28 septembre 2007
Graines de courge
Les départs de la boite, alors moi j’adore les départs. Le bonhomme, il démissionne … ok c’est son droit. Mais il démissionne aujourd’hui, pour … aujourd’hui. Euh … tu sais qu’il y a un truc qui s’appelle préavis ? oui. Mais boss dans sa grande bonté a accepté que le pauvre, il ne fasse pas de préavis parce que … il est pressé de partir.
Je me lance alors dans la déclaration par le net du départ. J’adore ce site y’a pas j’adore ce site.
Déclaration des sommes perçues la dernière année. Faut reprendre les bulletins de paie, et tout détailler. Et bien sur, faut compter les heures travaillées, par contre, les absences se comptent en jours calendaires …. Passons.
Arrive la dernière page, celle qui cause du préavis. Ben y’a tout ce que vous voulez. Préavis effectué payé … montant. Préavis effectué non payé … montant et raison. Préavis non effectué et payé … montant et raison. Préavis non effectué non payé. Ok, ça me concerne. Donc je coche.
Et là, il me demande la date de décision de rupture du contrat. Moi je tape consciencieusement « 28/09/2007 » Et je remplis tout le reste et … il refuse ma date. « incohérence entre la date de rupture et la fin de préavis ». Euh … y’a pas de préavis coco ! L’a pas fait son préavis. Je sais, c’est pas bien, faut le faire son préavis. Mais boss a dit ok si tu veux pas le faire, tu le fais pas. Ben ça, le logiciel, il s’en bat les genoux avec une coquille d’œuf. Il veut une date cohérente. Et dis voir ? c’est quoi une date cohérente pour toi ???
Non parce que le préavis valide dans notre profession, il est de x jours. Donc je triche, je fais comme si le démissionnaire avait fait les choses en règle, comme s’il m’avait signalé sa décision de partir x jours avant le jour J. Ben non. Il ne veut pas de ma date conventionnelle.
Au bord de la crise de nerfs, je tape toutes les dates qui me passent par la tête … jusqu’à 1 mois de préavis, et là miracle, il accepte enfin mes informations.
Je valide la page, l’ordi mouline pour m’ouvrir la nouvelle page ….
Je respire.
Ca mouline …. Pas grave j’ai des graines de courge …. Ça mouline … C’est le moment que choisit l’installateur de notre nouveau standard pour couper la ligne. Pfiout ! toutes mes infos perdues !
Je respire, fume une clope, avale une centaine de graines de courge et attends patiemment la connexion. Zen je suis Zen j’ai dis. Sans rire, c’est là que connasse-même-pas-pardon aurait du venir me dire que mon fils filait des coups de poings dans le bide de son fils. Parce que là, je me sens hyper ultra super mûre moi.
La connexion est de nouveau établie. Je demande avec mon plus beau sourire au technicien de bien vouloir m’avertir lorsqu’il coupe le net, parce que là tu vois je me prends la tête avec ce site de meeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeerde alors si en plus ça plante quand enfin je trouve la réponse qu’ils attendent …. Ça va pas le faire quoi. Il me dit ok.
Je recommence donc tout depuis le début. Parce qu’il est très con ce site en plus. Si ça plante, il nous renvoie au début. Le mot de passe tout ça … tain où j’ai foutu ce tain de mot de passe ???
J’arrive à la longue liste des salaires sur la dernière année, je me reprends la tête avec leurs codes à la con pour expliquer les absences …. En jours calendaires s’il vous plait …
Le technicien hurle « je coupe ! » Et … vous savez quoi ? ben il coupe. Là, dans la seconde où je lui ai demandé de me prévenir, il coupe.
Moi j’entends « je coupe » j’ouvre la bouche pour crier nooooooooooooooooooon ! pas tout de suite ! parce que je viens juste de valider une page et que ce tain de site mouline pour m’envoyer sur la nouvelle …. Et paf ! trop tard ! message d’erreur.
Tain je voudrais bien qu’elle passe au bureau connasse-même-pas-pardon là, qu’elle vienne me dire « moi mon fils, je lui apprends à ne pas se battre ». Viens me le dire là maintenant tout de suite …
20 clopes et trois sachets de 10 kgs de graines de courges plus tard, la connexion se fait de nouveau, collègue propose un café au technicien pour le ralentir et ce faisant lui sauve la vie puisqu’il n’aura plus le temps de me couper EN PLEINE SAISIE !
Arrive la toute dernière page, ma préférée. Celle où elle me cause congés payés.
Nombre de jours. Ok. Je veux bien te répondre. Normalement j’ai pas à le faire, parce que c’est une caisse qui gère ça à notre place. Mais je suis cool donc je renseigne la case.
Montant de l’indemnité due. Ah ça, je peux pas te dire. Sauf que y’a aucune possibilité de leur répondre ça. Me rappelle une vague histoire de « ça dépend ça dépasse »….
Fort heureusement, juste après, il me demandent si une caisse extérieure s’en occupe. Donc me voilà soulagée, je renseigne la case, et je valide.
Ca mouline. Je conseille vivement au technicien de boire un autre café « si si, j’insiste »
« Veuillez renseigner la (les) case(s) en rouge ». Et la case en rouge, je vous le donne en mille, c’est le montant de l’indemnité de congés payés. JE PEUX PAS REPONDRE A CETTE QUESTION !
Alors je tente de ruser par tous les moyens. Veut rien savoir. Au bout d’un long combat (et du 3ème café pour le technicien qui a sa dose aussi SI SI TU BOIS UN TROISIEME CAFE !) j’invente un montant. Voiiiiiiiiiiiiilà ! allez hop ! on va lui donner ça comme indemnité, après vous verrez avec la caisse.
Ca mouline … monsieur le technicien, tu touches à la connexion, t’es mort.
« Veuillez renseigner les cases en rouge ». ??????
Je cherche. « montant de l’indemnité légale de rupture ». Attends voir … le mec il démissionne, il fait pas son préavis, et en plus je vais lui donner une indemnité ????
Je hurle toute seule dans mon bureau. Le technicien se rappelle tout à coup qu’il a un coup de fil à passer.
Je tente « 0 ». il veut pas. « 0,0 » il veut toujours pas. « 0,00 » eh non.
Bon. J’ai plus de graines de courge. Alors je décide de mettre une autre connerie .. je remets le montant des congés payés. Comme ça, pour rire.
Ben ça passe. Le démissionnaire, il va se retrouver avec une attestation complètement loufoque.
Donc je finis par appeler le service qui me dit « ce n’est pas grave, vous n’avez qu’à barrer l’information quand vous aurez imprimé votre document. »
Et moi, je me demande pourquoi c’est pas maintenant que connasse-même-pas-pardon vient me dire que mon fils cogne le sien. Ouaich, la vie est mal faite.
Non mais oh !
Ce matin, y’a une maman d’élève qui m’a é-ner-vée.
Connasse ! -même-pas-pardon !
