Au fil de l'eau

"Avant, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants."

27 février 2009

Boudeuse boude

Boudeuse aura certainement son ordinateur à elle toute seule pour son anniversaire.

En apprenant la nouvelle, Boudeuse a fait la gueule. Ben oui, qu’est ce que vous croyez ? Qu’elle allait nous sauter au cou « vous êtes les meilleurs parents du monde, je vous adore, c’est génial, c’est super merci merci merci ! »

Non, boudeuse fait la gueule parce qu’elle n’aura peut être son ordinateur que fin juillet. Et comme Rahan est d’un naturel taquin, il s’est empressé d’ajouter « et comme on part en mer au mois d’août, tu recevras peut être ton ordinateur et pfiut ! plus d’internet ! » Et Boudeuse a triplé du menton.

A ce moment là, j’ai évité de rappeler à Rahan qu’au vu de l’âge de notre tendre ado, m’est avis que le manque d’Internet ne sera pas le pire dilemme que nous aurons à régler pour nos prochains voyages en mer …

Je crois que je vais lui repasser en boucle la petite maison dans la prairie à Boudeuse. J’aurais bien voulu voir la tronche de Laura moi, si on lui avait promis que peut être à condition que, dans quelques mois elle aurait un ordinateur pour elle toute seule !

Bref. En attendant, ne croyez pas que Boudeuse soit si malheureuse, elle utilise mon propre ordinateur que bientôt, il va me falloir déposer une demande en quadruple exemplaire pour oser caresser l’espoir de pouvoir l’utiliser quelques minutes. Et ne croyez pas que le fait d’utiliser MON ordinateur perturbe Boudeuse en quoi que ce soit. Mon écran de veille a brusquement changé, mes images sont devenues les siennes et je me suis même retrouvée avec un tout nouveau navigateur manquait plus que les virus et Boudeuse terminait au fond d’un cercueil.

Comme je le dis souvent, Boudeuse a sa propre définition de la propriété. Boudeuse râle parce qu’elle ne peut pas installer certains jeux sur MON ordinateur, paraît qu’il y aurait un problème de place … euh je m’excuse de bosser avec hein !

Mon ordinateur est donc entretenu par ma boite. Et pour l’installation d’un nouveau logiciel, ils ont décidé de me poser un nouveau disque dur méga plus puissant. Je me suis dit que ça tombait bien pour Boudeuse et ses jeux trop volumineux. Comme je pars trop tôt le matin et rentre trop tard le soir, Rahan s’est prit de pitié et m’a proposé de s’en occuper et de laisser l’ordinateur à la boutique pour moi.

Il y a 15 jours trois semaines environ.

Régulièrement, je lui ai rappelé sa promesse, régulièrement il m’a répondu « oh oui c’est vrai, j’ai oublié » et régulièrement, Boudeuse a conclu « c’est pas demain que je vais pouvoir jouer à mes nouveaux jeux ! ».

Eh oh ! Tu sais quoi ? tu as 16 ans. Tu es en droit de travailler ma belle, pour te payer ton ordinateur.

Tra-vai-ller ? c’est quoi ce gros mot ?

Dimanche soir, j’ai dit à Rahan que ça devenait urgent l’histoire de mon ordinateur, que j’allais le faire moi même tant pis, ils viendraient le chercher au boulot … non non m’a t-il affirmé, je m’en occupe demain. Ce à quoi Boudeuse a grogné « l’était temps ! »

Lundi soir, mon ordinateur étant sur la table, je m’enthousiasme.

-          Euh déjà ? ils ont tout fait le nettoyage et la sauvegarde et l’installation et …

-          Ah ben non ! j’ai oublié ! tu aurais du me le rappeler, si tu ne me le rappelles pas, j’oublie.

Faut que je me la refasse celle-là, j’ai peur de ne pas avoir tout compris.

Il a bien dit «  Tu aurais du me le rappeler, si tu ne me le rappelles pas, j’oublie ? il a bien dit ça ? vous l’avez lu comme moi là ?

Je vous le dis de suite, à défaut d’être trouée, j’ai failli m’étouffer. En plus, Rahan c’est le genre à bougonner quand-on-lui-rappelle-de-faire-quelque-chose-qu’il-sait-très-bien-qu’il-doit-faire-ça-va-on-ne-va-pas-lui-répéter-les–choses-mille-fois-il-a-dit-qu’il-va-le-faire-alors-il-va-le-faire …. Et à vous reprocher de ne pas lui avoir rappelé pour la millième fois ce qu’il a oublié de faire !

C’est qu’ils commencent tous à me chatouiller sévère avec leurs rendez-vous et obligations qu’ils ne savent gérer que si je suis derrière eux !

C’est comme Boudeuse. Depuis le mois de septembre, Boudeuse doit prendre rendez-vous chez l’orthodontiste pour sa visite mensuelle. Depuis le mois de septembre, Boudeuse « oublie » de prendre rendez-vous. Boudeuse refuse que je m’en occupe, Boudeuse « va le faire ». Boudeuse n’a plus de forfait pour appeler … Et bien entendu, Boudeuse n’a rien fait.

Au bout d’un moment, j’ai compris qu’elle était passée dans le cadre du « je n’appelle pas parce que là je vais me faire remonter les bretelles »

Et je me suis dit que là, ma fille, ça va t’apprendre à vivre.

Comme nous étions déjà en février et que j’aime à ce que mes enfants assument chacun de leurs actes, j’ai longuement sermonné Boudeuse que et voilà, à trop faire trainer les choses, il y a un moment où ça devient trop tard, que pourtant je lui rappelle souvent qu’on ne doit jamais reporter au lendemain et …. Rien n’y a fait. J’ai appelé moi et j’ai demandé un rendez-vous pour elle. Gardez vos principes et relisez ce que j’ai indiqué en tête de mon blog.

Et lorsque je l’ai annoncé à ma fille ….

-          Tu aurais pu prendre rendez-vous à un autre moment, je suis en vacances là et je vais devoir me lever tôt !

Ca vous soigne de les cocooner ça, je vous jure que ça vous soigne.

Mardi soir, à deux doigts de la crise de nerfs, Boudeuse cherchait frénétiquement MON ordinateur j’ai-un-truc-super-important-à-dire-à-Julie-sur-msn. Rahan la rassure alors

-          J’ai laissé l’ordinateur à la boutique ce matin. Tu vas être contente, tu pourras jouer à tes nouveaux jeux quand on le récupèrera ….

-          AH NON !!!! PAS PENDANT LES VACANCES !!!! J’EN AI BESOIN MOI !!!

Un adoticide, ça prend dans les combien ?

Posté par Kaliuccia à 16:59 - Les ados - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 février 2009

Un peu de cuisine

Ce qui est indispensable quand on a une vie active et qu’il nous faut combiner activité professionnelle et privée, c’est d’organiser sa semaine au mieux. Tant sur le plan de l’emploi du temps que des menus.

