29 juin 2009
Jamais comme tout le monde
Timousse a été super chiant parait-il à la garderie et à la cantine. Quand les dames-de-l’école ont voulu sévir …
- Mais si ze suis un peu (UN PEU ?????) pénible, c’est parce que ma mère, elle est partie à Paris pour 60 zours ! Alors ça me rend triste.
J’étais donc heureuse d’apprendre la bonne nouvelle vendredi soir à la kermesse, de la bouche des dames elles-mêmes qui se disaient que quand même, ça devait être dur pour ce pauvre petit garçon d’être séparé de sa maman pendant deux longs mois.
Ben putain j’aurais peut être du le faire ça ! Parce que bien entendu, elles l’ont cru ! Lorsque nous avons confronté Timousse et son mensonge à moi, sa mère, j’ai enfin vu la tête qu’il leur fait lorsqu’il est prit en faute et qu’il n’a plus aucune marge de manœuvre.
Vous avez vu Shrek avec le chat là qui fait ses yeux qui fait fondre tout le monde ? ben c’est encore pire que ça.
A un papa choqué d’apprendre la nouvelle qui m’a assuré que lui, pourtant quatre garçons, aucun d’entre eux n’a jamais fait un « coup » pareil, j’ai rétorqué que en fait, ses garçons ont même du faire pire que ça. Sauf qu’il ne l’a jamais su. Nuance. C’est que je commence à saturer sévère des parents parfaits d’enfants parfaits. Merde alors !
Les dames de cantine commençaient à me narrer en détail combien Timousse les rendait chèvres certains jours comme lorsqu’il s’amusait à frotter les murs de la cantine avec son ballon en mousse lorsqu’il fallait passer à table.
J’ai tenu bon. J’ai rétorqué qu’elles n’avaient qu’à le lui enlever, le ballon, qu’il n’avait rien à faire avec un ballon en mousse à la cantine et que d’ailleurs il le sait très bien. Et que c’était à elle de faire respecter certaines règles. J’sais pas, ça me semble ultra logique à moi. Le gosse, il tente le coup, l’adulte il dit niet. Et basta. Mais oui mais, ajoutent-elles, on a du mal avec Timousse. Du mal ???? comment ça du mal ? comment un adulte censé gérer je ne sais combien de gamins tous les jours, comment un adulte peut me dire qu’il a du mal avec un gosse de 8 ans tout frais ? Et c’est là qu’elles m’ont dit que Timousse, il avait une façon de les regarder, de les supplier de son regard bleu qu’on s’y noierait dedans, qu’elles avaient du mal à sévir. Sérieux, j’ai halluciné ! je sais pas moi, achète toi un tuba ou colle lui des lunettes de soleil à mon gosse !
Oui mais, insistent-elles, quand il fait des bêtises assez graves pour être puni, on tient rarement la punition parce que en plus, il n’est pas rancunier. Euh … pardon, pense-je très fort à ce moment là, mais manquerait plus que ça qu’en plus il fasse la gueule le gamin ! Oui mais précisent-elles, en plus au bout de quelques minutes, il vient nous voir en nous demandant « dis ? tu me pardonnes dis ? » alors comment voulez-vous qu’on fasse nous ? on craque !
Ok. Je ne me suis pas reconnue moi-même sur ce coup là, mais j’ai catégoriquement refusé de les plaindre même si je sais qu’elles n’attendaient que ça. C’est quand même ce qui m’a foutu en l’air ces dernières années, à me dire que je n’arriverai à rien avec cet enfant. A me demander où et en quoi j’avais loupé quelque chose. Timousse, je l’élève avec des principes éducatifs qui sont ce qu’ils sont mais au moins les a-t-il acquis. Maintenant, s’il se trouve que mon fiston est assez malin pour manipuler le cœur trop fragile des dames qui le surveillent entre les heures de cours, je n’y peux pas grand chose. D’autant que ça va quoi. Ok il a les yeux bleus, mais moi le môme il me prend la tête, il peut même avoir les yeux verts fluo, il ne va pas me prendre la tête pendant trois plombes hein !
C’est dimanche, au cours d’un anniversaire que mes doutes se sont confirmés en la matière. Une amie m’a dit il y a quelques temps déjà « ce qui sauve ton fils, c’est qu’il est gentil ». Entendez par là qu’il a un bon fond. Cette amie qui se reconnaitra avait raison. Mais pas que. Ca ne fait pas que le sauver, vu qu’il a bien compris comment utiliser ce petit pouvoir sur certains adultes. Dimanche donc, Timousse m’a fait péter un câble à force de caprices et là je vais vous dire, il pouvait me faire les yeux de toutes les couleurs qu’il voulait Timousse, il était à deux doigts de se faire dévisser la tête des épaules, Timousse.
Ben figurez-vous que pas moins de 5 parents, hommes et femmes, ont prit la défense de ce petit monstre parce que « ton fils, il a un putain de caractère, mais c’est ce qu’on aime chez lui et en plus il est vraiment trop trop trop craquant ».
Ben merde alors ! Je ne voyais pas du tout mon fils sous cet aspect là. Je le voyais avec mes yeux de maman énamourés et souvent à bout, mais je ne le voyais pas avec les yeux des autres, ceux qui le côtoient pendant les sorties scolaires, pendant les anniversaires …
Ca n’a pas été une année facile avec les dérapages de Timousse. C’est vrai que j’ai mis le temps à comprendre que effectivement, comme le disait la même amie, putain heureusement qu’elle était là soit dit en passant, on demandait à Timousse de devenir un parfait petit garçon sage et sans histoire. Ce dont il était bien évidemment incapable. Ce qui l’a bien évidemment perturbé au point de cumuler les conneries. Je sais, ça peut sembler illogique mais c’est ainsi. Il y a eu beaucoup de souffrance en lui, une frustration terrible de ne pas pouvoir rentrer dans la norme.
C’est vrai qu’il est chiant ce gosse, quand il y met tout son cœur à l’être. C’est vrai que ça ne doit pas être facile à gérer, dans une classe de 30 gosses, un phénomène comme mon fils. Nous allons apprendre à vivre avec ça. Je ne sais pas encore comment, mais on va y arriver.
Et puisque j’en suis à m’étaler sur mes enfants, j’ai un message d’espoir pour les parents d’ado qui décrochent scolairement parlant (les ados, pas les parents). Ma Boudeuse à moi, ceux qui ont lu ce blog l’an dernier le savent, ma Boudeuse à moi m’a rendue dingue l’an passé et même l’année d’avant, à vivre deux années de troisième comme deux années sabbatiques. Jamais de ma vie je n’ai vu une enfant travailler aussi peu. Pour ne pas dire pas du tout. Son agenda était aussi beau en fin d’année qu’il l’était le jour de la rentrée scolaire. Faut savoir que Boudeuse, elle avait une chance inouïe. Boudeuse, elle avait des profs géniaux qui ne donnaient aucun boulot à faire à la maison. Boudeuse, elle a fait acte de présence durant deux années consécutives, elle n’avait la moyenne dans aucune matière, elle a frôlé l’exclusion scolaire puisqu’elle soufflait ses 16 bougies l’été dernier.