J’aime bien arriver cinq minutes avant l’heure. Je discute un peu avec les mamans-copines, nous échangeons nos angoisses, nos petites fiertés, nos enfants jouent un peu devant l’école, un moment sympa quoi, juste avant que nos chérubins ne s’engouffrent dans la cour de l’école.
Il y avait ce matin une maman un peu solitaire, que j’ai déjà remarqué une ou deux fois, pas du tout pétasse (oups ! pardon ! un gros mot !) de la région, un garçon d’une tête de plus que Timousse, un bébé dans sa poussette, un visage plutôt avenant … sauf qu’elle ne répond jamais à mon bonjour.
Pas grave, je dis bonjour quand même moi. Et non, commencez pas hein ! je ne l’ai pas agressée en lui hurlant « ça t’écorcherais de répondre à mon bonjour ? »
Peut être que le jour où je serais en forme, peut être que ça arrivera. Mais là, je suis fatiguée. Alors je dis bonjour et tant pis pour elle si elle ne répond pas, elle ne sait pas à côté de qui elle passe là ! (et oui, mes chevilles vont bien).
Donc en arrivant je dis bonjour, elle ne répond pas, et je discute avec une maman-copine.
C’est là que connasse-même-pas-pardon m’interpelle. « C’est votre fils ? »
Ben j’allais pas lui répondre non hein ! elle me voit arriver tous les matins avec mon bambin, on se fait des bisous, on se dit « à ce soir mon amour / à ce soir maman » alors oui c’est mon fils. Et si elle s’aventure à me demander si c’est mon fils ou mon petit fils, en forme ou pas, je la pulvérise.
Donc oui, c’est mon fils. Mais je ne lui dis pas avec toute ma fierté habituelle ouiiiiiiiiiiiiii c’est mon fiiiiiiiiiiiiiiiiils ! parce que je le sens bien que dans sa question à connasse-même-pas-pardon, y’a aucune affection pour mon Timousse. Ca ressemblerait plus à un « c’est à toi ce truc là ? »
Et d’emblée comme ça, sans introduction, sans préparation, sans même chercher à y mettre les formes … elle ajoute « il donne des coups de poings dans le ventre de mon fils. »
Dis donc cocotte ? tu sais que je peux être dangereuse quand on m’emmerde (oups ! pardon ! un gros mot !) le matin alors que je n’ai pas encore bu mon café ?
Quelques secondes pour réfléchir, je toise les deux mômes. Le sien qui fait une tête de plus que le mien, le sien qu’est plus costaud, le sien qui ne ferait qu’une bouchée du mien …
De plus, je connais les défauts de mon fils, je connais son putain (oups ! pardon ! un gros mot !) de caractère, mais s’il est une chose que je SAIS, parce que toutes les personnes qui l’ont eu en garde (atsem, instits, nounous) me l’ont dit et parce que je l’ai vu faire mon bonhomme, s’il y a une chose que je sais donc, c’est que si Timousse lève la mais sur un môme, c’est pour se défendre. Jamais pour attaquer le premier. Il est brusque mais pas violent.
- Et bien s’il le fait, c’est qu’il est attaqué. Donc il se défend.
J’sais pas, elle ne devait pas s’attendre à ça connasse-même-pas-pardon. Elle a du penser que j’allais attraper Timousse, lui coller un aller-retour, lui hurler dessus « QUOI ??????? TU OSES FRAPPER UN PLUS GRAND QUE TOI ???? » en tout cas, elle n’a pas aimé ma réponse.
Donc j’ai ajouté en toisant les deux gosses qui se faisaient face
- En plus, il est plus petit !
- Ce n’est pas une raison
- Peut être, mais il est plus petit quand même et il ne se laisse pas faire
- Mais moi j’apprends au mien qu’il ne doit pas se battre.
Ca veut dire quoi ça CONNASSE-même-pas-pardon ???? que j’ai une tronche à dire à mon gamin vas-y ! fonce sur celui là, tu le massacres à la récré vas y mon fils ! hein ????
- Mais j’apprends la même chose à mon fils. Simplement il se défend si on l’emmerde.
Oui là, je sais, je deviens impolie, mais elle me gave la nana au visage avenant. Elle me gave, elle cherche à ce qu’on s’engueule, ça se voit ELLE ME CHERCHE ! Et quand on me cherche, en forme ou pas, les gros mots m’échappent.
- Ecoutez (que j’ajoute) tous les soirs, mon fils me fait une liste des gosses qui l’ont traumatisé à l’école. Si je devais tout prendre au pied de la lettre, je passerais mes journées à me prendre la tête avec les parents. Alors il faut savoir prendre modérément les propos de nos enfants. Et moi je sais que Timousse ne se bat pas. En tout cas pas gratuitement. Et certainement pas des coups de poings dans le ventre (à la limite, des coups de pieds …)
Et je pense très fort : et je t’emmerde !!!! (même pas pardon).
Et je lui tourne le dos, souriant à mon fils qui attendait tout de même légèrement inquiet, ma réaction. Timousse le montre alors du doigt, son fiston à la connasse-même-pas-pardon.
- Lui il fait rien qu’à m’embêter, il me pique mes affaires !
Et toc ! prends ça dans les gencives connasse-même-pas-pardon ! ton petit ange victime ne semble pas si petit ange que ça.
Donc sans même la regarder, je l’entend demander à son fils « tu lui piques ses affaires ? »
Et j’entend vaguement la réponse, un truc genre « oui mais c’est quand il veut pas me prêter seulement » J’adore la logique des mômes.
Je demande à Timousse de laisser tomber, et il repart jouer avec le fils de maman-copine qui a suivit la scène légèrement hilare. Maman-copine qui me glisse « l’écoute pas, on le sait nous, que ton fils n’agresse pas ».
Ok. Mais elle me gave quand même l’autre. Et que vois-je derrière le rideau de colère qui assombri ma vision ? les deux ennemis que l’un cogne l’autre, que l’autre pique les affaires de l’un, les deux ennemis se mettrent à jouer ensemble. Enfin c’est l’autre qui se met à chercher mon fils pratiquement entre mes jambes pour jouer avec lui, disons les faits tels qu’ils sont !
Connasse-même-pas-pardon en garde la bouche en carpe. J’entends presque le poc silencieux de ses lèvres.
J’aurais pu laisser courir, mais c’était plus fort que moi. L’a voulu me faire la morale connasse-même-pas-pardon ? Ok.
- Et bien mon fils ne semble pas traumatiser le votre à ce point. Vous voyez ? Vous étiez prête à vous engueuler avec moi, alors qu’eux ont déjà tout oublié et jouent ensemble. Tant qu’il n’y pas danger, il ne faut pas se mêler des histoires de gosses.
Et j’ai envie de lui hurler une tonne de choses désagréables, tellement elles m’a énervée !
Pas possible ça ! elle n’a que ça à faire alors ? Emmerder le monde devant l’école ? Si encore elle avait présenté le problème autrement, si elle avait été plus … ou moins … là j’aurais accepté la discussion.
