Au fil de l'eau

"Avant, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants."

30 juin 2008

C'est pas juste

Je crois que je vais mettre en place chez moi un nouveau code, arrêter de penser que tout ce qui est décidé, mis en place, exigé chez nous l’est uniquement pour emmerder mes gosses.

Je suis assez laxiste en matière d’éducation, je le sais et je le paie chèrement aujourd’hui.

Parce qu’à avoir trop protégé ma fille fragilisée si tôt par la cruauté de certain, je ne lui ai fixé aucune limite. Je ne m’en étais pas vraiment rendue compte jusqu’à aujourd’hui, c’était une enfant facile, une ado facile, une personnalité agréable.

J’ai cru que j’avais établi encore moins de règles avec Timousse et que c’était ce qui avait fait de lui l’enfant ultra chiant « ça existe pas siant ! ze suis pas siant moi ! » qu’il est aujourd’hui, mais non. Timousse est différent, plus actif, plus vindicatif, plus exigeant. Donc lui nous le prenons en main dès aujourd’hui pour éviter qu’il ne nous marche sur la tête dans un peu moins de dix ans.

Boudeuse elle, n’avait aucun besoin jusqu’à maintenant. Aujourd’hui, elle a un cercle d’ami(e)s qu’elle a envie de retrouver plutôt que rester avec nous et c’est normal, c’est de son âge, nous avons eu tous les mêmes envies et les mêmes besoins au même âge. C’est la vie. Et c’est tant mieux.

Boudeuse n’a cependant aucune notion de rien toute protégée qu’elle a toujours été dans le cocon familial, et Boudeuse nous le fait payer chèrement aujourd’hui.

Tout en restant une gentille jeune fille, agréable, fine, sympathique … sauf quand elle fait la gueule pendant deux jours.

Vendredi, j’ai rappelé à Boudeuse qu’elle devait rentrer à 19h30. Elle m’a légèrement envoyée chier « tu n’as pas besoin de me menacer, JE SAIS ». J’ai donc lourdement insisté sur un récent historique.

Lundi dernier, Boudeuse devait rentrer à 19h30, elle est rentrée à 19h40. Je lui ai dit ce n’est pas bien ça Boudeuse, tu respectes l’heure que je te donne.

Le mardi, elle rentre à 19h45. Comme je suis quelqu’un qui use et abuse de la prévention, je me suis contentée de l’accueillir d’un « la prochaine fois, tu es punie ».

Le mercredi, elle rentre à 19h45. Hop, punition.

C’est injuste, la vie est injuste, je suis injuste, elle me déteste, les parents de ses copines EUX AU MOINS sont cool.

Vendredi donc, Boudeuse sort, a la gentillesse d’aller chercher son petit frère à l’école et de le raccompagner chez nous après lui avoir offert une glace pleine de sucre avec son propre argent, puis ressort avec ses amis non sans m’avoir envoyée légèrement chier « tu n’as pas besoin de me menacer, JE SAIS ».

Et elle est rentrée à 19h45.

Vous allez me dire que ce n’est rien 10 ou 15 minutes, qu’elle ne le fait certainement pas exprès, que quand on est avec ses amis, on ne voit pas passer l’heure …

Certes.

Et moi je réponds que inconsciemment au moins, je suis certaine qu’elle me cherche « tu ne m’imposeras rien, je fais ce que je veux ». Et que ça commence par un quart d’heure et ça termine par la nuit complète dehors J’AI EU SON AGE ! Et que si je n’arrive pas à faire respecter le peu de règles que je mets en place, je vais droit à la catastrophe. D’autant qu’il y a un tout petit derrière qui n’en perd pas une miette et qui est de nouveau rentré dans le cercle infernal du « je cherche toutes les limites possibles et imaginables de mes parents et putain que c’est bon de les trouver aussi vite !»

Donc, j’ai puni Boudeuse pour le week-end. De sortie et de portable.

Et Boudeuse m’a fait la gueule toute la soirée de vendredi et toute la journée de samedi. Pour me demander samedi soir, un entretien en privé.

Nous avons attendu que les deux mâles ronflent en chœur et le bras de fer a commencé.

D’après Boudeuse, je suis à l’affut du moindre faux pas pour lui tomber dessus. Ma pauvre petite fille, si tu savais ce que serait ta vie si c’était le cas… Mais Boudeuse est une ado nombriliste à l’égo surdimensionné, parano et maniant à la perfection l’art de la victimabilité (ben oui, j’invente, j’invente). Boudeuse est donc une ado.

D’après Boudeuse, les règles établies sont injustes, et les punitions découlant du non respect de ces règles injustes sont tout aussi injustes.

On n’est pas dans la merde avec ça.

J’ai donc patiemment expliqué à ma fille que les règles, dans une famille, n’étaient établies ni pour faire plaisir ni pour emmerder. Sourire sardonique de l’ado sous entendant que si, les règles étaient là pour l’emmerder. Quand on applique une règle, elle est mise en place dans le but de respecter la vie de famille, manger ensemble, se dire bonjour le matin, bonne nuit le soir, participer à certaines corvées, respecter les autres. Et lorsque je demande à ce qu’on rentre à une heure que j’ai fixé, je n’attends pas que mon ado donne son assentiment. J’attends que ce soit respecté.

19h30 ce peut être 19h29 mais certainement pas 19h35. Et oui j’y tiens parce que au boulot ou à l’école, 8h30 le matin, ce n’est pas non plus 8h35. Et on prévient si on a un empêchement, entre autre avec le portable que JE paye.

J’ai ensuite patiemment expliqué à ma fille que si elle pensait qu’une punition (injuste) découlant du non respect d’une règle (injuste) devait être bien vécue par la personne punie … ben c’est qu’elle n’avait pas encore compris la véritable signification du mot « punition ».

Bon ! tu es rentrée avec 15 minutes de retard pour la quatrième fois malgré mes avertissements et bien pendant une semaine, je ne te répondrais pas quand tu me demanderas « qu’est ce qu’on mange ? » Je peux aussi te punir avec d’autres trucs cool, tu ne feras plus la vaisselle pendant une semaine, ou tu ne m’aideras pas à porter les paquets quand je rentre des courses !

Et qui plus est, moi je punie par là où on a pêché. Tu rentres en retard, tu ne sors plus. Tu ne préviens pas, tu n’as plus ton téléphone.

Donc, lorsque je te punie, je ne fais pas un deal avec toi, ma jolie petite ado, je ne suis pas en train de parlementer sur ce qui serait le meilleur pour toi ou pour moi ou pour nous deux réunies.

Nan. Je te rends service même si tu ne le sais pas encore. C’est en respectant les autres qu’on peut espérer se faire respecter. D’autant que ça fou la merde avec Timousse qui se dit que lui aussi, il peut déroger à certaines prescriptions.

Donc je crois que je vais coller une banderole chez moi, histoire de rappeler certaines définitions.

Article 1 - Les règles ne sont pas établies pour plaire ou emmerder les trois pommes imberbes ou les ado yop avant la prise du yop

Article 2 - Les règles sont établies pour être respectées.

Article 3 – En cas de non respect des règles, la punition tombe.

Article 4 – Les parents ne prennent pas un plaisir sadique à punir leurs enfants.

Article 5 – Les punitions ne sont pas balancées dans le but de faire plaisir mais dans celui d’intégrer le fait qu’une connerie a été faite. Et toute personne normalement constituée ne commettra pas deux fois la même connerie (pas une raison pour en chercher un autre).

Article 6 – N’allez pas provoquer en affirmant à vos parents « vous pouvez me punir autant que vous voulez, de toute façon je ne cèderais pas ». Vous serez bien dans la merde pour rentrer en retard … si vous n’avez plus le droit de sortir …

Article 7 – Si les enfants trouvent la punition injuste c’est qu’ils n’ont pas encore intégré la nécessité de respecter les règles.

Article 8 – Non, ce n’est pas parce que j’ai la haine que tu aies enfin des amis que je te punie de sortie.

Article 9 – Non, je n’ai pas décidé tout d’un coup de faire ton éducation. Je continue à t’éduquer, nuance.

Article 10 – Et putain merde ! déjà que je suis assez cool pour tout le reste, au moins pouvez vous respecter l’heure à laquelle vous devez rentrer !

