30 avril 2008
Après l'amour
Après l’amour il y a eu nous. J’imagine comme tu as du l’aimer cet homme, le premier, le seul, le dernier.
J’imagine ton appréhension la toute première fois, tes craintes silencieuses, sa douceur peut-être, sa fougue, sa passion et puis te voilà femme. Sa femme. Je pense à ce cadeau que tu lui offrais, ton corps, ta vie, ton amour, toi. Et puis nous.
Toute une vie à lui offrir tes plus belles années, toute une vie à ses côtés. Tu étais si belle, sauvageonne aux yeux sombres, si belle et si secrète. Toute une vie à l’aimer et de cet amour, qu’en avez-vous fait ? Nous. Il y a eu nous.
J’imagine ton appréhension, tes craintes silencieuses lorsque nous sommes venus au monde, et puis te voilà mère, notre mère. Ta douceur et ton amour, ton amour pour nous. Je ne peux plus qu’imaginer. Femme dans ses bras, mère dans ton cœur.
Après l’amour il y a eu nous, tes enfants chéris, le fruit de votre amour, le fruit de ton amour.
Et nous avons grandi dans une maison trop grande, pleine de ton amour, pleine de nos cris, de nos cris d’enfants, pleine de ses coups, et de tes larmes muettes.
Cet homme que tu as aimé et que tu aimes encore, je le vois dans tes yeux, malgré ce qu’il nous a fait, cet homme qui t’a aimée peut être mal aimée, peut être trop aimée, jusqu’à nous abominer, cet homme finira ses vieilles années à tes côtés.
J’imagine comme tu as du l’aimer, comme tu as du nous aimer et comme tu aimes encore notre souvenir.
Après nous, il te reste lui.
Ceci est ma participation au dernier atelier des impromptus littéraires : http://www.impromptus.fr/dotclear/ et vous ? ça vous inspire quoi "après l'amour ..." ?
29 avril 2008
Me voilà rassurée !
J’essayais d’expliquer à Boudeuse que la musique c’était bien, très bien même, que j’appréciais énormément le fait qu’elle aime autant la musique et que ses goûts soient aussi variés, mais que comme toute bonne chose il faut essayer d’en user avec modération.
Bon ok calmez-vous adorateurs de la musique, il y a modération et modération.
Il y a modération nécessaire, à mon humble avis, lorsque la passion musicale prend le pas sur la vie sociale.
Et Boudeuse, si je la laisse faire … non je n’ose même pas imaginer ce que ça donnerait si je la laissais faire. Toujours est-il que Boudeuse a trop souvent tendance à s’isoler dans sa musique et parfois cela me pèse.
J’expliquais donc à Boudeuse que la musique, c’était bien et que je comprenais cet immense plaisir pour être moi-même accro, mais que par moment, il était nécessaire de la mettre en sourdine ne serait-ce que par respect de l’autre.
- Je ne comprends pas que tu le prennes mal quand j’écoute ma musique si je suis en ville avec toi, ou qu’on va au café avec tes amies, j’ai juste besoin de l’écouter sinon ça me manque.
- Tu as des milliers d’heures qui n’appartiennent qu’à toi au cours desquelles tu peux faire ce que tu veux. Mais lorsque tu es en compagnie, il n’y a rien de plus impolie que de t’isoler dans ta musique et le message est clair « tu m’emmerdes, tes copines m’emmerdent, je n’ai rien à vous dire, je m’emmerde avec vous»
- Ah ben non, je n’écoute pas ma musique parce que je m’emmerde ! La preuve, je n’écoute pas ma musique en cours de math et pourtant je m’y emmerde !
28 avril 2008
La charte des plus jeunes.
Vous parents, vous êtes comme moi je suppose, vous avez du lire des tonnes de livres, d’articles, de je ne sais quoi encore, pour vous aider à avancer dans la vie avec vos enfants.
Pourquoi ? Pour ne pas les perturber, ne pas les traumatiser et ne surtout pas en faire de futurs tueurs en série, leur donner ce que nous n’avons pas eu ou ce que nous avons eu mais en mieux, les ouvrir à la vie et à l’amour, leur donner confiance en eux, les rendre forts pour avancer dans la vie, leur laisser le choix de leurs choix, leur donner tout ce qu’il faut pour que ces petits bouts innocents deviennent un jour des êtres épanouis.
Quand bébé est encore à flotter dans le liquide à 37° que dame nature nous a permit de leur offrir durant neuf merveilleux mois, c’est super fastoche. On a plein de beaux rêves, on est pétri de bonnes intentions, on sait déjà qu’on pourra garder notre calme dans telle ou telle situation, on connaît les réponses à toutes les questions que notre bébé de l’amour nous posera, et il y en aura … on saura comment réagir à tel moment et la vie qu’il va mener avec nous sera parfaite.
La première fois qu’ils nous prennent la tête, ça devient moins évident.
Alors on a des psys, des conseillers, des livres, des émissions à la radio ou à la télé, des copines, des articles dans nos magazines préférés, jusqu’à des chartes de ce qu’il faut faire et ne pas faire. Dire et ne pas dire.
Bien. Maintenant que tout ceci est bien établi, j’avoue que j’arrive à hausser les épaules avec dédain (reste dans ta connerie, je cultive la mienne) lorsque j’entends des vieux de la vieille me ricaner des « au moins, de mon temps, on ne se posait pas tant de questions avec les mômes, une bonne raclée et tout rentrait dans l’ordre ». C’est vrai que vu comme ça, ça clôt le sujet.
