24 décembre 2008
Dernière note
De l'année. Pas le temps, juste deux minutes pour souhaiter à tous de joyeuses fêtes même à ceux qui ne fêtent pas.
23 décembre 2008
Il y a peut être des signes dans la vie.
Mais je ne sais pas les interpréter.
Je rêve, comme tout le monde, et la plupart du temps je me souviens parfaitement de mes rêves.
J’ai passé une nuit agitée peuplée de rêves étranges et entre chaque, j’ai compté les minutes. Il faut dire qu’au boulot, la tension est à son paroxysme, ça n’aide pas à rester parfaitement zen.
Cette nuit, entre autre, j’ai rêvé que je roulais derrière un camion et que tout à coup j’ai perdu le contrôle de mon véhicule. J’ai donné un coup de volant à droite et me suis précipitée dans un ravin. Durant la chute qui n’en finissait pas, je ne cessais de me dire que non, je ne pouvais pas mourir.
Ce matin, je n’ai eu aucun mal à sortir de mon lit vu que je ne dormais pas. J’ai laissé Timousse au centre aéré tout heureux de retrouver ses copains. J’ai retrouvé en dix secondes le blouson qu’il avait soit disant perdu la veille dixit son père. Et me suis engagée sur la nationale.
Premier rond point, je klaxonne légèrement pour rappeler à un abruti que je suis sur sa droite là, et qu’il est en train de se rabattre sur moi. Second rond point, il y avait ce camion benne. Sensiblement identique à celui de mon rêve. J’étais en train de me demander où j’avais déjà vu ce camion, tout en roulant derrière lui.
Le camion benne transportait un milliard de petites et grosses choses qui débordaient largement de chaque côté.
Dans le virage du rond point, j’ai vu un gros objet bouger, puis glisser vers l’arrière puis s’éjecter de la benne.
C’était une portière de voiture. J’ai enfoncé le frein, j’y aurais collé mes deux pieds sur la pédale si j’avais pu J’ai la sensation que la portière a plané dans les airs comme dans un dessin animé, j’ai cru la voir tourbillonner même, puis je l’ai vue s’écraser au sol devant moi, juste devant mon capot. Ensuite elle a rebondit deux ou trois fois puis a terminé sa course sur la voie de gauche et fort heureusement, il n’y avait personne.
J’étais déjà à l’arrêt mais je continuais à freiner comme une malade tout en me disant que si je n’avais pas respecter les distances de sécurité, c’est sur ma tronche qu’elle aurait atterrit la portière.
Un coup d’œil dans le rétro, il arrive trop vite lui il ne s’arrêtera jamais. Et de fait, il ne s’est pas vraiment arrêté. En même temps, le conducteur du camion descendait nonchalamment sur la route. J’ai enfoncé le bouton de feux de détresse comme si ça allait changer quelque chose, tout en klaxonnant pour réveiller l’autre crétin sur la route. Et le véhicule arrivait toujours aussi vite. Je me disais qu’il allait me percuter et qu’il y avait le type qui marchait sur la route là et que ma voiture allait être propulsée sur lui … je regarde peut être trop de films catastrophe moi …
J’entendais la voiture derrière moi hurler, le mec a du laisser quelques centimètres de pneus sur la route. Il a donné un coup de volant au dernier moment, il a terminé dans le champ sur la droite et a parcouru encore quelques mètres. C’est là que mon rêve m’est revenu et j’ai pensé « c’est lui qui va s’écraser au fond du ravin ! » Sauf qu’il n’y avait pas de ravin. Et que l’automobiliste n’a rien eu. Il a carrément continué sa route, a dépassé le camion benne, est retourné sur la nationale puis est reparti !!! C’est une blague ???
J’avais mal aux mains tellement je serrais mon volant. J’sais pas, je devais avoir peur qu’il s’envole.
Et pendant ce temps, le conducteur du camion continuait à marcher vers sa putain de portière, comme si c’était quelque chose qu’il faisait tous les jours.
J’avais la sensation d’être dans un film. Je le regardais le type, ultra méga zen, se pencher pour ramasser sa portière, puis la trainer jusqu’à la benne. J’ai vraiment l’impression qu’il n’y a que moi que cette scène a troublé … en même temps, c’est sur ma tronche qu’elle a failli atterrir la portière ! Mais bon quand même … entre la bagnole qui a du passer par le champ pour ne pas me rentrer dedans et qui a continué sa route comme si rien n’était arrivé et le mec là devant moi qui prenait son temps alors qu’il était sur une nationale …. Dites ? y’a que moi que ça perturbe ? sérieux ?
Il est remonté tout doucement dans son camion après avoir difficilement balancé sa portière dans la benne. Il est reparti tout aussi tranquillement. Et nous avons suivi. Oui, nous, parce qu’il y avait du coup une sacré file de voitures qui s’entassaient sur les deux voies.
Je suis arrivée à mon boulot en me disant que les rêves prémonitoires, c’était de la connerie. Je vois un ravin et une chute sans fin alors qu’en fait, c’est une portière de voiture qui manque de me décapiter. Sur que je ne vais pas être embauchée comme voyante dans les séries américaines …
19 décembre 2008
Un dessin, c'est moins dangereux qu'une lettre
- Maman ? Comment on fait les bébés ?
Ma gorgée de café est passée direct par-le-trou-qui-respire et c’est avec des larmes pleins les yeux que j’ai tenté désespérément de retrouver mon souffle.
- T’ain Timousse ! Mais c’est quoi ces questions le matin au petit déjeuner ?
Remarquez s’il vous plait, avec quelle classe j’ai réussi à éluder la question. Subtile façon de me donner du temps pour réfléchir à la façon dont j’allais me sortir de cette situation absolument ingérable particulièrement si je n’ai pas encore avalé mon petit déjeuner.
