Au fil de l'eau

"Avant, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants."

13 mai 2008

Coup de gueule incompréhensible mais je me comprends.

Ca fait un moment que je tourne et retourne le problème sous tous ses angles, mais voilà je ne sais toujours pas comment l’aborder.

Tant pis, je me lance. Ce sera décousu mais au moins ça restera moi.

Il y a une nouvelle mode aujourd’hui, enfin ça doit durer cette mode mais moi je ne la ressent que maintenant, c’est de montrer du doigt les parents.

Il fut un temps, il y a eu cette mode où les parents étaient systématiquement culpabilisés lorsque leurs enfants avaient des problèmes. J’ai même entendu dire une fois que les enfants qui naissaient autistes étaient des enfants non désirés pendant la grossesse, que la mère les avait rejetés pendant neuf mois et que donc le gamin s’était fermé au monde extérieur. C’est bien. Les parents n’ont pas assez à porter la différence de leur môme et à la vivre au quotidien, il faut en plus qu’on aille leur dire qu’ils sont responsables. C’est tellement plus facile, quand on ne comprend pas.

Et puis on a dit stop. Stop à la culpabilisation systématique des parents, on a décidé de leur tendre la main quand ils se cassaient la gueule dans la piscine plutôt que leur enfoncer la tête sous l’eau.

Mais aujourd’hui, il y a cette nouvelle mode. Comme on a commencé à dire d’un gamin un peu vivant qu’il était hyperactif, mais putain est ce que vous avez déjà vu un hyperactif, un vrai dans votre vie pour vous autoriser à sortir des conneries pareilles hein ? je vous le demande ? comme on a commencé à dire ça donc, on a commencé à montrer du doigt tous les parents un peu trop « cool » et à les taxer de démissionnaires.

Vous voyez, j’ai changé un peu la présentation de mon blog (merci Tonga Soa) pour pouvoir réafficher ma citation favorite : « avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants »

Et ma note d’aujourd’hui, elle va super bien avec ce changement, je trouve.

Il y a effectivement de plus en plus de parents perdus, dépassés, submergés par leurs gamins. Et qu’est ce qu’on fait ? on les montre du doigt. Eh oui, on recommence. Bon ok. Y’en a, c’est vraiment grave, ceux qu’on nous montre chez super nanny ou chez le grand frère. Ok. Là, ça frise la pathologie le môme qui dort dans le lit avec la mère et vire le père la nuit, le môme qui impose ce qu’il va manger à 5 ans, qui connaît à 15 ans le code de carte bleue de ses parents, qui insulte ses parents, qui les frappe même …

Mais moi je dis qu’il ne faut pas tout mélanger non plus. On peut être dépassé par son gamin sans être obligatoirement démissionnaire. On cherche. Vous savez ce que ça veut dire vous chercher ? vous croyez qu’il y a un mode d’emploi à la naissance de chaque môme ? Mais non, c’est mieux de montrer ces personnes du doigt, de les juger, de dire en se gaussant « ah bon ? ces parents ne savent pas qu’avoir des enfants, c’est aussi les éduquer ? »

Ben si connasse, ils le savent ces parents, seulement ils ont une histoire ces parents peut être, ils ont un environnement qui fait que ….

J’ai eu deux enfants. Je me suis pris tellement de tarte dans la gueule moi, justifiées ou non, qu’à la naissance de ma fille, je me suis jurée de ne jamais lever la main sur mon petit bout d’amour tout fragile que je tenais dans les bras. Boudeuse était une enfant facile, ce fut une chance pour moi. J’ai quelque fois dérogé à ma règle et ai réalisé que ces quelques fois, l’exaspération guidait mon geste plus souvent que la nécessité. Et je m’en suis terriblement voulu. D’ailleurs, elle même n’a pas oublié. Tellement on peut les compter ces fois là.

Mais c’était facile avec Boudeuse, c’était très facile. Même son adolescence ne me perturbe pas plus que ça, c’est une enfant facile et puis voilà. J’ai laissé couler pas mal de choses avec ma fille, et tout c’est bien passé. Ca n’a pas du tout été le cas avec Timousse.

Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai eu honte dans la rue, à trainer un petit truc minuscule qui salissait encore sa couche, rouge de colère et hurlant comme si je l’égorgeais juste parce que je lui interdisais de courir sur la route. Parfois je rentrais chez moi tellement à bout que je le jetais presque dans les bras de son père ce bidule gigotant et je m’effondrais en larmes. Larmes de honte, de colère, d’impuissance. Et Rahan le pauvre, il se retrouvait avec un moins d’un mètre gesticulant dans les bras et sa femme en crise pleurnichant sur son épaule.

