Au fil de l'eau

"Avant, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants."

30 avril 2009

10 ans de nos vies

Cette nuit, Seashell ma copamie est devenue grand-mère. Oui je sais, elle fricote toujours dans la trentaine la S_L_P_ mais que voulez-vous, c’est une pressée. Et 5 petits s’il vous plait. D’un coup d’un seul ! T’ain ! déjà qu’elle est gâteuse, je n’ose imaginer ce qui nous attend ..

Hier soir, devant un bon thé préparé par mes soins, Boudeuse et moi parlions de cette merveilleuse nouvelle (qui à ce moment là n’était qu’à venir) et bien entendu, le sujet a très vite dérapé sur son énorme, monstrueuse, impérative envie d’avoir un petit animal à dorloter. Envie qui restera, comme celle de son frère, à l’état de phantasme inassouvi, tant que nous vivrons sous le même toit, parole de Kali.

La conversation pourrait se traduire en ces quelques mots :

-          Je veuuuuuuuuuuuuuuux un aniiiiiiiiiiiiimaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaal !

-          Et moi je veuuuuuuuuuuuuuuux faire un voyyyyyyyyyyyyaaaaaaaaaaage autouuuuuuuuuuuur du mooooooooooooooooonde !

-          Je jure que je m’en occuperais, je jure.

Ca, y’a plein de parents qui ont du l’entendre ça, de ces parents que je devine le soir en train de sortir le chien sous des trombes de flotte, par -40° et affrontant le blizzard, ou en train de changer la litière qui s’est renversée sur le parquet tout juste ciré après avoir nettoyé la cage ….

Enfin bon, mon ado peut me faire tous les parjures qu’elle veut, c’est niet.

-          N’importe quoi, n’importe quel animal, même un petit rongeur

-          Un petit rongeur ??? avec ma phobie ? même pas en rêve !

-          Mais il resterait dans sa cage !

-          Alors là ma belle, là c’est encore pire que même pas en rêve, je suis farouchement opposée à la mise en cage ou en bocal des animaux.

-          Et voilà ! entre papa qui menace de cuire au barbecue la moindre bestiole qui monterait sur le pont et toi qui a des principes ridicules, je n’aurais jamais d’animaux !

-          Ah mais si tu en auras ! quand tu auras ton chez toi, que tu te seras arrangée pour ne pas me les laisser lorsque tu partiras en week-end ou en vacances, aucun soucis, tu en auras autant que tu veux. Même que je les trouverais avec toi si tu veux, même que je pourrais te les offrir si tu veux.

-          Ah ben d’accord ! alors je peux attendre hein ! pas d’animaux avant mes 27 ans !

J’en ai avalé mon thé par le trou qui respire sous le choc de la nouvelle. Presque presque, je pourrais déposer plainte contre Boudeuse pour tentative de matricide !

-          T’es pas sérieuse ?

-          De quoi ? que je n’aurais jamais d’animaux ?

-          Non non  la pauvre mère secoue difficilement la main, le souffle encore trop court et douloureux puis toussote légèrement pour retrouver une voix suffisamment claire et enfin articule non sans peine … 27 ans !

-          Quoi 27 ans ?

-          Ben que tu comptes rester ici jusqu’à tes 27 ans !

-          Et alors ça te cause un problème ?

-          Si ça … si ça me … si ça me cause un problème ???? tu te rends compte de la question que tu me poses ???? si ça me cause un problème ? un t’ain de problème ça me cause oui !

-          Ben quoi ? je dérange ?

-          Ne parle pas au présent s’il te plait. Là tu es mineure, tu es toujours scolarisée, pas de souci. Mais 27 ans ???? 27 ANS ????? DANS 10 ANS ???? … PAS AVANT 10 ANS ????  Tu veux nous achever ?

PUTAIN ! ILS SONT TROP BIEN CHEZ NOUS !

-          Ben dans 10 ans, techniquement, vous aurez toujours Timousse à charge alors pourquoi pas moi ?

J’avais le choix entre continuer la conversation et risquer le service de réa ou prendre douche. J’ai opté pour la seconde solution. Et puis juste avant, histoire de changer de sujet, je me suis attachée les cheveux bien tirés en arrière, coincé les mèches folles et me suis présentée devant mon ado en pleine crise de Bouderie.

-          Je compte me couper les cheveux très courts, est ce que ça m’irait ?

-          Euh oui, ça te va bien mais … faudrait pas que tu restes comme ça !

A vous de traduire le message, moi je file chez mon toubib me faire prescrire le plus puissant des antidépresseurs. Parce que si Timousse suit le chemin, on a signé pour encore 20 ans !

Posté par Kaliuccia à 14:29 - Nous - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 avril 2009

Petit chef en cuisine

Voilà un moment que Timousse me tanne pour cuisiner.

Il y a quelques jours, j’ai « assisté » à une scène de préparation du repas et je n’ai pas vraiment aimé ce que je voyais. Oui parce qu’il faut que je vous dise, c’est étrange mais ça m’arrive de plus en plus souvent ... l’impression d’être spectatrice d’une scène alors que j’en suis pourtant actrice principale. Je m’entend parler (même si c’est trop tard, les mots sont dits) je me vois faire.

Ah non ! je casse l’œuf, … on va éviter les coquilles dans la crème.

Ah non ! je vais séparer le blanc des jaunes, si tu mets un peu de jaune dans le blanc c’est foutu, il ne montera jamais en neige.

Ah non ! je vais verser moi même, c’est trop lourd pour toi.

Ce à quoi a fini par me répondre très injustement Timousse.

-          Oui ben si c’est pour te regarder faire, ze préfère encore regarder un dessin animé. Là au moins ze peux rigoler !

-          Ca il a raison ! avec toi, à 20 ans on ne saura toujours pas faire cuire des spag !

La dernière remarque venant de mon ado dont le poil dans la main s’est dernièrement transformé en baobab, j’ai commencé à m’interroger sur l’éventualité d’une très prochaine mutinerie à bord.

J’ai décidé de tout reprendre à zéro et de jouer la novice. J’ai investi dans deux livres de cuisines pour les plus jeunes mains et les ai offert à Timousse la semaine dernière. Durant quelques jours, Timousse nous a lu à haute voix les ingrédients et les préparations de l’intégralité des deux livres.

Ok, c’est parfait pour la lecture, ok. Mais au bout d’un moment, je vous jure que ça devient … gavant.

Le week-end dernier, nous sommes donc passés à l’action. Timousse avait lancé son dévolu sur la confection de mini palmiers.

La veille, il m’a demandé au moins une centaine de fois si j’avais bien la pâte feuilletée oui j’ai acheté la pâte feuilletée. Si j’avais bien du lait, oui nous avons toujours du lait.

-          Tu peux me montrer si tu as bien acheté la pâte feuilletée ?

-          Voilà ça te va ?

-          Pa-a-te feui-lle-tée … oui ça va, c’est ça. Et le lait tu l’as le lait ?

-          Avec la quantité de lait qu’avale ton père, y’a pas de souci, on a du lait.

-          Tu me montres ?

-          Timousse, tu deviens pénible.

-          Tu me montres ?

-          Tiens, voilà le lait.

-          Et le sucre roux tu as le sucre roux ?

-          Tain ! heureusement qu’il n’y a que trois ingrédients dans ta recette hein !

-          Oui mais tu l’as le sucre roux ?

-          OUI ! NOUS AVONS DU SUCRE ROUX

-          Et Ze peux le voir ?

-          NON ! là pour le coup, tu devras me croire sur parole.

Le lendemain donc, pour éviter les non-ça-je-fais-moi ou non-ne-touche-pas-ça … j’ai préparé la table pour Timousse. La feuilletée étalée sur le plan de travail, un couteau, une cuillère à soupe, un verre, le lait, le sucre.

En bon petit maniaque qui se respecte, Timousse a vérifié tout ce que j’avais disposé avec son livre de cuisine.

-          Mais il est pas roux le sucre !

