Au fil de l'eau

"Avant, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants."

30 octobre 2007

Je suis une boulimique

Oh bien entendu, pas dans le sens médical du terme.

Vous ne me trouverez pas la nuit devant la porte ouverte de mon frigo, assise dans son halo pâle, à dévorer goulûment l’intégralité de son contenu.

Mais je suis tout de même une boulimique, excessive.

Et j’ai une chance inouïe de ne pas être obèse, une chance merveilleuse que ma constitution ne s’autorise que quelques rondeurs disgracieuses lorsque je tombe dans l’excès de nourriture.

Lorsque je m’étais arrêtée de fumer, tout allait bien les premiers mois, je n’ai pas « compensé » le manque buccal. Mais l’hiver arrivé, mon bureau débordait de toutes ces barres au chocolat et au caramel dégoulinant dont je me goinfrais à longueur de journée.

De même, lorsque je découvre un met particulier qui éveille délicieusement mes papilles, j’en consomme sans modération. Avec cette terrible sensation de ne jamais être rassasiée, et je pousse le vice jusqu’à l’écœurement.

Totalement excessive.

Je ne sais rien faire modérément.

J’ai une autre chance inouïe, celle de ne pas trop aimer l’alcool, j’aurais pu devenir une alcoolique ivre à mes heures. Celle aussi de n’avoir jamais voulu toucher à la drogue sous toutes ses formes. En cela, je ne remercierais jamais assez mon père qui sans le savoir m’a certainement sauvée de cet enfer dans lequel j’aurais pu plonger si son travail de mise en garde n’avait été aussi sérieux et aussi efficace. Avant même que l’on ne m’en propose pour la première fois, j’étais programmée contre.

Mais je reste une excessive boulimique.

J’ai parfois la sensation que ma vie ne tourne rond que dans la passion de ce que j’entreprend. Et je ne tiens absolument pas compte des risques courus en tombant dans l’excès.

Je me suis vue quitter un emploi qui pourtant mettait bien du beurre dans nos épinards à l’époque, parce que j’y allais chaque matin avec du plomb dans les chaussures, parce que j’y passais mes journées à compter les heures qui s’écoulait si lentement … Et je me vois plonger dans mon travail actuel avec une passion qui m’effraie parfois.

Je suis excessive dans mes rapports avec ceux que j’aime. Que ce soit Rahan que je couvre d’amour, ou mes enfants qui parfois en ont du mal à respirer. J’ai besoin d’eux, de leur présence, de leurs rires, de les toucher, de les embrasser. Je suis une boulimique d’amour. Il me semble parfois que nous sommes cinq chez nous. Cet amour est si vivant, si vibrant, qu’il pourrait se matérialiser en une cinquième personne qui nous envelopperait tous.

Je suis une boulimique d’amitié. J’ai besoin de serrer mes ami(e)s dans mes bras, de les voir ou les entendre souvent, de leur dire combien je les aime…

Je suis une excessive boulimique tout court. Je ne fais rien « à moitié », il faut que je m’épanouisse dans tout ce que je fais. Et parfois ça tourne à l’obsession.

Je peux très facilement tomber dans une frénésie d’achats compulsifs. Mais je ne les regrette jamais.

Dernièrement, je me suis remise au tricot, au crochet, et il ne se passe pas une heure de la journée sans que le manque de travailler la laine ne vienne me torturer. J’ai commencé plusieurs ouvrages en même temps, partagée entre la terrible envie de tout terminer très vite, et l’angoisse que ce soit déjà terminé.

C’est peut être pour cela que je commence et fais souvent plusieurs choses en même temps. Pour ne pas me retrouver dans le vide du déjà fini. Je m’éparpille pour apaiser ma boulimie.

Je ne fais rien sans musique. Chez moi continuellement, dehors mon Ipod autour du cou, dans ma voiture le CD à fond. Tout à l’excès.

Mais ce qui me prend le plus de temps ces derniers mois, c’est ma boulimie de livres. Je passe des heures à fouiller des librairies, dont je ressors les bras chargés. Je passe tout autant d’heures sur les sites à ébouillanter ma carte bleue. J’attends avec une impatience enfantine l’arrivée de mes colis. Je lis actuellement cinq livres différents, suivant mon humeur. Avec toujours la même soif de connaître la fin, avec toujours la même angoisse de tourner la dernière page.

Sans compter toutes les choses que je ne sais pas faire « seules ». Je n’arrive pas à m’obliger à faire une seule chose à la fois. J’en suis incapable, je n’arrive pas à me concentrer sur une seule chose. J’ai besoin de me diviser.

Quelque part, ces excès me font peur. Quelque part, je me demande si je n’appréhende pas tout simplement le fait de me retrouver sans rien faire. Comme si en une seule vie, je voulais en vivre mille.  Je n’ai aucune volonté pour me modérer.

Pourquoi ne suis-je jamais rassasiée ? D’où me vient cette peur du rien ?

C’est grave docteur ?

Posté par Kaliuccia à 10:46 - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 octobre 2007

Premier Bilan

Nom : Timousse – Classe C.P.

Français :

-         Lecture : Très bien – 20/20 

-         Expression orale : Très bien – 20/20

-         Exercice de compréhension : Très bien – 20/20

-         Poésie : Très bien – 20/20

Mathématiques :

-         Numérotation : Très bien – 20/20

-         Exercices : Très bien – 20/20 

Attitudes :

-         Concentration : Très bien

-         Soin : Très bien 

-         Motivation : Très bien

Observations générales :

Un très bon début de C.P. De vrais efforts pour être moins « opposant »

Ben y’a pas, je me lasse pas. Et même que ça me fait un bien fou !

Posté par Kaliuccia à 10:51 - Nous - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 octobre 2007

La musique et moi

Ma voiture me fait des misères ces derniers temps.

