Au fil de l'eau

"Avant, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants."

29 novembre 2007

Plaisirs

Cet après midi, j’ai laissé mon fils à la voile. Le magnifique ciel bleu du matin avait laissé la place à un plafond bas et morose, menaçant.

Le premier qui me cause sécheresse cet été, je le pulvérise.

J’ai laissé ma voiture au club de voile, et suis repartie vers le centre ville à pied.

Je n’arrive pas à plonger dans la folie de noël. Peut être parce que les grandes surfaces ont sorti les jouets et décorations trop tôt cette année. En octobre !!! N’importe quoi hein ! Les catholiques n’avaient pas encore déposé leur gerbe annuelle que les allées prenaient déjà un air de fête.

Et nous passions indifférents des bougies mortuaires à la dernière voiture télécommandée.

Moi ça m’a fait un effet blop.

Peut être aussi que le climat ne joue pas le jeu. Le froid ne vient pas piquer mes yeux aux larmes, je ne rentre pas avec le nez de bozo, et je ne gratte pas mon pare brise le matin avant de partir au boulot.

Suis-je con ! depuis que je vis ici, j’ai jeté le grattoir. Y’a autre chose.

Parce que noël, c’est dans un mois. Et tous les ans, à cette époque de l’année, je suis déjà hystérique à compter les jours me séparant du moment où je vais pouvoir décorer mon chez moi. Et accrocher les calendriers de l’avent. Ben là, rien. Aucune excitation, aucune.

Ok, y’a une merde de mouette qui s’est écrasée sur ma jolie nappe il y a peu.

Mais pas d’affolement, je gère. Je vais trouver très vite le détachant. Bon ok ok, y’a plus d’une merde de mouette qui se sont écrasées sur ma jolie nappe. C’était une armée de mouettes d’ailleurs qui m’ont foutu de la merde partout sur ma jolie nappe bordel ! Mais je gère. Je vais gérer. Je suis capable de gérer, parce que j’ai décidé de gérer.

Alors peut être que toutes ces merdes à nettoyer, ça m’a fait oublier cette année mon âme d’enfant, mon côté ridicule (j’assume pleinement) et mon incorrigible passion pour cette honteuse fête commerciale qui a elle-même perdu son âme spirituelle.

Et puisque je parle du côté commercial, j’avoue (toujours sans honte) que j’ai déjà dévalisé la moitié d’un magasin de jouets et que ma CB a terminé dans le congélateur après avoir brûlé pendant des jours.

Mais je ne me sens pas portée par cette folie qui m’enveloppe tous les ans.

Donc aujourd’hui, après avoir laissé Timousse à son cours de voile, j’ai arpenté les rues de ma ville. Seule.

J’ai retrouvé une librairie dans laquelle je n’allais plus depuis des lustres. Et je m’y suis sentie bien. Tous ces livres amoureusement déposés, ici et là, sans ordre réel, une note de la libraire sur certains, le chat qui venait quémander des caresses, le dos rond contre mes jambes, la libraire interrogée par les clients qui trouvaient en un clin d’œil le livre qu’ils avaient la flegme de chercher… j’étais bien.

Je me suis fait plaisir, j’ai choisi pour mes enfants deux livres que j’aimais, tout en sachant qu’ils les aimeraient. Et ça, ce sont des cadeaux que j’adore faire. Sans piocher dans la liste de cadeaux dont la plupart me font horreur, j’ai fouillé ma mémoire et me suis souvenue de certaines de leurs questions. J’ai trouvé les livres qui pourraient apporter des réponses à certaines de ces questions. Et puis j’ai pris un autre livre pour Timousse, un livre à lui raconter dès ce soir.

A la caisse, une cliente attendait devant moi. Je ne l’ai pas remarquée de suite. Mais lorsqu’elle a tendu le livre pour l’enregistrer, j’ai senti combien elle avait du mal à s’en séparer, même quelques secondes. Elle a refusé le papier dans lequel la libraire comptait l’emballer « non merci, je vais le prendre comme ça ». Et en disant ces mots, elle a reprit son livre pour le serrer contre elle, avec les yeux pétillant d’une enfant qui vient de s’offrir son premier présent. D’un air complice, la libraire lui a proposé un marque page, et ce devait être le plus beau cadeau qu’on lui faisait depuis longtemps, si j’en jugeais par le sourire enfantin qui l’a rajeunie de dix ans. Elle est sortie. Je l’ai imaginée cherchant une table à la terrasse d’un café, commander un thé, et ouvrir son livre comme elle ouvrirait la lettre de l’amant qu’elle venait de quitter et dont l’odeur chaude courait encore sur sa peau. Et je l’ai trouvée belle.

Pour le coup, j’ai demandé trois marques pages différents à la libraire, et après une dernière caresse au chat ronronnant sur la caisse, je suis sortie avec la ferme intention de suivre cette femme. Je pensais m’installer non loin d’elle pour l’observer, pour me délecter du spectacle, mais elle avait disparu.

Cette rencontre qui n’en était pas vraiment une m’a confirmé cette sensation de plaisir que j’ai ressenti en entrant dans la librairie. Et de celui qui m’a envahie lorsque j’ai trouvé les livres que mes enfants aimeraient et que j’aimais. Alors j’ai continué mon chemin, et ai passé une bonne partie de l’après midi à faire les boutiques. J’ai fouillé, retourné, déplacé tout ce que je pouvais, jusqu’à tomber sur le petit quelque chose qui allait faire boum à mon cœur.

Et à chaque fois que j’ai trouvé, je pense sincèrement avoir eu le même sourire de petite fille que la lectrice de la librairie.

Je n’ai toujours pas la frénésie de noël, mais j’ai passé un merveilleux après midi, à me faire plaisir. J’adore ces petits bonheurs simples de la vie.

Les bras chargés de paquets, je suis retournée au club de voile et ai engouffré mes cadeaux dans le coffre de ma voiture. J’ai offert un des livres à Timousse, et ce sourire qu’il a eu en le découvrant, ce sourire c’était comme du miel sur une crêpe tiède. Je ne suis même pas pressée de leur offrir leurs cadeaux de noël, j’ai juste envie de retourner fouiller les trésors de nouvelles boutiques originales et de m’y faire plaisir.

Et peut être que je croiserais à nouveau cette femme qui m’a tellement touchée.

Aujourd’hui, il me semble avoir fermé la porte de la puérilité et de la frivolité pour ouvrir celle du plaisir.

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27 novembre 2007

Le côté obscur

Juste pour commencer, un petit historique vite fait.

Il y a quoi ? deux ans ? sur les conseils de Tonga Soa, j’ai ouvert un premier blog dans une autre rue. Avec d’autres optiques. D’autres besoins.

J’étais toujours dans une histoire difficile, très difficile. Et le mot est faible. Une histoire qui concernait de très près mon adorable Boudeuse, ado planeuse qui vient de loin.

J’avais besoin à l’époque de parler de notre histoire à nous deux, de ses répercussions sur ma vie de couple, de ses répercussions sur ma vie de maman d’un autre enfant. De ses répercussions sur nous tous. De ma culpabilité envers mes enfants.

Parce que l’histoire de Boudeuse était terriblement douloureuse, voire même totalement abominable par moment, et c’était un combat de chaque jour pour la sortir de l’enfer dans lequel elle était entraînée depuis ses 9 ans. Un combat qui me rendait tour à tour plus forte, plus fragile, plus virulente, plus défaitiste, plus hargneuse, plus conciliante, et mon blog m’a servi d’exutoire. J’ai déconné par moment, souvent même, j’avais besoin de hurler, et il m’a été très utile à ce moment là.

Quelque connasse m’a trouvé à l’époque pleurnicharde, toujours  à me plaindre de ce qui n’allait pas, quelque connasse a songé un temps à venir me secouer (je les attend toujours, que de la gueule)  parce que selon quelque connasse, aucun abus sexuel n’étant à dénoncer dans notre histoire, il n’y avait pas lieu de souffrir. Quelque connasse m’estimait indigne de la vie de princesse que je menais, sans même savoir l’apprécier.

Cela ne m’a pas touchée. Je me souviens de quelque connasse, parce que je n’ai pas compris et je n’aime pas quand je ne comprend pas. Et puis parce que je  ne donne pas de notes à la souffrance. Et notre souffrance était bien réelle, même si elle n’était pas physique. Il est tout aussi facile de détruire un enfant avec des mots. Et toute mère se fane de voir son enfant ainsi.

Cela ne m’a pas touchée parce que je pense avoir assez donné dans la souffrance, pour savoir apprécier le plus petit moment de bonheur que m’octroie la vie, et je sais même qu’à cause de cela, je peux sembler sans ambition. Cela ne m’a pas touchée, parce que c’est moi qui ai soutenu ma fille dans sa reconstruction, c’est moi qui ai réparé les dégâts occasionnés sur mon fils, c’est moi qui ai passé des années avec Rahan à faire de notre vie ce qu’elle est aujourd’hui. Donc je sais quelle valeur donner à ce que j’ai fait, à ce que nous avons fait. Je sais que ma fille revient de loin, je sais que ce qu’elle est aujourd’hui, elle le doit à son courage infini, et à l’amour absolu dont nous l’avons entourée. Et lorsque Rahan me dit que je suis une bonne maman, je le crois.

Je sais aussi que mes nombreuses remises en question nous ont aidés à nous en sortir tous.

Mon blog à l’époque (il y en eut deux dans la réalité) passait du sombre au délirant, au gré de mes humeurs. J’ai écris quelques notes qui étaient je pense, aussi éprouvantes à lire pour vous, qu’à écrire pour moi. J’ai pleuré sur ces notes, j’ai tremblé, ça hurlait dans ma tête tandis que je m’acharnais sur le clavier. D’autres notes étaient à l’image de celles que vous trouvez aujourd’hui sur ce blog, parce que j’aime toujours autant à rire de mes déconvenues en les relatant.

Mes anciens blogs m’ont apporté quelque chose de précieux. Apprendre à me confier. J’étais jusqu’alors incapable de le faire, portant un masque de tout va bien perpétuel, je n’avais aucune amie à qui confier ce qui me rongeait de l’intérieur. Jusqu’au jour où je suis tombée derrière le masque.

Mes anciens blogs m’ont appris à me confier à mes ami(e)s, mes anciens blogs m’ont fait rencontrer de nouv(elles)eaux ami(e)s, qui sont à leur tour devenus mes confidents.

Aujourd’hui, j’ai créé ce blog. Plus léger, plus futile, sans vraiment de consistance, ne représentant qu’une partie de moi, celle qui va bien. Bon en fait, je vais bien.

Juste, il m’arrive de préparer une table magnifique, avec les couverts en argent et la porcelaine blanche, les verres en cristal et la nappe filée d’or, et splash ! une grosse merde de mouette vient s’y écraser violemment. Comme tout le monde quoi.

Jadis, j’aurais gardé le sourire et attendu la nuit, son silence et sa solitude pour m’effondrer.

Hier, j’allais le raconter sur mon blog pour faire pleurer mes lecteurs et y chercher le réconfort dont j’avais besoin.

Aujourd’hui, j’appelle mes ami(e)s. J’y trouve le réconfort et parfois même la solution qui m’échappait. Aujourd’hui, je ne suis plus l’oreille qui va bien et qui écoute les malheurs des autres tout en étouffant les siens. Aujourd’hui, je suis l’amie qui donne autant qu’elle reçoit, en écoute et en réconfort (enfin j’essaie).

Et cela me suffit.

Alors je suis consciente que pour ceux qui me lisent depuis longtemps, ce revirement doit perturber. Et j’en suis désolée.

Je me doute que je dois sembler moins « attachante » sur ce blog que dans l’autre, parce que je suis rarement sérieuse. Je me doute que mes enfants même peuvent sembler moins « attachants » pour ceux qui les découvrent ici que pour ceux qui ont connu une partie douloureuse de leur histoire. Je me doute qu’il y a moins d’émotion.

Je me doute qu’on a moins envie de nous serrer dans les bras et de nous dire en nous caressants doucement que c’est fini tout ça, tout ira bien maintenant.

Je suis consciente qu’on passe moins par ici, qu’on se sent moins interpellé, pas du tout ému parce que tout peut sembler superficiel  … je savais pertinemment ce que je faisais en créant ce nouveau blog et en lui donnant ce nouveau visage qui n’est, il est vrai, qu’un profil de ce que je suis vraiment.

Mais ce blog reste moi tout de même. Il y a un peu de mon côté obscure, mais pas tout. Il y a surtout du puéril, du léger, et j’aime aussi ce profil qui montre combien je ne me prends pas au sérieux. Et combien j’aime la vie, mes enfants, mon compagnon de vie.

Je me refuse à raconter ici ce qui m’angoisse au point de ne pas trouver le sommeil. Je me refuse à venir panser ici des blessures qui pour certaines ne se refermeront jamais.

Je sais que beaucoup ne me lisent plus, ne me commentent plus tout simplement parce qu’ils se disent que je vais bien, je n’ai pas besoin d’eux. Et gardent leur énergie pour ceux qui en ont besoin. Et je les admire pour cette générosité. Ils ont raison, même s’ils me manquent parfois, mais ils ont raison de penser que je vais bien. Il tombe parfois une merde de mouette sur ma jolie nappe, mais vous n’en saurez rien, j’utilise le lave linge de mes ami(e)s, celui qui est toujours disponible pour moi. Vous n’aurez que mes sourires, c’est mon cadeau à moi mais vous n’êtes pas obligés de l’accepter.

Et je suis sincèrement désolée, j’ai presque envie de demander pardon à ceux qui restent sur leur faim, mais je ne peux pas donner plus.

J’en reviens à la première citation que j’ai retenue en rentrant dans l’adolescence, « il vaut mieux traiter du rire que des larmes, parce que le rire est le propre de l’homme ». ( C’était plus rigolo en vieux Français)

Et ce blog reste moi. Futile et désordonnée, ce qui est une des caractéristiques les plus frappantes de mon caractère. Ce qui me fait m’aimer ;-)

Posté par Kaliuccia à 14:53 - Nous - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Un samedi en vrac

       Samedi matin.

Boudeuse traîne pour se lever, traîne pour déjeuner, traîne pour se doucher, traîne pour s’habiller … et là voilà un peu avant midi, plantée devant la glace à s’épier sous toutes les coutures. Elle l’aime tellement cette glace que je l’imagine bien demander à ce qu’on l’incinère avec elle au jour de sa mort.

Rahan, qui a du lui demander mille fois pardon pour passer et repasser entre elle et son meilleur ami, parce que bon, cette glace en plein pied est quelque part en face du passage principal de notre home, Rahan donc finit par souffler d’un air moqueur une remarque que j’ai pour ma part entendu maintes et maintes fois lorsque j’avais l’âge de ma fille «Tu vas finir par l’user ce miroir … »

Je dois dire que j’ai toujours trouvé cette remarque profondément débile. Comment, d’un simple regard, aussi insistant et appuyé soit il, comment pouvais-je user de mes yeux un truc solide. Que mes yeux « s’usent » à rechercher dans la pénombre mon reflet dans le miroir, je veux bien l’imaginer. Mais que mon miroir s’use parce que je le regarde … (sauf que bon, fut un temps, mes parents ont réussi à me fiche la pétoche, parce que fut un temps, j’y ai cru moi, que je pouvais l’user ce miroir !)

Rahan souffle donc à Boudeuse «  Tu vas finir par l’user ce miroir, à force de passer ton temps à t’y admirer »

Ce à quoi, sans frétiller, sans même détacher ses yeux de l’image que lui renvoie son meilleur ami, ce à quoi Boudeuse lui répond « ben moi au moins, j’ai quelque chose à admirer ! »

Samedi après midi, petite promenade avec Timousse à la campagne, entre les gouttes.

-         Souette maman ! ze me souviens, c’est là que ze suis venu avec mes copains du centre aéré la dernière fois !

Nous nous promenons, ramassons les premières brindilles qui vont nous servir à la confection de fagots pour noël …

-         Oh regarde maman ! (un arrêt) tu vas pas rire de moi si ze te dis un secret hein ?

-         Bien sur que non Timousse !

-         (Ton de conspirateur) ben c’est là que z’ai fait l’amour avec ma copine.

Le choc m’est arrivé en pleine poitrine. Le bonbon acidulé que je faisais durer depuis quelques minutes est venu se loger au fond de ma gorge, et y est resté coincé. Durant d’interminables secondes, j’ai cru que j’allais mourir là, sous les yeux de mon fils, étouffée. Sur ma tombe serait inscrit laconiquement « morte par excès de gourmandise ». J’ai réussi à expulser l’intrus tant bien que mal, et les yeux pleins de larmes, les joues rougies par l’effort, je demande à Timousse d’une voix de petite vieille chevrotante :

-         C’est là que tu as fait quoi ?

-         T’es en colère maman ?

-         Pas du tout ! j’ai avalé mon bonbon tout rond (je viens d’échapper à un infarctus mon petit d’homme ! tu étais à deux doigts du matricide là !) Tu as fait quoi ?

-         Ben c’est là que z’ai fait l’amour avec ma copine ze te dis ! tu entends rien ou quoi ?

-         Si si, j’entends bien. (et là, je fais un effort surhumain pour parler calmement, surtout ne rien montrer, parler l’air de rien comme si nous regardions les petits oiseaux, les petits oiseaux faire l’am…. NOOOOOOOON !) mais tu sais ce que c’est faire l’amour ?

-         Ben oui hein ! (pffff ! quelle nouille cette maman, va falloir que je lui donne un cours d’éducation sexuelle !) on s’embrasse sur la bouche !

-         (J’ai autant de mal à cacher mon soulagement) mais ce n’est pas ça faire l’amour, ça c’est s’embrasser simplement (oh putain ! mais qu’est ce qui m’a pris de lui dire ça moi !!! maintenant il va me demander « Ah bon ? alors c’est quoi faire l’amour ? » et j’ai pas du tout préparé ça moi ! je ne suis pas préparée, pas déjà !). Donc ne dis pas que vous avez fait l’amour (je vous jure que ça m’écorche la bouche de dire ça !)

-         Ah bon.

-         Ah bon ?

-         Ben oui, z’ai dis ah bon.

-         Et …. Et juste ah bon ?

-         Oui oui, juste ah bon. On s’est embrassé.

En rentrant le soir, je coince Rahan dans un coin et (non, vous affolez pas, je ne lui ai pas arraché tous ses vêtements pour lui sauter dessus obsédés que vous êtes !) et je lui dis

-         Tu as du boulot, ton fils va bientôt avoir besoin d’une conversation sérieuse sur la sexualité, je te l’envoie dès que ses questions se précisent.

-         Une conversation sur quoi ?

-         Tu m’as très bien entendue. Tu es le père, c’est ton chromosome qui a décidé que notre enfant serait un garçon, donc t’assumes ton chromosome.

                                                                        

Posté par Kaliuccia à 10:41 - Nous - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 novembre 2007

Oh là là là là ! je suis en retard !!!

Vendredi soir.

Rentrée tard tard tard, très, vraiment très tard du boulot. Je suis sur les rotules, la semaine a té difficile parce que courte donc condensée.

Je n’aime pas du tout le look de l’enveloppe qui m’attend sur la table. C’est drôle hein, il y a des enveloppes, elles vous parlent par leur trop grande sobriété. Elles vous en disent plus sur leur contenu par un manque total d’information que si elles indiquaient le nom et l’adresse de l’expéditeur. Une enveloppe porteuse de mauvaise nouvelle, elle n’est pas rose bonbon, avec des petits arcs-en-ciel dans tous les sens, des nounours qui dansent, et des étoiles multicolores. La seule chose qui nous permette de ne pas la confondre avec un faire part de deuil, c’est qu’elle est blanche, elle.

Alors ok, en la recevant, on va se dire qu’il n’y a pas mort d’homme. Mais elle reste porteuse de mauvaise nouvelle.

L’annonce de trois retards en trois mois, non justifiés. A 8h, 10h, 11h. Un par mois. Un peu plus tard dans la journée à chaque fois. Un bon rythme non ? Le premier, je le connaissais. C’était d’ailleurs une des raisons d’un de mes derniers pétages de plomb avec Boudeuse. Apprendre « par hasard » qu’elle était en retard. Faut croire que rien ne lui sert de leçon.

Là, c’est encore pire, j’apprends par le collège qu’elle a été en retard à deux reprises. Je rentre dans sa cabine, le papier brandit comme une hache de guerre déterrée. « Et là, tu vas encore me dire que les parents ne doivent pas justifier les retards de leurs enfants ? »

Boudeuse lit la lettre les yeux écarquillés par la surprise.

- Ils n’ont pas le droit !

- Ils n’ont pas le droit de quoi ?

- Ils n’ont pas le droit de changer les règles sans me prévenir.

Ben oui, faut savoir que Boudeuse, c’est Dieu. Si tant est que nous estimions que Dieu n’est pas un homme. C’est vrai quoi ! Qui peut me dire comme ça, sans ciller d’un iota, qui peut me dire sans mentir que Dieu est un homme ? Qui l’a rencontré dans son plus simple appareil pour me l’affirmer hum ?

Donc, Boudeuse, c’est Dieu.

Rien ne doit être décidé, choisi, envisagé, sans son approbation expresse, que ce soit chez nous ou au collège. Chez nous, c’est la musique que nous écoutons, les amis que nous recevons ou qui nous invitent, le programme télé du soir qu’il nous est interdit de décider sans l’avoir consultée au préalable, même si elle ne le regarde pas, et pire, sans avoir son accord. Ben au collège, c’est le règlement qu’ils n’ont pas le droit d’appliquer ou de modifier si elle n’a pas été avertie par lettre recommandée A/R huit jours avant la décision, cachet de la poste faisant foi.

Donc, Boudeuse a « oublié » de me dire qu’elle avait de nouveau été en retard au collège, et cette fois ci en inter classe, donc ça veut dire qu’elle discutait avec ses copines de sujets vitaux « t’as vu comment il m’a regardéééééééééée  ??? » (j’ai eu 15 ans hein !) au lieu de se rendre à son cours. Boudeuse a bien entendu tenté de me persuader que c’était IM-PO-SSI-BLE d’être à l’heure avec tout le remue ménage qu’il y avait dans les couloirs au moment de l’inter classe. Que même elle en avait discuté avec sa copine première de la classe, qui elle-même « et tu vois maman, elle est bonne élève elle ! » reconnaissait que ça relevait de l’exploit d’être à l’heure au cours suivant quand il fallait traverser une marée d’ados mous comme la mie de pain. Elle a presque réussi à me convaincre, jusqu’à ce que je lui demande si donc, toute sa classe s’était tapé un retard non justifié sur le carnet de liaison ces jours là.

Là, elle a baissé les bras devant autant de mauvaise volonté de ma part, elle a renoncé à expliquer à sa mère bornée et incompréhensive les malheurs d’une élève de troisième en inter classe. « Tu peux pas comprendre ! ».

Mais mais mais, la discussion ne devait pas s’arrêter là, pas question. Faut pas que déconner hein !. Je lui demande si elle a bien compris tous les termes de la lettre. Qu’elle vient de perdre deux points et demi sur la note de vie scolaire, que cette note compte dans la moyenne générale, ET QUE CE SERAIT PAS DU LUXE QU’ELLE AIT LA MOYENNE AU MOINS DANS UN DOMAINE ! que la prochaine fois, elle est colée, qu’elle peut même avoir une sanction encore plus « grave », et que je suis invitée à contacter le surveillant du collège pour discuter de son cas.

- Oui maman, j’ai bien compris. Mais j’ai seulement oublié de t’en parler, on ne va pas en faire toute une histoire.

- Ok, tu as oublié.

Moi j’aime bien cette faculté qu’a Boudeuse d’oublier ce qui est intéressant d’oublier.

- Ben oui, j’ai oublié.

Cherche moi bien ma fille

.

- Et bien tu vas par la même occasion oublier l’utilisation de l’ordinateur pendant une semaine. Week-end suivant compris.

Larmes, regard tueur, larmes, porte fermée, larmes, téléphone à copine.

Pas besoin d’écouter pour savoir quelle lui raconte l’infamie subie et l’injuste punition qui en découle.

Et la voilà qui revient vers moi, les yeux rougis, et son corps tremblant de colère « maman, j’ai bien raison, le collège n’a pas à vous informer de nos retards. »

J’explose de rire. Jaune le rire.

- Parfaitement maman, les retards sont des problèmes qui doivent se régler entre le surveillant et l’élève. Les parents n’ont pas à justifier, le collège n’a pas à contacter les parents pour les prévenir.

- Boudeuse, tu commences à me faire chi….  (c’est à ce moment que je remarque le portable qu’elle serre dans sa main crispée, que je comprend que son amie est toujours en ligne, et qu’elle va m’entendre gromotter la copine au bout du fil. Elle va même m’entendre exploser hystériquement la copine. Et moi, j’ai une réputation à entretenir. Je reprend alors d’une voix ferme mais sans hurler) Boudeuse, tu commences à m’enquiquiner avec cette histoire. Tu as quinze ans, donc tu es mineure, donc je suis responsable de tes actes, donc quand tu es absente ou en retard, je dois le justifier. Si je ne suis pas en courant de tes retards ou de tes absences, le collège se doit de m’en informer, la discussion est close. Tu es en train de bouffer tout ton forfait en laissant ta copine écouter notre conversation au bout du fil, tant pis pour toi, tu n’auras pas de rallonge à la fin du mois.

Pour une fois, le conflit n’a pas tourné au drame, Rahan n’a pas eu à retirer la tête de ma fille du four dans lequel je ne l’ai pas précipitée, Rahan n’a pas eu à nettoyer le sang sur les murs, Boudeuse est retournée faire ce qu’elle fait de mieux en cas d’opposition : bouder.

Dimanche midi, nous étions invités à une oursinade organisée par le club de voile de Timousse. Nous nous y rendons en famille au grand désespoir de Boudeuse qui serait bien restée seule à grignoter des chips et des pizzas, même si elle adore les oursins.

Arrivés au club, nous sommes reçus par le moniteur de Timousse. On se fait la bise, Timousse se jette dans ses bras pour lui faire la bise je présente Rahan qui lui serre la main, je présente notre ami qui nous accompagne, je présente … ben où elle est ? mais où est passée Boudeuse ? on a perdu Boudeuse ??? on l’a oubliée ?

Ben non, Boudeuse, elle se cache derrière Rahan, désespérément. Je suis morte de honte. Merde ! elle n’a plus trois ans à se planquer derrière les plus grands pour refuser de dire bonjour aux inconnus ! Rahan se déplace sur la droite, Boudeuse le suit dans le mouvement en s’agrippant à lui. Rahan se déplace sur la gauche, Boudeuse le suit dans le mouvement en s’agrippant à lui. Rahan fait mine de se déplacer sur la droite, Boudeuse le suit et hop Rahan fait un bond sur la gauche, Boudeuse est découverte.

Elle a pâli, j’ai bien vu qu’elle a pâli, et maintenant, elle est rouge pivoine. Au moins autant que moi qui ne sais comment excuser le comportement gamin de mon ado. Je m’adresse alors au moniteur

- Et bien je te présente …

- On se connaît ! Bonjour Boudeuse !

Moi je reste très con. Nanméo ???? c’est quoi cette histoire ? elle n’a jamais fait de voile Boudeuse, elle n’a jamais voulu faire de voile, comment est il possible qu’un moniteur de voile la connaisse sans que moi je le sache !!!!

Et vous savez ce que je fais ? je lui pose une question très con à Boudeuse, mais très très con.

- Tu as fait de la voile avec lui ? (Et tu ne me l’as jamais dit ? tu as fait de la voile en cachette ? je vous avais dit que j’avais posé une question très très con !)

Et le moniteur, mort de rire, certainement tout autant devant l’air effaré de ma fille que devant le mien interloqué, le moniteur s’en va.

Je regarde Boudeuse, le moniteur s’éloigner, « mais ! mais ! » un nouveau regard sur Boudeuse, le moniteur qui s’éloigne, « mais, mais ? » J’en bégaye, j’en bafouille, je cherche mes mots, « mais comment tu peux le connaître ???? »

Et là boudeuse, dans un rictus qui pourrait ressembler à un sourire forcé, Boudeuse me siffle entre ses dents « C’est le surveillant du collège maman ! celui qui note mes retards sur mon carnet de liaison ! C’est une vrai peau de vache, et tu lui fais la bise en plus ! ET IL M’A FAIT LA BISE !!!! t’imagines si mes copines apprennent ça ????»

Dimanche, j’ai passé une journée excellente. Les oursins étaient délicieux, ils nous ont même fait griller quelques succulents rougets. Quelques amis nous ont rejoint pour déjeuner, l’ambiance était vraiment très sympathique. Boudeuse s’est gavée d’oursins pour oublier l’affront, pour ne pas trop penser à ce que nous allions nous raconter, le moniteur de voile / surveillant du collège et moi …. Et nous avons parlé, après le repas, des retards de Boudeuse.

C’était très instructif.

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23 novembre 2007

Des coms et des notes

Ce n’est pas souvent que je fais une note en réponse à une autre note d’un autre blog, mais là je suis un peu obligée, sinon le proprio du blog, si je lui colle un com qui aura la couleur d’une note, il va finir par me bloquer !

Je rigoooooooooooooole !

Je parle de psyblog, blog de psy comme vous voulez. Un blog que je lis depuis sa naissance (du blog, pas du proprio, l’est plus vieux que moi le proprio gniark !) , et comme en plus je suis assez fidèle, que je continue à lire.

Et là, pif paf pouf ! deux notes d’un coups d’un seul sur les coms, les réponses ou non réponses aux coms, les mails qui suivent les notes qu’il écrit, des mails de toute sorte, parfois hélas injurieux …. Ok je sais, j’ai toujours été nulle en résumé, allez donc lire ses deux notes « un petit peu ennuyé » et « je suis candide. » ici : http://psyblog.blogs.psychologies.com/blog_de_psy/

J’ai commencé à lui répondre, et puis je me suis vue partir dans tous les sens, en longueur mais aussi en gros mots … ça va faire tâche sur un si sympathique blog.

J’ai commencé à lui répondre, parce que d’abord émue, ensuite surprise, je suis finalement tombée dans un très très grand agacement. Pour ne pas dire autre chose.

Et j’ai envie de poser une grande question : c’est quoi ce bordel ?

Bon je ne me fais pas l’illusion d’être une redresseuse de torts, tu es un grand garçon, tu es assez grand pour te défendre tout seul, et je réagis là en tant que bloggueuse.

Psyblog, de toi à moi, comme je te l’ai dis, tu aurais arrêté ton blog, bloqué les coms, fait une pause, tu aurais gagné une chose : tu m’aurais fait chi-er.

Oui, tu as beaucoup de coms, oui tu es très lu, et j’ose ajouter oui, c’est tant mieux.
Après on a tous notre politique de coms, (je réponds, je réponds pas, à tout le monde, à certain), et franchement aucune ne me choque. (en fait, j’avoue je m’en tape un peu.) Et puis à un moment, faut s’arrêter hein sinon t’imagines, on ne passera jamais à autre chose ! je réponds tu réponds je réponds tu réponds ….. jusqu’à la nuit des temps.

Moi j’ai décidé de répondre à tous mes coms, et ça me regarde. Sauf sur des notes qui me sont douloureuses, c’est ma façon à moi de conjurer mon malheur, ma douleur. Les coms laissés me touchent, j’apprécie le soutien énorme qu’ils m’apportent, mais je ne réponds pas. Et j’emmerde les pas contents. C’est donc à ce stade de mon com que j’ai décidé d’en faire une note parce que bon, la moutarde s’en vient chatouiller mon nez. Et c’est pas trop le moment.

Donc donc donc, moi je réponds à mes coms. Et j’emmerde les pas contents pour les exceptions.

Mais bon. Comparons ce qui est comparable aussi. De la valeur de mes notes par rapport aux tiennes. Oula ! surtout que personne ne rebondisse sur ce que je viens de dire, ce n’est pas que je me dénigre. Mais soyons sérieux ! Justement, moi je le suis rarement. Mon blog me sert à expulser un trop plein de tensions, des situations mal vécues que je tourne en dérision pour en enlever tout le négatif. Toi c’est plus profond, ça demande bien souvent une longue réflexion, enfin bon ça n’a rien à voir.

Donc pour la millième fois, il m’est très facile de répondre à des coms qui restent dans la légèreté de mes notes. Alors que quand je lis certains coms chez toi, je me dis souvent « ben là, il est pas dans la merde s’il veut répondre à ça ! » Donc, (tain faudrait que je trouve vite un synonyme) il est vrai que les coms chez toi, ben c’est pas toujours possible d’y répondre. Des fois tu as juste des témoignages, et que dire en réponse à un témoignage ?

Rien. Parfois, je préfère et de loin un silence compréhensif qu’à une putain de psychologie de comptoir à deux balles qui viennent polluer pas mal de discussions.

Ou alors pour apaiser les susceptibilités de certains / certaines, tu vas laisser un com nul « je t’ai lu » vont être content comme ça non ? Ahhhhhhhhhhhh il m’a lu !!! et en plus il le dit ! Eh oh, sans déconner, faudrait peut être grandir là. Pas toi. Les susceptibles.

Maintenant, si tu n’as que ça à faire, je te souhaite bien du courage pour passer tes journées à répondre à tous les coms et mails qui te sont envoyés après chaque note. Tu laisses tomber ton boulot, ta femme et tes enfants et petits enfants, tes amis, ta vie non non ! tu me poses ce bouquin de suite t’as plus le droit de lire ! et tu passes 24 h sur 24 sur ton ordi. Allez hop ! au boulot ! non ! pas de pause pipi ! y’a truc qui attend une réponse à son mail là !

Deuxième point qui m’a énervée : les mails d’insultes.  Moi, je n’ai jamais reçu de mails d’insultes anonymes (et c’est pas une raison pour venir vous défouler sur ma boite mail pour la bonne raison qu’elle ne sert que pour le blog cette boite …). Mais moi, je ne suscite aucune jalousie.

Ah si, peut être à un moment, j’ai eu à faire à des jaloux … sur l’autre site. Parce que certains, ils viennent chez toi, ils comptent les coms et les visites que tu as, et si tu as plus de 5 coms par note et plus de 20 visites par heure, ça y’est t’es « populaire » et paf ! on te le balance dans les dents que t’es « populaire » comme si c’était une maladie honteuse, allez hop ! dix je vous salue Marie pour expier !

Alors oui, fut un moment où on m’a dit (on étant des cons chacun le sait) que ma popularité me montait à la tête. Mouarf ! juste avant d’écrire cette note, je suis allée voir comme ça, pour appuyer mes dires, les passages par jour … une moyenne de 100 personnes. Ben j’appelle pas ça de la popularité moi. J’ai des habitués comme tout le monde, qui passent souvent, et je suis heureuse de les savoir auprès de moi dans les moments durs comme dans les heureux.

Toi, tu es un psy, dans une rue de blogs de psycho … ben normal, ça attire. Donc beaucoup de monde passe. Et repasse. Et reste. Alors les mails d’insultes, et bien ils sont dictés par un des péchés capitaux, l’envie. Ce qui montre bien combien certaines personnes peuvent être salement atteintes, incurables, doivent s’emmerder dans leur toute petite vie minable où il ne se passe rien, et passent leur temps à balancer des mails anonymes parce qu’ils n’ont même pas les couilles d’assumer. Pshit ! poubelle !


Nous en arrivons donc à la rançon du succès, que tu es en train de payer lourdement, à  croire que dès qu’on est aimé, ça fait chier. Remarque, quelque part, c’est ton boulot, tu dois savoir si c’est grave  à ce stade là, de compter le nombre de coms chez truc, de vérifier si chez bidule, on est passé plus souvent que chez machin. Bon bon ça va, je rigooooooooooole ! Mais sérieusement (oui je jure d’essayer) quand je vois que ça devient méchant à ce point, je me dis que je retombe en enfance, en classe de … allez, CE1 où les cancres se mettent à haïr le premier de la classe.



Bon, je ne vais pas parler de tes notes, qui pour certaines, parce qu’elles touchent à des sujets encore tabous, doivent déranger. Déranger des personnes qui ne lisent pas le message que tu tentes de faire passer, mais lisent en diagonale. A la limite, je peux presque comprendre que ces personnes interprètent mal tes notes parce que la douleur les aveugle, parce que le traumatisme subit est encore trop vivace. Je ne suis pas douée en analyse comportementale et ne m’y risquerais donc pas.

En conclusion, j’ai envie de dire que nous avons tous créé des blogs pour des raisons qui nous appartiennent. Nous crions haut et fort nos besoins de liberté et parfois certains d’entre nous dérapent parce que ben cette liberté, on la réclame, mais on ne l’accorde pas aux autres.

C’est vrai qu’écrire une note qui nous tient aux tripes, parler d’un sujet qui nous tient à cœur, venir voir le lendemain, le surlendemain et les jours d’après si quelqu’un est passé réagir et s’apercevoir que rien, pas un commentaire, rien, le vide, ça doit faire mal. Mais ça doit s’arrêter  à cette douleur qui n’est que passagère et se dire que nous aussi, il nous arrive de lire des blogs sans commenter.

C’est vrai que parfois, nous laissons des coms ici et là, et revenons un peu plus tard vérifier si on a été lu, parce que on est persuadé d’avoir dit un truc ultra intéressant qui mérite rebondissement. C’est vrai que le silence du propriétaire du blog peut être parfois mal compris. C’est vrai aussi qu’on peut se dire « oh ben merde alors ! le con ! il a répondu à bidule et pas à moi !!!!  persooooooooooooooonne ne m’aiiiiiiiiiime ! » Crois pas, ça m’est arrivé tout plein de fois de ressentir ça (et pas que chez toi) et je n’ai même pas honte de le dire.

M’enfin ça doit s’arrêter là quoi. On n’a pas besoin d’aller régler ses comptes méchamment pour ça.

C’est un peu comme avoir envie de balancer son nourrisson braillard par la fenêtre … et passer à l’acte. Y’a un petit truc dans notre cerveau qui fait que ça reste une pensée fugitive, ou qu’on passe à l’acte. Y’a ce petit quelque chose en nous qui nous fait humain, et qui va nous faire ronchonner « merde psyblog, l’a pas répondu à mon com ! chier merde ! il déconne lui ! » mais qui sera très vite oublié, parce que dans le fond, ce n’est pas bien grave.

Et ce n’est pas pour ça qu’on va aller jusqu’au bout de la non maîtrise de ses émotions, en balançant des remarques bêtes et méchantes, des insultes, tout ça parce que notre petit égo n’a pas été caressé dans le bon sens ce jour là. Nous sommes adultes !

Nous sommes pour beaucoup des écorchés vifs de la vie. Et bien justement, nous savons combien chaque écorchure peut nous tourmenter. Raison de plus pour ne pas écorcher les autres .

Faut il que je t’aime, psyblog, pour avoir pondu une note aussi longue avec un clavier aussi merdique ! t’as intérêt à venir la lire et à commenter « ok, je suis venu, j’ai lu » ! ! Ca mérite bien ça (en même temps, je vais pas avoir l’air con si tu ne passes jamais !)

Posté par Kaliuccia à 17:32 - Commentaires [34] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 novembre 2007

Histoire de claviers

Dommage, j’aurais bien aimé lire une note sur notre conférence-débat de lundi.

Qu’elle dit la Tonga Soa.

L’est vahiné la demoiselle moi je trouve. Et pourquoi que toi tu ne la fais pas d’abord ?

Quoi t’as pas le temps ????

Et moi je l’ai peut être ? Hein dis ?

Je n’ai jamais été débordée à ce point. Ca me tombe dessus de partout. Stage, boulot, vie privée … je rêve d’une toute petite semaine seule, sur une île déserte sans téléphone, et surtout sans bestioles.

Et en plus, summum du summum, rien que pour me mettre en crise, j’ai délégué l’achat d’un nouveau clavier pour mon ordinateur du boulot. Ben j’aurais pas du.

Alors ok, l’ancien, il commençait à rendre l’âme, ok.

Pour qu’il fonctionne, fallait taper très fort. Des fois même très très fort. Que même en tapant ultra fort sur la touche à s’exploser le doigt, il ne se passait rien.

Quand le combat se passait entre nous deux, le clavier et moi, à la limite ça pouvait passer. Je lui gueulais un peu dessus pour le fun, je lui collais quelques baffes, mais bon, je pouvais comprendre qu’il ait du mal de temps en temps. Le pauvre.

En même temps là, je me dis que je dois donner l’image d’une nana violente ….

Il faut savoir qu’il a vécu ce pauvre petit clavier. Ne me demandez surtout pas qui a bien pu faire ça, je n’en sais rien mais … entre les touches se sont glissés miettes de pain, cendre de cigarette, coca ou café ou eau tout simplement, miettes de gâteaux, semoule de couscous et j’en passe.

Je n’ai jamais trouvé le coupable.

Alors pauvre petit clavier chochotte qui ne supporte pas qu’on lui mène la vie dure, ben il avait de plus en plus de mal à répondre.

J’en avais marre des intervenants en informatique qui venaient faire une mise à jour d’un logiciel et devaient tapoter dessus et me faisaient la remarque désagréable suivante « faudra le changer votre clavier, il marche vraiment très mal, ça ne coûte rien un clavier vous savez ? »

Dis donc toi ? Tu es en train d’avancer l’éventualité que je sois une rapiat ? Une mesquine grippe-sou radine picsou hein  ?

Bon en fait, j’oubliais d’en prendre un nouveau à chaque fois que je passais dans leur boutique. Mais comme leurs sous-entendus me gavaient, j’usais d’une mauvaise foi à faire rougir un navet blanc. Alors plus d’une fois, j’ai bougonné sans complexe. Marche très bien mon clavier.

Monsieur l’intervenant en informatique qui sait toujours tout mieux que moi levait un œil (ou les deux) moqueur sur moi, et sans me quitter des yeux pointait son index au-dessus de la touche « u » puis l’abattait dessus sans aucune marque d’affection, aucune. Ca faisait un petit « tip » puis arrivaient toute une armée de petits « tip » et rien ne se passait. Le clavier ne répondait pas.

Alors sans ménagement, je le poussais de MA place, m’installais devant le clavier, « il faut savoir lui parler à mon clavier, en douceur, comme ça : »

Et « tip » sur la touche « u », rien. « Tip » tip tip tip tip tip de plus en plus rageur. Rien.

Je passais alors au plan B. A savoir entre autre, le soulever de 10 ou 15 ou 20 cm au dessus de la table et splash ! le laisser retomber. Comme ça, les touches retrouvaient leur fonction initiale, celle de s’enfoncer. Et hop ! un petit « tip » et la lettre « u » s’affichait gentiment à l’écran.

Un sourire de victoire sur les lèvres, je lui laissais alors la place «

-         Alors ? C’est qui qui avait raison ?

-         Ah ben oui, là je comprends mieux !

-         BEN QUOI ???? IL FONCTIONNE NON ???

C’est sur qu’au fil du temps et du régime couscous miettes de pain splash, le clavier répondait de moins en moins aux chutes que je lui infligeais. Donc, j’ai décidé d’en changer.

Ce matin, mon nouveau clavier m’attendait.

Horreur ! Un mouchoir de poche. Pourtant j’avais bien dit « je veux le même que l’ancien » c’est super costaud cette marque là. Ben non, je dois pisser dans l’eau quand je cause moi. Un truc miniaturisé que même le clavier de mon portable est plus sympathique.

J’ai travaillé toute la journée avec et j’ai vécu un enfer. Outre le fait que je me trompe régulièrement de touche, les autres touches du clavier ne sont pas à la même place. La touche Suppr se retrouve en bas, et à sa place, il y a la touche home. Ce qui fait qu’à chaque fois que je veux supprimer du texte, je me retrouve au début.

Une fois tu rigoles, au bout d’une heure tu perds un peu ton sang froid. A la fin de la journée, c’est la bave aux lèvres que je reçois l’informaticien qui sait toujours mieux que moi.

Sans mot dire, je le laisse s’installer à mon bureau.

-         OOOOOOOOOOOOOOHHHHHHHHHHH s’exclame-t-il Beau clavier !

-         De la merde oui ! quand je veux passer à la ligne, je me retrouve en début de paragraphe et quand je veux passer en majuscule, je vais à la ligne ! donc j’ai passé ma journée à penser majuscule pour changer de paragraphe ALORS ME DITES PAS QUE C’EST UN BEAU CLAVIER ! QUOI JE SUIS CHIANTE ???

Comme je ne peux pas piquer le clavier de la secrétaire et lui refourguer le mien (vu qu’ils ne se ressemblent pas du tout ….là, elle ne serait pas dupe)  Je lui ai fait jurer au monsieur, de me rapporter le même modèle que l’ancien. J’ai essayé de lui rendre le nouveau, mais il a refusé.

-         Cadeau qu’il m’a dit.

-         Quoi cadeau ? Mais il est tout neuf ? Je ne l’ai que depuis ce matin  j’ai gardé la boite regardez, vous pourrez le remettre en rayon ! ! il n’a qu’une journée d’utilisation ce clavier !

-         Une journée d’utilisation, ça passerait encore. Mais une journée passée avec vous ….

Je me demande toujours comment je suis censée prendre la réflexion là …

Alors tu vois Tonga Soa, avec tout ça, raconter des conneries sur mon blog en crisant après ce putain de clavier de merde qu’il m’a fallu plus d’une heure pour taper cette ridicule note, passe encore … mais traiter d’un sujet aussi passionnant que notre conférence-débat de lundi soir, du restau qui a suivi, et de l’état d’ébriété avancé dans lequel tu te trouvais lorsque nous en sommes parties, dans ces conditions de travail inadmissibles, c’est au-dessus de mes forces.

Posté par Kaliuccia à 17:37 - Nous - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

En grève ?

Bien bien bien. Pas âme qui vive (ou si peu) ces temps-ci … le froid nous aurait-il engourdi ?

Je dis nous parce que je ne suis guère plus bavarde. Alors commencez pas à venir me mordre en tapotant rageusement des « eh oh ! j’ai du boulot, j’ai une vie, j’ai des emmerdes, j’ai des enfants, j’ai des amis, je suis malade, j’ai pas envie … ». J’ai bien dit NOUS. Donc, je suis dans le lot. Sinon, j’aurais utilisé la deuxième personne du pluriel. Mais non, j’ai employé le nous.

Peu de notes sont publiées en ce moment, que ce soit chez moi ou chez vous. Nous avons tous nos (bonnes) raisons, et moi je n’ai même pas à râler … je publie moins, je lis les autres blogs mais commente très peu.

Sais pas. Peut être mes doigts sont-ils trop gelés pour tapoter sur le clavier. Peut être trop de boulot, trop trop vraiment trop de boulot. Trop d’activités extra boulot. Donc j’ai moins le temps (l’envie ? ) de venir délirer par ici.

Les blogs, le mien y compris, seraient-ils eux aussi touchés par la crise du moment ?

En grève ?

Posté par Kaliuccia à 09:55 - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 novembre 2007

Le marché des jeunes.

Ce week-end chez nous, il y avait le marché des jeunes.

J’avoue que je n’avais donc aucune idée de ce à quoi ça ressemblait.

Ca fait des années que ce marché existe chez nous. Et je n’y suis jamais allée.

D’abord, je n’étais au courant de rien de ce qui se passait dans notre ville jusqu’à il y a peu. Déjà qu’il ne se passe pas grand chose, alors c’est limite débile de passer à côté du peu de petits ou gros événements. Je ne dis pas que j’ai fait des progrès énormes depuis, mais je commence à lire les affiches. Ca vous change la vie, les affiches. Quand vous les lisez. Mais surtout, j’ai mon informatrice en chef, Tonga Soa. Bon des fois, elle m’oublie, donc je la déteste. (Surtout ne lui dites pas, elle est susceptible !) Mais lorsqu’elle pense à moi, bien souvent, d’autres paramètres entrent en jeu.

- J’oublie. Sur le moment, je me dis whaaaaaaaaaaa top super méga tocu de génial ! enfin quelque chose de sympa qui arrive ici ! Mais voilà, ça se passe dans une deux trois semaines, et de l’eau coule à profusion sous les ponts (surtout en ce moment où on se tape dépression sur dépressions que le premier qui me parle sécheresse cette année, je le noie !) et hop ! j’oublie. La date est largement dépassée lorsque je m’en souviens (quand je m’en souviens) et je n’ai plus que mes nerfs pour bisquer.

- Lorsque je suis informée du petit truc top super méga tocu de génial pas trop tôt pour m’éviter de l’oublier, je suis informée trop tard. Donc c’est où j’ai autre chose de prévu (que je n’ai pas oublié) ou pas assez de temps pour m’organiser, et je reste toujours avec mes pauvres petits nerfs à vif pour enrager.

- Lorsque je suis informée ni trop tôt, ni trop tard et que je n’oublie pas, et que je n’ai rien d’autre à faire … j’ai pas envie. Une monstrueuse crise de fainéantise aiguë que le poil que je cultive dans ma main devient une véritable forêt vierge qui ferait fuir tout ado qui se respecte. Rien que le fait de penser que je vais devoir speeder pour rentrer, ou m’habiller alors que je suis tellement super bien dans mon jogging préféré, laisser tomber mon bouquin alors que je vais enfin savoir qui a tué le docteur olive … nan nan nan j’ai pas envie.

- Lorsque je suis informée ni trop tôt, ni trop tard, que je n’oublie pas et que j’ai envie … je ne sais pas où c’est. Ou alors si, je sais où c’est parce qu’on me donne la rue, l’immeuble dans lequel ça se passe, mais que je n’ai aucune idée d’où peut bien être cette tain de rue, ce fichu immeuble (devant lequel pourtant, je passe, paraît-il, tous les jours …). Alors mes copines s’empêtrent dans des explications avec force dessin et plan en appuie, ne cachant pas une seconde leur désespoir de fréquenter une personne aussi cruche que moi.

- Lorsque je suis informée ni trop tôt, ni trop tard, que je n’oublie pas et que j’ai envie, que j’ai bien compris où ça se trouvait … j’ai peur d’y aller toute seule. Je ne vais jamais trouver de place, si j’en trouve une je ne vais jamais pouvoir me garer, si je peux me garer, je ne vais jamais pouvoir sortir de ma place … ce qui fait entrer un nouvel acteur : Rahan. Et Rahan, la plus part du temps, il n’a pas envie.

Mais cette année, par hasard j’ai retrouvé une pub dans les papiers que Boudeuse ne me donne jamais. Mais que parfois, elle laisse traîner sur un coin de la table genre y’aura bien une boniche dans le coin pour faire le tri à ma place. Et là, je vais vous dire, c’est dans le meilleur des cas. Parce que la plupart du temps, Boudeuse ne me donne RIEN. Et si elle me donne, elle me tend un petit bout de papier tout chiffonné que j’en ai pitié pour lui, un petit bout de truc dans un tel état d’usure qu’il me faut un bon quart d’heure pour déchiffrer et m’apercevoir finalement que … ah ben c’était hier soir !

Cette année donc, j’ai mis main basse sur la pub du marché des jeunes, et pour ne pas oublier, j’ai affiché la pub bien en vue sur mon petit panneau à rendez-vous des enfants. Le seul truc que j’arrive à tenir à jour et que je vérifie régulièrement. Comme quoi de temps en temps, mon côté TOC me sert. Samedi, j’ai envoyé ma fille et son amie en éclaireuses.

Elles sont revenues déçues « pfffffffff ! c’était nul, c’est tout petit, y’avait rien, que des trucs pour les bébés et en plus que des gens que j’aime pas ».

J’ai alors regardé Timousse « c’est bon ! dimanche, nous irons toi et moi, ça doit être génial ! »

Nous voici donc partis, Timousse et moi, d’un pas alerte, à traverser la ville pour découvrir ce fameux marché.

Et franchement, je trouve que l’idée est excellente. Pour les nuls en tout, les ignares qui n’y connaissent rien et ne savent rien de ce qui se passe à dix mètres de chez eux, j’explique le concept vite fait.

Des jeunes de je sais plus quel âge à je sais plus quel âge, avec autorisation des parents, prennent un stand et y vendent ce qu’ils veulent à partir du moment où ce n’est pas de la nourriture, ce n’est pas de l’alcool, ce n’est pas porno, ce n’est pas une substance illicite  (puisque chacun sait que le gamin de 8 ans boit, se drogue, et se passe des films X à longueur de temps au lieu d’aller faire ses devoirs en étude … SALE GOSSE  !!! .)

C’est tout de même à l’image de la décadence de notre société. Vu que s’il faut préciser ce genre de points qui me semblent si … évidents …  Ca veut donc dire que des petits vicieux tenteraient de vendre un peu de LSD entre deux BD d’Astérix …

Enfin bref. Il y avait des stands partout. Ce que Boudeuse et son amie ont appelé « petit » c’était certainement le peu d’espace que nous avions pour circuler entre chaque stand. Et « pour les petits » ça voulait peut être dire qu’on n’y trouvait pas de gloss, de pince à raidir, et d’épilateur sans douleur.

Je trouve l’idée excellente, et j’aurais bien aimé que ce type de marché existe du temps où j’étais pauvre et galérais pour offrir des cadeaux de noël à ma fille. Ce qui fait que durant quelques années, elle a du se contenter en grande partie d’objets fabriqués et sortis tout droit de mes doigts et de mon imagination.

Enfin bref, il y avait vraiment de tout, et les gosses étaient pour la plupart super commerçants. Timousse a du tripoter un milliers de jeux, et les enfants lui expliquaient avec patience et douceur le fonctionnement de tous les trésors jonchant les tables et le sol. Timousse s’en est donné à cœur joie, il s’est vengé de toutes ces virées en magasins chargés de « non tu ne touches pas ! repose ça tout de suite ! non tu ne peux pas l’essayer ! »

Timousse, hier, c’était le roi des enfants, au centre d’autres enfants qui le dorlotaient tout en gardant un œil sur la maman pour vérifier si elle allait ou non plonger la main dans son sac. Timousse est reparti avec un dragon tout aussi énorme qu’hideux, le genre de jouet que je ne regarde même pas en magasin, et ce pour la modique somme de deux €uros. Dragon qu’il a payé avec ses sous directement puisé dans sa tirelire.

Oh bien entendu, certains stands étaient plus tenus par les parents que par les enfants. Là, c’était moins amusant, et nous les avons fuis comme la peste bubonique. Il y avait des gamins à peine plus âgés que mon fils qui m’ont fait une peine immense à cause de cernes sous leurs yeux trahissant une immense fatigue (à moins que ce ne soit les vestiges d’une soirée passée sur la dernière PS machin truc). Il y avait d’autres gamins qui m’ont touchée dans mon cœur de maman parce que leur table restait désespérément pleine de toutes les cochonneries qu’ils n’arrivaient pas à vendre.

Mais restons positif. Il y avait tous ces enfants, petits ou grands, qui avaient bien préparé leur marché, une étiquette sur chaque article vendu, toujours prêt à renseigner ou expliquer, et j’ai adoré cet échange qui nous réconcilie avec l’image que nous avons de nos enfants, ceux de notre île. Celle de gamins trop gâtés, trop pourris, à qui tout est du, qui n’ont aucune notion de la valeur des jouets qu’ils possèdent. Ces mômes, ils vendaient des jouets avec lesquels ils avaient certainement passé des heures de bonheur. Pour certains, c’était un morceau d’eux, une part de leur enfance qui s’échangeait contre une petite pièce.

Et j’ai été très émue lorsque j’ai vu ce tout petit récupérer dans le panier « tout à 0,50€ » la moto rouge et bleue qu’il avait finalement décidé de garder. Il l’a serrée tout contre lui, comme s’il voulait lui demander pardon d’avoir osé penser s’en séparer une seconde. Et l’air de rien, tout en jetant des regards de conspirateur autour de lui, il a glissé sa moto dans sa poche, sans un mot.

J’ai longuement discuté avec deux petites de 10 ans qui vendaient tout à 1 € « et pour deux jouets achetés, je vous offre cette peluche ! » Elles iront loin ces deux là, leur stand a fondu comme neige au soleil.

Oui, moi j’ai trouvé l’idée ultra sympa, surtout pour ceux qui ont un budget serré en période de fête. Surtout pour ceux dont les enfants sont venus au monde avec la certitude que le père noël est plus généreux avec les gosses de riches qu’avec eux.

L’année prochaine, j’irais seule faire mes achats de noël. Ne serait-ce que pour contribuer à ma façon à ce que ce type d’initiative perdure.

Posté par Kaliuccia à 13:42 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 novembre 2007

Mère d'ado - fille ado

Après lecture d’une note de psyblog, blog de psy  je me suis dit pourquoi pas ? Pourquoi ne pas regarder ce film ?

Je l’ai regardé avec ma fille et Rahan, et je me suis délectée de ce film.

Bon ok ok, personne ne s’énerve, je sais qu’il est plein de clichés américains, gnangnan cul-cul la praline, happy end, dégoulinant de moralité sacro-sainte … mais qui a dit que j’étais quelqu’un de cultivé ?

Il était peut être tout ça, mais en tout cas il était bidonnant. Totalement bidonnant.

Je suis bon public. Je suis même excellent public. Moi j’aime les films violents, les films qui font frissonner, je déteste qu’ils me fassent pleurer, et j’adore qu’ils me fassent rire. Et celui-ci, il m’a fait rire. Aux larmes.

Peut être parce que dès la première seconde, je me suis reconnue. Je nous ai reconnues dans cette comédie totalement loufoque.

Sorti du thème en lui-même et de la psychologie à deux balles dans laquelle je n’ai pas du tout envie de me noyer, il y a quelques clins d’œil de ce film que je ne pouvais pas louper.

La mère qui fait allusion au nombrilisme excessif de son ado. Ben oui, chacun sait que le monde tourne autour d’un seul et unique ado, surtout ses parents. L’ado qui reproche à sa mère de lui interdire de vivre. Les expressions ! oh putain les expressions sans déconner ! j’ai cru voir Boudeuse là, à l’écran, lever les yeux au ciel, soulever les épaules, jeter son regard noir, employer ce ton, cet insupportable ton … je peux vous dire que nous avons échangé plus d’un regard, boudeuse et moi. En riant.

Alors dans le fond, je trouve que c’est une très bonne idée que de poser le doigt sur le malaise ado / parents d’ado avec autant d’humour.

Combien de fois ai-je entendu Boudeuse me dire que je ne pourrais pas tenir une journée de collège à sa place ? combien de fois lui ai-je répondu que euh … chéridounette, j’ai eu 15 ans moi aussi ! un jour,lointain ok, mais j’ai eu 15 ans ! Et combien de fois ai-je ajouté perverse que par contre, je l’imaginerais très mal passer une journée comme la mienne … juste une.

Bon ok, ce n’est pas la première fois qu’on nous fait le coup des esprits se retrouvant dans le corps d’un autre et qu’on nous amuse durant presque deux heures des situations cocasses que cela engendre. Mais voilà. Il s’agissait d’une maman (un peu disjonctée disons-le) et de son ado de quinze ans. Et je suis une maman (un peu disjonctée disons-le) d’une ado de quinze ans. Tous les ingrédients y étaient.

Les mèches, les ongles noirs, la musique que je n’aime pas toujours mais que j’accepte d’entendre sous condition. Les meilleures copines qui me disent toujours bonjour avec le sourire, ces meilleures copines  devenues meilleures ennemies (mais je ne comprend pas ! tu l’aimais bien cette petite ! elle est si gentille !!! Gentille ?????????? mais tu te rends pas compte !!!! cette salo… cette peste !!!!), l’insupportable manie qu’a Boudeuse de se placer en victime du monde entier (qui tourne autour d’elle) et mon insupportable incompréhension ….

Jusqu’au petit frère.

Le petit frère dernier joyau de la mère qui fait chi-er sa grande sœur comme c’est pas permis. Bon ok, Timousse s’amuserait à faire un dixième de ce que j’ai vu à sa sœur, il tremperait dans le port pendu par les pieds. Bon ok, Boudeuse fixerait un slip sur la tête de son frère à le rendre aveugle (et fou ?) ce n’est pas la porte de sa chambre que je retirerais, mais plutôt sa tête (pas toujours) bien vissée sur ses épaules.

Mais le petit frère et ses facéties, il était là. Tous les petits trucs en douce, son harcèlement, son obsession à rendre sa grande sœur chèvre, ça j’ai bien reconnu. Parce que je le vois Timousse moi, je le vois titiller la grande en douce l’air de rien. Lui passer derrière en la décoiffant d’une main. Passer sous la table pour lui piquer ses chaussons. Postillonner dans son assiette (Beuuuuuuuuuuuurk ! mais t’es dégueuuuuuuuuuulaaaaaaasse !) dès qu’il pense que j’ai la tête tournée, jusqu’à la faire exploser et hurler son sempiternelle et stressant « mais arrêêêêêêteuuuuuuuuuuuuuu ! ».

Et quand je regarde Timousse, il affiche son air angé