Au fil de l'eau

"Avant, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants."

31 mars 2008

La tête comme une passoire

S’il aimait à laisser croire qu’il était sourd comme un pot, grand-père ne l’était que lorsque ça l’arrangeait. Pour ne pas entendre les bruits de couloir que lui racontait ma grand-mère par exemple. Et j’ai le souvenir de délicieux dialogues qui égayaient nos déjeuners hebdomadaires en trio.

- La Justine, tu sais celle qui aime à montrer qu’elle a du monde au balcon et se laisse mettre la main au panier ? Ben v’là t’y pas qu’elle a un polichinelle dans le tiroir maintenant !

Droit comme un barreau de chaise, grand père mastiquait silencieusement tandis que grand-mère s’obstinait à lui conter la vie du quartier.

- Et la Marie, la fille du vieux Robert, et bien figure toi que c’est un tel panier percé, qu’à force d’avoir brûlé la chandelle par les deux bouts, elle devra faire des économies de bouts de ficelle si elle veut continuer à faire bouillir la marmite maintenant !

- Tiens, passe moi l’sel !

- Et la p’tite Marion,tu sais celle qu’est si p’tite qu’on dirait qu’elle a grandi sous une table, elle s’est enfin trouvé un Jules mais tout le monde dit qu’il a d’la bouteille, et aussi qu’il a souvent un verre dans l’nez ! Elle a tellement peur de se retrouver en carafe cette petite que …

- Tiens, passe moi l’poivre !

- Ca ne t’intéresse pas ce que je raconte ? T’es aussi curieux qu’un pot de chambre toi !

Grand-père, il arrivait qu’il ne soit pas dans son assiette. Ces jours là, il n’était pas commode et il fallait vraiment ne rien avoir dans le buffet, être bas du plafond quoi, ne pas avoir peur de se prendre une gamelle, ou être rond comme une queue de pelle pour s’amuser à le bassiner en jetant de l’huile sur le feu. Ses foudres et colères dans ces moments là dévoilaient l’agité du bocal qui sommeillait en lui. Il pouvait être con comme un panier en y mettant de la bonne volonté et moi j’aimais à tenir la chandelle de leur affrontement.

- Moi ? Aussi curieux qu’un pot de chambre ? Ah ! Ah ! C’est s’moquer de l’entonnoir alors que la nuit tombe ça !

- Ca veut dire quoi grand-père ?

- Ca veut dire que ta grand-mère, c’est le chaudron qui dit à la cafetière qu’elle a le cul noir !

- Ca veut dire quoi grand-père ?

- Ca veut dire mange ta salade et ne te mêle pas de la conversation des grands !

Ca, c’était grand-mère qui me houspillait gentiment parce qu’elle sentait que j’allais poser la question goutte d’eau qui allait faire déborder le vase … le sien.

Durant quelques secondes, le silence glissait comme un pet sur une toile cirée et seul le bon coup de fourchette de grand-père brisait l’apparente quiétude qui planait dans la pièce.

- J’aurais du écouter ma pauvre mère quand il était encore temps, elle m’avait bien dit qu’il ne fallait pas mélanger les serviettes et les torchons !

- Tu ne vas pas nous en faire un four là ? déjà que j’ai mal aux tabourets(*) à m’en taper la tête contre les murs, je voudrais au moins pouvoir terminer mon repas en paix !

La plupart du temps, grand-mère jetait l’éponge puis quittait la cuisine d’un air hautain en nous jetant sa tirade préférée :

- Il convient d’avertir le parquet que le plafond a été atteint !

Une fois entre hommes, je me tournais vers mon grand-père et lui demandais d’un air innocent :

- Tu ne crois pas que tu as poussé le bouchon un peu trop loin encore une fois ?

Grand-père me couvait alors de ses yeux malicieux, un sourire d’enfant égayait chaque ride de son visage.

- Ta grand-mère, elle a une tête comme une passoire. Elle est parsemée de milliers de petits trous que si tu lui colles la lampe torche sur le front, tu verrais la lumière sortir par ses oreilles. Sa boite crânienne, c’est comme un gros treillis par lequel s’échappe sa substantifique moelle. Et des fois, elle me fatigue ta grand-mère, elle me fatigue. Alors j’en ai raz la soupière moi et je peux devenir con comme un cornichon dans son bocal rien que pour qu’elle me laisse finir mon repas en paix.

- Oui mais tu l’aimes.

- Oui ! mais j’aime bien la mettre en boîte et puis elle ne se prive pas non plus. Sinon, on se f’rait chier ! Allez, je te sers un petit canon ? t’es un homme maintenant !

Et venue d’on ne sait où, la voix de grand-mère grondait

- Et mon cul ? c’est du poulet ?

(*) Mal aux tabourets : mal aux dents. (je le précise parce que moi, je ne connaissais pas cette expression).

Et voici ma participation au thème des impromptus http://www.impromptus.fr/dotclear/ : « Nous vous invitons à présent à broder sur le vide, l'absence ou tout ce qui peut occuper : Une tête comme une passoire. Les images, les sensations terre à terre ou surréalistes, vos divagations, nous parviendrons en fichier joint, pour être filtrées, jusqu’au dimanche 6 avril. »

J’ai bien aimé le principe de l’expression, du coup j’ai recherché d’autres expressions un peu partout pour en faire mon texte et … j’avoue que je me suis drôlement amusée !

Posté par Kaliuccia à 23:46 - Exercices d'écriture - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 mars 2008

oh ma tête !

Certains soirs, pour faire mon intéressant, il m’est arrivé de monter sur une chaise, de me draper dans un torchon à carreaux et de déclamer une poignée de vers avec des accès de lyrisme proportionnels à mon taux d’alcoolémie. Il s’agissait de l’extrait suivant : « C’est pas marqué dans les livres / Le plus important à vivre / C’est de vivre au jour le jour / Le temps c’est de l’amour ».

Et puis bon voilà, j’ai du amuser du monde, j’en ai certainement offusqué bien plus que ça, mais ce dont je me souviens plus que tout, ce sont les lendemains vaseux avec le cœur ou l’estomac voire même les deux toujours au bord des lèvres.

Et pourtant, j’aurais juré avoir passé la nuit à les expulser tous deux et bien d’autres organes encore, le plus moins possible de moi.