Article 11 – Et si vous n’êtes pas contents, j’en envoie un chez super Nanny et l’autre chez le grand frère et on en reparlera

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26 juin 2008

Mes abdos

Je déteste la plage et pourtant j’ai passé la journée de dimanche à la plage.

Je déteste en particulier cette plage et pourtant c’est sur cette plage que j’ai passé la journée.

Je déteste me mettre en maillot de bain si je ne suis pas seule, c’est aussi un peu pour ça que je n’aime pas la plage.

Et cette plage que je déteste a l’avantage d’être très peu fréquentée.

Nous étions 5 adultes, deux femmes et trois hommes à surveiller nos bambins sur la plage tout en nous protégeant des premières fortes chaleur comme nous le pouvions. Donc en nous baignant. Donc, en maillot de bain.

Deux couples plus un type, un sale type, un pauvre type, un que je vais pulvériser s’il continue à me gonfler comme ça.

Nous devisions sur la qualité ou pas des résultats d’une machine qui fait fureur sur l’île depuis deux ou trois ans, une machine dont j’avais parlé sur l’autre blog il y a longtemps, une machine dont de plus en plus de kinés s’équipent pour muscler.

Une sorte de plateforme vibrante qui fait travailler les muscles à notre place, sans que nous ne fournissions le moindre effort.

Je me souviens encore de ce jour où j’étais dans la salle d’attente de mon kiné et que j’avais remarqué une affiche publicitaire sur cette fameuse machine vibrante sur laquelle était fièrement installée une sorte de beauté sauvage méga super bien foutue.

Je me souviens avoir demandé à mon kiné qui voulait me faire tester cette machine, si j’allais devenir comme elle après la torture.

Je me souviens de son air ahuri lorsqu’il m’a répondu « je suis kiné, je fais travailler les muscles, je ne fais pas de miracles »

Dans ce genre de situation j’ai encore assez d’humour pour m’en amuser.

J’ai eu quelques séances avec l’engin et je n’ai pas trop aimé le principe mais mes muscles avaient effectivement assez souffert pour que ce soit efficace.

Sur la plage, nous parlions donc de cette machine parce que l’autre con là, il venait de perdre 20 kgs mais qu’il continuait à arborer une généreuse bouée de gras autour du ventre … ben oui, c’est ce qu’on a le plus de mal à perdre, même en période de régime. Et l’autre con, son médecin lui avait fortement conseillé d’aller voir un kiné qui lui ferait travailler ses muscles sur cette machine, vu qu’ils avaient été un peu trop longuement au repos.

Et l’autre con hésitait. Et ma copine lui explique un peu comment ça fonctionne. Et l’autre con hésitait toujours. Et l’autre con m’a demandé mon avis sur la question.

J’ai donc répondu à l’autre con que j’avais testé cet appareil après mon opération d’une hernie parce qu’il me fallait remuscler mes abdos, il y a de cela deux ou trois ans.

-          Oui mais ça ne se voit pas alors comment tu sais si ça fonctionne ?

Sur le moment, je n’ai pas vraiment voulu comprendre les allusions goujatesques de l’autre con, j’ai donc patiemment expliqué que oui, ça m’avait permis de retrouver ma ceinture abdominale à l’époque.

-          Oui mais bon, ça ne se voit pas du tout ! alors comment tu sais si ça fonctionne ?

Je commençais à avoir un léger doute sur ce qu’il essayait de me dire, mais j’ai joué la carte de la blonde.

-          Eh bien j’ai vu que j’avais retrouvé mes abdos, puisque j’ai pu à nouveau compter sur eux, donc oui ça fonctionne. Tu as mal deux jours après comme si ..

-          Oui mais (et là, il tapote sa bouée puis il pointe avec insolence la mienne du doigt) ça ne se voit pas du tout que tu as des abdos, alors comment tu peux dire que ça fonctionne ?

Là, je n’avais plus aucun doute. Ce gros con était en train de me dire ouvertement que j’avais du bide, de la graisse, et pas un poil d’abdo … ce gros con était en train de me dire ouvertement et avec un mépris totalement insupportable que j’avais du bide !!!!

Connard !

Quand on insiste comme ça, si ce n’est pas de la provocation méchante sous prétexte qu’on est trop con pour avoir un tant soit peu d’éducation alors qu’est ce que c’est ? A la limite, je pourrais comprendre qu’un môme de cinq ans pointe mon nombril du doigt en me demandant si je resterais toute ma vie comme ça, mais de la part d’un gros con de cinquante ans j’ai du mal à encaisser.

J’aurais pu être méchante et lui dire un truc méchant et bien copieux sur son physique parce que en plus, je suis bien plus jolie que lui !

J’aurais pu être méchante et lui dire un truc méchant sur son QI qui ne doit pas dépasser celui d’un poulet sortant à peine de l’état de poussin parce que en plus, je suis bien plus intelligente que lui !

Nan mais qui t’es qui toi pour me balancer trois fois dans la tronche et en moins d’une minute que j’ai du bide, jusqu’à ce que tu sois certain que j’ai bien compris hein ?

J’aurais pu mais je n’ai pas fait. Parce que ces jours ci, je manque pas mal d’énergie et de répartie. Parce que je ne suis pas comme ça. Je suis méchante tout court, mais je ne me moque pas du physique des autres MOI.

Connard !

J’ai décidé de rester sur le ton léger de la conversation. Et de parler franc puisqu’on en était à parler franc. Et d’appeler un chat un chat, puisqu’il avait décidé de le faire.

-          Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhh ! tu parles de ta bouée de graisse là ? ah mais j’ai dit que ça te faisait travailler les abdos, j’ai pas dit que ça ferait des miracles !

-          Mais tu m’as dit que ça marchait, sauf que ça ne se voit pas sur toi !

-          J’ai des abdos, mais ma graisse est toujours là. Maintenant je te conseille plutôt de te faire liposucer et ensuite tu iras faire tes abdos.

Connard !

Tain même les nanas ne sont pas aussi immondes avec moi !

Il m’a dit que j’avais du bide ce gros con ! L’est encore pire que le vieillard qui m’avait demandé il y a quelques années sur la plage si j’étais la mère ou la grand mère de Timousse !!!!

Connard !

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Wiképitruc

Wiképitruc, c’est moi.

Quoi ? vous ne le saviez pas ?

En tant que maman, compagne, collaboratrice, collègue et parfois même copine (m’enfin c’est tout de même plus rare), je suis une encyclopédie vivante que l’on peut consulter à volonté. Parce que figurez vous que ma maman à moi, lorsque je suis née, elle a collé une puce dans mon cerveau qui me permettrait de répondre à toutes les questions du monde et de trouver une solution à tous les problèmes du monde.

Et que cette puce, elle excite une hormone particulière chez l’être humain, de tout âge, de tout sexe, de toute position sociale. Je sais tout, je devine tout, d’ailleurs je suis mieux qu’une femme, qu’une déesse ou qu’une gouroute, je suis un ordinateur ultra perfectionné que Robocop il peut aller se rhabiller.

Les mauvaises langues s’amuseront à dire qu’à tout vouloir gérer, qu’à trop vouloir être perfectionniste, qu’à trop vouloir être indispensable, il fallait bien s’attendre à devenir Wiképitruc.

Et bien je m’excuse, mais merde. Je n’ai pas demandé ça moi.

Rahan. Nous vivons ensemble depuis 14 ans. Nous élevons nos deux enfants, y’en a même un que nous avons fabriqué sous la couette. Et bien Rahan, il ne sait toujours pas à quelle heure Boudeuse doit se lever le matin mais pire que tout, Rahan me pose la question à moi …. Tous les soirs.

Bon avant que tout le monde se demande comment ça fonctionne chez nous, j’explique. Rahan c’est quelqu’un d’ultra méga attentionné. Il se lève toujours super tôt, il aime tout préparer pour tout le monde, comme si le reste de la journée dépendait de la façon dont elle a débuté. Et il aime réveiller les enfants en douceur plutôt que les laisser se faire agresser par un quelconque appareil mécanique. Donc, Rahan, depuis maintenant cinq ans, Rahan réveille Boudeuse tous les matins à 6h30.