Mais la nana qui me saute dessus dès le matin alors que j’ai pas encore bu mon café, avec un « votre fils donne des coups de poings dans le ventre du mien » sans même soutenir mon regard, (parce qu’en plus elle a eu le regard fuyant ET JE DETESTE CA !) la nana qui sous entend que j’élève mon fils comme un petit con qui cogne sur tout ce qui bouge, j’ai envie de tout ce que vous voulez, sauf d’avoir une conversation intelligente avec elle.
Et tout ce petit monde rentre enfin en cours.
Je me dis qu’heureusement que je ne reste que cinq minutes devant l’école, et juste le matin ! sinon c’est certain, je finirais bien par en coller une à une connasse-même-pas-pardon.
Dans un sens, elle a gagné quelque chose, je ne risque pas de lui dire bonjour à nouveau le matin. Ou alors … …. Je continue à lui dire bonjour…. Et si elle me répond pas ….
27 septembre 2007
Fatiguée
J’ai super envie de bosser aujourd’hui, ça fait peur !
Le hic, c’est que je n’ai pas grand chose à raconter de toute façon, je ne sais pas où est partie mon énergie … peut être avec le soleil, faire une partie de cartes, bouder, jouer à cache-cache … allez savoir. Mon humeur est à l’image de la météo du jour : maussade et pluvieuse.
Samedi pourtant, je l’avais l’énergie. Enorme elle était l’énergie. Je suis allée me boire mon petit café du matin au soleil, sur le port, SEULE avec mon dernier roman. Et j’étais B.I.E.N.
L’après midi, je suis partie avec Timousse à l’autre bout de la ville parce qu’il y avait la fête du sport …. Manifestation que j’ai pour ma part trouvé très réussie. Vraiment.
Timousse a testé quelques sports
La gym. Avec poutres, galipettes etc. Il a moyennement aimé. Il faut dire qu’au moment où il est venu en faire, tous les autres enfants faisant la queue étaient des petites (mais alors toutes petites) filles précieuses, vêtues de tutus brillant. Une fois le parcours terminé, Timousse est venu vers moi et m’a lancé d’un air méprisant « pfffffff ! c’est un truc de filles ça ! » Puis, voyant mon air courroucé, c’est empressé d’ajouter « euh de PETITES filles ze veux dire ma maman que z’aime ! »
Nous voilà vers la course à pied. L’a jamais voulu rester dans son couloir, c’était plus drôle dans le couloir des autres. Mais il a beaucoup aimé « mettre la pâté » aux deux plus grands que lui.
Nous tentons ensuite de tester l’escalade. Une attente monstrueuse. Pas grave. Timousse est motivé. Nous avons donc tout le temps pour admirer les prouesses des petits accrochés au mur … le prof les assurait au sol et … leur hurlait dessus !!!! Sur le moment, j’ai pensé à une plaisanterie genre il connaît le gamin tout ça. Ben non. Il hurlait sur le môme parce qu’il ne posait pas le pied au bon endroit. Ok !j’ai dis à Timousse tu es certain de vouloir essayer ? Non me répond-il il a mauvais caractère celui-là. Tant mieux. Je m’imaginais mal rester de marbre si ce gros débile s’était mis à hurler sur ma progéniture …
Le saut de haie… ça fait partie des moments où je regrette plus que tout ne pas avoir mon caméscope sur moi. Il y avait trois rangées de haies. Des plus petites aux plus hautes. Timousse n’étant pas un vaillant guerrier, il a préféré commencer par les plus basses. Le voilà donc faisant la queue à la première rangée de haie. Qu’il saute sans même s’en apercevoir tant elles sont basses. Il tente ensuite la rangée du milieu, parcours parfait. Tout aussi parfait sera le parcours de la dernière rangée au point qu’il veut en faire un nouveau tour.
Sauf que son départ est moins bon, il dérape un peu sur le sable et perd donc la vitesse que la poussée de ses pieds devaient lui donner. Il saute la première haie … la fait tomber. Se retourne. Hésite. « je la ramasse ? je la laisse ? ». Il décide de continuer. Mais il n’a plus du tout d’élan. Donc il marche pratiquement lorsqu’il passe sur les autres haies, les quatre autres. Qui tombent toutes après son passage. Vlam ! vlam ! vlam ! vlam ! A la fin de son parcours, Timousse se retourne pour examiner l’ampleur des dégâts. Quelques parents rient de bon cœur avec moi. Un petit garçon voit Timousse terminer son parcours et … se lance.
Et il arrive devant la première haie … au sol … il freine net, l’air ébahi « ben !!! y’a plus rien à sauter ! » Et là, nous explosons tous de rire parce que c’était trop fort de voir ce gamin partir en trombe et stopper net pour s’apercevoir, dépité, qu’il ne restait plus une seule haie debout.
Pendant ce temps là, Timousse entreprend de relever les haies. Avec sa maniaquerie habituelle, il se concentre bien sur leur mise en place parfaite, bien sur le trait de craie blanche et je l’entend bougonner « oh ben elles sont pas costauds hein ! ze les ai même pas toussées et hop ! elles tombent par terre ! » puis s’adressant au gamin qui attendait toujours figé devant la première haie « oui ça va ça va ! ze les relève ! » Aidé par un prof hilare qui n’arrivait même plus à relever les haies tellement il se tenait le ventre, Timousse termine vaillamment le ramassage de haies puis revient faire la queue comme si rien n’était arrivé.
Depuis dimanche matin, je suis dépourvue de toute énergie. J’ai tout d’abord pensé que notre soirée restaurant en amoureux de la veille y était pour quelque chose … J’ai passé la journée de dimanche en mer à tenter en vain de récupérer.
La semaine me semble s’étirer sans fin. Rahan s’affole de me voir regagner notre couche si tôt le soir, mon dernier roman dans les mains … J’ai tous les symptômes d’une mauvaise grippe qui se prépare et plus je me repose plus je suis épuisée.
Mardi soir, c’est Rahan qui a accompagné son fils au hiep di truc bidule. En apprenant que je ne venais pas, Timousse est devenu triste jusqu’aux larmes. De voir mon fils si triste que ça, une vague de culpabilité aiguë est venue me submerger, mais j’ai tenu bon « c’est votre soirée garçons » (et puis je suis fatiguée).
J’ai bien fait de tenir bon. Rahan me la joue « je suis fatigué» mais je sais qu’il finira par apprécier ces moments rien qu’à eux en dehors de notre chez nous. Et Timousse est rentré radieux, il a passé une excellente soirée à apprendre de nouveaux gestes.
Je comptais rester un peu avec Boudeuse, mais elle a mit sa musique (son bruit devrais-je dire … (roooooooooooo je crois entendre mes parents là !)) un peu trop fort. J’ai osé lui demander de baisser. Elle est partie bouder. Je suis tellement fatiguée que je n’ai pas relevé et ai passé l’heure et demie seule au calme. De toute façon, l’heure et demie passée, elle avait oublié pourquoi elle boudait.