- D’accord mais … Comment on fait les bébés ?
En plus, il a de la constance le bougre !
- C’est rigolo que tu me poses cette question, ça me rappelle une pub sur le lait qui me faisait mourir de rire, dans laquelle un petit garçon demandait à son papa « papa c’est quoi cette bouteille de lait ? »
- Hein ? Quelle bouteille de lait ?
- Ben y’avait une bouteille sur la table et le petit garçon demandait à son papa …. T’as pas envie plutôt de me demander c’est quoi cette bouteille de lait ?
- Ben non, ze m’en fisse de la bouteille de lait. Ze veux savoir comment on fait les bébés.
- Mais pourquoi tu me poses cette question ?
Admirez encore une fois l’habileté dont je fais preuve pour éviter à nouveau de répondre à sa question.
Et là, Timousse a légèrement rosi, entortillé ses mains nerveusement, et dans un rire gêné m’a avoué :
- C’est mon amoureuse qui m’a demandé si on aurait des bébés plus tard.
- Hum hum …
- Alors ?
- Ben alors elle a dit plus tard ta copine non ?
- Ben oui mais moi si ze veux faire des bébés avec elle, il faut d’abord que ze sasse comment on fait les bébés !
- Certes, certes.
- Et moi ze voudrais bien lui faire des bébés.
Là, c’est l’intégralité de la tasse de café que j’ai recraché.
- Tu as bien le temps.
- Mais z’ai envie de lui dire qu’on aura des bébés !
Il veut ma mort ce môme, il veut ma mort moi je dis.
- Ecoute Timousse, c’est une question qui demande une réponse à laquelle je dois réfléchir et ce n’est pas le matin quand je me lève que je peux réfléchir. Et puis en fait, tu pourrais aussi de temps en temps poser des questions à ton père, histoire qu’il assume son chromosome.
- C’est quoi un chromosome ?
Mais dans quoi je me suis engagée moi !
- Et puis d’abord c’est quoi cette histoire de bébé ?
- Ben c’est mon amoureuse, elle m’a écrit une lettre d’amouuuuuuuuuuuuur et dedans, elle a dit que mes zyeux c’était deux grands cœurs d’amour.
Ouais ben il aurait pu se contenter d’apprécier la poésie de l’amoureuse au lieu de passer tout de suite au pragmatique.
- Attends, ze vais te montrer ma lettre d’amouuuuuuuuuuuuur.
Je l’ai lue, attentivement. Sous le regard tout aussi attentif de Timousse.
- Elle ne parle pas de bébés dans sa lettre d’amouuuuuuuuuuuuuur ta copine.
Par contre, elle lui dit un millier de fois qu’il est beau, qu’il est beau, qu’il est beau et … qu’il est beau. Puis qu’elle l’aime, et encore qu’elle l’aime puis à nouveau qu’elle l’aime ….
- Si regarde ! là elle a effacé quelque soze.
- Et bien si elle a effacé quelque chose, ce n’est pas possible de le lire
- Si ! z’ai regardé avec la loupe parce que en fait, elle avait pas bien effacé.
Incrédule, j’ai dévisagé mon fils quelques secondes puis j’ai attrapé la loupe qu’il me tendait et j’ai lu …
« Est-ce qu’on aura un enfant quand on sera grand, est-ce que ce sera un garçon ou une fille ? »
Où est-ce que j’ai fichu ma ventoline moi ? Je suis proche de la crise là.
- Alors ?
- Ben alors elle a dit quand vous serez grand. Tu as bien le temps.
- Oui mais moi si ze sais pas comment on fait les bébés pour de vrai, ze peux pas lui répondre !
Oh putain de putain de putain ! Mais ce n’est pas une recette de cuisine qu’il me demande là !
- Les bébés, on les fait quand on est grand.
- Comme Boudeuse ?
- NON !!!!!!!!!! PAS COMME BOUDEUSE ! comme papa et maman, et vous êtes encore trop petits pour avoir des bébés. C’est comme ça, c’est la nature. On les fait quand on s’aime très fort et qu’on a envie de … construire une famille. Si c’était simplement une question technique, je t’aurais répondu (mouarf mouarf !). Mais là, en plus, ta copine a effacé sa question sur les bébés. Ca veut dire qu’elle aussi elle veut attendre avant d’en parler. Donc tu n’as pas besoin de répondre à une question qu’elle ne t’a pas encore posée.
Logique non ?
Non parce qu’en même temps, il faut avouer que si jamais mon fils retrouve son amoureuse et lui dit « ayé, ze sais comment on fait les bébés, on peut en faire un » sur que dans l’heure qui suit, j’ai un coup de fil de l’école et des parents moi !
M’en fou, j’ai une preuve. C’est elle qui en a parlé en premier. Mais bon, je préfère encore qu’elle continue à lui faire de jolis dessins plutôt que lui écrire des lettres d’amouuuuuuuuur qu’il faut en plus que j’analyse au petit déjeuner !
Et puis Timousse, il dort avec des doudous, il a peur du noir et il croit encore au père Noël. Et avant de causer bébés, faudra lui expliquer qu’on commence par sortir couvert.
Et moi je voudrais bien passer encore quelques dizaines de Noël tranquille.
Et puis merde alors ! pourquoi il n’est jamais là son père dans des cas pareils hein ?
18 décembre 2008
Interdit aux moins de 12 ans
On nous parle des dangers du net, de la violence dans les jeux vidéos, de la violence des images aux infos télévisées, des dangers de la télé …. J’avoue que j’ai été outrée quand j’ai vu les pubs qui passaient sur une chaine dédiée aux ados à 22 h 00 …. Bonjour l’image de l’amour et de la femme qu’ils vont avoir après ça …. Sérieux ? comment est-ce qu’on peut tolérer ça ?