Et tous les soirs, avant de se coucher, Rahan me demande « à quelle heure je réveille Boudeuse demain ? »

Moi ça me laisse pantoise.

Les premiers temps bien entendu, je répondais. Parfois même dans le doute, je posais la question à Boudeuse. Je vous rappelle que nous vivons dans un minuscule espace. Donc Boudeuse est la plus part du temps assise à côté de moi lorsque Rahan pose la question. Et ça donnait ça :

-          A quelle heure je réveille Boudeuse demain matin ?

-          Boudeuse ? à quelle heure tu as cours demain ?

-          A 8 heures

-          Elle a cours à 8 heures, tu la réveilles à 6h30

Ensuite, ça a donné ça :

-          A quelle heure je réveille Boudeuse demain matin ?

-          Boudeuse ? à quelle heure tu as cours demain ?

-          (Boudeuse à moi) Comme d’hab’

-          (Moi à Rahan) Comme d’hab’

Il y a quelque temps, ça a viré au rose bonbon.

-          A quelle heure je réveille Boudeuse demain matin ?

-          J’sais pas. Tu le sais toi ?

-         

-          Poses lui la question.

Dernièrement, la révolte a viré au rouge

-          A quelle heure je réveille Boudeuse demain matin ?

-          Pourquoi tu ne me poses pas la question à moi ?

Pourquoi est ce que plein de gens ont absolument besoin d’un intermédiaire pour poser une question à une autre personne, même si l’autre personne est juste là, sous leur nez ? hein ? pourquoi ?

Et puis pourquoi est ce que à chaque fois qu’on a une question à la con, pourquoi est ce qu’il faut qu’on me la pose à MOI ? Wiképitruc.

Parce que moi, je suis dans la tête des autres voir dans le ventre des machines, et moi je sais ce que l’autre pense, fait ou ne fait pas mieux que quiconque.

-          Pourquoi la photocopieuse est en panne ? (bouge pas, je vais lui poser la question)

-          Kali, venez voir ! pourquoi mon ordi me laisse ce message d’erreur ? (plus nulle en informatique que moi, t’es mort !)

-          Comment ça se fait que Mékèlékon n’est pas encore là ce matin ? (j’sais pas, je couche pas encore avec elle)

-          Maman pourquoi mon téléphone ne marche plus ? (tiens, à lui aussi je vais lui demander)

-          C’est quoi le temps demain ? (il pleut)

-          Pourquoi il pleut tout le temps ?

-          A quelle heure il termine Timousse ? (putain il est en primaire !!!! on change pas les horaires en primaire !!!)

-          Comment ça se fait que le facteur n’est pas encore passé ? (je couche pas avec lui non plus)

-          Il revient quand de vacances Arthur ? (Arthur étant un ami de Rahan … la question étant posée par Rahan …)

-          Où elle est Boudeuse ? (dans ma poche)

-          Où il est papa ? (dans l’autre poche)

-          Il est parti faire quoi papa ?

-          Est ce qu’il reste du thé ?

-          Est ce que TU as de l’aspirine ? (ça, ça me trou le cul ça !)

-          Y’a quoi ce soir à la télé ? (un film)

-          Pourquoi elle fait la gueule ? (…)

-          Est ce qu’il aime ce fromage Timousse ?

-          Où il est passé le journal (je ne lis JAMAIS ce putain de journal !)

-          Pourquoi papa n’aime pas les tee-shirt avec des inscriptions ? (parce qu’il sait pas lire)

-          Pourquoi elle n’est pas venue ce soir ? (j’sais pas, on couche toujours pas encore ensemble)

-          Pourquoi ton mec il n’envoie pas chier sa mère ? (peut être parce que moi je le fais )

-          Pourquoi ton frère ne nous appelle pas ? (euh …)

-          Qu’est ce qu’il a ? il est énervé ?

-          Tu crois qu’il dort Timousse ? (…)

-          Pourquoi il a acheté ça papa ?

-          Je lui donne quoi en dessert ?

-          Comment se fait il que Bidule ne m’ai pas encore rappelé ? (ah lui non plus je couche pas avec …)

-          Il revient après son rendez-vous Boss ? (abstention)

-          Comment se fait il que mon boss ne m’ai pas encore donné mes congés ? (euh … et lui poser la question à lui c’est possible ? je le connais même pas ton boss !)

-          Je lui donne quoi pour la fièvre à Timousse ? (essaie le xanax)

-          Je prends quoi pour le mal de tête ? (essaie le xanax)

-          Comment ça se fait que Boudeuse ne soit pas encore rentrée ? (c’est vrai ça)

-          Elle doit rentrer à quelle heure Boudeuse ? (comme d’hab’)

-          Elle est avec qui Boudeuse ? (c’est vrai ça elle est avec qui ?)

-          Qui c’est qui téléphone à papa ?

AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!!

Putain mais c’est pas possible hein !

Et après, après mes gosses ne comprennent pas POURQUOI quand je rentre du boulot CREVEE et que je suis en train de déballer les courses tout en écoutant la journée des trois à la fois, en rappelant à Rahan à quelle heure commence Boudeuse le lendemain, à quelle heure termine Timousse le soir, tout en lui annonçant la date de retour de vacances de SON ami, en délivrant le bulletin météo et en cherchant le xanax pour la fièvre de Timousse, en me demandant pourquoi son boss ne lui donne pas encore ses congés, mes gosses ne comprennent pas pourquoi lorsqu’ils me demandent « qu’est ce qu’on mange ce soir ? » je pète un léger câble.

Même qu’ils remettent ça invariablement, des fois qu’un soir ….

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24 juin 2008

Mon subconscient et moi

J'ai trouvé ce test chez presque tout le monde. J’avoue que je m’attendais à un résultat plus … agressif.

Votre subconscient est déterminé par Amour.

love

Tout le monde a besoin d'amour. Mais votre besoin d'aimer est profondément ancré dans votre subconscient et détermine de nombreuses décisions dans votre vie. C'est peut-être une nouveauté pour vous. Votre énergie émotionnelle est énorme. Vous êtes un vrai gourou de l'amour, une source d'inspiration pour votre entourage et vous les poussez à être aimables les uns envers les autres.

De cette manière, votre caractère aimable alimente votre réseau et peut provoquer des réactions en chaîne d'expériences positives. Il est possible que votre puissant besoin d'aimer soit une tentative d'éviter tout ce qui est négatif et donc le contraire de l'amour
.

Ma capacité à réfléchir est assez limitée ces jours ci. Ouais … c’est malin de penser qu'elle est plus souvent limitée qu’autre chose ! Donc je ne sais trop comment analyser ce résultat.

Tiens, je vais le détailler pour voir. Mon besoin d’aimer est ancré oui, et pas que dans mon subconscient, dans mon ultra conscient aussi. Je fonctionne à l’affectif à outrance et pire que tout j’ai aussi énormément besoin d’être aimée. Donc ça déjà, ils l’ont oublié. Et non, ce n’est pas une nouveauté pour moi. Aussi loin que je me souvienne, ce besoin m’a accompagnée et a effectivement guidé pas mal de mes décisions.

Oui oui c’est vrai, mon énergie émotionnelle est énorme. Mais bon, elle ne se retrouve pas uniquement dans l’amour (hélas ai-je presque envie d’ajouter, hélas). Emotionnelle tout court. Toutes les émotions sont puissantes chez moi, tout à l’excès, le bon comme le mauvais.

Bon le reste, je me marre doucement. Le gourou de l’amour source d’inspiration, c’est tout sauf moi. Je suis plutôt ficheuse de cague dans mon style. Surtout si je n’aime pas quelqu’un. Surtout si ce quelqu’un vient me chercher des poux dans la tête.

Mon caractère aimable aussi, ça m’amuse. Que ce soit dans le sens aimable sympathique, ou aimable qu’on a envie d’aimer. Je vous assure que je peux être très très très très con. Et désagréable. Et antipathique. Ce n’est pas pour rien que mes amis (les traites) m’ont surnommée le pit-bull. En fait, je pense que je peux être très attachante quand j’aime bien quelqu’un. Ce qui ne m’interdit pas d’être chiante sinon ce ne serait plus moi.