Maintenant que tout ceci est bien établi dis-je, que moi, mère de famille, suis bien sensibilisée sur la question et travaille ardument chaque jour à ne pas traumatiser mes enfants, je me dis qu’il faudrait aussi faire quelque chose pour sensibiliser les enfants vis à vis de leurs parents. Non parce que bon, c’est bien cool tout ça, de nous responsabiliser, mais il faudrait peut être aussi penser à nous aider dans ce difficile boulot. Et qui, mieux que nos enfants le pourraient à ce stade ?
Alors bien entendu, ces pauvres petits choux ne peuvent pas non plus deviner tout ce qu’il faut faire ou ne pas faire, j’ai décidé de les aider parce que j’ai une grande âme.
Aussi, ai-je préparé une charte, dédiée au petits pas encore ado, histoire qu’à compter de … disons trois ans, les règles soient bien établies pour chaque membre de la famille.
1- Savoir s’arrêter au troisième « pourquoi ». Pourquoi ? Parce que vois tu petit bébé de l’amour, il y a un moment où papa maman ne savent plus quoi répondre à tes pourquoi. Pourquoi ? Et bien parce que passé un certain cap, y’en a plein le cul de ces tonnes de pourquoi qui bien souvent nous entraînent dans des recherches métaphysiques « pourquoi on n’a que cinq doigts à la main ? » auxquels on est infoutu de répondre. Et ça frustre !
2- Ce qui nous amène au point deux : éviter de poser des pourquoi ridicules auxquels il nous impossible de répondre. Pourquoi ? PARCE QUE !
3- Ne plus commencer ses questions par pourquoi. Démerdez vous, trouvez autre chose.
4- S’arrêter tout seul dans la répétition des mots « j’ai pas envie j’ai pas envie j’ai pas envie j’ai pas envie j’ai pas envie j’ai pas envie j’ai pas envie j’ai pas envie j’ai pas envie j’ai pas envie j’ai pas envie j’ai pas envie j’ai pas envie j’ai pas envie j’ai pas envie j’ai pas envie j’ai pas envie j’ai pas envie » Et surtout ne pas demander pourquoi !!!!!!
5- Eviter de répéter à la maitresse que la veille au soir, on l’a traitée de tous les noms d’oiseau (la maîtresse) en faisant les devoirs
6- Ne pas nous dire à tout bout de champ « la maitresse à dit que … » Ca énerve.
7- Eviter de raconter à la maitresse que papa a fait sa valise et est parti très loin et que maman a pleuré toute la nuit, quand papa est simplement parti en déplacement et que le soir même, y’avait « urgences » à la télé !
8- D’ailleurs, ne rien raconter à la maitresse.
9- Eviter de répéter à papa que maman vient de le traiter (et inversement) ça fou la merde dans le couple ça !
10- Ne pas cafter à papa tout ce que fait ou dit maman quand il n’est pas là (et inversement) ça aussi ça fou la merde ! pas possible vous aimez ça hein !
11- Ne pas dire vingt fois « putain c’est un gros mot ça, faut pas dire putain hein ! c’est un gros mot putain ! » et se reporter au N° 4.
12- Ne pas demander à maman « pourquoi tu fumes ? » j’ai déjà dit que ras le bol des pourquoi !
13- Quand maman dit non, ne pas aller demander à papa en lui faisant croire que maman a dit oui et inversement.
14- Comprendre une bonne fois pour toute que non, c’est non, que plus tard ne veut pas dire tout de suite, que peut être ne veut pas dire oui, que parce que veut dire qu’on ne veut plus entendre de pourquoi !
15- Eviter de chercher nos limites à tout bout de champ, elles sont là nos limites, là tout de suite alors il est inutile d’essayer d’en faire le tour elles sont déjà atteintes d’ailleurs.
16- Eviter de dire à un grand baraqué « mon papa il est plus fort que toi et il va te casser la gueule. »
17- Eviter de dire à maman en feuilletant un catalogue de sexes symboles « t’as vu maman ? celle-là elle est plus belle que toi ! »
18- Eviter de montrer les gens du doigt dans la rue en hurlant « t’as vu maman ? la dame elle a une grosse verrue sur le nez ! »
19- Lorsque maman réprimande pour cette marque d’impolitesse, ne pas protester pas en tapant du pied « mais c’ est toi qui me l’a dit !
20- Se lever le matin sans discuter quand il y a école
21- Faire la grasse matinée le week-end, les jours fériés, les jours de vacances
22- Ne pas dire beurk ! c’est dégueulasse avant d’avoir gouté
23- Ne pas dire beurk ! c’est dégueulasse après avoir gouté
24- Ne pas commencer toutes ses phrases par « maman » !
25- Ne plus jamais demander « qu’est ce qu’on mange ? »
26- Ne pas dire systématiquement « moi aussiiiiiiiiiii j’en veux » quand maman se fait une tartine au nutella
27- Se coucher sans discuter
28- Ne pas se relever vingt fois pour un câlin, un bisou, un pipi, un verre d’eau …
29- Arrêter de dire « j’ai pas fait exprès ! »
30- Ne pas attendre le début de Docteur House pour se souvenir qu’on a un papier super important à faire signer.
31- Eviter de poser des questions sur le sexe avant qu’on ait terminé de lire Dolto
32- Eviter de poser des questions sur le sexe au repas dominical réunissant parents, grands parents, oncles tantes et le curé du coin.
33- Eviter de poser des questions sur le sexe qui ne sont pas dans le livre que papa et maman viennent juste de terminer de lire
34- Eviter de tirer sur le petit truc dont la nature n’a pourvu que les êtres du sexe masculin en hurlant de fierté « t’as vu comme il est gros mon zizi ? »
35- Eviter de raconter à sa maitresse que nous les filles, on a un zizi à l’intérieur, parce que sorti de son contexte, c’est direct les services sociaux.