Et toujours cette éternelle question … mais qu’est ce que je fous là ? Enfin quand le peu de neurones restant en état me permettait encore de me la poser.

Mais aucun de ces matins n’a jamais pu m’apporter matière à réflexion.

Il aurait peut être fallu parce que ce matin, Odile me fait la gueule. Et la gueule d’Odile confrontée à ma gueule de bois, ça ne donne jamais rien de bon. La lumière du jour m’agresse, la démarche bruyante d’Odile m’agresse, les cris d’Odile m’agressent, ses constants va et viens m’agressent. J’ai la nausée et Dieu qu’il est difficile de conserver un semblant de dignité quand une enclume a prit possession de ce qu’il me reste de cerveau.

- C’était une soirée importante pour moi !

- Ne hurle pas s’il te plait

- JE NE HURLE PAS MAIS LA JE HURLE SI TU VEUX !

- Ohhhhhhh ma tête !

- Rien à foutre de ta tête, j’étais sur le point de conclure une affaire importante mais toi il a fallu que tu te saoules encore une fois !

- J’ai bu juste quelques petites coupes de cham…

- J’ai tellement honte TELLEMENT HONTE que jamais je n’oserais re-contacter mes clients. Et puis pourquoi je dis clients moi ? grâce à toi GRACE A TOI ils ne seront jamais mes clients !

- Ferme les rideaux s’il te plait …

- J’ai tellement honte ! et ta déclaration à la con là ! Je vais te laisser vivre au jour le jour moi tu vas voir ! tu vas te ridiculiser tout seul maintenant, sans moi, t’as tout le temps maintenant !

VLAAAAAAAM !

C’est une véritable explosion qui a déchiré mes tympans quand Odile a refermé la porte d’entrée derrière elle. Quand Odile a violement refermé la porte d’entrée derrière elle.

Je me suis détourné de la lueur qui inonde ma chambre, pas même la force de me lever pour fermer les rideaux. C’est quoi ce bordel aussi ? des jours qu’il fait un temps de merde et juste aujourd’hui, il faut que soit une journée estivale ? A travers la faible ouverture de mes paupières gonflées, j’entrevoie les familiers carreaux de ce vieux torchons … oh ma tête !

C’est décidé. La prochaine soirée, je change d’extrait de chanson. L’a pas aimé ma déclaration Odile !

C'est ma seconde participation au Sablier du printemps 5 ème amorce lancée par Kozlika

Posté par Kaliuccia à 00:58 - Exercices d'écriture - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 mars 2008

Mime

En rentrant hier soir (tard) du boulot, j’ai retrouvé un Timousse piaffant qui n’attendait que mon retour.

-          Maman ! ze suis suuuuuuuuuur que tu te demandes pourquoi z’ai un pansement là sur mon bras !

Avant que je ne puisse soulever la moindre objection « hein ? quoi ? ou ça le pansement ? de quoi tu parles ? ça t’ennuie si j’arrive tout juste et que je prends le temps de me déchausser ? » Rahan s’est plongé dans son rôle favori : le mime de Timousse.

Le jeu consiste pour Rahan à se planter derrière son fils, de prendre un air théâtral, de reproduire exagérément chaque geste de Timousse à force de grands moulinets et de répéter pratiquement tout ce qu’il dit. Je ne sais pas si vous connaissez Eric et Ramzi mais … ça se rapproche.

Le jeu consiste pour moi à conserver mon sérieux devant les pitreries du père tout en écoutant religieusement les explications très très très expliquées du fils.

Donc, quand Timousse m’a dit :

-          Maman ! ze suis suuuuuuuuuur que tu te demandes pourquoi z’ai un pansement là sur mon bras !

Rahan a bondit derrière son fils, levé très haut son bras gauche puis l’a rabaissé en formant un demi-cercle, pointant de son index le (microscopique) pansement de Timousse tandis que d’un mouvement souple du poignet droit il agitait sa main de haut en bas, geste traduisant parfaitement la gravité de la situation. Rolala c’est graaaaaaaaaave

-          Eh ben tu sais maman, y’a quelqu’un qui m’a poussé mais très très fort et en le faisant exprès pour que ze tombe !

-          OHHHHHHHHHHH ! s’exclament en cœur père et mère.

-          Oui ! et moi ze suis tombé comme ça

Timousse se couche sur la banquette, poignet gauche en avant supportant le poids de son corps et Rahan suit parfaitement le mouvement juste au-dessus de lui que je me suis demandé s’ils n’avaient pas répété la scène juste avant.

-          Et z’ai glissé de tout mon corps dessus (allongement en cœur de deux bustes l’un au dessus de l’autre) et z’ai frotté très très fort comme ça

Timousse reproduit le geste du frottement et son père le suit à la seconde. Quelque peu surpris tout de même de sentir une présence juste au-dessus de lui, Timousse finit par tourner ses yeux légèrement pour entre-apercevoir ce qui se passe au-dessus de son épaule. Rahan reprend aussitôt une position plus … sérieuse, à la vitesse de l’éclair.

-          Oui, il a frotté très très fort hein !

Quelque peu rassuré, Timousse continue son explication. (et soyez heureux, je vous l’abrège, elle a duré bien plus longtemps que ça … me demande de qui il tient ça lui, de tout détailler comme ça …)

-          Et ze me suis arrassé toute la peau là, mais c’est cassé par le (minuscule) pansement !

-          Ah oui ! la peau toute arrachée hein ! cachée par le pansement !

Pour que je comprenne bien, Timousse a donné à sa main droite une forme de serre a fait mine de griffer son bras gauche, se faisant il montrait des dents serrées pour mieux exprimer la douleur ressentie. Simulacre parfaitement reproduit par le père, la griffe et le rictus.

Et moi, j’essayais de ne pas regarder le père et je retenais difficilement mon rire à cause de ses pitreries, et Rahan le vil ! il avait le culot de me faire les gros yeux « tu ne vas pas te mettre à te marrer alors que ton fils s’est gravement blessé à l’école ! »

-          Et alors la maitresse, elle a sorti un coton tize (ben oui, le bobo doit représenter le bout du coton-tige à peine) et elle m’a mit dessus un produit qui sentait trooooooooop bon !