Boudeuse a été orientée bien malgré elle et de justesse dans un BEP qui ne lui convient absolument pas. Elle a passé une année dans une classe qui s’est avérée être difficile dès la fin du premier trimestre. Boudeuse, elle nous a dit d’entrée de jeu qu’il n’était pas question qu’elle fasse un jour le boulot auquel on la préparait. Ce qui nous a bien fait marrer, vu le niveau de ses notes. Boudeuse s’est découvert un projet d’avenir alors qu’il y a encore quelques mois, l’avenir se résumait pour elle à ce qu’elle allait bien pouvoir se mettre sur le dos le lendemain matin.
Boudeuse a décidé de bosser, contre toute attente et envers ma propre logique. Entendez par là que moi, à sa place, je pense que j’aurais totalement baissé les bras. Mais Boudeuse n’est pas moi. Boudeuse a décidé de se battre pour retourner en seconde générale. Ses profs ont accepté sa demande si de son côté, elle prouvait qu’elle ne faisait pas un caprice. Et elle a bossé. Tant et si bien qu’elle sort de son troisième trimestre première de sa classe, avec les encouragements du conseil de classe, en progrès constants. Avec des moyennes qu’elle ne nous avait pas rapporté depuis la 6ème. Bon sauf en math où elle frôle toujours autant la bulle. Mais pour le reste, elle a plus qu’assuré. Elle nous a tous bluffés.
Tant et si bien que le défi qu’on lui avait lancé, certains adultes étaient persuadés qu’elle ne le relèverait pas. Et tout à coup, ces adultes font marche arrière et tentent de la maintenir en BEP. D’où mon état de crise actuel, je n’avais absolument pas prévu ce combat de fin d’année.
Je suis trop fière de ma fille. Je vais me battre pour et avec elle. Oui c’est vrai, le déclic arrive. Et pourtant, personne ne m’aurait fait croire ça il y a un an. Mais oui c’est vrai. Ceci explique donc mon absence sur la toile. Parce que ça demande beaucoup d’énergie et que nous sommes en phase de découragement. Une histoire de batailles et de moulins.
Je ne retiens tout de même qu’une chose, et pas des moindres, dans cette histoire.
Je suis trop fière de ma fille. Elle a du cran ma fille.
19 juin 2009
Le soleil et nous
Quand nous étions enfants, c’était un peu chiant avec mes parents qui étaient super à cheval sur les principes.
Y’avait les manger-à-l’heure ; dormir-à-l’heure ; brosse-toi-les-dents ; frotte-derrière-les-oreilles …
Et l’été, même pas relâche.
Fallait manger à l’ombre le midi, fallait garder la casquette sur la plage, ne pas marcher pied-nu sur la route, fallait attendre des heures de digestion avant de pouvoir se baigner, fallait se badigeonner de crème solaire avant de jouer au lézard sur la plage et tout ça, sérieux, ça me gonflait.
Donc j’oubliais souvent la crème solaire. Et invariablement, je cramais. Le souvenir de la douleur cuisante des monstrueux coups de soleil que je me coltinais n’a en rien changé mes habitudes.
Je détestais me badigeonner de crème solaire. Mon capital soleil a du s’envoler au cours de ces belles années mais à l’époque on ne parlait pas encore de couche d’ozone, de cellules cancéreuses, rien de tout ça.
Quand j’étais enfant, je me disais sans cesse que plus tard, je vivrai crado avec du bordel dans mes placards et que je ne mangerais que des bonbons à l’heure que je veux et devant la télé en plus, mastiquant bouche ouverte après avoir passé la journée sur la plage sans parasol, que même j’aurais carrément mangé dans l’eau à midi comme ça on m’aurait plus fait chier avec ces conneries de digestion à la con et que j’aurais oublié de me dessaler avant de me coucher ! Merde alors !
Et puis je suis devenue maman, une maman un peu chiante et gonflante, super méga à cheval sur les principes. Entre autre tu-mets-ta-casquette. Mais encore non, tu ne vas pas sur ton lit avec tes pieds plein de sable, et tu te mouilles la nuque avant de plonger et le fatidique tu-te-badigeonnes-de-crème-solaire.
D’autant que 24h/24 à passer sur un voilier en pleine mer ….
Mes enfants ont donc grandis sous une épaisse couche de crème solaire dès le début de chaque été, avec interdiction de s’exposer à certaines heures critiques sur la plage (d'autant que je déteste la plage) et je peux affirmer fièrement que sous ma responsabilité, ils n’ont pas choppé le moindre petit coup de soleil.
Et au cours de ces années passées, lorsque nous rentrions de vacances, mes amis me laissaient les saouler de toutes les balades que nous avions faites au cours du mois non sans admirer le léger bronzage que j’arborais. Puis, se tournant vers mes enfants …
- Et eux ? ils étaient où pendant ce temps là ?
Parce que eux, ils revenaient légèrement halés mais certainement pas noirs cramés petits cochonnets rôtis comme on les aime à cet âge là. Alors c’est certain que personne ne se retourne sur mes gosses en soupirant « regarde comme il est noir celui-là !!! » mais moi je me dis qu’ils ont gagné une année capital bronzage. On se rassure comme on peut.
Et plus les années passent, plus faut que je fasse gaffe. Timousse, suffit qu’il reste à l’ombre pour dorer subtilement alors que Boudeuse conserve sa peau laiteuse de bébé. Timousse est assez jeune pour accepter mes lois même si elles le gavent tandis que Boudeuse m’échappe plus que sérieusement.
L’an dernier pourtant, Boudeuse est revenue aussi pâle qu’elle l’était le jour de notre départ mais c’était un peu normal. Elle avait plongé à pieds joints dans la crise d’ado qui n’a jamais aussi bien porté son nom que cette année là. Elle a donc passé l’intégralité de l’été à l’intérieur, à écouter de la musique et à faire la gueule. La bonne nouvelle, c’est que j’ai fait une sacré économie de crème solaire.
Cette année, au cours de nos premières sorties, nous avons invité scooter bout de ponton à gouter aux joies de la navigation. Dès notre arrivée sur la plage, j’ai remis à mes ados amoureux le tube de protection solaire tout en les menaçant de les badigeonner moi-même s’ils ne se pliaient pas à mes ordres. Non parce que comme je passe l’année à les voir sortir sans parapluie alors qu’il tombe des cordes ou sans écharpe quand le blizzard décorne les hippocampes, j’imagine bien que dans leur toute puissance, ils se persuaderont que le soleil ne leur laissera aucun souvenir !
Et là quelle ne fut ma surprise … ils ont pratiquement vidé le tube tout neuf. Et sont rentrés après deux jours de plein soleil sans la moindre rougeur.
Wha ! scotchée là ! Même si en même temps j’ai lourdement pensé que t’ain ! qu’est ce qu’ils sont chochottes les ados d’aujourd’hui !!!!
L’autre soir, nous devisions ma fille et moi sur les vacances qui approchaient et l’éventuel espoir que j’osais caresser qu’elle fasse un peu moins la gueule que l’an dernier au cours de notre mois sur l’eau.
- Ah mais ça va mieux cette année et puis je sais qu’il pourra nous retrouver de temps en temps et puis je vais moins m’ennuyer puisque je me suis remise à lire donc on pourra aller toutes les deux sur la plage avec nos livres.
