Au fil de l'eau

"Avant, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants."

27 mars 2009

La musique et moi

-          Pourquoi tu lui mets cet album ? tu crois qu’elle va l’aimer ?

-          Mais oui ! elle adore ce groupe, et il y a sa chanson préférée

-          Ben elle est plutôt hard rock quand même …

-          Elle est pop rock et il y a effectivement du hard rock dans ce qu’elle aime

-          Ah ben lui mets pas le nom des artistes, elle ne sait jamais qui c’est de toute façon

-          Non, là je mets juste le titre du film parce que quand elle parle de cette chanson, elle se souvient du film mais n’a jamais cherché à savoir comment s’appelait le chanteur.

-          Comment elle peut aimer ça ? C’est quoi cette musique ? du Rap ? Elle déteste le Rap !

-          Un mélange de Rap et de rock oui, je ne sais pas ce qu’elle lui trouve à ce titre.

-          C’est quoi ce groupe de merde là ?

-          Si si, laisse lui, c’est moi qui lui aie copié l’album

-          Mais elle le connaît ?

-          Non.

-          Ben pourquoi tu lui as mit cet album alors ?

-          Parce que je sais qu’elle va aimer, c’est le style qu’elle écoute.

-          C’est hard de hard là, on dirait qu’il se fait arracher une dent le type

-          C’est une femme et je te dis qu’elle va aimer. Laisse.

Ca, c’est un bout de conversation entre Boudeuse et Rahan. Qui sont tous deux sur MON ordinateur. A bidouiller MA bibliothèque. Pour la copier sur MON aïepod (pas de pub, pas de pub)

Et qui donc parlent de moi. Alors que je suis là, juste à côté d’eux. Comme si j’étais transparente.

J’ai toujours été relativement assez nullissime pour retenir le nom d’un artiste (ou d’un groupe) et encore moins celui de ses albums. A part quelques exceptions.

Ca vous amuse mais c’est parfois handicapant. Ceci s’ajoutant à un manque de culture générale, j’ai un peu de mal à participer aux conversations de société sans passer pour une blonde très très blonde.

A l’âge de 20 ans j’aurais été méga heureuse de posséder le nouvel aïefone (pas de pub, pas de pub) rien que pour leur truc de reconnaissance. Parce qu’ado, j’enregistrais des tubes à la radio sur mon walkman à cassettes (ben oui, je suis de cette génération) puis j’allais dans une boutique faire écouter la cassette et le vendeur me trouvait l’album en dix secondes. C’est comme ça que j’ai su que j’ai écouté Murray à fond pendant des années sans jamais savoir que c’était lui …

Moi une musique, je la fredonne, je la chante à tue tête ou je danse dessus … parfois le tout à la fois mais je ne lui colle pas systématiquement le nom d’un artiste ou d’un groupe dessus, voilà !

Par contre, il y a des moments où sérieux, ça me fatigue qu’on cause de moi à la troisième personne du singulier alors que je suis dans le coin, à porté d’oreille. Chiotte quoi.

Je me suis donc légèrement révoltée.

-          Ah Kali, avec les albums qu’on ajouté, tu  n’as plus assez de place il faut donc que tu fasses un choix.

Ah. Au moins ai-je le choix de ce que je vais conserver sur mon aïepode (pas de pub, pas de pub). Je dis d’accord mais je ne veux avoir à justifier AUCUNE de mes décisions.

-          Peter ?

-          Non

-          Pourquoi ?

-          Parce que j’ai déjà en cd dans ma voiture.

-          Hubert  ?

-          Non

-          Pourquoi ?

-          Parce que je l’ai déjà en cd dans ma voiture et j’ai dit que je ne justifiais pas mes décisions.

-          Philou ?

-          Non

-          Tu veux pas garder Philou ????

-          Non

-          Pourquoi ?

Oh putain ! Vous me direz que je n’ai qu’à faire moi même ma manipulation, mais je vais vous avouer une petite chose que je vous interdis de répéter à qui que ce soit : je ne comprend rien à ce système. Moi j’aime les CD, les lecteurs qui avalent mes CD. J’aime toucher les albums et choisir celui que je vais écouter au bureau. Je ne télécharge pas, je ne saurais même pas sur quel site aller de toute façon. Je déteste les disques durs qui regorgent de films en divmachin je préfère mille fois rester deux heures à choisir les films que je vais louer pour le week-end merdique qui nous attend.

Et là, je crois entendre parler les vieux qui critiquaient les CD qui tuaient les vinyles alors que  je n’étais qu’une ado. Et là, j’ai un putain de coup de blues et je me sens vieiiiiiiiiiiiiiiiiille !!! Out.

Bouh !

Petit sursaut de fierté tout de même, je bouscule l’homme et l’ado pour prendre leur place.

-          Bon. Je choisis moi. Je fais comment ?

-          Tu cliques là et tu mets là.

-          Ok. C’est simple. Allez oust ! dégagez.

….

…..

…….

Ca, ce sont les quelques secondes qui s’égrainent.

-          Rahan ? c’est quoi ça ? je ne connais pas

-          Si tu connais. Et tu aimes

-          Non je ne connais pas, je n’ai jamais entendu parler de ce chanteur.

Soufflant légèrement et pas trop fort pour ne pas titiller de trop près ma soi-disant extrême susceptibilité, Rahan passe en mode lecture.

-          AH OUIIIIIIIIIIIIII ! J’ADOOOOOOOOOOOOOOORE ! il s’appelle comme ça ? ah bon.

Posté par Kaliuccia à 12:21 - Nous - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 mars 2009

C'est pas l'homme qui prend la mer ...

-          Moi ze voudrais bien avoir un animal mais ze sais que papa ne veut pas.

Alors ze sais que le chien on peut pas parce que papa il dit qu’il pue. Pourtant, il pue pas le chien de ma copine !

-          Ah si ! quand il pleut, il pue le chien de ta copine. Et dans un tout petit espace, tu le sens qu’il pue !

-          Ah. Alors le chat on peut pas parce que papa il dit que sinon il finira dans le barbecue. Mais pourquoi il irait dans le barbecue le chat ?

-          Mais non papa dit tout ça pour ne pas dire qu’il ne veut tout simplement pas d’animaux à bord. On en a déjà eu et en mer, ça devient juste compliqué.

-          Et si on prenait un hamster ?

-          Ah non, là c’est moi qui dis non, pas d’animaux en cage.

-          Ah. Et si on prenait un poisson ?

-          Un poisson ???? tu vis sur le plus grand aquarium du monde !

-          Ah oui mais ce sont touzours les mêmes !

-          Et dans un aquarium, ce ne serait pas toujours les mêmes ?

-          Si mais ils sont plus beaux. Parce que les poissons que ze vois au port, ils sont moches.

-          Ah non, ceux qui sont tout argentés avec une bague noire, ils ne sont pas moches !

-          Ceux qui manzent le caca ?

-          Euh …. Oui. Oui mais non. Ils mangent de tout, on va dire ça oui. Ils mangent de tout.