36- Continuer à dire à sa maman qu’on l’aime, qu’elle est la plus belle de toute les mamans, lui faire une belle crise d’Oedipe( et pas un truc rikiki de deux minutes) si on est un garçon.
37- Et tout pareil si on est une fille avec son papa (sauf que son papa il préfère encore savoir qu’il est grand et fort plutôt que beau)
Voilà mes petits. La liste n’étant pas exhaustive, il est possible d’en rajouter à l’infini (mais je vais encore me faire engueuler que mes notes sont trop longues ..) N’empêche que si vous faisiez l’effort de respecter ces toutes petites consignes sommes toutes insignifiantes, nous ferions des économies de psy, bouquins, magazines et pourrions regarder des feuilletons débiles à la télé au lieu de nous abrutir devant des émissions culpabilisatrice « je suis une mauvaise mèèèèèèèèèèèère ». Et entre autre, nous vivrions tous heureux dans un monde parfait.
Parfait.
Parfait … beurk !
Bien, me reste à préparer la charte pour les ados. Je reviens plus tard.
25 avril 2008
Euf euf euf ! ça vous dit quoi ?
Putain ! (oui je sais, je commence fort) pour que ma vie soit douce, il ne faudrait surtout pas que Rahan soit malade ou ait des analyses à faire. Alors quand les deux tombent ensemble ….
Ca me fatigue.
Hier, je rentre du boulot. Jusque là, tout est normal.
Rahan était en train de mourir écroulé sur la banquette tandis que les enfants s’abrutissaient devant la télé. Rahan agonisait entre deux râles.
Bon alors faut que vous sachiez que Rahan agonise exactement de la même façon lorsqu’il fait un pneumo thorax que lorsqu’il a un simple rhume. (si si, j’ai vérifié).
Et là, il a un simple rhume. Vous connaissez ? la goute au nez, un peu de toux, la tête un peu cotonneuse …
- Ahhhhhhhhhhh euf euf euf ! Ahhhhhhhhhhhhhh
- Tu es enrhumé ?
- Ahhhhhhhhhhh ! oui et euf euf euf ! pas qu’un peu Ahhhhhhhhhhh euf euf euf !
- Prend du sirop
- Ahhhhhhhhhhhh ! euf euf euf ! ah non je bouge pas ! euf euf euf ! je me sens trop mal
Bon ben agonise alors …
Comme je suis une femme de tête, une vraie, une qui en a marre de se faire manger la vie par des petites natures qui ne savent pas tendre le bras pour attraper le sirop qui n’attend que ça sur la table, je suis passée devant le sirop (non je ne le prendrais pas), devant Rahan (non je ne le plaindrais pas), je suis allée poser mes affaires, je suis repassée devant Rahan (non je ne le plaindrais pas) puis le sirop (non je ne le prendrais) et je lui ai servi une dose de sirop que je lui ai tendu et non je ne le plaindrais pas.
- Ahhhhhhhhhhhhhhh euf ! euf ! euf ! merci ahhhhhhhhhhhh !
Rahan se lève alors (radical le sirop moi je vous dis) et va chercher l’ordonnance qu’il a pour le scanner qu’il devait passer ce matin.
- Oh putain c’est pas possible ça merde ! (tiens ! point de euf euf euf ni de Ahhhhh !)
- … (je refuse de relever)
- Ca ferme euf euf euf ! à quelle heure les Ahhhhhhhhh ! pharmacies ? (ouf ! j’ai eu peur !)
- Elles sont déjà fermées (et non je ne demanderais pas pourquoi)
- Et elles euf euf euf ouvrent à quelle heure Ahhhhhhhhhhh ! le matin ?
Quoi ? vous ne saviez pas ? je suis une spécialiste moi. Je sais à quelle heure les pharmacies, les magasins de chaussures, l’auto école, le monop’, le Géant, le cordonnier, le vendeur de journaux et tout ce que vous voulez, je sais à quelle heure les commerçants ouvrent et ferment moi. Si vous ne savez pas, vous me demandez.
- Ca dépend à l’entrée de la ville, 8h30 celle en face de chez nous, 9h00, celle en face de la place …
- Ahhhhhhhhh ! euf euf euf ! c’est trop tard, c’est foutu !
Et là, Rahan se lève à nouveau et jette son ordonnance puis un autre papier, il fait le tout avec une rage telle que vous voyez moi, je n’y peux rien, je prends toute cette colère pour moi, je la prend dans la tronche, ça m’exaspère, c’est insupportable, je ne supporte pas quand il est malade !
- Ahhhhhhhhh ! euf euf euf !
Non, je ne lui demanderais pas pourquoi il a besoin d’une pharmacie. Il m’énerve quand il fait ça. Il voudrait que je me précipite, que je ramasse les papiers, que je lui demande ce qu’il veut faire avec une pharmacie …
- Et pourquoi tu as besoin d’une pharmacie ? (m’en fou, j’ai pas ramassé les papiers)
- Parce que demain je dois faire un scanner (oui merci je sais, une semaine que tu en causes) et que j’avais un produit à acheter et que comme d’habitude, j’ai oublié !
Imaginez ça sur un ton super super énervé, imaginez la tirade sans un Euf ni un Ahhhhhhhhhhhhh ! juste de la colère. C’est super communicatif moi je trouve. Et puis on n’a pas envie de poupouner quelqu’un qui réagit comme ça. Au contraire.
- Ben ce n’est pas la veille qu’on regarde ses ordonnances, tu le sais pourtant que tu as toujours des trucs à prendre avant ce genre d’examens. (Et toc !)