-          Si il est roux le sucre

-          Ben non c’est pas roux ça ! roux, c’est presque rouge

-          Timousse, il n’existe que deux sortes de sucres. Le roux et le blanc. Ca c’est du blanc. Est ce que ton sucre qui est là, est-ce que ton sucre est blanc ?

-          Non

-          Ah !

-          Mais il est pas roux non plus.

-          Oh putain ! tiens, lis sur le paquet tu verras bien

-          Z’ai pas besoin de lire sur le paquet, ze vois bien qu’il est pas roux le sucre. Même s’il est pas blanc.

-          Et bien moi je vais le lire pour toi ! là ? tu vois ? SU-CRE RRRRou …. RBlond ? Blond ? C’est quoi ce délire ? Merde alors ! j’ai acheté du sucre blond !

-          Et voilà ! ma recette elle est fichue !

-          Mais non elle n’est pas fichue ta recette, blond ou roux c’est la même chose

-          Ah ben non hein ! si c’était la même chose, sur la recette ils auraient dit « une cuillère de sucre roux ou blond, c’est la même chose » mais là ils ont dit une cui-llère de su-cr..

-          Oui bon ça va Timousse, c’est pareil quand même

-          Ben non. Roux c’est pas blond.

Inspirez profondément par le nez, bloquez. Expirez bruyamment par la bouche, une taffe de pétard à zone.

-          Bon ok, tu vas donc faire des palmiers au sucre blond, ce n’est pas grave.

-          En plus, sur  la recette, ils avaient dit de couper la pate en rectangle et tu as fait un truc qui ressemble à un carré raté.

-          Ben oui mais vu la taille d’une pate feuilletée, techniquement si j’avais du faire un rectangle … (inspirez etc …) et bien je suis nulle en géométrie, voilà. Donc c’est un rectangle qui ressemble plus à un carré raté mais ce n’est pas grave.

-          Ben dis donc, c’est pas grave, c’est pas grave … le sucre roux est devenu blond comme par mazie, la feuilletée elle est carrée ratée et pas rectanglulaire …

-          Eh oh ! la prochaine fois, tu la couperas toi la feuilletée.

-          Oh ben oui, pas de problème, moi ze sais les faire les rectangles moi au moins !

Sérieux, c’est peut être Timousse qui devrait piquer des pétards à zone ! Avec amour, il a étalé son sucre sur la feuilletée en suivant bien les dessins de la recette : il a appuyé méthodiquement sur chaque grain de sucre avec le dos de la cuillère. Je ne vous raconte pas après pour enrouler la feuilletée sur elle même, le plaisir que ce fut. Ensuite, il a sorti sa règle pour mesurer les morceaux qu’il devait couper. 2 cm. Pas un mm de plus ou de moins. Puis il a posé ses mini palmiers sur la plaque et enfin a commencé à les badigeonner de lait. Avec un doigt. Il trempait UN doigt dans le lait et badigeonnait ses palmiers.

-          Tu sais Timousse, tu irais plus vite si tu mettais trois ou quatre doigts pour badigeonner.

-          Ah non ! regarde sur la recette, ils ont dessiné le petit garçon avec l’index seulement. Alors moi ze mets l’index seulement.

-          Oui mais à ce rythme là, ta feuilletée elle va être liquéfiée … tu irais plus vite avec plus de doigts .. ou même un pinceau, je vais te donner un pinceau

C’est là que la révolte de Timousse a sérieusement grondé.

-          Ecoute maman ! ze fais de la cuisine, pas de la peinture ! déza que tu confonds le sucre blond avec le sucre roux, déza que tu sais même pas faire des rectangles, tu fais des carrés qui sont même pas des beaux carrés à la place, alors tu vas pas me faire rater mes palmiers en me disant de prendre un pinceau d’accord ?

-          Oups ! D’accord.

Timousse a ensuite amoureusement suivi la cuisson des palmiers à travers la vitre du four. Je me suis même sérieusement inquiétée, vu que la cuisson prend tout de même 20 mn quoi. Il est entré dans une sorte de transe lorsque le minuteur a sonné la fin de la cuisson. J’ai obtenu le droit de retirer moi même les palmiers du four, avec beaucoup de mal : j’ai du lui démontrer que lorsqu’il enfilait les gants de cuisine, ceux-ci lui arrivaient presque sous les bras et qu’il n’y retrouvait plus ses mains. Je l’ai ensuite envoyé jouer avec ses copains le temps que ça refroidisse contre la promesse ultime de ne pas y toucher en attendant. M’en fou, j’aime pas les palmiers.

Ben ils se sont régalés au goûter.

Putain et mercredi, on attaque le taboulé à l’orange ! misèèèèèèèèère ! Je n’ai pas de couscous, j’ai du boulgour … vous croyez qu’il va m’emmerder avec ça ?

Posté par Kaliuccia à 11:38 - Nous - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 avril 2009

Je suis choquée

Au hasard de mes promenades netesques, j’ai lu quelque part que nos amis célébrités voyaient leurs cachets  diminuer avec la crise et que leurs pertes se comptaient en million.

Laissez moi une seconde là, que j’ai le temps d’écraser une larme.

….

Ah ben non, elle ne coule pas.

Pardonnez moi, je ne suis qu’une petite salariée aux revenus modestes. Je ne crève pas la dalle, mais ce n’est pas ce mois ci que j’irais m’offrir une voiture neuve même avec leurs reprises à la con. D’abord parce que si j’ai les finances assez basses pour me contenter de rouler dans une bagnole qu’est bonne à la casse, ce n’est pas parce qu’on me file l’aumône que je vais pouvoir m’endetter via l’achat d’une neuve.

Bref. Y’a pas, je n’arrive pas à m’émouvoir que les célébrités riches de notre monde en crise soient eux aussi touchés par la crise. Je ne m’en réjouis pas non plus hein. En fait je m’en tape.

D’autant que les célébrités riches de ce monde, allez, soyons sincères, ils s’en battent un peu les genoux avec une coquille d’œuf, de notre monde à nous. D’ailleurs, y’en a, ils ne savent même pas qu’on existe.

Il y a un film qui est sorti au ciné récemment, réalisé par un comique très en vogue. Ils ont passé des scènes ratées de ce film à la télé, ces scènes qui souvent nous font plus marrer que le film lui même. Dans ce film, il y a un grand acteur français (on l’aime ou on l’aime pas, c’est quand même un grand acteur) de son petit nom Gérard. Et ben Gérard, la scène qu’il loupait et devait rejouer à chaque fois, c’est celle où je crois me souvenir qu’il est médecin et qu’il doit demander sa carte vitale à son patient.

Carte vitale, il n’arrive pas à le dire. Il donne un autre nom de carte à chaque fois, mais carte vitale il n’y arrive pas. Alors tout le monde est mort de rire autour de lui, on la rejoue et paf ! il se plante encore … et puis il finit par dire « de toute façon je ne sais même pas ce que c’est ».

Personne, absolument personne n’a relevé cette petite phrase anodine semble-t-il. Et bien moi je me la repasse sans cesse cette petite phrase.

Gégé, je sais pas, je connais pas ton enfance ni à quel âge tu as commencé à marcher parce qu’à vrai dire je m’en cogne, mais Gégé, je crois me souvenir qu’un jour tu as raconté avoir grandi dans une famille prolétaire avec papa au boulot et maman aux fourneaux et que vous n’avez pas bouffé du gigot tous les soirs. Gégé, tu reconnais avoir fait quelques abus au cours de ta jeunesse et tu as tout de même, si je me souviens bien, eu de très graves soucis de santé (avec intervention lourde toussa). En gros, Gégé tu n’es pas né avec une petite cuillère en or dans la bouche et tu as certainement eu la pétoche du siècle le jour où la vie s’est chargée de te rappeler que tu n’étais pas incassable (Bruce, il l’est mais pas toi).

Gégé, sérieux, tu n’as pas l’air con du tout et j’ose supposer que tu dois de temps à autre regarder les infos, les écouter ou les lire, bref t’informer de ce qui arrive autour de toi dans ton pays.

Et c’est là que j’ai du mal, vraiment beaucoup de mal, à imaginer que tu aies loupé la mise en place de la carte vitale il y a quelques années dans ce beau pays qui est le tien.