Déjà, vous imaginez quelle joie, quel bonheur est venu remplir mon cœur tout entier.
- Par contre, est ce que tu pourrais acheter un parasol un peu plus grand ?
- Ben ? pourquoi ?
- Pour que je puisse lire sous le parasol parce que le soleil bof quoi
- Oui bon ok ma fille, je sais que je t’ai bassinée depuis toute petite avec les méfaits du soleil, mais bon on ne va pas sur la plage aux heures où on crame le plus et puis j’ai ce qu’il faut pour vous protéger, tu ne vas pas passer ta vie à l’ombre ??? si ?
- Ben … j’ai pas trop envie de bronzer là …
Pincez-moi, à part Rahan, je crois que c’est la première personne humaine qui vienne me dire en face droit dans les yeux qu’elle compte passer tout un été sur la plage ou sur l’eau sans bronzer.
- Bronzé, on ne l’est jamais vraiment, on est juste halé tu le sais, même moi je n’aime pas passer des heures sur ma serviette et puis on se protège
- Ah oui mais même halé … bof.
- Quoi ? tu veux rester blafarde tout l’été ??? tu veux ressembler à tes cousins qui débarquent de Paris ????
- Ben oui.
- MAIS POURQUOI ??????
- Ben parce que avec le noir … mes cheveux, mes vêtements .. avec mon look, avec mon style, avec mon maquillage … ça le fait pas d’être bronzée quoi.
???????????????
AHHHHHHHHHHHHH !!!!!!!!!!!!! OK OK OK OK OK OK !!!!!
Du coup, tout d’un coup, j’ai compris pourquoi elle ne voulait jamais aller à la plage quand ses amis l’y invitaient et pourquoi même quand on sort en bateau, elle se trouve un coin d’ombre … d’un coup d’un seul, tout est devenu limpide.
Et voilà, j’ai la solution à tous vos problèmes, vous qui craignez plus que tout que vos enfants ne se choppent un cancer de la peau sur les plages ensoleillées du sud de notre joli pays …. Faites en des mét*alleux–got*hik et vous verrez, ce sont eux qui viendront vous piquer la crème solaire au fond de votre sac de plage.
Faudrait juste qu’elle essaie de convertir Timousse, que je passe des vacances cools cette année …
18 juin 2009
Une orgie de spaghettis
Je crois en avoir déjà parlé ici il y a un moment, il y a une émission que je regardais gamine et que j’adorais.
Avec les marionnettes et la grenouille en sucre.
Outre les petits vieux qui me faisaient mourir de rire même si je ne comprenais pas toutes les subtilités des dialogues, nous avions des mini-sketchs joués avec des marionnettes si possible monstrueusement moches et monstrueuses.
L’un de ces sketchs m’a vraiment marquée. On apportait deux énormes plats de spaghettis aux deux monstres. Le premier se jetait dessus voracement tandis que le second le regardait vider son assiette en trois coups de fourchettes. Une fois que vorace avait terminé son massacre, le second se décidait à déguster son propre plat. Spaghetti par spaghetti. Le comique du sketch, c’était de voir les mimiques qu’ils arrivaient à produire avec la marionnette vorace qui regardait son compagnon manger les spaghettis un par un. Une heure plus tard, le dernier spaghetti est sifflé et vorace se relève tout soulagé de la léthargie désespérée dans laquelle le repas de son ami l’avait plongé . C’est là que le second plat de spaghetti arrive. Et qu’il est attaqué spaghetti par spaghetti. J’adorais voir vorace en tomber de sa chaise, au fond du désespoir.
Quand j’étais petite, je me contentais d’associer ce sketch à notre vie de ma famille. Je me souviens qu’à l’heure des pères noëls en chocolat, ma jeune sœur se jetait dessus pour le dévorer tandis que moi j’aimais à faire durer le plaisir. La peur de ne plus en avoir était plus forte que ma passion du chocolat.
Une fois adulte, j’ai souvent repensé à ce sketch en d’autres circonstances, un clin d’œil imagé sur la vie de tous les jours.
Si nous possédons le plus beau des bateaux du monde, quelques petits travaux de réfection sont tout de même nécessaires. Bon ok, ça fait 7 ans que Rahan réfectionne avec du matériel-de-merde-qui-coûte-une-fortune et ok, la liste n’en finit jamais de s’allonger. Avant que d’attaquer les travaux de la mort qui tue jusqu’au compte en banque, nous avons un léger problème de hublots latéraux.
Ceux que les architectes ont eu la bonne idée de plaquer sur chaque côté, des espèces de meurtrières moches dedans comme dehors qui en plus ne s’ouvrent pas.
Nous aurions bien laissé ces horreurs en place car l’heure est plus aux travaux de maintient à flot qu’à l’esthétisme, mais bon. Y’a urgence. Quand il pleut dehors, il pleut dedans.
Croyez pas, nous avons déjà tenté toute forme d’étanchéité en vain avant de nous résoudre à tout changer. Et on commençait à en avoir ras le pompon de colmater les fuites avec des serviettes. Nous avons bien entendu glané des témoignages ici et là sur des amis possédant le même type de bateau que nous. Des plus excessifs « moi j’ai tout arraché, j’ai fait de la stratif et basta, c’est fermé maintenant » au plus barges « moi j’ai contacté le chantier, ils ont tout viré et posé à la place des panneaux ouvrant y’en a eu pour une fortune mais au moins ça fuit plus. » Ouaich, et ton compte en banque, c’est plus une fuite qu’il a eu, c’est une inondation.
Comme nous sommes des personnes sensées, posées, responsables avec une petite famille à nourrir, nous avons opté pour la seconde solution sauf que c’est Rahan qui s’y colle à la place du chantier.
A raison de 1 000 € LE panneau ouvrant, sachant qu’il y en a 8 à poser, je vous laisse faire le calcul. Ajoutez à cela l’achat du petit matériel qui va avec tout ça et que les seules boutiques qui en vendent en sont dépourvues la plupart du temps, vu qu’ici le mot « stock » est un gros mot.
Rahan a donc commencé les travaux en mai, lorsque la météo a enfin cessé de verser toutes les larmes de son ciel sur nos pauvres têtes. J’ai réussi, avant qu’il ne s’y lance à corps perdu, à nous octroyer deux week-end en mer vu qu’après, je savais que c’était foutu. Ben j’ai bien fait.
Le but du jeu est d’installer deux panneaux à la fois. Sachant que pour les deux premier, c’est urgentissime, les deux autres, c’est urgent, les quatre derniers, c’est pour conserver une uniformité sur le pont.
D’abord, il a fallu retirer les anciens panneaux qui bien entendu au fil des années étaient littéralement soudés avec la structure du bateau. Puis il a fallu découper pour faire entrer les nouveaux panneaux. Rahan n’a pas voulu le samedi parce qu’il y avait du vent qui soufflait dans la direction de nos voisins qui lavaient leur bateau. Rahan ne l’a fait que le dimanche soir vu que dans la journée, on crevait de chaud.
La semaine suivante, il a fallu poncer et enduire avec de la choucroute. Non pas la vraie qui se mange, on n’est pas QUE débiles.