-          Ah oui ! un produit qui sentait trop bon !

Deux paires d’yeux émerveillés, identiques balancements nostalgiques des poignets pour mieux exprimer le « sentait trooooooooooop bon ! »

-          Et c’était quoi ce produit qui sentait trop bon ?

-          De la Bétadine. Ton fils aime l’odeur de la Bétadine !

(Remarquez que quand les gouts du fils échappent au père, le fils devient le fils de la mère !)

-          Et après la maîtresse elle m’a mit un pansement, et faut pas l’enlever surtout parce que moi, z’ai troooooooooooop mal !

-          Ah oui ! il a trop mal là hein !

Boudeuse, qui suivait attentivement la conversation, a finit par se lever de sa nonchalance adoèsque et sur un ton désabusé :

-          Je m’demande qui est le gosse dans cette famille ! Je m’demande comme j’ai fait pour m’en sortir indemne moi de cette famille.

Posté par Kaliuccia à 14:48 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Paradoxes

Vous savez pas la dernière ? Il parait que j'ai un blog. Oui, oui, un de ces machins sur Internet où je raconte ma vie.

Quand j’ai annoncé ça à mes amies, elles sont restées … interdites. Les fourchettes sont toutes restées suspendues à mi-chemin entre l’assiette et leurs délicieuses bouches parfaitement dessinées.

Martine en a perdu le morceau de viande qui en pendouillait d’ailleurs. Splash ! retour dans le plat en sauce. Et c’est elle qui a brisé le silence. Comme toujours. Martine aime se faire remarquer. Quand je passe en première ligne, il faut toujours qu’elle se déhanche pour reprendre la tête.

- Meeeeeeeeeeeeeeeerde ! mon chemiser préféré ! ça part la sauce au vin ?

Je commençais à penser que j’avais raté mon effet de surprise quand Sylvie s’est lancé dans un long discours sur mon incroyable façon de parler « pourquoi tu dis il parait ? ça te concerne tout de même non ? Tu as ou tu n’as pas mais tu ne peux pas dire il parait dans ce cas là ! »

- …

- Bon t’as un blog pour de bon ?

Je n’ai pas répondu, j’ai souri et j’ai reporté toute mon attention sur le contenu de mon assiette. Presque toute. Je soulevais un sourcil de temps à autre pour me délecter du spectacle qu’elles offraient.

Justine elle, se contentait de me dévisager. Justine, c’est la trouillarde du groupe. Elle a toujours peur d’être contaminée par je ne sais quelle maladie incurable. Alors quand on commence à lui parler d’un « machin » qui lui est totalement étranger, elle vous dévisage comme si ce machin là, c’était contagieux.

- Sérieux ? t’as un blog ?

- Oui bon ça va, je ne t’ai pas non plus dit que j’avais attrapé une MST !

- Non non mais …. Je ne sais pas c’est curieux … c’est pas un truc d’ado ça ? tourner autour de son nombril, cultiver son égo, flirter avec son narcissisme ….

- Ben je suis peut être une éternelle ado !

- Mais tu racontes quoi ?

- Ma vie !

Explosion de rire de Martine. Elle doit se demander ce que ma vie peut bien avoir d’intéressant pour que j’éprouve le besoin de la raconter sur un blog.

- Mais y’a des gens qui lisent ?

- Ben oui ça sert à ça.

- Mais ça te gène pas qu’ils lisent ta vie ?

- Ben non, sinon je n’aurais pas ouvert un blog.

- Mais tu ne les connais même pas !

- Ben c’est l’occasion de réparer ça. Avec le blog, j’apprends à les connaître.

- Et ils savent tout de toi ?

- Pratiquement oui, tout ce qui me passe par la tête.

- Mais alors la terre entière peut te lire ?

- Ah ben oui, mais je ne pense pas que mon succès soit à ce point !

- Mais … bon tu nous donneras l’adresse ?

- Ah non !

- Pourquoi ?

- Parce que ! c’est mon journal intime ! Il ne le sera plus si mes amies le lisent !

Voici, ma première participation au Sablier de printemps (dont c’est déjà l’amorce 4 mais bon, j’ai toujours un train de retard)

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27 mars 2008

Calcul mental

Le cours de voile, c’est à 13h00 et 13h00, c’est 13h00 ce n’est pas 13h01.

Pour être au cours à 13h00, il nous faut partir à 12h30 si nous voulons marcher.

A 12h30 nous étions encore à table, vu que j’ai eu un léger problème pour émerger mercredi matin.

Donc nous avons pris la voiture. A 13h52 glups !

J’aurais dû être à l’heure, j’aurais dû émerger plus tôt le matin, préparer le repas plus tôt et avoir faim à 11h45. Parce que bon, j’ai un peu cassé ma voiture.

Alors ne nous affolons pas, je n’ai tué personne, je n’ai renversé personne, nous allons bien, ma voiture roule c’est juste moi qui dois avoir un peu de sang Marseillais dans les veines (ou Bordelais, les Bordelais aussi ils exagèrent un peu …) mais bon, ma voiture n’est pas sortie indemne de ma manœuvre quand j’ai quitté ma place de parking un peu pressée pour aller au cours de voile de Timousse.

Faut dire que l’autre con (quoiiiiiii ??? vous ne pensez tout de même pas que je vais me jeter la pierre à moi toute seule dans l’histoire hein ?) donc, l’autre con (j’insiste) il s’est un peu garé comme un pignouf. Comme une mouette lâche sa crotte, comme un beauf pose son monstrueux truc hybride de char d’asseau alors que bordel ! (oups ! pardon ! un gros mot !) on est en ville et faudrait arrêter de rouler avec des trucs monstrueux en ville qu’il est impossible de s’engouffrer dans les petites ruelles de chez nous avec cette chose, qu’il est impossible de se garer dans une place normale avec ce bidule. Et que quand on trouve à se garer, il faudrait aussi penser qu’on se gare peut être à côté d’une blonde qui part en retard pour le cours de voile de son fils vu que la blonde, elle a eu du mal à émerger le matin !

