21 mai 2008
Rebondissements
Ca ne m’arrive pas souvent, mais je vais rebondir sur une note de Coumarine : http://coumarine.canalblog.com/. Coumarine que j’aime beaucoup lire parce qu’elle écrit vraiment trop trop bien (mais ça je n’ai pas besoin de le lui dire, elle le sait déjà, c’est bien pour ça que je le dis ici parce que ici je peux dire plein d’évidences si je veux, vu que c’est chez moi).
En lisant sa dernière note donc, j’ai devinez quoi ? pensé à ma petite personne, mon blog, la relation que j’avais avec lui, ce qu’il m’apportait ou pas, ce que je faisais de lui … ou ce qu’il fait de moi.
Sans être tombée dans l’addiction totale, j’aime bien venir souvent ici parce que, vous ne l’aurez certainement pas deviné mais … je suis quelqu’un d’ultra super bavard et j’adore parler de moi.
Parler de soi, avec son entourage, ce n’est pas toujours facile. Pour que ça se passe bien, il faut que toutes les conditions soient bien réunies et avouons le, ce n’est pas toujours le cas.
Il y a des personnes de ma famille qui pensent (et disent) que je « ramène tout à moi ». Ce qui n’est pas tout à fait faux. Je suis nombriliste et égocentrique, éternelle ado qui se remet en question et s’interroge bien souvent sur des petits trucs insignifiants. Seulement bon, je sens l’agacement là parce qu’en rapportant tout à moi, j’empêche l’autre de le faire. Je passe devant, lui pique la first position et ça, ça ne se fait pas. Oui je sais, je peux sembler méchante, mais non. Juste, je deviens lucide. Froidement lucide.
Il y a Rahan qui répond par oui-non-ah-bon et quand il fourni un énorme effort : je-sais-pas. Difficile avec ça de causer longuement de soi, de son petit nombril et du connard qui nous a fait une queue de poisson ce matin.
Il y a mes proches, les autres, ceux que j’ai choisi, qui ne sont pas toujours disponibles. Qui ont leurs propres soucis, un très joli nombril aussi mais qui eux au moins m’écoutent et me répondent. S’ils le peuvent. Parce que mes questionnements sur le dernier bouquin que je viens de lire à deux heures du matin, y’a pas grand monde qui voudra en discuter devant un bon café ou un thé brûlant.
Il y a mon blog. Ah là là, celui là, comme je l’aime ! Lui il va m’écouter à toute heure et il va mettre son humeur dans sa poche quand je viendrais balancer la mienne. Lui, il n’aura pas de gosses qui viendront le tirer par la manche pour venir voir un truc suuuuuuuuuuuuuuper important au moment où j’en serais à la chute de mon histoire. Et lui, quand je lui aurais confié un truc important, si la honte me vient à ce moment là, je peux toujours appuyer sur la touche effacer et il oubliera vraiment ce que j’ai dit.
Oui oui, j’y viens à la note de Coumarine. Elle dit ceci : « alors soudain cela devenait comme une mission que j’avais à remplir : ne pas décevoir ceux qui me lisaient, leur apporter leur nourriture quotidienne, les idées sur lesquelles ils allaient pouvoir réfléchir ou rebondir .. »
Ne pas décevoir ceux qui me lisent. Croyez pas, ça m’est arrivé avec l’autre blog. Et c’est aussi en partie pour ça que je l’ai fermé (en partie j’ai dit, on se calme) mon blog ne m’appartenait plus.
Avant d’écrire une note, je me demandais si elle allait plaire, cette note. Je me demandais ce qu’elle allait susciter chez l’autre, je me demandais si j’allais avoir des commentaires, si on rebondirait ici et là, si je n’allais pas choquer en abordant ce sujet, si je ne collais pas trop de gros mots à chaque phrase, si je n’employais pas trop de « on » … j’ai fini par écrire mes notes en fonction de l’humeur de mon entourage et non plus de la mienne.
Et ça m’a rappelé un peu trop une époque de ma vie où j’étais incapable de choisir un vêtement (entre autre). Je restais des heures à regarder la même jupe, le même pull, sans réussir à me décider. Est ce que ça allait LUI plaire ? Est ce qu’il aimera ou est ce qu’il me rira au nez ? qu’est ce qu’il va dire si je l’achète ? est ce qu’il préfèrerait cette couleur ou celle là ?