Explique moi un peu …. T’as foutu quoi toutes ces années dis ? T’es allé vivre sur quelle planète pour louper une seule information concernant cette précieuse carte qui nous est réclamée un peu partout où nous allons ?

Bon ok, je veux bien croire que les gens de ton monde ne vont jamais chez le médecin, c’est le médecin qui vient à toi. Je veux bien croire que les gens de ton monde ont des petites mains (et pieds) qui vont à la pharmacie pour toi, à moins que ce ne soit la pharmacie qui vienne à toi. Je veux bien croire que les mêmes petites mains se sont occupées à ta place de toute la paperasse administrative à l’époque où tu t’es fait charcuter dans une des meilleures cliniques de la région. Je veux bien croire que t’as assez de fric pour ne pas t’inquiéter de savoir si les millions qu’ont pu coûter cette intervention ont été remboursés ou pas.

Je veux même bien croire que cette carte, tu ne l’aies même pas dans ton portefeuille mais ….

Sans déconner ? Comment peux tu dire que tu ne sais même pas ce que c’est ? comment ne peux tu même pas savoir ce que c’est ? Sérieux, tu me déçois. Te sentir à ce point au-dessus du petit peuple que nous sommes, tu me déçois. Et après, ce sont ces gens là qu’on va retrouver dans les grandes manifestations pour aider le SDF qui crève la dalle dans la rue ? Alors que ça se trouve, ils ne savent même pas ce que veulent dire ces initiales ?

C’est là que ça m’affole un peu plus chaque jour, ce gouffre, ce néant, ce trou noir qu’il y a entre la grande majorité qui fait un pays et …. Les autres.

Et tu vois, ce qui m’affole aussi, c’est de savoir que si ça se trouve, la semaine dernière tu t’es tapé une bonne bouffe avec quelques hommes politiques qui eux ne sont pas (grassement) payés pour nous faire marrer ou pleurer …. Quoi que, des fois on se demande …. Et que ces hommes là qui vivent dans une opulence sensiblement identique à la tienne, ces hommes là sont à même de décider qu’un smicard gagnera environ 1 000 € par mois … que ça lui suffira bien d’avoir passé la journée à suer comme une bête ou à risquer sa vie, où à se faire chier mortellement derrière une caisse enregistreuse, ou à passer leur journée à se faire insulter au téléphone, que ça lui suffira bien ces 1 000 € pour bouffer.

Sérieux Gégé, je suis déçue. C’est pire que le mépris cette petite phrase. C’est l’ignorance totale d’un système social. Un système fragile pour lequel on doit se battre chaque jour, une richesse que notre pays possède quand d’autres en sont dépourvus.

Y’a un monde qui bouge autour du tiens Gégé et dans ce monde, y’a nous. Et c’est quand même un peu grâce à nous que tu peux vivre aujourd’hui dans un monde qui te permet d’ignorer ce que nous savons tous.

Posté par Kaliuccia à 11:54 - Coup de gueule - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 avril 2009

Je n'en vois pas le bout

Hier matin, forte de toutes les discussions des derniers jours, je rencontre damepsy. Je pensais sincèrement avoir gagné la bataille sur l’arrêt du groupe …. ce que je peux être prétentieusement naïve moi alors ! Remarquez les efforts que je fournis pour ne pas avoir à écrire tout simplement « ce que je peux être conne ! » Ayé, c’est fait. Durant pratiquement une heure, nous avons débattu de tout ça. Tous mes arguments sont irrecevables. C’est moi que ça emmerde, pas mon fils. Les progrès récents sont la résultante d’un ensemble (dont le groupe) et depuis que la menace d’être exclu a été faite à Timousse, tout se passe bien. Tiens donc. Vous m’en direz tant.

Tout ça pour ne pas dire :

Bordel !

Ca fait quand même un bail que cette menace a été faite et qu’elle me travaille, me retravaille et que j’en saoule tout le monde !

J’en déduis encore une fois que pour me dire du négatif sur l’attitude de mon fils, toute une équipe s’est soudée comme un bloc face à moi. Par contre, que ça allait mieux (beaucoup mieux) que Timousse présentait de constants progrès, que Timousse s’adaptait et qu’il intégrait, PERSONNE N’A PRIT LA PEINE DE PRENDRE 5 MN DE SON PUTAIN DE PRECIEUX TEMPS POUR VENIR ME LE DIRE ????!!!!????

Ben non, désolée, trop facile. Parce que je me demande si ce discours n’est pas surtout lié au fait que j’ai décidé de mettre fin à tout ça. Durant presque une heure, nous sommes restées chacune sur notre position, utilisant les arguments de l’autre pour défendre son propre bifteck. Il ne reste plus que deux mois de toute façon … JUSTEMENT, il ne reste plus que deux mois. Il progresse. JUSTEMENT, il progresse. C’est à vous de voir ce qui est plus important pour votre fils … oh putain, ça c’est un putain de coup bas !

Je suis en train d’essayer de rompre un programme mis en place à l’insu de mon plein gré et plus je me débats, plus je m’enfonce. L’entrevue s’est terminée par « réfléchissez, mais nous nous avons déjà étudié le problème et nous vous demandons de continuer POUR LE BIEN DE VOTRE FILS ».

Sur que si j’étais plus neutre dans l’affaire, je me dirais que la pauvre psy a face à elle une maman un peu trop têtue qui refuse de reconnaître que ce qu’elle s’apprête à faire là, (arrêter le groupe) correspond à :

-          De l’orgueil mal placé (elles ont voulu virer mon fils ? je le retire avant)

-          De l’égoïsme anti-maternel à fond (ça me pèse ce suivi, il est trop lourd et je n’arrive plus à suivre)

-          De l’inconscience (je préfère que mon fils passe son mercredi à la voile surtout maintenant qu’il fait beau plutôt que dans un groupe censé lui apprendre à vivre en société)

-          De la projection vampirique (je vis mal le fait qu’il aille à ce groupe, je suis contre le principe depuis le début, depuis qu’on a fait la pause mon fils va beaucoup mieux ou traduisez cela par « mets un pull, j’ai froid »)

Seulement voilà. Je ne suis pas neutre, je suis en plein dedans et je dois ENCORE mener un combat et je suis FATIGUEE d’avoir à me battre sans arrêt, argumenter, prouver, discuter, me déplacer, écrire, téléphoner, prendre rendez-vous, gérer, signer ici … je suis fatiguée.

Je rappelle que le mercredi, c’est la course. L’horaire du groupe tombe à cheval avec la voile et après la voile, Timousse file aux échecs. Donc Timousse arrive en retard à la voile et je ne parle pas du stress à courir comme ça. Quand j’ai expliqué que le fait d’arriver toujours en retard était pénible pour tout le monde, il m’a été demandé de m’arranger avec le club de voile. En gros, tout le monde doit se plier et s’organiser devant la grande toute puissance du groupe qui ne module pas ses activités d’une seconde. Et si je refuse, ça veut dire que je ne m’interroge pas sur ce qui est plus important pour mon fils. Si c’est pas culpabiliser ENCORE ça.

Quand j’insiste sur les angoisses de Timousse, il m’est répondu que ses angoisses sont liées au fait qu’il n’a aucune limite solides rassurantes sur lesquelles tout enfant a besoin de compter.

Putain mais merde ! y’a plus que ça autour de lui, des limites ! Tu veux quoi de plus ? il marche carrément sur un chemin encadré de mines qui vont lui exploser à la tronche … et puis non, je ne vois pas pourquoi j’écrirais tronche d’abord ! A la gueule, c’est à la gueule qu’elles vont lui exploser les mines au moindre écart ! Merde alors !

Bref, j’ai été nulle, retour à la case départ.

J’ai été nulle parce que je n’ai pas réussi à être assez ferme pour que notre entretien se solde par un NON TIMOUSSE NE RETOURNE PAS AU GROUPE. Et si je suis aussi nulle à ça parce que j’ai un mal fou à rompre. Parce que c’est ça que je ressens. Je suis en train de rompre.