Ca a commencé par le lecteur CD qui est tombé en panne l’été dernier. C’est gavant un lecteur CD qui tombe en panne… c’est gavant. En plus, c’est dangereux qu’il tombe en panne lorsqu’on conduit ! J’écoute mon dernier CD tranquillou, la vie est belle, je tapote sur le volant, je chantonne …. Bon ok. Je donne de grands coups sur le volant, je secoue la tête en rythme et je hurle à tue tête.

Et tout à coup BUP !

Et puis le Bup pas discret hein ! vu que j’ai la musique à fond dans la voiture, je peux vous dire que le BUP il est super bruyant. D’ailleurs, à chaque fois que ce Bup ce manifestait, je faisais un bond sur mon siège accompagné en général d’un cri de surprise au moins équivalent en décibels. Donc ça fait BUP ! suivi d’un AHHHHHHHHHHHHHH ! et puis le grand silence. Mortel le silence, j’entend mon cœur battre tellement il est mortel le silence.

Comme au début c’était une panne aléatoire, le danger était que je me mettais à bidouiller mon auto radio avec rage alors que j’étais en train de conduire, sans compter la trouille que je m’étais tapée juste avant avec ce putain (oups ! pardon ! un gros mot !) de BUP.

Penser d’abord à baisser le son parce que du coup, juste après le BUP !  je tombe sur la radio et là c’est tout mon corps qui s’électrise lorsque l’habitacle mortellement silencieux se remplit du hurlement de la pub qui passe BIEN SUR ! juste à ce moment là à la radio. Enfoncer le bouton éjection. Retirer le CD, glisser à nouveau le CD.

Option 1 : tout se passe bien,  le CD repart. Et moi aussi.

Option 2 : BUP ! et au bout du quatrième BUP ! ma bonne humeur s’envole pfiut ! comme ces adorables étourneaux qui viennent envahir notre ville dès le mois de novembre.

Donc, lorsque je me trouve plongée dans l’option 2, je continue à hurler dans ma voiture, mais de rage. Tout en continuant à glisser, BUP ! retirer, re-glisser BUP ! , re-retirer, re-re-glisser BUP ! CE PUTAIN DE CD DE MEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEERDE !

Nanméo c’est vrai quoi ! je veux bien être patiente moi mais y’a des limites tout de même !

Et la rage monte, monte, monte, tandis que je m’obstine (ben oui, je suis comme ça, que voulez-vous) à glisser pour la énième fois mon CD dans le lecteur qui commence lui aussi à me chatouiller graaaaaaaaaaaaaave ! mais il me fait chi-er ce lecteur tain mais c’est pas possible que jamais rien ne fonctionne ! meeeeeeeeeeeeeeerde ! Et ça se termine en général que le lecteur, il se prend des coups.

Au début, je tapais avec la paume de la main. Un jour, je me suis tellement fait mal que, pour me venger, une fois arrêtée à un feu rouge, j’ai relevé ma jambe et ai filé un monstrueux coup de talon dans le lecteur. LAAAAAAAAAAM ! Ca a fait un bien fou à mes petits nerfs. Le lecteur, l’a pas moufté. Pas le moindre petit BUP. Je n’en reviens pas, je ne l’ai même pas explosé ! C’est du costaud ces petites bêtes là !

Par contre, l’automobiliste arrêté au même feu que moi, et juste à côté de moi, lui, il me regardait avec une de ces têtes ! Comme dans les films vous savez ? où ces crétins de second rôle s’aperçoivent qu’ils viennent de reconnaître l’ennemi numéro 1 dont la photo est placardée à tous les coins de rue. Surtout que le pauvre, il devait me regarder depuis un moment. Donc ça veut dire qu’il m’a vue en train de filer des baffes à mon lecteur, il m’a vue (et peut être même entendue) insulter mon lecteur, et il m’a vue me contorsionner derrière mon volant pour glisser ma jambe juste au-dessus du levier de vitesse pour balancer un grand coup de pied dans sa tronche à ce putain de lecteur de merde qui me fait chiiiiiiiiiiiiiier à jamais fonctionner ! (oups ! pardon ! une tonne de gros mots !)

Ce jour là, j’étais en crise. Donc, je n’ai pas du tout, mais pas du tout eue envie de lui faire mon sourire ravageur, histoire de le rassurer sur ma santé mentale. J’ai juste tourné la tête pour regarder droit devant moi, avec mon air de grande dame digne. J’ai refilé une baffe à mon lecteur pour la peine. T’AS VU CE QUE TU ME FAIS FAIRE ????? même que je crois l’avoir juste après menacé de mon index (mon lecteur, pas l’automobiliste) genre « tu vas t’en prendre une autre à me gaver comme ça ! »

Ca vous est déjà arrivé de vous sentir observé ? J’ai eu ce picotement dans la nuque juste après avoir de nouveau invectivé mon lecteur CD. J’ai tourné la tête vers l’automobiliste. Et il n’avait pas bougé d’un cil, il me dévisageait toujours, lèvres entrouvertes. Alors j’ai baissé ma vitre, et je lui ai conseillé « ferme ta bouche ! tu vas gober une mouche ! » l’a refermée aussitôt le monsieur, comme s’il avait reçu une baffe. Et puis il a démarré, et je ne l’ai plus jamais revu.

C’est là qu’une toute petite voix me susurre « maman ? pourquoi tu dis au monsieur qu’il va gober une mousse ? ». Meeeeeeeeeeeeeerde ! j’avais oublié la présence ultra méga silencieuse de mon fils, qui lui n’avait pas loupé une miette de la scène. Caressant le fol espoir qu’il oublie très vite le fait d’avoir vu sa mère dans un état tertiaire, je lui ai demandé de me chanter une petite chanson, et l’affaire était close.