Menton posé dans sa main, je pensais Timousse parti dans une nouvelle recherche d’adoption animalière quand

-          Mais attends un peu maman, ze réfléchis à un truc très important là … les poissons, ils manzent le caca … et nous, on pêche le poisson et on manze le poisson …

-          Oui mais on ne pêche pas CE poisson.

-          Ben oui mais on pêche du poisson qui manze des poissons.

-          Euh … oui. Il y a des poissons qu’on pêche qui mangent des poissons oui. Quand on a beaucoup de bol, parce que sinon on pêche surtout des trucs minuscules tu vois …

-          Donc, si on manze les poissons qui manzent les poissons qui manzent le caca ça veut dire …. CA VEUT DIRE QU’ON MANGE NOTRE CACA ?????? Alors là !!!! Mais c’est dégoutant ça ! PLUS ZAMAIS ZE MANZE DE POISSON DE MA VIE !

Ahem. Nous allons te faire écouter une ravissante chanson de Renaud mon chéri, tu vas redécouvrir la mer ….

Posté par Kaliuccia à 18:27 - Nous - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Dans la série ça n'arrive qu'à nous ...

Vous allez voir comme ma vie est particulière. Vous allez voir.

Après avoir passé une grande partie de l’après-midi à faire du vélo avec Timousse dans le froid glacial du vent du nord … que j’ai du réenfiler mes gants pour supporter la promenade en vélo, c’est vous dire le froid glacial du vent du nord … j’ai décidé de réchauffer l’atmosphère en nous préparant un petit plat au four hier soir.

De ces petits plats qu’on prépare pendant une ou deux heures, avec des ingrédients sur tout le plan de travail, auquel on donne une petite touche originale de présentation …

Non parce qu’il faut savoir que la présentation et moi, d’ordinaire, ça fait deux. Je n’ai aucun talent de présentation. Je n’ai déjà aucun goût en matière de décoration intérieure, imaginez donc la tête de mes plats au quotidien. Le petit brin de persil posé sur le gratin qui sort du four, JAMAIS je n’y pense.

Mais dimanche, j’ai mis du cœur à l’ouvrage. J’avais envie que ce soit aussi beau à voir que bon à manger.

Miracle entre les miracles, Boudeuse rentre à l’heure. A la mienne d’heure, celle à laquelle je lui demande de rentrer. Et non pas à celle de son portable, de l’ordinateur de scooter bout de ponton ou de celle demandée dans la rue. Pas même celle de sa montre. Mon heure à moi.

Boudeuse était là et mon plat arrivait tranquillement en fin de cuisson ; encore quelques secondes histoire que le dessus soit doré et croustillant à point . Nos narines frétillaient de plaisir et c’est avec un plaisir exceptionnel que je répondais aux assauts interrogatifs de Timousse. Vous savez les « qu’est ce qu’on mange ce soir ? »

Boudeuse remplit sans bougonner sa part de contrat. Elle va chercher les assiettes pour mettre le couvert. Les assiettes que je viens juste d’acheter en restant sourde aux protestations muettes de Rahan. Oui elles cassent, oui c’est du poids en plus mais je commençais à saturer sévère de voir les mêmes bateaux peints au fond des mêmes assiettes en mélanine et ce depuis 15 ans. Je ne pouvais plus les saquer ces assiettes voyez-vous ? J’ai tout essayé pour les détruire, il n’y a que le micro-ondes qu’elles ne supportent pas ces assiettes. Mais là, si je m’amuse à coller le service des 12 assiettes en mélanine de Rahan au micro-ondes, il va se douter que je l’ai un peu fait exprès.

Alors je me suis offert 4 assiettes. D’un jaune vif, des assiettes qui cassent, en qualité de merde. Tant mieux. Comme ça, je les changerais avant de m’en lasser. Avant de les haïr comme je déteste le service d’assiettes en mélanine de Rahan. Je dégustais tranquillement mon petit verre de bordeaux, en attendant de passer aux choses sérieuses tout en admirant mes enfants participer aux tâches ménagères quand tout à coup … comment vous traduire le bruit ?

Ce n’était pas le pan d’un coup de feu non, ni le boum d’une explosion. Il était bien trop tôt pour un plastiquage. C’était un peu de tout ça avec un horrible et énorme bruit de verre brisé.

Bien entendu, j’ai aussitôt pensé aux assiettes que Boudeuse tenait dans ses mains et j’entendais déjà Rahan râler que et voilà, il  ne faut rien qui casse sur un bateau, c’est trop galère après pour tout nettoyer, que les morceaux vont se glisser sous les planchers et qu’il va encore passer la journée de demain à tout nettoyer … mais Boudeuse tenait encore les assiettes dans ses mains. Boudeuse était d’ailleurs comme paralysée et je crois qu’hier plus que jamais, j’ai béni ses 2 de tension.

J’ai ensuite bien entendu pensé au plat dans le four, mais ce n’était pas possible. C’est un plat qui ne casse pas. Oh il m’est arrivé des galères avec le four .. oui parce que vous devez savoir que sur un bateau, on a un système pour les cuisinières et ce système on le débloque quand on est en mer. Ainsi, la cuisinière suit le rythme du roulis, se balance d’avant en arrière pour que tout ce qui se trouve dessus ou dedans reste en équilibre. Sauf que quand on est au port, ce système ne sert à rien. Sauf que parfois, le système se trouve débloqué. Et il est arrivé qu’un de mes plats gratinent au four à ce moment là. Vous voyez la scène ? J’ouvre la porte du four, la cuisinière bascule en avant et le plat glisse tout seul du four pour s’écraser sur le plancher. La bouffe qui est dans le plat avec. Et là encore il est pratique de culminer sa tension à 2, ça nous évite de tenter de rattraper le plat qui se casse la gueule du four.

Bref. Ce mélange de pan-boum-gling-criiiiss ne pouvait pas venir d’un plat qui ne casse pas. Mais alors quoi ?

Timousse était à l’abri à genoux sur la banquette et dévisageait Boudeuse qui ne bougeait toujours pas, la pile d’assiettes à hauteur de son nez. Et c’est là que j’ai vu le monticule de verres brisés aux pieds de Boudeuse. Comme si elle avait sauté à pieds joints dans un tas de tessons blancs minuscules.

Ca m’a rappelé le jour où je partais déjeuner avec mon frère et où nous fermions la porte en verre sécurit du bureau. Il tenait la poignée dans la main gauche et la droite engageait la clé dans la serrure quand nous avons entendu une sorte de pan-boum-gling-criiiiiss monstrueux. Nous sommes restés interdits quelques secondes et ça a fait comme dans les dessins animés. La porte en verre s’est marquée de milliers de fissures et elle est tombée en miettes à nos pieds. Mon frère tenait encore la poignée dans la main quand on avons réalisé qu’il n’y avait plus rien autour de cette poignée.

Et bien hier soir, c’était pareil. Sauf que rien n’avait cassé dans ce que tenait Boudeuse dans ses mains. Et c’est là qu’on se dit que parfois nos gosses ont de merveilleux anges gardiens qui font super bien leur boulot. Parce que ce qui a explosé dans les jambes de Boudeuse, à l’endroit même ou Timousse se tenait deux secondes plus tôt, c’est la vitre du four.