Rahan et moi aimons bien manger et manger bien alors que nos enfants se contenteraient plutôt d’un plat de nouilles au beurre et au fromage râpé tous les soirs. D’ordinaire, la préparation des repas me revient et il n’y a aucune raison particulière à cela ; Rahan se défend pas mal en cuisine. Quand il prépare ce qu’il a l’habitude de préparer. Et les plats de Rahan ne sont jamais simple. C’est pourquoi les fameuses nouilles au beurre et au fromage râpé, c’est à moi que les enfants les demandent. Quand je prépare un plat de nouilles au beurre et au fromage râpé, il y a des nouilles, du beurre, et du fromage râpé. Point. Basta. C’est tout. Même le sel j’arrive à l’oublier d’ailleurs mais comme ils ont l’habitude de manger fade, ils s’en tapent mes enfants. Par contre, lorsque c’est Rahan qui prépare un plat de nouilles au beurre et au fromage râpé … il y a des nouilles, des champignons, des tomates, des épices, des œufs, de la crème fraîche, des restes de légumes, des restes de viande … et les gosses tirent un peu la tronche.

Donc, dans mon impeccable organisation hebdomadaire, mes menus sont souvent établis à l’avance ce qui me simplifie la vie. Je ne me creuse que rarement la tête d’un « qu’est ce qu’on va manger ce soir ? » je fais des économies et je fais participer toute la famille sur le choix des menus. Le couac, c’est qu’il m’arrive de rentrer un peu plus tard et mon impeccable organisation hebdomadaire peut dire ce qu’elle veut, quand l’estomac de Timousse crie famine à 19h00, je n’ai pas intérêt à me lancer dans un pot au feu. Vu que comme chacun sait, un ado n'a jamais faim aux heures de repas, il n'y a que Timousse à contenter d'urgence à 19h00  Juste avant que je n’arrive, Rahan propose bien à Timousse un plat de nouilles au beurre et au fromage râpé mais … allez savoir pourquoi, Timousse ne veut jamais.

Voilà deux soirs que Rahan dans sa grande bonté toute naturelle est en train de préparer le repas au moment où j’arrive. Et c’est ainsi que mardi soir j’ai retiré à temps de la poêle les pavés de saumon que j’avais prévu de faire en bricks au four. On ne va tout de même pas s’engueuler pour ça, ce serait le comble, je rappelle donc à Rahan que dans le doute, on a établi un menu ensemble et c’est mieux de vérifier. Ah ben il n’y pense pas. Pas grave, j’ai sauvé le saumon. Oui je sais, je suis chiante.

Hier soir par contre, la prof de yoga a trainé sur les dernières respirations et je suis arrivée un peu plus à la bourre.

Rahan avait repéré la recette laissée en attente pour le soir et avait avancé les travaux. Comme à la télé, vous voyez ? avec un plat pour chaque ingrédients préparés. J’adore, ça fait super beau. Les tomates en quartiers, les oignons en lamelles, la viande hachée dans le plat creux avec le concentré. Le concentré ?

-          Le concentré ? tu as mis le concentré dans la viande ?

-          Ben oui. Fallait pas du concentré ?

-          Si si. Mais pas là direct dans la viande. C’est pas grave, je vais le retirer….. c’est quoi ce truc blanc ? la farine ? tu as mis la farine dans la viande ?

-          Ben oui. Fallait pas de farine ?

-          Si mais c’est une fois que j’ai fait les boulettes, je les roule dedans. Bon c’est pas grave, on va faire les boulettes avec la farine.

Je sors mon énorme poêle et vais chercher l’huile et le délicieux vinaigre de je ne sais plus quoi pour y faire revenir les oignons quand Rahan change de tête

-          L’huile et le vinaigre ? fallait pas non plus le mettre dans la viande ?

-          Tu as mis l’huile et le vinaigre dans la viande crue ?

-          J’ai fait une connerie ?

-          Pas grave, on va faire les boulettes comme ça.

Bien entendu, j’ai eu un mal fou à les confectionner les boulettes, et elles ont eu encore plus de mal à rester compactes à la cuisson. En me voyant me battre de façon zen après cours de yoga, Rahan s’est à nouveau inquiété.

-          J’ai fait une connerie.

-          Ben non mais c’était marqué sur la recette ce qu’il fallait mélanger ou pas.

-          Ah oui mais je n’ai lu que les ingrédients. Ca me gonfle de lire les recettes.

Et c’est ainsi que j’ai su comment on pouvait rater une recette de cuisine ultra simple : En ne lisant pas la recette.

Avant d’ajouter mes quartiers de tomates, j’ai récupéré l’équivalent de deux tomates en morceaux que j’avais prévu pour ma tarte aux légumes du lendemain.

-          Il ne te fallait pas toutes les tomates ?

-          Ah ben non, regarde sur les ingrédients, il y a noté 8 tomates

-          Ben ??? y’avait 8 tomates ! j’ai coupé 8 tomates !

-          Oui mais elles étaient très grosses. Quand elles sont très grosses, 6 ça suffit.

-          Ah. Et les oignons pourquoi tu en ajoutes ? ils avaient noté un oignon.

-          Oui mais il est tout petit, donc deux petits ça fait un gros.

Et là, Rahan est resté un moment interdit, à me regarder d’un air étrangement bizarre. Puis il a attaqué la vaisselle en bougonnant.

-          J’ai raison, c’est de la merde les recettes. On les rate si on ne lit pas tout et même quand je lis ce qu’il faut faire, c’est pas ça qu’il faut faire. Il faudrait en plus que j’interprète. C’est de la merde les recettes.

Et ça m’a rappelé un sketch d’un gars et une fille que j’adore, quand ils sont sur le lit en train de trier le linge ….

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23 février 2009

Les lobotomisés

Je suis plutôt pour le progrès. Sans en être une partisante démoniaque, j’aime tout ce qui moderne.

J’ai du mal à renier mes origines, je suis une râleuse. Une râleuse née. Une experte en la matière.

Et le téléphone portable, si j’ai fait partie des tous premiers à m’en équiper, il m’arrive plus souvent qu’à mon tour de râler à cause de ses utilisateurs.

Je ne vais pas faire un speech sur l’utilité ou non de la chose, chacun fait ce qu’il veut. Je ne vais pas non plus faire toute une prose sur ce que peuvent faire ces petits objets à part téléphoner, c’est une question de goût. Je ne vais pas faire un cours sur la sécurité routière et les dangers de l’utilisation du portable en conduisant … il y a une superbe pub qui passe en ce moment et fait très bien son boulot en ce sens. Par contre, je vais râler une fois est bien la coutume, sur les utilisateurs des téléphones portables.

Et tout particulièrement sur leur total manque de respect dans certaines situations.