Et sinon, pour ceux qui s’interroge de ce « je » un peu partout à la place du nous censé représenter le couple, je me dois de préciser que si j’emploie le « je » c’est à bon escient. Et là je vais piquer l’expression à une fumeuse de pétard, Rahan m’assure de son soutient inconditionnel mais … discret. Très.

Avant Rahan j’ai eu deux hommes de ma vie que j’ai quitté. Ben oui, sinon je serais accusée de bigamie. S’il y avait un livre sur les records en nullité dans la méthode, je serais indétrônable. Je n’ai jamais su y mettre les formes, les mots, rien. Avant la confrontation, je suis excellente, motivée, mes arguments sont imparables. Pendant la confrontation, tout me semble vide. Je n’ai plus aucune persuasion. Je ne cède pas, mais je ne coupe pas.

Pareil en amitié, en camaraderie … si je me sens envahie ou si tout simplement la relation me lasse, me gonfle, me pèse … je tourne autour du pot sans réussir à m’affirmer. Même rompre une amitié, une camaraderie m’est difficile. Surtout si j’ai de la résistance en face.

J’ai peur de l’engueulade, j’ai peur de la peine de l’autre, j’ai peur de faire mal, j’ai peur de décevoir, j’ai peur des mots qu’il va me dire, je ne sais pas de quoi j’ai peur, mais je ne maitrise plus rien. J’ai surtout peur parce que je sais qu’au bout du compte, je vais me retrouver comme un chat qui n’a plus d’échappatoire. Acculé le cul contre le mur avec en face de moi un morveux tout bavouilleux qui veut absolument attraper mes délicates moustaches avec ses doigts poisseux. Alors j’attaque.

Donc si je suis obligée de batailler pour arriver enfin à rompre, c’est le bain de sang assuré.

Parce que si les mots exprimés calmement ne suffisent pas pour être entendu, j’en perds le contrôle. Et soit je m’engueule à en perdre l’usage de mes cordes vocales durant plusieurs jours, soit je me tire lâchement en ne donnant plus aucun signe de vie.

Et quoi ? vous pensiez quoi ? que j’allais débarquer dans le bureau de la psy la prochaine fois avec une ceinture d’explosifs sous mon blouson ?

Je ne sais pas rompre. Je ne sais pas rompre dignement. Toutes les ruptures de ma vie ont été brutales et douloureuses, minables et honteuses avec aucune possibilité de retour. Les « on reste bons copains » j’en ai toujours rêvé mais je mets l’autre en face dans une position que l’idée ne peut même pas être effleurée. Et je voudrais bien qu’on ne me pousse pas dans de tels retranchements.

Et puis bon en même temps, ce genre de décision, vu que le centre n’est pas le seul concerné, de genre de décision demande encore des explications, justifications, rendez-vous, entretiens … Assumer encore une fois sans baisser les yeux honteusement, tenir tête, contrer, prouver …. Je vous jure, à force, ça fatigue.

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23 avril 2009

Régime !

Je les haïssais l’un comme l’autre. Je voulais les détruire, les piétiner à les réduire en miettes. Je voulais y mettre le feu et regarder les flammes les ronger, les plonger dans un bain d’acide et les regarder se dissoudre lentement. Que ce supplice soit interminable et douloureux. Que je me délecte de ce spectacle.

Un supplice sans fin, aux couleurs de ma vie d’alors. Je haïssais ce miroir qui me renvoyait l’image d’une détestable enveloppe. La graisse qui s’incrustait sous chaque millimètres de ma peau. La graisse qui déformait, enrobait et courbait ce corps qui me révulsait. J’avais la nausée des rondeurs ricanant dans mon pitoyable reflet.

Je haïssais cette balance qui me narguait chaque matin. Un pied puis un autre. L’aiguille qui s’envolait furieusement avant de tanguer un peu à droite, un peu à gauche et terminait sa danse sadique, tremblante, avant de me hurler les chiffres fatidiques.

Je les haïssais, l’un comme l’autre. Mais ils sont devenus ma drogue. Mes meilleurs amis, les seuls que je puisse interroger à toute heure, mes meilleurs alliés dans le nouveau régime que j’offre à mon corps comme une dernière chance.

Maman ne voit pas ça comme un cadeau. Elle dit que plutôt qu’offrir, j’inflige. L’an dernier, elle a mit la main sur les cachets que j’avais commandé sur Internet et les a jeté dans les toilettes. Elle criait ce jour là que j’étais complètement folle, que j’allais mourir, que j’étais bien trop jeune pour me lancer dans un régime, que d’ailleurs j’étais déjà maigre à faire peur.

…Maigre  ? Maman me voit avec son cœur, pas avec ses yeux. Pour elle je suis toujours le nourrisson qu’elle doit protéger en lui enfilant des gants pour qu’il ne se griffe pas. Et en le gavant à l’écœurement. Maman ne voit pas ce que je vois, moi, dans le miroir. Tout ce gras autour de la taille, sur les bras et sur les cuisses…

Bien trop jeune ? Je refuse de lui ressembler plus tard, je refuse de perdre le contrôle sur mon corps comme elle l’a fait. C’est maintenant ou jamais.

Grâce à Marion, j’ai pu me procurer de nouveaux cachets. Je la soupçonne d’ailleurs de me jalouser, Marion. La dernière fois qu’elle est venue pour m’apporter les cours de la semaine passée, elle m’a regardée sans rien dire et a tenté de masquer une grimace. Après réflexion, j’ai bien compris que son dégout ne m’était pas destiné, elle se le réservait. J’ai réussi là où elle a échoué. Elle a perdu le contrôle.

Ce matin, ma balance mon amie m’annonce fièrement un kg de moins. Encore cinq et je pourrais recommencer à sortir. J’irais mieux, je le sais. Je pourrais à nouveau marcher sans trébucher sous mon propre poids, je pourrais même reprendre les cours et ça rassurerait maman. Et peut être qu’en me voyant revivre, elle arrêtera avec ses grands discours psy sur les ados – et que sait-elle des ados ? – qui cherchent à disparaître à travers leur régime. Peut être qu’on ne s’engueulera plus tous les soirs à l’heure des repas et qu’elle ne m’imposera plus cette nourriture écœurante dont la puanteur imprègne chaque mur de la maison. Tous les murs sauf ceux de ma chambre. Pièce que j’ai réussi à préserver depuis que j’ai décidé de ne plus la quitter.

Miroir oh mon miroir, regarde comme je suis belle. La graisse perd le combat. Je reprend le contrôle. 30 kg. Encore cinq. Plus que cinq. Et je n’aurais plus jamais faim.

C’était ma participation à la dernière consigne des Impromptus, ici :

http://www.impromptuslitteraires.fr/dotclear/

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20 avril 2009

Timousse et les maths

Il y a quelques jours, nous avons travaillé les mathématiques avec Sieur Timousse. Un mini bilan de ce qui était acquis.

Julien a 63 bonbons et doit en faire des boites de 10, de combien de boites Julien aura besoin ?

Le but du jeu était de dessiner 63 bonbons, de créer des ensembles de 10, de compter les ensembles, et donner la réponse. J’ai préparé feuille et crayon à Timousse et les lui ai tendus tandis qu’il me dévisageait comme si j’avais un entonnoir sur la tête.

-          Pourquoi tu me donnes tout ça ?

-          Pour que fasses les ensembles suivant la méthode apprise à l’école

-          Z’ai pas besoin des ensembles ! Zulien a besoin de 6 boites et même qu’il va lui rester 3 bonbons et ze vais les manzer miam !

-          Ah mais oui mais non ! tu dois faire les ensembles !

-          Quoi ? ze me suis trompé ????? (regard angoissé, faux tremblements du corps, petite moue affolée)

-          Du calme moussaillon, ta réponse est bonne mais tu dois l’expliquer.

-          Ben voilà, tu caches le 3 et tu vois qu’il reste 6 donc tu as besoin de 6 boites. Et tu manzes les 3 bonbons. Ze vais pas me fatiguer à dessiner les 63 bonbons quand même !