Hier, j’ai accompagné Timousse à la voile. Nous avions du vent qui soufflait à 90 km/h (100 prévu pour aujourd’hui). Ils ont tout de même eu cours mais sont restés dans la baie, à l’abri du ferry.
Timousse est revenue trempé, heureux et … « maman z’ai eu les socottes de ma vie ! »
Je m’en doutais un peu au vue des rafales que nous avons essuyé au port durant ses quatre heures de voile. C’était le meilleur moment pour le prof de leur apprendre à arrêter le bateau ou à virer de bord (et éviter l’empannage) mais ils ont eu des moments de gîte spectaculaires.
Timousse a eu peur (ça « pense » encore plus que sur notre bateau maman, z’ai eu trop peur de tomber à l’eau !) mais il n’est pas terrorisé. Il veut y retourner la semaine prochaine.
Et moi je suis fatiguée. Je ne sais pas si le temps maussade y est pour quelque chose, mais là vous voyez, je n’ai aucune énergie.
25 septembre 2007
Qui sommes nous ?
Lorsqu’elle était petite, elle adorait tenir entre ses doigts des crayons de couleurs, des feutres. Elle adorait se trouver face à une feuille blanche qu’elle se hâtait de décorer.
Ses parents comme tous les parents du monde ont du s’extasier devant ses petites œuvres d’art puisqu’elle a continué sans relâche à faire vivre des feuilles vierges sous ses petits doigts.
Elle grandissait. Elle attendait avec impatience que chaque semaine arrive avec sa nouvelle poésie. Cette poésie qu’elle retenait si facilement, récitait avec le ton adéquat, mais surtout … elle attendait le moment où elle devait illustrer cette poésie. Laissant libre court à une imagination débordante.
Plus tard encore, encouragée par des amies qui aimaient ses dessins colorés, elle en fit l’un de ses passe temps favoris. Etant encore peu experte en la matière, elle décida de se lancer dans la reproduction de dessin. Les résultats étaient assez édifiants, et sa mère restait souvent sans voix devant tant d’ardeur à reproduire un tableau, un personnage de BD….
Un jour qu’elle montrait fièrement son dernier coup de crayon à son père, celui-ci lui dit « C’est bien. Mais il faudrait que tu sortes de la reproduction et que tu dessines par toi même. Parce que dans ce dessin, il n’y a rien de toi. ».
Ces paroles étaient certainement dictées par une volonté d’engager sa fille dans une voie plus personnelle… il ne voulait sûrement pas la stopper dans son élan … c’est pourtant l’effet qu’elles eurent sur l’enfant.
Il est des enfants que l’on pousse vers l’avant en notant au bas des bulletins scolaires « peut mieux faire » il en est d’autres que ces mots découragent. Parce qu’ils sont intimement persuadés d’avoir donné le meilleur d’eux mêmes et d’être incapable de « mieux faire ». Parce qu’ils ne lisent que déception dans ces mots, et qu’ils enveloppent cette déception comme une seconde peau.
Elle abandonna ses crayons définitivement, les rangea dans un coin de son bureau où elle les oublia. Et son ersatz de don mourût avec eux.
L’entrée dans l’adolescence ne fit qu’accentuer un goût pour la lecture déjà fortement ancré depuis toute petite. Tandis que ses amies se retrouvaient à l’extérieur dès les premiers rayons de soleil, elle préférait s’enfermer dans sa chambre ou dans une bibliothèque, à dévorer autant de livres qu’elle le pouvait. En parallèle, le plaisir d’écrire se faisait de plus en plus fort. Ses excellents résultats en rédaction puis en dissertation n’étaient que le prémisse d’une passion qui la torturait délicieusement.
Ses premiers écrits furent consignés dans un petit carnet qu’elle cachait jalousement sous son oreiller. Mais un jour le cahier fut découvert et lu à haute voix devant toute la famille. Jamais humiliation ne fut plus cuisante pour une ado déjà trop sensible. Le cahier fut détruit par ses soins et son plaisir d’écrire rejoignit celui de dessiner : le néant.
Bien des années plus tard, elle rencontra un homme bien plus adulte, bien plus mûr, et bien plus âgé qu’elle. Un homme qui la fit se sentir femme, un homme qui comprenait et entretenait sa passion pour la lecture, un homme qui la poussait à reprendre ses passions d’enfant. Lui même extrêmement doué de ses dix doigts aimait à partager avec elle son amour pour la peinture, pour l’écriture, pour le dessin ….
Après quelques hésitations, elle décida de se lancer. Elle se prit d’affection pour la création de nus au fusain et ses pochettes débordaient de croquis de plus en plus précis.
Elle se mit à écrire, à noircir des pages entières de cahiers aux pages lisses. Certains de ses amis demandaient à lire ses nouvelles et disaient les aimer. La sincérité qu’elle ressentait dans leurs mots l’encourageait à continuer. D’autres amis insistaient pour lui prendre un croquis et c’est avec une fierté non déguisée qu’elle les retrouvait parfois accrochés aux murs de leur appartement.
Mais l’homme changea. Il se fit critique. Il se fit son critique. Commençant par s’agacer que ses croquis ne soient que des croquis. Des coups de crayons noir sans couleur. Donc sans vie. Il la harcela pour qu’elle s’adonne à la peinture, art bien plus noble selon lui que les « bêtises enfantines » qu’elle s’obstinait à crayonner. Le résultat fut désastreux, elle était incapable de communier avec ses pinceaux. Il devint moqueur et méprisant. Il n’y avait pas un jour où elle pouvait s’installer avec son carnet et son crayon sans qu’il ne rit de ses dessins puérils.
Quelques mois de ce régime suffirent à lui faire abandonner tout désir de faire revivre les pages blanches. Il avait gagné.
Fort heureusement ses écrits lui restaient et suffisaient à combler ses désirs de création. Elle aimait à raconter le quotidien dans ses moindres détails, cherchant absolument à ce que chaque scène soit lue comme si elle était vécue par un éventuel lecteur. C’était tout ce qu’elle se sentait capable d’écrire, et elle s’épanouissait dans ce petit travail de style qui lui venait si naturellement.
Il finit par lire ses écrits. Elle rentra un soir du travail, harassée par les heures passées derrière son bureau puis dans les transports, et elle le trouva vautré sur le canapé, ses cahiers sur les genoux, un rictus narquois le défigurait. Tandis qu’elle traversait la pièce pour se débarrasser de ses manteau, sac et chaussures, il lui lisait à haute voix certains passages choisis, incapable de terminer une phrase sans pousser un rire gras et moqueur.
Elle le suppliait d’arrêter là cette torture et tentait de récupérer ses précieux cahier, mais il riait plus fort encore.