Que les téléphones sonnent dans des lieux publics ma foi … je m’en tape un peu. Le tout étant que le propriétaire ne le laisse pas sonner trois plombes au restaurant surtout si c’est Mireille qui chante. La où ça commence à me chatouiller, c’est lorsque le même heureux propriétaire transforme son portable en mp3 et nous fait profiter de toute sa panoplie musicale. Et d’une, je voudrais encore avoir la liberté de choisir quand, si et ce que je veux écouter comme musique et de deux … vous pourrez dire ce que vous voudrez, le son qui sort du haut parleur d’un téléphone portable aussi high-tech soit-il reste un son merdique et de trois y’a des écouteurs bordel ! Ce point est d’ailleurs un des nombreux combats que je mène contre ma chair et mon sang, j’ai nommé mon ado préférée.

Je passe sur les impolis qui sortent « en tête à tête » mais passent une grande partie du déjeuner à téléphoner et je passe aussi sur les je-m’en-foutiste qui s’obstinent à ne pas mettre leur téléphone en mode silence dans les salles d’attente, lors des réunions de travail, au théâtre, au cinéma, enfin bref en tout lieu où on vous demande de le couper pour pas faire chier bordel !

Aujourd’hui, ceux à qui je pense tout particulièrement, ce sont ceux qui une fois qu’ils sont au téléphone sont seuls au monde et se mettent à hurler une conversation dont on n’a absolument …. A vrai dire … soyons honnêtes …. Et même direct … rien-à-foutre.

L’été, sur le port, ça y va je peux vous le dire et je crois que j’ai utilisé toutes les agressions possibles pour virer les lobotomisés du téléphone portable de mon cercle vital. Parce que les lobotomisés, ils arrivent à 10 sur un bateau et il y en aura toujours dans le lot qui vont s’éloigner pour téléphoner à Josette ou Marcel. Il se mettent à marcher de long en large sur le ponton ce qui, pensent-ils, leur donne beaucoup d’importance. Les premiers pas, leur cerveau est encore capable d’enregistrer plusieurs informations en même temps : parler - vérifier que je suis seul - marcher.

Au dixième pas, le même cerveau ne peut plus assumer que la première information.

Et lorsqu’ils se font virer d’un espace vital parce que au bout d’un moment ça devient pénible de les entendre ricaner en mono que Mauricette a fait la gueule pendant une heure et qu’Arthur a refusé de faire la vaisselle, les lobotomisés sont scandalisés. Mieux, parfois ils rétorquent que s’ils se sont installés là pour téléphoner, c’était pour ne pas déranger leurs amis alors faudrait voir à la féliciter plutôt que les engueuler …. C’est bien t’es poli mais là, t’es presque chez moi et c’est moi que tu emmerdes.

Mieux encore, ils peuvent aussi vous reprocher de vous trouver là (sic !) et d’avoir écouté leur conversation alors qu’ils avaient prit la peine de s’isoler tant cette conversation était intime … Ah ben oui mais là tu vois, t’es carrément assis sur mon bateau et pour l’intimité, c’est foutu ; maintenant je sais que là tu dois aller prendre ton smecta … information dont je me serais bien passée, je t’assure, surtout au moment d’avaler mon petit déjeuner. Je crois que je peux décerner la palme de l’incorrection au lobotomisé qui un jour nous a invectivé d'un « on peut pisser tranquille oui ? » alors que son portable était coincé entre son épaule et son oreille, que la main gauche le tenait à notre bateau tandis que la main droite … ben voilà, du coup on a su ce à quoi était occupée la main droite …

Moi je dis y’en a, quand ils téléphonent, le cerveau passe en mode ultra simple repos complet.

Mais si nous ne sommes pas encore en été, loin de là, ce n’est hélas pas la saison qui les arrête.

Il nous reste encore le lobotomisé qui se retrouve dans notre hall d’accueil aussi froid que vide hauteur au plafond de cinq mètres, ce qui nous offre une résonnance assez spectaculaire. Et le lobotomisé, il débarque, son téléphone vissé sur l’oreille. Tout être étant un tant soit peu pourvu d’un minimum de réflexion ou de politesse continuerait sa conversation à l’extérieur et ne se planterait devant la secrétaire qu’une fois celle ci terminée. Le lobotomisé, lui il rentre, il discute …. Que dis-je ? il hurle au téléphone, dans le hall d’accueil, sous le nez de la secrétaire.

Qui attend patiemment que ce Monsieur se présente. Chose qu’il est bien évidemment incapable de faire puisqu’il est au téléphone. Entre temps, le téléphone, le notre, sonne et la secrétaire doit bien faire son boulot, répondre aux appels professionnels. Chose ardue quand un lobotomisé gesticule sous votre nez en hurlant des ordres incompréhensibles à un interlocuteur au moins aussi remonté que lui si on en juge le ton de la voix qui sort de l’appareil. Chose étrange, après avoir signalé un léger agacement à la sonnerie de NOTRE téléphone sur NOTRE lieu de travail dans NOTRE hall d’accueil froid et vide hauteur au plafond de cinq mètres, le lobotomisé s’impatiente ouvertement si la secrétaire ne répond qu’à la seconde sonnerie. Et lorsque la douce voix de la secrétaire se fait entendre (elle fait son taf quoi, elle répond au téléphone) le lobotomisé tend à ce moment là sa paume sous le nez de la secrétaire, geste se traduisant par « moins fort, je n’entend pas mon correspondant !» Enfin là je vous la fait version polie.

Alors je reconnais que la secrétaire a la voix qui porte et que dans ce hall d’accueil froid et vide hauteur au plafond de cinq mètres, c’est quelque chose mais … mais merde quoi ! On est quand même sur NOTRE lieu de travail, en train de bosser, et l’autre il débarque en terrain conquis plus personne ne bouge, plus personne ne respire, je suis au téléphone ? D’autant que parfois, lobotomisé est juste un passant qui passe et cherche son chemin.

Lobotomisé a bien de la chance que je ne sois pas secrétaire, je crois qu’il y a des jours où il se prendrait quelque chose. Et j’ai beaucoup de chance de ne pas être secrétaire, puisque les rares fois où je me suis trouvée confrontée à un lobotomisé dans notre hall d’accueil froid et vide hauteur au plafond de cinq mètres, ça c’est assez mal passé. Pour lui. Hélas pour lui. Et hélas pour moi, ce lobotomisé là n’était pas juste un passant qui passait et cherchait son chemin mais … Mais en fait, c’est aussi pour ça que je ne suis pas secrétaire. Mais ceci est une autre histoire.

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17 février 2009

Sur-parfait-doué

Je ne sais pas si c’est du fait de notre lieu de vie mais …. Nous avons une chance immense ici. Notre île a cette particularité qu’ici tous les enfants sont parfaits et premier de la classe.

