Au fil de l'eau

"Avant, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants."

31 juillet 2008

J'ai rencontré ...

Je gare ma voiture à la place que j’occupe normalement l’hiver. Le soir, bien après la sortie des bureaux et juste avant les premières arrivées au restaurant, j’arrive à l’avoir cette place. Me fait moins loin à marcher pour rentrer chez moi après.

Mais surtout, ça m’a permit de les voir tous les deux et j’avoue que vue l’heure, je m’y attendais un peu.

Elle s’est tournée vers moi, doucement … il faut dire que je n’étais pas vraiment discrète, musique à fond et vitre baissée. Nos regards se sont croisés. Elle a souri en serrant les dents, j’adore ce sourire qui n’en est pas un.

Et j’ai deviné ce qu’elle lui marmonnait. J’ai ouvert ma portière et j’ai juste dit

-          Surtout ne te retourne pas ! c’est ma mère !

Gniark ! Gniark !

Enfin ! j’ai fait connaissance avec scooter bout de ponton.

J’adore cette gène qu’ont les ados, surpris en flagrant délit de tendresse … par les vieux.

Ils étaient mignons tous les deux, sagement assis sur un banc, à discuter tranquillement…. En se tenant la main.

En se tenant la main. Ils se tenaient la main ! Je ne me sens pas du tout prête à voir ma fille à moi, mon bébé d’amour, embrasser un garçon ! Je n’ose imaginer le choc que ça me fera le jour où ça arrivera. Vu l’effet que ça m’a fait, de les voir juste là, sagement assis … et main dans la main ! La main de ma fille. Dans celle de ce (très sympathique) garçon.

En même temps, ça fait vraiment tout drôle.

Ca fait vraiment quelque chose à mon cœur de maman !

Ils grandissent trop vite. J’ai du mal à suivre !

Bonjour le coup de vieux. M’en vais continuer de vivre ma crise d’ado de la quarantaine pour me consoler tiens !

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29 juillet 2008

Les malheurs d'une ado

Donc, ma fille est amoureuse. C’est beau une ado amoureuse.

Ca tire la tronche toute la journée, et ça s’illumine au moindre sms-coup-de-fil-mms-msn.

Ca passe l’après-midi avec son amoureux, ça demande à 19h00 si ça peut rentrer à 20h00, ça picore le repas du soir, tente de sauter celui de midi, et ça fonce sur msn dès 22h00 jusqu’à 2 heures du matin. Et puis ça rattrape les heures de sommeil le matin. Jusqu’à midi.

C’est ainsi qu’aujourd’hui, j’ai eu un sérieux conflit à gérer de mon bureau, par téléphone.

Et moi ce que j’aime, c’est la façon dont Rahan et Boudeuse ont de me raconter la même scène mais d’une manière tout à fait différente.

-          Tiens, j’ai fait la connaissance de scooter bout de ponton.

C’est ainsi que les vieux du coin surnomment les petits amis passés présents et à venir de ma fille.

Scooter bout de ponton, c’est donc ce charmant garçon qui renverse le cœur de ma jolie ado.

-          Ah bon ? il était où scooter bout de ponton ?

-          Et bien … au bout du ponton. Il voulait voir Boudeuse

-          Et alors ? il est comment ?

-          Ben … c’est un scooter bout de ponton.

Pffffffffffff ! totalement impossible d’avoir des détails croustillants avec cet homme des âges farouches ! Comme pour Timousse. « ben c’est un garçon et il est zentil ! »

Oui mais moi, je voudrais des détails moi ! la couleur de ses yeux par exemple. Et quand je pose la question voici les réponses que j’ai.

-          Boudeuse : il a des yeux ohhhhhhhh si tu voyais ses yeux !!!!

Bon donc, il a des yeux.

-          Timousse : euh … ze sais pas !

-          Rahan : en fait, en matière d’yeux, je ne les ai pas vu derrière sa mèche.

Donc, je sais au moins qu’il n’est pas chauve. Et qu’il a des yeux, même si Timousse n’est pas certain.

Boudeuse s’est donc levée vers euh … midi … quelque chose comme ça. Rahan est allé se chercher son petit cadeau à lui tout seul, un laser (les connaisseurs apprécieront) que je me demande comment on va faire pour se trainer ça cet été nous …

A son retour, en bout de ponton, il croise scooter bout de ponton. Qui n’a, je précise, aucun scooter.

Ne me demandez aucun détail de si ils se sont parlés l’un et l’autre, battus, s’ils ont bu un pot ensemble ou ont marché silencieusement côte à côte à se jauger … je n’en sais rien, Rahan étant avare de détails.

En même temps, j’ai la haine QUE TOUTE LA FAMILLE ET MEME LES VOISINS SACHENT A QUOI RESSEMBLE CE GARCON SAUF MOI !

Dixit Rahan :

Rahan est monté sur le bateau, à toqué (je suppute) à la porte de la cabine de ma fille et lui a dit que scooter bout de ponton était là. DANS le bateau.

Ce à quoi, en parfaite ado, ma fille lui a répondu

-          Ah mais il est en avance

Ce à quoi Rahan a rétorqué

-          Eh bien il attend.

Dixit Rahan : 15 minutes plus tard.

-          Boudeuse (il ouvre la porte de sa chambre) scooter bout de ponton est toujours là.

-          Ah mais non dis lui qu’il repasse plus tard.