Jusqu’au jour où j’ai compris que je ne regardais pas avec mes yeux mais avec les siens. Non parce que vous allez me dire que c’est un peu normal de vouloir plaire à l’élu de son cœur quand on choisi un vêtement. J’avais depuis longtemps dépassé ce stade. Je m’étais placée au second plan pour lui laisser toute la place, je restais sagement assise dans un minuscule recoin, spectatrice de ma propre vie. Parce que quand on en vient à réagir comme ça pour le simple achat d’une putain de jupe de merde qui risque fort de terminer sa vie de jupe tout au fond d’un placard, et bien c’est que c’est à l’image de notre propre vie : tout au fond d’un placard. Insipide, invisible, sans intérêt, vide, morte.
Bon ok, je vous accorde que j’ai de bien étranges façons de raisonner. Je rebondis de Coumarine à mon égo, en passant par mon blog et ma relation à lui, et je termine par l’achat d’une jupe dont j’ai jusqu’à oublié la forme.
Aujourd’hui, j’en suis à mon troisième blog je crois. Mais en même temps, c’est le tout premier. Le tout premier où je décide. Je décide ce que j’ai envie de faire, d’écrire, de lire … ou pas. Je. Pas lui, pas vous, pas eux. Moi. Mes notes sont à l’image de mon humeur bien souvent. J’ai volontairement décidé de ne pas aborder de sujets trop intimes (ne vous énervez pas, je sais très bien ce que je veux dire par intime) et je sais que ce faisant, j’ai perdu pas mal de monde en route. Ce n’est pas grave. Je fais ce que j’aime, et je partage ce que j’aime avec ceux qui veulent bien recevoir.
Il y a un ou deux ans, je n’aurais jamais pu participer à des ateliers d’écriture en ligne. Parce que je savais que ce n’était pas ce qu’attendaient ceux qui venaient me lire. Et puis allez avouons, parce que j’avais un tout petit honte de me lancer là-dedans.
Maintenant, je me dis que si j’étais écrivain (oui on se calme, je parle au conditionnel, non mes chevilles ne gonflent pas, non je ne me la joue pas, je dis SI, c’est comme Paris dans sa bouteille) donc, si j’étais écrivain, j’écrirais un livre et j’attendrais certainement l’avis des critiques, de mon entourage direct, j’espèrerais qu’il ferait un tabac, je m’imaginerais déjà riche et adulée, harcelée par les médias et les foules mais … je n’attendrais pas un avis sur une page, une idée que j’aurais posée. J’attendrais un avis général. Sur la qualité d’écriture, sur l’histoire, les personnages etc.
Ben sur un blog c’est quand même complètement différent. A partir du moment où on s’autorise à passer devant l’autre, et écrire aussi des choses qu’il n’aime pas lire, cet autre, aussi proche soit il.
Sur un blog, on va écrire une note qui peut aller de 2000 signes ;-) à trois pages, et on va attendre. Attendre les réactions. (Ca c’est l’addiction aux coms mais on en parle tellement que je n’ai rien de plus à ajouter)
On va pondre sa note et on va avoir des réactions parfois très rapides, parfois sur plusieurs jours. Pourquoi je raconte ça moi ? ah oui.
Sur mon blog, depuis que je suis moi (et croyez moi, j’ai vachement changé dans ma vraie vie aussi ces derniers mois il y a des copines qui ont du mal à me reconnaître) j’écris de plus en plus volontiers. Je suis heureuse très heureuse lorsque je suis commentée (sinon je tiendrais un journal) mais je comprend si je n’ai pas de réaction. C’est sur que celle (celui) qui débarque sur mon blog en se disant que tiens, elle va voir les dernières péripéties de Timousse et Boudeuse et qu’elle tombe sur un texte comme, au hasard, la date de péremption, elle doit regarder plusieurs fois si elle ne s’est pas plantée de lien. Il y en a même qui m’ont dit ne même pas lire mes participations aux ateliers d’écriture.
Avant, il aurait fallu qu’une personne me dise ça pour que je ne participe plus aux ateliers d’écriture. Aujourd’hui, je continue parce que j’aime ça, tout simplement.
Donc, je suis en train de m’emberlificoter dans mes explications, mais la dernière note de Coumarine m’a tout de même inspiré ceci. Aujourd’hui, je me sens libre. Libre d’écrire ou pas ici. Libre de me la péter avec un texte que j’ai adoré écrire ou de me ridiculiser en racontant la dernière honte de ma vie. Je vis une belle histoire avec mon blog, j’ai moins de hantise à ce que l’on me reconnaisse à travers mes mots, je me dévoile moins tout en me racontant. Mais surtout, je fais ce que j’aime.
Et de vous savoir toujours là, au rendez-vous, silencieux ou pas, et bien ça me touche vraiment. Vous passez au-dessus de mon « égoïsme ». Je ne suis plus dans l’attente, je me contente de donner et de recevoir et putain que c’est bon d’être comme ça.