Je suis d’accord avec tout ça, j’y ajoute les pubs qu’on voit sur les bus, arrêts de bus, un peu partout dans la rue …et j’oublie certainement quelque chose.
Mais aujourd’hui j’ai un petit quelque chose, justement, à ajouter : sur le cinéma à la maison. Non pas le home cinéma ! où voulez-vous que je fiche ça ? Les DVD.
Ca fait un petit moment que je fais grève des programmes télé et euh … tout compte fait, ce n’est pas plus mal vu les programmes.
Alors j’emprunte des DVD à la bibliothèque, crise oblige, ça économise au moins le coût de la location. Et mercredi je suis rentrée avec deux DVD. Le premier, je l’ai choisi parce que ça parlait d’enquêtes criminelles type experts et ça c’est mon dada. Le second, c’était à cause de l’acteur Andy Garcia. J’adore. Oui bon ok, ce n’est pas Bruce, mais j’adore. Et en plus, ça parlait de psy, d’ado, dans l’air du temps quoi. En même temps, les résumés au dos des DVD ne m’ont pas du tout préparée à ce que j’allais regarder.
Une fois rentrée chez moi, j’ai chaussé mes lunettes et j’ai enfin pu voir que ces deux films étaient interdits aux moins de 12 ans. Et là je m’interroge. Bon ok, c’est super bien qu’on interdise certains films à des plus jeunes, ça évite bien des cauchemars ou des questions embarrassantes. Mais je voudrais bien savoir sur quels critères « on » se base pour estimer que ce film là, si tu as 12 ans, tu peux le visionner.
Et après l’interdiction sus nommée, arrivent les moins de 16 et moins de 18, c’est du c*ul et euh … du c*ul hard.
Ayé ! j’ai compris. A 12 ans, tu peux supporter la vue de la mort violente, sanguinolente et sadique mais surtout pas une paire de seins. A 16 par contre, tu as le droit de voir ça. Mais bon, juste la fille hein ! nue comme un ver. Le mec, il garde son slip. D’ailleurs je me demande comment ils font mais bon. A 18 ans t’es majeur et vacciné, t’as droit aux gros plans.
Revenons à mes films. Le premier, je m’installe tranquillement sur ma banquette imitation cuir, ma tasse de thé chaud dans les mains, j’oblige Rahan à rester à côté de moi pour le visionner des fois que j’ai peur … quoi je suis chiante ? Il m’a E-POU-SEE NON ? Bon. (référence à un excellent film loufoque pour ceux qui n’auraient pas compris l’allusion.)
Au début c’est sympa, tout comme j’aime, ambiance un peu glauque et tout ce qu’il faut pour nous faire sursauter et puis tout d’un coup, on ne rigole plus. Y’a un type qui appuie sur un bouton des dominos se cassent la figure les uns après les autres c’est super joli, à la fin une boule bascule et fait elle-même basculer un truc qui ressemble à un énorme extincteur, l’énorme extincteur dégage un gaz qui gèle le bonhomme en dix secondes. Moi perso, pour un film interdit aux moins de 12 ans, j’aurais revêtu le bonhomme d’une sorte de neige, il serait tombé au sol dans un grand bruit et basta. Et encore, mon idée me choque moi-même, c’est tout de même une belle façon de banaliser la mort. Bref. En fait, ce n’est pas du tout ce qui est arrivé au bonhomme. D’abord ses jambes ont gelé et ensuite elles se sont brisées genre fractures ouvertes avec tous les détails vous voyez ? et puis je vous passe les détails mais le reste du corps a suivi le même chemin si j’ose dire, et à la fin le type était un gros puzzle sanguinolent. Avec des petits paquets de corps éparpillés ici et là.
Nous avons suivi la scène en silence Rahan et moi et tout d’un coup je suis comme sortie de ma léthargie, la cuillère dans une main la tasse de thé dans l’autre, la bouche ouverte qui va gober des mouches, nos regards se sont croisés et comme un seul homme, Rahan et moi avons expulsé un identique « ah d’accord ». Au moins, on avait compris où le film voulait nous emmener. Dommage, le résumé était sympa mais moi les films à hémoglobine ça me gave sérieux.
Donc, d’après ceux qui décide à quel âge on peut regarder des films, un gosse de 12 ans peut regarder pendant 1h50 des bonhommes se faire découper de toutes les façons imaginables. Et même euh … inimaginables.
Je vous vois venir. Vous allez me dire que l’âge, c’est surtout fonction de ce qu’est l’enfant ou l’adolescent et que les parents après ils gèrent. Ok. Mais moi je retiens qu’à 12 ans, on peut regarder des films violents, d’horreur et de bidoche explosée un peu partout. Et après on s’inquiète de l’état de santé mentale de nos mômes.
Le second film, je vais vous dire, de la violence il y en avait aussi. Mais une toute autre. Plus … sournoise ? en tout cas, outre le fait que j’ai passé environ les trois quarts du film à pleurer, j’ai eu un condensé façon shaker de meurtres, viols, pédophilie, inceste, suicide … tout ça dans un seul film, merci. Interdit au moins de 12 ans.
Ok. C’est quoi … en 5ème un gosse de 12 ans c’est ça ? ok. Il peut donc regarder toutes ces horreurs. Il a le droit, c’est marqué sur la boite du DVD qu’il a le droit.
Et en plus, on nous balance à la télé des pubs qui nous disent attention ! vos enfants ne voient pas la même chose que vous : RESPECTEZ les interdictions !