Boudeuse était toujours allongée dans le noir à écouter sa musique et n’avait pas bougé d’un poil. Rahan s’est agacé légèrement. Scooter bout de ponton est donc entré dans la cabine de Boudeuse. C’est qu’il voulait la voir lui ! Rahan était très chiffonné que Boudeuse ose le prendre pour son messager, il a autre chose à faire et elle règle elle même ses problèmes avec ses amis, sinon on va avoir droit aux coups de fils « dis lui que je suis pas là ! » Rahan estime de même que quand quelqu’un vient nous voir, la moindre des choses est de le recevoir. Ce en quoi il n’a pas que tort.

Dixit Boudeuse.

Rahan a dit « Boudeuse, il y a scooter bout de ponton qui est là ! »

Boudeuse a paniqué. Ok, il était 14h00 mais ils avaient rendez-vous à 14h30. Et Boudeuse n’est pas ma fille pour rien. Ok, il était 14h00 et Boudeuse était encore en PYJAMA

-          En plus t’imagines maman ? j’étais en py-ja-ma ! pas coiffée pas maquillée rien du tout !

Donc Boudeuse n’a trouvé que ça à dire :

-          Il est en avance.

Puis Boudeuse est restée cloitrée dans sa cabine, planquée toutes lumières éteintes et rideaux tirés pour que surtout surtout, il ne la devine pas, scooter bout de ponton. Elle est restée cloitrée en attendant que scooter bout de ponton se sauve.

Ce qu’il n’a pas fait.

Ce qui a énervé Rahan qui de toute façon « s’énerve toujours pour rien »

Et Rahan a osé IL A OSE MAMAN ! laisser entrer scooter bout de ponton dans le bateau. Et scooter bout de ponton a fini dans la cabine de ma fille.

-          MAAAAAAAAAAAAAAMAAAAAAAAAAAAAAN ! J’ETAIS EN PYJAMA …

Oui oui, je sais ma fille, pas coiffée, pas habillée.

J’étais au bureau en train de me battre contre mes paies lorsque Rahan et Boudeuse m’ont tour à tour raconté leur version des faits.

-          MAAAAAAAAAMAAAAAAAAAAAN LA HONTE QUE J’AI EU !

Et bien entendu, j’ai pris la défense de ma fille.

-          M’enfin Rahan ! t’as déconné là ! la pauvre ! elle n’était pas prête !

-          Ben oui mais lui il attendait

-          M’enfin elle était en pyjama !

-          Ah bon ? elle était en pyjama ? (j’hallucine là, je vous jure que j’hallucine !) Ben pourquoi elle m’a pas dit qu’elle était pas prête ?

-          Elle te l’a dit mais tu n’as pas compris

-          Oui bon ça va, et même si elle était en pyjama … à 14h00 en plus, ce n’est pas grave hein, pas besoin d’être en beauté pour recevoir scooter bout de ponton.

Rahan, mon amour, je t’aime oui je t’aime vraiment. Mais tu ne comprends rien aux femmes !

Posté par Kaliuccia à 17:04 - Nous - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La crise du Yucca

Pourtant, j’étais bien dans mon sud sableux, avec le ciel étoilé au-dessus de mes grappes de fleurs blanches. Mais non, il a fallu qu’ils me mettent en pot. Me voici dans cet appartement sordide à l’air vicié par de stupides bestioles enfermées ou en semi liberté. Animal ou végétal, vous autres les humains nous préférez en cage.

J’ai eu beaucoup de mal à m’adapter mais j’ai vite compris que je ne craignais pas grand chose des canaris aux ailes coupées qui s’agitent dans leur prison dorée en me lorgnant de leurs petits yeux vitreux.

Il y a aussi ce stupide canin, mais il passe le plus clair de son temps aux pieds de sa maîtresse.

Par contre, le félin miniature, il a bien assaisonné mes journées ! Dans le genre envahissant celui-là, on peut dire qu’il s’est posé là !

Sa maîtresse avait poussé sa couche pour m’y installer et il a cherché à se venger de quelques coups de griffes rageurs. Je lui avais volé son emplacement stratégique, tout contre la baie vitrée et il ne lui était plus possible d’offrir son corps poilu aux premiers rayons de soleil. Il lui a fallu quelques semaines pour accepter l’inacceptable. C’est surtout lorsqu’il a compris que je souffrais terriblement du soleil direct qu’il a cessé de me harceler. C’était bien plus amusant de me voir endurer un tel supplice.   

Jusqu’à ce jour de juin où j’ai vu les yeux du félin miniature briller d’un je ne sais quoi qui ne valait rien de bon. Dès qu’Elle a quitté la pièce, il s’est collé à moi et a entrepris une danse frénétique qu’il voulait certainement enjôleuse. Il a reniflé ma base humide. Il a bravé l’interdit en sautant sur la terre et j’ai senti un liquide chaud couler le long de mon tronc.

Félin miniature venait de déclarer la guerre. Il s’était soulagé sur moi ! Et cette odeur ! Ciel cette puanteur !

« Je marque mon territoire » a-t-il affirmé d’un ton orgueilleux la dernière fois qu’il a aspergé la base de mon tronc de son liquide acide. La dernière fois qu’il est sorti tête haute, queue fièrement dressée. La toute dernière fois.