- Ahhhhhhhhhh ! euf euf euf ! mais j’ai acheté les cachets à prendre ce soir !
M’en fou, je demande pas ce qu’il a oublié d’acheter, il m’énerve il m’énerve il m’énerve !
- Ahhhhhhhhh ! euf euf euf ! bon ben c’est pas la peine que je prenne les cachets alors !
Non je réponds pas, je ne dis rien, je ne demande pas ce qu’il a oublié d’acheter.
- Ahhhhhhhhhhhhhh ! euf ! euf ! euf Ahhhhhhhhh ! bon ben j’annule le scanner alors !
- Ben si c’est urgent, tu appelles le commissariat, tu demandes la pharmacie de garde, et voilà, tu achètes ce qui te manque. (non je ne demande pas ce qui manque)
- Ahhhhhhhh euf ! euf ! euf ! je ne suis pas en train de mourir là !
- Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ! (non pas euf euf euf c’est moi qui cause là !) les enfants, grande nouvelle, papa n’est pas en train de mourir !
- Pourquoi tu allais mourir papa ?
- Ah c’est malin de lui dire des trucs comme ça !
- Ah mais non, je lui dis justement que tu ne vas pas mourir moi !
- Ahhhhhhhh ! euf ! euf ! euf ! bon ben j’annulerais demain alors
- Tu annuleras quoi ?
- Euf euf ! Le scanner. Euf ! euf !
Non, je ne lui demanderais pas ce qu’il a oublié d’acheter, je ne lui demanderais pas.
- Et qu’est ce que tu as oublié d’acheter ?
- Un produit euf euf qu’ils doivent Ahhhhhhhhh ! m’injecter avant le scanner Euf euf !
- Ah effectivement c’est ennuyeux. Ils ne doivent pas en avoir
- Ben non, euf euf euf sinon ils ne me demanderaient pas d’en acheter.
- Ben non, tu as raison, j’suis con moi. Le mec, il a eu un accident de voiture, il est dans le coma et ils doivent lui passer un scanner d’urgence, et au moment de passer sur la table, ils lui disent « ah non Monsieur désolé, vous devez tout d’abord passer à la pharmacie, on a besoin d’un produit qu’il faut vous injecter, alors tenez voici l’ordonnance, vous revenez quand vous aurez tout ok ? Allez hop hop debout !»
Je ne vous décrirais pas le regard que m’a lancé Rahan, il ne ressemblait en rien à celui qu’il posait sur moi le soir de notre nuit de noce.
- Donc demain tu débarques à 8 heures, tu fais la blonde « oh je savais pas que je devais acheter un truc moi ! » et tu proposes d’aller tout de suite en prendre (de toute façon, tu ne passeras JAMAIS à l’heure) ou sinon ils te diront qu’ils en ont et ils te le factureront et puis voilà
- Mais non, euf euf euf s’ils en ont, Ahhhhhhhhh ils doivent le garder pour ceux qui sont dans un état critique
- Ben tu leur dis que t’es en train de mourir d’un rhume !
Pour la petite histoire, Rahan a vérifié mes dires auprès de notre amie infirmière qui bosse dans le service où le scanner lui sera fait « comment ça t’as oublié d’acheter le produit ? » « ben oui, j’ai oublié, comme d’habitude » et l’infirmière a confirmé mes dires. Que ça m’a énervée qu’il ne me croit pas sur parole !
Oui, ils ont toujours du produit pour ceux qui oublient.
Et pour ceux qui agonisent.
Donc Rahan est doublement tranquille.
Mais la prochaine fois, je jure que je le laisse se démerder.
23 avril 2008
J'aimerais devenir
J’aimerais devenir un homme, mais maman dit que j’ai bien le temps, que j’ai encore des milliers de choses à faire et ce doit être beaucoup des milliers, parce que moi je ne sais pas encore compter jusque là !
Maman dit que je suis un petit garçon un peu trop pressé, mais qu’il faut que j’apprenne à être patient et à prendre le temps.
Je me suis demandé comment je pouvais bien prendre le temps et puis j’ai arrêté d’y penser. Parce que c’est vrai que je suis pressé, je suis pressé de grandir et de devenir grand et fort comme papa.
J’aimerais devenir un homme pour pouvoir me raser tous les matins devant la glace. Comme ça maman viendrait me faire des bisous longs à moi aussi en fermant les yeux et en souriant.
J’aimerais devenir un homme pour pouvoir choisir mon amoureuse. Parce que pour le moment, j’ai tellement d’amoureuses que j’ai du mal à choisir. Maman dit que c’est normal, que quand on est petit, on a toujours plein d’amoureuses et que quand on est grand, on a des fois la chance de rencontrer la vraie amoureuse et qu’on a envie de vivre tout le temps avec elle. Maman dit que si ça se trouve, je ne la connais pas encore ma vraie amoureuse mais moi je veux qu’elle ait le même âge que moi, c’est important parce que comme ça, on pourra grandir en même temps.
J’aimerais devenir un homme parce que maman m’a dit que je pourrais avoir des enfants quand je serais un homme comme papa. Et moi je voudrais avoir des enfants comme ça je pourrais les gronder quand ils feront des bêtises, mais bien sur je ne leur dirais rien quand ils n’en feront pas.
J’aimerais devenir un homme parce que comme ça, je pourrais conduire des voitures. Maman me dit que c’est normal pour le moment si je suis trop loin des pédales, que mes jambes vont grandir tout doucement jusqu’à ce que je puisse poser les pieds dessus. J’ai demandé à maman comment elle faisait pour rester à 40 km/h en ville, sans jamais dépasser et elle m’a expliqué qu’elle arrêtait d’appuyer sur la pédale quand elle voyait son aiguille sur 40. Moi je crois que ça doit être drôlement difficile de garder son pied sur la pédale comme il faut, mais là de toute façon, elles sont trop loin pour moi alors je ne peux pas essayer.