Ma voiture, elle dort toutes les nuits dans la rue (la pauvre !) Elle est garée en épis et offre son joli derrière à une route à deux voies normalement limitée à 50 km /h (mais j’sais pas, y’en a qui doivent voir double les panneaux de limitation de vitesse dans ce coin : 50 + 50 = 100 … au moins, ils savent compter). Donc c’est très dangereux de sortir de ce coin là parce qu’il faut faire une marche arrière sans grande visibilité (vu qu’il y a bien trop de petits prétentieux à petite zézette qui roulent dans des grosses voitures qui nous bouchent la visibilité) et une marche arrière sur une route limitée à 50 km/h où les trois quarts des conducteurs se prennent pour des bolides et ne feront même pas l’effort de se déporter sur la deuxième voie pour vous laisser sortir de votre putain (oups ! pardon ! un gros mot !) de place, ça relève de plus en plus de l’exploit que d’autre chose.

Faut super braquer tout de suite pour bien se retrouver sur la voie de droite, et ne pas se retrouver sur celle de gauche (qui va dans le même sens, essayez de suivre !) parce que celle de gauche, les malades la prennent pour une voie rapide et là, c’est  en quadruple qu’ils les voient les panneaux de signalisation !

Donc nous voici dans ma voiture (en retard) sur ma droite, un truc monstrueux pour petite zézette, sur ma gauche un truc encore plus monstrueux (tain lui le pauvre, il doit la chercher le matin « CHERIE !!!!!!! JE TROUVE PLUS MA ZEZETTE !!! » tellement elle doit être petite, sa zézette pour avoir besoin de compenser avec un truc aussi énorme pour aller chercher le pain !).

Et le truc énorme à minuscule zézette, l’était garé collé à moi que j’en ai eu un mal fou pour ouvrir ma portière et nous glisser, Timousse et moi à l’intérieur de ma petite voiture (m’en fou, j’ai pas de zézette à compenser moi).

Si j’avais mis de côté ma blondeur juste quelques secondes, en pestant contre l’abruti à petite zézette qui c’était collé à ma jolie voiture, j’en aurais déduit que pour sortir de ma place, je ne pouvais plus braquer, je devais sortir tout droit. Mais à peine fus-je derrière mon volant, Muse à fond dans la voiture, que j’ai braqué comme une malade pour sortir de ma place.

Muse à fond oui. Donc je n’ai pas entendu le premier « crac » ou « boum » ou je ne sais pas quel bruit ça doit faire quand on force contre un pare choc de truc énorme à microscopique zézette ! Mais le deuxième, je l’ai entendu, ça a couvert Muse en pleine crise d’hystérie c’est vous dire et d’ailleurs ça m’a stoppée net !

Oh ! oh ! (oui oui, c’est exactement ce que je me suis dis).

Me voici confrontée à un terrible dilemme. Ou je me renfonce dans ma place (pour entendre le premier bruit que je n’ai pas entendu et aller voir les dégâts) ou je continue ma marche arrière en force.

J’ai opté pour la seconde solution parce que j’aime bien cultiver ma blondeur. Croyez moi si vous voulez, mais ma minuscule voiture à deux portes, elle est passée et elle a … soulevé le cul du truc énorme à microscopique zézette. J’en ai oublié la présence de Timousse et ai quelque peu laissé échapper mon léger agacement face à la situation. « Putain de bordel de merde ! mais c’est quoi ce connard de petite bite qui se gare comme un clébard pose sa merde ! »

OUUUUUUUUUUPS ! PARDON !!!!!!! DES GROS MOTS A CHAQUE MOTS !

Oui je sais j’ai honte j’ai honte mille fois honte, d’ailleurs b..e c’est pas un gros mot que je dis en temps normal parce que je le trouve vraiment grossier et vulgaire ce mot (alors que Pu….. de Bor….. de Me…. ça oui, je le dis souvent mais j’ai honte aussi. (et puis c….. aussi je le dis souvent j’avoue)).

Mais j’ai honte mille fois honte parce que Timousse, il était encore une fois témoin de ma grossièreté. D’ailleurs, après quelques secondes de silence religieux, Timousse a répété ma phrase mentalement. Je voyais ses lèvres bouger dans le rétroviseur et puis il a buté sur clébard.

-          Maman ? c’est quoi un clébard ? Glups ! ça veut dire que tout le reste, il a compris.

-          Ca veut dire chien en argot, mais ce n’est pas joli de le dire il ne faut pas le dire mon amour d’ailleurs je vais mettre 1 € dans la caisse à gros mots ce soir je te promets.

-          Oh ben tu peux en mettre encore 6 € en plus maman, parce que t’as dit encore six gros mots

-          C’est bon Timousse

-          T’as dit Putain, et putain c’est un gros mot putain

-          Oui Timousse c’est bon, je mettrais 2 €

-          T’as dit bordel et merde et bordel et merde c’est des gros mots ça bor..

-          Oui Timousse ok laisse tomber, je mettrais 4 €

-          Mais t’as dit aussi co..

-          OK TIMOUSSE !!! 5 € et on parle d’autre chose !

-          Et puis tu as dit petite bite

-          TIMOUSSE !

-          Alors petite ça va c’est pas un gros mot !

-          Bon bon bon on parle d’autre chose j’ai dit

-          Mais bite, ça c’est un gros mot ze le sais moi que b…

-          ‘Tain Timousse ça suffit maintenant ! je mettrais 7 € ok !

-          Ah ben 50 cts en plus parce que ‘Tain, c’est la moitié d’un gros mot ça !

Des fois, j’préfère encore me taire !

Arrivés au club de voile (en retard) j’ai jeté un œil sur ma (pauvre) voiture (parce qu’en repassant devant le truc monstrueux de microscopique zézette, j’ai vu qu’il n’avait RIEN LUI !) et euh bon … tout le côté salement rayé du phare à la portière. Glups de glups. Un petit peu de caoutchouc de l’autre en souvenir, et un peu de ma peinture qu’a carrément disparu.