C’est là que ça c’est corsé si j’ose dire. Ben oui. Si enfin, il ne flottait plus (que le premier qui me cause sécheresse sur l’île cet été je le pulvérise avec ce qui nous tombe sur la tronche depuis deux ans) si il ne flottait plus donc, il s’est mis à faire chaud. Très.
Nous voici donc à calculer à quelle heure la température extérieure chute assez pour qu’on puisse bosser sans que la choucroute ne devienne inutilisable. Pas avant 20h (le matin, c’est pas possible, je dors). Fort heureusement, nous vivons à l’Est, le soleil se couche plus tôt. Donc la température était bonne vers 20h. Sauf que là tu te magnes le train sévère parce qu’après, t’es dans le noir complet. Sauf qu’en plus, c’est l’heure que choisissent les amis pour venir boire un coup à bord.
J’ai donc passé toute cette première semaine avec des vieux tissus à la place des panneaux, pour boucher les trous laissés par les anciens et là ça commençait à me chatouiller.
Vu que Rahan ne travaille pas la semaine, puisque la semaine il travaille et que ça le fatigue assez comme ça.
Le week-end arrive, on termine de poncer tout propre mais pas à n’importe quelle heure parce qu’il faut respecter les autres, la sieste, l’apéro et les heures de repas. En fait, je soupçonne Rahan d’être plus corse que moi, tout breton qu’il est.
Le samedi suivant, Rahan doit acheter les vis et le silicone qui fera office d’étanchéité pour les panneaux. Rahan a pensé à commander les vis dans la semaine (parce que bien entendu, le stock, c’est tabou ici) mais il s’est dit qu’il attendrait samedi pour acheter le silicone. Le seul magasin qui en vend ferme à midi le samedi et bien entendu, Rahan ne s’est souvenu qu’il devait l’acheter qu’à midi 15.
Là voyez vous, on se demande si nous n’assisterions pas à une série d’actes manqués. Pour rester poli.
Le samedi suivant, Rahan a le silicone, il pose un premier panneau et s’aperçoit qu’il n’en a pas assez pour les deux panneaux et mieux, il s’aperçoit aussi que les vis sont trop courtes.
Rahan, il a construit un bateau pendant quelques années, il en a fait une petite merveille. Rahan, c’était le genre organisé qui avait tout ce qu’il lui fallait sous la main, même pour équiper les voisins. Et là, Rahan nous fait durer le plaisir en investissant dans des vis qui ne sont pas à la bonne taille et que bien sur, c’est la faute à la boutique qui les lui a vendues. J’ai comme la sensation qu’il a plus envie. Ou alors, il fait comme Timousse, il cherche mes limites.
Le samedi suivant, je rentre de mon séjour parisien. Vous noterez que nous sommes déjà le 12 juin et qu’aucun panneau n’est fixé alors que deux sont en état de pause.
Voyant Rahan se préparer pour une sieste de deux à trois heures, je lui demande s’il a résolu son histoire de taille de vis. Ca lui a fait l’effet d’une douche, il a jeté un dernier regard d’adieu à sa couche et a fixé définitivement un panneau sur deux. Vu que s’il avait enfin les vis à la bonne taille, il n’avait toujours pas assez de silicone pour le second. Zen.
Hier soir, alors que nous sommes en semaine et contre toute attente, il a terminé le second panneau. Nous voici étanches du côté le plus craignos du bateau en matière de fuite, même si seulement 2 panneaux sur 8 sont posés. Les vieux tissus qui bouchaient les trous et les sacs poubelles scotchés qui bouchaient de l’extérieur ont enfin disparu, nos panneaux s’ouvrent et laissent glisser la brise marine.
Et je vois Rahan se diriger vers l’autre côté du bateau, là où ça fuit aussi quand il pleut sauf que c’est moins grave, ça fuit au-dessus de l’évier.
Et Rahan retire deux vieux panneaux et pose son vieux tissu, ses sacs poubelles scotchés à l’extérieur.
C’est bon me dit-il, ça devrait aller plus vite, j’ai pris le coup.
Et là vous voyez, là, j’ai vu un énorme plat de spaghettis arriver sur la table et déposé sous la fourchette de Rahan qui a commencé à les déguster un par un.
16 juin 2009
Paris
Ne criez pas trop vite victoire, je ne suis pas tombée à une note par semaine, j’étais juste absente.
Trois jours dans la capitale, pour le boulot.
A raison de 8 heures de temps de boulot.
Pour la totalité de mon micro séjour.
ELLE EST PAS BELLE LA VIE ???? HUM ?????
Bon j’ai quand même bossé. Un peu sur les 8 heures. Après tout, c’était un déplacement professionnel.
J’ai donc quand même bossé. Un peu. Mais alors la baignoire dans la chambre d’hôtel 3 étoiles, quand je l’ai vue la baignoire, en plus de la douche, quand j’ai vu la baignoire, j’ai tout planté là sur place et j’ai foncé au premier Séph’ du coin pour m’acheter un tocu de putain de bain moussant de la mort qui tue qui sent trop bon et qui mousse trop bien.
En plus, sur les 8 heures de temps de boulot où j’ai un peu travaillé, j’ai même trouvé le moyen d’arriver en retard à mon premier rendez-vous. D’une petite heure. Une toute petite heure quoi. Peut être même et demie. De toute façon, c’était la faute à Boss, il a voulu qu’on aille manger un morceau dans un restaurant de la mort qui tue elle aussi, alors forcément, à 15 heures on y était encore au restau.
Et à 18 heures, j’étais libre comme le vent. Nous avions convenu avec Sieur Gilsoub, nous l’appellerons Gilsoub, Gilsoub le grand (en plus il est grand) de nous retrouver vers 20h30 au restau chinois dans le 13ème. A 19 heures, je me suis offert une petite promenade toute seule dans Paris, un arrêt à une terrasse de café au soleil (si si, au soleil) avec mon dernier roman en main, histoire de me prélasser. Et de me remettre d’une difficile journée de boulot de … euh …. 2 heures de boulot effectif. Grand maximum. Avec des pauses d’une demi-heure entre chaque demi-heure. T’ain j’adore les déplacements pour le boulot moi !
A 21h, Mapping, nous l’appellerons Mapping, Mapping le grand (en plus il est grand) m’a appelée pour me dire qu’il m’attendait avec Caludine, nous l’appellerons Caludine, Caludine la petite comme moi, en bas de l’hôtel … oui oui, je sais, nous avions réservé pour 20h30. C’est là que Gilsoub a commencé à me harceler au téléphone. J’sais pas, il devait s’ennuyer. Parce que déjà, il a fallu trouver la rue. Dans le 13ème. Et comme Mapping c’est un mec, Mapping il préfèrera tourner mille fois autour de la même place et emprunter autant de fois la même rue (même en sens interdit s’il le faut) mais jamais il ne demandera son chemin. M’en fou, je peux dire du mal, il vient jamais lire.
A la fin, comme je ne voulais plus répondre aux appels exagérément répétés de Gilsoub (qu’était pas non plus fichu de nous expliquer comment nous rendre à ce putain de restaurant vue que Monsieur ne savait plus quelle rue il avait empruntée pour ça) j’ai menacé Mapping de le forcer à s’expliquer au téléphone avec Gilsoub. Et Mapping a enfin daigné demander son chemin.