Ok, je vais respecter. Tonga Soa, viens voir une minute. Je prends ta fille une semaine, on va se visionner ensemble des films interdits aux moins de 12 ans, ELLE A LE DROIT de les regarder, c’est marqué sur la boite. Et en plus ils le disent à la pub. J’ai aussi quelques DVD « tous publics » pour ton fils, t’en fais pas. Il y a juste un type ou deux qui s’y font décapiter, un autre qui se fait bouffer en petits morceaux par un dinosaure t’en fais pas, c’est marqué « tous publics » sur la boite.
Chouette non ?
Faudrait peut être revoir les interdictions. Et noter sur les boites si c’est violent, si c’est sanguinolent, si c’est cul-cul la praline, si c’est hot …. Mais les âges, sérieux, c’est de la grosse connerie !
16 décembre 2008
Une minute de silence
Je demande une minute de silence. Une pensée pour les journalistes qui devront dorénavant assister aux conférences de presse en tongs. Faudrait pas que ça se passe en hiver. Non parce que garder ses chaussettes avec des tongs, ça relève de l’exploit quand même. A part nos touristes. Ils y arrivent, eux.
11 décembre 2008
Logiques Ado et enfantine
Mardi soir, j’ai assisté au conseil de classe de Boudeuse. Elle obtient une moyenne générale de 13/20 avec un petit 10 en histoire, un 14 en français, de 14 à 16 dans les matières professionnelles, un superbe 18 en dessin et un non moins superbe 19 en anglais.
J’étais super méga fière de ma fille d’autant que ça fait 3 ans que je ressors déprimée de ses conseils de classe. Elle a fait un bond fulgurant, et elle pétillait d’orgueil lorsque je suis rentrée.
Mais bon. En tant que parfaite ado, Boudeuse n’est pas pour autant une ado parfaite. Parce que si elle a fait d’énormes progrès (et ce n’était pas gagné il y a à peine trois mois) comme le dit une copine « elle travaille, progresse, mais faut pas pousser : elle va en bottes au sport et elle boycotte les maths ».
Un tout petit minuscule 3 en math. J’étais tout de même meilleure qu’elle à son âge, j’avais 4 MOI AU MOINS ! Son prof était dans un état proche de l’apoplexie lorsqu’il a entendu son nom, il n’a jamais eu une ado comme elle en cours. Blocage complet total et sans appel. Dixit Boudeuse « je n’y comprends rien, je n’ai jamais rien compris aux maths, je suis plus proche du zéro que du cinq depuis la sixième, j’ai traumatisé tous mes profs vous ne tirerez rien de moi. Si vous insistez, je viens en cours mais ne m’interrogez surtout pas, je n’aurais jamais la réponse.» Ce qui a fait marrer en douce le proviseur et hop ! collée aux cours du soir la demoiselle. D’office. Sur qu’elle ne m’a pas sauté au cou en apprenant la bonne nouvelle.
La demoiselle n’est pas sportive non plus : 2. A mon avis, elle a du obtenir ces points parce qu’au moment de l’appel, elle répond « présente » (1 point) en levant la main (1 point). J’ai donc interrogé ma fille le soir même sur l’aspect minable de cette note et voici la réponse que j’ai obtenu :
- J’ai sport en fin de journée le jour où je ne peux pas rentrer pour me changer. Il n’est pas question que je me trimballe toute la journée en tenue de sport et en basket, c’est trop gaufou.
- Et un sac dans lequel tu transporterais ta tenue de sport, ça ne t’a pas effleuré l’esprit ?
- Alors là, je ne vais certainement pas me balader avec un sac pour y coller mes affaires de sport en plus.
Et vous savez pourquoi ?
Je vous le donne dans le mille.
C’est trop gaufou.
Gaufou, je vous l’écris en phonétique, et chez nous ça veut dire moche beurk affreux prout-prout.
Donc, la demoiselle se présente au cours de sport avec son pantalon rock à chaines pendouillâtes et ses bottines à talons. Parce que ça, voyez vous, ce n’est pas gaufou.
Quant à Timousse, il reste Timousse. Mardi, il a fait une vilaine grimace dans le dos de sa maîtresse et toute la classe a cafté. Donc Timousse a nié tant qu’il pouvait mais il a fini par admettre son crime et a été puni.
- La maîtresse m’a dit « puisque c’est comme ça, tu ne feras pas ta carte de Noël, on verra bien qui rira le dernier !
Puis, très sérieusement, Timousse a ajouté
- Et évidemment, c’est la maîtresse qui a rigolé la dernière !
Le même jour, il a reçu d’un coup d’un seul, une dizaine de dessins de son amoureuse, piquetés ici et là d’aloviou. Motif :
- Z’ai perdu mes cartes pokétruc alors elle a voulu me consoler
- Et toi ? tu lui fais des dessins aussi quand elle est triste ?
- Elle est zamais triste, puisqu’elle est amoureuse de moi !
Cette assurance, ça me l’a troué au passage, je vous assure.
- Mais tu sais maman, on se fait que des dessins de cœurs hein ze suis pas un omsédé
- Un quoi ?
- Ben ze pense pas qu’au zizi, ze suis pas un « hommesédé » et elle, c’est pas une fillesédée non plus !
05 décembre 2008
Un jour, un ado
On parle de l’éducation des plus jeunes mais il ne faut pas oublier celle des ados.
Et putain, moi je vous le dis, être maman d’ado c’est plus qu’un métier. Et ma fille, je vais vous en apprendre une bien bonne, ma fille est une ado.
Wha ! chaud !
Boudeuse a toujours été une enfant douce, sage, agréable, planeuse certes mais une gosse géniale.