J’aimerais devenir un homme pour pouvoir lire des livres sans images et trouver ça intéressant. Parce que moi je n’aime pas trop quand il n’y a pas beaucoup d’images, ça me fatigue. Alors que maman, elle lit longtemps, tellement longtemps que des fois je n’ose pas la déranger pour lui poser une question. Et puis des fois aussi, elle pleure et je ne sais pas pourquoi. Moi mes livres, ils ne me font jamais pleurer. Mes livres, ils racontent toujours des histoires drôles qui me font rire. Alors quand maman pleure en tournant les pages de son livre, j’aime bien aller poser ma tête contre son épaule. Comme ça elle m’embrasse doucement sur les cheveux, elle pose son livre et elle me dit qu’elle m’aime.
J’aimerais devenir un homme pour pouvoir consoler maman quand elle regarde un film triste qui la fait pleurer. Elle dit que ce parce qu’elle a un rhume et que c’est pour ça qu’elle se mouche tout le temps, mais moi je vois bien qu’elle a des grosses larmes qui coulent de ses yeux. Je pourrais lui dire que ce n’est qu’un film et que les gens dans le film font semblant d’être tristes. Parce que ça l’énerve quand papa lui dit ça mais moi j’arriverais à lui dire sans l’énerver et elle me croira.
J’aimerais devenir un homme pour pouvoir regarder la télévision le soir tard. Parce que moi, je dois toujours me coucher tôt même si je n’ai pas école. Papa et maman disent que c’est important pour mon équilibre. Pourtant je leur montre que je peux garder l’équilibre sur un pied, longtemps, sans tomber. Mais ils sont toujours d’accord tous les deux pour que je me couche. Moi aussi quand je serais un homme, je serais toujours d’accord avec mon amoureuse que j’aurais choisi ! Et aussi je pourrais regarder les films de moins de dix ans, ou moins de douze ans. Parce que pour le moment, ils me font trop peur ces films là. C’est maman qui m’a expliqué que ce n’était pas pour moi ces films là, que je ne vois pas les images de la même façon qu’eux, que c’est pour ça qu’à eux ça ne fait pas si peur. Quand je serais un homme, mes yeux vont grandir et je pourrais voir les mêmes choses que les grands.
J’aimerais devenir un homme pour pouvoir lire des histoires comme le fait papa le soir dans mon lit. Il imite trop bien les voix, papa, il me fait rire quand il fait des grands gestes pour montrer que Monsieur en colère est vraiment en colère. Et puis il fait une toute petite voix pour faire parler Madame timide. Et puis il est trop fort pour faire parler mes peluches pendant l’histoire, elle est toujours différente avec lui l’histoire, même quand il me raconte la même.
J’aimerais devenir un homme pour pouvoir boire du café, avoir un téléphone et un ordinateur à moi tout seul et dire que je suis fatigué le soir quand je rentre du travail. Pour pouvoir faire la cuisine et ranger la vaisselle. Parce que j’ai appris à laver la vaisselle, mais je n’arrive pas encore à la ranger dans le placard, il est trop haut pour moi, même avec le marchepied !
J’aimerais devenir un homme pour ne plus avoir de devoirs après l’école et pour que personne ne me dise d’aller me brosser les dents. Parce que maman, elle ne dit jamais à papa d’aller se brosser les dents ! Elle dit qu’il sait ce qu’il a à faire. Alors ça m’énerve qu’elle me le dise tout le temps à moi, parce que je sais ce que j’ai à faire moi aussi ! J’aimerais être un homme pour pouvoir raconter ma journée à maman qui n’écouterait que moi et qui rigolerait avec moi quand je lui raconterais des blagues. Parce que là, je trouve qu’ils ont du mal à rigoler de mes blagues à moi. Ou alors ils font semblant. Ils doivent être trop grands pour les comprendre, c’est ma sœur qui dit ça.
J’aimerais devenir un homme pour pouvoir protéger ma sœur quand des grands au collège viendront l’embêter. Elle rigole ma sœur quand je lui dis ça, elle dit qu’elle espère qu’elle ne sera plus au collège quand je serais un homme. Mais moi je sais que si elle y est toujours, j’irais la défendre.
J’aimerais devenir un homme … mais là, je suis fatigué. Ca fait longtemps que je parle tout seul, et que vous m’écoutez en souriant. J’espère que vous ne riez pas de moi là ! Et puis c’est un secret tout ça, il ne faut pas le répéter à maman tout ce que je vous ai raconté. Parce que maman, elle trouve que je suis trop pressé, elle a envie de profiter de son petit garçon et elle a encore des milliers de choses à faire avec moi avant que je sois un homme. Alors il ne faut pas lui faire de la peine. Il faut lui dire que je prends mon temps, même si je ne sais pas comment l’attraper.
Ceci est ma participation au dernier atelier d'écriture des Impromptus littéraires : http://www.impromptus.fr/dotclear/
22 avril 2008
C'est nous quoi
Rahan :
- Je dois manger tôt ce soir, j’ai une prise de sang à 7 heures demain matin et je dois être à jeun de 12 heures.
C’est Rahan qui dit ça hein, ce n’est pas moi ! Parce que moi, je suis peut être blonde, mais je ne suis pas … pas à ce point !
- Et alors tu veux avoir terminé de manger à 19h00 ?