Ok. Ca va pas être simple. Exercice suivant. Zora va faire des courses avec sa maman, elles achètent 3 articles certainement en or massif puisqu’ils coûtent chacun la bagatelle de 83 €. Combien d’argent vont-elles dépenser ?

Timousse pose donc son addition en ligne. 83 + 83 +83. Je lui tend à nouveau la feuille et le papier pour qu’il dessine ses groupes. Il brandit alors ses doigts pour compter.

-          3 + 3 + 3 ça fait 9.

Là je me marre, parce que 9 sur ses dix doigts passe encore mais j’ai hâte de voir comment il va s’en tirer avec 8 + 8 + 8.

Il dresse à nouveau ses mains et compte sur ses doigts.

-          1 2 3 4 5 6 7 8 (huit doigts en l’air)

-          Mouarf ! tu veux que je te prête mes mains pour la suite ? Et les orteils aussi ?

-          1 2 3 4 5 6 7 8 (six doigts en l’air) 1 2 3 4 5 6 7 8 (neuf doigts en l’air) ça fait 24

-          Hein ????

-          Quoi ? ze me suis trompé ????? (regard angoissé, faux tremblements du corps, petite moue affolée)

-          Ben non mais …. Comment tu fais ?

-          1 2 3 4 5 6 7 8 (huit doigts en l’air) 1 2 3 4 5 6 7 8 (six doigts en l’air) 1 2 3 4 5 6 7 8 (neuf doigts en l’air) ça fait 24

-          Ah mais oui mais non mais tu ne peux pas faire comme ça, la maîtresse t’a expliqué les ensembles …

-          Oui mais ze vais quand même pas dessiner 3 fois des ensembles de 8 pour trouver que ça fait 24 !

-          Gné ? doucement, je suis larguée moi ! 3 fois des ensembles de 8 … Mais si ! il y a une méthode à suivre, tu l’appliques sinon tu ne pourras pas expliquer comment tu as trouvé 24 !

-          Ben on s’en fiche comment z’ai trouvé 24 puisque c’est la bonne réponse !

-          Oui mais en math, tu dois expliquer et ça montre en même temps que tu as compris le raisonnement que la maitresse vous apprend. Sinon, elle va croire que tu n’as pas compris ou pire ! que tu as copié sur ton voisin.

-          AH MAIS ZE COPIE PAS MOI HEIN !

-          Je sais que tu ne copies pas mais si la maîtresse voit que tu as donné la réponse sans expliquer comment tu as trouvé la réponse, elle va peut être croire que tu as copié sur ton voisin

-          De toute façon z’ai pas de voisin.

Oh putain !

-          Bon Timousse, c’est pas possible. D’abord parce que tu vas devoir arrêter de compter sur tes doigts,

-          Ben là, la méthode on compte les points alors c’est pareil que sur les doigts hein !

-          … ensuite, Monsieur réponse à tout, parce que là encore tu as pu mémoriser (je sais pas comment mais tu l’as fait) que de compter 3 fois le chiffre 8 sur tes doigts ça donne 24, mais imagine si on te demande 8 + 8 + 8 + 8 ! hein ? comment tu fais ?

-          1 2 3 4 5 6 7 8 (huit doigts en l’air) 1 2 3 4 5 6 7 8 (six doigts en l’air) 1 2 3 4 5 6 7 8 (neuf doigts en l’air) 1 2 3 4 5 6 7 8 (sept doigts en l’air) ça fait 32

-          Ah ouais ? et si on te demande 8 + 8 + 8 + 8 + 8 hein ?

-          1 2 3 4 5 6 7 8 (huit doigts en l’air) 1 2 3 4 5 6 7 8 (six doigts en l’air) 1 2 3 4 5 6 7 8 (neuf ….

-          TIMOUSSE CA SUFFIT ! et si on te demande 8 + 8 + 8 + 8 +8 + 8 + 8 + 8 +8 + 8 + 8 + 8 + 8 + 8 + 8 + 8 + 8 +8 + 8 + 8 + 8 Alors ????? hein ? t’es pas dans la merde là !

-          Faut pas dire merde c’est un gros mot merde

-          Certes. Mais si on te demande ça hein ? comment tu fais ?

-          Elle peut pas nous demander ça la maîtresse ! on est trop petits pour ça !

….

Un pétard-à-zone plus tard, je reviens à la charge. Parce qu’il va louper son bilan avec ses conneries à ne pas vouloir suivre la méthode et à sauter les étapes comme ça.

-          Timousse, il faut que tu dessines les ensembles comme ça tout le monde peut voir que tu as compris le système des ensembles.

-          Ben oui mais ils z’ont qu’à nous donner des calculs plus difficiles pour qu’on aie envie de faire la méthode.

Là, je ne vous cache pas qu’à ce stade, c’est Boudeuse et son triomphant 2 de moyenne en math qui était au bord du malaise.

-          On ne te demande pas si tu as envie, on te dit que c’est comme ça qu’il faut faire. Tu vois là par exemple, ça te prépare à l’apprentissage de la multiplication.

-          Ben les multiplications, la maîtresse a dit qu’on allait les apprendre par cœur.

-          Oui, c’est vrai mais c’est bien de comprendre et d’expliquer comment on arrive à ce résultat.

-          Ben z’aurais pas besoin puisque après z’aurais une calculatrice !

Donc vendredi soir, c’est Rahan qui s’est collé les devoirs de math. En rentrant, j’ai interrogé les deux hommes de la famille « alors ???? »

-          Ben alors 3 x 3 ça fait 9 maman ! et c’est la vérité parce que 3 + 3 + 3 = 9

-          C’est bien ! Et 3 x 4 ?

-          Ben ça fait 12 hein ! et c’est la vérité parce que 3 + 3 + 3 + 3 = 12

-          C’est biiiiiien !!!!

-          Oui et 4 x 8 ça fait ….. 32 !

-          Euh ? et 9 x 8 ? comme ça pour rigoler ? ça fait combien 9 x 8 ?

-          Trop fastoche ! 9 x 8 ça fait …. 72

Là j’avoue que j’ai marqué un temps d’arrêt et suis revenue voir Timousse.

-          Mais comment tu sais ça ?

-          Parce que c’est marqué là, sur ma table de multiplication que z’ai fabriqué à l’école.

Ouf !

En même temps, je prends tous les conseils pour aider Timousse à respecter pas à pas le système d’apprentissage sans sauter les étapes.

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10 avril 2009

Info ou pas ?

Voilà comment sont passées les lois dans notre beau pays, les uns partent déjeuner et les autres jouent à cache-cache. Eh oh sans dèc hein ! Sans faire de politique, aucune, sans dèc quoi ! Sinon, j’ai une question. Puisque la loi n’est pas passée mais qu’elle va de nouveau être présentée … à quoi ça sert de voter ? Puisque de toute façon, ils présenteront le dossier, jusqu’à ce que mort s’en suive. J’s’ais pas. Enfin bon, on s’en fou. Ce n’est pas vraiment une question, c’est une réflexion blondesque comme ça pour le fun. Ca ridiculise un peu plus encore une fois le système. Et après c’est mon fils qu’on va envoyer dans un groupe pour apprendre à respecter les règles.

Vous me direz, y’a pas que chez nous qu’on déconne. L’autre là, dirigeant d’un pays en deuil tout de même, l’autre là qui va leur dire aux rescapés traumatisés qui ont tout perdu, qui dorment sous des tentes avec la trouille de revivre ça, l’autre là il leur dit « c’est pas grave mes amis, vous n’avez qu’à faire comme si vous étiez en week-end au camping. »

????

Non mais sérieux ??? sérieux !!!!!! C’est un coup monté ? Une compétition de la plus grosse connerie ? Z’êtes jaloux de n’avoir pas eu le temps d’affirmer que le virus passait à travers le caoutchouc ? c’est ça ? Alors vous improvisez pour qu’on parle un peu de vous aussi ?

C’est hallucinant. Vous me direz, c’est toujours comme ça, dès qu’on écoute les infos, les regarde, c’est le bordel. Qu’on n’a qu’à ne plus suivre les actualités et basta. Oui mais bon.