« Je suis bien obligé de marquer mon territoire, c’est ma nature. C’est pour qu’aucun autre mâle de ma race ne s’approche ». Quel mâle ? où il voit un mâle lui ? On est enfermés du matin au soir, 7 jours sur 7 ! personne n’entre et personne ne sort et il a besoin de marquer un territoire (le mien de surcroit) où aucun autre ne pourrait se risquer ?

Le lendemain, félin miniature a fait son petit tour chez moi, sourd à mes protestations. C’est là que j’ai décidé de lui rappeler que ce territoire était et resterait le mien. A ma façon. Avec mes armes. Mes feuilles acérés, aussi coupantes qu’une épée. Surtout pour un micro appendice pendouillant et s’offrant son dernier petit plaisir.

Slash ! D’un coup d’un seul, j’ai décapité l’intrus. Castré l’animal ! Et ce faisant, je rendais un fier service à sa maîtresse. Parce que l’odeur ….

Bon c’est vrai qu’au début, sa maîtresse n’était pas plus réjouie que ça. Elle a convoqué ses voisins et ils ont longuement étudié le phénomène. Le félin miniature castré, mes feuilles, le félin miniature castré, l’odeur …Ils ont appelé ça la crise du Yucca mais en fait personne n’y croit vraiment.

Depuis, félin miniature évite de se frotter à moi.  D’ailleurs, son besoin irrépressible de marquer son territoire est parti avec le morceau que je lui ai découpé.

Mais ce matin, stupide canin a fouillé ma terre de sa truffe baveuse. Et avant de s’éloigner de moi, il a levé la pate. J’ai senti un liquide chaud couler le long de mon tronc.

Sur mon territoire !

Et voilà, c’était ma participation au dernier atelier des Impromptus Littéraires.

http://www.impromptus.fr/dotclear/index.php

Posté par Kaliuccia à 16:40 - Exercices d'écriture - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 juillet 2008

16 ans

J’ai parlé de toi il y a quelques jours avec une amie qui lutait contre le sommeil tandis que nous rentrions de nuit, d’un concert. J’ai parlé de toi et de ce tout premier moment où j’ai su que tu étais là, en moi, un tout petit bout de moi qui allait vitre grandir et prendre toute la place. En moi et dans ma vie plus tard. J’ai parlé de cette toute première fois où j’ai entendu le galop de ton cœur, et de cette toute première rencontre sur un écran noir et blanc. Tu étais déjà tellement belle. 

Tu m’as fait mère en venant au monde et bien souvent je me réjouis à haute voix d’avoir vécu une nouvelle naissance, la mienne, le jour où une femme émue a posé ton minuscule corps sur ma poitrine. Je suis une autre depuis toi, ta délivrance m’a délivrée.

Dès la naissance, tu as su montrer ce caractère qui te détermine encore, que j’admire même si cela m’a souvent déstabilisée : cette faculté que tu as de t’opposer dans la douceur.

Ma petite fille devenue une belle jeune fille aujourd’hui. Ma petite fille pour toujours malgré tout. Chaque année, je me souviens avec bonheur de ce merveilleux moment de notre rencontre. Aucune nostalgie. Chaque âge que tu as traversé à mes côtés a apporté son lot de bonheur, de douceur et d’amour. Aucune nostalgie, juste de merveilleux souvenirs. Et la promesse d’autres à venir.

Ma petite fille, une enveloppe si fragile qui protége une force incroyable. Je t’admire, jolie ado, je t’admire et je suis fière d’être ta mère, tellement si fière ….

Ma jolie ado qui cache de si beaux yeux tendrement sombres derrière une mèche toujours trop longue. Ma si jolie ado au si joli sourire qui tournera bien des têtes …

Oh bien sur, tout n’est pas tous les jours rose entre nous. Il y a des moments où je dévisserais volontiers ta jolie petite tête de ton joli petit cou lorsque tu repousses mes limites. Mais ces moments ne sont rien à côté de la beauté de notre relation. Je suis fière de nous, fière de ce que nous avons construit ensemble au fil des ans. Fière de notre complicité et de nos fous rires, fière de nos réconciliations et de nos longues confidences. Fière de cette confiance que nous avons l’une en l’autre. Fière de rester ta mère et toi ma fille. Nous ne sommes pas amies, nous sommes mère et fille. Et je suis comblée par cet amour qui nous lie malgré tout.

J’aime cette jeune fille pleine de vie et d’assurance que tu es devenue. J’aime te voir chaque jour combattre et dépasser la timidité que je t’ai léguée. J’aime ton allure, lorsque tu relèves la tête en marchant à mes côtés. J’aime comme tu ronchonnes lorsque je refuse que tu écoutes ta musique en marchant dans la rue avec moi. J’aime cette gentillesse innée, lorsque tu acceptes de venir déjeuner avec des amis que je meure d’envie de te présenter, alors que tes amis t’attendent un peu plus loin. J’aime à t’écouter jouer de la guitare le soir dans le silence du mouillage. J’aime entendre ta jolie voix si douce et si claire chanter nos airs préférés. J’aime tous ces talents qui se bousculent en toi et que tu exprimes si bien. J’aime comme tu t’occupes de ton frère sans même que je ne t’en fasse la demande. J’aime comme tu le protèges.

Aujourd’hui tu as 16 ans, petit rayon de soleil. Tu as 16 ans et tes premiers amours te rendent plus belle encore. J’aime déjà ce garçon qui me vole des moments de toi. Je l’aime pour ton regard qui part parfois dans le vague, pour ces sourires qui illuminent ton visage lorsque tu penses à lui.