Jusqu’à ce que Rahan prenne la voiture un matin avec nous, et qu’une fois installé derrière le volant à ma place, Rahan glisse un CD dans le lecteur qui nous dégueule aussitôt son terrible BUP ! et Timousse d’intervenir « T’as qu’à faire comme maman ! tu lèves ta zambe et tu donnes un grand coup de pied dedans en disant des gros mots et après des fois ça marse »

Rahan a laissé ses mains en suspens, a trèèèèèèèèèèèèèès doucement tourné ses yeux pour les poser sur moi, attendant certainement une explication de ma part.

Ben quoi ? il est pas cassé ! la radio fonctionne toujours !

Ce matin, j’ai fait poser un nouvel auto radio. M’a coûté la peau des fesses, mais au moins il fonctionne. Et au premier BUP, vu le prix que je l’ai payé, c’est le vendeur qui se le prend dans la tête.

Posté par Kaliuccia à 15:12 - Morte de honte - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 octobre 2007

Boudeuse

Depuis toute petite, Boudeuse a un don certain pour le dessin.

C’était son instit de CP qui l’avait relevé la première. Ben oui, parce que les parents, ils sont en adoration devant tout ce que fait leur chérubin, c’est bien connu. Même une suite de traits tirés sur une feuille blanche, cette suite de traits n’ayant aucune logique, même cela donc arrache aux parents gâteux des petits cris de souris la plupart du temps totalement exagérés. Donc dans la découverte d’un don particulier, les parents ne comptent pas. En tout cas, pas les parents comme moi, encore moins ceux qui sont persuadés d’avoir pondu la 1ère merveille du monde.

Donc, l’instit de CP de Boudeuse m’avait un jour convoquée pour me montrer les superbes dessins que faisaient ma fille en classe. Bon ok, elle dessinait aussi de jolies petits cœurs et de jolies petites fleurs sur ses exercices de math, ok.

Madame instit avait donc insisté pour que nous inscrivions au plus tôt notre petite artiste en herbe aux cours de dessin qu’une association donnait tous les jours après le déjeuner.

Ce que nous fîmes aussitôt, voyant déjà Boudeuse à l’école des beaux arts.

Un mois plus tard, la responsable de l’association me convoquait. Elle avait dans son regard toute la pitié que l’on peut avoir pour des parents qui sont persuadés d’avoir fait un surdoué, alors que les tests indiquent un QI largement en dessous de la moyenne.

Et pour appuyer sa pitié, elle avait sur son bureau les œuvres de ma petite artiste. Boudeuse qui à 6 ans me dessinait les Aristochats dans toutes les positions possibles, Boudeuse s’était remise à dessiner d’affreux bonhomme patate. Et elle plongeait doucement vers les bonhommes traits.

J’ai donc demandé à Boudeuse si elle voulait continuer à prendre des cours de dessin, ce qu’elle a bien entendu refusé.

Les années sont passées, et nous avons continué à admirer les progrès de cette enfant qui pouvait en quelques minutes crayonner une merveille.

Arrivée en 5ème, Boudeuse a obtenu le premier prix d’un concours organisé pour toutes les classes de 5ème, je me souviens encore de ses larmes de joie.

En art plastique, elle se défendait mais sans plus. S’en était désespérant.

Ce le fut plus encore en 4ème et en 3ème où elle s’est coltiné quelque chose comme 6/20 de moyenne dans cette matière où elle aurait du exceller. Elle rendait à sa prof des dessins miteux, lorsqu’elle pensait à les rendre. Donc, lorsqu’elle a demandé la section art plastique pour le jour où il se pourrait qu’elle passe peut être éventuellement avec énormément d’efforts, un zeste de piston et si la chance lui sourit, en seconde, tout le monde a souri. Jaune. De toute façon, Boudeuse est restée plus d’une année sans même chercher à ouvrir son cahier de dessin, elle qui dormait pratiquement avec.

Mais Boudeuse, cette année, semble sortir de son coma profond. Bon ok, elle est juste à la phase sommeil léger. Celui où on rêve. Ce qui nous change de ses « je sais pas, j’ai pas envie, je m’en fou » des deux dernières années. Ne crions pas encore victoire, n’oublions pas qu’elle dormille toujours.

Elle dormille mais … en dessin, elle semble se réveiller.

Et c’est avec tout l’orgueil d’une maman qui revoit avec émotion sa douce artiste donner vie à des feuilles blanches que j’ai découvert ses toutes premières notes en dessin.

17-18-18-18. Sur 20.

Y’aurait-il une lumière au bout du tunnel ?

Posté par Kaliuccia à 10:57 - Nous - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 octobre 2007

Un week-end ordinaire

Vendredi soir, nous sommes sorties à … euh … beaucoup de filles (6 ? 7 ?) pour fêter le permis de Tonga Soa qui va se dépêcher de remonter dans sa voiture ! C’était super. Me suis couchée vers deux heures du matin et il m’a fallu la journée du samedi pour m’en remettre… y’a pas, je vieillis mal pfffffffffffffff !

Samedi, justement, Timousse était invité à un anniversaire au fin fond de la campagne. J’ai eu la bonne idée de demander à Rahan de venir avec moi … me serais plantée de direction, je n’avais pas du tout lu le plan que la maman nous avait laissé de la même façon que lui.

Les anniversaires, ça commence à me chatouiller sévère. Déjà, bonjour le budget. Timousse est invité à au moins un anniversaire par mois. Parfois, quatre anniversaires dans le même mois … MAIS ILS ONT TOUS FAIT LEURS GOSSES EN MEME TEMPS ! PAS POSSIBLE CA !!! En plus, je me demande si c’est vraiment bon pour eux. Les premières minutes, ils sont super contents de se retrouver. Et après … on passe notre temps à régler les disputes, confisquer LE jouet que tout le monde veut. Alors qu’il y a une tonne de jouets hein ! Mais non ! c’est CE jouet que les 5 monstres hystériques veulent absolument ! Ils s’empiffrent de bonbons, ils rapportent des sachets de bonbons (que je planque) et …  que je finis par dévorer par solidarité pour mon fils.