Je l’ai fait ça. Je l’ai fait à 20 ans. Je regardais les infos tranquillement affalée sur mon canapé à grignoter quand mon écran télé s’est transformé en porte des enfers. La guerre, un prisonnier attaché entre deux camions, chaque camion part dans son coin et un corps démantelé. Comme ça, sous nos yeux sans prévenir. Un bras ici, une jambe là, du sang et des larmes. Les miennes. Bref.

Je me suis totalement coupée des horreurs que déversaient chaque jour la télé, la radio, jusqu'aux journaux.

Seulement voilà, faut pas tomber dans l’autre extrême, à savoir se désinformer totalement comme je l’ai fait. Parce que le jour où vous apprenez au hasard d’une conversation le nom de votre président, vous commencez à vous dire que bon, là ça craint. Je déconne, mais à peine hein.

Alors certains vont me dire que oui mais même quand on écoute les infos, on est désinformé. Que les médias nous manipulent et transforment les faits, sortent les mots de leur contexte. Qu’il y a aussi l’acharnement médiatique qui soulève les foules … ce n’est pas que faux. D’autant que chez nous par exemple, vu la réputation de notre île et des ses habitants, dès qu’un môme traverse en dehors des clous, PAF ! on passe aux nationales ! Et selon le journaliste, le reportage commencera ainsi « la COoooooorse …. » Avec un bon appui sur le Co de Corse, comme quand ils montent le son pour les pubs. Et puis une légère pause juste après « la COooooooorse » ……. …….. ……. …… Histoire qu’on ai le temps de se dire que putain ils font chier ceux là, qu’est ce qu’ils ont encore inventé, qu’est ce qu’on attend pour s’en débarrasser ?

Et non, je ne suis pas (que) parano. Quand ça se passe dans l’Ain ils commencent par « l’Aiiiiiiiiiiiiiiin …… » peut être ? hum ?

Et puis tiens, petite parenthèse comme ça pour le fun encore une fois … de toute façon cette note part dans tous les sens alors au point où on en est …. J’ai une nouvelle très importante à vous annoncer. Chez nous, c’est pas Beyrouth. Il n’y a pas un sniper sur chaque toit de la ville (sauf quand le roi soleil vient nous voir mais là ce sont ses snipers). On ne tombe pas sur une bombe à chaque coin de rue, et quand les hélicos sillonnent le ciel, c’est pour transférer un blessé à l’hôpital. Ou pour faire du tourisme, ça dépend des heures. Pas pour nous canarder. Et quand on entend la sirène hurler dans la rue, c’est pas parce qu’on a une attaque aérienne, c’est parce qu’il est midi et qu’on est le premier mercredi du mois. On ne va pas vous enlever pour réclamer une rançon quand vous venez envahir nos plages l’été, juste on vous déteste un peu parce que vous piquez nos places de parking quand on rentre du boulot. Et mieux ! mieux que tout, la monnaie chez nous, c’est l’€uro. Siiiiiiiiiiiiiiiii ! je vous jure hein ! Même qu’on accepte vos chèques et vos cartes bleues.

Voilà, la vérité étant rétablie, je reprends.

Enfin bref. Oui je suis d’accord, des fois l’information désinforme mais faites comme moi, démerdez vous. Suis pas là pour vous donner un cours d’information non plus hein.

Alors frileusement, j’y suis revenue à m’informer. A ma façon bien sur, je choisis mes stations radios, mes journaux et j’évite au maximum le JT sauf celui des marionnettes qu’est bien plus drôle. C’est comme ça que j’ai su que si je ne voulais pas faire un séjour en taule, d’autant qu’au vu du dernier rapport, ce serait le pied de ne même pas avoir à rester une heure en garde à vue … vu les conditions immondes dans lesquelles on y serait maintenu … donc j’ai su que si je ne voulais pas faire un séjour en taule, fallait d’abord que je demande à un mec de me montrer ses papiers avant de lui filer un coup de main pour traverser la rue. Donc s’informer c’est bien, ça peut vous sauver la vie. Alors déconnez pas avec ça hein !

Mais le JT, j’évite un max. Et je fais bien parce que moi, voyez vous, je n’ai pas du tout envie de tomber sur la vidéo qui passe partout en ce moment, qui montre une bande tabasser un homme dans un bus. Je n’ai pas besoin de voir ces images d’extrême violence, ultra choquantes, pour réaliser l’horreur de l’acte. Les mots me suffisent largement.

Voilà pourquoi, entre autre, je ne regarde pas le JT. Je préfère et de loin écouter mon fils me raconter que

Cet après midi, dans la cour de récréation, et ben Simon-Marcel, il m’a donné un coup de pied zuste là ou z’avais mal parce que le dermato m’a brûlé ma verrue qui ressemble à une verrue mais qui n’est pas une verrue (comme Tang et le jus d’orange quoi) avec du froid …. Mais comment ça se fait que le froid il fait d’abord froid et après il brûle hein maman ? … et ben Simon-Marcel, z’ai bien vu qu’il avait pas fait exprès parce que tu sais maman, il me regardait pas Simon-Marcel quand il m’a donné le coup de pied. Il regardait Zean-Hervé à droite et moi z’étais à gauche comme ça tu vois ? Mais comme il m’a fait très mal, z’ai pleuré. Pourtant ze leur avais bien dit ce matin qu’il fallait suuuuuuurtout pas me faire mal ici parce que z’avais déza mal ! mais  voilà ! ils m’écoutent zamais ! alors moi z’ai eu très mal et z’ai pleuré.

Mais ze l’ai pas frappé hein ! Ze suis allé le dire de lui à la dirrrrectrrrrice. Et elle m’a dit « va me chercher Simon-Marcel ». Alors c’était un peu embarrassant (si si, il dit ça Timousse) mais ze suis allé chercher Simon-Marcel en boitant parce que z’avais très mal tu sais maman. Parce que Simon-Marcel, il m’a tapé zuste là où …

Ouaich ! Le soir, à l’heure du JT, je peux vous dire que c’est vachement plus instructif de discuter avec Timousse que d’entendre que si à 50 ans t’as pas de Rolex, c’est que t’as raté ta vie.

Posté par Kaliuccia à 14:43 - Coup de gueule - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 avril 2009

Internet et la loi

Il ya quelques jours, j’ai vu une émission qui traitait de la traque des pédophiles sur Internet.

Alors je suis assez nullissime en matière de textes de lois et sur la façon de les appliquer. Je suis tout aussi nullissime pour me souvenir des termes exacts mais …

J’ai bien retenu qu’une loi était passée pour permettre aux traqueurs de pédophiles de mieux chopper ces déchets de la vie que sont ces monstres. Et qu’il fallait encore qu’elle passe un cap cette loi pour qu’il soit possible de l’appliquer.

Seulement voilà. Depuis un ou deux ans, ce cap n’est pas passé. Et les traqueurs sont bloqués.

Elle est pas belle la vie ?

Entre temps, j’entends parler de cette nouvelle loi pour traquer les méchants téléchargeurs. OOOOOOOOOOh les vilains qui téléchargent illégalement musiques et films ! Et bien maintenant, c’est terminé ce petit jeu. On va vous punir méchants que vous êtes ! Maintenant, vous allez recevoir deux mails d’avertissements.

On t’a repéré, méchant téléchargeur illégal. Attention, si tu continues, tu reçois un second mail.

Tu n’as pris au sérieux notre premier mail et tu continues à télécharger illégalement ? piskecécomça, tu seras puni !

Et la punition, c’est hop ! on te coupe le net. Et comme la punition ne semblait pas assez dure, hop ! on te coupe le net pendant un certain temps mais tu continueras à payer le net.

Et là je vous avoue, ça me troue le cul sévère. Encore une fois je n’ai pas retenu le montant exact, mais la mise en place de cette loi va coûter à l’état (donc nous) une coquette somme de quelques millions d’Euros. Vive la crise.

Et cette loi, elle va être mise en place parce que putain ça suffit de télécharger comme ça à tout va gratos merde alors !

Donc, j’en déduis une chose.