Aujourd’hui tu as 16 ans et je n’oublierais jamais ces premiers instants de ta vie qui n’ont appartenu qu’à nous. J’ai soigné tant d’égratignures, sur tes genoux et dans ton cœur. Je voudrais tant en avoir de moins en moins à guérir. Tu les guériras sans moi, de plus en plus souvent. Et c’est tant mieux, c’est la vie, tu grandis et tu suis ton chemin.

Je t’aime, ma ravissante ado, ma jolie princesse, ma superbe planeuse.

Je voudrais juste que tu t’éveilles un peu plus aux études, à l’avenir qui t’attend même si pour toi l’avenir se résume à demain.

Aujourd’hui tu as 16 ans, 16 ans de bonheur, de larmes, de joie, d’amour. Merci pour tout ça ma petite fille, ma jolie jeune fille, merci pour tout cet amour.

Bon anniversaire mon amour.

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L'épicerie de quartier

Maman m’avait bien dit de ne pas sortir de ma chambre tant qu’elle ne serait pas venue me chercher mais j’avais faim.

 

La dernière fois que j’ai désobéi à maman, ça c’est assez mal passé alors j’ai attendu longtemps avant de me décider. J’avais dormi deux fois, j’avais même raté l’école ; je le sais parce qu’il n’y avait pas de dessins animés à la télé. Juste des émissions pour les grands. Il n’y avait plus rien dans le frigo et maman ne rentrait pas. Je n’avais pas le droit de sortir tant que maman n’était pas rentrée, mais j’avais faim. Alors je suis descendu à l’épicerie de quartier. Maman m’y envoie parfois et je dis à l’épicier de le noter sur le compte. J’aime bien l’épicier, il est gentil avec moi. Mais je pense qu’il est extra terrestre parce qu’il ne dort jamais, sa boutique est toujours ouverte. Alors comme j’ai quand même un peu peur qu’il m’enlève pour faire des expériences sur moi, je ne reste jamais trop longtemps avec lui. La dernière fois que j’ai désobéi, c’est l’épicier qui a prévenu la police, maman me l’a dit. Elle était drôlement en colère après lui parce qu’une dame m’avait laissé dans une famille jusqu’à ce que maman vienne me chercher. Longtemps après.

 

Je me souviens de ce jour là, parce qu’elle avait des gros pansements un peu partout et faisait la grimace quand elle se baissait. Elle m’avait dit qu’elle était tombée dans les escaliers et moi je pensais qu’ils devaient être drôlement hauts ces escaliers pour qu’elle se fasse aussi mal et que je reste aussi longtemps dans cette famille. Maman a longtemps été en colère après l’épicier, mais comme c’est le seul qui reste ouvert la nuit, j’ai eu le droit de retourner acheter à manger chez lui. Et puis la bonne nouvelle, c’était que maman avait décidé de travailler à la maison, c’était trop dangereux à son travail. Moi j’étais content, je me disais que je ne resterais plus jamais tout seul, qu’elle serait toujours là avec moi et que je n’aurais plus jamais faim ni peur.

 

En fait, c’est pas drôle du tout depuis que maman travaille à la maison. Des fois, je rentre de l’école et je croise des messieurs dans l’entrée qui sont toujours trop pressés et qui me bousculent sans me voir. Maman a beaucoup d’amis qui viennent la voir à la maison dans la journée et quand je n’ai pas école je dois rester dans ma chambre avec mes jeux vidéo. Et interdiction de sortir. Je n’aime pas comme maman s’habille pour discuter avec ses amis. Et puis des fois, il y en a qui poussent de drôles de cris alors je dois mettre mes écouteurs sur les oreilles avec le son de la console à fond, sinon ça me déconcentre. C’est maman qui m’a acheté les écouteurs parce qu’avant, la musique de mes jeux dérangeait ses amis.

 

Ca fait vraiment longtemps que je suis dans ma chambre. Il fait nuit dehors, j’ai faim. Peut être que maman a oublié de venir me chercher, des fois elle oublie. Alors je mets le son de ma console à fond, sans les écouteurs, comme ça elle viendra. En général, ça marche.

Pas ce soir. Personne ne vient. J’écoute. Il y a vraiment trop de silence.

 

Quand je suis entré dans la salle, j’ai vu que la porte de l’appartement était grande ouverte alors je l’ai fermée pour qu’elle ne claque pas à cause des courants d’air. Je suis allé dans la cuisine, pour me chercher à manger. En passant devant sa chambre, je l’ai vue allongée dans le noir et elle ne bougeait pas. Je l’ai appelée plusieurs fois et comme elle ne répondait pas, je suis entré dans la chambre. Doucement hein, elle n’est pas contente quand je rentre dans sa chambre sans son autorisation. Elle n’avait plus ses habits que je déteste, elle n’avait rien sur elle. Je la vois souvent toute nue maman, mais je n’aime pas la voir là, maintenant, comme ça. Je la secoue un peu, mais elle ne bouge pas. Elle est glacée alors je remonte le drap sur elle.

 

J’ai bien vu qu’il y avait du sang partout mais je n’ai pas eu peur parce que ça arrive souvent que maman saigne, elle se blesse en jouant avec ses amis. Je ne les trouve vraiment pas drôles leurs jeux. En plus, c’est injuste : elle me gronde quand je rentre de l’école avec du sang sur ma chemise parce que je me suis battu, mais elle a le droit, elle, parce qu’elle est adulte !

