28 novembre 2008
Le z*i*z*i
Le soir où la directrice m’a prévenue que j’étais convoquée à l’école pour montrage de z*i*z*i, j’ai bien entendu eu une conversation avec Timousse.
Me suis préparée avant. J’ai même prévenu Rahan pour qu’il tâte le terrain et en rentrant j’ai su qu’ils en avaient parlé tous les deux.
Donc je m’installe, à hauteur de mon fils, et je lui demande comme tous les soirs si sa journée s’est bien passée.
- Euh …. Ou-ou-ou-i
- Très bien passée ?
- Euh …. Sauf que z’ai été grondé
- Par la maîtresse ?
- Non. Par la directrice.
Et puis vous voyez, sur un ton ultra méga paniqué en plus, genre ça pouvait pas être pire la di-rec-trice !!!!! Boudeuse, qui était dans le coin bien occupée sur son ordinateur, Boudeuse a levé un sourcil et j’ai vu son oreille se tendre discrètement.
- Et pourquoi la directrice t’a grondé ?
- Parce que z’ai fait une grosse bêtise.
- Ah.
Et là, croyez pas, mais je ne suis pas en train de torturer mon fils, non. Je suis en train de respirer. Parce que je sais très bien ce qu’il va me répondre. Et que depuis que je suis rentrée, y’a un espèce de spasme dans mon ventre que je retiens à grand peine. Donc, je combats autant que je peux le fou rire qui cherche à me gagner, le fou rire que je vais avoir lorsque Timousse m’avouera qu’il a dessiné son z*i*z*i à l’école. Alors ce n’est pas évident, sachez-le, de conserver son sérieux, de préparer un air sévère tout en menant une conversation qui aboutira à « z’ai dessiné mon z*i*z*i à l’école ».
- Et qu’est ce que tu as fait comme grosse bêtise ?
- Ben z’ai dessiné mon z…
- Pfff re ! re ! re ! re ! re ! attends mon chéri, j’ai un peu mal à la gorge.
Je me retourne alors vers Rahan, histoire d’avoir un peu d’aide, comme prendre la relève dans l’interrogatoire … peine perdue, Rahan est déjà planqué derrière l’écran de son ordinateur, totalement explosé de rire. Boudeuse quant à elle ne quitte toujours pas son écran des yeux, par contre son cou s’est allongé de façon parfaitement démesuré au point que je lui ai demandé d’aller tout de suite dans sa chambre.
- Mais pourquoi ??????? ça devient intéressant !
- Boudeuse, dans ta chambre !
- Pfffffffff toujours les mêmes qui s’amusent ici !
-
Je respire à fond, puis des larmes plein les yeux, regarde à nouveau Timousse.
- Alors, on en était où ?
- Euh … z’ai fait une bêtise à l’école
- Ah oui c’est vrai. Donc, dis moi quelle bêtise tu as fait
- Ben z’ai dessiné mon z…
- Pffff re ! re ! re ! re ! re !
- Ben dis donc maman, tu devrais prendre du sirop hein !
Je profite de ce léger intermède pour reprendre mes esprits, respirer un bon coup.
- Bon alors tu as dessiné quoi alors ?
- Ben z’ai dessiné mon z…
- Pffff re ! re ! re ! re ! re !
Putain mais je vais pas y arriver là ! merde ! Rahan ! aide moi ! Mais Rahan, il est parti se rafraichir un peu, bonjour la solidarité dans cette famille ! La porte de la chambre de Boudeuse s’ouvre doucement …
- Boudeuse !
Vlam !
- Oh ça va hein !
- Bon, alors Timousse, dis moi ce que tu as dessiné
- Oui mais bon, si à saque fois que z’essaie de le dire tu rigoles de moi …
- Je ne rigole pas Timousse ! j’ai mal à la gorge
- Ca fait pas ça quand on a mal à la gorze !
- Bon Timousse, on ne parle pas de mon mal de gorge, on parle de ton dessin. Alors c’était quoi ?
- Mon z*i*z*i
- …………………………….
…………………………….
…………………………….
…………………………….
…………………………….
…………………………….
…………………………….
…………………………….
…………………………….
…………………………….
…………………………….
…………………………….
…………………………….
…………………………….
…………………………….
…………………………….
…………………………….
Ben oui pardonnez moi, hein, c’est un peu le temps qu’il m’a fallu pour respirer par le ventre (j’inspire en sortant mon ventre, j'expire en rentrant mon ventre) et retenir le fou rire qui me gagnait.
Nous avons un peu discuté avec Timousse J’AI un peu discuté avec Timousse (parce que Rahan, il était bloqué dans la salle de bain) et J’AI expliqué à Timousse le ridicule de la situation et pourquoi on ne devait pas faire ça et que j’allais donc le punir. C’est le moment qu’a choisi Rahan pour sortir enfin de son coin, mais pas vraiment calmé.
- Toi aussi t’as mal à la gorze papa ?
- Oui, il a mal à la gorge papa
Ai-je répondu tandis que le vil le traitre se précipitait à nouveau dans sa cachette.
J’ai donc puni Timousse. Timousse a commencé à se recroqueviller dans un coin genre je le bats tous les soirs et ça, ça a le don de m’énerver. Ce qui m’a aidé à retrouver mon sérieux et un minimum d’autorité sur mon fils.
Timousse est parti pleurer dans sa chambre et tandis que sa porte se refermait, celle de Boudeuse s’est ouvert en grand.
Elle m’a jeté de ces regards noirs dont elle a le secret et en retenant un rire, elle est allée rejoindre son frère pour le consoler.
Ils sont restés ensemble pendant une heure, à chuchoter certainement les pires choses sur les horribles parents que nous sommes.
Et moi j’étais super heureuse de les voir aussi soudés.
27 novembre 2008
Aloviou
Au début du mois, j’avais une réunion à l’école de Timousse et je m’y étais rendue avec mon petit dossier personnel.
En ouvrant ledit dossier, je me suis rendue compte que par inadvertance, j’avais embarqué quelques fiches de travail de Timousse. J’étais en train d’en faire le tri pour retrouver mes documents lorsque je suis tombée sur une feuille blanche recouverte de cœurs de toutes les couleurs, puis une phrase qui prenait toute la largeur de la page « je t’aime mon chéri, énormément ».
Ouch ! Timousse aime à laisser un peu partout des mots doux comme ça.
Je t’aime maman et papa et Boudeuse, je vous aime toute la famille, je t’aime maman à la folie etc ….
Mais là, je t’aime mon chéri …. Va falloir que je tire ça au clair. Soit j’explique à Timousse qu’on dit « ma chérie » soit je vais devoir discuter avec Timousse de toutes les façons d’aimer qui existent.
En rentrant le soir donc, je demande à Timousse
- C’est pour qui ce dessin ?
- Ah ça ? ah ben ça, c’est Anaïs qui me l’a donné.
J’en suis tombée à la renverse, sur la banquette, à deux doigts du malaise.
Ce n’était pas Timousse qui avait fait ce joli dessin plein de cœurs, ces mots d’amour n’étaient pas écrits de la main de Timousse, pas une seconde je n’ai pensé que Timousse pouvait être le receveur et non le concepteur, merde merde merde merde merde.
Rahan a du me procurer les premiers soins de secours, et une fois remise, j’ai demandé à Timousse s’il en recevait beaucoup des dessins …pleins de cœurs. Et d’amour. Et sur le même ton désabusé, Timousse me répond.
- Tous les zours elle me fait un dessin comme ça.
- …
- Mais j’en ai plein des z’amoureuses qui me font des dessins hein !
- … ….
- Mais bon ze garde que ceux d’Anaïs, parce que c’est Anaïs que ze préfère.
Inquiet, Rahan a ressorti le matériel de premier secours pour être prêt au cazou.
- Et où ils sont les dessins que tu reçois d’habitude ?
- Oh ben ils sont dans mon casier hein ! mais y’a plus beaucoup de place dans mon casier maintenant , alors z’ai demandé à la maîtresse si ze pouvais avoir un autre casier et la maîtresse a dit qu’elle allait réfléssir.
Rahan m’interroge du regard. Un ‘ti punch tout de suite ? je lève une main fatiguée et la secoue doucement, je dois tenir le coup.
Donc, si je ne m’étais pas trompée de dossier, je n’aurais jamais découvert que mon fils ma bataille croulait sous les mots-dessins d’amour.