Enfin bref, nous laissons Timousse chez son copain pour

-         Dévaliser un magasin pour préparer Haloween.

-         Chercher les affaires d’hiver au box parce que le matin il fait 6° depuis deux jours C’EST QUOI CE BORDEL ??? (oups ! pardon ! un gros mot !)  Et moi, je n’avais que des tee-shirts, des panta courts et tout à coup paf ! c’est le pôle nord chez nous.

-         Acheter le gigot pour le repas du soir, nous avions des amis à dîner.

Le tout a été fait en 1 heure, moi je nous dis bravo. De retour à l’anniversaire, avons séché quelques larmes, réconcilié les gamins, interdit aux gosses de nous HURLER dans les oreilles, mangé des gâteaux et des bonbons, interdit aux gosses de courir dans la salle à manger, joué avec les petits, confisqué les jouets, rendu les jouets, bu du champagne, soigné des bobos …. Ben j’étais bien contente qu’arrivent les 18 heures !

Et en plus, au moment de partir, c’est l’horreur ! NOOOOOOOOOOOOOON ! ZE VEUX PAS PARTIR DEZAAAAAAAAAAAAA ! Et les copains, les petits cons de copains qui le narguent “et ben moi je reste là -eu ! mes parents ne sont pas encore arrivés –eu ! mais toi tu t’en vas –eu ! »

Ben justement –eu !, ton père arrive –eu ! merdeux –eu ! (bon ok, le merdeux, je l’ai juste pensé … mais le –eu, je l’ai dis –eu !!)

En rentrant, j’ai préparé le repas. Petits apéritifs concoctés par moi même je, fois gras, gigot au four avec pommes de terre et châtaignes ( ça change des haricots péteurs et ça vaut le coup d’essayer !)

Couchée à deux heures du matin. Tain j’ai plus l’âge pour ça moi hein !

Dimanche, à peine levée, direction la laverie. Rahan est allé faire quelques courses. Première lessive, le linge d’été. Café avec les copines. Rahan prépare le bateau pour l’hivernage. Séchoir. Café avec les copines. Retour at home, préparation du repas. Rahan bidouille son ordi.

L’après midi, devoirs avec les enfants. Rahan dors. Tri du linge d’hiver. Rahan bidouille son ordi. Tu gardes ? Tu gardes pas ? tu gardes cette horreur ???? mais non il est à moi ce petit haut ! COMMENT CA LE « S » EST TROP PETIT POUR MOI ???? Rahan est … mais où il est Rahan ??? Rahan est parti faire un tour avec son fils. Normal, y’a des fringues dans tous les sens, on ne peut plus circuler !

Ménage à fond. Rahan continue à préparer le bateau pour l’hivernage. Pose de piles dans les nombreux gadget achetés pour le 31 octobre….. Avec Rahan. 18 heures, retour à la laverie. Y’a un monde dingue, tout le monde s’est décidé à laver sa couette ! Et moi, j’ai tous les pantalons et les pulls qui attendent. Je prends une machine de 16 kg. Durant les 40 mn de lavage, je reviens au bateau pour préparer le pot au feu du soir. Rahan est au téléphone. Je le réquisitionne. Maintenant, je n’attends plus, je ne demande plus, je réquisitionne.

Retour à la laverie, **tain de ***del de *erde ! (ça fait trop de gros mots, peux pas les laisser là !) ils sont tous là à sécher leur linge !!!!! Mais ils n’ont rien d’autre à foutre un dimanche soir hein ???? Limite je me bats avec un pignouf qui tente de me piquer mon séchoir !

Déjà que j’ai attendu une heure que la dame se décide à plier son dernier putain de pull …

Et je poirote 50 mn à la laverie, parce que quand on a 16 kg de linge à sécher et un seul séchoir, ben ça va pas vite.

Pendant ce temps, Rahan termine la cuisson du pot au feu, donne la douche à Timousse.

Je rentre, tout le monde mange, tout le monde se couche.

Ah non, pas nous. Rahan … devinez ce que fait Rahan ? il bidouille son ordi. Et moi, je repasse 25 kg de chemises, de jeans, de tee shirt manches longues.

23 heures, le film catastrophe est terminé, mon repassage aussi. Je prépare tout pour me coucher avec un bon bouquin. Je pose mon bouquin sur mon lit, mes lunettes dessus. Je file prendre ma douche, ressors de ma douche, me sèche, enfile un pyjama anti froid (et aussi légèrement « tue l’amour »). Me hisse sur mon lit …. Craaaaaaaaaaaaaaac ! Me faut un temps pour comprendre, me faut un temps pour réaliser d’où vient ce craquement sous ma main … Et voilà. J’ai écrabouillé mes lunettes. Plus de lunettes. J’AI CAAAAAAAASSEEEEEEEEE mes lunettes !!!!

Folle de rage, je les pose sur la table, sous le nez de Rahan. « elles sont cassées ? » Vous savez, y’a rien que je déteste plus que ces questions à la con moi ! y’a une branche tordue, le verre cassé en deux, elles sont en deux morceaux et en plus j’ai bien séparé les deux morceaux pour que ça se voit qu’elles sont cassées, et il me demande « elles sont cassées ? »

Toujours aussi folle de rage, je le plante là (genre tout est de ta faute !!!) Et je pars bouder au lit. Mais qu’il est con avec ses questions à la con hein !!!!

Cinq minutes plus tard, il revient avec mes lunettes, l’a rafistolé comme il pouvait pour que je puisse quand même lire. L’est gentil, mais comme il a mit du scotch d’électricien blanc, je louche un peu. QUOI JE SUIS CHIANTE ????

Je sais pas vous, mais moi, y’a des week-ends, je préférerais encore bosser !