 

Je me suis souvenu que j’avais faim alors je suis allé dans la cuisine. Mais le frigo était vide. Maman avait du oublier de faire les courses. Ca m’embête qu’elle ne se réveille pas.

 

Ce n’est pas grave, je vais descendre voir l’épicier et il mettra ça sur le compte.

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M'y suis prise un peu tard, mais anniversaire oblige j'étais absente. M'enfin, j'ai tout de même voulu participer au dernier atelier des Impromptus Littéraires. :   http://www.impromptus.fr/dotclear/index.php?2008/07/21/4131-semaine-du-21-au-27-juillet-2008#co

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23 juillet 2008

Deux petits anges

D’ordinaire, je n’ai pas la critique ou le jugement (trop) facile.

Je pense que je suis quelqu’un d’assez compréhensif, et de … je ne vais pas dire tolérant parce que je n’aime pas ce mot mais … peut être suis-je indulgente ?

Je cherche facilement à expliquer des comportements qui peuvent déranger sans vouloir à tout prix les excuser. J’essaie souvent de comprendre. Surtout si ça m’échappe. En tout cas, la plupart du temps, je prends les gens tels qu’ils sont sans les juger. Ce n’est pas à moi de le faire. La vie est assez difficile comme ça.

Un jour, j’ai oublié ma fille. Elle était en sixième, je ne voulais pas qu’en rentrant du collège elle traverse la route à un carrefour que j’estimais dangereux pour son esprit de planeuse. Elle n’avait pas de portable sur elle parce que nous étions contre ce principe. Je travaillais le mercredi à cette époque, et je venais la chercher ce jour là, au carrefour, à midi trente. Je travaille à une dizaine de kilomètres de chez moi et il me faut bien 15 minutes, sans embouteillages pour parcourir cette distance.

Ce jour-là, ma collègue est venue me prévenir qu’elle partait déjeuner. D’un air absent, je lui ai répondu un petit quelque chose de banal. Et c’est en prononçant ce petit quelque chose de banal que les informations ont commencé à se bousculer dans mon cerveau embrumé par le dossier complexe sur lequel je travaillais. Nous étions mercredi. Mercredi … mercredi … quelle heure est-il ? Elle part déjà ? Mercredi, nous sommes mercredi. Elle part déjeuner … Déjeuner … quelle heure est-il ? Elle part en avance ? Déjeuner ? 12h30 … il est 12h30 … ma fille … 12h30 … mercredi …

Dix secondes plus tard, j’étais dans ma voiture et tout en passant la marche arrière, j’appelais mon amie qui habite non loin du carrefour pour qu’elle aille à sa rencontre.

Je refuse de me souvenir de ce que j’ai ressenti entre le moment où j’ai réalisé que je venais d’oublier ma fille et celui où je la serrais dans mes bras en lui demandant mille fois pardon.

Je n’ai aucune excuse et ne veux surtout pas qu’on en cherche. Pourtant, je lui ai demandé pardon. Et elle m’a pardonné. Pas moi. On n’oublie pas son enfant. On ne l’oublie pas. C’est impardonnable et inexcusable.

En quelques jours, deux petits bouts d’amour sont restés sagement attachés à l’arrière des véhicules de deux papas peut être préoccupés par un dossier complexe qui leur embrumait le cerveau. Et ces petits bouts d’amour sont restés là, sans bouger, à mourir lentement. Sur un parking. Papa a oublié que son enfant était dans sa voiture. Oublié son enfant. Dans une voiture. Jusqu’à ce qu’il en meure.

Il n’y aucune excuse, pas même une explication acceptable pour moi. C’est impardonnable, insupportable, inadmissible. Et quelle que soit leur douleur face à ce drame, elle n’égalera jamais ce qu’ont pu ressentir leurs enfants si ils ont été conscients une seule seconde avant de mourir. Ils sont morts. Parce qu’ils ont été oubliés. A l’arrière d’une voiture.

Je ne peux le concevoir.

Je voudrais croire en un dieu, qu’il y ait un après plein de douceur pour eux. Je voudrais le croire pour ces petits anges. Mais je ne peux que penser à ces petits êtres innocents et je n’ai pas de mots. Juste de la colère. Et je pense à leurs proches qui devront vivre dans ce souvenir.

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A propos des touristes

J’ai lu vite fait sur les news du net que la chaine Z a envoyé des fleurs à la chanteuse Y because durant un des clips de la chanteuse Y, la chaine Z a laissé passer un sms raciste.

Bon

La chanteuse Y qu’est pas contente du tout (et on le serait à moins mais j’ai pas envie d’épiloguer sur la connerie de ceux qui n’ont rien de mieux pour faire passer leur vie de merde qu’à dépenser leur argent dans des sms piteux, d’autres font ça mieux que moi) préfèrerait que la chaine Z fasse passer une banderole sous ses clips qui dirait qu’elle défend les valeurs du respect etc. …

Et là je me dis oups !

Il y a peu, j’ai écris une délicieuse note sur les touristes. Comme je n’ai pas du tout envie d’envoyer des fleurs aux touristes qui se sont sentis agressés par mes propos parce que .... ça ferait un bon paquet de fleurs ça hein ! VU QUE VOUS ETES TROP NOMBREUX surtout ici ! (et puis ça me f'rait mal aux fesses de dépenser tous mes sous pour envoyer des fleurs à des touristes !!!) et bien je rappelle à ceux qui lisent ce blog au premier degré (des fois il faut mais pas toujours …) que c’était de L’HUMOUR. Ok, tout le monde ne rigole pas de mon humour (mais moi si).