- Ah ben juste il faudra que je mange à 19h00
- Ah non, faut savoir si tu dois être à jeun de 12 heures top chrono après ton dernier repas de condamné, ou si tu dois être à jeun de 11h30 parce que si tu manges à 19h00, tu termines à 19h30 donc tu y perd une demi-heure !
- Tu te moques de moi là ?
- Pô du tout ! juste, si tu veux manger à 19h00 un dimanche soir vas y donc, je te mettrais à table avec ton fils… de six ans. Et nous les grands, on mangera un peu après.
- Ben oui mais j’ai une prise de sang, ils disent 12 heures.
- Parce que tu crois qu’il y a beaucoup d’andouilles avec un chronomètre qui débarquent au laboratoire « viiiiiiiiiiiiiiiiiite ! c’est bon ! je suis à 12 heures pile ! » Ils disent ça pour que tu ne manges pas la nuit. Ils disent toujours plus pour qu’on en fasse le minimum.
Au total, Rahan est sorti avec les enfants dimanche après-midi, n’a pas vu le temps passer, ils sont rentrés à 20h00.
Je leur avais mitonné une petit sauté de veau qui attendait sagement d’être dévoré.
- Ah ben non je ne mange pas, il est trop tard.
- ….
- …
- Mais t’es con ou quoi ? (je rappelle à la ligue de défense des droits de l’homme sans h majuscule que quand je dis « con », c’est affectueux !) tu n’as rien avalé depuis midi ! déjà que quand tu dépasses l’heure du repas d’une heure tu es à deux doigts de tomber dans les pommes (chochotte) et tu veux te coucher sans rien dans l’estomac !
Rahan a cédé, Rahan a mangé. Faut dire qu’une certaine odeur lui chatouillait sadiquement les narines.
- Voilà, tu seras à jeun de 10h30, si tu ne leur dis rien, ils n’y verront que du feu.
Le lundi matin, je m’éveille difficilement vers 7 heures. Rahan est là, dans le carré, à ne rien faire. Je m’inquiète parce que d’ordinaire, Rahan est déjà au boulot à 7 heures du matin.
- Mais qu’est ce que tu fais là ? tu es malade ? (oh non pitié, pas malade pitié pas ça, qu’il ne soit pas en train de mourir d’un rhume pitié pas ça, pit…)
- Non, j’attends l’heure
- Quelle heure ?
- L’heure qui dira que ça fait douze heures.
Putain je renonce !
Trois pommes
Derniers devoirs des vacances avant la reprise. C’est long parce que Timousse décortique tout, explique tout, commente tout, et comment il fait la boucle, et comment il gomme ses fautes, et comment ….. J’aide un peu Timousse en lui épelant des mots qu’il ne connaît pas encore.
- Le « c » de capitaine, le « ei » de baleine, le « d » de dindon …
- Mais non maman ! c’es t le « d » de dinosaure ! di-no-saure ! répète après moi di-no-saure ! tu pourrais faire un effort quand même hein !
- …
- Bon le mot suivant maman, tu ne me dis pas. Ze crois que ze vais faire du mieux que ze peux pour le faire tout seul. Alors le mot suivant, c’est « coton ». Mais tu me dis seulement si c’est le « en » de vent ou le « an » de dans.
- …
- Sauf que là, on s’en fisse du « en » de vent ou du « an » de dans parce que y’en n’a pas de en dans coton. C’est le on et le on y’en a qu’un de on. C’est le on de on.
Et on, comme chacun sait …. Moi ce gosse, il me laisse sans voix …
Boudeuse.
Une collègue qui a une fille du même âge que la mienne s’interroge sur la mise en place ou non de la conduite accompagnée pour son ado.
Et dans la conversation, me demande ce que je compte faire moi avec Boudeuse.
Je suis restée comme ça, sans réponse à apporter parce que j’avoue que la question ne s’est pas vraiment posée.
Nous n’avons pas abordé le plus petit sujet s’approchant d’un éventuel moyen de locomotion pour elle, quelque soit ledit moyen de locomotion motorisé … à deux, trois quatre ou six roues.
Donc j’ai expliqué à ma collègue éberluée que pour le moment, aucune demande n’émane de la bouche de ma fille vu qu’à part le trajet chez nous / collège / chez nous / cours de guitare / chez nous …. Elle ne bouge pas. Si ce n’est pour faire un tour en ville de temps en temps avec ses copines.
Donc non, la question ne se pose pas du tout pour l’heure. Et puis tout réfléchi, ce serait un tout autre permis dont Boudeuse aurait besoin.
Il lui faudrait un permis de téléportassions . Vu le peu de temps que Boudeuse passe sur la planète terre, vu ses navigations au cœur d’un système solaire à des milliers d’années lumières de notre galaxie, je ne vois pas d’autre moyen de transport pour lui permettre de passer d’une planète à une autre.
Bien, je vais me mettre en quête de la chose.
Moi :
Je travaille depuis deux heures dans un bureau dont la porte est nouvellement munie d’une petite fenêtre vitrée parce que boss en a marre que je sois enfermée et qu’il faut que je sois vue pour asseoir ma présence et mon autorité dans l’entreprise.
Ouaich. Maintenant, je ne suis plus enfermée, je suis dans un bocal. Et je bulle.
Le jeune menuisier qui m’a posé ça tout à l’heure (la porte et sa petite fenêtre vitrée) il m’a gentiment demandé de fermer la porte avec douceur au moins les deux premiers jours. « Sinon, c’est moi qu’on va engueuler si la vitre explose ».
J’en déduis que dès jeudi matin, je pourrais vaquer à mon occupation favorite, exploser la porte dès que quelqu’un me fera sortir de mes gongs (elle est pas bonne celle là ?)