Mais bon, ne vous sauvez pas en courant, il y a plus chiante que moi. Quoi vous voulez des noms ? Barbasucre et Tonga Soa. Au hasard. Elles sont très très chiantes. Invitez moi plutôt moi au restaurant ou au cinéma, je vous assure que je suis mille fois moins pénible que ces deux (sympathiques) personnes. Entre la première qui veut manger Japonais mais qui ne veut pas goûter au poisson cru sous prétexte qu’il est cru (ben oui !) et l’autre qui veut une banana split mais sans banane ( !!!), sans glace à la vanille et pas trop de cochonneries sur la chantilly … à moins que vous n’aimiez vous faire remarquer dès l’apéro, fuyez !

Moi par contre dis-je, je peux être très attachante et de compagnie agréable et modérément chiante quand j’aime bien quelqu’un. Par contre, dans le cas inverse, je peux totalement oublier le terme modéré et le mettre dans le même panier que la bonne éducation.

Donc la gouroute de l’amour aimable, elle se marre doucement. D’autant que je ne pense pas que Boudeuse ou Planeuse (je rappelle que vous n’avez toujours pas voté à ce sujet, j’en déduis que tout le monde s’en tape royalement de ce que je raconte ici) je ne pense pas donc qu’elle puisse en ce moment me coller cette étiquette. Ou même juste me trouver aimable.

Attendez voir, je relis tout ça.

Dans le fond, ça me plait bien d’être gouroute. J’étais déjà déesse il y a peu, pourquoi pas gouroute.

Allez hop ! prosternez vous, j’ai une tonne d’amour à partager.

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23 juin 2008

Parenthèse

J’ai passé samedi, quelques heures en compagnie de Coumarine. J’ai passé quelques années avec elle, durant ces quelques heures. J’ai découvert un bébé, une petite fille extraordinaire et lorsque je l’ai quittée, c’était une femme, une très belle femme. De ces femmes sur lesquelles je me retourne dans la rue parce qu’elles dégagent ce « chien » qui m’impressionne autant. Que je leur envie, que je voudrais avoir. J’ai fait connaissance avec sa grand mère, sa mère, son père ses frères …

J’ai souri avec elle, je l’ai longuement écouté parler, parce qu’elle est bavarde Coumarine et j’ai pleuré aussi. D’émotion. Beaucoup d’émotion. Mais de la belle, de la pure, pas de ces textes touchants qui tombent dans le larmoyants non.

Mille fois j’ai eu envie de lui couper la parole pour lui dire que moi aussi j’avais ressenti ça. Mille fois j’ai eu envie de lui dire « comme moi  ! » et ce dès le début, ma grand mère qui est morte avant d’être ma grand mère.

Je vis une histoire d’amour avec mes livres, je laisse filer souvent les pages entre mes mains, je me fais violence pour ne pas aller lire la fin, je les renifle, j’adore l’odeur des livres neufs, de l’encre, je relis plusieurs fois le résumé, je reviens en arrière, je relis quelques passages, je les pose et les caresse et puis je les reprends …

C’est aussi ce que j’ai fait avec le livre de Coumarine. Comme si j’avais besoin de l’apprivoiser avant de me laisser emporter. D’ordinaire, je suis assez longue à lire. Il va me falloir au moins le triple du temps « normal » pour avaler toutes les pages d’un roman, aussi boulimique sois-je. Je le pose souvent mon livre, parce que j’ai toujours un millier de choses à faire. Mais au moins est il un agréable compagnon durant les quelques minutes que je passe à la terrasse d’un café, ou le soir avant de m’endormir, ou lorsque mes enfants sont occupés à d’autres activités.

Avec toi Coumarine, je n’ai pas pu le faire. J’ai été happée et ça ne m’était plus arrivé depuis mes 18 ans !

Samedi matin, j’ai vu Tonga Soa au café et elle m’a demandé « est ce que tu dors ? est ce que tu lis ? »

C’est qu’elle commence à me connaître la Tonga Soa, elle sait que ce sont des signes chez moi, des signes de mal être. Non je ne dors pas, non je n’arrive pas à lire. C’est alors qu’elle a vu le livre de Coumarine posé sur la table. « et lui ? tu l’as lu ? »

Deux pages. Je n’ai pu lire que deux pages. Je n’arrive pas à lire.

En rentrant, j’ai fait déjeuner tout le monde assez tôt. Et je me suis installée dans mon hamac. Rahan était occupé à confectionner un nouveau caillebotis pour la douche vu que j’ai explosé celui qui était en place. Et non, je ne suis pas grosse, c’est le caillebotis qui était mal fait ! 

Boudeuse est sortie. Timousse est parti jouer avec ses amis …. Et je me suis retrouvée seule.

Alors j’ai pris dans mes mains « l’enfant à l’endroit, l’enfant à l’envers ». Je l’ai feuilleté rapidement. J’ai plongé mon nez entre les pages, j’ai caressé la couverture, j’ai lu le « résumé » pour la dixième fois, j’ai touché ma dédicace du doigt encore et encore. Et puis j’ai commencé à lire.

Ce livre a un énorme défaut et il faut que je vous le dise. Il m’a happée oui, et le terme n’est pas assez fort. Je ne l’ai posé que quelques secondes pour vite le reprendre. Je n’ai pas réussi à me détacher, j’étais trop bien dans ces mots, je suivais les pirouettes de Coumarine, je découvrais d’autres vies, trois générations d’autres vies, je souriais à ces souvenirs tronqués, fabriqués ou réels … on y croit à toutes ces versions. J’attendais comme une enfant un « je recommence » ou un « je continue ». Quelle habileté de pouvoir jouer avec les mots de la sorte, qu’elle talent que de pouvoir nous entraîner dans une aussi délicieuse spirale d’émotions.

Je n’ai pas vu les heures passer, j’ai ignoré le reste du monde, j’ai eu droit à une merveilleuse parenthèse qui a poussé mes questionnements douloureux du moment. Mon esprit a été capturé par ces mots et j’y suis toujours un peu dans tes mots Coumarine, c’est pour ça qu’il m’est si difficile d’en parler.

Heureusement que d’autres blogs ont pu te faire une belle critique de ce (premier ?) roman, parce que moi je ne vais pas faire ta pub ici, non. Je ne saurais pas le faire, je n’ai pas le don pour ça. Il y a des dizaines de livres que je viens de dévorer dont j’ai eu envie de parler ici, comme « la route », « le passé devant soi », « No et moi » … mais je ne trouve jamais les mots qui pourraient exprimer ce que j’ai ressenti. Donc voilà, même pour toi Coumarine, j’essaie de le dire mais j’ai beaucoup de mal à le faire, c’est trop intime comme sensation, cette relation que j’ai avec les livres qui m’accompagnent.

Juste à vous qui passez par là et qui prenez un peu sur votre temps pour lire cette note, j’ai envie de vous remercier et de vous faire un cadeau. Offrez vous ce livre, faites vous plaisir. Découvrez ces trois femmes à la fois fortes et fragiles, ces enfants et ces femmes à qui l’on s’attache et cette petite fille que nous aimerions tous rencontrer un jour pour lui dire qu’elle va grandir et qu’elle deviendra Je. Un être à part entière.

Allez, n’hésitez pas, on vous en parle ici de ce livre, http://coumarine.canalblog.com/archives/2008/06/05/9458597.html#comments  

on vous dit comment vous le procurer.

Mais attention, dès les premières pages, vous  n’aurez qu’une idée en tête, rester avec elles. Et mettre à profit tous les messages qui pullulent dans ce texte.

Merci Coumarine, la lecture de ton livre a été un vrai bonheur, un double bonheur puisqu’il est le seul à avoir réussi à m’arracher à mes tristes pensées insolubles. Et ce n’était pas gagné.

Un jour je pourrais peut être en parler de ce livre, dire ce qu'il m'a inspirée. Et ce que j'ai cru comprendre. Un jour.

Juste une petite demande si je puis me permettre. Le prochain, tu me fais le double de pages au moins ok ? Si tu peux le triple, ce sera encore mieux.

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19 juin 2008

Des news en vrac

Hier matin devant l’école, nous parlions de la dentition de nos chérubins. J’écoutais, ahurie, les mamans parler déjà des rendez-vous chez les orthodontistes pour leurs enfants de … six ou sept ans.