Moi j’ai passé la soirée à me demander comme ça pouvait être possible ça, une vitre de four qui explose. D’autant que ce n’est pas un four de merde qui coûte une fortune hein, c’est de la super bonne qualité faite spécialement pour les bateaux qui coûte une fortune. On en a eu d’autres avant ce four et on en a fait chauffer des plats dans ce four mais jamais ça ne nous est arrivé ça.

Il y avait autant de morceaux de verres autour des pieds de Boudeuse que dans le four. Mais comment un truc pareil peut arriver ? Remarquez, ça nous a occupé tout ça, pendant qu’on se préparait un truc à avaler vite fait, on y allait chacun de notre explication pour comprendre comment une putain de vitre de four pouvait exploser comme ça.

Posté par Kaliuccia à 11:10 - Nous - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 mars 2009

Jeu des photos ratées

Rat_

Tout se passe ici, chez Gilsoub : http://blog.legaletas.net/index.php?post/2009/03/14/Zut%2C-encore-rat%C3%A9...#comments

Il faut trouver la plus ratée des photos ratées que vous avez conservé, allez savoir pourquoi. Et celle-ci, pour être ratée, elle est ratée ... Comme je ne renie pas mes origines, je copie-colle les règles.

Faite nous parvenir votre plus beau gadin photographique, quand le flou s'installe là où on ne l'attend pas, que le flash n’était pas prévu, ou au contraire il a manqué cruellement, et pourquoi avoir bougé à ce moment-là... Bref la photo est raté, et pourtant, elle est jolie, mystérieuse, marrante, intéressante. Vous auriez voulu le faire exprès que vous n'auriez pas pu, et pourtant le résultat inattendu...… Et vous avez jusqu’à samedi prochain inclus!

Juste un petit rappel, vos photos doivent être au format 800 pixels maximum, en 72 dpi. Avec n’oubliez pas de nous laissez vos pseudo, parce que des fois les noms des adresses mèl ne nous éclairent pas beaucoup sur l’auteur ;-) . N’oubliez pas aussi, si vous le désirez, de nous laissez une légende pour votre photo, et enfin, même si nous nous connaissons bien, merci de laisser l’adresse de votre blogue si vous en avez un. Cela nous évite de longues recherches fastidieuses ! ben oui, on ne connaît pas toutes les adresses par cœur ! J’ai déjà du mal à me souvenir de celle de mon blogue !

Bon, ben voila, je publierais les images au fur et à mesure de leurs arrivées, et Jath    s’occupera de la galerie et des votes, la semaine prochaine.

Allez go, il est l’heure…

Ah et pis les photos sont à envoyer ici :



rate(@)chic-des-clics.fr

Posté par Kaliuccia à 12:10 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 mars 2009

Libellule ou papillon ?

Franchement, je vous trouve tous un peu durs avec ce pauvre homme et je me demande ce que vous avez fait de votre éducation.

Moi je sais que depuis toute petite, on m’a appris à respecter les adultes et particulièrement les personnes âgées. Plus encore lorsque ces personnes perdent leurs facultés. Combien de fois maman m’a-t-elle soufflé doucement « laisse la parler, elle ne sait plus ce qu’elle dit ». Ou encore ce n’est pas sa faute, il perd la tête.

Et bien en grandissant, c’est devenu normal pour moi. Je laisse toujours parler les plus vieux, je les laisse penser que je suis d’accord avec eux même parfois, je laisse dire parce que ce n’est pas dans mon éducation que de contrer une personne âgée. Et certainement pas de lui manquer de respect.

Et bien là, c’est pareil. Il n’en peut plus de vivre tellement sa vie a été longue. Alors forcément, dans son pauvre petit cerveau, tout c’est un peu atrophié. Oui oui, je sais, il y a des personnes bien plus âgées que lui qui ont encore toute leur tête et leurs facultés et qui disent bien moins de conneries que lui. Je sais. Même que j’en connais plein.

Mais bon voilà. Votre arrière grand-mère vous sort une connerie grosse comme la lune à la dernière réunion de famille, personne ne va lui sauter à la gorge pour ça. Tout le monde ira de son « la pauvre, elle ne sait plus ce qu’elle dit, elle perd un peu la tête » Même si ce n’est pas vrai. Même si arrière grand-mamie, pas plus tard qu’hier, elle a regardé les infos avec vous et les a commentées avec beaucoup plus de finesse que cousin Arthur qui plafonne difficilement à 10. De QI. On ne va rien lui dire à arrière grand-mamie, parce que c’est une personne âgée à qui on doit le respect.

Et lui, dès qu’il ouvre le bec, on lui saute tous dessus ??? m’enfin ! le pauvre !

Et puis mettez vous un peu à sa place. Ce type là, on ne le verra jamais en photo dans la presse à scandale, sur la plage en maillot de bain, en train de badigeonner le derrière dodu de sa dernière conquête. Pas plus qu’on ne le verra au festival de Cannes paradant avec pendues à son bras deux femmes plus dévêtues que lorsqu’elles prennent leur bain. Et il ne pourra jamais donner de concert où ses fans surexcitées s’arrachent leurs vêtements en hurlant son nom.

Il ne peut attaquer aucun journal pour atteinte à la vie privée !!! le pauvre !!!!!

Que voulez-vous qu’il fasse pour qu’on ne l’oublie pas ? C’est vrai quoi ! Tous ces débordements vous seraient interdits alors que vous êtes l’une des personnes les plus connues dans le monde entier, vous feriez quoi à sa place ?

Moi je le comprend. Il a trouvé la solution pour qu’on parle de lui, plus les jours avancent, plus les conneries qu’il nous sort sont énormissimes. Et comme le disait hier l’une de mes marionnettes préférées, «on n’a jamais autant parlé de nous depuis la Saint-Barthélémy »

Il y a quelque jours, je lui ai envoyé une jolie lettre dans laquelle je lui proposais un échange : qu’il m’exbaptise pour annuler ses excommunions Brésiliennes. Parait que ça n’existe pas exbaptiser, mais il nous sort tellement de conneries que je peux bien inventer des mots ici et là. Il ne m’a pas répondu. Je ne lui en veux pas, il est très occupé.

C’est que ça doit demander beaucoup de travail quand même, pour réussir à sortir autant de conneries en si peu de temps.

D’autant que l’expression « il ne sait pas de quoi il parle » dans le contexte de la dernière connerie sortie, elle lui va doublement. Non parce que quelque part, il vient de causer d’un truc qu’il n’est pas censé connaître quoi. Enfin normalement. Ils ont quand même fait vœux de chasteté dans sa bande. Alors il doit encore en être aux histoires d’hirondelles et de cheminées s’il a respecté son vœux. Ou ça remonte à tellement loin sa dernière expérience qu’il ne doit plus savoir qui d’Eve ou d’Adam doit l’utiliser. D’ailleurs, je vais vous dire, je crois qu’en fait il ne sait tout simplement pas ce qu’est un préservatif le pauvre homme. Ca se trouve, il a eu un cours sur le sujet de dix minutes montre en main. Ca se trouve, il n’a pas compris que c’était jetable après utilisation. Ca se trouve, il croit qu’on garde tout dans une pochette stérile qui aide le virus à survivre et qu’on le refile à la prochaine copulation.