- Mais tu reçois des dessins …. Euh … d’amour et toi tu n’en fais jamais ?
- Ah mais si ! tous les zours, moi aussi ze fais un dessin à Anaïs et ze lui donne.
J’avale d’une traite le ‘ti punch que Rahan m’a tout de même servi et je lui tend mon verre vide. Un autre ? je secoue la tête fatiguée, faut que j’ai les idées claires.
- Et pourquoi tu nous as caché ça alors ?
- Z’ai rien cassé du tout ! mais c’est à moi, alors ça reste dans mes affaires. Bon, tu me donnes du scotse ?
J’ai pointé du doigt le scotch et Timousse s’en est emparé tandis que j’avalais d’une traite le ‘ti punch que Rahan m’avait tout de même à nouveau servi. Et je m’en suis resservi un autre.
Tous les jours, Timousse rentre de l’école avec un dessin d’Anaïs et les cœurs sont de plus en plus gros. Tous les jours, Timousse accroche le dessin dans sa cabine, que bientôt il n’aura plus un millimètre de libre dans toute sa surface verticale. Seul le poster du champion du monde de rallye automobile a échappé à la razzia … pour l’instant. Tous les jours, Rahan me tend mon ‘ti punch d’un air désolé et Timousse me tapote le dos « bois ton rhum maman, après ça ira mieux ! »
Le jour où je me retrouverais aux alcooliques anonymes pour raconter comment j’ai commencé, sur qu’ils vont m’interner !
Mardi soir, Timousse tenait tendrement contre lui le dernier mot d’amour en date d’Anaïs. Discrètement, j’ai jeté un œil sur le dessin. Une princesse, un prince, tous les deux sur des chevaux, le ciel bleu, le soleil brille et les nuages sont en formes de … cœurs.
Puis de sa petite main potelée, Anaïs a écrit « aloviou Timousse »
- T’as vu maman ? En plus Anaïs elle sait même le dire en anglais !
Ouaich, ben je vais peut être aller me taper une discute avec la maman d’Anaïs moi !
Et quand je pense que c’est le même Timousse qui se fou de Boudeuse et de Scooter bout de ponton dès qu’il les voit, quand je pense que c’est le même Timousse qui m’a dit l’autre soir
- Ze comprends pas ce qui lui arrive à Boudeuse avec son Scooter bout de ponton ! On dirait qu’il est indispensable pour elle. Comme pour l’eau, c’est indispensable pour vivre, c’est la maîtresse qui l’a dit. Ben elle c’est scooter bout de ponton, son eau !
24 novembre 2008
Tête de dinosaure
Je suis certaine que tête de dinosaure est vivante et qu’elle me déteste autant que je la déteste. Elle pue et elle est ultra moche. C’est vrai qu’elle plait drôlement à Timousse. Mais Timousse aime le changement. Bon, en même temps, elle a quatre portes, ce qui m’évite de me ruiner le dos à chaque fois que je transporte mes enfants.
Le premier soir, la bataille entre tête de dinosaure et moi a commencé. Je me gare, je coupe le contact, j’ouvre la portière et TIDUTIDUTIDUTIDU le truc méga ultra stressant que j’en ai re-claqué la portière prestement tout en interrogeant tête de dinosaure « quoi ? qu’est ce que t’as ? » Oui, je lui cause, je suis certaine qu’elle vit et que tout ce qu’elle fait, c’est pour m’emmerder. Et comme pour me narguer, tête de dinosaure a cessé son TIDUTIDUTIDUTIDU. Rassurée, j’ai ouvert la portière. TIDUTIDUTIDUTIDU Vlam ! je referme. Silence. Tout doucement, légèrement penchée en avant en pinçant les lèvres comme mon fils quand il s’apprête à faire une connerie, j’ouvre la portière TIDUTIDUTIDUTIDU ! Vlam !
Je commençais à croire que j’allais passer la nuit dans le ventre du dinosaure quand j’ai vu que j’avais laissé les feux allumés. J’ai tout éteint, j’ai rouvert la portière touuuuuuuuut doucement, m’apprêtant à la refermer … rien.
Ben MA voiture, elle au moins, elle m’engueule pas quand j’oublie de couper les feux. Puisque je ne risque pas d’oublier, elle les coupe toute seule ELLE ! oui, je sais, y’a certainement un réglage à faire et à ce sujet, Rahan a même sorti le fascicule de prise en main du véhicule, il est resté une journée sur mon siège et a terminé sa course dans la boite à gant. C’est dire que je m’en tape un peu.,
Vendredi matin, après avoir laissé Timousse à l’école, je suis repartie pour la réunion du bureau. Je n’avais pas fait 10 mètres que tête de dinosaure m’a à nouveau agressée TIDUTIDUTIDUTIDU ! Quoi encore ? ok j’ai les feux ok, mais là je roule merde alors ! TIDUTIDUTIDUTIDU eh oh, vous savez, c’est ultra dangereux ce truc hein ! non parce qu’on en oublie presque de s’intéresser au plus important : la route, pour essayer de voir d’où vient ce putain de TIDUTIDUTIDUTIDU.
Je me suis garée, j’ai enfin vu le voyant des portières et j’ai compris que Timousse avait certainement mal claqué la portière. J’ai tenté de la refermer sans quitter mon siège, le corps à moitié dans le vide, un pied posé sur la portière, un genou sur le volant et j’ai abandonné à deux doigt du torticolis. Passablement agacée, je me suis extirpée de dinosaure TIDUTIDUTIDUTIDU à cause des feux allumés meeeeeeerde ! je fais le tour de la voiture et je devais avoir l’air d’une barge lorsque j’ai ouvert puis claqué toutes les portières une après l’autre, parce que le petit couple qui passait à pied à ce moment là a fait un léger écart …. Je rouvre la portière TIDUTIDUTIDUTIDU oui oui je sais, les feux. Et je redémarre parce que là, je vais vraiment être en retard. Tout en passant la première, je remets ma ceinture TIDUTIDUTIDUTIDU
…
…
TA GUEULE ! laisse moi le temps quoi !
Ben MA voiture, elle au moins, elle m’engueule pas quand je ferme mal une portière ou que je n’ai pas encore ma ceinture alors que j’ai passé la première, elle se contente d’un voyant.
Y’a pas, tête de dinosaure me stresse.
Sur le tableau qui indique en clignotant que nous sommes aujourd’hui le 17 janvier 2007 et qu’il est 20h15 à 8h00 du matin (que si vous croyez que je vais me prendre la tête à régler la date et l’heure alors qu’ils n’ont pas été fichus de le faire quand j’ai loué la voiture) sur le tableau donc, une information silencieuse mais toute aussi stressante que le TIDUTIDUTIDUTIDU s’affiche.
La consommation au 100. Alors oui, sus aux mauvaises langues, je regarde la route quand je conduis. Mais si j’ai réussi à ne plus laisser mon regard être attiré par la mauvaise date clignotante, je ne peux pas m’empêcher de jeter un œil sur les chiffres qui changent dès qu’on passe une vitesse et c’est méga stressant ! Oh la vache ! là je suis en train de consommer du 68 l au 100 ! wha ! 89 l au 100 ! ah ben là 0 l au 100 si je suis à l’arrêt. MENTEUSE !
Mais le pire du pire, ça m’est tout de même arrivé en ville, alors qu’une nouvelle lubie m’a prise tout d’un coup, il fallait absolument que je m’assure que la fermeture des portes s’opérait bien dès que j’avais dépassé le 10km/h. En tout cas, MA voiture, elle le fait elle, et ça me rassure. Oui, je sais, y’a pas de vol à l’arraché dans notre petite ville mais … qui_ sait. Le jour où ça arrivera, l’autre il aura l’air bien con à s’énerver sur une portière pour tenter de l’ouvrir. La musique était tellement forte (au moins un truc qui fonctionne comme j’aime) que je n’ai pas entendu de clac m’annonçant la fermeture automatique des portes. A l’arrêt au feu rouge le plus long de toute la ville, j’ai commencé à bidouiller les boutons situés au volant. Y’en a un paquet. A un moment, un voyant s’est enfin allumé sur mon tableau de bord. Il représentait un truc que je ne sais toujours pas ce qu’il représente tant il est mal dessiné (en même temps tête de dinosaure est tellement moche que ça m’étonne pas vraiment) et au-dessus de ce dessin super mal fait, le mot « off » puis le chiffre 33. A force de pianoter sur les boutons, je trouve enfin comment activer le « on » y’a pas, je suis trop forte !