Chez nous, le téléchargement sauvage est illégal et sera sévèrement puni par la loi. Et on y met les moyens pour ça. Et si cette loi fonctionne, ce seront encore une fois les pauvres qui se feront baiser tandis que les multinationales continueront à se faire plein de fric et que les moins pauvres auront les moyens de payer une connexion dont ils seront privés un temps tout en en prenant une autre à côté en attendant. Sachant que les ¾ des téléchargeurs illégaux sont nos propres ados, ils seront les premiers à prendre une grosse baffe.

A côté de ça, on est un peu plus frileux en ce qui concerne les lois sur la pédophilie. Là attention, il faut des fonds c’est pas dit qu’on les ai (ben oui, sont partis dans la lois contre le téléchargement illégal entre autre) et puis il faut que les lois soient validées et on n’a tout plein de trucs à faire (comme passer des lois contre le téléchargement illégal).

Et on me dit à moi, petite française moyenne qui ne comprend pas tout que c’est méga super difficile de chopper ces monstres sur Internet et on a tout plein de bonnes raisons (que je veux bien gober parce que je ne suis pas très intelligente) que ce sont des réseaux super organisés toussa. Même pas ils ont peur les monstres.

Par contre, par contre, les méchants téléchargeurs là, eux on va leur tomber dessus. Et on ne va pas faire semblant.

Alors voilà. Allez y tranquillou. Violez nos enfants, vous n’êtes pas prêts de vous faire chopper, c’est trop difficile de le faire. En même temps, si nos mômes se font chopper à télécharger illégalement, comme on va leur couper la connexion, ben vous serez bien dans la merde pour venir les attirer dans vos filets sans le net ..

Dans le fond, elle est peut être salvatrice cette loi.

Oui, je suis cynique, oui.

Posté par Kaliuccia à 11:32 - Coup de gueule - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 avril 2009

L'espace

Je racontais à ma fille qu’il y a presque 15 ans, j’ai du me battre contre une société qui refusait notre mode de vie. Ce n’était pas politiquement correct de vivre comme nous avions choisi de vivre. Et ma fille, ça l’a sciée.

Il faut savoir qu’un juge, oui un juge, un juge m’avait alors demandé le plus sérieusement du monde « mais comment allez-vous faire pour travailler ? »

J’avoue que la question m’a tellement surprise que je n’ai pas trouvé de réponse pertinente. Euh …. Comme d’habitude, je prendrais le métro. (Oui parce qu’à l’époque, je vivais à Paris t’ain vous suivez pas hein !)

Notre premier contact avec l’éducation a été assez … surprenant. Fort heureusement, j’arrive à ne pas généraliser, ce qui m’a permit de ne pas mettre tous les enseignants dans le même panier. Et les années qui ont suivi m’ont confirmé que j’avais eu raison de ne pas le faire, même si ça commençait plutôt mal.

A trois ans, Boudeuse était une petite fille adorable et sage, calme et douce qui chantonnait sans cesse et s’évadait dans un monde certainement moins merdique que ce qui l’entourait. directrice-maitresse-de-petite-section-de-maternelle a tout de suite prit en grippe l’enfant sauvage qui ne-respecte-pas-les-consignes-et-ne-fait-rien-comme-les-autres-mais-ça-c’est-parce-qu’elle-vit-sur-un-bateau. C’est à dire qu’elle refusait de faire sa sieste quand on lui ordonnait de dormir. Elle restait allongée et chantonnait doucement dans son coin. Et c’est insupportable lorsqu’on a une classe de 28 élèves à gérer. Qui EUX dorment quand on leur dit de dormir. « Peut être est-ce parce qu’elle ne peut pas s’isoler correctement chez vous qu’elle n’arrive pas à faire sa sieste en classe »

Et en plus de ne pas vouloir siester, la vile enfant planait. Dans la bouche de directrice-maitresse-de-petite-section-de-maternelle, ça n’avait rien de romantique. Votre fille plane. Le mot était lancé comme une injure, nous étions elle et moi montrées du doigt comme de vulgaires criminelles. Parce que nous vivions sur l’eau. Toutes les «différences » de Boudeuse revenaient à notre mode de vie qu’elle jugeait intolérable.

Une fois tout de même, directrice-maitresse-de-petite-section-de-maternelle avait réussi à faire vaciller l’impeccable sourire dont je me parais chaque matin, en me convoquant d’un air soucieux.

-          Votre fille (et entendez bien l’accent méprisant sur le « votre ») dès qu’elle sort de la classe, se met à courir dans la cour de récréation.

-          Ah. (ben oui, que voulez vous répondre à ça ? un gosse de 3 ans qui OSE courir pendant la récréation merde alors !)

-          Il me semble qu’elle manque d’espace

-         

-          Ne pensez vous pas que ce phénomène soit lié à votre vie ?

-          Quel phénomène ? Quelle vie ?

-          Et bien vous vivez sur un bateau, un minuscule espace et elle doit terriblement manquer de place …

Ca m’a sérieusement troué, je vous jure. J’en suis restée à la regarder longuement bouche ouverte, yeux certainement écarquillés jusqu’à ce qu’elle manifeste son agacement d’un léger secouage de tête signifiant un désabusé « t’ain t’es aussi rapide que ta fille toi ! »

Non parce que à la limite, si à chaque fois qu’elle sortait du bateau elle se mettait à courir dans tous les sens, si elle hurlait dès qu’on y entrait, si elle se mettait à piquer un sprint dès qu’on allait dans l’appartement d’amis ou si encore elle se lançait dans un 100 mètres chrono dans la classe, on aurait pu peut être se poser la question mais … il semblait, aux dires de directrice-maitresse-de-petite-section-de-maternelle que la chose ne se produisait qu’au moment où Boudeuse quittait la classe pour aller en récréation.

J’étais encore jeune à l’époque mais pas stupide au point de penser que le cas de ma fille était un cas pathologique. Courir à 3 ans, pendant la récréation qui plus est, n’a rien de pathologique.

Mais directrice-maitresse-de-petite-section-de-maternelle avait planté le premier pic, le premier d’une longue série de ces pics qui a le don de me foutre hors de moi.

Les années ont passé et les mentalités ont évolué. Fort heureusement pour nous. Aujourd’hui l’administration reconnaît ce mode de vie sans souci. Nous ne sommes plus SDF, ni gens du voyage, la société nous reconnaît. Après tout, nous payons nos impôts comme tout le monde.

Bien entendu, tout le monde a le droit d’être surpris en apprenant que Timousse ou Boudeuse n’emmerdent que les poissons lorsqu’ils sautent à pieds joints sur le plancher. Mais j’aime moins les sursauts d’horreur ou les « ah mais c’est terrible ça ! » (ce n’est pas une maladie incurable et elle n’est pas contagieuse), ou les « ciel ! jamais je ne pourrais faire ça !» Est ce que moi je dis ça sur les HLM où les villages de maisons qui se ressemblent comme deux goutes d’eau ou les appart’ avec vue sur le local poubelle ? Merde alors !

Bref. Il y a quelques jours, une personne pourtant très cultivée, intelligente et me semblait-il très ouvert d’esprit m’a dit ceci :

-          Mais si Timousse est turbulent, c’est peut être parce qu’il souffre du manque d’espace du fait de votre façon de vivre.

Et ta connerie ? elle souffre de quoi ?

Amis lecteurs, vous qui vivez sur la terre bien ferme, vous n’avez plus aucun souci à vous faire. Vous pouvez faire tous les enfants que vous voudrez, jamais ils planeront, jamais ils ne seront différents, jamais ils ne seront turbulents, jamais ils ne seront « trop » calmes. Putain la société parfaite qu’on va enfin pouvoir avoir !

Alors cette petite manie qu’ont certains cons de balancer dans la gueule que ça ne leur plait pas ma façon de vivre, surtout parce que ça les dérange que je ne vive pas comme ils voudraient que je vive et ce à la moindre occasion, ça y’est. Je sature.

Comment dire ? vous me faites CHI-ER !  c’est assez clair comme ça ? vous me faites CHI-ER avec votre petite psychologie de merde à 2 balles (on peut encore dire ça avec les €uros ?) vous me faites CHI-ER sévère.