Boudeuse a toujours sauté les étapes, rien ne se prépare « ouvertement » avec elle, un jour ça vous tombe sur la tronche comme ça et on n’a rien vu venir.
Le jour de sa naissance, je me suis couchée à 1 heure du matin et j’allais très bien. A 3 heures 30, une contraction m’a sortie du sommeil, à 3 heures 45, je perdais les eaux, à 3 heures 55 j’étais à l’hôpital une contraction toutes les minutes, à 4 heures j’exigeais ma péridurale sur le champ, à 4h50, j’ai poussé trois fois, à 4h55 je tenais la plus magnifique petite fille du monde dans mes bras, née de siège, naturellement et sans péridurale.
A la naissance, Boudeuse ne se réveillait que toutes les 5 heures et à 1 mois elle a fait ses nuits. Je ne vous dis pas la pétoche que j’ai eu quand je me suis réveillée un matin en voyant qu’il était 8 heures et qu’elle ne m’avait pas réveillé ! Sans un seul réveil nocturne depuis. Elle n’a jamais rampé, elle est restée stoïque jusqu’à marcher à quatre pates. A 15 mois, elle a fait ses premiers pas alors que je commençais à me poser de sérieuses questions et elle marchait parfaitement bien, dès le premier jour, comme si elle avait toujours marché. J’ai paniqué jusqu’à la veille de sa rentrée scolaire, puisqu’elle a décidé d’être propre à 3 ans piles, sans que ne lui arrive le moindre accident technique par la suite.
Il n’y a jamais eu d’étapes avec Boudeuse, elle devait se préparer en douce dans son coin pour ne jamais faire de l’à peu près le jour où elle se lançait. Rien n’a jamais été progressif avec elle. Une fois, alors qu’elle avait dix ans, nous avons croisé trois ados splendidement ado, et Boudeuse m’a annoncé d’un air désolé « dire que dans quelques années je vais ressembler à ça ! » Elle savait donc.
Et un jour, je me suis réveillée, et Boudeuse est devenue adolescente. Et comme toujours, elle y va à la perfection.
Ca a vraiment commencé au printemps de l’an dernier. Ma toute petite fille de presque 16 ans qui passait des heures avec moi, ne sortait jamais, ne demandait jamais rien, portait les vêtements que je lui choisissais tellement elle s’en tapait, n’avait que très peu d’amis et ne les appelait même pas, n’avait ni adresse msn ni blog et n’utilisait que très peu les sms, ma toute petite fille qui regardait avec moi les séries télévisées débiles et m’appelait dix fois par jour pour me dire ce qu’elle était en train de faire ou si j’avais une idée pour l’aider à trouver quelque chose pour s’occuper, ma toute toute petite fille est un jour devenue une ado.
J’aurais du m’en douter qu’elle me ferait le coup, qu’elle passerait encore une fois d’une étape à une autre sans le moindre frémissement préventif, mais encore une fois je n’ai rien vu venir et je suis encore sous le choc de la nouvelle.
Du jour au lendemain, il m’a fallu mettre en place des règles comme tu rentres à 19h, rentrer à 19h ne veut pas dire montrer que tu es là et retourner voir tes copains, rentrer à 19h ne veut pas dire partir d’où tu es à 19h. Tu rentres après les cours pour faire tes devoirs. Rentrer après les cours pour faire tes devoirs ne veut pas dire que tu peux rester chez scooter bout de ponton jusqu’à 19h30, rentrer après les cours pour faire tes devoirs ne veut pas dire que tu peux rester dehors devant le ponton avec scooter bout de ponton jusqu’à 19h30, rentrer après les cours pour faire tes devoirs ne veut pas dire que scooter bout de ponton te retrouve chez nous jusqu’à 20h00 et non, tu ne restes pas non plus pendue au téléphone ou sur msn jusqu’à ce qu’on passe à table BORDEL !
Tu es punie d’ordinateur ne veut pas dire que tu peux utiliser le mien en trouvant mon mot de passe !
Tout, elle m’a tout fait en condensé en quelques mois, y compris le petit ami qu’un de ces quatre matins, si je n’y veille pas, je vais le retrouver devant un bol de café chaud, enroulé dans la sortie de bain de ma fille !
Ok elle est quand même cool et sympa et adorable, mais le tout enrobé dans une toute nouvelle peau d’ado et je vous jure que la brutalité est … surprenante.
Boudeuse qui ne répondait jamais a commencé à nous envoyer bouler. Sérieux. Puis à contester la moindre de nos règles. Puis à critiquer toutes nos décisions au point qu’un jour, fatiguée de devoir justifier pour la millième fois la même décision, je l’ai regardé dans les yeux et lui ai fait la réponse que je déteste plus que tout à son dernier pourquoi « PARCE QUE JE LE DIS ET C’EST COMME CA ! »
Merde alors !
Boudeuse, comme chacun sait, a passé deux années scolaires sabbatiques. Je crois que de ma vie, je n’ai jamais vu un gosse en faire aussi peu pour ne pas dire rien. L’agenda de Boudeuse était vierge. Il y avait juste son nom dessus. Elle avait du bol Boudeuse, en 3ème ses profs ne lui donnaient aucun boulot. Boudeuse a même décidé de cumuler les retards au collège, et le jour où j’ai reçu une lettre m’informant de trois retards dans la même semaine, Boudeuse a affirmé haut et fort
- C’est un problème entre le collège et moi, tu n’as pas à être informée.
Là ça me l’a troué grave.
Depuis quelques mois, Boudeuse veut se faire teindre les cheveux en noir. Je ne suis pas contre. Si tu as un bon premier trimestre.