Qu’est ce que vous croyez ? Et qui on est nous hein ?

Enfin presque tous les enfants.

Ouf ! je dis presque parce que j’ai tout de même quelques copamis qui ont comme enfant des petits êtres étranges qui parfois s’énervent, rapportent une mauvaise note, ont un mot dans le carnet, n’ont pas terminé un exercice pour cause de punition, soulèvent les jupes des filles, se bagarrent pour un paquet de billes … des gosses imparfaits quoi. Ouf dis-je, Timousse se sentira moins seul.

La classe de Timousse, c’est une classe d’élite mais chuuuuuuuut ! c’est un secret. Tous les parents ayant conçu Einstein-Adriana-Mauresmo-Kasparov (vous collez les noms que vous voulez, c’est un peu au pif hein) l’ont fait la même année et on a  regroupé ces enfants  dans une seule et même classe parce qu’on ne mélange pas les serviettes et les torchons. Sauf que bon. Il y a eu un petit souci le jour de la rentrée. Comme il n’y a qu’une classe par niveau et qu’on ne pouvait pas créer une classe rien que pour Timousse, mon fils a été intégré à cette classe d’élite d’enfants qui en plus sont parfaitement parfaits.

Bon, je déconne un peu hein, sur une classe de 28 élèves, il y a …. Allez …. 25 premiers de la classe (dont 24 parfaitement parfaits). Mais bon, de toute façon, 27 ou 25, on n’allait pas créer une classe pour 3 imparfaits qui n’ont pas 20 partout.

Mon tout premier contact avec ce type d’enfant sur-parfait-doué date de Boudeuse. Un jour, dans un magasin, une inconnue m’a tenue la jambe un quart d’heure pour me dire que sa fille s’était mangé une mauvaise note dans je ne sais plus quelle matière mais qu’en fait l’instit avait inversé les prénoms (ben oui, trop con l’instit) et que la mauvaise note était celle de Boudeuse qui du coup s’en était sorti avec un 20/20.….

Sérieux, M’sieurs Dames les instit, ou prof des écoles, ou prof, sérieux.  Je vous plains de tout mon cœur. Parce que ça ne doit pas être évident tous les jours d’expliquer à des parents que leur petit géni-parfait-surdoué, s’il vient de se manger une gamelle en français, ce n’est pas parce que son voisin de table à échangé les feuilles ….

Après, on a les parents qui estiment leur gosse sur-parfait-doué n’y arrive pas parce que c’est l’instit qui ne sait pas faire le programme  et/ou qui se laisse ralentir par ceux qui ont du mal à suivre. Sic !

Et puis il y a les parents qui se persuadent du sur-parfait-doué de leur enfant. Le gosse, avant même de venir au monde, il savait lire et écrire. Sauf que comme ses cordes vocales ont mis un peu de temps à se mettre en route, il ne pouvait pas encore le dire. Ses parents, ils sont tellement convaincus de la perfection surdoué de leur gamin qu’ils racontent qu’à l’école, il comprend tellement bien qu’il termine avant tout le monde et que pour qu’il ne s’ennuie pas, le prof lui donne du travail supplémentaire. Comme il a la réponse à tous les problèmes et que dans sa grande perfection il est en plus d’une générosité sans pareille, il aide tous ses camarades à terminer leur travail. Je n’invente rien, je l’ai entendu de mes oreilles.

D’ailleurs,  j’ai fini par me demander à quoi servait le prof dans la classe de ce môme, puisque le môme fait aussi le boulot à sa place.

Le problème de certains parents, c’est que la chose devient tellement obsessionnelle qu’ils en tombent gravement parano. Leur gamin est tellement le centre de leur monde qu’ils finissent par se persuader qu’il est LE centre DU monde. Lorsqu’ils découvrent que ce n’est pas toujours le cas, ils disjonctent. Ils sont convaincus d’un complot : nous sommes tous à l’affut d’un trébuchage de leur merveille pour pouvoir lui enfoncer la tête dans le bitume.

Là, faut peut être arrêter un peu les conneries. Après tout, il cague comme tout le monde. Et puis le vrai surdoué, le vrai de vrai, c’est comme l’hyperactif. Ce n’est pas toujours celui qu’on croit. Et ses parents ne s’en vantent pas. Mais bon, c’est comme tous les termes à la mode. Et les modes, ça passe. Enfin j’espère.

Croyez moi, si vous avez dans votre entourage proche un parent d’enfant super-parfait-doué-centre-du-monde dont l’âge est sensiblement identique à celui de votre espèce d’hybride : FUYEZ !

Outre, le gamin doué en tout, il ya aussi celui qui a un comportement totalement exemplaire en classe, à la récré, à la cantine et … partout. Putain, quand les deux se combinent, je ne vous dis même pas ce que ça donne. Timousse n’a pas de bol, c’est le cas des 9/10ème de sa classe.

Je me souviens du jour où nous avons su que (presque) tous les garçons de la classe de Timousse avaient dessiné la partie la plus intime de leur intimité … c’était un deal de garçons, lancé à la récréation...par des filles. Ben oui, tout se perd ma bonne dame. Seuls Timousse et son meilleur copain, les deux plus gros nigauds de la classe, se sont fait chopper. Lorsque les mamans ont entendu que leur merveille avait participé au crime, certaines se sont écrié outrées « ce n’est pas possible ! pas MON fils ! MON fils ne sait même pas dessiner son … ça ».

Parce que le mien, bien entendu, quand il est venu au monde, il savait déjà le dessiner son … ça . Admettons, Timousse est sur-parfait-doué pour le dessinage de zi*zi, on est doué où on peut après tout.

Quant aux mamans de certaines filles, impossible d’aborder le sujet avec elles. Terrain glissant, impossible de mettre en doute la perfection d’une sur-parfaite-douée.

Et chaque jour, je vois des parents attendre l’instit devant l’école pour lui dire que merveille du monde a été mordu (ben oui mais il étranglait mordeur) ; que sur-parfait-doué ne pouvait pas n’avoir QUE 16  au dernier contrôle ; que sur-parfaite-douée avait subi les assauts frénétique d’un obsédé qui tentait vainement de découvrir ce qu’elle portait sous son pull (après que sur-parfaite-douée l’ai lancé au défi de le faire)  ou que perfection de la perfection avait été traité de connard … en réponse à son fils de pu*te. Etc. …

Tout ça me fait penser à une  histoire de paille et de poutre …

Ouaich. Fut un temps, je voulais être instit. Mais je crois que cette partie du boulot, j’aurais eu du mal à assumer. Suis pas mécontente de ma surcharge de travail qui m’évite de côtoyer trop souvent cette race de parents. J’ai assez à les subir en tant que parent d’enfant un peu trop vivant à leur goût.