En attendant, tous les crétins de la boite se sont amusés les uns après les autres à faire brutalement apparaître leur trombine dans le petit encadrement vitré, tout en étant persuadés qu’ils sont les premiers à les faire. Ah ! Ah ! Ah ! Ca les fait mourir de rire.
J’ai la sensation d’être au cirque. Du mauvais côté de la piste. Si y’en a un qui s’avise de me lancer des cacahuètes, je jure de lui pulvériser les siennes.
Non, je ne suis pas énervée.
C’est juste que toutes les dix minutes, y’a un abruti qui vient se bidonner derrière la vitre qu’il devrait faire gaffe, elle n’est pas blindée la vitre.
Qu’il devrait vraiment, vraiment faire gaffe.
Même pas vrai !
Je viens de faire ce test : Contre qui êtes-vous en guerre ?
En guerre contre vous : devenez votre meilleur ami
Votre premier ennemi, c’est vous-même, la personne avec laquelle vous êtes le plus dur et le plus exigeant. C’est donc avec vous qu’il faut faire la paix. Et la maintenir durablement.
Parfois, dans cette situation, les choses sont claires : on ne s’aime pas, on manque d’affection et d’estime de soi. Mais parfois aussi, elles sont plus subtiles. On peut être en guerre contre sa propre personne sans s’en rendre clairement compte : on a pris l’habitude de se mettre la pression, de se rudoyer, d’être très exigeant avec soi-même. Souvent pour de « bonnes » raisons : vouloir bien faire, vouloir mieux faire. On vit le régime, vite tyrannique, des « Il faut… », « Je devrais… », « J’aurais dû… ».
Mais rien n’est jamais assez bien, donc, pense-t-on, on ne mérite pas de s’arrêter ou de se reposer. Le plus grave, peut-être, c’est que l’on finit par ne plus voir que l’on se malmène, ne plus voir qu’il serait possible de vivre autrement. Jusqu’à ce que quelque chose craque et se déchire, avec pour résultats : conflits, échecs, souffrances du corps…
Bien sûr, on tire des bénéfices de cet état de guerre contre soi-même, on ne continuerait pas ainsi pendant des années, si rien d’utile n’en découlait. Se maintenir sous pression permet certaines performances extérieures : réussir dans son métier, gagner de l’argent, avoir une belle image sociale…
Mais gare au prix à payer : par les proches, le corps, le bien-être intérieur. Et à long terme, on risque fort d’être rattrapé par les inconvénients : sentiment de ne pas être heureux, frustration, difficulté à maintenir le lien avec les gens que l’on aime…
Pour vivre en paix avec soi, il faut le décider, oser s’écouter, cesser de toujours repousser à plus tard ses aspirations au plaisir ou au bonheur. Décider d’être son meilleur ami. Comprendre que faire la paix avec soi, ce n’est pas renoncer à progresser et à s’améliorer, mais c’est décider de le faire dans un climat d’« autogentillesse » et de non-violence. Et puis ouvrir un peu les yeux et se tourner enfin vers soi, s’arracher aux leurres, aux distractions proposées par la société et qui empêchent de réfléchir à soi. L’enjeu est de taille : « Quand on ne trouve pas son repos en soi-même, il est inutile de le chercher ailleurs », écrivait François de La Rochefoucauld dans Maximes*.
21 avril 2008
J'suis con j'suis con j'suis con j'suis con ....
Je n’arrête pas de râler parce que …. Quoi ? quoi je n’avais pas besoin de préciser que je n’arrêtais pas de râler ? Dooooooooooooooonc je n’arrête pas de râler parce que c’est toujours moi qui fais tout.
Pour les enfants s’entend.
Que déjà ça arrange bien Rahan de bosser le mercredi (alors que moi non) comme ça, les cours de voile de Timousse c’est pour ma pomme.
Ca fait un mois que je demande à Rahan de passer chez le photographe avec Timousse pour que je puisse faire la demande de carte d’identité.
Vendredi, j’avais posé ma journée. (oui je sais, je suis difficile à suivre mais cette semaine là, j’avais échangé mon mercredi avec le vendredi faut tout vous expliquer, on dirait Timousse ! (ou Boudeuse quand je dois lui rendre des comptes)).
De guerre lasse, j’ai accompagné moi même Timousse chez le photographe, la séance a duré une heure parce qu’ils nous font chier avec leurs nouvelles directives !
Et en rentrant, j’ai quelque peu râlé parce que du coup, j’ai du aussi passer à la Mairie pour faire la demande de cartes pour Timousse et moi et que j’ai failli exploser la tronche du fonctionnaire quand il m’a dit qu’il n’avait pas besoin de mon certif de nationalité de ce doux pays qui est le mien, alors que je me suis battue 8 mois avec l’administration pour l’obtenir !!!!
Bordel ! Tu vas le prendre mon certificat, même si tu crois ne pas en avoir besoin, parce que moi je te dis haut et fort que t’as intérêt à en avoir besoin de ce putain de certificat !
Donc, j’ai rangé mon certif’ dans ma pochette et mon agacement avec parce que faut pas énerver les représentants de l’état surtout quand on a besoin d’eux.
Deux minutes plus tard, ledit représentant m’a demandé le précieux document « ah si finalement, j’en ai besoin ».
J’vous jure qu’y a des jours, faut que je pense à remercier la coach qui m’a montré comment faire de la respiration par le ventre !
Alors je reprend parce que quelque part, je m’égare là.