Une chance dans l’histoire, c’est que Timousse n’a pas vraiment compris que j’avais ruiné ma voiture. Parce que moi, j’aime bien réparer mes conneries (oups ! pardon ! un gros mot !) avant d’en parler à Rahan, ça m’évite son regard silencieusement désapprobateur (ça m’évite surtout d’avoir honte). J’ai prié fort fort pour que ce matin il ne remarque rien. Et bon, pas de nouvelles, il n’a pas du voir. A l’atelier, ils ont fait des miracles, il ne reste pas grand chose de l’incident sur ma voiture. Juste, ils se sont bien payé ma tête « mais bien sur, c’est l’autre qui était mal garé ! »

Mais hier soir, l’histoire eut pu tourner au drame quand Timousse jouait aux voitures et s’est tout à coup souvenu de l’incident. Il a créé un accrochage entre un camion et une rikiki voiture et ah hurlé «Petite bite !  »

Moi, j’ai avalé un peu de travers mon Thé. Rahan, il a juste levé un sourcil dans ma direction, sourcil que j’ai parfaitement ignoré.

-          Laisse tomber, c’est rien du tout  et toi Timousse, t’as dit un gros mot tu mets 1 € dans la boite à gros mots !

-          Oh ben ze m’en fisse hein ! toi du dois mettre 7€50 alors !

Là, ce sont les deux sourcils de Rahan qui se sont soulevés d’un coup.

Méfiez vous de vos enfants, ce sont eux les pires traitres !

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26 mars 2008

La date de péremption était dépassée

Je préviens tout de suite je participe au nouvel exercice d'écriture des Impromptus : là http://www.impromptus.fr/dotclear/

Le but étant de commencer son texte par :

...

La date de péremption était dépassée et ce n’était pas la première fois que ça arrivait. Tu vois, si ça s’était produit pour la toute toute première fois, j’aurais laissé coulé. Oh bien entendu, je lui aurais collé une trempe pour qu’elle comprenne mais pas trop forte. Juste pour marquer le coup. Parce que tu vois, il n’y a que comme ça que les règles sont intégrées avec elle.

Un chien, tu l’éduques comme un chien. Il pisse, tu lui colles le museau dedans tu lui barbouille bien la truffe de son urine jusqu’à ce qu’il pige le coup. Faut qu’il comprenne qui est le maître. J’avais un pote qui m’aidait à les dresser mes chiens dans le temps. Il débarquait chez moi quand ils étaient encore tout petit genre peluche comme ils les aiment les petiots.

Mon pote, il débarquait comme ça sans prévenir un matin et les chiots lui faisaient une fête d’enfer à chaque fois alors que c’était la première fois qu’ils le voyaient. C’est con un chiot, ça comprend pas grand-chose tant que ça n’a pas pris sa dose de rouste. Alors le pote, il jouait avec eux deux minutes pas plus, juste histoire de se les fourrer dans la poche. Et que j’te gratouille sur le ventre, et que j’te chatouille derrière les oreilles … comme ça ils étaient en confiance tu vois ? Et puis il avait toujours un bout de lard sur lui pas trop gros pour leur petite mâchoire, c’est qu’il savait y faire mon pote avec ces bestiaux pour faire ami - ami.

Il attendait qu’ils aient avalé la moitié de leur bout de lard juste la moitié pour que ça fasse bien effet pour qu’ils aient eu le temps d’apprécier ce qu’ils avaient dans leur gueule et puis il leur balançait un grand coup de rangers là juste sous leur ventre tout rond. T’as pas idée comme ça peut voler loin un chiot de quelques semaines qui se prend un bon coup de rangers dans le bide. Si le caméscope avait existé à cette époque là, on aurait fait de sacrés films et on les aurait diffusé sur votre truc là, Internet.

Enfin bon le chiot, il avait deux solutions. Ou la nature faisait son boulot et il éclatait sous la rangers splash ! comme une baudruche, ou il était costaud apprenait qu’il ne devait pas recevoir la nourriture d’inconnus.

La vie, c’est pas à coup de papouilles que tu apprends à la vivre tu comprends ? Les chiens, si je les avais chouchoutés comme vous faites tous aujourd’hui avec vos peluches vivantes, si je leur avais expliqué dans toutes les langues du monde, ils n’auraient jamais compris cette règle. Y’avait qu’un bon coup de tatane pour leur mettre du plomb dans le peu de cervelle dont le créateur les a pourvu.

Faut qu’ils comprennent qui est le maître. Comme elle, faut qu’elle comprenne. Et pourtant elle le sait que je ne supporte pas l’idée que des bactéries puissent envahir mon frigo. Ils s’emmerdent dans les usines à nous coller des dates de péremption la moindre des choses c’est de respecter leur boulot et de respecter les règles. Les règles tu comprends ? Ca se respecte !

Je reconnais que j’ai peut être cogné un peu fort. Juste un peu. Mais j’ai été surpris quand même parce qu’elle en a reçu des plus costaud sans broncher toutes ces années. Juste, elle ramassait tout ce qui traînait par terre, elle resserrait ce qui lui restait de son horrible robe de chambre sur son corps décharné, un tue-l’amour ce qu’elle planquait sous ce truc informe ! Elle reniflait un peu et puis elle passait quelques minutes dans la salle de bain à faire je ne sais pas quoi. Mais au moins quand elle ressortait, elle était présentable. Elle baissait la tête comme j’aime, elle marchait toute recroquevillée sur elle et elle se faisait oublier. C’est ce qu’elle faisait de mieux d’ailleurs. Sauf ce soir là, quand j’ai découvert les yaourts périmés.

Non mais quelle conne aussi hein ! Des fois je me dis qu’elle le fait exprès. Elle me cherche tu vois, elle me cherche. Alors il faut que je lui montre qui est le chef ici moi tu vois ? Sinon elle oublie les règles. Mais là, y’a un truc qui s’est cassé en elle quand j’ai cogné, j’ai entendu le craquement comme si tout son corps se brisait en mille morceaux.

Et quand elle a dévalé les marches et qu'elle s'est arc-boutée dans tous les sens, il n’y avait déjà plus rien à casser. Mais ils ont quand même dit que c’était l’escalier qui l’avait tuée. Tu vois, c’est pas moi !

Tiens, mouche ton nez, c’est fini maintenant.