Le feu passe au vert, je passe la première toute contente de moi tout en coupant le son afin de pouvoir entendre le clac m’annonçant la fermeture automatique des portes. Je passe la seconde en accélérant franchement pour me rabattre sur la file de gauche et l’espèce de dinosaure s’étouffe.
C’est quoi ce délire encore ? J’appuie comme une malade sur l’accélérateur … me suis pas plantée de pédale au moins ? non non, c’est bien l’accélérateur, mais ce débile de dinosaure plafonne à … 33km/h. Me dit quelque chose ce chiffre … bah, pas le temps de m’appesantir sur la question, faut absolument que dinosaure se décide à avancer, j’ai l’air complètement abrutie de rouler à … à combien ? à 30 km/h et des brouettes pied au plancher. Et là, un éclair de lucidité traverse mon éprit blond … sur quel bouton est ce que j’ai appuyé avant que tête de dinosaure plafonne à 33 ? Celui là ! Et vraaaaaaaaaaam ! tête de dinosaure est repartie toute seule. Elle veut ma mort ! Parce que tête de dinosaure, elle m’a pas hurlé son TIDUTIDUTIDUTIDU quand j’ai fait la connerie hein ! je vous le dis moi, elle me déteste au moins autant que je la déteste !
J’aurais pu emboutir la voiture qui était devant moi. Quoi à la vitesse que je roulais, aucun risque qu’une voiture se trouve juste devant moi ? ben ça aurait pu !
Messieurs les constructeurs, vous êtes des assassins en puissance ! c’est de la connerie ce truc de régulateur de vitesse ! particulièrement si je conduis la voiture.
En même temps, foutez vous bien de moi, moi j’en connais un qui a du demander l’aide du pompiste pour trouver comment ouvrir la portière du réservoir d’essence de sa toute nouvelle voiture, que le pompiste a bien du s’interroger sur l’appartenance du véhicule hein ...
En même temps, je n’ai pas encore fait le plein.
21 novembre 2008
Coïncidence ?
Peut être que je me trompe, peut être que c’est une coïncidence, peut être que l’avenir nous dira que c’est un concours de circonstance …
La mort dans l’âme, parce que je suis une grande lâche devant l’éternel et parce que je suis incapable de défendre correctement mes convictions quand on met la souffrance de mon fils dans la balance, j’ai accepté la mise en place d’un suivi pour mon fils.
On m’a dit « il souffre, c’est pour lui ». Ok. J’ai remballé toutes mes argumentations, et j’ai signé au bas de la feuille, juste là.
Donc, on le met dans un groupe tous les mercredis matins avec quatre ou cinq autres gosses « comme lui » et dans ce groupe, on lui apprend que « les règles doivent être respectées, même si elles ne lui conviennent pas, même s’il les trouve absurdes ».
Bien
Timousse a commencé son groupe mercredi 12 novembre. Je l’ai récupéré dans un état que je ne saurais vous décrire, mais il était en nage, surexcité et insupportable. Toute la journée.
Dès le lendemain (oui oui me direz vous, c’est une coïncidence) il n’a plus rien foutu en classe. Timousse a un cahier que nous pouvons consulter tous les soirs, pour voir le travail effectué en classe. Ce travail est noté. Depuis la rentrée, Timousse n’a que des 18 à 20/20. Ce qui est donc excellent.
Jeudi, Timousse n’a pas fait son exercice de grammaire, il l’a rendu vierge alors qu’il avait eu 40mn pour le faire. Vendredi, Timousse a eu 7/10 à sa dictée préparée alors que d’ordinaire il ne fait pas une seule faute. Vendredi encore, Timousse n’a pas terminé son exercice de conjugaison alors qu’il avait 30 mn pour le faire. Lundi, Timousse a rapporté son travail non fait en classe à terminer à la maison. Mardi, Timousse n’a pas terminé son exercice d’orthographe et le seul point sur lequel il a travaillé, il s’est planté (il devait colorier les dessins et il a colorié les mots ….)
J’avoue que je n’ai pas assuré plus que ça sur le moment, puisque au début, je me suis contentée de dire à Timousse que ok, je voulais bien comprendre qu’une fois il n’y arrive pas, puis que là ça ne va pas du tout, tu te reprends et tu travailles. Sachant que mon discours est toujours le même, je peux comprendre la baisse des notes, pas celle du travail. Et comme il a fait ses exercices sans aide et en deux minutes le soir, j’en conclu qu’il n’a pas eu envie de les faire en classe … Mercredi par contre, avant d’aller au groupe, je lui ai demandé de m’expliquer ce qui se passait.
- Ben en fait, ze voulais te montrer que z’étais grand, et ze voulais plus demander de l’aide à la maîtresse.
J’ai tenté de savoir si c’était la maîtresse qui lui avait dit ça, parce que je sais qu’il la sollicite beaucoup étant donné qu’il doute terriblement de lui et lui demande souvent si ce qu’il vient de faire est juste ou pas. J’aurais presque préféré que ce soit ça voyez vous, au moins je me serais dit que bon, la maîtresse lui a dit que maintenant, il devait être plus autonome et qu’il devait essayer de travailler sans sa présence à ses côtés. Et j’imagine très bien Timousse se dire « piskecékomça, ze fais rien » et du coup, je pourrais me dire que bon, le groupe lui fera du bien dans ce sens.
Ah ben non. Timousse m’assure que l’instit n’a rien à voir dans cette décision. Je lui ai demandé s’il avait décidé de faire ça parce que ses copains se moquaient de lui … ah ben non, « ze l’ai inventé tout seul cette décision, ze veux montrer que ze suis grand ».
A creuser. Ce même mercredi, je récupère Timousse dans le même état indescriptible. Je le laisse ensuite à son cours de voile, où tout s’est bien passé semble-t-il. Ensuite, il veut aller à la bibliothèque et y est très calme, on rentre et il prend son matériel de peinture pour faire un beau dessin et à 17h on file chez la psy.
Oui je sais, putain de journée.
Dès mon arrivée, la psy m’accueille avec un grand sourire de satisfaction « j’ai discuté avec les animatrices, elles m’ont confirmé que Timousse avait sa place dans le groupe ». Ok, j’encaisse, ça c’est pour ma réticence, on me fait remarquer que des professionnels ont bien fait leur diagnostic.
J’explique donc à la psy dans quel état je récupère Timousse et je lui parle de son travail à l’école : il n’est même plus noté depuis une semaine …
La psy l’interroge alors. Oui, il aime « aller au groupe », ça lui plait. Et l’école ?
- Ben quand ze suis sur mon exercice, ze pense à la récré et à ce que ze vais faire.
Déjà, ce n’est pas du tout le même discours. Et la psy lui demande donc ce qui se passe de si bien à la récré.
- Ben z’aime bien me mettre dans un coin au début pour réflessir à comment ze vais me sortir de ce pétrin et pouvoir finir mon exercice. Et quand z’ai trouvé la solution, ze peux aller zouer.
Ben oui, mais c’est un peu tard quoi. Et donc, je rappelle la version que Timousse m’avait donné au début (vouloir grandir), il confirme qu’il y a ça aussi et il confirme que l’idée vient de lui, personne ne la lui a suggérée.
Afin de ne pas tirer trop vite des conclusions sur le suivi de Timousse, la psy propose que nous en reparlions le mois prochain, qu’il y a beaucoup de pistes à suivre et qu’elle est surprise que l’instit n’a pas encore demandé à me voir.
Pas grave, sans nouvelle d’elle vendredi et si ça continue, j’irais la voir moi, l’instit, elle est assez top pour qu’il soit possible de discuter avec elle.
Ah, petite parenthèse. Il y a des jeux dans le bureau de la psy, dont un circuit que Timousse adore mais sans les voitures correspondantes. Timousse avait apporté trois voitures dans sa poche et en entrant, il a demandé l’autorisation de les sortir pour jouer avec le circuit. La psy a refusé.