Non parce que d’ici à ce qu’on m’oblige à passer une banderole sur mon blog qui dirait « pardon les touristes, je vous aime » Argh ! rien que d’y penser, j’en ai des boutons ! Parce que bon, c’était de l’humour mais bon quoi.

Alors voilà, c’était de l’HUMOUR, je ne vous hais pas à ce point. 

Sauf que vivement l’après 15 août quand même.

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22 juillet 2008

Ce matin de trop

photo_coumarineOn y pensait depuis longtemps, les enfants et moi, mais je ne pouvais pas.

Ce matin, il m’a fallu une bonne heure pour apaiser ses angoisses. Le petit a voulu m’aider mais elle ne l’a pas reconnu. Il n’a pas pu éviter ses coups et lorsque je suis sortie de la chambre, les enfants m’ont lancé un regard lourd de reproches.

Le petit ne dort plus, les fugues de maman le perturbent de plus en plus. J’ai pensé qu’enfermer maman serait une solution, mais ses hurlements nocturnes le terrorisent. Jusque dans ces cauchemars que je peux rarement chasser d’un baiser. Ce sont ses sœurs aînées qui me remplacent dans un rôle qui m’échappe.

J’ai cru y arriver et rendre nos vies supportables. Je pensais même que Théo reviendrait si j’y arrivais. Théo est parti depuis deux ans déjà. Les enfants ne me l’ont jamais pardonné. Je vais les perdre eux aussi si je m’obstine.

J’ai essuyé le sang sur la joue du petit et réuni les bibelots de maman, ceux qui ont partagé les plus belles années de son autre vie. Son petit africain me jaugeait d’un regard mauvais, il semblait me hurler que j’avais bien trop attendu. J’ai préparé la maigre valise de maman et je les ai appelés.

On y pensait depuis longtemps mais je m’y refusais, jusqu’à ce matin. Ce matin de trop. Le sang sur la joue du petit.

Lorsqu’ils sont venus la chercher, maman serrait fort contre elle le collier que le petit lui avait offert alors qu’elle était encore sa grand-mère. J’ai cru lire dans ses yeux une lueur de compréhension, j’ai voulu lui parler, lui expliquer … Mais son regard s’est éteint, elle n’était déjà plus là.

Je me suis assise à même le sol, la tête entre les mains, dans la chambre vide des cris de maman et j’ai longuement pleuré. C’était comme si elle partait une seconde fois, je la perdais à nouveau.

Les enfants m’ont laissé le temps. Et puis le petit est venu me chercher, timidement, avec son regard d’enfant. J’ai caressé sa joue meurtrie et l’ai serré contre moi.

Pardon maman, j’ai choisi mon fils.

Et voilà. J'ai pu participer à la consigne 72 de Paroles Plurielles http://coumarine2.canalblog.com/

C'est une photo de Coumarine.

Et l'incipit  "On y pensait depuis longtemps"

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21 juillet 2008

De tout et de rien

Ce week-end, nous sommes partis en mer puisque Dame météo était clémente. Une belle journée était prévue hier, et c’est en toute confiance que nous avons jeté l’ancre dans un petit mouillage sympathique loin de la ville. Vers 17 heures nous avons quitté la grande plage presque déserte sur laquelle j’ai joué avec Timousse durant trois bonnes heures.

Nous avons relevé l’ancre et une légère brise nous a permis de hisser les voiles pour le trajet du retour. Mer belle, à peine un petit frisotis à la surface.

Je m’endormais au gré du léger balancement du bateau quand Rahan m’a appelée. De ce ton à la fois calme et ferme qui me fait me lever aussitôt. Je ne saurais vous le décrire, ce ton, mais je le reconnais à chaque fois. Sans lâcher la barre, il m’a demandé d’aller fermer hermétiquement tous les capots que nous avions laissés grands ouverts afin de créer moult courants d’air à l’intérieur.

J’ai plongé dans le bateau sans même regarder autour de moi, je suis une matelote parfaite qui s’exécute d’abord et pose des questions ensuite. J’ai jeté un regard circulaire à l’intérieur pour m’assurer que rien ne risquait de verser en cas de manœuvre agitée et j’ai installé mon petit garçon sous la capote.

Puis, sans qu’un mot ne soit échangé, j’ai remplacé Rahan à la barre tandis qu’il s’occupait des voiles. J’aime notre entente silencieuse lorsqu’il faut faire vite.

En quelques minutes, la mer avait revêtu un manteau blanc et formait des creux impressionnants. Les rafales de vent étaient si puissantes et irrégulières tant dans leur force que dans leur direction que nous n’avons conservé qu’un bout de génois pour avancer. Pendant la manœuvre, une rafale a arraché l’écoute du génois de son emplacement. La voile s’est déroulée presque entièrement et l’écoute s’est mise à battre violemment contre la capote. Timousse était terrorisé par le bruit que pouvait faire un petit bout de « corde » contre la bâche et le plastique. Sans lâcher la barre, je le rassurais en l’obligeant à se concentrer sur moi tout en suivant les directives de Rahan « face au vent ! direction la ville ! marche avant ! arrête le moteur ! tiens le cap c’est bon ! »

En quelques secondes, Rahan a rétablit le génois et moi je m’accrochais à la barre, bien campée sur mes jambes pour garder le cap. Des gerbes d’eau ont recouvert le pont et le cockpit mais la capote nous a sauvés de la douche salée. Pendant presque une heure, nous avons navigué dans une mer agitée par un vent devenu fou. La girouette elle-même en a perdu la tête.