L’assistante sociale, elle a dit que tu devais revenir vivre avec moi-même si toi tu disais non. Mais je ne t’en veux pas, tu es tout petit et c’est vrai que tu as du avoir une sacré pétoche en la voyant dévaler les marches sur la tête ta mère ! Je ne t’en veux pas si tu as dit que j’avais tué ta maman. L’assistante sociale, elle a dit, je m’en souviens très bien « mais c’est son père, il a besoin de son père ! »

Ben oui p’tit gars, je suis ton père, je suis là pour t’apprendre les règles. Sur que j’ai pas pu tout apprendre à ta mère mais toi je t’ai eu plus tôt. C’est comme les chiens tu vois, ça se dresse tout petit. Après c’est trop tard et ta mère, c’était déjà trop tard j’aurais du m’en douter.

Dans le fond, c’est pas plus mal c’est comme ça aussi que tu vas apprendre à vivre. C’est bon pour toi tu le verras plus tard. Et puis tu as six ans là hein ? tu es en CP hein ? donc tu vas apprendre à lire d’ici la fin de l’année.

Et tu feras bien attention aux dates sur les yaourts d’accord ?

Allez, viens embrasser papa.

Quelque part, je suis assez effrayée par moi-même. Mais je crois que j’avais besoin de me mettre dans la peau de l’autre « d’un personnage complètement à l’opposé de moi » comme le dit Calu pour exprimer toute ma colère et ma révolte.

Voilà, c’est fait et je pense à tous ces gamins qui vivent ça … et je les embrasse de tout mon amour.

Posté par Kaliuccia à 00:02 - Exercices d'écriture - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 mars 2008

Week-End de m....

Tain de temps de crotte tout le week-end ! Tain de temps !

Ca m’a … déboussolée. Trois jours enfermés alors que dehors c’était le pôle nord (sans la neige, mais avec les grêlons) … si si ! le pôle nord moi je vous dis ! A peine 10 minuscules rikiki petits degrés !

Ben quoi ? C’est le printemps ou c’est pas le printemps ? Sur l’île de Beauté, le printemps ne doit pas générer des journées aussi merdiques !

Donc pour les œufs, l’a bien fallu trouver une solution. Avons enfilés bottes et imperméables, et avons cherché les œufs …. Dans le cockpit.

Je n’avais absolument pas la plus petite envie de mettre le nez plus en dehors que ça ce week-end moi !

-          Mais maman comment elles ont fait les closses pour si bien viser le bateau ?

-          Boudeuse t’arrêtes de ricaner bêtement à chaque fois que ton frère pose une question

-          Mais non mais bon, on sait qui c’est les cloches qui ont déposé les œufs rerererere !

Ah ! Ah ! Ah !

Remarquez que Timousse, ça l’a éclaté. De retrouver des œufs de Pâques bariolés vache posés sur les winch, de soulever les amarres et les bouts pour découvrir des caliméros ou des tortues ninja ou des poulettes en chocolats, il a beaucoup aimé. Boudeuse a beaucoup moins apprécié de recevoir quelques gouttes échappées sur sa superbe coiffure visu  (bien fait !) mais elle s’est pliée au jeu ne voulant pas laisser son petit frère s’émerveiller tout seul.

Et après j’ai mangé les oreilles du lapin en chocolat noir de Lindt parce que c’était trop bon (sauf que moi je n’ai pas honte de le dire, moi !)

J’ai eu un mal fou à occuper tout ce temps moi ! Parce que ça m’abruti complètement le ciel bas, le froid et la pluie continue. On a cuisiné, de bons petits plats. On a fait des crêpes, on a regardé le monde de Narnia.

Sauf que Timousse le connaissait par cœur et donc il passait son temps à dire ce qui allait arriver

-          Alors là attention, elle va le transformer en pierre ! mais c’est pas grave maman ne pleure pas hein, le lion va le sauver mais d’abord le lion il va mourir et ….

-          TAIN TIMOUSSE ME RACONTE PAS TOUTE L’HISTOIRE !!!!

-          Mais ze te raconte pas toute l’histoire ! ze t’ai pas dit que le lion il allait pas mourir pour de vrai !

On a joué aux tites voitures (je déteste jouer aux tites voitures !) on a beaucoup lu, on a joué au Cluédo junior. Vous connaissez ?

Moi j’adorais le Cluédo quand j’étais gosse (eh euh … ça n’a pas trop changé depuis tout ce temps en fait). Découvrir que cette sa-lo-pe de Melle Rose avait assassiné le grabataire Colonel Moutarde dans la salle à manger avec le chandelier à minuit l’heure du crime et le tout par élimination, j’aimais trop ça. J’étais le détective number one chez nous. D’ailleurs, c’est p’têtre pour ça que j’aimais tant ce jeu : je gagnais tout le temps (et je déteste perdre !)

Alors pour la version Junior, ils n’ont gardé que les personnages. Plus de chandelier, plus de lieux du crime, y’a juste à découvrir que la goinfre de Madame Pervenche c’est becté tout le gâteau au chocolat à 16h00 en buvant du jus d’orange. Vous me direz, ça reste un crime hein ! M’enfin c’est moins violent parce qu’on n’a pas à se demander combien de coups de couteau ont bien pu être enfoncé dans le bide de …

Alors avec le gâteau au chocolat, putain d’enquête palpitante moi je vous le dis ! Surtout quand on y joue avec un maniaco du détail j’ai nommé Timousse, à qui il fallait trois plombes pour barrer Mme blanc et l’heure qui était indiquée sous son pion. C’est bon Timousse active, demain on y est encore ! Et en plus IL A GAGNE ! Deux fois !

A la fin de la première fois, j’ai cru qu’il s’était dégouté tout seul vu que la partie avait duré une bonne demi-heure. Mais non, il m’a fait le coup du Muppet Show. Il en a redemandé.

Quoi ? vous ne connaissez pas ce coup là ? quand j’étais gosse (eh oui, ce week-end pourri m’a replongé dans mon enfance) je regardais les marionnettes tous les mercredis à la télé. A part la cochonne, la grenouille en sucre et les hilarants petits vieux, y’avait une séquence de deux minutes tournée avec des marionnettes monstrueusement monstrueuses. Et y’en a une que j’ai toujours en tête tellement elle m’avait marquée.

Vous allez voir, le niveau est super élevé.