- Tu peux jouer avec le circuit, mais tu laisses tes voitures dans ta poche. C’est comme ça, ce sont les règles, tu dois les respecter même si tu les trouves …
Et j’ai terminé sa phrase par « absurdes ». Ca à quoi la psy a acquiescé. Je ne suis pas experte, mais Timousse n’a pas compris, et j’avoue que moi non plus. Enfant, j’ai détesté toutes ces règles qu’on m’a obligée à respecter sans m’expliquer pourquoi. Fin de la parenthèse.
Nous sommes vendredi et j’ai reçu un coup de fil de l’école. Mais de la directrice.
La semaine dernière, (jeudi plus exactement, tiens donc !) Timousse a montré son zi*zi à la cantine. Légèrement morte de rire, la directrice m’explique que quand elle est arrivée, Timousse lui a avoué que Henry-Jules lui avait dit de le faire, ce que Henry-Jules a reconnu. Donc, si Henry-Jules demande à Timousse de se jeter par la fenêtre, Timousse se jette par la fenêtre. En même temps, je ne pense pas non plus que mon fils ai besoin d’un copain pour faire des conneries. Il y a quelques temps, il s’amusait à soulever la jupe d’une petite fille, jusqu’à ce que sa mère m’en informe et que je cause à Timousse. Et puis perso, montrer son zi*zi ça m’affole pas plus que ça. Sauf que bon, après faut voir dans quelles conditions, si ça devient pathologique, tout ça. Sur que si Timousse déballe toutes les dix secondes son intimité pour faire rigoler les copains, sur que je m’en inquièterais.
Aujourd’hui, Timousse a dessiné des zi*zis sur des feuilles. Je ne sais pas encore quand et où il a fait ça. Et il a distribué les feuilles à ses camarades. Je suis tout de même curieuse de savoir à quoi ressemble un zi*zi dessiné par Timousse …
Henry-Jules était aussi dans le coup. Les parents d’Henry-Jules sont donc convoqués.
Je suis, quant à moi, convoquée lundi matin pour discuter de tout ça, il semble donc que ce soit assez grave pour qu’une simple conversation téléphonique ne suffise pas. La bonne nouvelle, c’est que du coup je pourrais discuter du travail de Timousse en classe. La mauvaise, c’est que je vais sortir de là dans un état ….
Alors ok. C’est une coïncidence.
Mais alors une putain de coïncidence.
Ah. Et avant les jugements hâtifs, je précise que je gonfle pas mon fils à vouloir à tout prix le voir grandir, à l’inverse je précise que je l’aime certainement très fort mais que je ne l’étouffe pas et que je n’en fais pas un bébé, que nous parlons beaucoup avec lui, que je ne lui distribue pas des baffes dès le petit déjeuner mais que s’il commence à me courir il se prend une soufflante, je précise que je n’ai jamais emmerdé mes enfants pour leurs résultats scolaires mais que par contre je les emmerde pour le manque de travail. Que nous vivons dans un petit espace et que nous gérons ce qu’il voit à la télé, que Timousse ne veut pas qu’on le voit se déshabiller à la piscine (faut toujours qu’une maîtresse lui tienne la serviette pour le planquer) et que si le se*xe n’est pas un sujet tabou chez nous, nous n’en parlons pas non plus tous les soirs à table.
Mais bon, on va dire que tout ça est une putain de coïncidence.
20 novembre 2008
Ma première loc
Hier, c’est exactement au moment où je n’étais pas en état d’avoir une nouvelle gamberge à mettre au point que mon portable a sonné.
C’était le garage qui me prévenait que je pouvais déposer ma voiture dès demain (donc ce matin) ils avaient reçu les pièces, ils allaient la réparer.
En d’autres temps, j’aurais été soulagée et j’aurais poussé un enfin ! d’aise. Mais là, tout ce à quoi j’ai pensé c’est oh putain ! manquait plus que ça.
Oui parce que j’en étais arrivé à un état de gamberge assez élevé pour un tout autre sujet, à savoir comment j’allais me dépatouiller pour la grève de demain (donc d’aujourd’hui). A savoir faire un choix entre mes convictions intimes et mes obligations. Sachez que j’ai opté pour le second choix, la mort dans l’âme et que mes convictions sont allées se ranger dans la même case que mes principes d’avant mes enfants. Et je culpabilise assez comme ça, évitez d’en rajouter une couche. (Même Tonga Soa s’est contentée d’un « oh non ! t’as pas fait ça ! » c’est vous dire combien je peux faire pitié !)
Donc au moment où, après deux jours de gamberge, j’avais pris la grave décision d’aller travailler avec Timousse dans mes jambes (et je peux vous dire que connaissant Timousse, cette décision relevait du suicide professionnel), le garage m’appelle pour me dire que je pouvais déposer ma voiture dès le lendemain.
La chose aurait pu être simple, me direz vous, puisque j’ai un véhicule de prêt en échange.
Mais s’il y a une chose qui caractérise ma vie, c’est que même les choses les plus simples peuvent être ultra compliquées. Parce qu’en fait, si j’ai droit à un véhicule de remplacement, ce n’est pas le garage qui me la prête, c’eut été trop simple. D’autant que j’ai, entre autre, choisi ce garage parce qu’il propose des véhicules de prêt. Mais mon assurance m’a dit que nenni, il n’y a aucune raison que pour une fois les choses se fassent simplement, si je veux un autre véhicule, je dois le louer. A leur frais bien entendu. Manquerait plus que ça merde alors !
J’ai reçu le coup de fil entre deux rendez-vous pour Timousse, ceux qui suivent se souviendront que le premier rendez-vous se terminait à 11h15 et que le second débutait à 11h00 …. J’sais pas, doit y avoir une sorte de nuage noir qui se ballade sur ma tête, comme dans les BD…
J’ai donc appelé l’assurance qui m’a renvoyé à un numéro ultra chèrement payant pour monter par téléphone un dossier qui me permettrait de louer un véhicule.
Le type de procédure que j’adore. Avec une voie robotisée qui me demande d’utiliser la touche étoile de mon téléphone (elle est où ?), puis la dièse, puis je fais le 1 pour dire que ça concerne mon assurance automobile, le 5 pour dire que c’est un accident, le 3 pour dire que je n’y suis pour rien, le 4 pour dire qu’il n’y a pas de blessés, puis mon numéro de sociétaire avec la touche étoile où elle est déjà cette putain de touche !!!!!! et encore un ballet de 1 de 2 ou de 3 jusqu’à ce que j’ai enfin … un disque qui me demande de patienter. Au bout d’un temps plus incertain que défini, j’ai eu une adorable personne qui m’a retenue encore un bon quart d’heure pour monter le dossier de location.
Bien. Donc, ce matin, je devais laisser ma voiture entre les mains du tôlier du coin et ensuite me rendre à l’aéroport pour louer une voiture. Oui parce que nous avons des loueurs de voiture en ville hein, croyez pas, mais non. C’est à l’aéroport que je dois aller. J’ai donc écarté l’éventualité d’aller travailler avec mon fils. Je me suis décidée, la mort dans l’âme : j’ai laissé mon fils à la garderie.
Et comme si ma culpabilité n’était pas assez forte … ils étaient trois.
J’ai appelé à l’aide la seule personne qui dans mon entourage accepterait de se lever tôt le matin pour m’accompagner à l’aéroport. Tonga Soa a d’ailleurs tellement eu pitié de moi (ou bien était-ce la curiosité ? peut être un peu des deux ….) qu’elle a tenu à venir avec moi chez le loueur.
La dame m’a assez vite remis une pochette et les clefs de ma nouvelle voiture, 20 km au compteur…. Moi qui n’ai jamais conduis que des voitures d’occasions … La dame m’a donné le code pour sortir du parking et le numéro d’immatriculation. Et nous voici larguée, Tonga Soa et moi, dans un immense parking plein de voitures de locations à chercher le bon numéro, alors que je ne sais même pas à quoi ressemble une 207. Dans un premier temps, nous nous sommes partagé le boulot, elle pour la file de droite, moi pour la file de gauche. Mais comme Tonga Soa est un peu moins blonde que moi, elle a vite compris que le parking regroupait toutes les boites de locations. Nous avons donc terminé notre recherche ensemble, quand tout à coup je me suis retrouvée nez à nez avec elle. La 207. Et en plus, elle est moche avec ses gros yeux saillants.