Après m’avoir accusée de chantage (si tu veux) d’injuste (je sais) de mère qui ne comprend rien (ben non) elle a cédé : de toute façon, elle n’avait pas le choix.
Elle a un moment tenté de me glisser la possibilité éventuelle qu’une amie coiffeuse lui fasse gratuitement la couleur et un seul regard (le mien) a suffit pour lui ôter un ersatz de cette idée de son joli petit crâne. Au fils des semaines, Boudeuse m’a déployé un chapelet de notes plus ou moins bonnes et je dois avouer pour la plupart plutôt même assez bonnes. Et en cours du mois de novembre, Boudeuse m’a rappelé à ma promesse : bon bulletin = teinture noire.
- Pas de problème ma fille, dès que je vois ton bulletin, et si les notes sont bonnes, tu peux y aller.
- Ben tu les connais mes notes ! je te les donne ! tu n’as qu’à faire le calcul et tu vois bien que j’aurais un bon bulletin
- J’ai dit après le bulletin si il est bon
- Mais il sera bon !
- Et bien à ce moment là, tu auras ta couleur
- Mais pourquoi on va attendre ?
- Parce que … parce que on était d’accord : après le bulletin et en fonction de lui
- Mais !!! Mais !!!! mais !!!!! c’est un principe !!!!
Et là, s’il vous plait, mettez-y tout le mépris qu’un ado peut mettre dans ses mots lorsqu’il méprise.
- Si tu veux, on va dire que c’est un principe
- Ah non ! pas si je veux ! c’est un principe ! en fait, tu es pleine de principes ! c’est désolant ma pauvre maman !
Et vlam ! elle a claqué la porte de sa chambre.
Moi, je suis restée sans voix. Et Timousse qui comme d’hab’, ne loupe jamais rien de ce qui est bon, Timousse m’a demandé en me tapotant le dos
- Tu hallucines là maman hein ?
Ah oui, là j’avoue que ça, j’hallucine ! Puis, d’un air à la fois inquiet et anéanti , Timousse ajoute
- Quand ze pense qu’un zour ze vais être un ado et ze vais être comme ça !
MAIS VOUS LE FAITES EXPRES OU QUOI ????
04 décembre 2008
Enfant tyrans
Je viens de lire une note chez psyblog, et comme souvent j’ai envie de rebondir dessus puisque je me sens terriblement concernée. Je vous conseille d’aller lire chez psyblog avant, parce que je trouve qu’il décrit parfaitement la situation. Et non, je n’ai ressenti aucun jugement vis à vis de ces parents d’enfants tyrans, parce que tout est tellement vrai.
En même temps, ce que je vais écrire, ça va tenir du témoignage ce qui est devenu inhabituel ici puisque je préfère et de loin aborder maintenant des sujets plus légers. Je reprends le commentaire laissé chez psyblog et je le développe ici.
Combien de fois entendons nous parler de ces parents démissionnaires qui subissent un enfant tyran à cause de leur incapacité à assumer leur rôle de parents ? J’ai été un de ces parents.
Nous vivons dans une société où les parents sont un peu trop pris en otage par toutes ces associations, ces lois, qui sont à la base parties d'un bon sentiment : la protection de l'enfance.
Le hic, c’est que pour peu qu’on soit un peu fragile aux premiers pas de nos enfants, pour peu qu’on soit un peu lâche et qu’on s’imagine qu’aimer son enfant suffit à l’aider à grandir, on en oublie son rôle de parents. Ce n’est pas facile de trouver le juste milieu.
La plupart arrivent à choisir une éducation non violente sans tomber dans le permissif. Mais il y a des parents qui méritent de sérieux coup de pied au cul.
Je me suis donc sentie concernée à 100% par la note de psyblog, puisqu’après avoir une petite fille adorable et sans soucis éducatif, j'ai eu un petit garçon que j'ai très mal élevé. Je n'ai plus peur de le dire. Nous sommes, nous, ses parents, responsables à 100% du petit garçon difficile qu'il est devenu à 3 ans. Glups !
Boudeuse était facile, douce, rêveuse, agréable à vivre. Les limites étaient naturellement acquises et j’aurais voulu dix enfants comme elle tant c’était bon de grandir avec elle.
Timousse est né alors qu’elle avait neuf ans.
Parce que mon enfance truffée de baffes et de punitions non expliquées m'est revenue à la figure à sa naissance, parce que je ne voulais pas d’un petit garçon et qu’il m’a fallu un an pour l’avouer, parce que ma culpabilité me rongeait, parce que nous traversions Rahan et moi une terrible période de deuil lorsqu'il a eu un an, parce que dans la foulée, nous avons eu 18 mois de combats juridiques traumatisants pour ma fille ainée contre son père génétique, parce que nous vivons sur une île où l’enfant est plus roi que partout ailleurs, nous nous sommes donnés des tonnes de bonnes raisons pour ne pas assumer notre rôle.
Parce que la vie nous a malmenés durant ses premières années de vie, j'ai abandonné mon rôle de parent et je n'avais qu'une idée en tête, éviter le conflit avec mon fils. C’était tellement plus simple de ne pas lui dire NON. Je prévenais toute forme de conflit, j’évitais les hurlements en cédant avant même qu’il n’expose une envie.
J’ai vachement rendu service à mon fils en faisant ça, à 3 ans il était totalement incapable de gérer la moindre frustration.
Et je sais que des tas de parents se sont trouvés dans mon cas.
Je crois que j’ai chance inouïe, je suis quelqu’un qui a peu confiance en elle, je pense toujours que je me trompe, donc je me remets facilement en question. Je peux entendre et analyser lorsqu'on me dit que là, je ne suis pas sur le bon chemin, même si sur le coup je fais salement la gueule. J'ai pu accepter que je me trompais, que mon fils m'aimerait même (et surtout) si je reprenais ma place de maman.