Les deux immondes marionnettes sont au restaurant devant un énooooooooooorme plat de spags. La première se jette dessus comme une morfale et termine le plat en deux secondes. La seconde déguste ses spags en les aspirant un par un. Z’imaginez un énorme plat de spags mangé spag par spag ???? Ben moi ça m’avait laissée baba devant la télé. Et donc on voit la première marionnette à deux doigts de s’évanouir tellement l’autre en face il met de temps à finir son putain de plat de spags. Et enfin on le voit arriver au tout dernier spag. Marionnette numéro un ressuscite, toute heureuse de pouvoir passer à la suite quand … devant marionnette numéro deux est déposé un deuxième plat de spags aussi énooooooooooooorme que le premier. Et là, fallait voir la tête de marionnette numéro un.

Et bien remplacez la numéro un par moi, la numéro deux par Timousse, les plats de spags par le Cluédo junior et …. Ça a donné le même résultat quand Timousse a demandé son deuxième plat de spags ! Euh … deuxième tour de jeu.

D’ailleurs, Timousse était tellement long à jouer qu’il a eu l’impression de jouer tout seul tout le long du jeu vu que pendant qu’il se penchait sur son calepin pour noter minutieusement que ce n’était pas Melle Rose qui avait avalé le gâteau et que ce n’était pas arrivé à 12h00 et que la boisson n’était pas le coca ben moi j’avais jeté les dés, joué, coché décoché, et « c’est à toi de jeter le dé Timousse ».

Et puis il y avait les explications. Non parce que Timousse, il adore tout décortiquer.

-          Alors là maman tu vois, z’ai déplacé … comment elle s’appelle dézà ? Ah oui ! Madame Blanc. C’est normal qu’elle s’appelle Madame Blanc, elle est tout en blanc ! Mais sauf que là y’a un tit peu de zaune

-          TAIN C’EST BON TIMOUSSE ABREGE !

-          Alors là maman tu vois, z’ai déplacé Madame Blanc dans ce sens là parce que les pas ils vont dans ce sens donc il faut suivre les pas sinon …

-          C’est bon Timouse JOUE !

Merde ! en plus il gagnait quoi !

Mais surtout Timousse, il ne supporte pas que les pions ne soient pas correctement posés sur leur emplacement. Faut pas que le rond sur le plateau dépasse d’un millimètre du pion il va s’y reprendre à dix fois s’il le faut, mais il va s’y reprendre jusqu’à ce que le pion soit paaaaaaaaaarfaitement posé sur le rond cooooooooooomme ça.

C’ est pire que la torture du plat de spags ça !

Et il a gagné ! Deux fois ! J’ai pourtant tenté de le déstabiliser plusieurs fois mais rien n’y a fait.

M’en fou la prochaine fois, je triche !

C’est bon d’être en grève, j’aime bien, je raconte n’importe quoi …

Posté par Kaliuccia à 17:35 - Nous - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 mars 2008

Toujours en grève mais ...

A l’issue du catastrophique conseil de classe de Boudeuse de lundi dernier, il m’a été fortement conseillé par les profs de lui faire subir un test pour l’aider dans son orientation. Parce que bien entendu, ils refusent le passage en seconde.

La discussion, je vous la résume y’a rien de plus simple (même pour moi). Boudeuse veut passer en seconde. « Oui mais Boudeuse n’a pas le niveau pour passer en seconde, elle doit faire un CAP ou un BEP ». Oui mais Boudeuse n’a aucune idée et aucun CAP ou BEP ne l’attire. « Oui mais Boudeuse DOIT faire un choix pour un CAP ou un BEP ». Oui mais Boudeuse n’a aucune idée et aucun CAP ou BEP ne l’attire « Oui mais Boudeuse DOIT faire un choix pour un CAP ou un BEP ». …. Oui mais … PUTAIN T’ECOUTES CE QUE JE TE DIS LA ? Partis comme on était, la discussion pouvait durer touuuuuuuuuuuuuuute la nuit.

Et moi quelque part, je voudrais que quelqu’un se mette trente seconde à ma place et imagine le malaise que j’ai pu ressentir en ces terribles minutes durant lesquels vingt paires d’yeux étaient fixés sur moi, m’obligeant à prendre la parole, vingt paires d’oreilles attentives à mon intervention que j’ai eu l’impression que j’allais exploser quand j’ai senti la vague de chaleur rougir mon visage jusqu’à la racine des cheveux. JE DETESTE PARLER EN PUBLIC (avis aux âmes sensibles : quand j’écris en majuscule, c’est pas que je hurle hein, c’est que je parle juste un peu plus fort.)

Bref, ils ont fini par me dire que bon, elle peut subir un test pour l’aider dans ses choix (ah ah !) en matière d’orientation.

Mardi matin, (le roi sa femme et le tit prince) j’appelle le collège pour prendre rendez-vous avec ledit conseiller d’orientation. Réponse du collège :  Ah oui mais il n’est là que deux matinées par semaine mais de toute façon les tests se déroulent dans un organisme spécialisé à l’extérieur du collège, mais en fait je ne sais pas si les tests qu’il fait concernent aussi les élèves en sortie de troisième, parce que cet organisme en fait travaille essentiellement avec les terminales (mais zalors, pourquoi travaille-t-il dans un collège ce Monsieur ?) tenez voici le numéro merci Madame, au revoir Madame.

Mercredi matin, (le roi sa femme et le tit prince) j’appelle l’organisme spécialisé dans l’étude et la recherche de matière cérébrale d’ados ou si vous préférez, spécialisé dans la traduction de la langue ado génération yop avant la prise du yop, ou si vous préférez spécialisé dans la traduction de la langue ado génération j’ai pas d’mains, ou si vous préférez spécialisé dans la maîtrise de soi face à un ado répondant à toute sorte de questions par « ben j’chais pas » ou si vous préférez …

Enfin bref, institut spécialisé dans l’orientation des jeunes …

Réponse d’une voix trainante (un moment, j’ai cru que j’avais Boudeuse au bout du fil BOUDEUSE QU’EST CE QUE TU FAIS LA ???? mais non, ce n’était pas Boudeuse) mais il n’y a aucun conseiller d’orientation aujourd’hui, rappelez jeudi.  Je demande tout de même s’il est possible de me renseigner.

-          Demandez toujours (Waow ! où j’suis tombée moi encore ?)