Nous avons d’ailleurs croisé la route pour la cause d’une charmante personne. Qui nous a tout d’abord informé de la longueur de la rue en question.
- Donnez-moi un indice, une information, je vous explique
- Ben c’est un restaurant chinois qu’on cherche.
Oui, oui, la dernière phrase, elle vient bien de moi. C’est moi qui aie précisé à la charmante jeune femme que nous cherchions un restaurant chinois. En plein cœur du 13ème. Ca a jeté … comment dire … comme un froid. La charmante jeune femme m’a donc enveloppée d’un regard incrédule (elle se fou de ma gueule la blonde là ?) puis d’un sourire pincé …
- Oui bon, en même temps, un restaurant chinois, ici, ce n’est pas une indice qui va faire avancer les recherches ….
Et effectivement, lorsque Mapping a enfin trouvé la rue -après une dizaine de coups de fils d’un Gilsoub légèrement inquiet (vous comptez la trouver quand la rue ?) – nous avons pu constater qu’elle était très, très grande. Et euh … comment dire …. Parsemée de restau chinois de part et d’autre de la rue.
15 coups de fils de Gilsoub plus tard (oui, oui, on a trouvé la rue maintenant faut qu’on trouve à se garer) Mapping a enfin trouvé une place. Devant le restaurant. C’était bien la peine de tourner mille fois, on aurait attendu sur place qu’une place se libère, c’eut été mieux. Enfin moi je dis ça, je dis rien.
Bien entendu, le restaurant chinois retenu (sur les conseils d’une copine, merci la copine) était le plus moche, le moins attirant, nous sommes tombés dans le restaurant le plus …. Le moins …. Ce que vous voulez de toute la rue.
Moi je dis fallait quand même le faire ! C’était pas dégueu, mais c’était pas le meilleur non plus. Loin de là.
En plus, t’arrives, tu t’installes, le patron te murmure un ah quand même ! ben oui mais bon, c’est la faute à Mapping qui n’est jamais à l’heure, et tu sais quoi ? Alors là, j’ai halluciné tellement j’ai jamais vu ça de ma vie ….
Y’a même pas de verre !!!! Tu sais, le truc pour boire.
Si si ! j’te jure ! j’ai fait le tour des tables du restaurant … pas un verre à table ! T’as déjà vu ça toi ? Moi jamais !
Sérieux ? c’est quoi ce bordel ? Même qu’il a fallu pleurnicher, supplier, attendre pour avoir l’immense honneur d’oser demander un petit apéro maison. Servi dans le verre de l’apéro maison. Et après, tu te démerdes. Après, tu bois dans l’assiette vu que t’as même pas le rince doigt pour régaler !
Non mais sérieux ? t’as déjà vu ça toi ? un restaurant avec pas un seul verre à table !!!! les tables dressées, et pas de verre ! Parait que j’étais chiante avec ça, paraît que je parlais un peu fort en râlant qu’il n’y avait pas un putain de verre sur les tables du restau ! Mais sérieux ? Merde quoi !
Enfin bon, nous avons tout de même passé une super bonne soirée vu que j’étais avec des amis de longue date maintenant, heureusement qu’ils étaient là pour relever le niveau.
Parce que même pas les serviettes chaudes à la fin du repas hein ! Et le petit alcool de riz qu’on te propose à la fin … que dalle ! de toute façon, y’avait pas de verre pour le boire. Bon ok, d’ordinaire, je dis non merci vu que je n’aime pas ça. Mais au moins ai-je la possibilité de dire non merci, c’est très gentil, mais non merci. Oui ça va, je dis pas non plus que j’aime pas ça, je dis juste non merci ! Ben là, même pas. Pas pu refuser puisqu’on ne me le proposait pas ! ce qui est bien dommage parce que si le tenancier de ces lieux me l’avait proposé, me serais fait un plaisir de lui demander s’il comptait nous le faire boire à la bouteille direct.
Ben oui, vu qu’il n’y avait pas un seul verre à table. Que tu peux te retourner dans tous les sens, en te disant que pas grave, tu vas en piquer à la table d’à côté … tu peux pas. Y’a pas de verre.
Et quand j’y pense, on était tellement perturbés (enfin oui, ok, surtout moi) par le manque de verre qu’on n’a même pas demandé une petite bouteille de vin à table. Que même le patron ne nous a pas proposé à boire hein ! d’habitude, il dit « et avec ça ? vous allez boire quelque chose ? » et là normalement tout le monde s’interroge du regard (est-ce que lui il picole ? non parce que si je suis seul à demander du vin, ça craint quoi) et tu réponds de l’eau, du vin, de la bière, du coca, du rhum, je sais pas moi .. un truc qui se boit. Dans un verre. Sauf que comme il ne nous a rien demandé, ben on n’a pas pensé à en réclamer.
Sauf que moi, j’ai demandé de l’eau quand même. En précisant avec des verres. Des fois que.
Bon sinon, c’était vraiment une excellente soirée, on a beaucoup parlé (surtout moi) on a beaucoup ri et on a peu picolé. De l’eau. Dans des verres qu’il nous a fallu réclamer.
Ce qui fait qu’au moment du café, vous pensez bien que nous avons préféré nous enfuir de ces lieux. Avant que le patron ne nous en propose pas. Vu que si je lui avais demandé un café verre, il m’aurait peut être prise pour une provocatrice suicidaire. Comme la charmante personne à qui j’ai annoncé que nous recherchions un restaurant chinois. Enfin bref.
Nous avons remonté la rue à pied pour trouver un café digne de ce nom, je regardais ce faisant les restaurants chinois qui remplissaient la rue. Ben vous savez quoi ? ils avaient TOUS des verres à table ! Sans dèc ! le seul restau qu’on aie trouvé dans une rue où il n’y a que ça des restaus, le seul dans lequel nous sommes allés, c’était le seul où il n’y avait pas l’ombre (ni même la marque) d’un verre à table. Qui veut l’adresse ?
La soirée s’est terminée trop tôt, c’est toujours trop tôt quand on est bien.
Et à deux heures du matin, je me plongeais dans un délicieux bain moussant brulant à souhait, la télé dans mon champ de vision ….seule, délicieusement seule. Le grand luxe quoi.
Et sur la tablette de la baignoire, manquait plus que la coupe de champagne, à défaut de verre, pour accompagner cette douce fin de nuit.
Y’a pas, j’adore les déplacements pour le boulot.
09 juin 2009
Contemplation et idées reçues
Des fois j’oublie, des fois pas.
Pour participer, il faut trouver une photo sur le thème « contemplation ». Les explications sont là : http://www.jathenais.info/files/0e0a669f472162570e91185a0881141e-154.php
Pour ma participation, j’ai donc retrouvé celle-ci dans mes archives.
Boudeuse contemplait une bestiole dans l’eau et ça ne se voit pas très bien mais elle tient des mèches de ses longs cheveux dans chaque main des fois que la bestiole s’y accroche. Je me souviens qu’elle avait une sacré pétoche d’où la position quelque peu étrange. Surtout ne lui en parlez pas, elle ne me pardonnera jamais de l’avoir publiée !
C’était il y a quelques années à peine et je me disais en retrouvant cette photo qu’elle avait drôlement changé en si peu de temps. De l’enfance à l’adolescence …
Ben tiens, d’une pierre deux cailloux, cette note participative m’inspire une note rectificative.