Voilà pourquoi on dit que la Méditerranée est traitre. En quelques secondes, elle peut passer de la petite fille sage à l’hystérie la plus totale. C’est pour ça que je la respecte autant. Elle est plus forte que tout. Il faut savoir faire preuve d’humilité lorsqu’on est entre ses mains.

Rahan était dans son élément. Je regardais mon héros et me disais qu’il était vraiment le plus beau des marins. Timousse riait aux éclats et moi j’étais radieuse. D’ailleurs, en écrivant cette note, j’ai gardé un sourire immense, d’une oreille à l’autre.

Si l’on me demandait de décrire rapidement ce que j’ai ressenti à ce moment là, je répondrais simplement que c’était terriblement excitant.

Et pour finir, le calme revenu, alors que je caressais la capote martyrisée par l’écoute en furie en la couvrant de « ma pauvre petite capote chérie » (elle n’a rien, merci) Timousse m’a dédaigneusement assuré que « ça va hein ! elle n’est pas vivante non plus ! »

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16 juillet 2008

Je hais les touristes

C’est peut être juste une impression hein, mais là comment dire … je me sens comme un peu toute seule là. Heureusement qu’il reste une petite poignée d’irréductibles qui pondent des notes ou laissent des coms ici et là parce que presque, presque, ça résonnerait là dans la blogo (que il parait que ça n’existe pas la blogo mais ça, c’est une autre histoire) tellement ça sent le vide …

Bon ok ok, je n’ai pas trop le temps de commenter non plus, vu que je prépare mes VACANCES pour dans DEUX SEMAINES et que je vais partir TOUT UN MOIS en MER ! Ce qui veut dire double boulot en un mois.

Enfin bon. Je me dis que si vous  n’êtes plus là, tous, c’est aussi parce que vous y êtes déjà en vacances. M’enfin merde quoi vous pourriez faire un petit effort quand même, pour ceux qui n’y sont pas encore hein !

Où qui n’en auront pas d’ailleurs !

Je me dis que beaucoup de personnes sont en vacances en ce moment, et que d’ailleurs, il y a même un peu trop de personnes en vacances ces jours-ci, particulièrement SUR MON ILE !

Bordel ! (oups ! pardon ! un gros mot !)

Déjà, ne venez pas me dire que heureusement qu’il y a les touristes ceci-cela, qu’ils nous font manger ceci-cela, qu’heureusement qu’ils sont là pour l’économie de l’île ceci-cela …. Je vais vous en apprendre une bien bonne, je m’en tape ! moi en tout cas, ils ne me font pas manger ! (par contre, ils me piquent tous mes produits préférés dans les supermarchés du coin qui ne savent pas encore ce que le mot « stock » veut dire !)

Je m’en tape parce que les sous, ce n’est pas à moi qu’ils les filent les touristes, pas même à l’économie de l’île hein, faut pas croire. Faudrait déjà qu’ils en aient des sous, les touristes, pour en filer. Donc, soit nos touristes à nous sont fauchés, soit ils sont tous originaires d’Ecosse, mais en tout cas ils ne filent pas un sous à l’économie de l’île. Bon ok, rien que pour se payer le voyage, les trois quart de la cagnotte y passent. Donc pour le voyage, les sous sont généreusement offert à d’énormes multinationales (qui auront le genre humain).

Une fois sur place, les touristes il faut qu’ils mangent. Ici tout est plus cher qu’ailleurs, on le sait. Donc des sous sont encore généreusement offert à d’énormes multinationales (qui auront elles aussi le genre humain). Ok, ils vont dormir dans des camping ou des hôtels ou louer chez l’habitant … mais les sous ne sont toujours pas pour moi.

Donc je m’en tape qu’ils rapportent de l’argent, moi je ne vois qu’une chose : les emmerdes qu’ils trainent avec eux.

Je déteste les touristes ! Voilà, c’est dit !

Je sais. J’ai toujours dit qu’il  ne fallait pas généraliser, que c’était ma règle à moi de ne pas généraliser … et bien justement. Je suis française. La grammaire française est truffée d’exceptions et les touristes sont une parfaite exception à ma règle !

Ok, pas tous. Y’a un peu de touristes qui sont bien. 0,01%. Les 99,99 % restant, je les déteste !

Les ferrys dégueulent des hordes de touristes tous les jours, toute la journée, en particulier aux heures de pointe putain ! (oups ! pardon ! un gros mot !). Je sais, ce n’est pas leur faute. Ben ils ont qu’à prendre le bateau à une autre heure. Et le ferry, il est à deux pas de chez moi. Doooooooooonc le matin je souffre pour partir bosser et le soir … je n’arrive pas à rentrer. Et quand j’arrive à rentrer, il n’y a plus une putain de place de libre dans ce putain de parking (ohhhhhhhhhhhhhhhhhh des gros mots !)

Hey sans dèc les mecs, c’est super moche où vous vous garez en plus hein, y’a pas plus moche ! non je dis ça parce qu’en plus, ils s’y garent pour y rester. Sur place. Ils y mangent et parfois même ils y dorment. Sur un parking méga super crade ! Beurk quoi ! Alors qu’il y a la plage juste un peu plus bas !