« C’est d’un puéril ma pauvre fille ! une enfant de dix ans construirait mieux ses phrases ! et puis ces fautes de temps, une horreur ! il n’y a aucun rythme dans ce que tu écris. Tu n’as décidément aucun talent, c’en est désolant. Comment peux tu écrire en sachant que tes mots sont si plats ? que ton vocabulaire est si pauvre ? j’ai lu des pages et des pages, un somnifère n’aura pas meilleur effet que l’ennui que j’ai ressenti dans ces lignes. »
Elle revivait l’humiliation de son adolescence, en mille fois plus cuisante, elle se sentait minuscule, une rien du tout dont les rêves venaient d’être effacés d’un revers de main.
Elle n’oubliera jamais ces mots, elle est incapable de les oublier, elle a préféré l’abandon à l’obstination.
Lorsque ma fille a commencé à dessiner, lorsque j’ai vu les merveilles se créer sous ses petits doigts, j’ai repensé à l’histoire de cette femme. Je l’ai revue enfant.
Alors je n’ai de cesse de l’encourager dans tout ce qu’elle créé, parce que c’est tout simplement beau. Elle a longtemps refusé de mettre des couleurs à ses dessins tristement noirs, et je ne l’ai jamais poussée à faire autrement. Le plaisir de colorer ses croquis est venu lorsqu’elle s’est sentie prête, et je ne regrette pas de l’avoir laissée faire lorsque je vois le résultat. De même, lorsqu’elle s’est lancée dans l’écriture, je me suis laissée porter par la magie de ses lignes.
Ma fille est fragile encore, elle nous montre timidement ce qu’elle dessine, ce qu’elle écrit, et je réfléchis toujours longuement à l’attitude à adopter à ce moment là, parce qu’elle est comme cette femme, elle lui ressemble tellement ! Un seul mot pourrait détruire et la faire renoncer. Une seule remarque blessante pourrait effacer les milliers d’autres encourageantes.
Je ne la monte pas aux nues, mais je ne la réduis pas non plus. Je la laisse trouver qui elle est.
Ne laissez jamais un autre vous dire qui vous êtes. Il vous détruira.
24 septembre 2007
Des envies
Sur son blog, notre amie la Dragonne répondait à une demande de Mapping :
« J’aimerai que tu nous parles de tes envies de femme. Pas tes envies de mère, pas tes envies d’épouse, pas tes envies professionnelles, non, juste de tes envies de femme. »
Et à la fin de sa si jolie note (que je vous conseille vivement de lire tellement l’ont peut s’y retrouver tous) Dragonne précisait que le concept n’étant pas breveté, pouvait le reprendre qui voulait …
J’ai bien envie, et ce sera la première envie de la liste, de reprendre l’idée.
Sauf que Mapping, tu déconnes. J’ai un mal fou à parler d’autres choses que de ma vie, elle même riche de mes enfants, de mon cher et tendre … si tu m’enlèves ça … je me demande bien de quoi je pourrais parler !
Non parce que l’une de mes plus fortes envies c’est tout de même le bonheur de ceux que j’aime.
Quoi je suis une purge ????
Et puis de quoi j’ai envie d’abord ?
J’ai envie de me débarrasser de ce tube à cancer qui m’empoisonne l’existence. J’ai d’ailleurs rencontré une dame samedi soir au restaurant, qui m’a donné les coordonnées d’un magnétiseur grâce à qui elle a arrêté depuis 2 ans. Sauf que comme elle a largement tapé dans mon paquet de cigarettes … me demande si il est vraiment si efficace que ça !
J’ai envie que mes amies soient heureuses, alors que beaucoup ne le sont pas …. J’ai envie qu’elle trouve enfin un homme qui l’aime comme elle le mérite, qu’il devienne papa d’adoption des ses deux adorables garçons. J’ai envie que cette autre amie quitte son connard-même-pas-pardon de mec qui l’a séparée de son fils , et qu’elle tombe amoureuse de mon ami qui vit seul depuis trop longtemps. J’ai envie que cette autre amie encore trouve la force de quitter celui qui lui fait tant de mal … ou bien qu’il change et qu’elle et ses enfants s’épanouissent.
J’ai envie d’avoir une amie dont le mari n’est pas jaloux.
J’ai envie de retaper cet optimist que l’on m’a offert, de le gréer et que mon fils puisse passer des heures à s’amuser avec.
J’ai envie de tout plaquer, de partir vers la Tunisie en bateau, de rencontrer d’autres gens, d’autres cultures.
J’ai envie de retourner sur mon lieu de naissance pour pouvoir dire « c’est là que je suis née »
J’ai envie de m’acheter une nouvelle voile plus légère pour naviguer à la voile même si le vent paresse.
J’ai envie d’avoir des amis d’enfance, de pouvoir partager avec eux mes souvenirs d’enfance…
Non parce que … vous savez, tout le monde (ou presque) trouve ça génial les voyages qui forment la jeunesse tout ça … ok. C’est vrai que j’ai de merveilleux souvenirs dans ma tête, de ces pays exotiques, de cette vie si différente …. Mais il m’est impossible de retourner dans un ville, un village, de me rappeler le morceau de béton sur lequel je traçais à la craie le quadrillage de la marelle … il m’est impossible de vous donner les noms de mes amis ou de mes instits … il y a des souvenirs que je n’ai pas et qui me manquent.
J’ai envie d’être riche et de m’offrir un tour du monde en voilier
J’ai envie d’être riche et de m’offrir un tour du monde dans les meilleurs hôtels du monde.
J’ai envie d’être riche tout court.
J’ai envie de manger du chocolat sans en payer les conséquences après.
J’ai envie d’avoir à nouveau trente ans. Et de revivre tous mes moments de bonheur.
J’ai envie d’adopter un enfant, d’une autre couleur de peau que la mienne, et de montrer au monde entier que l’amour est universel.
J’ai envie de sortir et de danser toute la nuit.
J’ai envie d’avoir confiance en moi, de me trouver belle, intelligente, drôle, cultivée, d’agréable compagnie.
J’ai envie d’avoir le talent pour écrire un livre.
J’ai envie d’aller au cinéma avec Rahan, et qu’en sortant on s’offre un chocolat chaud en se racontant le film de la première image à la dernière réplique.
J’ai envie d’une journée rien qu’à moi toute seule, sans rien à préparer ni ranger ni nettoyer, sans rien à penser que mon plaisir à moi.
J’ai envie d’avoir plus de temps pour lire.
J’ai envie de m’offrir une soirée par semaine, que je passerais avec des copines, au ciné, au restau, au café à refaire le monde qu’importe … mais une soirée, rien qu’à nous.
J’ai envie de retrouver une prof de danse orientale.
J’ai envie d’avoir une vue perçante pour ne plus avoir honte quand je n’arrive pas à lire un panneau dans la rue.
J’ai envie d’aller à Paris quelques jours et jouer la touriste dans les promène couillons sur la Seine, d’emmener mes enfants à Euro Disney et d’entendre leurs cris de joie, et de voir leurs yeux pétiller de bonheur.
J’ai envie d’aller à Paris pour y voir ma famille, mes amis.
J’ai envie de voir des dauphins à chacune de nos sorties en mer. J’ai envie de nager avec eux, de pouvoir les toucher, les caresser …
J’ai envie que l’été continue jusqu’à Noël.