Alors que diable (oups ! pardon !) une peu de compréhension pour ce pauvre vieil homme usé par la vie. Un peu de respect quoi. Vos parents ne vous ont certainement pas élevés comme ça.

Heureuse de ne plus être croyante, je me demande quand même à quoi ressemble l’ambiance en ce moment le dimanche matin pour les pratiquants. Pardonnez lui mon père parce qu’il ne sait plus ce qu’il dit.

Est ce que vous croyez que c’est possible d’expapiser ?

Posté par Kaliuccia à 14:53 - Coup de gueule - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 mars 2009

Le même rêve

Il y a quelques temps, j’ai fait un rêve, j’en avais même fait une note mais j’ai oublié quand.

J’avais rêvé que Timousse se noyait, sous mes yeux, et que je ne bougeais pas parce qu’il était tombé dans l’eau « à cause de lui » et que ça m’avait énervée. Jusqu’à ce que je vois ses yeux grands ouverts sous l’eau qui me demandaient pourquoi. Pourquoi je l’avais laissé mourir. Inutile de vous raconter dans quel état j’étais en me réveillant. Ce rêve fait partie de ceux que je n’oublie pas, tellement tout me semblait à la fois vrai et trop irréel.

Il y a certainement une explication à ce rêve et je me souviens que nous y étions chacun allés de la notre. Je me souviens de pratiquement tous mes rêves, même si j’en oublie la plupart au fil de la journée ou des jours qui suivent. Et c’est heureux parce que franchement, ce que ça peut être con un rêve quand on le décortique une fois réveillé. On passe de situations cocasses aux plus tragiques. On voudrait courir mais on reste sur place. Hurler mais aucun son ne sort de notre bouche. On tombe dans un puis sans fond et en général ça réveille, on rêve des morts qui nous manquent et de la mort de ceux qu’on aime. On pleure, on a peur, on rit, parfois on ne voudrait jamais se réveiller tant on est bien. Sans compter le nombre de fois où je sais que je suis en train de rêver mais que je n’arrive pas à en sortir.

Sans déconner, ça vous arriverait dans la vrai vie ça, vous vous diriez … pas possible, je rêve là !

Bref. Il y a aussi des rêves récurant pour moi. Toute petite déjà, je rêvais de la mort de ma mère. Elle séchait mes larmes en m’assurant que je venais de lui donner dix ans de vie. Ben maman, je crois bien que tu es devenue immortelle à force. On va dire que ce rêve est « normal », c’était somme toute une des plus terribles angoisses des enfants, la mort.

Je rêve très souvent que Rahan me quitte, la plupart du temps pour une fille mieux que moi sur tous les plans. Et que ça me rend folle de rage. Mais que bien entendu, comme je suis dans un putain de rêve à la con, je n’arrive pas à hurler, griffer, mordre … j’arrive tout juste à demander pourquoi, entre deux sanglots. Et c’est là que Rahan m’explique que bon, faut que j’arrête de faire ma blonde, ça fait des années qu’il vit des aventures ici et là parce que je suis trop chiante à vivre. Et moi, je pleure. Pourtant je me trouve parfaite (oui bon ça va, c’est un rêve), ce n’est pas possible, il ne peut pas me quitter, il m’aime, il n’a pas pu en aimer d’autres que moi, je suis unique. En plus, en général, j’apprend qu’il voit régulièrement une fille qui fut mon amie lorsque je passais mon bac.

Attention, ça se complique. Cette fille étant (dans mon rêve) une ex qu’il aurait quittée pour moi. Alors que cette fille, (qui d’ailleurs est moins bien que moi en vrai) il ne sait même pas qu’elle existe (dans la vie). Ben oui hein … je vous l’ai dit, c’est très con un rêve. Qu’est ce qu’elle vient foutre dans l’histoire celle-là, je vous le demande ???? Bref. Plus je pleure, plus ça amuse Rahan sadique qui prend un malin plaisir à lever le voile sur tout ce que j’ai refusé de voir toutes ces années. Je pleure tellement qu’en général, je me réveille. En pleurant. On va dire que ma plus grande angoisse c’est l’abandon. Ce qui me rend le plus dingue à ce moment là, c’est d’entendre Rahan ronfler paisiblement à côté de moi. Donc, je lui décroche un coup de pied, un de ceux que je n’ai pas pu lui filer dans ce con de rêve. Ce qui le réveille. Ca, c’est pour avoir passé du bon temps avec Véronique, même s’il  ne sait pas qui est Véronique.

Et puis mes enfants, je rêve assez souvent de mes enfants. En général, ça se passe bien, rien de très significatif dans mes rêves pour mes enfants, ils tiennent rarement le premier rôle et je ne me souviens pas trop de ce qu’ils m’ont fait subir en dormant. Peut être parce qu’ils occupent assez mes journées lorsque je suis éveillée.

Sauf Timousse. Pour la seconde fois, je rêve de sa noyade. Il y a deux nuits. Nous étions au port, j’étais assise à l’avant d’un bateau, les pieds pendant dans le vide au-dessus de l’eau. J’étais en face de Timousse, lui même sur le pont de notre bateau. Et Timousse trébuche, quelque chose comme son vêtement s’accroche quelques secondes aux filières puis il tombe comme une pierre dans l’eau. Moi, je tend les bras pour le retenir mais il est déjà dans l’eau trouble. Si trouble que très vite, je devine à peine son corps qui s’enfonce et s’enfonce. Je suis interloquée, il sait nager quand même ! pourquoi ne bouge-t-il pas ? J’essaie de me remémorer sa chute, il n’a rien percuté, il n’a pas pu s’assommer, il était conscient lorsqu’il est tombé à l’eau … alors pourquoi est ce qu’il ne remonte pas de lui même ? Ce n’est qu’après toutes ces réflexions que je plonge pour le sortir de là, avant de ne plus le voir du tout. Je me souviens bien de ce que j’ai pensé à ce moment là. Vite, plonger avant de le perdre de vue et de le perdre tout à fait. Je me souviens que je remonte son petit corps inerte à la surface et que je hurle le nom de Rahan, il doit venir le chercher et lui faire ces machins de secouriste là, pour le réanimer. Dans mon rêve, je sais que Timousse s’est noyé et pourtant je sais que si Rahan fait vite … et je me réveille avant de savoir vraiment.

Ca fait deux fois que je rêve que Timousse se noie sous mes yeux. Ca me dérangerait que ça devienne une habitude. La première fois, c’était plus terrible pour moi après coup. J’ai eu beaucoup de mal à m’arracher à la sensation du rêve, je me revoyais regardant mon fils se noyer tout en étant en colère après lui, avant de me décider à plonger. Et ses yeux sous l’eau qui me fixaient … j’ai l’impression que c’est vraiment arrivé et je « revois » ses yeux. Cette nuit, j’ai juste mis du temps à réagir mais ce n’était pas par colère que j’ai mis tout ce temps. Je n’ai plus qu’à espérer que si troisième fois il doit y avoir, je le sorte de là avant qu’il ne soit trop tard.