Posté par Kaliuccia à 12:42 - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 octobre 2007

Son coeur et sa tête.

En mars 2007, j’écrivais une note dont le titre était « les portes de son cœur » Je vous la recolle, en couleur, parce que je la trouve toujours aussi mignonne et qu’il y a une presque suite.

Allez hop ! ze mets mon secret dans mon cœur, et ze ferme la porte à clef clic !

.

Mais tu ne peux pas fermer la porte de ton cœur à clef !

.

Mais c’est pas grave maman, ce n’est qu’une porte ! mon cœur, il a beaucoup de portes ! Des portes pour l’amour, des portes pour les secrets. Et ze ferme zamais les portes pour l’amour à clef, sinon ze pourrais plus t’aimer et ze serais triste !

.

Tu sais maman, dans mon cœur, il y a une maison toute carrée comme ça. Pouce contre pouce, ses deux index perpendiculaires, trois pommes me dessine un carré à trois côtés.

.

Le haut, ze peux pas le dessiner, z’ai pas assez de doigt, mais on va dire que c’est le toit.

.

Ma maison, elle a des portes qui ferment à clef, de tous les côtés.

.

Mon cœur, c’est une maison à secret. Quand z’ai un secret, ze le mets dans mon cœur, et ze ferme la porte à clef clic ! pour pas qu’il s’éssappe.

Et puis mercredi soir, nous rentrions mon fils et moi de son cours de voile.

Timousse me récitait sa dernière poésie, me chantait la dernière chanson apprise, et me parlait des cinq sens, nouvellement abordés à l’école. Puis il est parti sur les planètes du système solaire, de la terre qui tourne sur elle même et autour au soleil … et je vous jure hein ! pas besoin de faire de voile moi, pour avoir la sensation de chavirer. Suffit que je me tape un bout de chemin avec mon fils et c’est bon, mon cerveau est en haute mer.

Ben tiens, parlons en du cerveau.

Toute ébahie (et pressée tout de même que Timousse parle juste un tout petit moins) je lui fais part de mon admiration sur tout ce qu’il arrive à retenir en si peu de temps.

Ben oui mais tu sais maman, z’ai mon cerveau, il est plein de tiroirs. Et ze les ouvre dès que z’ai besoin de quelque soze.

Si z’ai besoin de sansons, z’ai un tiroir à sansons, il s’ouvre dès que z’y pense. Si z’ai besoin de m’amuser, z’ouvre mon tiroir à idées comme ça, z’ai plein d’idées pour m’amuser. Si z’ai besoin de travailler, z’ouvre mon tiroir à réflessir, comme ça z’ai des 20/20. Si z’ai besoin de lire les mots, ze sors mon tiroir des ch et de j. comme ça, ze dis plus se et ze. (Ben oui parce que Timousse ne zozote pas quand il travaille, ni en classe ….) Et si z’ai besoin de faire des efforts, ze sors mon tiroir à me calmer comme ça, ze respire quand ze sens que ze vais m’énerver. Voilà ! mon cerveau il a plein de tiroirs.

Un cœur plein de portes, un cerveau à tiroir …. Je n’ose pas penser à ce que sera la prochaine partie de son anatomie ….

Posté par Kaliuccia à 16:43 - Nous - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Tonga Soa a son permis. Mais je la crotte quand même.

Il y a quinze jours, le principal a annoncé qu’il devait passer dans les classes hier soir, il fallait que chaque élève prépare un dossier avec tous ses bulletins depuis la sixième.

J’ai tout retrouvé tout les bulletins, j’ai tout classé, j’ai donné le dossier à Boudeuse.

Hier vers 15 h 30, message de ma fille.

« Maman, je n’ai pas mes bulletins, le principal passe tout à l’heure qu’est ce que je fais ? »

Ca, c’est tout ma fille ça. « Qu’est ce que je fais ». Sous entendez par là « qu’est ce que tu comptes faire pour me sortir de cette situation ? ». La faudrait que je sois Samantha, que de mon petit nez je me télé porte, ou que je fasse traverser l’espace aux bulletins qu’elle a oublié chez nous …

Les bulletins QUE JE ME SUIS FAIT CHIER A RETROUVER … elle a oublié.

Ben désolée, mais je ne peux pas. Alors je sais, vous allez me dire « laisse la assumer, ça lui servira de leçon gna gna gna». Je sais. J’ai essayé. Rien ne sert de leçon à Boudeuse. Il n’y a que sa tête qu’elle n’oublie pas. Et encore …. C’est parce qu’elle n’a pas le choix. Et en plus, c’est plus fort que moi, c’est en moi, je ne peux pas laisser mes enfants dans des situations pareilles. Il faut que je trouve une solution j’ai toujours ce besoin intense de les protéger quoi qu’il arrive et tant que ça reste en mon pouvoir.

Donc, j’appelle Rahan. Qui me répond d’une voix enjouée, j’entends son pas rapide et déterminé claquant sur le ponton, il est en train de rentrer chez nous.

-         Boudeuse a oublié des documents importants, est ce que tu pourrais les prendre et les lui déposer au collège ?

Et là, la petite Samantha est intervenue avec son joli petit nez à croquer, elle l’a secoué pour transformer la forme olympique de Rahan en un épuisement brutal et total …Salope de Samantha !

-         Oh non je suis crevé ! ça m’arrange pas, c’est vraiment important ? j’en peux plus j’ai eu une sale ..

-         Ok c’est bon laisse tomber.

Et je lui ai raccroché au nez. Et j’ai ajouté pour moi toute seule je me démerde COMME TOUJOURS ! Spèce d’égoïste qui ne pense qu’à lui ! m’énerve tiens !

Surtout que ne croyez pas. Ce n’est pas du tout parce que Rahan se dit que Boudeuse, elle nous pompe l’air à tout oublier comme ça et à nous faire courir dans tous les sens pour réparer ses oublis. Rahan, il ne se dit pas du tout que ça va lui servir de leçon. Rahan, il n’a pas envie et basta.