J’ai envie que l’automne arrive vite pour aller ramasser les châtaignes en montagne.
J’ai envie de prendre ma voiture avec une amie qui me laisserait conduire parce que je suis malade en voiture, et de faire des kilomètres pour visiter mon île encore et encore, et qu’on se raconte plein de choses sur la route.
J’ai envie de partir toute une journée avec Rahan, de faire du tourisme avec lui (pourvu qu’il me laisse conduire, nous irons n’importe où).
J’ai envie de faire l’amour dans la journée au lieu de rester dans mon bureau à écrire des conneries (oups ! pardon ! un gros mot !) sur mon ordi !
J’ai envie que mon stage prenne fin, qu’il me serve à quelque chose, mais que l’on soit déjà en mars pour qu’il ne soit plus qu’un souvenir. J’ai envie de le réussir, et d’être la meilleure avec une excellente note finale.
J’ai envie d’avoir des dons, de vrais dons qui donnent envie.
J’ai envie de louer une grande maison au bord de la mer pour fêter Noël avec ceux que j’aime (y’aura du monde !)
J’ai envie que mes enfants m’aiment comme moi j’aime maman.
J'ai envie de retrouver la trace de ma meilleure amie disparue depuis 5 ans ...
J’ai envie de continuer à être heureuse comme aujourd’hui, de m’émerveiller toujours aussi facilement d’un tout petit rien.
J’ai envie d’un milliers d’autres choses, mais il paraît que mes notes sont trop longues (et surtout il m’a été très difficile de ne pas parler des trois personnes que j’aime le plus au monde).
Je vous avais prévenus, je ne suis pas quelqu’un d’ambitieux.
21 septembre 2007
Grandir
Ayé je suis lancée, chacune votre tour vous me laissez des coms qui me renvoient à l’envie d’écrire une nouvelle note alors que je n’ai toujours pas terminé les notes des vacances ..
Tant pis si vous les avez à Noël, vous ne pourrez vous en prendre qu’à vous.
Oui, Timousse devient grand, et cette rentrée dans le monde des presque grands l’y aide énormément, tu as mis le point dessus Mag …
Je l’ai remarqué moi, à des tas de petits riens, juste en le regardant faire, en l’écoutant, parfois à mes dépends et …. Je me dis que tiens, cette note pourrait servir à quelques mamans aussi angoissée que moi.
Pour commencer, il y a le petit seveu sur la zolie langue de Timousse qui semblait n’effrayer que moi, vu que l’orthophoniste n’a pas voulu le suivre en me disant que c’était de la fainéantise et que s’il lui était demandé de faire l’effort il le faisait, et que le fait d’ avoir toujours sa teuteute pour dormir n’arrangeait en rien ses affaires.
Moi ça m’agaçait d’entendre ça, je connais des enfants qui ont gardé tard la teuteute, et ils ne zozotent pas ! Au printemps dernier, Timousse a jeté sa teuteute, a regretté son geste les deux ou trois soirs « z’ai sanzé d’avis ze veux ma teuteute qui est dans la poubelle », mais a tenu bon finalement.
Et le seveu était toujours en place. La rentrée CP m’inquiétait quelque peu. Compréhension des sons, moqueries qui sait … et bien chaque soir, Timousse lit les mots appris voir même une combinaison qui lui permettent de lire une phrase « le chat de Lili est sur le lit » (avec un point sous le t parce qu’on entend la lettre qui s’appelle t au pays de l’alphabet, mais on ne l’entend pas.). J’ai serré les dents, et j’ai attendu qu’il me dise « le sa de Lili …. ».
Et là, oh bonheur chassant toutes mes angoisses, Timousse me lit tranquillement « le ccchââât de Lili … » Ouaich ! Et tout pareil pour sa poésie, QUE LUI AUSSI CONNAIT PAR CŒUR ! « J’âââi le menton en marmelade, le nez fendu et l’œil pôôcccché »
Le mieux dans l’histoire, c’est que l’instit de Timousse ne lui fait pas travailler à lui en particulier la prononciation. Il le fait du lui même, parce qu’à la base, elle leur fait travailler la prononciation parfaitement correcte de châââque syllabe, de chââââque mot ….
Avis aux mamans angoissées donc, si votre enfant a un délicieux seveux sur la langue, il y a de fortes chances qu’il se corrige tout seul avec l’apprentissâââge de la lecture.
Timousse a grandi, et je l’ai remarqué le soir quand il fait ses devoirs. Il s’installe avec délice sur la table du carré, et lit consciencieusement les mots, écrit ceux qu’il doit écrire et ne s’énerve pas (plus) s’il dépasse. Il gomme et recommence sans ronchonner, la langue pointée sur la lèvre supérieure. Alors qu’il y a six mois, il aurait jeté le crayon par terre, la gomme aurait traversé les airs, la feuille aurait été chiffonnée avec rage, et Timousse lui même aurait glissé jusqu’au sol, incapable de maîtriser l’énorme frustration.
Timousse devient grand, je l’ai vu au cours de Hiep machin truc bidule. Où durant l’entraînement, il fallait se tenir sur une jambe en maintenant l’autre relevée par la cheville. Marrez vous, essayez pour voir ! Alors bien entendu, tous les grands balaises y arrivaient mais pas Timousse. Timousse qui n’arrivait même pas parfois à attraper sa cheville et se retrouvait déjà le cul par terre, déclenchant de francs rires. Il y a quelques mois, Timousse aurait hurlé de rage au premier échec, il aurait engueulé les autres en vociférant « ze veux pas que tu ris de moi !!!! » il aurait abandonné et serait parti bouder violemment dans un coin. Nous aurions pu nous y prendre à plusieurs, il aurait refusé de rejoindre le cours et aurait terminé en larmes.
Et bien mardi soir Timousse riait lui aussi de se retrouver si souvent le cul par terre, et il recommençait sans cesse le même geste, et s’est obstiné jusqu’à réussir à tenir quelques minuscules secondes sur une jambe. Et ça, j’ai trouvé ça géant !