Alors oui, mes enfants sont loin d’être parfaits mais ils ont le mérite d’être mes rayons de soleil sauf qu’ils n’aveuglent personne. Et de remplir ma vie. Même si parfois, ils la remplissent un peu trop.

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16 février 2009

Histoire d'ex

Deux. Deux jours. Deux jours sans. Deux jours sans amoureuse.

Je vérifiais le cartable de Timousse jeudi soir lorsque je suis tombée sur un dessin. En levant les yeux, je croise le regard pétillant de Timousse.

-          De qui est ce dessin ?

-          Ben de Zulie !

Ah non hein ! passe encore qu’il se noie sous les dessins d’amoureuses, si en plus il doit se noyer sous les dessins des ex … ça va faire comme les pensions alimentaires ça ; ça va vite devenir ingérable !

-          Mais je croyais que vous n’étiez plus amoureux ?

-          Mais tu m’as dit l’autre zour que des fois les z’ex redevenaient des amoureux. (Ca va être ma faute, vous allez voir que ça va être ma faute !) Et ben voilà, Zulie m’a dit ce matin que en fait, elle avait beaucoup réflessi et qu’elle voulait touzours être mon amoureuse.

-          Mais toi ? tu es amoureux ?

-          Ben si elle m’aime, ze l’aime.

Ah. Double Ah. Triple Ah. Quadruple, devrais-je dire. J’ai ouvert la bouche en prenant mon souffle, m’apprêtant à me lancer dans une longue tirade ayant pour objet l’amour, que l’on aime parce qu’on aime et non parce qu’on est aimé, lorsque j’ai croisé le regard de Rahan. Et ce regard me hurlait « laisse tomber ».

Sage conseil que je me suis hâtée de suivre. D’autant que Rahan est un expert en la matière. Non pas de l’amour (enfin quoique si quand même), mais de discussions sur le thème avec moi. Sujet de discussion que Rahan évite régulièrement, parait que je suis compliquée.

J’ai donc laissé tomber, comme le demandait si gentiment papa poule et Timousse en est retourné à ses jeux après que je lui aie fait jurer que cet amour retrouvé ne lui ferait pas faire de nouvelles mochetés.

Ah et à ce sujet, au vu des commentaires de certain(e)s sur ma note précédente, la mocheté de Timousse n’a rien de se*xuel. Ce qu’a fait Timousse, ça va plus avec le petit garçon qu’il est. Bagarreur toussa. Timousse ne partage pas l’amour de son amoureuse. Et Timousse a une façon quelque peu …. Brutale de le faire comprendre. Pffff ‘bsédés que vous êtes.

Peut être que je n’étais pas très claire et que ma note manquait d’explication, mais je remarque que certain(e)s, en l’absence d’explication en reviennent aussitôt à leurs pulsions les plus primitives. Pfffffff ‘bsédés que vous êtes … Pas que je veux vous inquiéter mais ... vous devriez vous interroger là-dessus. Enfin je dis ça, je dis rien hein.

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12 février 2009

Logique

Timousse a fait une grosse connerie à l’école. Son amoureuse, la petite fille qui est amoureuse de lui depuis la crèche, celle qui le couvre de dessins, celle qui lui écrit les lettres d’amour les plus folles, on va l’appeler Zulie, Zulie lui a demandé de faire un truc … comment dire …. Moche. Très. Pas bien du tout. Quelque chose dont je ne l’aurais jamais cru capable. Même si son amoureuse le lui demandait.

Timousse est trop jeune pour réfléchir avec autre chose que son cerveau, comme le sont trop souvent accusés les hommes, mais là je vous jure que je continue à me demander avec quoi Timousse a réfléchit.

Et ce qu’elle lui a demandé, ce n’était pas d’aller pincer les fesses de sa voisine !

Bref. Pour avoir fait cette grosse mocheté, Timousse est puni à l’école. Et comme j’ai été convoquée à cause de sa grosse mocheté et que sa seule explication c’est d’avoir fait ce que demandait son amoureuse il est aussi puni chez nous.

Et il a du présenter des excuses à qui de droit. Et jurer qu’on ne l’y reprendrait plus.

Mardi soir, nous discutions de la chose lui et moi.

-          Ce matin, z’ai dit à Zulie que à cause d’elle, z’étais puni de tout.

-          Ah non, c’est à cause de toi, parce que tu l’as fait que tu es puni. Tu dois comprendre que ce que tu as fait, ce n’est pas permis de le faire. Et c’est mal de le faire.

-          Ah mais ze peux pas le dire à Zulie parce que maintenant, c’est mon Ex.

-          C’est quoi ?

-          Mon Ex. C’est plus mon amoureuse quoi.

-          Ah. Mais peut être que si tu disais à Zulie que même si elle t’avait demandé quelque chose de mal, c’est quand même de ta faute si …

-          Ah ben non, c’est trop tard puisque c’est mon Ex

-          ….

-          Ze l’ai vu dans ses yeux. On peut pas se tromper. Ze l’ai vu dans ses yeux qu’elle était devenue mon Ex tu sais, ça se voit ces sozes là. Et ze l’ai senti ce matin qu’elle était plus mon amoureuse. Et puis maintenant, elle est l’amoureuse de Zulien.

-          Et tu es malheureux ?

-          Non. Ca me fait cinq Ex et zéro amoureuse.

Posté par Kaliuccia à 17:45 - Nous - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Mais alors, n'importe quoi

Je viens de faire un test, « Quel est votre profil émotionnel ? »

Vous êtes en quête d’identité.

Vous êtes particulièrement sensible à votre image sociale, au regard des autres et à leurs jugements. Le besoin d’appartenir à un groupe et d’être reconnu est aussi fort que celui de vous différencier au sein de ce groupe, pouvant vous exposer à un sentiment pénible, source de tension et d’agressivité. Ce souci d’affirmer qui vous êtes vient sans doute d’une enfance « mal aimée », d’un manque de reconnaissance de vos qualités propres, de la pression à devoir répondre aux attentes de votre entourage. Vous tendez à pallier ce manque, quitte à mettre la pression sur votre entourage et à exiger de lui qu’il guérisse vos blessures. Qu’une situation présente réactive ce passé et la colère prend les commandes « je dois gagner, prouver à l’autre que je suis quelqu’un de bien. » Si vous êtes en manque d’appartenance, vous serez tenté d’éviter tout conflit et ferez ce que les autres attendent de vous, quitte à ravaler vos opinions et jugements personnels. En revanche, si vous êtes en manque de distinction, vous n’hésiterez pas à imposer votre point de vue, quitte à vous faire des inimitiés. Dans les deux cas, la colère vous raidira pour refuser l’échec.

Je n’ai qu’une chose à dire.

Pfffff ! n’importe quoi !

Posté par Kaliuccia à 11:08 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 février 2009

Morose

C’est une chose certaine, je déteste le mois de février.

