tout ça parce qu’elle a peur que si elle vient à mourir, son mec pourrait fonder une autre famille ! Ca fait beaucoup de conditions tout de même hein !
Là moi je dis, faut pas que déconner. Ce type d’intervention, ça se décide tout seul quoi. Le mec, il va se rendre stérile parce que sa nana a des angoisses inconsidérée ?????
Je m’imagine donc, déjà plus de ce monde, et je me dis que si Rahan veut à nouveau fonder une famille, et bien il en a le droit !
Ca veut dire qu’il fera l’amour à la blondasse là, peut être même dans MON lit. Et puis qu’un jour, elle rentrera avec une petite paire de chaussons pour lui annoncer avec un sourire en coin « chéri, tu as être papa » IL EST DEJA PAPA CONNASSE !
Et lui, pendant neuf mois, il lui caressera le ventre, il lui apportera son chocolat chaud dans MA tasse et dans MON lit. Il ira écouter les battements de cœur de son nouvel enfant chez MON gynéco, bavera devant les échos, et le bébé naîtra dans MA maternité, il sera gaga devant lui, il en voudra un autre tout de suite, il distribuera les biberons, il changera les couches, il collera de nouvelles photos, il les accompagnera à l’école, ils feront des photos de famille à noël, ils iront au sport d’hiver, il les inscrira à la voile ….
Rahan ronflait joyeusement sur les bancs du cockpit, à la fraîche, lorsque j’en étais au sommet de mes réflexions et que je le voyais accompagner sa fille (qui n’était donc pas la mienne) à son premier bal.
Je le secoue doucement pour le réveiller.
- Rahan ?
- Hummmm ?
- Tu m’aimes ?
- Ben oui je t’aime !
- Si je meures, tu referas ta vie avec une blondasse aux gros seins ?
Il ouvre un œil, juste un, le sourcil en circonflexe, il pense très fort « ayé c’est quoi son nouveau délire ? sur quel chemin elle m’entraîne là ? » si si ! je l’entend penser ça !
- Alors ? si je meures ? tu refais ta vie ?
- Ben tu vas pas mourir.
- Ben si
- Ben non
- Ben si
- Ben non (ça a duré un moment, ça l’a aidé à se réveiller)
- Ben si, je mourais un jour
- Oui ben un jour, on n’y est pas.
Tain ils vont chercher où leurs dialogues dans les séries hein ???? ça se passe pas du tout comme ça chez moi !
- Mais quand on y sera ? tu penses que tu referas ta vie ?
- Mais on n’y sera pas
- PUTAIN TU VAS REPONDRE A MA QUESTION ???? (si tu réponds « je sais pas », t’es mort !)
- Ben je mourais avant toi.
- Oui mais si c’est moi ?
Ayé, il est réveillé complet, les yeux bien ouverts, il se redresse péniblement en grognant qu’il s’est fait dévorer par les moustiques … mais je ne le laisse pas changer de sujet comme ça.
- Alors ?
- Alors quoi ?
- Si je meures avant toi ? tu comptes refaire ta vie ?
- Ah ben non c’est toi que j’aime
- Ah ! Ben voilà, c’est pas compliqué !
- Hummmm
- Rahan ?
- Hummmmmmmmmmm ?
- Tu m’aimes ?
- Oui
- Tu me le prouverais si je te le demandais ?
- Ben je te le prouve
- Non mais si je te demandais quelque chose de particulier ?
- Hummmmm
- Rahan ?
- Oui ?
- Tu veux bien subir une vasectomie ?
02 août 2007
Le Ying et le Yang
Quelle est la définition d’un enfant difficile ?
Timousse pourrait y correspondre, mais il est perturbant dans son attitude, il peut passer de l’adorable petit ange que j’ai peur qu’on me le vole tellement il est à croquer au démon ingérable que j’ai peur qu’on me l’enferme tellement une certaine élite a décidé de nous cataloguer nos petits monstres en futurs délinquants dès la première année de maternelle, en fonction de leur relation aux légos.