Je sais qu’il y en a qui s’en tape des caprices de leurs mômes, moi j’en suis incapable. Je le vis comme une injustice, une humiliation, je sens le regard désapprobateur des autres peser sur moi. Quoi que je fasse, je croise un regard plein de jugement. Que je lui colle une calotte sur les fesses de nerfs, que je le traine derrière moi sans rien dire, que je hurle plus fort que lui … quoi que je fasse, il y a toujours un connard (ça marche tout aussi bien au féminin) qui fait une remarque. Il faut s’en foutre ? ben je n’y arrive pas et puis c’est tout. Faites pas chier, je suis en crise là.

La mode aujourd’hui, c’est de nous balancer dans la tronche qu’on sait pas s’y prendre avec nos monstres, qu’on ne sait pas leur poser des limites, qu’on ne sait pas punir par peur de désamour.

Putain si c’était aussi simple que ça, on convoquerait les parents à la naissance et on leur donnerait le truc et basta.

Faudrait peut être cesser une bonne fois pour toute de faire un amalgame entre les parents vraiment à côté de la plaque et les parents juste dépassés. Quoi je l’ai déjà dit ?

Y’a une histoire avant, pendant un enfant. Il y a souvent une histoire douloureuse d’ailleurs chez les parents dits laxistes. Alors oui, j’avoue. Timousse, j’ai fui le conflit très vite avec lui. Parce que j’ai eu peur. Peur de reproduire peut être. Il y avait un avant qui me pèse encore dont je porterais les marques à vie. Il y avait un pendant douloureux qui me forçait à me concentrer sur ma fille pour la maintenir en vie. Il y a eu un pendant durant lequel je regardais son père crever dans un hôpital de merde et jamais de ma vie je ne me suis sentie aussi seule qu’à ces moments là. Et il y avait des connasses dans la rue qui ricanaient de mon incapacité à tenir correctement ma progéniture.

Alors oui, j’étais une conne de maman incapable de donner des limites à son gosse parce qu’il m’était plus facile de céder au moindre caprice plutôt que l’affronter en duel vu que je n’avais plus la moindre énergie pour ça.

Et oui, par la suite, Rahan et moi avons été perdus devant ce petit garçon aux yeux et au sourire ensorcelant qui nous marchait sur la tête à trois ans.

Timousse comprend très vite les limites que nous lui donnons mais il tente régulièrement de les transgresser. Ce qui a été beaucoup moins le cas avec sa sœur.

C’est comme ça, les enfants sont différents. Ils arrivent dans nos vies à des moments différents. Et toute notre éducation est à revoir à chaque enfant. Il nous faut nous adapter, mais rien n’est simple. On n’a pas toujours la force. On a réagit pour Timousse quand il a eu trois ans. On a agît quand il en a eu quatre. Parce qu’avec Rahan, on se disait que si on le laissait continuer comme ça, à quinze ans il nous marcherait sur la tête. A quinze ans, il serait un ado tortionnaire et il nous mangerait le nez.

Et aujourd’hui Timousse a un putain de caractère, parce que c’est SON caractère, mais on s’en sort beaucoup mieux avec lui.

Donc, vous les bien pensants qui passez votre temps à vous demander si nous, parents, avons bien compris qu’élever un enfant voulait dire aussi lui donner des limites, sachez que je vous emmerde. Et qu’il est super facile à mon humble avis de montrer les faiblesses de l’autre plutôt que regarder sa propre connerie dans un miroir.

Je vous emmerde parce que vous faites certainement partie de ces mêmes bien pensants qui ne bougent pas quand le môme du dessus hurle sous les coups d’un parent maltraitant. Parce que vous êtes ces mêmes bien pensants qui riez devant les remarques humiliantes d’un parent castrateur vis à vis de son enfant. Et votre silence vous rend coupable.

Et qu’on ne vienne pas me dire que si on parle autant des parents qui ne donnent pas assez de limites (pas assez de VOS limites) et moins de ceux qui en donnent trop, c’est parce que le premier est plus fréquent que le second.

On parle d’un phénomène de mode. On va dire d’un parent qui laisse couler certaines choses qu’il est laxiste. C’est la mode. On montre du doigt. Et si on parle moins des parents maltraitants, ce n’est pas du tout parce qu’il y en a moins. D’abord qu’est ce qu’on en sait ? si on en parle moins, c’est parce que c’est tabou. C’est tout.

Nous, nous étions des gosses super sages qui passaient les repas de noces à table avec interdiction de nous lever, interdiction de parler, interdiction de tourner la tête, interdiction d’être des enfants. Ah ça nous étions super bien élevés. Tous les autres gamins jouaient, couraient, dansaient, pas nous. Nous étions là sans bouger. Et bien mes enfants, ils se lèvent pendant le repas au restaurant, ils vont regarder les poissons danser dans l’aquarium, ils vont demander eux même leur grenadine au comptoir et même si ça vous emmerde, je vous emmerde encore plus. Ca ne les empêche pas d’être polis, de dire s’il vous plait, merci, bonjour, au revoir. Même si parfois j’ai du mal à faire baisser le volume de leurs cris. J’ai du mal mais j’y arrive. Des fois, pas toujours.