Je disais à une collègue qui me trouvait une petite mine ce matin … oui parce que faut savoir que moi j’ai un mal fou à faire la part des choses.

T’en as, ils ont leur maison qui s’est écroulée dans la nuit, la voiture qui a prit feu et les mômes qui ont fugué, ils arrivent le matin au boulot aussi radieux qu’un soleil d’été et ceux là je les admire.

Moi j’en suis incapable. Si j’ai un souci personnel qui me ronge l’estomac, je suis totalement incapable de le laisser à la porte de mon bureau. Ca ne va pas m’empêcher de bosser, bien au contraire, bosser permet aussi de ne penser à rien d’autre (m’évite surtout de gamberger) et dans mes années difficiles, je me suis plus souvent qu’à mon tour réfugiée dans mon travail. Je bosse donc, mais je fais la gueule. Enfin si je suis en colère, je fais la gueule. Si je suis triste, je suis triste. Je n’arrive pas au bureau le matin avec un explosif BONJOUR TOUT LE MONDE quand ça merde.

Donc quand ça ne va pas, ça se voit. Et ce matin, ma collègue me voyant totalement fermée m’a demandé

-          Ca ne va pas très fort ce matin ?

-          Non

-          Mauvais week-end ?

-          Non. Mauvais début de semaine

-          Tu as envie d’en parler ?

Ben non. Pas plus envie d’en parler que ça parce que ce n’est pas que de ce mauvais début de semaine dont j’aurais envie de parler du coup. Mais d’un tout. De ces petites emmerdes qui ont le don de s’accumuler en un temps ultra restreint. Des frustrés de la vie qui viennent me vomir leur propre bassesse à la figure. Des connasses que je meure d’envie de claquer mais par téléphone, c’est difficile. Des vrais méchants qui s’obstinent à faire le mal autour d’eux. Des liens parfois trop étouffants de cette famille qu’on n’a pas choisi. De mon envie lorsque je vois des gens qui n’ont jamais d’emmerde. De ma famille à moi, celle que nous avons créée et qui parfois me rend tellement malheureuse. De leurs angoisses qu’ils déposent à mes pieds pour que je les gère. De cette image qu’on peut avoir de moi et qui est tellement fausse. Je ne suis pas forte. Je ne suis pas fragile non plus. De ces étiquettes que je voudrais arracher de la boite dans laquelle on m’a casée. De celles qu’on a collée sur ma fille. De celles qu’on colle sur mon fils sans lui laisser un droit de réponse. De la crise et des Prud’hommes, des licenciements que je dois adoucir. Des démarches que je n’ai pas envie de faire et qu’on me colle sur le dos. Des décisions que je ne veux pas prendre alors qu’on m’impose de le faire. Des opérations. De l’incapacité de Rahan de chercher correctement un antidouleur. De son désir de vouloir faire de moi son infirmière ou pire, sa mère, quand il souffre. De ma fille qui sort un peu trop souvent ou qui reste trop longtemps dans mes pattes. De Timousse qui est au summum de son opposition et de ses angoisses. Des monstruosités qu’on entend aux infos et qui ne m’interdisent pas de rager quand je casse mon unique paire de lunettes. De cette chance que j’ai d’avoir du boulot tout en me disant que là, en ce moment, j’en ai même trop. De mes courses dans tous les sens pour offrir une meilleure vie à mes enfants. De ce putain de mois de février qui n’a jamais été un bon mois pour moi.

Et là, ce qui me perturbe, si j’en avais parlé à ma collègue ce matin, outre le fait que je me serais certainement mise à pleurer de rage, elle m’aurait tout aussi certainement répondu que ce n’est pas grave, pas insurmontable, que dans une semaine tout ira mieux …

Je le sais que tout ira mieux mais là, je n’y suis pas dans une semaine. Je suis en plein dans ce putain de présent qui me fatigue. Je le sais que ce n’est pas grave mais ce n’est qu’un bobo supplémentaire qui s’ajoute à des biens plus sérieux que j’assume tête haute. Le verre est en train de déborder. Je le sais que ce n’est pas insurmontable mais je commence à en avoir plein le cul de surmonter des trucs surmontables.

Ca m’énerve ce qui m’arrive. Et pire que tout : ça m’énerve que ça m’énerve autant. J’en ai plein le cul d’être moi.

Je suis fatiguée. J’ai dit à ma collègue que là, je suis tellement fatiguée que j’ai envie de tout planter. Tout. Et plus j’y pense, plus je me dis qu’en fait j’ai surtout envie de fuir. Tout fuir. Les emmerdes, les jalousies mesquines des autres, la folie qui nous entoure ... y’a de plus en plus de gens dingues autour de nous !

Si je disais là tout de suite ce qui me perturbe autant, je me sentirais d’un ridicule à mourir. Alors je vais juste dire qu’en quelques jours il m’en est tombé tellement sur la tête, à une période déjà mauvaise pour moi, que là, je commence à en avoir sérieusement plein le cul.

Je suis fatiguée. Une année, il y a longtemps, je me souviens que je passais tellement de temps à me débattre que je me mettais à rugir dès qu’on me conseillait une nouvelle démarche. Une de plus alors que j’étais arrivée à saturation. Cette année là, j’avais follement envie de redevenir une toute petite fille. Une toute petite fille avec une énorme angine et un bon 40 de fièvre que sa maman couchait dans son lit tout propre, parfumé de son odeur et bordait en lui chantant une chanson douce. J’avais envie d’être une toute petite fille sans le moindre problème, juste cette angine qui l’oblige à garder le lit. Et que maman s'occupe de tout.

Là, je ne ressens même pas cette envie. J’ai envie de fuir. Loin et seule. Dans une sorte de lieu aseptisé et silencieux. Fuir en oubliant mon téléphone et en n’emportant que mes livres. La fuite, je rêve d’avoir le courage de la prendre.

Posté par Kaliuccia à 13:18 - Coup de gueule - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 février 2009

Le Deal

En rentrant mardi soir, j’ai retrouvé une Boudeuse rayonnante. Je n’ai pas eu besoin de poser la question qui tue.

-          Alors le cours de soutien en math, c’était délirant.

Je m’attendais à toute sorte de qualificatif, j’avoue. Chiant, horrible, terrible, pénible, inutile … mais délirant, certainement pas.

-          Ca veut dire que c’était bien ?

Et là, Boudeuse a prit cet air que j’aime tellement chez les ados, lancer des yeux vers le plafond avec regard de travers, bouche entrouverte, mains tendues paumes vers le haut, le tout souligné d’un petit mouvement de hanche qui se traduirait par « tu te fous de moi ? »

-          On a écrit des lettres de motivation !