Alors comme je suis déjà passée par là et que je connais toutes les procédures, j’ai expliqué à ces personnes ignares que les dents de lait n’étaient pas encore des dents définitives (sinon ça se saurait) et que tant que les dents définitives en question n’étaient pas toutes sorties et bien rien de rien ne serait fait.

Et histoire de bien leur montrer combien je sais, moi, comment les choses se passent, j’ai ajouté que de toute façon, avant toute chose, l’orthodontiste demanderait un panoramix.

Ouaich. J’ai dit ça. Et même que si elles ont une bonne assuranstourix, elles devraient bien s’en sortir financièrement.

Y’a des jours, je fatigue d’être blonde.

Hier soir avant de s’endormir, Timousse qui ne gère pas encore très bien les jours de la semaine me demande si « demain y’a école ? »

- Non mon chéri, demain c’est mercredi.

- Ah ? Alors s’il n’y a pas école, il n’y a pas grève !

Euh … bon. Faudra que je lui ré explique le principe de certaines choses.

Et aujourd’hui enfin, Timousse a eu son dernier cours de voile de l’année. Je suis partie faire un petit tour en ville et suis revenue un peu plus tôt avec l’idée de pouvoir m’installer au café afin d’y terminer mon dernier roman. Mais je n’en ai pas eu le temps, ils revenaient déjà parce que le bateau moteur du moniteur était tombé en panne.

Je vois mon Timousse manœuvrer tout seul comme un grand son unique voile pour accéder à terre. Oui parce que il n’y a pas de quai pour eux. Ils arrivent comme ça grâce à leur voile, en feuille morte sur une … euh plage faites de vieux pavés gluants.

Toute fière de la manœuvre savante de mon petit homme, je viens vers lui en le félicitant et je m’approche de sa coque pour pouvoir la tirer hors de l’eau afin de lui éviter de poser les pieds dans l’eau franchement dégueu du port.

Ce faisant, je dérape sur les pavés glissants. Et je m’étale de tout mon long, côté droit, dans la vase, les algues de pollution et l’eau franchement dégueu du port. Ca a fait un gros splash. Seul mon sac à main a échappé au massacre.

Sur le moment, j’ai surtout pensé que si un seul des mômes se marrait je lui collais la tronche dans la vase.

Mais ils étaient bien trop occupés par leur manœuvre pour me voir.

Je rassure un Timousse épouvanté « oh là là maman ! J’espère que ton téléphone n’est pas tombé à l’eau ! » …. Même pas je relève et je retourne tête haute (et vaseuse) vers le club de voile à la recherche d’un point d’eau.

Je dégouline de micro algues noires et gluantes. Dans les cheveux, sur la figure, le bras, la jambe, les pieds …. Je retiens à peine un cri en voyant mon reflet dans la glace. Je me rince comme je peux dans le lavabo et au final lorsque je ressors, non seulement je suis trempée mais en plus les marques sombres sur mon tee-shirt laissent entendre que je viens de subir de furieuses montées de lait. Sauf que je n’ai pas de montées de lait.

Dignement, je retourne vers mon fils en tentant de conserver mon équilibre dans les sandales spongieuses, chaque pas chante un doux splash humide et visqueux.

T’ain je peux vous dire que c’est super difficile de conserver sa dignité quand on est dans cet état !

Deux minutes après, le moniteur vient vers moi

- Ca va ? j’ai vu que tu étais tombée.

- Moi ? noooooooooooooooon ! pas du tout ! juste, j’aidais Timousse à ramener son bateau.

- Ah ? et tu as confondu l’optimist avec un sous-marin ?

Ah ah ! j’suis morte de rire là ! J’écarte une mèche de cheveux poisseuse … merde ! il reste encore une algue là (si le moniteur continue à se marrer comme ça, c’est sa tronche que je colle dans la vase) et c’est à ce moment là que Timousse pousse un véritable hurlement.

- Maaaaaaaaaamaaaaaaaaan ! mais tu saiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiignes !

Au total, je me retrouve avec la main droite flinguée qui ce soir a littéralement doublé de volume.

Le pire, c’est qu’il a encore fallu que je traverse la ville dans cet état. A pied.

Et que nous avons croisé des personnes que je connais très bien. Et que Timousse a raconté à tout le monde que je m’étais viandée dans le port !

Il n’y a peut être pas mort d’homme mais … putain la honte que je me tape !

Posté par Kaliuccia à 00:05 - Morte de honte - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 juin 2008

Pourquoi moi ?

Des fois je me demande …. Qui a dit qu’avoir des gosses, c’était que du bonheur ? QUI ???

Moi je pensais, en voyant la tête de Timousse quand il va ou revient de l’école que tout allait bien. Je pensais la même chose au vue de ses (excellentes) notes.

A 11h30, géniale instit a demandé à ce qu’on se voit pour parler de Timousse. Je déteste ça ! Je déteste que profs ou instits me choppent comme ça pour me dire qu’il faut qu’on parle.

Parce qu’on ne va pas parler de la pluie et du beau temps hein et je ne vais pas non plus entendre du « votre fils est génial, il travaille trop bien, c’est un amour de petit garçon, il est très intelligent … »

Nan. Rien de tout ça.

Géniale instit me dit de réfléchir (« mais non, madame, je vous dis qu’il n’y a rien de grave ») pour lui trouver une date et heure qui me convienne (« mais je préfère en parler avec vous plutôt que noter sur son dossier quelque chose qui le desserve» ) de préférence à 13 heures ou à 16h30 (enfin elle n’a pas dit qui le desserve, mais j’ai oublié le mot exact sauf que c’était pas un mot qui me plaisait).

Et moi, je me suis dit que … attention, beaucoup de gros mots arrivent, sautez ce paragraphe si vous voulez épargner vos petits yeux innocents … moi je me suis dit que putain de bordel de merde merde merde merde et putain merde, j’en ai plein le cul de devoir me libérer pour parler de mes gosses merde !

Ayé, vous pouvez relire.

Putain mais qu’est ce qu’il a encore fait ????

Pourquoi pourquoi pourquoi j’ai pas fait de gentils petits moutons ?

Merde !

Depuis le 02 juin, je me libère au moins deux fois par semaine pour les dossiers de Boudeuse. Une matinée au collège, un après-midi au collège, une matinée au collège, une matinée en commission d’appel et hop on retourne au collège, et encore une fois au collège … ouais, deux fois par semaine. Et quand on sait que je bosse quatre jours par semaine, on voit là où ça fait mal.

Parce que et d’une mon boulot, il n’attend que moi. Et de deux, ça me ronge de l’intérieur toutes ces contrariétés.

J’en termine presque pour Boudeuse cette année (presque je dis) et voilà ty pas que je suis convoquée pour Timousse.

Merde !

Et à midi, je disais justement ça à mes enfants que je passais mon temps à courir ici et là « à cause d’eux » quand Boudeuse m’a rétorqué « oh ben c’est pas à cause de moi que tu passes ton temps au collège hein ! »

Là je vous avoue que mon pain est resté dégoulinant de jaune au-dessus de mon œuf à la coque.

Merde !

Je vais en noyer un dans le port.

En plus, j’en perds mes mots.

Merde ! je vais les noyer tous les deux !

En plus, ce matin, j’ai encore du poser ma matinée à cause de la grève de cantine et garderie. Je ne me voyais pas aller au bureau pour deux heures avec en plus la galère pour trouver une place introuvable. Et hier soir, c’est Rahan qui m’a appris qu’il n’y avait ni cantine ni garderie. Il m’a téléphoné, « ah kali alors demain, Timousse n’a ni cantine ni garderie ». Pas un « comment on va faire ni un je peux essayer de trouver une solution ni un si tu veux je me libère ? » … non.

Débrouille toi comme toujours. Fais un miracle.

J’ai fait un miracle, j’ai posé ma matinée.

Remarquez c’était plutôt cool, je l’ai passée au café avec mes copines, mais si je vous le dis mes râleries (quoi il n’existe pas ce mot ?) n’auront plus aucune valeur.

Et à 11h30, géniale instit dit qu’il faut ENCORE que je trouve à me libérer pour parler avec elle.

En rentrant, j’appelle Rahan.

Merde !