Très énervée, je demande à Boudeuse si elle pense avoir le temps de passer chercher son dossier chez nous. Mais ils ne la laissent pas sortir. Alors je lui envois un dernier sms, qu’elle n’a qu’à leur dire qu’elle a oublié le dossier, et voilà quoi. Ok, c’est tellement évident qu’elle devait dire qu’elle avait oublié son dossier, ok c’est vraiment la seule chose à dire dans ces cas là, mais Boudeuse, dans ces situations, si je ne lui dicte pas ce qu’elle doit faire, elle panique.

Hier soir en rentrant, j’étais calmée. Rahan qu’a du flipper sec que je fasse passer une terrible soirée à toute la famille m’avait envoyé un sms « Boudeuse n’a pas eu besoin de son dossier »

Le principal n’a pas demandé à le voir. Mais il nous fait chier ce principal à nous demander d’acheter des trucs à pochettes, de retrouver des bulletins, de classer ces putains de bulletins dans des trucs à pochettes ET DE MEME PAS VERIFIER SI C’EST FAIT !

Imaginez si j’avais menacé Rahan de vasectomie ? TU APPORTES LES BULLETINS A BOUDEUSE OU C’EST DIRECT LA CLINIQUE D’ABLATION !

Je vous jure, je lui collais un procès moi, au principal !

Donc, ultra calmée, je dis à Boudeuse « vraiment, tu n’as pas de tête ! »

Et vous savez ce qu’elle me répond ???? non mais vous savez ce qu’elle OSE me répondre ????

-         Ben toi aussi tu manques de tête ! tu aurais du me rappeler que je devais l’apporter aujourd’hui le dossier !

OHHHHHHHHHHH !

Je fusille aussitôt du regard un Rahan hilare dont les yeux me hurlent « ça t’apprendra ».

-         Dis moi Boudeuse ? tu as eu peur pendant tout le discours du principal ? tu as eu peur dis, qu’il demande à voir votre dossier ?

-         Oh oui ! j’ai tremblé pendant une heure en attendant qu’il se décide à passer dans les rangs et qu’il me le demande.

-         BEN C’EST BIEN FAIT !

Et Tonga Soa, je te crotte d’avance !

Posté par Kaliuccia à 10:53 - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 octobre 2007

Angoissée moi ?

Et bien oui, je suis quelqu’un de profondément angoissé. Les toutes petites choses de la vie m’angoissent. Je suis incapable de me maîtriser.

Cela va de pair avec ma difficulté à me réjouir à l’avance d’un heureux évènement à venir, et ce depuis toujours. Tellement j’ai peur qu’il n’arrive pas finalement. Enfin que ça ne se passe pas comme je le rêve, à cause d’impondérables … Et pour expliquer la chose, je n’ai aucun terrible souvenir de petite fille à faire pleurer dans les chaumières à vous raconter. Je suis comme ça.

Enfant, je me souviens que ça a commencé par l’attente de Noël. Que je savais être un merveilleux jour chez nous. Tout simplement parce que tout le monde était de bonne humeur, mon père était gentil et passait pas mal de nos bêtises d’enfants ce jour là. Un air de liberté flottait sur nos têtes. Mais ce jour là était si court … le plus court de l’année. Et dès le lendemain, j’avais un cafard monstrueux. La peur du lendemain, la peur de l’après m’a fait perdre toute envie de me réjouir à l’avance d’un jour particulier. Et les impondérables se sont ajoutés à la déprime du jour d’après.

Donc, j’occulte.

Et mes angoisses sont arrivées, avec leur cortège de « et si … ». Vous savez, ceux qui nous permettraient de mettre Paris en bouteille.

Le week-end dernier, j’ai pris le train (enfin le train … la micheline, le train à grandes vibrations) avec Timousse. Heure de départ à 8h25. La gare est à …. 3mn à pieds de chez nous.

Du moment où j’ai décidé de prendre le train ce samedi matin, au moment où nous nous sommes effectivement assis dans le train …. Tout ou presque m’est passé par la tête. Et pourtant, dans ce périple, il n’y avait rien de terrible … au pire, je prenais la route en voiture avec Rahan et Boudeuse et nous nous serions arrêtés toutes les demi heures pour laisser Timousse dégobiller sur le coin de la route.

Et pourtant.

Et si je ne me réveillais pas ? (trois réveils plus Rahan)

Et si nous mettions trop de temps à nous préparer ? (je prépare tout la veille)

Et si j’oubliais quelque chose pour le voyage ? (j’ai une liste depuis une semaine)

Et si je m’étais trompée en lisant les horaires (je vérifie au moins mille fois)

Et si je mettais trop de temps à acheter les billets et que le train parte avant que je n’arrive ? (impossible d’acheter les billets avant, donc je pars plus tôt)

Et si on se trompait de train (Putain y’a UN SEUL TRAIN dans cette gare !)

Et si il n’y avait plus de places assises ? (s’il tient à sa vie le petit con là, il laissera la place à mon fils)

Et si il n’y avait plus de place tout court ??? (Tain on parle du train de chez nous ! pas Lyon – Paris !)

Et si … et si ce jour là, il n’y avait pas de train ?????????? (ben je pars en voiture)

Ca frise le toc hein ?