Afin de taire une rumeur totalement injustifiée que nombre de parents font circuler sur les ados. Honte à vous d’ailleurs, parents d’ado.
Y’a des gens qui disent que les ados, ils n’ont pas tout compris au rythme des saisons. Qu’ils s’habillent comme en été en hiver et qu’ils s’habillent comme en hiver en été. Et que beaucoup le font par esprit de contradiction pour nous prouver qu’ils ne sont pas comme nous, vieux parents décrépis. Est ce que vous allez arrêter de les prendre pour des crétins nos ados ?
C’est vrai que lorsque je vois Boudeuse partir les matins d’hiver, j’ai froid. Même s’il n’est pas trop rigoureux dans le sud, c’est l’hiver quoi.
- Mais ??? tu ne vas pas partir avec ce gilet ?
- Ben quoi ? il ne me va pas ?
- Ce n’est pas un vêtement assez chaud ! mets ton manteau
- Mais j’ai pas froiiiiiiiiiid
- Enfile ton manteau !
- Mais j’ai pas froiiiiiiiiiiid je te diiiiiiiiiiiiiiiis
- Enfile ce putain de manteau !!!!
- C’est-pas-juste-tu-me-traites-comme-une-gamine-tu-me-comprends-pas-toujours-à-me-dire-ce-que-je-dois-faire-j’etouffe-je-sais-quand-même-ce-que-je-dis-et-j’ai-pas-froid etc ….
- Et ces collants ? c’est quoi ces collants ?
- Ben des collants voiles ! quoi ??? ils ne me vont pas ????
- Si si mais là tu vois, il pleut et il fait super froid alors tes petits collants c’est comme si tu n’avais rien sur les jambes là ! on est en hiver je te rappelle !
- Ben oui mais j’ai pas froiiiiiiiid !
- T’as peut être pas froid mais tu vas être trempée
- Ben ça sèchera plus vite
- CHANGE MOI CES PUTAINS DE COLLANTS !
- C’est-pas-juste-tu-me-traites-comme-une-gamine-tu-me-comprends-pas-toujours-à-me-dire-ce-que-je-dois-faire-j’etouffe-je-sais-quand-même-ce-que-je-dis-et-j’ai-pas-froid etc ….
- Et ces chaussures ? Mais ça va pas la tête ? tu ne vas pas partir avec ces chaussures quand même ?
- Ben quoi ? elles ne me vont pas ?????
- Euh véto là mais … elles sont ouvertes là tu vois, il fait froid et il pleut !
- Elles sont fermées aux talons et aux orteils elles sont pas ouvertes mes chaussures !
- Peut être mais tout le reste est ouvert. Non mais t’es pas claire hein ! change de chaussures aussi
- Mais j’ai pas froiiiiiiiiiiiiiiid !
- Tu ne vas pas marcher sous la pluie avec ces trucs tu vas patauger dans l’eau toute la journée
- Ben justement, avec les talons, je reste au-dessus des flaques !
- CHANGE MOI CES PUTAINS DE CHAUSSURES !
- C’est-pas-juste-tu-me-traites-comme-une-gamine-tu-me-comprends-pas-toujours-à-me-dire-ce-que-je-dois-faire-j’etouffe-je-sais-quand-même-ce-que-je-dis-et-j’ai-pas-froid etc ….
Arrive enfin l’été. Oui parce que je sais pas si vous avez remarqué, mais y’a plus d’saisons ma bonne dame. Maintenant on passe direct de l’été à l’hiver, de l’hiver à l’été, exit les saisons intermédiaires.
Arrive donc l’été.
Et le matin, lorsque je vois Boudeuse se préparer pour passer la journée à la plage avec nous … je dégouline de sueur. Et l’été chez nous, c’est très vite vraiment l’été.
- Mais ??? tu ne vas pas partir avec ce gilet ?
- Ben quoi ? il ne me va pas ?
- Mais il fait beaucoup trop chaud !!!! tu vas avoir un malaise là !
- Mais j’ai froiiiiiiiiiid
- Enlève ce gilet !
- Mais j’ai froiiiiiiiiiiid je te diiiiiiiiiiiiiiiis
- Tu es en manches longues dessous (oh putain je suis à la limite du malaise rien qu’à voir ça) Enlève ce putain de gilet !!!!
- C’est-pas-juste-tu-me-traites-comme-une-gamine-tu-me-comprends-pas-toujours-à-me-dire-ce-que-je-dois-faire-j’etouffe-je-sais-quand-même-ce-que-je-dis-et-j’ai-froid etc ….
- Et ces collants ? c’est quoi ces collants ?
- Ben des collants ! quoi ??? ils ne me vont pas ????
- Si si mais là tu vois, il fait 40° à l’ombre et y’a pas un pet d’air alors tu vas macérer là-dedans quelque chose de grave ! D’autant que si tu perds de l’eau via la transpiration, au vu de ton épaisseur, il ne va vraiment plus te rester que la peau sur les eaux. On est en été je te rappelle !
- Ben oui mais j’ai froiiiiiiiid !
- T’as peut être froid mais tu vas crever là, enlève.
- Mais non mais ça me donne pas chauuuuuuuud !
- VIRE MOI CES PUTAINS DE COLLANTS !
- C’est-pas-juste-tu-me-traites-comme-une-gamine-tu-me-comprends-pas-toujours-à-me-dire-ce-que-je-dois-faire-j’etouffe-je-sais-quand-même-ce-que-je-dis-et-j’ai-froid etc ….
- Et ces chaussures ? Mais ça va pas la tête ? tu ne vas pas partir avec ces chaussures quand même ?
- Ben quoi ? elles ne me vont pas ?????
- Euh véto là mais … elles sont fermées là tu vois, même aux orteils on a trop chaud là !
- Elles sont fermées qu’aux talons et aux orteils elles sont pas fermées mes chaussures !
- Ah ben tiens, parlons-en des talons. Non mais t’es pas claire hein ! ON VA SUR LA PLAGE !!!!! change de chaussures aussi !
- Mais je sais marcher sur le sable avec les chaussures !
- Tu ne vas pas marcher sur le sable avec ces trucs tu vas les flinguer et tu vas te vautrer
- Ben si il faut, je les enlèverais quand on sera sur le sable !
- CHANGE MOI CES PUTAINS DE CHAUSSURES !
- C’est-pas-juste-tu-me-traites-comme-une-gamine-tu-me-comprends-pas-toujours-à-me-dire-ce-que-je-dois-faire-j’etouffe-je-sais-quand-même-ce-que-je-dis-et-j’ai-froid etc ….
Voilà. En fait, ce n’est pas que les ados ils s’habillent en comme en hiver l’été et comme s’ils étaient en été l’hiver, pas du tout !!! c’est une idée reçue ça M’sieur Dame !!!! Et ce n’est pas du tout qu’ils ont l’esprit de contradiction à nous soutenir qu’ils crèvent de chaud par -50 ° où grelottent de froid par +50° à l’ombre, pas du tout.
Eté comme hiver, les ados s’habillent exactement de la même façon, inexorablement. Ce sont les mêmes vêtements, exactement les mêmes, on va les appeler non plus les vêtements d’hiver ou les vêtements d’été mais les vêtements d’ados.