Je me pose la question. Pourquoi ce rêve ? pourquoi est ce qu’il revient ? La note, je l'ai retrouvée. Un an presque jour pour jour ...

Posté par Kaliuccia à 17:19 - Nous - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 mars 2009

Des calendriers et des Saints

Timousse découvre le calendrier à l’école. Enfin le calendrier, il sait déjà ce que c’est depuis un moment. Mais là, il le découvre en détail, le vrai, celui qui trône au-dessus de nos bureaux, ou encore celui que nous propose le postier et le plus beau pompier de la caserne tous les ans au mois de janvier.

Nous avons donc travaillé à cette petite découverte lui et moi hier.

-          C’est quoi St ?

-          St, ça veut dire Saint.

-          Rrrrrr ! Rrrrrrr ! Rrrrrr !

-          Pourquoi tu rigoles ?

-          Ben t’as dit Saint.

-          Ah oui mais ce n’est pas celui auquel tu penses s’pèce d’obsédé de gosse. Tu vois ? c’est devant tous les prénoms qui sont notés chaque jour.

-          Ca veut dire quoi Saint ?

-          Euh … les catholiques …

-          Ca veut dire quoi catholiques ?

-          Ceux qui croient en Dieu et en Jésus

-          Moi ze crois en Dieu. Alors ze suis catholique ?

-          Ah ben non, tu n’es pas baptisé

-          Ca veut dire quoi baptisé ?

-          C’est quand tu deviens catholique.

-         

Et toc ! Mère indigne qui assume. Faut bien que je trouve le bon plan pour raréfier les questions existentielles de mon fils.

-          Et pourquoi y’a écrit St devant tous les prénoms ?

-          Parce que … ce sont des personnes qui ont fait quelque chose d’important et qui ont souffert pour Dieu et l’église ….

-          … excommunie des victimes tandis qu’elle fou la paix à des monstres (ça c’est Rahan, voilà pourquoi je ne veux pas que Rahan fasse ce type de devoirs avec Timousse, ça ne se termine jamais)

-          Ca veut dire quoi essscommunier ? (qu’est ce que je disais ?)

-          Bon Timousse, on est censé chercher quel jour tombe Ste Mathilde alors on ne va pas refaire toute l’actualité …

-          Pourquoi on écrit les prénoms sur le calendrier ?

-          Et bien les gens qui ont un Saint, arrête de te marrer à chaque fois que tu entends ce mot, on leur souhaite leur fête ce jour là.

-          Tu en as un toi ?

-          Oui.

-          Et qu’est ce qu’il a fait ton Saint ?

-          Je crois qu’il est mort sur une croix la tête en bas ou qu’il s’est fait manger par les lions, je ne sais plus.

Là c’est dommage, je ne peux pas vous montrer la bouille de mon fils à ce moment là, mais il me regardait de ses yeux exorbités, une grimace déformant sa jolie bouche. De celle qu’on avait quand on était gosse et qu’on jouait à se raconter des histoires horribles qui nous faisaient hurler « ahhhhhhhh c’est dégueuuuuuuuuuuu ! arrêêêêêêêêêêête ! en nous bouchant les oreilles puis demander sadiquement … « et après ? il s’est passé quoi ? » Me voyant embrigadée dans une nouvelle galère, j’enchaine vite

-          Ah regarde, c’est la Ste Mathilde, note le jour sur ton cahier.

-          Et ben moi z’ai sersé mon prénom sur le calendrier le 07 zuin et ze l’ai pas trouvé !

-          Ah mais c’est le jour de la fête qui est noté sur le calendrier, pas l’anniversaire !

-          Mais alors c’est quand ma fête ? tu me souhaites zamais ma fête !

-          Et oui, c’est vrai. De toute façon ton prénom et celui de ta sœur ne sont pas dans le calendrier.

-          Alors z’ai pas de Saint moi ?

-          Si ! bien sur que si ! d’ailleurs le tien, il a …

-          Ben si z’ai un Saint pourquoi il n’est pas sur le calendrier ?

-          Parce que c’est un Saint breton.

-          Et il n’y a pas les Saints breton sur le calendrier ?

-          Non, il n’y a que les français

-          Et les bretons ils sont pas français ?

-          Alors …. Si, bien sur que si … mais les prénoms bretons ne sont pas français.

-          Ben si leur prénom n’est pas français, c’est qu’ils sont pas français.

-          Ca  n’a rien à voir ! regarde, tu as un prénom breton et pourtant tu es français !

-          Ah non ze suis pas français, ze suis bretoncorse.

-          Bon Rahan, assume ton chromosome, tu prends la relève. Y’a encore les vacances scolaires à lui expliquer …

Posté par Kaliuccia à 17:10 - Nous - Commentaires [27] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 mars 2009

La pagaille

Oyé oyé, parents d’ado, ce texte devrait interpeler une partie d’entre vous. Exception faite, bien entendu, de ceux qui ont donné vie à une des nombreuses merveilles du monde, un enfant-sur-parfait-doué devenu ado-sur-parfait-doué. Exception faite aussi de ceux qui ont mis au monde, tout comme moi, un maniaque pré-pré-pré-pré-ado, et qui rêvent, tout comme moi, que cet enfant, j’ai nommé Timousse, ne devienne jamais l’ado bord… pagailleur qu’est sa sœur ainée, j’ai nommé Boudeuse.

Quoi qu’il faudrait que la chose ne devienne pas inquiétante non plus. J’ai souvenir de mon enfance et de cette époque (pas tout à fait révolue) où je ne supportais pas d’avoir le moindre grain de sable sur mes pieds chaussés de tongs à la sortie de la douche … ce qui n’est pas chose aisée lorsqu’on est au camping en bord de mer. Que voulez-vous, j’ai toujours aimé les défis insurmontables. Mais Timousse, dans le genre, je crois bien qu’il me bat. L’été dernier, nous avions décidé de passer la journée à la plage en famille. Avec cousins cousines de tous âges. Et voici Timousse qui s’installe tranquillement à mes côtés, étalant sa serviette avec amour sur le sable chaud. Et que je tire à droite pour effacer ce vilain plis, et que je tapote à gauche pour écraser cette petite bosse, et que je caresse dans le sens du tissu pour retirer tout grain de sable malvenu ….

Nous autres adultes contemplions ce spectacle mi-amusés (les autres) mi-désespérée (moi) quand notre horde de pré-pré-pré-pré ados et d’ados tout court a déboulé d’on se sait où, jetant au passage en vrac ce qui devait être une serviette avant de se jeter eux même dans les vagues. Si vous faites un effort pour imaginer la scène, je vous assure que le contraste surprend.

Bref, jamais contente me direz-vous, mais si je pouvais caresser l’espoir même un très court instant que mes enfants ne plongent pas systématiquement dans un excès ou un autre, ma vie serait certainement plus douce.