Donc, je râlais vendredi soir parce que c’est moi qui fais tout pour les enfants. Et j’énumérais à Rahan
- Les rendez-vous orthodontiste pour Boudeuse
- Les rendez-vous conseiller d’orientation pour Boudeuse
- Les rendez-vous prof principal pour Boudeuse
- Les conseils de classe de Boudeuse auxquels j’assiste
- Les réunions parents profs auxquelles j’assiste
- Toute la paperasse pour les différentes inscriptions pour Boudeuse
- Les déplacements divers et variés pour Timousse
- Le cours de voile pour Timousse
- Le rendez vous chez le dermato pour Timousse
- Le dossier d’inscription pour l’an prochain pour Timousse
- Les cours de hiep ti vo machin pour Timousse
- La carte d’identité pour les enfants
- Les photos d’identité pour la carte d’identité
- Les rendez-vous médecin/pédiatre pour les enfants
- Les rendez-vous dentiste pour les enfants
- Etc …
Et donc, une idée lumineuse m’a traversée l’esprit. J’ai dit à Rahan qu’il devait participer.
Donc, je lui ai dit qu’il y avait le rendez-vous à prendre chez le médecin parce que j’ai besoin d’un certificat d’aptitude pour Timousse, avant la fin du mois pour son inscription de l’année prochaine au centre aéré.
Et que vu que je fais tout le reste, il pouvait AU MOINS faire ça.
Ce ne fut pas simple. L’a beaucoup soufflé. J’ai obtenu qu’il accompagnerait son fils vendredi à 17h00 chez le médecin.
Ma toute première victoire !
Ce matin, j’étais heureuse de retirer ce rendez-vous de ma longue liste.
Ce matin, Rahan m’a appelée pour que j’appelle MOI le médecin afin de prendre rendez-vous à sa place. Parce que vous comprenez, il n’a pas le temps de le faire, mais il a le temps de m’appeler pour me demander de le faire à sa place.
J’ai appelé le médecin. Qui n’était pas là. J’ai imposé le rendez-vous toute seule comme une grande à son répondeur. J’ai laissé le numéro de téléphone de Rahan pour qu’elle le rappelle si besoin.
Une heure plus tard, le médecin ME rappelle. Soit disant que je n’avais pas été assez claire en énumérant le numéro.
Le médecin m’annonce que le vendredi à 17h, ce n’est pas possible.
Et moi, cruche blonde andouille triple abrutie que je suis, je lui dis que bon ben ce n’est pas grave, je prends rendez-vous pour le mercredi 17h00.
Mercredi à 17h00.
Mercredi, je ne travaille pas donc c’est pour ma pomme !
Mercredi faut être con hein !
Alors que mercredi, j’ai rendez-vous pour Timousse à 9h30 chez le dermato, à 13h30 à la voile, et maintenant à 17h chez le médecin. Je vais encore stresser parce que le cours de voile se termine à 16h30 à l’autre bout de la ville.
Mais que j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con j’suis con !
17 avril 2008
Soirées blog
Depuis que je suis rentrée de mon court voyage parisien, je suis fébrile.
A la fois comblée et un peu légèrement complètement à fleur de peau. Bon bon d’accord, ça m’arrive souvent d’être à fleur de peau.
Bon bon d’accord, je suis tout le temps à fleur de peau.
Ben là, c’est encore plus que d’habitude. Si si, c’est possible !
D’abord, j’ai vécu des moments forts avec mon frère. Cela fait des années que nous ne nous sommes pas retrouvés tous les deux seuls. D’habitude, nos retrouvailles se font en vacances, avec toute la famille, c’est bruyant ça ri ça cri dans tous les sens, nous parlons peu. Là, nous avons passé des heures et des heures en tête à tête. Et nous avons retrouvé naturellement nos marques. Comme avant, la vie n’a rien émoussé bien au contraire. Ca, c’était la journée.
Les nuits étaient plus folles. J’ai retrouvé des blogueurs que je connaissais déjà, d’autre que j’ai rencontré pour la première fois et la magie était toujours au rendez-vous.
Ca vous est déjà arrivé de passer des soirées uniquement entouré de personnes que vous aimez énormément, avec qui vous pouvez parler absolument de tout, sans qu’un seul groupe ne se forme et s’isole (putain je déteste ça quand on sort en groupe et qu’il y en a deux qui marchent à 50 mètres devant pour se raconter des patati patata à vous demander ce que vous foutez là, et vous si vous ne seriez pas mieux sous votre couette avec un bon roman), d’avoir la sensation que ça a toujours été ainsi, que vous pourriez presque évoquer des souvenirs communs de gamins alors que vous ne vous connaissez que depuis quelques mois, de vous sentir apprécié et accepté tel que vous êtes, que tout le monde soit aux petits soins avec tout le monde ?
Ben voilà, c’était ça. Moi, je n’avais jamais vécu ça. Pas de reine/roi de la soirée, nous étions tous des reines et des rois. Et sus aux gueux !
Nous avions deux chevaliers servants, des comme il n’en existe plus, des vrais gentils, des vrais prévenants, des vrais attentionnés.
Nous avions tous rendez-vous quelque part dans la Capitale, un seul était à l’heure au rendez-vous, mais si nous étions en retard c’était la faute à ma jolie blonde co-blogueuse qui se trompe tout le temps de direction dans le métro. Eh oui, à force de regarder les beaux garçons et de les suivre sur les quais, on finit par prendre la ligne 9 quand on veut voyager sur la 6. Une fois que j’ai réussi à remettre à l’endroit la jolie tête sur les épaules de la jolie blonde, nous nous sommes retrouvés sur le bon chemin. C’était aussi la faute à un grand garçon qui se la joue « je bosse moi pe