-          Bien, les tests qui sont effectués par les élèves concernent ils les élèves de troisième aussi ? 

-          AAAAAAAAAAAh Ah ça je sais pas, seul le conseiller d’orientation pourra vous répondre.

???

Jeudi matin (le roi sa femme et le tit prince) j’appelle l’organisme, voix robotique «il-n’y-aucun-conseiller-d’orientation-aujourd’hui-rappelez-vendredi-après-midi ».

Moi (voix euh …. Pressée) : Est-il possible tout de même de prendre rendez-vous ?

-          Ah non, moi je ne peux pas prendre de rendez vous Madame, ma collègue s’occupe de ça et c’est elle qui vous répondra demain après-midi.

Cet après-midi, j’appelle ce putain d’organisme d’orientation … ah non Madame, le conseiller d’orientation est en rendez-vous.

Ah ! (donc, il est là. Y’a du progrès) Dooooooooooooonc, je demande à la dame si je peux prendre rendez-vous avec le conseiller d’orientation. Ah non Madame, il n’y a pas de rendez-vous.

???

Je passe sur le fait que sa collègue m’a affirmé le contraire la veille. Mais alors comment doit-on faire pour rencontrer un conseiller d’orientation ?

-          (bâillement si si, je vous jure, elle a baillé !) Et bien elle (c’est moi elle hein !) vient sur place et elle attend son tour, sauf s’il y a déjà quatre ou cinq personnes en ce cas elle revient le lendemain, si le conseiller est là.

-          Et les parents qui travaillent ils font comment ?

-          Ah ben ça j’sais pô.

Est-ce que vous croyez qu’il est possible d’envisager l’éventualité que les ados aient déteint sur eux ?

C’est décidé, lundi matin (le roi, sa femme et le tit prince) je rappelle le collège.

Euh  non. Mardi matin ! Lundi, c'est la journée des cloches.

Mais je suis toujours en grève.

Posté par Kaliuccia à 16:42 - Coup de gueule - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 mars 2008

En grève

Voilà ! comme ça je suis le mouvement national, c’est ma façon de protester.

Grève illimitée. Les différentes représentations bloguesques n’ont pas encore prévu de se réunir pour discuter de mes revendications.

En attendant, y’a pas de raison, puisque je ne peux pas défiler avec ma banderole en guise de protestation, et bien je me mets en grève moi aussi.

En grève de quoi ? aucune idée. Mais en grève pour sur !

Posté par Kaliuccia à 09:58 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 mars 2008

Des valeurs et des bisous

Dimanche matin, réveil en douceur pour tout le monde, petit câlin avec Timousse quand tout à coup, il se relève sur un coude, prend son air d’homme d’affaire et me dit sur un ton très sérieux

-          Maman ! hier, z’ai appris quelque soze de très important !

-          Ah bon ? et qu’est ce que tu as appris de si important ?

-          Z’ai appris qu’il ne fallait pas s’énerver parce que c’était mauvais pour la santé de s’énerver !

-         

« Hier » c’était samedi, samedi c’était école le matin … mon fils suivrait-il des cours de maîtrise de soi ???

Aurait-il pété les plombs en cours et lui aurait-ton fait passer un film sur les réactions du cœur en cas de pétage de plombs ?

-          Et qui t’a aussi bien expliqué ça ? la maîtresse ?

-          Nooooooooooooooooooooooon ! c’était quand ze regardais Barbapapa !

A chaque âge ses références et ses valeurs hein …

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Discussion devant l’école, avec la maman de A.

-          Ton fils et son copain B sont amoureux de ma fille !

-          Ah ? et ça lui cause un problème ?

-          Et bien je ne sais pas, mais elle me dit qu’elle ne veut pas voir ton fils parce qu’il est amoureux d’elle ! Et en plus, tous les deux lui donnent des mots d’amour « je t’aime je veux t’embrasser sur la bouche »

-          ‘Tain ils savent déjà écrire tous ces mots là ? Mais tu as vu les mots ?

-          Non, c’est ma fille qui me l’a dit ! Et elle m’a dit qu’elle en avait marre de Timousse qui était trop amoureux d’elle !

-          Et tu veux que je fasse quoi ? que je castre mon fils ?

-          Non ! mais ils sont un peu brusques tous les deux, et je voudrais qu’elle ait des copains plus doux.

-          … (et c’est moi qu’on accuse d’étouffer mes gosses ????)

C’est à ce moment là que nous voyons sortir de l’école les trois loustics … la fille courant derrière mon fils pour s’accrocher à son cou et lui donner la main. Timousse hurlant des « laisse moi tranquiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiile ! » la petite redouble de force et s’agrippe au blouson de mon fils puis le lui arrache ! Timousse abandonne son blouson pour pouvoir lui échapper et se réfugier dans mes jambes (pfffffffffff ! faudra que je lui explique deux ou trois choses moi !) A se retrouve toute bête avec le blouson (vide) dans les mains. En apercevant sa mère, elle lâche brusquement le blouson qui tombe à terre.

-          Et bien faut croire que ta fille aime les mauvais garçons !

Un peu plus tard, je questionne Timousse mine de rien sur le nombre d’amoureuses qu’il a, celles qu’il aime, celles qui l’aiment, et s’ils s’écrivent des petits mots (nooooooooooooooooooon !) et s’ils se tiennent la main (des fois !) et s’ils se font des bisous … comme avec A…

-          Ah ouiiiiiiiiiiiiiii ! alors A, ze lui fais des bisous pour montrer à B comment on fait les bisous. Parce que B il voudrait faire des bisous à A, mais comme il sait pas les faire, ze lui montre comment il faut faire !

Légèrement mal je me sens. Pas encore sept ans et ça se croit déjà number one dans la distribution de bisous !

-          Mais A ? elle est d’accord ?

-          Ben oui ! c’est elle qui dit que ze dois montrer à B comment on fait les bisous parce qu’elle dit que y’a que moi qui sais les faire comme elle aime les bisous !

-          Ah  …. (Y’a des jours, je voudrais croire en Dieu moi ! pour savoir qui prier !) et elle les aime comment les bisous A ?

Regard en douce de Timousse

-          Ok Timousse, laisse tomber, j’aime mieux ne pas savoir tout compte fait !