03 juillet 2008
Vivre
Pendant sept jours et sept nuits, elle veilla sur ce qu’elle avait de plus cher au monde, ce tout petit être fragile qu’elle avait porté et nourri de son sein, ce tout petit être qui mourait sous ses yeux impuissants.
Au fil des jours, elle lui parlait de ce monde qui l’attendait, de ce monde qu’elle lui rendrait merveilleux. Elle lui racontait la plus belle planète de la galaxie, un monde coloré grouillant de vies, de l’eau à profusion douce ou salée, des terres accueillantes et verdoyantes, des plages au sable blond et chaud. Une planète vibrante de vie, tournée tantôt vers un soleil qui la réchauffe et l’éveille, tantôt vers une lune qui l’apaise et la berce.
D’une main tremblante, elle caressait son front et l’enfant plongeait en elle des yeux brûlants de fièvre. Durant sept jours et sept nuits, elle veilla sur sa petite fille que la vie voulait lui ôter trop tôt.
La septième nuit, l’orage se mit à gronder et elle raconta à son enfant sa conception. Il pleuvait ce jour là et ils avaient décidé de partir dans les bois vêtus de cirés et équipés de parapluies colorés, comme si un arc en ciel créé par l’humain allait crever le ciel bas et chargé. Ils ont marché durant des heures, et sont rentrés les bras chargés de champignons cueillis ici et là. C’est cette nuit là que son père et elle se sont aimés, réchauffant leurs corps transis par le froid. C’est cette nuit là qu’elle fut conçue, dans l’amour.
La vie lui avait offert le plus beau des cadeaux, et la vie ne le lui reprendrait pas. C’était trop tôt ou c’était trop tard, ça ne pouvait pas arriver.
Epuisée par tant de jours et de nuits de veille, la mère s’endormit au côté du corps amaigri de son enfant et l’infirmière de nuit n’osa pas les séparer.
Après tout, personne ne savait si le nouveau traitement fonctionnerait, cette nuit aussi leur appartenait.
Je suis trop contente que Coumarine soit revenue sur les lieux de son crime et même si je n’ai pas encore l’esprit assez clair pour réfléchir sur un thème, j’ai eu envie de participer. En fait, c’est un peu un retour pour moi aussi puisque j’avais abandonné les ateliers ces jours-ci alors j’y vais tout doucement.
C’est inspiré d’une histoire vraie, un peu transformé, mais l’important pour moi aujourd’hui, c’est que ma petite fille aura 16 ans dans quelques jours.
La consigne, vous la trouverez ici : http://coumarine2.canalblog.com/
la photo, que je n'arrive pas à coller, vous la verrez sur PP, est de Françoise
empruntée au site collectif "en vert et contre tout"