J'ai pu accepter de me remettre en question jusqu’à me dire que si je lui autorisais son attitude de tyran à 3 ans, et bien à 15 ans il nous collerait une baffe ... dans le moins pire des cas.
Peut être que j’ai eu peur à ce moment là, je n’en sais rien. Mais j’ai réalisé qu’en laissant mon fils devenir un tyran, j’allais en faire une personne malheureuse.
Je ne me lapide pas, je suis lucide. J'ai fait plus de mal à mon fils durant ses trois premières années de vie en lui donnant une place qu'il ne pouvait pas tenir. Je l'ai plus perturbé qu'autre chose. Ce qui l’a sauvé, c’est que je l’ai énormément aimé et que je me suis beaucoup occupée de lui. Ce qui l’a sauvé aussi, c’est que si j’ai abandonné mon rôle de parent sur le plan éducatif, j’ai tout de même assumé mon rôle accompagnant. En faisant beaucoup d’activité avec lui tout en lui laissant des périodes « d’ennui ». Donc, j’éduquais mal, mais j’étais là et pleine d’amour. Il n’était pas en danger, il était mal élevé.
Mais bon, c’était quand même la merde particulièrement en collectivité ce qui est chiant pour un gosse qui y passe 10 heures par jour, en collectivité …
Pour reprendre une vie normale, il m'a fallu rencontrer une personne comme psyblog, mais la chance que j’aie eu c’est qu’à notre rencontre j’avais déjà parcouru un petit bout de chemin : j’avais accepté le fait d’avoir merdé. Je pense de toute façon que quand on fait la démarche, on a déjà accepté. Du coup, je n’ai eu besoin de la rencontrer que deux ou trois fois. Mais elle m'a aidée. Sans jamais me conseiller, juste en m'autorisant de lui dire en la regardant dans les yeux "je me suis plantée, je dois reprendre ma place, je vais me battre pour ça mais j'ai besoin d'entendre que j'ai raison de le faire. " Super pour un mère non ? même pas fichue de savoir toute seule quoi faire, avoir besoin de l’accord d’un étranger !
Ben vous savez quoi ? quand on passe son temps à se dire que là, on déconne, que là, on s’est lamentablement planté que là, on est incapable de savoir quelle décision prendre, quand on passe son temps à douter de soi, c’est merveilleux qu’une personne « qualifiée » vous dis que oui, vous avez raison, vous êtes sur la bonne voie.
Y’a des crétins comme moi qui à l’âge adulte ont encore besoin que la maîtresse leur dise que oui, ils ont bien compris les consignes. Je sais, c’est désolant.
Même pas honte. Au contraire, je suis limite fière de moi et du chemin parcouru même si nous ne sommes pas au bout de nos peines.
Aujourd'hui, même si mon fils a toujours des soucis vis à vis de l'autorité, il produit d'énormes efforts. Aujourd'hui, je peux aller partout avec lui sans avoir peur du conflit : je le gère. Euh plus ou moins.
Aujourd’hui, j’ai établi des règles et posé des limites à mon fils et incroyable mais vrai mais … il m’aime quand même ! Mieux, il me respecte. Mot qu’il risquait fort de rayer de son vocabulaire si je continuais sur le mauvais chemin.
Aujourd'hui j'arrive même à envoyer chier les gens dans la rue lorsque je sermonne mon fils et qu'un inconnu vient (devant mon fils) me dire que ce que je fais n'est pas bien, le pauvre petit etc ... Je doute moins.
J'ai été un des six couples qu’a reçu psyblog en une journée et c'était encore pire pour moi, mon fils n’avait que trois ans ! mais je m'en suis sortie. Grace à quelqu'un comme toi, Mister psyblog.
Désolée de vous faire porter ce lourd fardeau mais .... heureusement que vous êtes là.
Alors bien entendu, Timousse n’est pas un exemple en matière de comportement et je dérape encore quelque fois. Mais je peux dire que le petit homme qu’il est aujourd’hui ne ressemble en rien à celui qu’il s’apprêtait à devenir. Quand on va chez quelqu’un, Timousse entre en conflit avec moi lorsque j’annonce le départ. Sauf si je le préviens avant d’y aller. Mais bon, des fois j’oublie de le faire. Et là, ça coince suivant l’humeur de Monsieur. Sauf que ce n’est plus lui qui décide. Oui, j’ai bien écris ce n’est plus lui.
Je n’ai pas honte de ce que j’ai fait avant parce que je l’ai accepté, j’ai reconnu mes erreurs. Je n’ai pas honte surtout parce que je m’aperçois que ça ne servirait à rien. C’est mieux d’accepter de regarder ses faiblesses en face. C’est comme ça que j’ai pu changer les choses et contribuer à ce que Timousse grandisse normalement.
Et je suis super fière des efforts qu’il fourni en matière de comportement, je suis super fière de voir qu’il est assez intelligent pour comprendre qu’être un enfant tyran ça le desservirait.
C’est un sacré petit mec.
02 décembre 2008
De SK à Bruce, il n'y a qu'un pas
Depuis que j’ai lu un certain SK, j’ai beaucoup de mal à parler de ce que je n’aime pas dans les films sans penser à une certaine infirmière déchue et psychopathe qui garde en otage tout en le torturant à ses heures perdues, un romancier qui a eu le malheur de tuer son héroïne dans l’ultime épisode d’une longe saga. Je sais, vous n’avez rien compris à cette phrase mais ne vous en faites pas, je vais y venir, au fait.