C’est son fils quoi !

Donc je lui dis texto que géniale instit veut nous voir et que s’il pouvait se libérer lui ce serait cool parce que tu comprends, je pose des demi-journée un peu partout alors ok boss me doit un mois de travail, mais à ce rythme je vais devoir faire des heures sup’ pour récupérer moi !

Merde !

Et puis en plus, je voudrais bien … surtout, je voudrais bien que ce soit un peu au père qu’on aille causer.

Rahan est d’accord. Oh il ne saute pas de joie, mais il est d’accord pour y aller.

Donc je prépare un petit mot. Et je note dessus que le papa de Timousse peut se libérer jeudi à 16h30 ou vendredi à 16h30.

Cool non ?

Et comme je suis très très très conne mais alors vraiment très très très nullissimement conne, j’ajoute (histoire de me déculpabiliser du fait que je me débarrasse des problèmes de mon fils sur son père) j’ajoute très très connement que sinon moi le matin, je suis là à 8h30.

Tout en sachant que ça n’arrange pas géniale instit de recevoir les parents le matin juste avant les cours.

Comme ça, hop hop, je ne prend pas de risque, c’est Rahan qui rentrera de l’entretien défait et c’est Rahan qui racontera. Et c’est Rahan qui s’en prendra plein la tronche.

Je reçois entre temps un courrier de la mairie qui me dit qu’il n’y a pas de place au centre aéré pour Timousse jusqu’au 15 juillet. Cool. Et quand je l’annonce à Rahan, il me dit «Comment TU vas faire ? »

Merde !

Je vais le faire dormir sur le pont, vous allez voir, histoire qu’il enregistre le fait que vivre en couple c’est pas seulement se prendre des coups de pieds quand on ronfle la nuit !

D’ailleurs hier soir, c’était trop géant. Minuit, je termine de lire, il ronfle. Je lui balance un grand coup de tatane. Il se réveille en sursaut « hein quoi ?? quoi ? hein ? » et moi je ne répond rien, je fais semblant de dormir …. Gniark ! trop bon !

Ce soir, Rahan m’appelle pour me dire que géniale instit a donné sa réponse pour le rendez-vous.

Merde !

Je vais me jeter sous le train moi.

Je suis vraiment trop con !

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16 juin 2008

Animaux de compagnie

Avoir un animal sur un bateau, ça peut aussi devenir votre pire cauchemar.

Chez nous, on aime les bêtes. Rahan et moi avons eu chacun de notre côté des compagnons poilus qui ont égayé nos journées pendant des années et ont emporté un peu de nous lorsqu’ils ont décidé de visiter le paradis des animaux.

Le hic sur un bateau, c’est surtout quand on part en voyage. Déjà que j’ai du mal à supporter la vue des animaux en cage ou en bocal, l’idée de garder un tout autre bestiaux à quatre pattes enfermé dans un aussi petit espace que notre lieu de vie m’est tout aussi difficile. Le hic donc sur un bateau, c’est de partir en mer,  ce qui me direz vous est tout de même le leitmotiv principal de tout marin qui se respecte. Et partir avec un chien qui a besoin, quelle que soit sa taille, de se défouler en courant dans la nature, de faire ses besoins à l’extérieur, (vu que chiens ou chats, conserver un bac à excréments dans un lieu réduit, je vous souhaite bien du courage) ça devient très vite pénible.

Le chat aurait moins besoin de se dégourdir selon vous ? Même si je pouvais admettre la chose, même si je reconnaissais qu’il ne serait pas fugueur (quoi que en haute mer, on ne risque pas grand chose sur le plan des fugues) figurez vous que le chat (en majorité) est malade en mer. Alors remarquez bien que j’ai précisé en majorité parce qu’il va bien y avoir un énervé qui va bondir en m’infirmant cette terrible information pour avoir connu un chat qui n’était pas malade en mer.

Ce à quoi je lui répondrais qu’il a bien eu de la chance.

La majorité des chats a le mal de mer c’est comme ça, c’est une institution, on a (presque) tous eu des chats à bord pour nos voyages et on a tous eu des chats malades en mer. Merde alors je sais encore de quoi je cause ! et un chat qui a le mal de mer, ça ne fait pas que vous regarder avec des yeux larmoyants et suppliants de « j’ai maaaaaaaaaaaaaaaaal au coeuuuuuuuuuuuuuur ! ». Nan. Ca se vide de tout ce qu’il peut vider. Et dans des endroits que vous ne pourrez même pas imaginer.

Depuis que nous sommes passés par là, nous avons décidé d’un commun accord que les seuls animaux ayant droit de vie à bord seraient dotés d’un certaine forme d’intelligence, de la parole et marcheraient sur deux pieds. Seule la race humaine a donc droit d’hébergement chez nous.

Nous vivions très bien avec cette grande décision jusqu’à ce que nos enfants décident de se liguer contre l’autorité parentale et faire front commun pour obtenir un petit animal de compagnie tout en jurant crachant par terre qu’ils s’en occuperaient, qu’ils le sortiraient pour les besoins quotidiens, qu’ils iraient chez le véto, qu’ils iraient même jusqu’à payer le véto avec leur argent de poche.

Sur cette dernière affirmation, j’ai rétorqué à Boudeuse qu’elle n’avait même pas d’argent de poche. (ben oui, que voulez vous, j’ai une ado atypique de bientôt 16 ans qui ne réclame pas d’argent de poche). J’aurais du fermer mon clapet pour une fois, Boudeuse m’a répondu que si elle avait un animal de compagnie, on pourrait alors commencer à lui donner de l’argent de poche.

Je me laisse attendrir comme du veau depuis quelques semaines, à deux doigts de céder à l’insistance de mes amours d’enfants, même si je ne crois pas une seconde aux milliers de promesses qu’ils font autour de l’éventualité d’avoir un chien ou à chat. Parce que bon, faut pas que déconner, moi aussi j’ai eu 7 et 16 ans hein. Alors bon.

Mais Rahan lui, il tient bon. Ca passe de la blague déplacée que si un chat franchit la passerelle il termine directe dans le barbecue à l’énervement à peine retenu du « Il n’est PAS QUESTION que moi vivant à bord il y ait un animal sous mon pont !»

Gaffe à ce que tu dis Rahan quand même, j’ai vu des enfants se débarrasser de leurs parents pour moins que ça. On va donc dire que nous étions 2 et demi contre 1 et demi, vu qu’une partie de moi continuait à s’opposer à l’arrivée d’un petit compagnon. Même si je m’imagine bien garder un minuscule chien avec moi toute la journée au bureau … non. Pas d’animal à bord.

Entre temps, quelques évènements sont venus égayer notre quotidien. Le meilleur copain de bateau de Timousse a eu un petit chien il y a six mois. Des amis ont changé de ponton et sont venus s’installer non loin de nous avec un tout petit chien. Les chiens à sa mémé vous voyez ? taille idéale pour un bateau. A la vue de ce charmant canin, mon intime moitié contre, commençait à se scinder en deux pour venir renforcer les troupes de ma moitié pour. Nous étions à presque 2 trois quart contre un peu plus de 1 un quart. La partie devenait ardue. Mais chez nous, les lois de la majorité ne fonctionnent pas, nous sommes comme les 12 hommes en colère, tout le monde doit être d’accord.

C’est là que nos voisins presque direct ont décidé de corser le jeu. Ayant eux même une fille de 10 ans, ils ont cédé à deux reprises à ses demandes en lui offrant un petit hamster enfermé dans sa cage. Les deux bestiaux ont rendu l’âme l’un après l’autre et assez rapidement comme il se doit. Timousse ne me réclamait un hamster que lorsqu’il était invité chez sa grande copine et ne nous a donc pas trop harcelé avec ça. A la mort du second hamster, notre petite voisine était inconsolable. En fait, je pencherais plutôt pour dire que notre petite voisine est le parfait archétype de-l’enfant-unique-arrivée-tard-gâtée-à-qui-on-ne-refuse-rien … toujours est il que ses parents lui ont offert un petit chiot, une adorable petite boule de poils toute tremblante qui pue pas et qui fait craquer les enfants. Et les mamans. Pas les papas.