-         

-          Non mais t’imagines le cours de soutien en math ? des lettres de motivation ! pour un emploi ! En plus j’ai 16 ans et je n’ai absolument pas l’intention de travailler …

-          Oui ça j’ai remarqué

-          Mais non je veux dire rentrer dans la vie active quoi j’ai le temps ! et elle me fait faire des lettres de motivations ! pour un cours de soutien en math !!!!

Là j’avoue que je suis coincée. D’un côté, je suis bien heureuse : l’idée ne venait pas de moi. Je n’ai rien à me reprocher, si ce n’est de l’avoir forcée à se lever ce fameux mardi matin, mais je n’ai jamais émis l’idée qu’elle devait suivre des cours supplémentaires en math. Enfin pas cette année. Ca m’est arrivé les autres années (et ça a failli coûter la santé mentale d’un pauvre prof de math) mais pas cette année. D’un autre côté, c’est un peu étrange d’envoyer de force une ado en pleine crise d’ado en cours de soutien en math pour qu’elle y ponde … une lettre de motivation.

-          Alors, je suis allée voir le proviseur

-          Tu es allée voir qui ???? (d’un coup, je me suis assise)

-          Ben tu m’as bien dit que c’est lui qui est responsable de tout ça non ?

-          Ben oui mais bon. Tu as cafté que tu as écrit une lettre de motivation en cours de soutien ?

-          Pfffffffffff ! mais n’importe quoi hein ! pour qui tu me prends ? Mais bon en arrivant en cours, je me disais que peut être ce serait bien, ça m’apporterait quelque chose après tout … (PUTAIN MAIS POURQUOI JE N’AI PAS PENSE A ENREGISTRER CETTE CONVERSATION ???) et puis bon finalement, j’avais raison c’est trop nul. Et me lever pour ça alors là, pas question. De toute façon, j’avais déjà cherché à le voir le proviseur avant, mais il n’était pas là.

J’ai laissé quelques instants le monologue de Boudeuse bourdonner tandis que je me répétais sans cesse « j’en reviens pas, ma timide effacée Boudeuse a prit rendez-vous avec le proviseur ! »

-          Et là, vu que je n’avais rien à faire de 10 à 11, je suis retournée devant son bureau, il y était et il m’a reçue. Et tout de suite je lui ai expliqué que je ne voulais pas continuer les cours de soutien. Que ça ne me servirait à rien etc. Il m’a dit who who who ! dis moi d’abord ton nom, ta classe.

-          Ah bon ? (j’avoue que j’avais tellement de mal à imaginer ma fille dans le bureau du proviseur que je n’ai rien trouvé d’autre à rétorquer)

-          Ben oui, t’imagines combien on est ? il ne peut pas se souvenir de tout le monde hein. Donc je lui ai dit, il a sortit mon dossier sur son ordi et il m’a expliqué que bon, c’était pour moi qu’ils avaient fait ça, que j’avais des bonnes notes et que ça me tirait vers le bas ce 2 en math. Et moi je lui ai expliqué que j’étais d’accord (manquerait plus que ça !) mais que tout ça ne servirait à rien. Que j’étais un cas désespéré, que mon dernier prof OU TU M’OBLIGEAIS A ALLER à même dit « avec Boudeuse, on fait un pas en avant et deux en arrière » et que c’était injuste de m’obliger à aller à un cours de soutien et tu sais ce qu’il m’a répondu ??? Qu’il ne pouvait pas m’obliger à y aller ! (Ah ben on n’est pas dans la merde) mais que c’était pour mon bien, mais qu’il ne pouvait pas me forcer (ah oui, on y est !) Alors hein ! si je ne veux pas y aller, je n’y vais pas.

-          Et alors ? il a abandonné comme ça ?

-          Oh ben non tu penses, j’ai eu le grand discours que ces cours, c’était pour nous aider, il m’a parlé du programme mis en place au lycée pour sortir les élèves de leurs difficultés toussa. Mais moi je lui ai dit que j’avais dépassé le stade des difficultés, qu’il y avait tout à reprendre, qu’il faudrait toute une vie pour me remettre à niveau et que même mon prof de math de cette année, il a dit qu’il n’avait jamais vu quelqu’un bloqué comme moi (je confirme). Je lui ai dit qu’en plus, ça me forçait à me lever le mardi alors que maintenant, je n’ai cours que l’après midi et donc je viens au lycée juste pour passer deux heures de soutien qui ne se suivent même pas, alors que je pourrais dormir.

-          Tu lui as dit « alors que je pourrais dormir ???? »

-          Ben oui, c’est la vérité ! je lui ai dit que ça me forçait à me lever à 6h30 alors tu vois !

Des fois, dans les dessins animés, on voit le toons qui apprend un millier de mauvaises nouvelles en quelques secondes et qui s’affaisse doucement jusqu’à ne plus ressembler qu’à une crêpe sans même avoir reçu un coup de poêle sur la tête vous voyez la scène ? Ben le toons, c’était moi.

-          Et donc, il m’a dit ok, on fait un deal.

-          Le proviseur t’a proposé un deal ?

-          Oui. Il m’a dit de tenter le coup au moins jusqu’à Pâques et après on en reparle.

Je lui ai dit d’accord, mais seulement de 10 à 11 heures, pour que je puisse dormir le mardi.

-         

-          Et aussi une semaine sur deux, comme ça j’aurais au moins un mardi sur deux où je resterais toute la matinée tranquille chez moi.

Et là, splash ! , la crêpe écrasée sur le sol que j’étais a explosé avant de disparaître totalement.

Ma fille, mon ado timide et effacée qui ne prend toujours pas le bus parce qu’elle a peur de ne pas savoir comment faire pour prendre le bus (si si, uniquement pour ça) ma pas dégourdie planeuse qui sait tout juste se servir du micro-ondes pour réchauffer les plats préparés la veille par mes soins …. Boudeuse est allée voir le proviseur pour lui dire que ça la gonflait d’aller aux cours de soutien puisqu’elle ne devait se lever tôt pour se faire et même obtenu de diviser son soutien par quatre !

J’ai encore du mal à l’imaginer avec tout ce culot. Et mieux encore, qu’elle ait obtenu gain de cause !

Posté par Kaliuccia à 18:37 - Les ados - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 février 2009

Oui oui, encore 5 mn

Ce ne fut pas si simple que ça. Je crois gagner une guerre avec Boudeuse lorsqu’elle n’a concédé qu’une bataille.

Et nous voici à jouer la revanche.

Il y a des journées faites de hauts et de bas et lundi fut l’une d’entre elle. Je combattais tant bien que mal ma fatigue de début de semaine tout en préparant la pate à crêpes … et bien oui, hier c’était soirée crêpes. Tous les ans, je loupe cette soirée alors que je fais des crêpes plus que souvent et la chandeleur, j’ai tendance à la zapper.