Telle une poule qui voit son poussin derrière un grillage, je me suis énervée sur un petit bouton situé sur la clef de la voiture, pour tenter en vain de faire fonctionner l’ouverture centralisée. Fort heureusement, Tonga Soa la zorotte m’a expliqué que ce petit bouton servait à replier la clef dans son boitier, que le bouton d’ouverture centralisée, c’était ce gros truc noir, juste là ! Et c’est elle qui est jeune conductrice hein ! Et en plus la clef est ultra moche.
Pourriez vous imaginer deux gamines de quinze ans empruntant le véhicule de maman/papa pour aller en douce en boite le samedi soir ? c’est bon ? vous visionnez ? ben voilà, c’était nous.
Sauf que moi, je flippais. Parce que moi, je n’aime pas changer de voiture. En plus d’être moche, elle pue. Ben oui, le neuf ça pue. C’est bien pour ça que nous nous sommes hâtées d’allumer une cigarette chacune … on laisse ses marques comme on peut.
La dame nous avait certainement expliqué comment quitter le parking pour arriver à la barrière et composer le code mais aucune de nous ne s’en souvenait. A la demande expresse de Tonga Soa, j’ai emprunté une petite route étrange toute de terre revêtue, tout en lui hurlant que si à cause d’elle je me retrouvais à devoir faire demi tour là-dessus, elle m’entendrait.
Je n’ai pas eu à faire demi-tour. Mais bien entendu, ce n’était pas la route de la sortie. A la place d’une barrière avec un code à composer, il y avait des blocs rouges et blancs de travaux.
- Là ! me hurle Tonga Soa, tourne là ! tu as la place pour passer entre les deux blocs !
D’ordinaire, je suis multi tâche. Mais là je peux vous dire que la prise de connaissance de ce nouveau véhicule moche et qui pue le neuf a utilisé l’intégralité de mes neurones blondesques, j’ai donc tourné là.
Comme une seule femme, une fois que je me suis engagée sur la route, nous avons hurlé
- Tu Je es suis à contre sens !!!!!!!!!!!!!!!
Ben oui. Trois voies à sens unique mènent à l’aéroport, mais nous nous sommes retrouvées dans le mauvais sens sur cette voie.
Là, je vous vois venir. Vous allez vous dire que Kali, elle est trop forte, elle a donné vite vite un coup de volant pour se retrouver dans le bon sens n’est ce pas ?
Tain mais vous suivez pas hein ! je viens de dire que la multi tâches que je suis occupait toutes ses neurones blondesques à faire connaissance avec sa voiture moche qui pue ! Vous ne croyez tout de même pas que j’étais en plus en état de réfléchir !
Donc, je me suis engagée à contre sens sur cette triple voie. Je précise, avant de recevoir des mails d’insultes sur mon manque de respect d’autrui, ou mon comportement pas très adulte ou encore un éventuel abus de pouvoir de conductrice en folie, je précise que et d’une, des camions bouchaient la voie sur laquelle j’étais (puisque le parking est en travaux) et de deux j’ai bien regardé avant pour m’assurer qu’aucune voiture n’arrivait en face (avec Tonga Soa qui me criait de vérifier) et de trois j’ai même tenté de passer entre deux camions quand je ne sais pour quelle raison Tonga Soa a hurlé (tu dois être aphone à l’heure qu’il est) NOOOOOOOOOOOOOON NE PASSE PAS PAR LA !!!!
Au passage, je n’ai toujours pas compris pourquoi je ne pouvais pas passer par là donc si tu pouvais m’expliquer ….
Je pense qu’on nous a vues. Pire que tout, le compagnon d’une copine bossait justement sur place et je pense qu’il nous a vues. Tain, si on avait encore une réputation à défendre, on est foutues. Surtout moi ! M’enfin bon, j’accuserais Tonga Soa.
J’ai roulé pendant quelques mètres en sens inverse et nous avons parcouru ces quelques mètres …. En hurlant.. Non seulement je me tape la honte devant le compagnon d’une copine, manquerait plus que j’ai un accident dix minutes après avoir pris la voiture de location !
Telle que vous me lisez là, je suis toujours vivante et Tonga Soa est arrivée en un seul morceau à sa propre voiture. J’ai garé ma voiture moche qui pue devant mon bureau et je n’ai pas bougé depuis. On verra ce soir. Je ne sais même pas où sont les feux de position.
Qui vient avec moi le jour où je dois rendre la voiture au loueur ?
18 novembre 2008
Je sais tout
Les mots dansaient devant mes yeux et j’avais un mal fou à déchiffrer le message. J’ai allumé la lumière et bien entendu, mon portable est passé en mode économiseur. Mais j’avais eu le temps de lire « Je sais tout ».
Une main glacée a happé ma poitrine et la vague brûlante de la panique a commencé à me submerger. Du calme, je devais tout d’abord me calmer. Impossible de réfléchir dans cet état. J’ai bien entendu aussitôt pensé à mon ex, il y a peu de monde qui possède mon numéro : je déteste le téléphone portable. Mais ça ne pouvait pas être elle, c’était techniquement impossible.
La dernière fois que je l’ai vue, sa tête baignait dans une mare de sang. C’est fou ce que ça peut saigner la tête. Je l’ai regardée agoniser lentement, je ne me lasse pas de ce spectacle. J’ai même eu le temps de déposer un dernier baiser sur ses lèvres rouges, rouges sang, avant qu’elle ne représente plus de danger pour moi. Quel gâchis quand j’y pense, ça me convenait bien à moi, cette petite vie tranquille. On s’était séparés en bons termes, on était d’accord sur la garde alternée, j’avais bien organisé mes occupations pour mes moments de solitude. Maintenant, j’ai les enfants à temps plein. C’était si pratique avant.
Jusqu’à ce qu’elle fourre son nez là où il ne fallait pas. Ce jour là, je suis rentré un peu trop tard pour éviter son ingérence, mais assez tôt pour échapper à la catastrophe. Elle était hystérique, elle hurlait qu’elle allait me dénoncer, elle pleurait et de la morve souillait sa bouche. Je l’ai trouvée pathétique. Très calmement, j’ai tenté de lui expliquer que ce n’était pas ce qu’elle croyait, il n’y avait là que des déchets de la société, personne ne savait qu’ils existaient. Je suis un scientifique, il me faut des cobayes et on ne peut pas tout étudier en laboratoire, sur des rats. J’ai reconnu qu’effectivement, il y avait des enfants aussi mais personne ne voulait d’eux, ils étaient de toute façon voués à une vie vide de sens … Mais elle ne voulait rien écouter. C’est pour cela que je n’ai jamais cherché à partager mon secret avec elle. Elle était trop obtuse, elle avait bien trop de principes judéo-chrétiens, elle était trop limitée intellectuellement pour mesurer l’impact futur de mes recherches. Elle se débattait tellement qu’elle a glissé sur les marches de la cave. C’était un accident. Oh bien sur, j’ai un peu aidé son corps à basculer pour que ce soit la tête qui heurte l’arrête coupante des marches, mais c’était accidentel. Je me suis assuré que sa blessure était bien mortelle, puis je l’ai laissée quelques secondes pour tout ranger et refermer mon laboratoire.
Je suis revenu vers elle pour la regarder mourir. Son portable gisait à terre, ouvert. J’ai vérifié mais elle n’avait passé aucun appel. Puis j’ai prévenu les secours. Je leur ai assuré que je venais de rentrer et que j’avais trouvé mon ex gisant sur le sol. Oui, elle venait souvent chez moi, même en mon absence, lorsqu’elle avait oublié quelque chose pour les enfants. Non, je ne savais pas ce qu’elle faisait dans la cave, elle n’avait pas du allumer la lumière … Ils ont vite conclu à un accident. Je n’étais pas inquiet lorsqu’ils ont pénétré dans la cave, personne ne pouvait deviner ce qui se cachait derrière cette énorme armoire antique, personne ne penserait à la déplacer. Personne, sauf mon ex. Dieu sait ce qu’elle cherchait dans ma cave, ce qui l’a poussée à pénétrer dans mon monde.
Je ne me posais plus cette question persuadé que je n’aurais jamais la réponse, jusqu’à cette nuit et ce message laconique. Je sais tout.
Quel tout ? jusqu’à quel point cet inconnu savait-il ? et si c’était une femme ? Fort probable, il faut être femme pour aimer à ce point fouiller la vie de son prochain. Je ne pouvais plus me rendormir.