Nous avions dépassés les 2 trois quart contre un peu moins de 1 un quart et il me manquait peu de choses pour que j’oublie les lois actuelles et ne décide d’appliquer la majorité absolue.

J’en étais à me renseigner sur le type d’animal que nous pourrions avoir à bord quand …

L’adorable petite boule de poils a grandi.

En ces jours de pluie et de froid intense que nous venons de vivre, j’ai vu les parents promener leur chiot sur le ponton. Correction. J’ai vu les parents se maintenir difficilement en équilibre sur leurs deux jambes tant le ponton était glissant, je les ai vu dégoulinants de flotte, mégot trempé aux lèvres, je les ai vus courir courbés derrière leur chiot pour ramasser les petites crottes qu’il laissait ça et là … pendant que moi je sirotais tranquillement mon petit rhum du soir au sec et au chaud.

J’ai écouté le récit des quelques nuits blanches qu’ils ont passé le temps que leur petite bête fasse la différence entre la nuit et le jour. J’ai calculé avec eux les frais de vétos déjà engagés.

Ce week-end fut tout de même décisif dans ma décision finale, et j’ai enfin réuni tous les morceaux de moi-même pour savoir si oui ou non, nous allions adopter un truc à quatre pattes. En discutant avec les parents et leur fille, j’ai innocemment baissé les yeux vers leurs chaussures. Enfin ce qu’il reste de leurs chaussures. Quand il leur reste des chaussures. Devant mon silence plus qu’étonné, ils m’ont dit tout déconfits que la chienne passait son temps à bouffer leurs chaussures et qu’ils ne savaient pas comment faire pour l’arrêter. Et ce n’est pas tout, ajoute le père. J’avais bien dit que je ne voulais pas de chien pourtant ! La chienne dévore aussi tous les bouts qui pendouillent sur le pont du bateau. Et je peux vous dire que sur un bateau prêt à naviguer, il y a ce qu’il faut en matière de cordage. Moi je commence à croire qu’ils se sont trompés à la boutique des chiens, c’est un rat qu’ils leur ont vendu. Hier matin, je courais après la chienne sur le ponton parce qu’elle avait piqué une des plantes de dinosaures de Timousse. Il a fallu pas moins de trois adultes pour la déloger de sous la bâche où elle s’était glissée.

Comme les gosses, elle a des crises de pétages de plomb le soir vers 18 heures et devient incontrôlable. A côté d’elle, les cris de décharge des nourrissons sont de la gneugneute.

Et hier soir, tandis que tout la famille se réunissait derrière la table pour manger, la chienne a profité d’un moment d’inattention de ses « maitres » (je me demande qui commande qui sur ce bateau moi …) et a chipé une escalope cuite et bien grasse dans une assiette. Puis elle a filé pour la grignoter. Elle a filé … sous la couette ! Beurk ! Dans le lit, sous la couette !

Tous mes petits morceaux se sont réunis et nous voici à nouveau à égalité. Deux contre deux. Et comme nous sommes les parents, nous gagnons. C’est non. On est trop vieux pour ces conneries.

Ce matin, Timousse râlait encore qu’il voulait un petit animal de compagnie. Et bien entendu, comme il avait senti ces jours ci que je commençais à pencher de son côté, il en rajoute une couche de tristesse. Pauvre petit garçon qui n’a pas de chien. Lui. En même temps, nous apprenons que son petit copain vient de perdre sa chienne, enfuie de chez eux ce week-end. Timousse me rétorque qu’il ne laisserait pas échapper son chien.

Je lui répond fermement que nous en avons déjà discuté plusieurs fois, nous ne voulons ni chien ni chat à bord.

-          Mais papa a dit qu’il serait d’accord pour avoir un caméléon sur le bateau !

-          Un quoi ?????

-          Un caméléon. Papa il a dit qu’il voudrait bien un caméléon. Ca n’a pas de poils, ni de plumes, ça ne pue pas, faut pas le sortir pour faire pipi-caca, (t’as raison, il nous cague sur la tête !) et en plus ça mange les moustiques !

-          Pas question d’avoir un caméléon sur le bateau !

-          Ah ben papa il a dit qu’il était d’accord.

-          Si ton père rapporte un caméléon sur le bateau, moi je rapporte un chat et un chien et on verra qui s’amusera le plus.

Et là, j’ai vu Timousse me faire un immense sourire et murmurer un « chouette » de victoire.

Rahan, prépare toi à une âpre discussion ce soir. La guerre est déclarée.

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15 juin 2008

Les jeunes aujourd'hui

Suite logique de la note juste avant. Tiens, juste des petits extraits de conversation pour vous montrer combien ça peut être dur, aussi, pour les gosses, de choisir leur voix.

Faire des études ? pourquoi ? sa fille, elle a obtenu une licence en communication. Après une année à galérer sur le marché du travail, elle a opté pour un poste de vendeuse dans une boutique de souvenirs.

Ah ben maintenant, même pour être caissière, il faut un BTS

BEP ? ouais. Voix de garage quoi.

Il a sa maîtrise en informatique ? y’a pas de débouchés là-dedans, tout le monde fait ça.

CAP coiffure ? tain elle est folle ta fille ! c’est super dur comme boulot ! T’es debout tout le temps !

BEP sanitaire et sociale ? tu rêves de t’occuper des gosses ? ben faudra d’abord avoir ton diplôme d’infirmière ma belle, t’es pas rendue. En attendant, tu iras torcher les vieux.

Elle veut faire des études cinématographiques ? aucune chance y’a aucun débouché là-dedans !

Ou-là ! BTS Prout-prout  ? c’est super dur l’admission se fait sur dossier de candidature, et après entretiens. En plus, le nombre de candidature est super limité ou alors école privée méga chère !

IUT ? wha !!!! le nombre de place est limité ! et tous ceux que je connais qui ont fait ça, ils galèrent !

Ah tu veux faire un BTS tourisme ? Mouarf ! tu te retrouveras à changer les draps dans des hôtels miteux !

Un CAP vente ? Ma pauvre ! avec internet, les gens n’iront plus acheter quoi que ce soit !

Il a prit option art plastique ? Ben y’a pas de boulot avec ça !

Photographe ??? il est photographe ??? avec le numérique, il peut direct commencer à pointer au chômage !

CAP mécanique ? ah bon il foutait rien à l’école ?

BEP architecture ? pffffffffff si t’as pas ton cabinet, même surdiplômés les architectes sont payés au lance pierre

Ahhhhhhhhhhhhhhhhh elle a eu sa maîtrise de droit ? elle veut devenir juge ??? pfiu ! étant donné le nombre réduit des places et la difficulté du concours, elle n’y arrivera jamais !

Tu veux faire des études de médecines ? ah mais elle peut déjà dire adieu à sa vie de famille !

Elle a tout sacrifié pour devenir danseuse ???? mais jamais jamais elle ne trouvera un boulot là dedans !

Tu veux devenir notaire ? ben déjà faudra que t’es du piston !

CAP cuisine ? mouarf ! tu bouffes avant les autres et tu bosses quand ils font la fête.

Prof ? ben déjà si il réussit le concours, vu qu’ils réduisent …

La liste ne s’arrête hélas pas là, mais déjà je suis super énervée.

Ne vous en faites pas, je n’ai entendu aucune de ces remarques pour Boudeuse, encore faudrait-il qu’elle ait une idée de ce qu’elle fera plus tard. Mais sérieux, je plains les mômes, sérieux je les plains.

C’est quoi ce délire aussi de demander à un gosse de décrocher son bac avec mention, d’avoir un putain de dossier en béton et de passer un concours avec nombre de places ultra réduites pour rentrer dans une école de dessin ??????

Ou de dire à un autre que s’il veut faire carrière dans l’audio visuel, faut qu’il soit super bon en math ????

La plupart des cons sont tellement pétris de conneries qu’ils parlent de métier qu’ils ne connaissent même pas. Tiens, je vais vous en apprendre une bonne. Pour être comptable (je dis pas opérateur de saisie, hein, je dis comptable) comptable unique d’entreprise, avec toute la gestion de la boite, à faire les paies, à savoir  pondre et commenter un bilan, ben y’a pas besoin d’être doué en math. Et non ! Les comptables ne sont pas des matheux !