Ce que j’aime chez cet auteur, ce n’est pas uniquement sa délicieuse façon de manier l’horreur, non. C’est surtout sa façon de décrire ses personnages. Ses héros qui sont des antis-héros, ils peuvent être faibles, couards, malhonnêtes, ils nous ressemblent parfois. Ils sont humains. Et attachants. Lorsqu’il commence sa description, j’ai l’impression qu’il prend ma main pour m’accompagner dans les méandres des pensées de son personnage. Je peux le voir, ce personnage, je ressens toutes ses émotions, je peux entendre toutes ses pensées.
Seulement voilà. Un jour, SK a fait parler une folle dingue monstrueuse et j’étais d’accord avec ce que cette folle dingue monstrueuse racontait. Je me suis surprise à hocher la tête en un profond assentiment en lisant la colère qu’elle exprimait vis à vis des cinéastes qui nous prenaient pour de sombres crétins. Ces cinéastes qui terminent un film à épisode par un terrible accident, comme une voiture qui tombe dans un précipice et on peut revoir la scène sous toute ses coutures, le mec dans la bagnole, il n’a aucune chance de s’en sortir. Voiture, bonhomme, ravin. Voiture plongeant dans ravin avec bonhomme dedans. Big boum badaboum, bonhomme explosé dans voiture. Le film se termine comme ça. Et en attendant la sortie de la suite au ciné, on se console avec les copines parce que y’a pas photo, le bonhomme à l’heure qu’il est, il est en bouillie.
Ben non.
L’épisode suivant, la même scène est tournée de manière à ce que en fait, la voiture ne plongeait pas dans le ravin, il y avait juste un petit trou et bonhomme s’en sortait. Eh oh et qui on est nous hein ?
Moi qui adore les détails et remarque souvent lorsque l’écharpe de Julie tombe sur son épaule ou entoure son cou suivant le plan, moi je dis qu’il faudrait peut être arrêter de nous prendre pour des cons et que si bonhomme doit survivre, ben on s’arrange pour qu’au dernier plan la voiture ne plonge pas direct dans un ravin !
Merde quoi !
Sinon il crève.
Et donc, la folle dingue monstrueuse psychopathe racontait ça dans SK et moi j’étais d’accord avec elle. Même en me doutant que le quart d’heure qu’allait passer son interlocuteur après ça ne serait pas de la gneugneute. Donc, ça m’a tellement perturbée de m’apercevoir que je partageais le profond agacement d’une psychopathe tueuse que plus jamais je n’ai osé dire à qui que ce soit que je ne supportais pas qu’on termine une scène d’une certaine façon et qu’on la filme différemment ensuite pour sauver le héros d’une pirouette. Merde ! je pense comme une psychopathe !
Donc je ne vous ai rien dit.
Par contre, je peux vous dire qu’il y a des scènes qui me sont insupportables dans les films. Des frissons de dégout me parcourent toute entière rien que d’y penser … la chose est devenue tellement obsessionnelle pour moi que je me surprend à épier la scène qui me mettra dans cet état dès que je sens qu’elle se prépare.
Je parle du moment où notre héros préféré sort de la douche.
Bon on se calme. Ce n’est pas sexe. Rêvons un peu. Fermons les yeux, imaginons que c’est Bruce qui sort de la douche. Ceux qui n’aiment pas Bruce, prenez qui vous voulez. Musique qui va avec et tout et tout. Non ! pas la musique cruelle qui fiche la pétoche ! musique sexy, envoutante mais pas trop. Il ne faut surtout pas que le son prenne le pas sur l’image. Les muscles saillants jouent à chaque mouvement, la caméra glisse sur son corps, impudique. L’eau ruisselle encore sur sa peau lorsqu’il s’échappe du nuage de vapeur qui a envahit la pièce (mais pas la caméra). D’une main nonchalante, il gomme la buée de son miroir et son visage trempé apparaît devant nos yeux énamourés. Quelques gouttes glissent le long de ses cheveux … ah ben non, il est chauve maintenant. Bon faites pas chier, elles glissent sur son crâne, ses joues, frétillent quelques secondes sur son menton, suivent la courbe de son cou et oui bon, la caméra ne va suivre la goutte trois plombes non plus.
Il passe devant une serviette moelleuse qu’on voudrait bien remplacer pour ce qu’il va en faire et … il l’ignore. Et il se glisse, trempé, moite, humide, il se glisse dans ses fringues !!! Swiiiiiiinzg ! (ça, c’est la musique qui déraille et mon émotion avec)
BEURK ! Passe encore qu’il se soit brossé les dents sans se rincer la bouche après, mais merde quoi ! s’habiller alors qu’il est encore trempé de sa douche, moi je dis merde !
Alors le cinéaste, il va nous faire croire que le mec, il va sortir de chez lui avec le cul encore mouillé, le slip qui lui colle aux fesses et les chaussettes qui vont faire ventouse swzing swzing dans ses pompes c’est ça ?
Ben moi, ça me révulse ça. L’idée d’avoir autre chose qu’une serviette sur ma peau mouillée dont le but essentiel est de la sécher, ça me révulse ! Et j’imagine l’état de Bruce si en plus il doit se taper la scène à rejouer quinze fois de suite hein ! à la fin il doit le haïr l’autre con qui lui hurle « on la refait ! »
Et c’est quasi systématique hein, croyez moi je fais super gaffe à ça quand je regarde un film (surtout si c’est Bruce qui sort de la douche) et ça loupe pas. S’ils touchent la serviette, c’est juste pour la poser sur l’épaule négligemment. Ben vous direz ce que vous voudrez, mais une serviette posée sur l’épaule négligemment, ça n’essuie pas le reste de flotte qui dégouline de sous les bras.