Timousse devient grand, je ne dois plus l’appeler « mon bébé d’amour » …. Ça le met en colère. « Ze ne suis plus un bébé maman ! ze suis un grand qui apprend à lire ! alors ne m’appelle plus mon bébé ! »
Ok
Timousse devient grand, je ne dois plus lui énumérer ce qu’il doit faire « ze le sais maman que ze dois aller faire pipi, me brosser les dents, me faire ma toilette alors TU NE ME LE DIS PLUS ! »
Ok
Timousse devient grand, je l’ai prit en pleine figure lorsqu’il est revenu mercredi de son cours de voile que « c’était trop tocu de bien maman !!!! » et qu’il a fallu se changer dans le vestiaire des garçons. Timousse étant le plus petit, il a bien entendu été le plus long à se changer. Et après l’avoir appelé une dizaine de fois (et m’être fait jeter au moins autant de fois) j’ai fini par envoyer un plus grand copain vérifier où il en était … le copain est ressorti en m’annonçant que Timousse était tout seul dans le vestiaire. Donc là, je n’allais plus déranger personne. J’ai prévenu Timousse « je rentre ! » et je ne l’ai pas laissé finir de hurler son NOOOOOOOOOOOOOON ! que j’étais déjà dans le vestiaire. Gardez vos remontrances, j’ai assez honte comme ça hein ! Il était furax il m’a hurlé dessus. Il était furax et vexé comme un pou. Il enfilait son sac sur le dos, il s’était intégralement changé, avait tout bien plié et rangé dans son sac, avait changé de chaussures et me hurlait dessus « T’AS PAS LE DROIT DE RENTRER DANS LE VESTIAIRE DES GARCOOOOOOOOOOOOOOOOONS ! »
Mais ce n’était pas une de ces crises dont il nous a saoulé plus petit hein, c’était vraiment une énorme colère (ok ça va n’en rajoutez pas je sais qu’il avait raison !). J’ai fait demi tour sur place, sans toucher le sol. Et je suis ressortie très digne sous les engueulades de mon fils…. Et le regard moqueur du moniteur. « Il va falloir vous y faire ! » Gna gna gna !
Là, Timousse a repris ses esprits et est sorti tête haute, tout fier d’avoir tout fait tout seul. Et puis il m’a toisée en secouant son index de haut en bas « tu n’as pas le droit de rentrer dans le vestiaire des garçons maman ! tu vas dans le vestiaire des filles si tu as envie mais pas sé les garçons ! mais ze te pardonne. Mais ne recommence pas hein ! Zamais de la vie !»
Et nous sommes repartis en traînant derrière nous les copines hilares qu’il m’a fallu menacer des pires sévices si elles ne s’arrêtaient pas sur le champ de se payer ma tête.
C’est mon grand garçon de six ans, encore tout petit, mais il restera toujours mon bébé d’amour dans mon cœur de maman. Même si je n’ai plus le droit de le dire.
Réunion à l'école
Nous avons eu une réunion à l’école de Timousse avec son institutrice.
Un seul mot pour la décrire : GE-NIALE ! Elle est géniale, drôle, attachante … elle aime ce qu’elle fait (je ne peux même pas dire qu’elle aime son métier parce qu’à ce stade, c’est bien plus qu’un métier vous voyez ?). Elle aime nos enfants et elle aime faire ce qu’elle fait avec eux.
Elle a su nous parler de son programme avec passion et entrain. Nous étions tous subjugués.
Elle a dit une chose qui m’a vraiment, mais alors vraiment emballée « je n’ai pas voulu lire les dossiers de maternelle des élèves, je veux me faire une idée par moi même ».
Alors là, chapeau. Doublement chapeau, sachant ce que Timousse a vécu avec la garderie pour la rentrée. Elle ne colle pas d’étiquette elle !
Du coup, je me suis mis une ou deux claques, parce que lorsque je la croisais à la sortie de l’école et qu’elle me disait « Timousse et moi apprenons à nous connaître » moi j’entendais « Timousse est hardos mais nous y arriverons ». Alors qu’elle me disait tout simplement qu’elle et ses élèves (ses enfants comme elle dit) apprenaient à se reconnaître.
Du même coup, je me suis collé deux ou trois autres claques, parce que Timousse la veille de la réunion m’avait parlé de cette autre classe avec une autre maîtresse où il était allé … et moi j’ai pensé « ayé ! il est encore prit en charge par le réseau d’aide, il ne s’en sort pas. »
Et lors de la réunion, Madame Géniale nous dit « vos enfants ont du vous dire qu’ils étaient allé dans une autre classe hier … c’était pour faire une petite évaluation ». Regard courroucé de Rahan envers moi à ce moment là « tu vois ! toujours à te contrarier pour rien ! »
Maintenant que j’avais les joues bien boursouflées sous le choc de toutes ces claques, j’ai pu boire toutes ses paroles et enregistrer toutes les informations fournies lors de la réunion.
La moitié de la classe est cependant en grande difficulté. Madame Géniale ne veut pas encore s’avancer, elle attend la fin de semaine prochaine pour vraiment s’en assurer et contactera alors les parents des enfants concernés. Les dits enfants seront alors pris en charge par la très gentille représentante du Rased qui nous a bien expliqué son rôle, une psy scolaire, et une institutrice spécialisée.
Je ne vous dis pas dans quel état je suis en attendant la fin de la semaine prochaine, j’ai pris assez de claques comme ça.
Il y avait un papa non loin de moi …. Allez je vous le dis de suite … il m’énerve ce mec. Mais alors grave il m’énerve. Le petit con précieux qui a pondu la première merveille du monde.
D’ailleurs, je me souviens que le jour de la rentrée, première merveille du monde (le fils du petit con précieux vous suivez oui ?) était venu me voir « tu sais Kaliuccia (oui, tous les enfants de la classe de mon fils m’appellent par mon prénom) et bien moi je suis dans la classe de Madame Géniale parce que Madame Géniale elle m’adore trop, et elle voulait à tout prix m’avoir dans sa classe ! »
Sur le moment, j’ai trouvé ça trop mignon. Après avoir côtoyé petit con précieux, j’ai compris. Pour ceux qui suivent, les 6 élèves les plus doués et les plus autonomes de la grande section de l’an dernier ont été intégrés dans une classe CP-CE1. Et pas première merveille du monde. Donc …. Petit con précieux a bien collé dans le crâne à son fils que s’il ne faisait pas partie de l’élite, c’était parce que Madame Géniale « l’adorait trop » … sans même le connaître.
Donc, durant la réunion, nous avons eu à subir petit con précieux.
Lorsque Madame Géniale nous parle du temps de devoirs le soir, elle insiste bien sur le fait qu’ils ne doivent pas durer longtemps. 20-30 mn grand maximum.
- Ah ben première merveille du monde non hein ! il adooooooooooooooooooore faire ses devoirs ! il ne veut faire que ça d’ailleurs ! il les fait en cinq minutes et il en redemande il n’en a pas assez.
Lorsque Madame Géniale nous demande qui compte mettre son enfant en étude dirigée le soir, tout le monde lève la main ou presque. Dont petit con précieux.
Nous discutons un peu du déroulement, parce qu’il faudra faire un choix, vu qu’un poste a été supprimé (je croyais qu’on devait travailler plus et gagner plus ?) et Madame Géniale nous explique qu’elle choisira selon les priorités, comme ces enfants qui restent tard en garderie, parce qu’effectivement un enfant qui ne rentre pas avant 18 – 19h le soir n’a pas envie de faire ses devoirs, il est fatigué, il n’est pas réceptif etc …
- Ah ben première merveille du monde non hein ! première merveille du monde adoooooooooooooore faire ses devoirs ! il n’est jamais fatigué hein ! même à 9 heures du soir il a envie d’en faire il comprend trop vite il n’en a jamais assez !
Ta gueule-même-pas-pardon Connard-même-pas-pardon !