J’ai commencé à arpenter la maison de long en large, il ne fallait pas que je réveille les enfants, j’ai donc évité d’allumer les autres lumières. Les enfants. J’avais l’impression d’entendre du bruit derrière la porte de leur chambre. A cette heure ci ? mais qu’est ce qu’ils fabriquaient ?
J’ai ouvert la porte doucement, je les ai vus tous les deux, en train de pianoter sur le portable de l’ainé, je ne savais même pas qu’il avait un téléphone, je n’avais jamais cédé à sa demande. Ils ont sursauté en m’apercevant, la lumière blafarde de l’écran dansait sur leur visage. Ils pleuraient en silence. Mon ainé a serré les dents en pressant une touche sur son portable ses yeux froids plantés dans les miens.
Mon téléphone a sonné à nouveau. Mécaniquement, je l’ai regardé. Tout aussi mécaniquement, j’ai ouvert la vidéo que mon fils venait de m’envoyer.
Les hurlements de mon ex ont rempli le silence de la maison, se mêlant aux sirènes à l’extérieur qui s’approchaient.
J’étais comme envouté, je ne pouvais pas dire un mot, j’ai juste interrogé mon fils du regard.
- Je n’avais pas vu que maman m’avait envoyé un message, juste avant de mourir. J’étais le premier dans son répertoire. Je ne l’ai lu que ce soir. Je sais tout.
Des cris, des coups sur la porte. Et eux aussi, ils savent tout maintenant.
Je sais maintenant pourquoi je déteste autant les portables.
Ceci était ma participation au dernier atelier d’écriture des Impromptus. Ici : http://www.impromptuslitteraires.fr/dotclear/
17 novembre 2008
La prochaine fois, je n'irai pas !
Lorsque Rahan n’a pas envie de venir chez des amis qui nous invitent, Rahan ne vient pas.
Un jour est (enfin) arrivé où Rahan m’a annoncé que nous étions invités chez Jules et Julienne. J’ai réussi à éviter une première invitation mais le vil le fourbe a annulé. Et une seconde invitation est arrivée.
Durant une semaine, j’ai dit à Rahan qu’il irait seul. Même lorsqu’il a appelé pour confirmer notre présence. Moi je me voyais déjà à passer mon dimanche toute seule chez moi, tranquille, avec un bon roman, sous ma couette ….
Mais hélas, hélas, avouons le, si c’est moi la plus grande gueule de la famille, je suis comme les roquets qui aboient mais ne mordent pas toujours, je suis plus guimauve encore que Calu et dimanche, je me suis préparée comme tout le monde pour assister à ce repas auquel je ne voulais pas aller. Je peux vous dire que Rahan va payer très très cher ma présence dominicale.
Et j’ai obligé Boudeuse à venir. Mon adorable ado qui n’ose pas trop me tenir tête dans ces cas là, mais qui avait rendez-vous avec scooter bout de ponton. A 14h30. Je lui ai juré promis craché par terre que nous serions parties à 14h30. Excellente excuse que j’avais trouvé là, je devais accompagner ma fille à l’autre bout de la terre à un rendez-vous important.
Je n’avais pas prévu, mais alors absolument pas prévu que le repas s’éterniserait autant.
D’autant qu’à notre arrivée, nos hôtes ont ouvert une bouche en cul de poule en voyant Boudeuse « ah ben on ne pensait pas que tu viendrais !» Evitant le regard noir de ma fille, moi qui lui avais assuré haut et fort qu’elle DEVAIT impérativement venir, que nous ne pouvions pas refuser une invitation comme ça, que j’étais élevée comme ça, qu’on faisait tout ensemble dans la famille et que de toute façon, elle était mineure et devait me suivre dans ce type d’invitation et que enfin Rahan avait confirmé sa présence.
Evitant le regard assassin de ma fille donc, j’ai simplement répondu que Rahan a l’habitude de ne pas compter Timousse puisque Timousse se contente de grignoter.
Ce que bien évidemment Timousse ne s’est pas contenté de faire. Timousse a dévoré tout ce qu’il pouvait et moi j’ai passé tout le repas à éviter les coups de pieds de ma fille sous la table et les regards interrogateurs de la maîtresse de maison lourds de « tu es certaine de bien connaître ton fils ? »
Nous avions décidé Rahan et moi, que je conduirais donc n’avalerais pas une goutte d’alcool.
Et je peux vous dire que j’ai rarement vu un repas aussi arrosé de ma vie. Ou peut être que si, mais ça a du arriver dans des repas où le nombre des convives dépassait la dizaine et on ne fait plus trop attention à ce que son voisin ingurgite.
Là, tout se passait sous mon nez, je ne pouvais pas ignorer le manège des bouteilles de whisky, vin blanc pour pousser le whisky, rosé pour pousser le blanc, rouge pour pousser le rosé, et le pousse tout à la fin.
A 15h, nous n’en étions qu’au plat de résistance et ma jambe était pleines d’hématomes suite aux tentatives désespérées de ma fille pour attirer mon attention. Timousse a été chiant au possible et j’ai vu le moment où nous allions le récupérer au fond de la piscine. J’ai passé mon repas à engueuler mon fils vu que son père consacrait toute son énergie à la seule chose qu’il était en état de faire : soulever son verre ….
A 16h, je les voyais prendre pour la troisième fois de fromage et tentais désespérément d’engager la conversation sur le gâteau qui devait clore le supplice de ma fille.
A 16h30, la bouche encore pleine de ma dernière bouchée de buche, je me suis levée pour annoncer à la tablée que je devais absoooooooooooooolument accompagner ma fille avant qu’elle ne commette un matricide.
Dans la voiture, j’ai demandé à Boudeuse si elle était consciente de la chance qu’elle avait d’avoir une maman aussi gentille que moi qui abandonnait un repas, ce qui est fort impoli, pour l’accompagner chez son amoureux. J’ai cru pendant quelques secondes qu’elle allait m’égorger. Mais elle s’est contentée de répondre qu’elle avait assez l’impression comme ça de s’être fait grugée, que j’étais gentille de ne pas en rajouter une couche.
Une fois ma fille dans les bras de scooter bout de ponton, j’ai filé chez moi pour faire deux ou trois petites choses.
A 18h, Rahan m’a appelée pour me dire que je n’avais pas à me déranger pour venir le chercher, Jules se proposait de les raccompagner.
En quelques secondes, j’ai revu les différentes bouteilles qui ont traversé la table avant de finir à l’état de cadavre, j’ai vu mon fils et son splendide regard, j’ai senti ses petites mains autour de mon cou et la douceur de ses bisous d’amour avant de finir à l’état de cad….. et j’ai presque crié que suuuuuuuuuurtout personne ne bougeait, j’arrivais. Oui je retrouverais le chemin, oui même s’il fait nuit, oui je serais là dans ½ heure. Et oui je me suis perdue et me suis retrouvée dans une propriété privée dans laquelle j’ai eu un mal fou à faire mon demi-tour.
Je pensais récupérer mon petit monde mais Rahan venait de demander un café. Je crois qu’il va payer tout ça encore plus cher que ce que j’avais l’intention de faire à la base.
Une heure plus tard, après dix « on y va ? » et au moins autant de « non merci, on ne prend pas d’apéro avant de partir » j’ai réussi à embarquer tout mon petit monde.
Rahan s’est allongé sur le siège avant et il suintait tellement l’alcool par tous les pores de son corps que même Timousse a du en être saoulé, vu qu’il s’est endormi en dix secondes.
Et durant la ½ heure du retour, j’ai du monter le son de la radio tellement Rahan ronflait fort.
J’espère que ce matin, il avait le mal de crane du siècle. J’ai hâte d’être à ce soir, ce sera la première fois que je serais heureuse de voir Rahan mourant.
14 novembre 2008
Y'a plus de saison
Et pour le climat, et dans nos vies.
Comme chacun sait, Noël, c’est la semaine prochaine. Ah ? non ? je me trompe ? pourtant, ça fait bien trois semaines que ma grande surface préférée a sorti les jouets, les chocolats de Noël, les décorations….
Alors je veux bien admettre que je fais partie de la population ultra méga plouc à pleurer qui adore-vénère et cautionne les fêtes imposées, commerciales et ringardes mais merde quoi. On n’avait pas encore fêté nos défunts que les bougies mortuaires se bagarraient déjà sur les étalages entre les citrouilles d’halloween et les guirlandes clignotantes multicolores à usage externe uniquement.