Dimanche dernier, retrouvailles en famille, à la montagne. Que du bonheur. Mes parents, ma sœur et mon frère, leurs enfants. Timousse était l’enfant parfait, sa grand mère rayonnait d’un bonheur presque palpable tant il était adorable, affectueux, prévenant, câlin, curieux ….
Et puis arrive l’heure du découpage de gâteau. Ma sœur s’en occupait courageusement, son fils distribuait les parts généreusement, tandis que je restais affalée sur mon fauteuil de camping, écrasée par la chaleur sèche des lieux. Timousse, sur ses guiboles perché, tenait en ses mains une petite bouteille de jus de fruit. Afin de pouvoir se délecter du gâteau au chocolat préparé par moi même je la veille au soir, Timousse décide de se séparer de sa bouteille de jus de fruit. Et il me la tend. Mais pas avec son petit sourire d’ange à croquer, ni même son regard charmeur, qu’on lui donnerait tout ce qu’il veut rien que pour qu’il ne cesse pas de nous hypnotiser. Non. Il tend brusquement son bras à l’horizontale, pour me pointer l’objet devenu encombrant juste sous le nez. Et le tout agrémenté d’un regard plein de défi « vas y esclave, débarrasse moi donc que je puisse me sustenter. »
J’explique calmement à Timousse que dire s’il te plait n’a jamais écorché la gu… la bouche (y’a mes parents qui écoutent, faut pas que je m’amuse à grosmoter de trop quand même hein !) de personne. Et que de toute façon, je ne peux pas prendre sa bouteille de jus de fruit, j’ai déjà les mains occupées, il n’a qu’à la poser sur la table à environ six pas (les siens) derrière lui.
L’ambiance est bonne enfant, tout le monde rigole, s’invective, les premières personnes servies me complimentent sur mon gâteau. Maman sent bien que le sirop tourne à l’aigre, elle regarde la scène silencieusement, ma sœur garde les yeux hypocritement posés sur son découpage de gâteau, son fils me regarde juste en coin sans stopper sa distribution.
Timousse replis son bras et ramène la bouteille de jus de fruit contre lui, puis comme un élastique, son bras se retend dans ma direction, le jus de fruit reprend sa position sous mon nez, et l’expression de sa bouche vient se marier avec celle revancharde de ses yeux. « exécute toi esclave, ou ma colère sera terrible »
Les conversations perdent de leur entrain. Tout le monde écoute d’une oreille sans trop offrir à Timousse la joie de devenir le centre d’intérêt.
Nous nous soutenons l’un l’autre du regard. Non mais il croit quoi le petit truc là ? la petite chose minuscule que je dois encore me baisser pour lui parler, il croit qu’il va pouvoir me vaincre à ce petit jeu d’endurance ?
Je renouvelle mon conseil, parce que là, ça devient un conseil vous voyez, un conseil d’ami quoi, le genre de conseil qu’il vaut mieux suivre sur le champ lorsqu’on tient à sa vie. « va déposer ta put… ta satanée bouteille de jus de fruit sur la table ! ».
Timousse renforce son regard noir, serre les dents, tape du pied sur le sol et continue à me secouer sa bouteille ridicule sous le nez.
Je lui prend la bouteille des mains.
Un court instant, un éclair victorieux traverse ses yeux bleus. Un court instant seulement. Je balance mon bras en arrière, le retend en avant et propulse sa bouteille (en plastique vous affolez pas) aussi loin que possible. Elle atterrit aux pieds de Rahan qui continue à deviser calmement avec mon frère, juste après avoir suivi discrètement la trajectoire de l’objet du conflit.
Timousse en est tout déconfis. La bouche entrouverte formant un oh surpris, les sourcils en accent circonflexe ajoutant à sa déconvenue, il a toujours le bras tendu vers moi, sa main entrouverte comme si elle tenait une bouteille de jus de fruit invisible.
Timousse aurait du sentir que la colère était au bord de mes mains. Timousse l’a peut être senti d’ailleurs, mais Timousse aime me provoquer. Il prend une expression mauvaise, certainement piquée dans ses dessins animés, tape des deux pieds, nous sommes à deux doigts de la crise de nerf. De deux crises de nerfs.