Toutes ces questions, je me les suis posées pendant dix jours. A me terroriser le jour du départ. Et le jour J, dès que j’ai quitté notre chez nous avec mon fils, sur le minuscule chemin qui nous menait à la gare, ça se bousculait dans ma tête, et je n’ai pas desserré les mâchoires jusqu’à ce que nous soyons effectivement installés. (on va louper le train ! mais non j’ai une demi-heure d’avance ! y’aura pas de train ! je ne le vois pas le train ! mais où il est ce putain de train ?????) D’ailleurs, je stressais tellement que j’ai demandé à Rahan d’installer Timousse dans le train pendant que je payais au guichet ! (et même qu’il m’a envoyé un regard noir quand je l’ai supplié de demander au conducteur de m’attendre si je mettais trop de temps à obtenir mes billets)

C’est usant d’être comme ça. C’est usant d’être incapable de contrôler les vagues d’angoisse qui me submergent pour des petits rien parfaitement gérables. C’est usant d’être incapable de comprendre d’où peuvent provenir ces angoisses, c’est usant de s’angoisser quand on ne devrait que se contenter d’apprécier le moment présent.

Donc bien entendu, nous avons pu prendre le train. Nous étions largement en avance, le train était bien en gare, il était seul donc impossible de se tromper, le train était pratiquement vide. Non parce que en plus, comme c’était le jour du Rallye, et que le train passait sur une des étapes du rallye, je me suis même angoissée à l’idée que tous les fanas allaient décider de prendre ce putain de train le putain de jour où moi je m’y trouverais (donc plus de place !). En fait, ils sont tous partis en voiture.

Et le voyage était délicieux. Je n’avais rien oublié, Timousse a eu de quoi s’occuper tout au long du (long, très long) trajet.. Nous avons pu admirer les coureurs puisque le train est passé juste à côté d’une des étapes. De nombreuses voitures de course étaient même arrêtées par le train aux nombreux passages à niveaux, arrachant des hurlements de joie à mon petit homme, surtout lorsque les coureurs répondaient à son coucou. Il brandissait son fanion comme tout supporter qui se respecte.

Il y a une seule chose que je n’avais pas prévu dans ma longue liste d’angoisse. Comme s’il n’y avait plus de place dans mon cerveau pour penser à celle-là.

Il a fallu suivre (oui, je dis bien suivre) des cochons sur la voie de chemin de fer, il a fallu laisser traverser des vaches égarées, et pas pressées du tout ! il a fallu que le conducteur fasse le plein d’eau à toutes les gares, un réservoir fuyait  (et je n’ai pas voulu savoir à quoi devait servir l’eau de ce réservoir …en tout cas ce n’était pas pour les WC, y’avait plus d’eau dans les WC beurk ! ) il a fallu rouler à 10 km/h parce qu’ils changent les rails et que l’ancien train n’est pas tout à fait adapté (nous n’aurons les nouveaux que cet hiver normalement) il a fallu attendre à pratiquement toutes les gares que le conducteur discutaille tranquillement avec ses collègues : et ta femme comment elle va ? et le petit il a eu sa première dent ? et la grande elle passe son bac cette année ? tu regardes le match (la France se prendre une rouste) ce soir ? bon faut que j’y aille salut !

… OUI JE CROIS QU’IL FAUT QU’ON Y AILLE LA !

Du coup, au lieu de trois heures trente de voyage (pour faire 150km c’est y pas dingue ça ?) on a eu quatre heures trente de voyage.

Je n’avais pas du tout prévu que nous aurions une heure de retard.

Tain ! heureusement que je n’avais pas un avion à prendre juste après !

Posté par Kaliuccia à 11:59 - Nous - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 octobre 2007

Notion de bonne et mauvaise note

Hier soir, j’ouvre le cartable de Timousse, découvre son carnet de contrôle.

Le cœur battant, je le feuillette dans mon coin, en douce, comme une enfant qui aurait découvert le journal secret de sa maman planqué sous l’oreiller.

Et puis je reviens vers Timousse, sourire aux lèvres, son cahier dans les mains. Je suis fière de mon fiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiils !

-         T’as vu maman ? z’ai eu que des 20/20 ! et en poésie aussi z’ai eu 20/20 ! c’est une bonne note hein ?

-         Oui mon chéri, c’est une très bonne note ! je suis fière de toi, et tu peux être fier de toi aussi !

-         Oh ben oui hein ! heureusement que z’ai pas eu QUE 19/20 hein ! parce que 19/20, c’est pas bien, 19/20 c’est une mauvaise note !

Ben on n’est pas dans la merde, moi je vous le dis.

Et en plus, m’a fallu dix minutes pour réanimer Boudeuse.

Posté par Kaliuccia à 17:31 - Nous - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Un tour sur le bolide

Nous déjeunons tous ensemble le midi lorsque nous sommes en stage, et l’un d’entre nous vient de s’offrir une moto tellement énorme que les pneus, on dirait qu’ils sont lisses tellement ils sont gros. (Je ne sais pas pourquoi ça fait rigoler Rahan quand je dis ça, je vous jure que c’est vrai !)

J’adore la moto et ça fait des années que je n’en ai pas fait de moto. Le stagiaire, m’a souvent proposé de faire un tour, pour aller au restaurant par exemple, mais le hic, c’est qu’il n’a qu’un seul casque et à chaque fois le tour de moto me passe sous le nez comme ça zip !

Sauf mardi dernier. Mardi dernier, un autre stagiaire m’a gentiment laissé son casque. Et nous sommes partis déjeuner à une vingtaine de km de la ville.

Imaginez la scène.

-         Moi, la quarantaine bien plombée, en pleine crise d’ado (le premier qui se marre, je lui en colle une).

-         Le collègue qui prête son casque a un scooter. Donc un casque qui ressemble à tout sauf à un casque de moto, mille fois trop grand pour moi, une visière de merde, une sangle que je n’ai jamais réussi à resserrer

-         Le collègue qui a la moto, jeune fou d’une trentaine d’année bien tassée, célibataire, beau garçon … qui a du penser, je sais pas moi, que dans ma crise d’ado, je cherchais à m’offrir un petit jeune … et qui a tout fait pour me dégoûter à vie.