Ok me direz vous, l’été c’est pire. Je me souviens que début juin, j’ai trouvé avec beaucoup de mal le ballon de plage réclamé à corps et à cris par Timousse en poussant les fournitures … scolaires. Pour la rentrée septembre ! en juin ! Les gamins n’avaient pas encore fichu les cahiers au feu la maîtresse au milieu qu’ils avaient déjà intérêt à choisir leur cartable et le super méga stylo de la mort qui tue au prix de la mort qui achève.
Faudrait peut être voir à arrêter les conneries. D’autant que moi, j’ai quand même besoin de me conditionner pour plonger dans la féérie de Noël (Oui j’aime ça et alors ? commencez pas hein ! je tiens à préserver jusqu’à cent ans la petite fille naïve, futile et puérile qui vivra toujours en moi. ) et fin octobre voire même mi novembre, pour me conditionner …. ben même avec la meilleure volonté du monde, je n’y arrive pas. C’est ainsi que je peux ressentir cette sorte de « dégoût » dont j’entends si souvent parler dans les conversations « anti-noël ».
Hier, j’étais donc dans ma grande surface préférée parce que juste à côté de mon boulot, et je cherchais de quoi épater mes invités du soir.
A peine me trouve-je dans le hall que des centaines de milliers de Play truc portables ou autres m’ont agressée. L’attaque fut foudroyante et d’une violence inouïe. Pardonnez ce passage impromptu au passé simple, mais ce choix est lié à la soudaineté des évènements.
Play truc, W boite, Xuu, ZX, RCR …. Ben quoi ? vous ne croyez tout de même pas que je vais les nommer ??? c’est un blog ici hein ! pas un site publicitaire ! en plus ils nous fatiguent avec leurs initiales de partout, on ne cause plus que comme ça nous maintenant, que j’en perds mon latin entre les SMS, les MMS, les M&M’S, les MSN, LOL MDR, XXXD … Pour moi les initiales, c’est pour les fringues. Et encore, il m’arrive d’avoir du mal. Alors si même les jeux s’y collent … merde quoi !
Bref. Toutes, comme un seul homme, se sont jetées sur moi. Remarquez que s’il eut été s’agit d’un seul homme, la chose m’eut convenu Surtout s’il fut s’agit de Bruce. Que je suis pas dans la merde avec ces temps à la con moi, vu que je n’ai jamais maîtrisé la conjugaison ! J’eusse aimé donc que Bruce se jeta sur moi de cette façon.
Peut être même qu’à Bruce, je n’aurais pas dit que non non non ! n’insistez pas ! je suis venue pour acheter des-cochonneries-à-grignoter-avec-des-amis-pour-faire-passer-un-verre-de-rhum-ou-deux. Alors on a bien le temps pour les consoles de jeux.
Quoi que … c’est quoi ce truc là ? ah ! la fameuse Xuu ! quoi je vis dans une grotte ? Et bien non, je ne sais pas ce qu’est une Xuu sauf que j’ai vu à la télé des pubs où des débiles sautent tout seul sur place en moulinant les bras de manière très inquiétante. Sauf que quand on ne connaît pas ce genre de truc et qu’on ne comprend qu’un mot sur six en anglais, tout devient compliqué. Parce que moi j’ai trouvé des tas de trucs pour la Xuu, avec la manette, sans la manette, avec le volant, sans le volant, avec les deux même, ou sans rien mais … en fait, je n’ai toujours pas compris si la console était incluse dans la boite ou pas.
Non parce que t’as l’air con quand même d’offrir à tes gamins le jeu qu’ils te réclament depuis des lustres, si tu oublies de vérifier que la console est bien dans le package spécial Noël.
Vu que ça m’est déjà arrivé …
Enfin bref. J’en étais là, à me débattre contre des gondoles pleines de boites proposant chacune l’offre du siècle et je n’avais aucune idée de ce qu’elles contenaient vraiment. Ou pas. Et je m’imaginais très mal appeler un vendeur pour lui demander si leur putain de console était incluse dans le pack. Ou pas.
D’autant que je n’ai nullement l’intention d’offrir une Xuu à mes enfants, même s’ils me supplient depuis des mois pour en avoir une.
Franchement ? vous y songez vous ? sur le bateau ! Une Xuu ! pour peu qu’ils jouent au golf !
Très agacée qu’aucune boite ne se soit transformée en Bruce, j’ai difficilement remis de l’ordre dans ma coiffure sortie du bureau en catastrophe après 10 heures d’informatique, et stoppé net toutes les revendications de ces stupides engins.
Je n’ai acheté aucune Xuu. Elles sont toutes restées sur leur gondole, à attendre le prochain débile qui passerait deux heures à tenter de comprendre ce qu’elles contiennent VRAIMENT.
Quoi ? ça ne vous arrive jamais de rester deux heures devant un article que de toute façon il n’est pas question de l’acheter ? hum ? OH LES MENTEURS !!!!
Mais la bataille fut rude, je n’en suis pas sortie indemne. Une fois à la caisse, je me suis rendue compte qu’il y avait autre chose que des-cochonneries-à-grignoter-avec-des-amis-pour-faire-passer-un-verre-de-rhum-ou-deux sur le tapis. Devant mon air dubitatif, la caissière m’a demandé « ça aussi c’est à vous ? »
Ben oui. Ce ne sont pas les mêmes lettres, (mais elles ont le mérite d'être trois, et en plus des consonnes) mais je me suis retrouvée avec une play truc portable plus intelligente que ses consœurs : elle a trouvé toute seule le chemin de mon caddy. Si si ! je vous jure ! ce n’est pas moi qui l’ai collée dans mon caddy. En tout cas, je n’ai aucun souvenir de la chose.
C’est Timousse qui va être content. Et mon banquier aussi. Tiens, justement, faut que je lui cause à lui … Noël, c’est bientôt quoi.
13 novembre 2008
En vrac
Echange paranormal avec Boss.
- Kali, puisque la secrétaire n’est pas là, vous n’oubliez pas en partant le soir de faire ce qu’elle fait d’habitude hein ? fermer tous les volets, vérifier que tous les appareils soient bien coupés …
Moi, dans ma tête, non mais ça va aller oui ? Déjà que je ne suis pas spécialement ravie de son absence vu qu’en plus de mon boulot, je me tape le sien JE DETESTE REPONDRE AU TELEPHONE ! et en plus je peux aussi passer la serpillère si il veut ? Non mais merde alors ! moi quand je m’absente, euh … SI JE DEVAIS m’absenter, personne n’irait faire mon boulot à ma place, il m’attendrait bien au chaud dans mon bureau mon boulot hein ! Ce qui c’est traduit par :
- Vous plaisantez ?????
Demi tour droite, boss revient dans mon bureau.
- Non mais excusez moi, Kali, je sais que vous n’aimez pas quand je fais ça.
Moi, dans ma tête, à peine un chouilla légèrement calmée. Bon j’aime mieux ça ! je ne suis le larbin de personne moi ! je trouve que j’en fais assez comme ça merde alors ! Et puis j’ai assez de boulot rien qu’avec mon poste ! et puis ils n’ont qu’à fermer leurs volets tous là le soir non mais oh ! Ce qui c’est traduit par :
- …
- Mais vous savez comment je fonctionne, Kali, je préfère toujours m’assurer que tout va bien, même si je sais que vous n’avez pas besoin que je vous le dise pour que vous y pensiez. Je sais que de vous même, vous l’auriez fait, parce que je sais que vous êtes impliquée, consciencieuse et sérieuse.
Là, je vous jure, ça me l’a troué profond. Preuve en est que Boss et moi n’avons pas du tout la même définition de la plaisanterie. Je m’apprêtais à rectifier sauvagement tout en me disant que j’étais encore en train de me faire avoir et en beauté s’il vous plait, parce qu’il est difficile de contredire vertement un tel caressage de poil dans le bon sens, mais que j’y arriverais parce que je ne suis pas QUE blonde, quand …
Quand je me suis souvenue que la secrétaire partant à 17h00, mes collègues et moi à 19h00 … ce n’est JAMAIS elle qui s’occupe des dernières vérifications !
Ce qui m’amène à me poser la question suivante : est ce que Boss et moi bossons VRAIMENT dans la même boite ?