Je combattais donc tant bien que mal ma fatigue de début de semaine tout en préparant la pate à crêpes quand je me suis rendue compte que depuis que j’étais rentrée, Boudeuse n’avait pas levé les yeux de l’écran de MON ordinateur. Après avoir répondu « oui oui encore 5 minutes » à mes nombreux « éteins moi cet ordinateur » … Tiens, parlons en de ce fichu « oui oui, encore 5 minutes »

Dans la langue ado, « oui oui, encore 5 minutes » peut se traduire par :

Cause toujours ; Va caguer ; Dans une heure ; Si je veux ; Rêve ; Je ne comprend pas ce que tu dis ; Mais tu te rends pas compte ! c’est super important ! je ne peux pas arrêter maintenant ; Plutôt mourir ; Elle est folle si elle croit que dans 5 minutes j’aurais arrêté ; Au moins tu me fous la paix pendant 5 mn ; 5 Mn ???? Ce que t’es naïve ma pauvre maman ….

Dans la langue ado, « oui oui encore 5 minutes » peut se traduire par tout ce que vous voulez mais JAMAIS par « oui oui, encore 5 minutes ». Croyez moi, c’est un leurre d’ado confirmé !

J’en étais où moi ? Ah oui. J’ai du lui demander pendant une bonne heure de couper MON ordinateur, et elle m’a répondu une dizaine de fois « oui oui, encore 5 minutes » lorsque j’ai enfin compris qu’en fait elle me disait quelque chose qui ressemblait plus à « va caguer ». Là, sans même monter le ton j’ai sifflé entre mes dents que si les nombreuses fenêtre de discussion ne se fermaient pas illico, je me proposais de les fermer à ma façon. Dans un bruyant soupir, mon ado s’est exécutée. La soirée promettait d’être superbe. J’avais hâte d’aborder le sujet brûlant du moment. Les cours de math.

J’ai tout de même obtenu un léger sursis grâce à la chandeleur. Une fois la table débarrassée, les pots rangés, la vaisselle lavée et Timousse couché, j’ai attaqué le vif du sujet avec Boudeuse. Délicatement, je lui demande si elle a préparé ses affaires de math. J’ai mal interprété son regard, j’ai cru qu’il était simplement méprisant de « tu me prends pour qui ? tu crois que je ne sais pas ce que j’ai à faire ? » En fait, il était interrogatif « de quoi tu parles ? »

Ne voyant pas ma fille préparer quoi que ce soit pour le lendemain matin, je lui rappelle que demain, réveil 6h30. Elle marmonne une histoire de semaine 1 et semaine 2 que je ne cherche même pas à comprendre.

Et là, je me dis que je ne peux plus tourner autour du pot, je dois affronter le problème de face.

-          Boudeuse, même si nous étions en semaine 15, demain tu as ton premier cours de soutien.

-          QUOIIIIIIIIIIIIIIIIII ???????????????

-          Boudeuse, ne fait pas celle qui découvre, nous en avons parlé fin de semaine dernière.

-          Mais oui, tu m’avais dit que j’aurais des cours mais tu ne m’avais pas dit quand.

-          Comment ça je ne t’avais pas dit quand ? tu te fous de moi ? (remarquez que j’ai perdu toute forme de zénitude parce qu’il y a un moment où il ne faut pas que dèc non plus)

-          Mais non ! je te dis que je ne savais pas quel jour c’était.

-         

-          C’est à quelle heure ?

-          8 à 9 et 11 à 12

-          Oui mais c’est quel jour ?

-          Sérieux ? c’est une caméra caché c’est ça ? LE MARDI  !

-          QUOIIIIIIIIIIIIIIII ??????????????

-          Réveillez moi, c’est un cauchemar

-          MAIS C’EST POUR MOI LE CAUCHEMAR !!!! LE MEME JOUR ?????????????? MAIS ILS SONT MALADES !!!!!!!!!!!!!!!!!! Mais justement demain je devais dormir, j’avais toute la matinée pour dormir ! C’est dégueulasse ! je n’avais QUE le mardi pour dormir (et le mercredi, et le samedi, et le dimanche …) je croyais être tranquille pour la matinée ! Bon ben voilà, faut que je prévienne scooter bout de ponton maintenant !

-          Euh … Qu’est ce qu’il vient faire dans l’histoire scooter bout de ponton ?

Vlam ! « BOUDEUSE ! SI TU CONTINUES A CLAQUER TA PORTE JE LA VIRE ! » (oui oui, c’était bien Rahan, vous l’avez reconnu)

-          Il est 21h30, tu pleures vite fait sur l’épaule virtuelle de scooter bout de ponton et tu raccroches.

-          Oui oui, encore 5 mn !

Bien entendu, à 22h00, Boudeuse n’avait toujours pas raccroché. Lorsque je suis rentrée dans sa chambre à deux doigts de péter un câble, Boudeuse brandissait une copie de cours « il m’aide à réviser, il y a des mots que je ne comprend pas ! »

Bouche ouverte, index brandit et bloqué dans son élan, j’ai fait un demi-tour sur place puis suis ressortie, vaincue.

22h30, les éclats de rire ne sont certainement pas liés à une quelconque révision ou alors je veux bien retourner à l’école moi !

-          Mais j’ai un contrôle demain !

-          Ce n’est pas la veille à 22h30 que tu révises ton contrôle

-          Mais je comptais le réviser demain matin MAIS JE NE PEUX PAS PUISQUE JE VAIS EN SOUTIEN

-          OHHHHHHHHHHHHHHHHH ! et en plus elle me prend pour plus blonde que je ne suis ! Tu comptais DORMIR demain matin ! alors maintenant, tu raccroches !

-          Bon, ben si je rate mon contrôle demain …

-          Si tu rates ton contrôle demain tu es punie de sortie !

-          M’en fou, je sors pas.

-          RACCROCHE !

Ce matin, Timousse se levait avec énormément de difficulté, il serait bien resté tout au fond de sa couette encore quelques minutes. Superbement pomponnée, sa sœur dépose un baiser vaporeux sur son front .

-          Pauvre petite chose ! c’est dur quand maman nous oblige à nous lever pour aller à l’école hein ? et bien moi j’aurais pu dormir ce matin, faire la grasse matinée pour une fois (en plus du mercredi et du samedi et du dimanche) mais non, il faut que j’aille en cours de math … alors que j’aurais pu dormir c’est dég…

-          Boudeuse ! les gros mots tu évites !

-          Ah mais moi c’est pas grave, z’aime bien l’école et puis z’aurais pas besoin d’aller en cours comme toi, ze suis fort en math moi ! Hein maman ze suis fort en math ?

-          Vlam …

Ah ben Rahan était déjà parti au boulot. Dommage.

Vous voyez le coup que le prof était absent ? Oh là là ! si c'est le cas, ce soir ça va donner !

Posté par Kaliuccia à 17:41 - Les ados - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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