Toute contente, j’enfourche donc le bolide. Il m’explique que je dois poser mes mains sur le réservoir de la moto. Euh … t’as vu où il est le réservoir ? juste devant toi là alors ça voudrait dire que pour ce faire, je devrais me coucher complètement sur toi  … tes cornes oui !

Et il ajoute « si ça ne va pas, tu me donnes des petits coups, et je m’arrête »

Alors je m’accroche aux poignées bidules derrière moi. Et nous partons. Suis drôlement fière, et toute heureuse, une sensation de liberté m’enveloppe toute entière.

Nous sortons de la ville, il me crie « tu es prête ? » Prête à quoi ? Même pas le temps de terminer le fil de ma pensée que la moto fait un bond en avant. On a du dépasser le mur du son.

J’ai été tellement surprise que j’en suis presque partie à la renverse. Ma main droite à lâché une des poignées bidules à l’arrière, et s’est accrochée à ce qu’elle pouvait plus en avant. Bon je vous rassure, c’était son torse. Sauf qu’il était en chemise et que mes doigts ont glissés entre les boutons. Et je vous rassure encore une fois très vite, y’avait rien d’érotique dans ce geste, j’ai planté mes ongles dans son bide et je l’ai entendu hurler de douleur. ET NE DITES PAS LE PAUVRE !

Donc j’ai relâché la pression mais pas le torse. Une main devant, une main derrière.

Je me suis rappelée de ses conseils. Poser mes mains sur le réservoir. JE N’AI JAMAIS PU TROUVER CE PUTAIN (oups ! pardon ! un gros mot !) DE RESERVOIR !

Quand il accélérait, mon pantalon satiné glissait sur la selle et je me retrouvais projetée en arrière, agrippée de toute mes forces à sa poitrine. Quand il ralentissait ou freinait, mon pantalon satiné glissait sur la selle  (pas possible il a du la cirer juste avant !) et je me retrouvais plaquée contre lui … euh couchée sur lui à tel point que j’aurais pu prendre le guidon pour conduire moi même ! Et ma main gauche retenait tout mon poids sur le bidule à l’arrière.

C’est alors que mon cauchemar c’est transformé en mon pire cauchemar. Dans une de ses nombreuses accélérations, alors que ma main droite tentait désespérément de ne pas déchiqueter sa chemise et que ma main gauche se fondait sur le bidule de l’arrière … mon casque s’est barré.

Je l’ai senti partir en arrière, tomber sur ma nuque et la sangle qui normalement doit serrer le cou, cette putain (oups ! pardon ! un gros mot !) de sangle était sur mes yeux ! Là où une seconde avant se trouvaient mes lunettes de soleil qui elles, se sont complètement envolées.

Un malheur n’arrivant jamais sans l’autre, le fou rire me gagne, tellement je me sens ridicule tout d’un coup. Je lui donne des coups de ma main droite, (qu’il a, m’a t-il expliqué par la suite pas du tout senti … et si la prochaine fois je t’en colle une vraie ? tu la sentiras ???) je hurle entre mes hoquets de rire que j’ai un problème, UN PUTAIN DE PROBLEME … enfin je crois hurler parce que je me bidonne tellement qu’aucun mot ne sort réellement de ma bouche. Donc lui, il continue sa course folle.

Alors d’un geste désespéré, je lâche le bidule à l’arrière, et ma main gauche attrape le casque, le remet tant bien que mal sur ma tête, la sangle sous le cou, et je me dis « tain j’ai perdu mes lunettes de soleil, tain j’ai perdu mes lunettes de soleil, tain j’ai perdu … ah non !!! ELLES SONT LA ! elles étaient tombées juste entre nous deux. Bon là, me faudrait une troisième main, vu que les deux sont occupées. Mais le bon Dieu n’a pas eu l’idée de nous donner un peu plus de bras, le bon Dieu dans sa création, il n’a pas pensé qu’un jour Kaliuccia monterait sur un bolide avec un grand malade. Courageusement, je lâche mon casque, réajuste tant bien que mal mes lunettes sur mon nez …. Sans cesser de me bidonner une seconde.

Me voici donc nouvellement positionnée. Zouuuuuuuu je glisse en arrière … Main droite écrasant la poitrine du conducteur. Enfin son ventre plutôt. Enfin je crois. Main gauche posée sur le casque dans l’accélération, zouuuuuuuuuuuu je glisse en arrière …. ou agrippant le bidule à l’arrière en cas de brutale décélération, zouuuuuuuuuuuu je glisse en arrière . En ce cas, afin de maintenir le casque en position, je pose mon menton sous son épaule. Et je passe mon temps à me repositionner.

C’est là que me prend la grande idée de vérifier à combien nous roulons. Non parce que mine de rien, j’ai comme la sensation qu’on va vite là. La dernière fois que j’ai regardé le compteur, nous étions à 180. J’ai fermé les yeux très fort, me suis agrippée encore plus fort et ai pensé que je voulais revoir mes enfants. Et que j’allais le tuer, lui, une fois arrivés.

Quand nous sommes enfin arrivés, je me suis laissée tomber de la moto. Je riais tellement que je ne tenais plus debout. J’ai eu tellement peur que je ne tenais plus debout.

Au retour, j’ai pris son casque, ai posé mes deux mains sur le réservoir, et me suis couchée sur lui. Et il n’a pas dépassé les 100. Mais j’étais tellement crispée que …

Le lendemain, tous mes muscles me faisaient souffrir comme si j’avais passé la nuit à faire un marathon.

Alors quand j’ai expliqué à Rahan (ex motard) les raisons de mes douleurs, il a pas compris.

Et le prochain qui me propose un tour en moto, je l’explose sur place, histoire que l’envie lui passe. Suis trop vieille pour ces conneries (oups ! pardon ! un gros mot !)

Et puis le premier qui s’aventure à proposer à Boudeuse de lui faire faire un tour en moto, lui je le pulvérise.

Posté par Kaliuccia à 14:07 - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »