Au fil de l'eau

"Avant, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants."

28 mars 2008

Mime

En rentrant hier soir (tard) du boulot, j’ai retrouvé un Timousse piaffant qui n’attendait que mon retour.

-          Maman ! ze suis suuuuuuuuuur que tu te demandes pourquoi z’ai un pansement là sur mon bras !

Avant que je ne puisse soulever la moindre objection « hein ? quoi ? ou ça le pansement ? de quoi tu parles ? ça t’ennuie si j’arrive tout juste et que je prends le temps de me déchausser ? » Rahan s’est plongé dans son rôle favori : le mime de Timousse.

Le jeu consiste pour Rahan à se planter derrière son fils, de prendre un air théâtral, de reproduire exagérément chaque geste de Timousse à force de grands moulinets et de répéter pratiquement tout ce qu’il dit. Je ne sais pas si vous connaissez Eric et Ramzi mais … ça se rapproche.

Le jeu consiste pour moi à conserver mon sérieux devant les pitreries du père tout en écoutant religieusement les explications très très très expliquées du fils.

Donc, quand Timousse m’a dit :

-          Maman ! ze suis suuuuuuuuuur que tu te demandes pourquoi z’ai un pansement là sur mon bras !

Rahan a bondit derrière son fils, levé très haut son bras gauche puis l’a rabaissé en formant un demi-cercle, pointant de son index le (microscopique) pansement de Timousse tandis que d’un mouvement souple du poignet droit il agitait sa main de haut en bas, geste traduisant parfaitement la gravité de la situation. Rolala c’est graaaaaaaaaave

-          Eh ben tu sais maman, y’a quelqu’un qui m’a poussé mais très très fort et en le faisant exprès pour que ze tombe !

-          OHHHHHHHHHHH ! s’exclament en cœur père et mère.

-          Oui ! et moi ze suis tombé comme ça

Timousse se couche sur la banquette, poignet gauche en avant supportant le poids de son corps et Rahan suit parfaitement le mouvement juste au-dessus de lui que je me suis demandé s’ils n’avaient pas répété la scène juste avant.

-          Et z’ai glissé de tout mon corps dessus (allongement en cœur de deux bustes l’un au dessus de l’autre) et z’ai frotté très très fort comme ça

Timousse reproduit le geste du frottement et son père le suit à la seconde. Quelque peu surpris tout de même de sentir une présence juste au-dessus de lui, Timousse finit par tourner ses yeux légèrement pour entre-apercevoir ce qui se passe au-dessus de son épaule. Rahan reprend aussitôt une position plus … sérieuse, à la vitesse de l’éclair.

-          Oui, il a frotté très très fort hein !

Quelque peu rassuré, Timousse continue son explication. (et soyez heureux, je vous l’abrège, elle a duré bien plus longtemps que ça … me demande de qui il tient ça lui, de tout détailler comme ça …)

-          Et ze me suis arrassé toute la peau là, mais c’est cassé par le (minuscule) pansement !

-          Ah oui ! la peau toute arrachée hein ! cachée par le pansement !

Pour que je comprenne bien, Timousse a donné à sa main droite une forme de serre a fait mine de griffer son bras gauche, se faisant il montrait des dents serrées pour mieux exprimer la douleur ressentie. Simulacre parfaitement reproduit par le père, la griffe et le rictus.

Et moi, j’essayais de ne pas regarder le père et je retenais difficilement mon rire à cause de ses pitreries, et Rahan le vil ! il avait le culot de me faire les gros yeux « tu ne vas pas te mettre à te marrer alors que ton fils s’est gravement blessé à l’école ! »

-          Et alors la maitresse, elle a sorti un coton tize (ben oui, le bobo doit représenter le bout du coton-tige à peine) et elle m’a mit dessus un produit qui sentait trooooooooop bon !

-          Ah oui ! un produit qui sentait trop bon !

Deux paires d’yeux émerveillés, identiques balancements nostalgiques des poignets pour mieux exprimer le « sentait trooooooooooop bon ! »

-          Et c’était quoi ce produit qui sentait trop bon ?