Fut un temps ou Timousse, et ce vers ses un an, nous collait des baffes. Comme ça. Dès qu’un truc n’allait pas. Nous avons été très patients Rahan et moi, nous lui parlions, attrapions sa main juste avant qu’elle ne s’écrase sur notre joue, lui expliquions les choses. Ca a duré un moment, nous avons tout essayé. De plus, la psy m’expliquait en long, en large en travers, qu’il ne fallait pas répondre à la violence par la violence. Ok. Nous répondions donc par la douceur, la fermeté, l’humour, les explications. Et ça loupait pas, à la moindre contrariété, Timousse nous collait une baffe.
Un matin, ça m’a gavé. Je lui ai rendu sa baffe. Bon je ne lui ai pas explosé la tronche non plus hein ! Mais j’ai été aussi vive et rapide que lui. Sa main n’avait pas encore quitté ma joue que la mienne s’abattait en claquant sur la sienne. Ca a laissé Timousse tout démuni. Rahan a poussé un cri de surprise « mon fils ! elle décapite mon fils ! » Mais Timousse n’a plus jamais levé la main sur nous.
Je n’aime pas frapper mes enfants, je n’aime pas m’abaisser aux coups lorsque je n’arrive plus à les maîtriser, c’est pour moi une preuve d’échec. Mais y’a des fois où mes gestes vont plus vite que ma pensée, un peu comme un réflexe de survie.
Et dimanche, l’arrogance de Timousse était à son paroxysme, lorsque ma main a fendu l’air brûlant pour venir lui retourner une baffe.
Timousse est si peu habitué à la chose que ça a stoppé son caprice comme une douche glacée vous couperait le souffle. Et moi, j’en étais malade, malade dès que j’ai sentie ma main se lever pour venir rencontrer son petit corps tout fragile. Mais le geste est allé plus vite que ma pensée, comme si je m’étais dédoublée et j’ai énormément pris sur moi pour ne pas laisser paraître la vague de regret qui venait me submerger à la seconde où il s’est prit sa baffe.
Le silence était mortel, je venais d’appuyer sur pause pour cesser toute conversation, tout mouvement. Timousse lui même a étranglé ses cris de colère. Comme il ne bougeait pas et que j’étais au moins aussi en colère après lui qu’après moi, je l’ai saisi par le bras « cet endroit est devenu trop petit pour toi et moi, tu vas respirer un peu plus loin le temps que tu te calmes ». (et moi aussi par la même occasion)
Et Timousse est parti pas content du tout, privé de jus de fruit et de gâteau au chocolat.
Quelqu’un a du enfoncer la touche lecture, tout le monde s’est à nouveau agité autour de moi comme si rien ne s’était passé. Dix minutes plus tard, Timousse présentait ses excuses « tu m’aimes touzours hein maman ? même quand ze fais des caprices, tu es en colère mais tu m’aimes touzours, ze le sais ! » et le conflit était enterré. Sauf qu’après, lors d’une promenade le long de la rivière, il a péniblement gonflé sa sœur et ses cousins de 8, 15 et 16 ans, qui ont préféré me le ramener (totalement en crise de nerf qu’il m’a fallu de longues minutes pour le calmer et comprendre ce qui lui arrivait) plutôt que le supporter.
Timousse finira-t-il par en avoir mare d’être exclu ? Timousse deviendra-t-il un éternel exclu ?
Je ne sais pas. Au centre aéré, elles m’expliquaient hier que Timousse était paisible tant qu’il n’avait à subir aucune contrainte. Dès qu’il lui était demandé de participer à une activité, s’il avait décidé de ne pas le faire, un véritable bras de fer s’engageait entre les atsems et lui. Et ils sont dans un cadre ludique … Je m’inquiète réellement pour la rentrée CP.
Le ying et le yang sont exacerbés chez mon fils, et prennent autant de place l’un et l’autre.