ALORS POURQUOI TU CHERCHES A LE COLLER EN ETUDE SI TON FILS EST SI INTELLIGENT ???
Madame Géniale nous montre ensuite le travail effectué en classe … nous parle d’une poésie à apprendre pour jeudi mais qu’ils connaissent déjà pour la plupart …
- Ah ben première merveille du monde, il la connaît paaaaaaaaaaaaar cœur sa poésie ! depuis longtemps ! d’ailleurs, il lit (oui oui il a dit il lit !) sa poésie une fois et hop ! c’est bon il la connaît déjà !
Une maman de lui rétorquer « mais il est parfait ce petit ! » et lui de ne pas comprendre l’ironie, hochant la tête avec ferveur « oh oui ! oui ! »
Nan mais …. Où on est là ?
Nous sortons finalement. Je croise première merveille du monde qui m’annonce
- Timousse, il a cassé ma règle !
Rahan et moi interrogeons donc Timousse
- Tu as cassé la règle de première merveille du monde ???
Et Timousse de nous répondre
- Ah ben non hein ! z’ai pris sa règle et z’ai vérifié si elle était flexible (aïe !) et puis ze lui ai rendu et ze lui ai dit ah oui, elle est flexible et lui il m’a dit non elle est pas flexible ! alors il a prit sa règle et il l’a pliée et hop ! elle s’est cassée !
Et moi de jeter un sourire en coin à petit con précieux
- C’est vrai qu’il apprend vite première merveille du monde !
17 septembre 2007
De l’art de la susceptibilité.
Si je ne côtoyais pas autant d’ados autour de moi, si la seule ado de mon univers devait être mon ado yop (avant la prise du yop) à moi, je me serais certainement persuadée que l’excessive susceptibilité dont elle est dotée est directement issue d’une de mes gènes un peu trop forte.
Au moins, me serais-je dis, au moins a-t-elle prit quelque chose de moi, ok pas le meilleur, mais quelque chose. Non parce que sinon, si l’on s’en tient à l’enveloppe, celle que l’on affiche à tout public, c’est le portrait de son père depuis toujours … vile traîtresse !
En plus jolie puisque c’est une fille.
De toute façon, mes deux enfants m’ont fait exactement le même coup à quelques années d’intervalle. Ils sont tous deux le portrait de leur père respectif.
Et moi, nada. Moi, j’étais la porteuse et basta.
D’un autre côté, ça rabaisse le caquet de tous ces beaufs qui me gavent, mais qui me gavent !!! à tant aimer jeter le doute sur la paternité quand il ne doit même pas y en avoir (de doute). Soit disant pour plaisanter … mais bien sûr !
Quand ils voient mes enfants, dans le fond de leur gorge restent bloquées leurs réflexions à la con, lassantes et dépassées. Parfois même me plais-je à leur rétorquer avant même qu’ils n’y pensent « eh oui ! y’a pas de doute, c’est pas le facteur ! »
De vous à moi, cette réflexion … eh oh ? sérieux ? vous ne la trouvez pas nulle ? hein ? Qui plus est, elle et parfaitement obsolète inadaptée, plus dans le coup du tout !
Non parce que vous, je ne sais pas, mais moi, le facteur, ça fait des années que je ne sais même pas à quoi il ressemble ! Ok, fut un temps où il me réveillait en tambourinant à ma porte d’entrée comme s’il y avait le feu, le samedi matin, pour me porter un recommandé ! Et en plus, il était moche. Pas le recommandé hein ! quoique …
Très vite, ce temps merveilleux fut révolu dans ma petite ville de banlieue parisienne de l’époque. Certes, les années suivantes, je retrouve trace de son passage dans ma boîte aux lettres, grâce aux factures qui s’y amoncellent. Mais vu que nous bossons aux mêmes heures, nous ne risquons pas de nous croiser …
Certes, il m’arrive de retrouver un mot « passage du facteur » et cela me fait bien plaisir de savoir qu’il est passé, je me dis qu’il est super cool ce facteur de me laisser un gentil petit mot juste pour me dire « coucou ! je suis passé par là, pas voulu vous déranger, alors je laisse un petit mot amical ». La chose pourrait me faire sourire, je pourrais même être particulièrement touchée par cette délicate attention, si mon attention à moi n’était pas retenue plus bas par de nouvelles informations m’indiquant qu’en fait, ce petit mot n’est pas du tout là pour me faire un tit coucou, mais plutôt pour m’informer qu’une lettre recommandée n’a pu m’être remise pour « absence ».
Il a coché la case « absence ». Il a osé ! Alors que nous sommes samedi, et que je suis chez moi. Il a décidé que je suis absente !!!! Alors que nous sommes samedi matin que diable ! le samedi matin, j’ère comme une âme en peine, mes chaussons glissant lamentablement sur le parquet (non ciré) me maudissant de m’être réveillée si tôt alors que j’aurais pu dormir puisque je ne bosse pas le samedi matin ! (et qu’à l’époque, je n’ai pas encore d’enfants, donc je n’ai pas à me lever le samedi matin bordel ! (oups ! pardon ! un gros mot !)). Mais le facteur, il bosse LUI le samedi matin, et il me laisse des avis de passage pour me dire que je n’étais pas chez moi alors que j’y suis !
Ben ça, ça a le don de m’énerver.
Donc déjà, pour faire un petit avec un facteur que je ne vois jamais et qui en plus raconte des bobards, je vais avoir du mal.
Et en plus, je déteste les lettres recommandées, et il faut que ça arrive le samedi ça, bien entendu. J’ai un bol pour ça, un bol que je vais cultiver pendant toute une décennie, toutes mes lettres recommandées arrivent le samedi matin. Donc, il me faut attendre le samedi suivant pour aller chercher mon recommandé à la poste. Et c’est pas à la poste, les mecs enfermés derrière leurs barreaux, à affronter une foule d’éternels mécontents (forcément, s’ils trouvent des papiers qui disent qu’ils ne sont pas chez eux alors qu’ils y sont, y’a de quoi …) ah non ! ce n’est pas à la poste, dans ces conditions, qu’une idylle risque de naître. Alors en fait ? les barreaux ? c’est pour ça ? pour que les gosses ne viennent plus du facteur c’est ça ? on protège la faible femme du facteur reproducteur ?
Donc toutes ces années, pendant une semaine, je me torture à me demander d’où peut bien venir cette lettre recommandée. J’interroge même mon entourage parfois « c’est toi qui m’a envoyé une lettre recommandée ? » Réponse : « ???? tu te sens bien ? pourquoi je t’enverrais une lettre recommandée ? » Réponse : « Ben je ne sais pas moi, juste pour me torturer pendant une semaine ! ».
Alors vous allez me dire … mais pourquoi tu attends le samedi suivant pour aller chercher ta lettre ? Ah ! Ah ! Ah ! Vous suivez des fois ? j’ai dis que je BOSSAIS aux mêmes heures que le facteur. (Sauf le samedi) Et non, je ne peux pas l’att