Discussion passionnante avec Rahan.
On va faire comme à l’école.
Consignes : Dans la liste ci-dessous, choisis les mots qui conviennent pour aider Rahan à formuler ses réponses :
oui-non-ah-ah bon-je sais pas.
Note : chaque mot peut être utilisé une ou plusieurs fois (sinon, t’es dans la merde, il risque de te manquer des réponses)
- C’est Timousse qui a choisit le repas de ce soir
- Ah
- Oui, nous allons donc manger des lentilles aux saucisses
- Ah bon ?
- Oui, il les a vues chez le traiteur, il les a trouvées « zolies » et il a passé commande.
- Non ???
- Oui, je sais, Timousse n’aime pas les lentilles mais comme c’est lui qui a décidé, il sera bien obligé de les manger non ?
- Ah.
- Quoi ? tu penses que je me trompe ?
- Je sais pas.
Après le repas.
- Elles sont super bonnes ces lentilles !
- Oui
- Je ne vais plus me fatiguer à la faire alors.
- Ah bon ?
- Ben oui, je vais les acheter directement chez le traiteur quand il les fera, elles sont meilleurs que les miennes en plus.
- Ah oui, tu as raison, c’est une bonne idée ça.
Et les consignes alors ? tu n’as pas suivi les consignes !!!!
Comme quoi, des fois, je me demande si ce n’est pas mieux, pour la survie de notre couple, que Rahan se contente de oui-non-ah-ah bon-je sais pas.
10 novembre 2008
Lettre ouverte
Je voudrais bien écrire des notes qui ressemblent à celles que je lis ici et là … vous savez, ces notes qui partent d’une sensation en général, d’un ressenti, d’un ensemble de vécu qui nous font conclure que …
Je voudrais bien pouvoir les pondre ces notes, dans un style impeccable, avec le fond et la forme qui vont avec, de ces notes qui se lisent d’une traite (oui je sais parce que souvent elles sont courtes ELLES) et de ces notes qui se vivent. Oui, qui se vivent, en hochant la tête, accompagnés de « voilà, c’est tout à fait moi ça, je m’y retrouve, c’est exactement ce que je pense et je ne savais pas comment l’exprimer ».
Je voudrais être capable d’écrire un texte qui permettrait même à certains de se dire que ah ben oui, c’est pas con ça. Qui ne déclencheraient aucun commentaires m’assurant que je n’ai rien compris, que ce n’est pas comme ça qu’il faut faire. Où personne ne viendrait me donner les conseils que je n’ai pas demandé.
On se calme. Je ne fais allusion à aucune note en particulier pour ce dernier point. Mais j’avoue qu’il m’arrive de ne pas publier un certain type de note parce que je sais très bien comment certaines personnes vont les percevoir. Parce que moi j’aurais juste envie d’expliquer quelque chose et que je récolterais au mieux des conseils, au pire des jugements. Et que mon message se perdrait. Donc je m’abstiens. Mes textes, je me les garde bien au chaud pour le jour où je publierais mon premier livre et où Coumarine écrira la préface.
On se calme, je déconne.
Je voudrais bien, donc écrire comme ça.
Mais j’peux point.
Alors je vais me contenter de vous dire que dans la vie, y’a un truc qui me gonfle mais alors qui me gonfle quelque chose de prodigieux, ce sont les interventions orales malvenues des donneurs de leçons qui savent EUX comment il FAUT réagir et qui EUX ne-se-laisseraient-pas-faire-mon-cul.
Qui sont tellement imbus de leur petite personne et préoccupés par l’aspect de leur nombril qu’ils finissent par oublier que le but d’une conversation, c’est aussi d’écouter ce que l’autre a à dire. Qu’une amie qui se confie attend avant tout du soutien.
Allez, ne me dites pas que ça ne vous est jamais arrivé, j’aurais beaucoup de mal à vous croire. En tout cas moi, je me suis déjà retrouvée dans cette situation et j’ai déjà eu à jouer les deux rôles hélas, trois fois hélas. Même si la plupart du temps, j’essaie d’écouter sans juger.
Je pense entre autre à cette conversation que j’ai surprise un jour entre collègues, où l’une racontait toutes les horreurs que lui faisait subir son connard de mec. Une suite de pics, de réflexions méchantes, de sous-entendus blessants, …. Et l’autre faisant mine de l’écouter, l’autre collègue donc, ne pouvait s’empêcher de la couper de « et tu t’es laissée faire ? et tu n’as pas répondu ? et tu n’as pas réagit ???? » Je ne pense pas que la collègue qui se confiait avait vraiment besoin d’avoir à justifier son attitude. Elle ne parlait pas de ce qu’elle aurait du faire, mais de ce qu’elle venait de subir. Du coup, le con dans l’histoire, ce n’est plus celui qui humilie, c’est celui qui vient d’être humilié.
Pourquoi ? pourquoi réagir ainsi ? pourquoi pousser la « victime » sur le banc des accusés ? Pourquoi tant de personnes se contentent-elles d’entendre pour ne surtout pas avoir à écouter ? Qu’est ce qui vous fait peur ? Et je ne parle pas des cas graves où nous devons intervenir, ne serait-ce que par humanité, je parle des bobos de tous les jours, ceux qu’on a juste besoin de confier. Pas plus.
Moi je sais pas mais lorsque je raconte quelque chose que je viens de vivre qui m’est difficile à encaisser, j’ai d’abord envie qu’on m’écoute, qu’on me comprenne, voir qu’on prenne ma défense (un simple «Oh ! comme je te comrpend ! » me suffirait, merci) mais surtout pas qu’on me montre d’un doigt accusateur. Et pour ce qui est des conseils, j’aime bien qu’on attende qu’éventuellement j’en demande avant de m’en balancer une louche.
Et ce qui me troue le plus ce que vous savez (sauf père aimé qui n’a toujours pas compris ce que ça me troue) c’est lorsque je raconte à une copine qu’hier soir en rentrant,
Attention, phrase relativement longue …
Je raconte donc que j’ai retrouvé Rahan écroulé sur la banquette et Timousse devant un dessin animé, alors qu’il a une tonne de devoirs à faire (Timousse, pas Rahan) et que je me suis contentée de râler en coupant la télé et en collant le monstre (Timousse, pas Rahan) devant ses devoirs malgré ses contestations et que la copine me regarde outrée en me lançant un « et TU as laissé faire ça ??? » Et que la copine va presque jusqu’à me suggérer le divorce avec garde exclusive (de Timousse, pas de Rahan) vu qu’aucun juge ne laisserait notre fils grandir aux côtés d’un dépravé pareil (Rahan pas Timousse), même si elle aime bien Rahan parce qu’il est sympa.
Moi à la limite, lorsque je raconte Rahan affalé et Timousse survolté, j’ai juste envie d’entendre un « Ma pauvre, après ta journée de boulot, tu as peut être envie d’autre chose que de gérer ça en plus ». Ca me ferait du bien de l’entendre, ça. Je me sentirais comprise. Soutenue. Plainte en digne petite Calimérote que je suis. Et au pire, si je colle un peu d’humour dans mon histoire, que la copine rigole. Pas qu’elle se transforme en zorotte-juge-avocate-juré-bourreau des temps modernes.
Bien. Je suis tellement partie dans tous les sens, que j’en ai du mal à retrouver le message d’origine.
A savoir que parfois, une écoute sincère et amicale a bien plus de valeur que tous les conseils du monde dont, quelque part, on se contre tape. A savoir que quand votre meilleur ami vous raconte que sa femme lui a fait passer une soirée immonde la veille, il a juste besoin de votre épaule, et éventuellement de se saouler avec vous pour oublier quelques heures la tristesse de sa vie. Pas que vous alliez lui chercher un tueur à gage qui se débarrasserait proprement du corps. Et surtout pas qu’on lui coupe la parole une dizaine de fois dans son monologue de « TU l’as laissée regarder ce film ??? TU l’as laissée coller une baffe au gosse ? TU ne lui as pas hurlé dessus ? »
Il ne parle pas de ce que VOUS, parfaite personne, auriez-fait-mon-cul, il parle de lui, de ses trippes qui se nouent, des larmes qu’il retient, de sa peine. Si vous n’êtes pas capable d’être un ami, faites au moins l’effort de fermer votre gueule.