Allez, si vous êtes sages, la prochaine fois je vous explique l’attitude de certains ados sur la plage.
08 juin 2009
Petit d'homme
J’avais à peine dépassé la vingtaine quand un ami avait proposé de me tirer les cartes.
C’était un jeu pour moi, de ces jeux auxquels j’aimais à me prêter pour pimenter une soirées mais je n’ai jamais cru au destin, aux diseuses de bonne aventure, au mauvais sort et aux lignes de la main, même si je joue le jeu des croyances pour le fun.
Mon ami voyait un enfant, qui transformerait la petite fille que j’étais encore. Puis l’homme de loi, la guerre et beaucoup de larmes. Il voyait un autre homme et un amour infini. Puis un second enfant, une décennie plus tard. Et le deuil lié aux naissances de mes enfants.
J’étais jeune, je passais une bonne soirée en sirotant un thé à la menthe brulant, j’avais donc oublié les prédictions le lendemain matin.
Les années ont passées, Boudeuse est venue au monde me faisant mère et femme. A la fin de ma grossesse, ma marraine que j’aime comme une seconde maman est morte d’une longue maladie que l’on m’avait cachée.
J’ai quitté le père de ma fille lorsqu’elle avait deux ans et ce fut le début d’un long et douloureux combat juridique et humain. Mais entre temps, j’ai découvert l’amour le vrai, un homme dont je me sentais si proche que j’avais la sensation de le connaître depuis toujours au premier regard échangé.
Il y a presque dix ans, j’annonçais à cet homme que nous entrions dans une année décisive. Soit nous agrandissions notre famille en réalisant l’un de mes nombreux rêve, soit Boudeuse restait fille unique. Jusqu’à ce jour, Rahan s’était toujours fermement opposé à l’idée même d’être père, biologiquement s’entend puisqu’il élevait Boudeuse depuis ses deux ans. Mais j’ignore pourquoi, Rahan changea d’avis. Et la nature fut plus que clémente, elle exauça notre vœu plus vite que nous ne l’aurions cru. Un mois plus tard, j’offrais à Rahan une petite paire de chaussons. Timousse grandissait dans mon ventre. Celui-ci s’arrondissait à peine que j’enterrais ma grand-mère.
Mon ami avait donc vu juste, je me suis souvenue de ses mots le jour de la mort de ma grand-mère. Je ne crois toujours pas au destin, aux diseuses de bonne aventure, au mauvais sort et aux lignes de la main, ce sont pourtant ses cartes qui m’ont dévoilé un peu de ce qui m’attendait.
A chaque anniversaire de mes enfants, les souvenirs affluent. J’ai eu la chance de pouvoir mettre au monde mes enfants le plus naturellement du monde, même si la première était de siège et le second un très gros et grand bébé. J’ai eu la chance de ne souffrir que très peu de temps puisque le travail n’aura duré que 2h30 pour la première et 1h30 pour le second. J’ai eu la chance de pouvoir tenir mes deux enfants dans les bras à peine sortis de mon ventre et de les nourrir sans la moindre difficulté.
Le jour de ta naissance, petit d’homme, il y avait tellement de monde dans notre chambre que j’ai eu beaucoup de mal à faire connaissance avec toi. Et puis l’heure des visites est passée et en quelques secondes le silence de la nuit nous a enveloppés. Tu venais de téter, encore tout bousculé par ton entrée dans la vie. Et moi, je te tenais sur mes genoux, ta tête au creux de ma main, tes yeux plongés dans les miens. A peine venu au monde, tu soutenais déjà mon regard. Et là je t’ai parlé tu t’en souviens ? je t’ai parlé doucement, en caressant le coin de tes lèvres. Je t’ai dit bonjour petit d’homme, je suis ta maman. Et tu t’appelles Timousse. J’ai un peu peur de ne pas savoir m’occuper de toi tu sais, j’ai même très peur de ne pas pouvoir m’occuper d’un petit garçon. Mais je vais essayer parce que j’ai tellement d’amour en moi que je vais essayer. Bonjour petit d’homme, je suis ta maman et je t’aime.
J’aurais pu me noyer dans tes yeux de nourrisson et je ne saurais dire combien de temps nous sommes restés ainsi toi et moi, à nous regarder en silence.
Dimanche, nous sommes passés devant la maternité et nous t’avons montré la chambre où tu avais poussé ton premier cri. Ton père était ému de ce souvenir. De cette première fois où, dans son habit bleu, il te portait dans ses bras. Dimanche, je me suis tournée vers toi pour te parler et tes magnifiques yeux bleus ont happé les miens comme au premier jour.
C’était il y a 8 ans, 8 ans de bonheur avec toi petit d’homme, et encore plein d’années à venir.
Bon anniversaire mon grand petit garçon.
05 juin 2009
Et lundi, alors là lundi ....
Alors je vous aurais bien fait une note à suspens histoire que vous puissiez vivre l’attente comme moi, mais j’en suis incapable. PUTAIN JE VAIS ALLER VOIR YOU TOU EN CONCERT !
Comment voulez-vous que je garde une telle nouvelle pour moi tout au long d’une note hein ? PUTAIN JE VAIS ALLER VOIR YOU TOU EN CONCERT !
Pour comprendre ma réaction qui pourrait sembler excessive à certains, PUTAIN JE VAIS ALLER VOIR YOU TOU EN CONCERT ! il faut savoir que mon premier concert, je l’ai vécu avec le premier concert de ma fille, il y a 6 ou 7 ans. Ouaich ! et chez nous. Ce qui veut dire un petit concert (même si c’était un grand artiste) avec peu de monde, dans le cocon de ma ville. Voilà, écrasez une larme, c’était ma partie Causette.
Bref. PUTAIN JE VAIS ALLER VOIR YOU TOU EN CONCERT !
En début d’année, j’ai su que YOU TOU allait faire sa petite tournée de concerts. Et là faut savoir que pour moi ce groupe, c’est LE groupe qui a bercé ma jeunesse et mes plus vieilles années. Je suis une fan fanatique, ils font partie des rares dont je peux reconnaître les intros, c’est dire ! Et bien entendu, à peine on apprenait que YOU TOU se produisait en concert que déjà c’était complet PUTAIN DE MERDE !
Alors bien entendu, j’ai fait la gueule à Rahan parce que c’était sa faute à lui. Il n’avait qu’à réagir dans les temps et penser que j’avais envie d’aller les voir et prendre aussitôt les billets sur Internet.
Le jour où Boudeuse m’a apprit que Miouse allait faire la première partie pour certains concerts, j’ai faillir faire un malaise. Mes deux groupes mythiques en une seule soirée vous imaginez ? bon c’est un doux rêve qui restera au statut de rêve. Les jours qui ont suivis, mes enfants ont régulièrement consolé mes « je ne verrais jamais YOU TOU en conceeeeeeeeert bouuuuuuuuuuuuuu ! » Sauf que PUTAIN JE VAIS ALLER VOIR YOU TOU EN CONCERT !
Et voilà, lundi arrive avec son flot de surprises. Et une toute première constatation qui m’a super énormément émue. Je vais vous en apprendre une bien bonne : il y a des gens qui m’aiment !