Le touriste, quand il vient ici, il a son timing. Il vient pour bronzer. Timing serré : trois jours sur le dos, trois jours sur le ventre. Donc si par malheur il n’a pas de soleil, le touriste nous en veut. A nous les habitants. Parce que forcément, c’est de notre faute. Et qu’est ce qu’il fait pour se venger le touriste ? il va faire ses courses dans les grandes surfaces. De l’ouverture à la fermeture, les grandes surfaces pullulent de touristes. Comment je les reconnais ?

Ce sont des écrevisses qui puent des pieds. Pourquoi ils puent des pieds ? Ils mettent des chaussettes dans leurs sandales. Des chaussettes dans les sandales ! il fait 40° degré à l’ombre ! Et puis les hommes, ils portent des marcels mais bien souvent, ils n’ont pas brûlé avec ce marcel là. Donc on voit dépasser dudit marcel des marques laiteuses qui jurent terriblement avec le putain (oups ! … etc.) de coup de soleil qu’ils viennent juste de se chopper. Les femmes, c’est la marque de la bretelle du maillot de bain qu’on voit. Toujours le même douloureux contraste. Que même la plupart du temps, la bretelle du débardeur elle a disparu vu que ça doit chauffer sec sur les épaules tellement c’est rouge.

D’ailleurs, la première fois que Timousse a vu un touriste, il a eu super peur : « maman ! la dame elle saiiiiiiiiiigne ! » Mais non, mon chéri, c’est juste un coup de soleil. Si en plus les touristes terrorisent mon gosse …

Et les gosses, ce sont les pires. La brosse à cheveux, ils l’ont oubliée dans les valises. Ils sont recouvert de sable de la tête aux pieds. Et comme ils n’ont jamais porté de tongs avant de débarquer sur notre île, ils passent leur temps à les paumer dans tous les rayons du magasins. Des tongs dégueulasses pleines de sable de terre de boue, de je ne veux pas savoir quoi … du coup je comprend pourquoi les parents, eux, ils portent des sandales avec des chaussettes hein !

Je déteste 99,99 % des touristes.

Le pire, c’est quand ils conduisent. Je ne dis rien quand ils cherchent leur chemin, je comprend, je les laisse prendre leur temps, je laisse un énoooooorme espace entre eux et moi par sécurité, je ne leur hurle pas dessus quand ils sont longs à démarrer au feu, je ne leur hurle pas dessus quand ils ralentissent sur une voie d’accélération …. Mais bon, sur l’île aussi, quand le feu passe au rouge, faut s’arrêter hein ! Le fait de chercher son chemin ne dispense pas le respect des règles de la sécurité routière hein !

Le pire avec eux, ce sont les ronds points. Bon ok, chez nous c’est la folie des ronds points. Il y en a tous les 100 mètres (normal, on roule comme des malades dès qu’on a une ligne droite) Mais bon, de là à ne pas savoir comment on rentre sur un rond point, de là à s’arrêter sur un rond point pour regarder sa carte routière … Y’A PAS DE ROND POINT CHEZ VOUS ?

Cet après-midi, justement, en m’engageant sur un rond point, je me suis trouvée nez à nez avec une voiture de touriste. M’a fallu un quart de dixième de seconde pour comprendre que la voiture, c’étaient ses phares avant que je voyais là. Le type, il prenait le rond point à l’envers ! en plus, c’est un rond point à voie unique. Donc aucun moyen de passer à deux.

Je me suis arrêtée, et j’ai attendu. Bon ok, je ne devais pas avoir l’air très sympa, je n’avais pas le sourire de miss monde, mais je n’était pas non plus agressive. J’attendais. Le hic, c’est que le touriste, il attendait aussi. Il m’a fait un signe de la main que j’ai traduis par « fais marche arrière, la blonde, je passe ». Ok. On va être copains toi et moi ! Je lui ai donc fait un signe de la main qu’il fallait traduire par « tu n’es pas dans le bon sens, pauvre naze, reprends le rond point correctement ». Il a sorti sa tête de sa voiture, j’ai sorti la mienne.

-          Reculez pour que je puisse passer !

-          Certainement pas, vous n’êtes pas dans le bon sens, vous avez pris le rond point à l’envers !

Et vous savez ce qu’il me dit ce gros con ? hein ?

-          T’es de la police ?

-          Non, je ne suis pas flic mais c’est toi, connard de touriste, (oui, j’ai dit connard de touriste et ça m’a fait un bien fou figurez-vous !) qu’est pas foutu de prendre un rond point dans le bon sens, alors c’est toi connard de touriste (oui je l’ai redit oui, oui, et ça m’a fait toujours le même bien fou) qui va faire marche arrière pour dégager la route parce que je ne vais pas MOI me mettre en danger et faire une manœuvre à la con pour laisser passer un connard de touriste (oui oui !) qui sait pas reconnaître un rond point !

Et là, j’ai repris mon souffle. Le touriste, il a fait marche arrière et il a reprit le rond point dans le bon sens. NANMEO !

Bon, c’est pas tout ça, mais je dois y aller. Ce soir, j’ai des amis touristes qui arrivent par le ferry de 18h00, s’agirait de ne pas les louper !

En même temps, c’est bon quand plus personne (ou presque) ne passe par ici, je n’offusque personne avec mes coups de gueule.

Posté par Kaliuccia à 17:39 - Nous - Commentaires [34] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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