J’ai eu 4/20 en math au bac, c’est vous dire le niveau et j’ai obtenu mon BTS de compta avec mention très bien (17/20) , number trois sur la liste s’il vous plait. ET JE SUIS NULLISSIME EN MATH !

Déjà quand j’étais gosse, j’entendais mes parents dire que « avant » on pouvait trouver un boulot facilement et que maintenant, même avec un diplôme, il n’y a pas de travail.

Dingue, c’est exactement la même chose que j’entends aujourd’hui ! Qu’est ce que c’est que ces façons de dénigrer un boulot comme ça déjà ?

En plus, les mômes ils ont quinze ans, pour eux l’avenir se résume à ce qu’ils vont faire ce soir avec les potes et on leur parle du boulot qu’il ne trouveront pas vu que c’est la crise et vu qu’il n’y a pas de débouchés … alors un gamin qui sait pas trop ce qu’il veut faire à la base, comment voulez vous qu’il soit un minima motivé ? C’est quoi ces façons de peindre un tableau aussi noir ? C’est quoi ces façons de leur dire que de toute façon, quoi qu’ils fassent, ils vont droit à la catastrophe ?

Alors ceux qui savent pas mais qui disent tout, les négatifs, les frustrés, les cons, les jamais contents, les critiques-à-la-bouche-dès-le-saut-du-lit, les dépressifs du bulbe, ce serait bien que vous gardiez pour vous vos remarques débiles et non  constructives qui ne servent qu’à faire du mal aux enfants (et à leurs parents).

Ah si, j’ai une question pour eux quand même, parce que ils sont vraiment super nombreux hélas :

Dites … et votre connerie ? faut un diplôme pour l’obtenir ?

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12 juin 2008

Dans la série des gros mots ...

Hier Timousse était de bonne composition et est allé volontiers à son cours de voile.

A son retour d’ailleurs, prof m’a dit qu’il avait assuré comme un chef. Et Timousse de venir vers moi en sautillant de bonheur « c’était trop super maman ! »

Il faut dire que les conditions météo étaient favorables (une fois n’est pas coutume ces temps ci putain de temps de merde) un tout petit peu de vent mais pas trop.

Et je vous vois sourire en coin en vous esclaffant qu’il faut bien du vent pour faire avancer un voilier. Certes. Mais là il s’agit de toutes petites coques légères en Tupperware et le simple fait d’éternuer dans la voile fait avancer ces charmantes embarcations.

En septembre, Timousse était bien jeune pour faire de la voile, mais ils ont accepté son inscription un peu parce qu’ils ont besoin de sous, un peu parce que Timousse est familiarisé au monde la mer, un peu parce que Timousse sait nager depuis deux ans (enfin ne se noie pas s’il tombe à l’eau quoi).

Donc quand il y a juste une légère brise, Timousse maîtrise son micro voilier et ne pète pas les plombs lorsque « mon bateau s’en fisse si ze lasse toute la voile comme il dit le prof, il continue à avancer ! ». Et quand il y a beaucoup de vent, l’autre problème c’est le peu de force que possède Timousse : son combat contre les éléments est bien plus éprouvant pour lui que pour les autres gosses âgés de 10 à 12 ans …

Mais bon hier, les conditions météo étaient parfaites. Nous avons donc décidé avec prof que par ce type de temps, Timousse aurait son embarcation pour lui tout seul et qu’en cas de brise un peu trop établie, il naviguerait avec un autre enfant. D’ailleurs, je me dois de préciser qu’à cause du putain de caractère de Timousse, prof est obligé de faire « tourner » mon fils. Non pas sur place, mais d’un bateau à l’autre. Vu qu’à 10 ou 12 ans, le seuil de tolérance est très vite atteint.

Moi j’étais tellement fière de mon Timousse hier que je lui ai demandé s’il voulait participer à la régate de dimanche à laquelle prof voulait l’inscrire.

-          C’est quoi une régate ?

-          Et bien c’est comme une course amusante sur l’eau

-          Ah non ! moi ze veux pas faire la course !

-          Mais ce n’est pas une véritable course, c’est pour s’amuser, comme ça tu apprends encore plus de choses avec des enfants de ton âge et en plus tu pourras aider papa quand on naviguera sur notre bateau.

Timousse me dévisage longuement. Quoi ? j’ai une verrue sur le nez ?

-          Tu rigoles ???? quand ze suis derrière la barre, ze vois que le mât du bateau !

-          Oui d’accord mais tu peux participer quand on hisse la voile

Ce sont deux verrues que je dois avoir sur le nez là …

-          Tu rigoles ??????? z’arrives même pas à attraper les winses sur le mât, ils sont trop haut !

-          Bon ok. Tu n’iras pas à la régate.

Que voulez vous, nous n’avons aucun sens de la compétition dans cette famille. La peur de ne pas être en tête est bien trop forte pour ça.

C’est là qu’arrive un garçon qui a suivi le cours de voile avec Timousse.

-          (Garçon à moi) : Ben dis donc, Timousse n’a fait que dire des gros mots monstrueux !

-          (Moi, au garçon) pourquoi tu n’en dis jamais toi peut être ? (cafteur !)

-          (moi à Timousse) tu as dit des gros mots ????

-          (Timousse à cafteur) cafteur menteur ! tu mets ta cousse et tu te mousses !

-          (Timousse à moi) Euh oui maman, z’ai dit des gros mots mais ze te demande pardon (hein qu’il est intelligent mon fils ?)

-          (Cafteur à moi) oui et il a dit des gros mots que j’oserais même pas répéter tellement ils sont horribles (m’énerve c’lui là !)

-          (Moi à Timousse) mais tu connais beaucoup de gros mots ?

-          (Timousse à moi) oui, z’en connais trois ! (ouch ! lesquels ????)

-          (Cafteur à moi ) que trois mais il les a dit mille fois ! (p’tit con !)

-          (Moi à Timousse)  et tu connais quels gros mots ? (inspiration rapide par le ventre, expiration lente)

-          (Timousse à moi) euh … ze connais putain, bordel de merde et pédé.

-          (Moi à Timousse) Mais c’est pas bien du tout du tout de dire pédé ! je ne veux jamais entendre ce mot il me dégoute !

-          (Timousse à moi en montrant garçon cafteur p’tit con du doigt) mais c’est lui qui me dit tout le temps pédé alors moi ze répète hein !

-          (Moi à Timousse) mais non tu ne répète pas toutes les conn… toutes les insultes que tu entends et surtout pas celle là ! (puis me tournant vers p’tit con … ah ben non, p’tit con s’est planqué, pas folle la guêpe)

J’ai sermonné mon fils quelques minutes parce que c’est mon rôle de maman, lui ai un peu expliqué pourquoi certains mots m’horripilaient, ce qu’ils voulaient dire et combien c’était laid de les dire etc etc etc …

Timousse a présenté de plates excuses. Prof quant à lui n’avait rien entendu ce qui veut dire que les chapelets de gros mots ont été échangés entre gamins, à l’abris des oreilles indiscrètes des adultes.

Une demi-heure plus tard, sur le chemin du retour, Timousse revient à la charge.

-          Pardon maman, tu me pardonnes dis ? ze dirais plus zamais p-e-accent-aigu-d-e-accent-aigu

-          C’est bien mon chéri, je te fais confiance

-          Mais alors ze peux dire putain et bordel de merde alors ?

-          Ah non ! tu ne dis pas ces horribles gros mots

-          Mais tu m’as grondé que pour p-e-accent-aigu-d-e-accent-aigu !

-          (Ah bon ? j’suis con moi !) Oui ! je déteste surtout ce mot, mais les autres ne sont pas beaux non plus ! un gros mot, c’est un gros mot !

-          Ah ! alors ze peux pas dire putain et bordel de merde même si toi tu les dis tout le temps ?

-          NOOOOOOOOOON ! arrête de dire ces mots ! tu dis pu….naise et bon sang d’bon sang si tu veux !

-          Je vais avoir l’air d’un pé … d’un bébé si ze dis ça !

J’vous jure, y’a des jours où je regrette, mais je regrette à un point que vous ne pouvez pas imaginer, je regrette le bon vieux temps où Timousse collait des pipi-caca à chaque fin de phrase ….

Posté par Kaliuccia à 15:11 - Nous - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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