C’est bon, ça, c’est dit.

Posté par Kaliuccia à 18:51 - Commentaires [26] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

D'arbres en mât

Je ne vous cache pas qu’on s’est engueulé comme un vieux couple, au point qu’un des animateurs sur place m’a gentiment demandé de lui fiche la paix et de lui faire confiance.

Glups.

Je ne vous cache pas qu’on m’a tout aussi gentiment fait remarquer que j’avais confiance en ma fille, à qui je fous depuis toujours une paix royale dans ce type d’activité, mais il faut dire qu’elle se débrouille trop bien.

Il faut dire aussi que Boudeuse, elle a toujours été super prudente, mais surtout très zen.

Ce qui n’est pas le cas de Timousse. Timousse qui trépigne, tape du pied, gigote dans tous les sens à plusieurs mètres de haut au-dessus du sol quand ça ne se passe pas comme il veut. Timousse qui a un moment voulait faire demi-tour sauf qu’il ne pouvait pas faire demi-tour.

Timousse qui quand j’ai arrêté de m’engueuler avec lui a assuré. De quoi je parle ? de ça :

vero_2

Je n’ai pas compté les mètres qui séparaient mon petit homme de la terre ferme, j’ai eu mal au ventre, au bord de la crise d’asthme, j’ai eu le vertige, mais surtout j’étais fière de lui.

vero

Une fois que j’ai écouté le gentil monsieur, j’ai pu voir que mon fils utilisait parfaitement ses « moustecons » et était vraiment sensibilisé sur la nécessité de respecter les consignes de sécurité.

Et pour terminer en beauté, Timousse qui, perché tout la haut, me dit « maman, ze suis trop fier de toi comme maman ! tu as touzours des supers idées ! »

Et le lendemain, c'était mon tour.

M’enfin il ne s’agissait pas de la même cime.

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Un bon moment accrochée tout là-haut, à poser une nouvelle poulie et y faire passer la nouvelle balancine vu que la toute dernière a littéralement explosé lors de notre dernière sortie en mer.

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Allez, je vous la refais depuis le début pour que vous compreniez un peu mieux. La mauvaise nouvelle c’est que nous sommes restés bloqués au port pendant ce sympathique viaduc.

Vu que lorsque Rahan a décidé de me hisser en haut du mât il a trouvé que le winch faisait un bruit peu catholique.

Ce à quoi je lui ai rétorqué que oui bon d’accord, mais lorsque je l’utilise pour remonter l’annexe à bord ou hisser la grand-voile, il fait le même bruit. Ce à quoi il m’a fort à propos répondu que c’est l’annexe qu’on hisse à ce moment là …

Bon, j’en ai déduis que je comptais plus à ses yeux que l’annexe, ce qui pour un homme des âges farouches est pas mal du tout.

Donc, Rahan s’est mis en tête de démonter le winch. « Matériel de merde qui coûte une fortune, plein le cul de bosser le week-end »….

C’est ce jour là que j’ai décidé d’accompagner mes enfants se promener dans les arbres et jouer à Tarzan. (qui est par moment bien moins sauvage que Rahan !).

A notre retour, Rahan n’était pas du tout calmé, au contraire.

Le hic, c’est que le winch n’a pas voulu venir tout seul, c’eut été trop simple. Qu’entre temps, la pompe de cale de la douche a rendu l’âme et qu’on s’excuse d’avoir besoin de se laver … « matériel de merde qui coûte une fortune, plein le cul de bosser le week-end » et que le moteur a hurlé un besoin urgentissime de vidange. Et je vous épargne le petit outillage qui a la bonne idée de tomber en panne à ce moment là, les rallonges électriques qui ne veulent plus fonctionner juuuuuuuuuuuuuuste quand on en a besoin …. Oui oui c’est ça, vous avez compris, matériel de merde qui coûte une fortune, plein le cul de bosser le week-end.

Quand le winch a bien voulu se laisser aller, c’est son support qui a décidé de faire de la résistance.

Donc, nous avons opté pour le plan B.

Le lendemain, pour me hisser au mât, Rahan a du faire tout un savant montage (plein le cul de bosser le week-end) avec des poulies (qui coûtent une fortune) pour accéder à un autre winch (qui, vu qu’il a bien fonctionné, n’est pas du matériel de merde). Et c’est là que j’ai fait ma part du boulot.

En attendant, le winch qui a lâché en premier est toujours en pièces détachées.

Sans winch pour hisser la voile, point de virée en mer en perspective.

M’en fou. Samedi soir, notre ami pêcheur nous a offert du poisson fraîchement pêché. Outre le fait que la chose ne nous ait pas coûté une fortune, il était trop bon.

Posté par Kaliuccia à 11:41 - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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