Mais je m’égare. Les impromptus nous demandent de décrire la pagaille de notre choix et j’avoue sans modestie aucune qu’à la lecture de la consigne, je n’ai pensé qu’à une seule et unique personne, Boudeuse. Boudeuse qui représente parfaitement la caricature de l’ado, l’agressivité en moins.

Tout commence dans cette pièce qui à l’origine portait le nom de chambre, dans laquelle aujourd’hui il nous est impossible de distinguer le lit du bureau et de la penderie. Pièce dans laquelle depuis plus d’un an j’ai décidé de ne plus mettre un pied, il parait qu’il faut laisser à nos ados un morceau de territoire. Certes. La seule différence entre les animaux et les ados, c’est que les ados ne marquent pas leur territoire en urinant tout autour pour le délimiter. Et c’est heureux. Sinon pour le reste, c’est tout pareil. Jusqu’à l’odeur de fauve. Je n’ai donc plus accès à la pièce qui lui sert de chambre, mais j’en devine l’état durant les courts moments où sa porte reste ouverte.

-          Quelle est cette montagne proéminente au pied de ton lit ?

M’inquiète-je, tandis que je devine le fumet délicat qui s’en dégage.

-          C’est rien, je vais ranger.

Je VAIS. Voilà un des termes favoris de mos ados. Je VAIS. Il y a aussi encore-5-minutes ; c’est-pas-juste ; pourquoi-toujours-moi ; tu-peux-pas-comprendre ; mes-copines-ont-le-droit ; j’ai-pas-entendu-le-téléphone-sonner … mais je VAIS détient la médaille d’or. Plus tard, toujours plus tard, ne jamais faire le jour même ce que je peux porter au mois prochain.

Et le Monte Cinto au pied de son lit est composé, je le sais pour en avoir fait le tri une fois (toute première et toute dernière fois de ma vie) de vêtements portés une journée. Mais aussi de vêtements simplement extraits de la penderie, tendus deux secondes sur le corps devant la glace puis jetés négligemment sur le sol ah-non-je-ne-peux-pas-mettre-ce-haut-là-il-n’irait-pas-avec-ma-nouvelle-coiffure. Ce qui nous amène à une nouvelle expression adoesque toutes les 48 heures « mamaaaaaaaaaaaaaaaaan ! j’ai plus rien à me meeeeeeeeettre ! »

Je profite de la présente pour m’adresser à toutes les personnes qui m’ont aimablement conseillé de laisser à mon ado son territoire et d’en faire ce qu’elle en veut. Je tiens tout d’abord à vous remercier pour ce précieux conseil, je vis beaucoup mieux depuis. Moins de palpitations, moins de stress, moins de disputes maman-ado-range-ta-chambre. Cependant, il serait de bon usage d’informer les ados que si leur territoire commence à la porte de leur chambre, il serait bien qu’il se termine AUSSI à la porte de leur chambre.

Parce que voyez vous, si Boudeuse est ravie de posséder un verrou qui nous interdit l’entrée de sa tanière, elle a la fâcheuse tendance à lever la patte de plus en plus à l’extérieur de son territoire.

Allons, ne me dites pas qu’il ne vous est jamais arrivé de laisser votre ado remis à lui même quelques petites heures pour à votre retour être confronté à un spectacle désolant. La vaisselle pas faite malgré son encore-5-mn-je-VAIS-la-faire, la bouteille de soda ouverte et à moitié vide trônant sur la table, aux côtés de verreS à moitié pleins de ci de là. Le bouchon de la bouteille de soda retrouvé en général (après plusieurs menaces et de oh-ça-va-y’a-pas-de-quoi-s’énerver) sous une pile de BD gores elles même extraites de l’antre du fauve. Quelques vestiges de pseudos-repas-d’ado sur la table, planqués sous la nappe et jonchant le sol (oh-ça-va-je-VAIS-nettoyer). Ainsi que l’emballage de la tablette de votre chocolat aux noisettes que vous aviez pourtant bien planqué (oh-ça-va-tu-peux-partager-quand-même), alors que vous vous êtes ruiné en achat de barres énergétiques censées remonter leur tension plafonnant péniblement à 2.

Un simple regard circulaire vous informe que toute partie horizontale de la pièce est recouverte de pochettes de CD, de CD sans pochette, de pochettes DVD, de DVD sans pochette, de jeux vidéos portables ou non, (oh-ça-va-je-vais-ranger) et encore de téléphones filaire et portable (celui qui ne sonne jamais quand les parents appellent), l’ordinateur au centre de tout ça, sur l’écran duquel clignotent une bonne dizaine de fenêtres msn ou facetruc, quand ce n’est pas un gros malade qui s’arrache le cœur, tandis que la chaîne hurle à tue-tête ce que vous prenez pour la longue plainte d’un pauvre homme qui se fait arracher les dents à vif et que la télé confirme en images sanguinolentes votre première impression.

Eh … sans rire … je trouve que je suis plutôt douée pour être multitâches mais alors là, j’avoue que je suis dépassée ! Ce qui m’amène à me demander si ma fille participe à un concours pour celui qui mettra le plus de bor… pagaille (j’écris pour les impromptus, je dois rester un minimum polie) en un minimum de temps. Et au vu de l’ardeur qu’elle met pour obtenir le premier prix, je me dis même qu’il doit être tocu-de-trop-génial !

On va dire que je trouve le temps même où il n’est pas pour jouer avec eux

http://www.impromptuslitteraires.fr/dotclear/

Le but étant de décrire une pagaille ...

Posté par Kaliuccia à 12:33 - Les ados - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 mars 2009

Le prédateur

Vite vite ! ferme la porte !

Enfin seuls pour quelques précieuses minutes. Avec toute la ferveur de nos jeunes années, nous préparons notre jeu favori. La mise en place est longue mais tout aussi excitante que le déroulement qui va suivre. Chaque petit soldat a une place bien définie. Nous remplissons les carrés noir et blanc du sol de sa chambre, tout en respectant la ligne imaginaire qu’il a tracé pour délimiter nos troupes.

Je suis plus longue que mon frère pour positionner mon armée et je sens déjà son agacement monter. Avant de poser mes soldates, je les tourne et les retourne entre mes doigts, je les observe l’œil critique. Celui ci est trop vieux, celui là est vraiment laid et lui ne tient plus debout ... Je prends toujours mon temps, pour tout. Ce qui ne me rend pas plus efficace, hélas. Je manque encore d’aisance et parfois un mouvement de mon pied balaie la dizaine de personnages que je viens tout juste d’installer. Ca me fait penser à la serviette dans la salle de bain. Mais que vient faire la serviette de la salle de bain dans notre jeu de guerre ? C’est tout moi ça, toujours à me déconcentrer. Pour gagner du temps, mon frère replace les soldats gisant au sol après mon passage. Je crois bien que j’ai oublié de l’étendre. Je crois bien qu’elle est tombée elle aussi et qu’elle est restée en boule, la serviette …

Il va chercher l’énorme baril cylindrique, celui que maman lui a donné et qui sent encore la lessive qu’elle utilise pour laver nos vêtements – comme la serviette, celle que j’ai laissée humide et en boule, sur le sol de la salle de bain – nous y plongeons nos mains, jusqu’aux coudes, pour en extraire un maximum de billes. Des billes de toutes formes et de toutes couleurs, celles qu’il gagne à la récré et que je perd le jour suivant. Celles qui sont si belles et si rares que je n’ai pas le droit de les jouer. Celles qu’il a jouées un soir après l’école, dans le parc de la cité, ignorant mes larmes et mes suppliques. Des centaines de billes et de calots étaient en jeux dans l’immense pot creusé dans la terre, il avait joué tout son butin sur une seule pichenette. Et il avait gagné.