-          De la Bétadine. Ton fils aime l’odeur de la Bétadine !

(Remarquez que quand les gouts du fils échappent au père, le fils devient le fils de la mère !)

-          Et après la maîtresse elle m’a mit un pansement, et faut pas l’enlever surtout parce que moi, z’ai troooooooooooop mal !

-          Ah oui ! il a trop mal là hein !

Boudeuse, qui suivait attentivement la conversation, a finit par se lever de sa nonchalance adoèsque et sur un ton désabusé :

-          Je m’demande qui est le gosse dans cette famille ! Je m’demande comme j’ai fait pour m’en sortir indemne moi de cette famille.

Posté par Kaliuccia à 14:48 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Paradoxes

Vous savez pas la dernière ? Il parait que j'ai un blog. Oui, oui, un de ces machins sur Internet où je raconte ma vie.

Quand j’ai annoncé ça à mes amies, elles sont restées … interdites. Les fourchettes sont toutes restées suspendues à mi-chemin entre l’assiette et leurs délicieuses bouches parfaitement dessinées.

Martine en a perdu le morceau de viande qui en pendouillait d’ailleurs. Splash ! retour dans le plat en sauce. Et c’est elle qui a brisé le silence. Comme toujours. Martine aime se faire remarquer. Quand je passe en première ligne, il faut toujours qu’elle se déhanche pour reprendre la tête.

- Meeeeeeeeeeeeeeeerde ! mon chemiser préféré ! ça part la sauce au vin ?

Je commençais à penser que j’avais raté mon effet de surprise quand Sylvie s’est lancé dans un long discours sur mon incroyable façon de parler « pourquoi tu dis il parait ? ça te concerne tout de même non ? Tu as ou tu n’as pas mais tu ne peux pas dire il parait dans ce cas là ! »

- …

- Bon t’as un blog pour de bon ?

Je n’ai pas répondu, j’ai souri et j’ai reporté toute mon attention sur le contenu de mon assiette. Presque toute. Je soulevais un sourcil de temps à autre pour me délecter du spectacle qu’elles offraient.

Justine elle, se contentait de me dévisager. Justine, c’est la trouillarde du groupe. Elle a toujours peur d’être contaminée par je ne sais quelle maladie incurable. Alors quand on commence à lui parler d’un « machin » qui lui est totalement étranger, elle vous dévisage comme si ce machin là, c’était contagieux.

- Sérieux ? t’as un blog ?

- Oui bon ça va, je ne t’ai pas non plus dit que j’avais attrapé une MST !

- Non non mais …. Je ne sais pas c’est curieux … c’est pas un truc d’ado ça ? tourner autour de son nombril, cultiver son égo, flirter avec son narcissisme ….

- Ben je suis peut être une éternelle ado !

- Mais tu racontes quoi ?

- Ma vie !

Explosion de rire de Martine. Elle doit se demander ce que ma vie peut bien avoir d’intéressant pour que j’éprouve le besoin de la raconter sur un blog.

- Mais y’a des gens qui lisent ?

- Ben oui ça sert à ça.

- Mais ça te gène pas qu’ils lisent ta vie ?

- Ben non, sinon je n’aurais pas ouvert un blog.

- Mais tu ne les connais même pas !

- Ben c’est l’occasion de réparer ça. Avec le blog, j’apprends à les connaître.

- Et ils savent tout de toi ?

- Pratiquement oui, tout ce qui me passe par la tête.

- Mais alors la terre entière peut te lire ?

- Ah ben oui, mais je ne pense pas que mon succès soit à ce point !

- Mais … bon tu nous donneras l’adresse ?

- Ah non !

- Pourquoi ?

- Parce que ! c’est mon journal intime ! Il ne le sera plus si mes amies le lisent !

Voici, ma première participation au Sablier de printemps (dont c’est déjà l’amorce 4 mais bon, j’ai toujours un train de retard)

Posté par Kaliuccia à 01:11 - Exercices d'écriture - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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