Mes gosses, ils passent peut être plus de temps que les tiens dehors à l’air libre, mais moi je ne t’emmerde pas avec ça. Mes gosses, ils ont fait du vélo depuis toujours, ils pratiquent les parcs du quartier, ils passent des heures à la bibliothèque, ils vont faire de la luge le week-end en hiver, ils quittent même l’île quelque fois quand toi tu n’as jamais dépassé la route de ton village. Mes gosses, dès que le temps le permet, ils passent leurs week-end en mer et de l’espace, ils en ont plus que tu  n’en auras jamais, à en perdre le souffle. Mes gosses, ils connaissent les levers de soleil sur l’eau et les couchers derrière les montagnes quand toi tu l’entrevois entre deux tours de HLM. Mes gosses, ils jouent avec les dauphins l’été quand toi tu les prendrais pour des requins. Mes gosses, ils ont des plages pour eux tout seuls du matin jusqu’au soir quand toi tu demandes pardon pour poser ta serviette. Mes gosses, ils pèchent à la lueur des étoiles, ils crapahutent des heures dans les rochers, ils nagent les nuits de pleine lune quand toi tu ne connais que l’eau savonneuse de ta baignoire. Mes gosses, ils passent des soirées avec nous, allongés sur le hamac, à guetter les étoiles filantes. Mes gosses, ils se lèvent le matin au mouillage et piquent un plongeon dès qu’ils sortent de leur lit. Alors tes réflexions à la con, tu peux te les carrer … oui, exactement là, on pense la même chose.

Et les jours de pluie, d’hiver un peu plus froid ? ben ils font comme les tiens, mes gosses. DVD lecture, jeux de société et jeux vidéos à la con.

Alors c’est vrai que je fais sauter les crêpes dans leur dos pendant qu’ils jouent à la Xuu, c’est vrai qu’ils ont une cabine et pas une chambre, qu’ils ont du mal à faire une soirée pyjama, c’est vrai qu’ils ne risquent pas de faire une boum chez nous, mais lorsqu’on propose à leurs amis de passer le week-end avec nous, faudrait que tu voies leurs yeux s’agrandir de joie.

Il m’est avis que c’est ta connerie qui évolue dans un trop petit espace, celui de ton cerveau. Et regarde bien, fais gaffe, ça déborde.

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02 avril 2009

Du sous-vêtement au préservatif ...

Messieurs et dames confectionneurs de sous-vêtements féminins, il me plairait que vous revoyiez vos copies quant aux mensurations et aux formes que vous attribuez à certains sous-vêtements.

Particulièrement ceux qu’on porte en haut. Sachez, Messieurs et dames confectionneurs de sous-vêtements féminins, qu’il existe des femmes entre 30 et 50 ans qui travaillent et portent aussi des sous-vêtements féminins. Ces femmes voyez vous, ont la plupart du temps une vie de dingue même au plus sud sud de la France et ces femmes, croyez moi, il leur arrive plus souvent qu’à leur tour de quitter leur poste de travail relativement tard. Surtout pour la région.

Ces femmes sont des femmes, la plupart du temps mère de famille et vous n’êtes pas sans savoir que leur journée ne s’arrêtent pas au moment où elles terminent celle qui est rémunérée. On vous l’a assez dit. Ces femmes, bien souvent, se précipitent au super marché du coin pour faire quelques achats nécessaires à nourrir les estomacs ambulants qui partagent leur toit. Ces femmes, avant de sombrer dans le rayon surgelé, doivent avant tout traverser des allées de chocolats, de jeux vidéos, d’électroménager, de vêtements et … de sous vêtements. Ces femmes sont capables de passer des heures à chercher le super jean de la mort qui tue pour leur ado qui veut absoooooooooooolument le porter pour la soirée de Margot. Elles peuvent tout aussi bien rester tout autant d’heures à choisir le dernier slip à la mode avec la bande de la mort qui tue qui dépassera du jean de la mort qui tue pour le petit dernier (et oui … même les plus petits) qui ira très bien avec le sweat naïque (pas de pub, pas de pub) de la mort qui tue encore. Mais quand elles arrivent au rayons sous-vêtements, voyez vous, ces femmes s’aperçoivent alors qu’il leur reste peu de temps avant la fermeture du magasin et que leur chariot n’est encore plein que de conneries. Et ces femmes, elles tombent sur un tocu de putain de trop beau sous-vêtement féminin pour le haut du corps. Elles l’attrapent avec avidité et le laissent tournoyer au bout de son cintre sous leurs yeux avides.

Celui ci, dans la couleur exacte que je cherchais, avec les strass là oh boudiou c’est trop sympa et les bretelles interchangeables de toutes les couleurs c’est parfait.

Et voyez vous, il y a dans cette catégorie de femmes, des qui arborent fièrement un sympathique 90B.. Ces femmes n’ayant pas assez de temps pour essayer l’objet magnifique qu’elles imaginent déjà porter sous une chemise soyeuse, s’enquièrent rapidement du prix et ne le trouvant guère excessif, décident de se faire un petit cadeau tout personnel.

Et une fois chez elle, ces femmes attendent avec une impatience non dissimulée le moment magique où elles pourront enfin essayer dans le calme et la solitude le petit truc en plus qui égayera une journée de dur labeur. La lettre indiquant la profondeur du bonnet, dois-je vous le rappeler, un B est censé correspondre à une certaine densité de poitrine. Un B nous permet de nous glisser entre Jane et Lolo. Si les Jane autrement appelées petits se*ins (ça c’est pour calmer les moteurs de recherche) sont trop heureuses de découvrir que des mousses ont été cousues dans le tissu pour leur permettre de tricher sans se ruiner en coton hydrophile, sachez que les B n’ont pas systématiquement comme fantasme de ressembler à Lolo. Mais il semble que vous avez tellement perdu le sens des mensurations, messieurs et dames concepteurs de sous vêtements féminins, que vous en venez à oublier que si vous ajoutez un surplus en mousse dans un bonnet, il serait bien d’ajouter un peu de tissu pour que ledit bonnet conserve sa lettre.

Ben oui, ça prend de la place, votre mousse voyez vous. Et lorsque ces femmes découvrent au cours de l’essayage que le bonnet B, à cause de ce putain de petit bout de mousse devient bonnet A- … que leur poitrine d’ordinaire si joliment mise en valeur dans un VRAI bonnet B se retrouve écrasée au point qu’il n’y a plus d’espace entre les deux se*ins, ces femmes explosent un peu. Tout autant que leur poitrine qui étouffe dans de si petits bonnets et s’en échappe malgré toutes leur tentative.

Et ces femmes auraient bien envie de vous faire bouffer toutes les lettres de l’alphabet au bout d’une heure de « plop » rentre là-dedans toi « plop » ah ben c’est l’autre maintenant « plop » etc …

Voilà, ça c’était mon coup de gueule, comprenne qui pourra.

Et comme nous sommes dans la grande mode des pétitions-protestations. Comme mère l’église semble être la proie d’une guerre interne. A savoir qui dira le plus de connerie ou la plus grosse, je n’ai pas toutes les règles du jeu. Comme j’ai trouvé l’idée méga amusante, originale, un brin provocante, j’ai décidé de m’associer à la campagne qui commence à faire fureur dans la rue des blogs, et je copie colle ci-dessous

C’est ici que tout commence : cabinet du Doc

Protestons tous ensemble!

L'Eglise réfute l'utilisation du préservatif? Pire: elle l'accuse de propager le SIDA? Vous souhaitez protester sainement?

Je vous propose donc un geste unique, un geste commun: dimanche et lundi 12 et 13 avril 2009, jour de Pâques, remplissons les corbeilles et les troncs de nos églises de préservatifs! Amorçons une réflexion objective sur le thème de la prévention des IST (Infections Sexuellement Transmissibles) et éloignons-nous d'un obscurantisme dépassé!

la_20semaine_20du_20don_1_

Posté par Kaliuccia à 13:47 - Coup de gueule - Commentaires [26] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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