Nous voici installés derrière nos armées sagement alignées, les billes plein les poches et le jeu commence. Moi dos à la porte de sa chambre, lui sous sa fenêtre. Comme je suis plus jeune et qui plus est une fille, il me laisse commencer. J’en oublie la serviette, que j’ai peut être rangée tout compte fait, et me laisse entrainer dans la bataille sans merci que nous allons nous livrer. Mes billes couchent une dizaine de ses soldats de tête et je pousse un hurlement de victoire.

-          Chuuuuuuuuuuuuuut ! si les voisins t’entendent et qu’il l’apprend, ça ira mal pour tes fesses !

Je pouffe au mot fesses en haussant les épaules. Je n’ai pas peur, je sais qu’il est sorti. Mais son évocation assombri quelques secondes notre partie endiablée. Quelques petites secondes durant lesquels nous tremblons comme deux faons qui hument un parfum de prédateur.

D’un coup de bille, d’un seul, il réduit à néant ma troupe de tête. Plus de 20 soldates gisent à terre. De toute façon, je ne les aimais pas ceux-là. Un air de défi plane dans la chambre soudain silencieuse, il m’a eue par surprise et ma vengeance sera terrible.

Les uns après les autres, nos soldats s’écroulent sans un cri, nous arrachant quelques rires joyeux lorsque l’un d’entre eux vacille. Nous le regardons, le souffle coupé, priant l’un pour qu’il tombe, l’autre pour qu’il retrouve son équilibre. Et le jeu reprend de plus belle. Je vais le battre, il faut que je le batte, je dois le battre. Je ferme un œil et vise le petit tas sur le carré noir, composé de ses pièces favorites. Un baiser sur ma bille que je pose au sol, le majeur coincé sous le pouce, je frappe tellement fort que mon ongle semble s’enfoncer dans sa propre chair. Mais je ne bronche pas. Le moment est trop important. Le monde s’arrête de bouger quelques instants, ne reste que ma bille qui roule sur le carrelage. Et tout s’écroule.

Ca commence par mon dos, une douleur si violente que je retiens à grand peine un hoquet nauséeux. Elle se diffuse et irradie tout mon corps. Je regarde mon frère et constate que nous avons certainement lui et moi le même air douloureusement surpris. Comment est-ce possible ? peut il ressentir la même chose que moi au même moment ? Ce n’est qu’à son rugissement que je comprend et réalise sa présence, dans mon dos. Après qu’il ait ouvert la porte à toute volée et que celle-ci percute mon dos.

C’est le retour du prédateur et il brandit l’objet de sa colère. La serviette, celle que j’ai oubliée humide et en boule dans la salle de bain. Déjà les yeux me piquent et un incendie ravage mon ventre. Nous n’avons pas le droit de soutenir son regard, mais je sens le sien posé sur moi quand il demande au coupable de se dénoncer. Des larmes s’échappent alors que je secoue la tête doucement. De droite à gauche. Je lui ai toujours menti, d’aussi loin que je me souvienne, je lui ai toujours menti. Même la main dans le sac, je lui mentais. La peur était plus forte que ce que me dictait ma raison.

Je n’ai pas besoin de lever les yeux pour savoir que ce n’est plus sur moi que les siens sont posés. Je ne sens plus ce poids peser sur moi, je le sens se déplacer sur mon frère. Qui échange avec moi une surprise muette. Qui reste lui même silencieux. Qui ne nie ni n’accuse. Juste, baisse la tête en soldat vaincu.

J’ai vu mon frère soulevé du sol. Et sur son visage, j’ai pu lire la peur. Celle qu’ont les enfants la nuit, lorsque l’obscurité de leur placard nourrit leur imagination trop galopante. Celle qu’a eu Julie, ma meilleure amie, hier après midi à l’école lorsque ce gros chien est entré dans la cour de l’école. Celle qu’aurait un faon, lorsqu’il reconnait cette odeur si particulière, si son faciès pouvait exprimer une émotion. Celle que moi même je devais avoir ce jour là et les années qui ont suivi. J’ai entendu chaque coup qui m’était destiné s’abattre sur mon frère. Il les a reçu dans un silence de mort. A travers mes larmes, je voyais son corps sursauter sous les assauts, ne cherchant même pas à se protéger. Il n’en avait pas le droit.

Il a quitté la pièce nous laissant hébétés. Nos soldats étaient éparpillés sur le sol, pas un n’avait survécu à l’offensive finale. Au parfum de la peur s’est mêlé celui de la haine. La notre. Chaque jour, nous perdions de notre innocence et de notre candeur. Chaque jour, il grignotait notre enfance.

Je rêve souvent de sa chambre, lui qui ne la partageait avec personne. Je revois les étagères pleines de livres scolaires, son bureau toujours en bataille, sa commode d’où pendouillait des jambes de pantalon précipitamment entassés, son lit impeccablement fait et le carrelage froid de sa chambre régulièrement ciré. Je rêve que je la retrouve, cette chambre, en adulte, qu’il y fait toujours aussi froid et que son odeur y règne encore. Je l’attend pour une nouvelle bataille. Pour terminer toutes celles que nous avons du laisser en suspens.

Et aussi lui demander pardon pour toutes les serviettes et la lâcheté de mes 8 ans.

Voilà un moment, encore une fois, que je ne participais plus à leur atelier.

http://www.impromptuslitteraires.fr/dotclear/

Vous savez quoi ? ça me manque. Vivement que je retrouve du temps pour ça.

Posté par Kaliuccia à 15:18 - Exercices d'écriture - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 mars 2009

Le grand luxe

D’abord, il y a eu la douche. Ce petit truc insignifiant qui fait partie de votre quotidien mais qui tenait du luxe pour nous. Oh je ne vais pas la jouer pauvre petite fille … pauvre et démunie, je ne me suis jamais sentie aussi riche que depuis que j’ai choisi ce mode de vie. Parce que oui, je l’ai choisi. J’ai compris très vite que c’était ainsi que j’avais besoin de vivre, j’ai su que je serais heureuse sur l’eau, même si les vagues me mettent le cœur à l’envers.

Ca va en effrayer plus d’un de s’imaginer rentrer du boulot et pomper de l’eau puis la chauffer pour se laver chaque soir dans un petit cabinet de toilette exigüe … ça a pourtant été notre vie durant des années et je n’ai pas une once de mauvais souvenir. C’était comme ça. Par contre, l’arrivée de Timousse a bousculé notre univers et il nous a fallu voir plus grand avant de nous marcher sur les pieds. Et tant qu’à voir plus grand, nous avons opté pour un peu plus de luxe. La douche en a fait partie.

Et quel luxe ! Un jour, tout à coup, comme ça paf ! ça arrive. Vous tournez un robinet avec votre main et comme par magie, de l’eau coule. A profusion. Et cette eau, elle peut même être chaude. Et cette eau, on peut même la faire couler sur l’intégralité de notre corps sans complexe. Et en plus, cette eau elle sera évacuée. TOUTE SEULE. Sans effort à faire, juste en actionnant une petite pompe du bout de l’index. Le pied. Et en parlant de pied, terminée la pompe à pied, terminé l’huile de genoux. Il suffit de tourner un robinet.

Là c’est toute votre vie qui change. Au placard les bouilloires et les grandes bassines. C’est vrai que l’eau et tout ce qui va avec l’eau, ça peut devenir un souci. Ce qui est un comble quand on vit dessus. L’eau douce sur une étendue d’eau salée, c’est ce qu’on a de plus précieux en voyage. Mais nous ne sommes pas en voyage. Nous vivons à quai toute l’année. Nous vivons comme vous avec un boulot, des gosses qui nous font convoquer tous les trimestres et qui nous font courir dans tous les sens pour leurs nombreuses activités, une voiture qui nous permet de moins courir mais qui parfois s’offre un petit voyage chez le garagiste et un banquier qui nous appelle pour nous demander c’est quoi encore cette dépense qu’on vient de faire ???

Alors l’eau, oui c’est vrai que ça peut devenir un casse-tête sur un bateau. Ce qui ne veut pas dire que c’est insurmontable. Et c’est bien pour ça que depuis quelques années, nous pouvons prendre nos douches quotidiennes et laver notre vaisselle avec de l’eau qui coule toute seule et qui a le mérite de pouvoir être chaude. La seule différence, c’est que nous avons un peu plus la notion de ce luxe dans notre vie. Parce que c’en est un, même si ça devient tout à fait banal pour beaucoup.

Et si l’on vient à combiner le problème de place au problème de l’eau, à quoi pensent la plupart des angoissés en apprenant que l’on vit sur l’eau ? au lave-linge. Encore un luxe dont sont équipés même les ménages les plus modestes, mais c’est tout de même un luxe. Mon lave linge, ça fait 14 ans que j’ai fait une croix dessus. A l’époque, un lave linge alors que je n’avais même pas l’eau courante, vous pensez bien que j’étais à des années lumières de la chose !

D’abord, le lave linge fut nos petites mains qui frottaient et lavaient chaque jour nos vêtements plus ou moins souillés. Et puis la pitié d’une amie qui nous donne sa vielle calor. Durant quelques années donc, le doux bruit de son moteur a bercé pas mal de nos journées. Et puis les hivers se sont fait rudes et mes mains ne supportaient plus trop d’essorer à la force des bras des draps glacées. Et puis nos semaines étaient trop pleines pour qu’on ait envie de nous y adonner en rentrant le soir. Alors nos week-end se sont remplis de travaux de lessives et de vous à moi, ça a bien fini par me gonfler sévère.

Dès que nos finances nous ont autorisé à en supporter le coût, notre lave linge est devenu la laverie du coin. J’ai très vite interdit cette activité à Rahan qui a flingué bien trop de mes vêtements avec le séchoir (à fond, la dentelle, ça n’aime pas) J’ai bien tenté d’en faire un moment agréable en mariant l’utile à l’agréable, puisque chaque virée pour la laverie se combine avec une très longe pause café avec des amies mais … il faut porter ce putain de sac de linge sale qui pèse trois tonnes, prier qu’en arrivant une machine soit libre, prier qu’une fois la machine terminée le séchoir soit libre, prier que son distributeur de merde ne tombe pas en panne et repartir avec ce putain de sac de linge propre qui pèse toujours trois tonnes. Et une fois rentré, se taper l’étendage du linge pas sec (ou de tout le linge si tous les séchoirs étaient pris) puis le ramassage et le pliage et le repassage …

Vous allez me dire que bon, c’est le lot de tout le monde ça. Oui. Sauf que nous, à quatre, en n’y allant que le week-end, ça nous fait au minimum une machine de 15 kg d’un coup à faire tourner. Sans parler des draps et autres accessoires volumineux. Et qu’une paire de chaussettes multipliée par quatre multipliée par 7 jours, ça nous fait 56 putains de chaussettes à laver d’un coup. Et à étendre quand ce putain de séchoir est en panne ou occupé.

Alors je veux bien que je suis cool, que je ne vais pas râler, que après tout je l’ai choisie cette vie et que je savais très bien à quoi je devais m’attendre …. Sauf que non, à vrai dire, quand vous partez sur votre voilier dans les bras du plus beau marin du monde, vous ne pensez pas qu’un jour, vous finirez vos week-end à la laverie du coin, à faire laver 56 chaussettes en dévorant le dernier King.

Sans compter que pour se permettre de rester une semaine avec nos vêtements au sale, ça demande un certain stock de fringues pour 4, histoire de ne pas se ramener au boulot le vendredi matin avec une feuille de vigne pour toute tenue. Et avoir un bon stock de vêtements pour quatre quand le souci majeur de notre habitat est le manque de place ….

Donc oui, ça m’a fatiguée. Jusqu’au jour où Rahan a décidé qu’en poussant ici et là, la place nous trouverions et comble du bonheur, un ami plombier lui a donné la meilleure marche à suivre.

Alors ça ne s’est pas fait sans mal, parce que Rahan et la plomberie ça peut aller jusqu’à faire mille. Rahan déteste la plomberie et c’est tout à son honneur qu’il s’y soit lancé mais j’avoue que je suis heureuse d’avoir pu éviter d’être présente durant l’installation de la bête. Quoique … il est un jour où il eut mieux valu que j’y fusse. Dans sa haine pour tout travaux de plomberie, Rahan en arrive à faire des trucs …. Genre le type qui scie la branche sur laquelle il est assis. Rahan a coupé le tuyau d’arrivée d’eau pour y poser le raccord pour la machine. Sauf qu’au moment où Rahan a coupé le tuyau, ça a fait tilt comme dans les dessins animés vous savez, quand le loup s’aperçoit qu’il est en train de courir dans le vide au-dessus d’un ravin. Vous voyez sa tête à ce moment là ? ben je suppose que c’est celle qu’a dû avoir Rahan quand un bout de tuyau dans chaque main, il s’est souvenu à ce moment là qu’il n’avait pas coupé l’eau…

Mais qu’importe ! J’ai un lave linge chez moi ! Presque 15 ans que je ne savais plus ce que c’était que d’avoir la chose chez soi, pouvoir enfourner des vêtements, y coller ma lessive et mon adoucissant préféré, appuyer sur un bouton, juste un petit bouton tout simple et …. Ecouter les différents cycles, reconnaître le dernier essorage, étendre quatre fois moins de linge d’un coup, le ranger en cinq minutes, porter chaque jour du linge qui sent bon le fraîchement lavé … je viens d’atteindre le summum du luxe.

Posté par Kaliuccia à 12:34 - Nous - Commentaires [29] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1