Quelques jours plus tôt, Rahan m’avait demandé comme ça
- On a des bougies anniversaires ?
- Euh oui, pour Timousse j’en ai acheté oui.
- Mais non pour plus grand.
- Euh … pour Boudeuse, non pas encore mais enfin on a le temps hein, c’est fin juillet
- Mais non pour plus grand.
- Euh ? plus grand ? moi ? Euh … je sais pas pourquoi moi ?
- Et bien parce que j’ai commandé un gâteau d’anniversaire pour toi et je te préviens avant que tu n’ailles pas le commander de ton côté en te disant que comme-d’habitude-personne-n’a-pensé-à-toi-que-si-c’est-pas-toi-qui-prépare-personne-ne-fait-rien-même-pour-ton-anniversaire donc le gâteau, c’est prévu.
Wha ! Rahan a prévu un gâteau pour mon anniversaire, pincez moi !
En plus, y’a des gens qui m’aiment.
Non parce qu’il y a aimer et aimer quoi. Mais là lundi, déjà il y avait ma Boudeuse qui a décrété que ce jour était un jour sacré et elle a tout fait pour que je le sache. Elle n’est pas sortie avec scooter bout de ponton. Vous êtes fâchés ? noooooooooooooon ! il est occupé ? nooooooooooooooon ! mais alors vous êtes fâchés ! NOOOOOOOOOOOOOON ! ah bon. Mais …. Il ne vient pas ? vous êtes fâchés ? NOOOOOOOOOOON ! je reste avec toi parce que c’est ton anniversaire ! Et là, ça m’a trouée à moi, la maman, de voir que mon ado de presque 17 ans avait décidé toute seule de passer la journée avec moi et de s’occuper de moi.
Bref. PUTAIN JE VAIS ALLER VOIR YOU TOU EN CONCERT !
Donc miracle, elle est restée avec nous toute la journée et elle était vraiment avec nous. Ma Boudeuse. Qui ne boudait pas. Et puis le matin, des amis sont passés comme ça, pour m’offrir des fleurs. Un peu plus tard, notre voisin pêcheur m’offre 4 langoustes pour le repas du soir. Et puis après déjeuner, mes enfants arrivent avec leurs cadeaux. Et dans le lot je trouve le coffret de la parfaite groupie de YOU TOU avec le DVD, le CD, le livre, même le tee-shirt à leur effigie.
Voilà, je bisoute tout le monde, je suis super contente, ça fait un moment que j’attends d’avoir le dernier album de YOU TOU pour pouvoir me l’écouter sur mon Itruc, dans ma voiture, au boulot, chez moi … tout va bien. Et en plus … PUTAIN JE VAIS ALLER VOIR YOU TOU EN CONCERT !
Mais personne ne bouge tandis que je feuillète l’album de YOU TOU. J’arrive à la fin et je vois une enveloppe. Pensant à une carte anniversaire, je l’ouvre l’air de rien et je découvre des cartes postales représentant le stade de France et là je me dis que là, Rahan il se fou un peu de ma pomme à me retourner le couteau dans la plaie le jour de mon anniversaire BORDEL !
Une carte postale, deux cartes postales, un carton avec des numéros un peu partout et le mois de juillet qui revient à plusieurs reprises. Sans comprendre, je les glisse d’une main à l’autre, bah. Elles iront bien dans mon album souvenir. Souvenir du concert que je vais louper. Et puis en cherchant à les remettre dans l’enveloppe … je vois qu’il y a encore deux cartons. Deux cartons d’une couleur étrange avec tout un tas d’informations et là … et là …. Et là je hurle comme une malade PUTAIN JE VAIS ALLER VOIR YOU TOU EN CONCERT !
Parce qu’en fait, depuis le début Rahan avait acheté les places et retenu les billets d’avion. Que tout le monde le savait sauf moi, que tout le monde savait que PUTAIN JE VAIS ALLER VOIR YOU TOU EN CONCERT ! et me laissait pleurnicher que jamais je n’irais les voir.
C’est là qu’arrivent les premiers amis que je n’attendais pas, avec champagne et sourires et cadeaux ….
Oui, y’a des gens qui m’aiment, je n’arrêtais pas de me le dire lundi. Y’a des gens qui ont fait mine de laisser passer ma journée anniversaire comme un jour normal et qui sont arrivés chez moi, tous beaux, pour rester avec moi. Et même si encore maintenant je me dis sans arrêt que PUTAIN JE VAIS ALLER VOIR YOU TOU EN CONCERT ! j’ai eu ce jour là un magnifique cadeau. Ce jour là, ma petite famille s’est mise en quatre pour me combler. Ce jour là, les gens que j’aime sont venus me dire qu’ils m’aimaient et rien que d’y repenser, j’en suis encore tout émue.
Et en plus, vous savez quoi ?
PUTAIN JE VAIS ALLER VOIR YOU TOU EN CONCERT !
04 juin 2009
Et un dimanche à la plage
Dimanche, on était invité à un anniversaire, sur une plage accessible par 4X4. Sauf que Rahan conduisait MA voiture et Rahan a roulé avec MA voiture qui n’est pas un 4X4 jusqu’à presque la plage.
Fort heureusement, ce n’était qu’une sortie à la journée, nous n’avions qu’un panier. Parce que mon coffre, il était plein. En même temps, j’ai une petite voiture de ville donc petite voiture de ville veut dire petit coffre. En même temps, t’ouvre mon coffre, t’as l’impression que je pars faire un tour du monde et que j’ai l’intention de vivre dans ma voiture pendant ce tour du monde.
En même temps, y’a tout le matériel pour quand je visite les chantiers (ça donne parfois de me voir en jupe grosses chaussures de sécurité et casque sur la tête …) Et puis il y a tout le matériel nécessaire aux sorties à la campagne pour Timousse. Et puis y’a les livres que je dois donner à l’école maternelle, qui attendent depuis le début de l’année (scolaire) … et puis il y a les parapluies au cas où ; le parasol au cas où ; les chaussures de montagne au cas où ; et puis y’a des changes complet pour quand je dois visiter un chantier et qu’il ne faut suuuuuuuuuurtout pas que je sois en jupe ; et puis il y a le caddy à roulettes pour transporter mes courses parce que se taper le ponton à traverser avec des packs de lait à bout de bras par 50° à l’ombre, j’ai déjà donné ; et puis y’a les couvertures pour quand on va à la campagne ; et puis il y a les bouteilles d’eau … que j’oublie tout le temps de remplir ; et puis il y a mes livres pour lorsque je me sauve pour boire un café au soleil toute seule les jours de boulot après déjeuner … et puis il y a le bidon du lave glace … et puis …
Et puis merde c’est MON coffre, de MA voiture, je fais ce que je veux. Merde.
D’ailleurs, même Rahan s’abstient la plupart du temps de me faire la moindre remarque à ce sujet. D’ailleurs, il évite d’ouvrir le coffre comme ça tout le monde est content.
A l’issue de cette merveilleuse journée à la plage, Rahan est allé chercher MA voiture pour nous rapprocher encore un peu plus. Nous étions chargés de paquets et nous avancions vers lui quand j’ai vu l’arrière de MA voiture venir vers nous à une vitesse quelque peu excessive vu les lieux.
En gros, Rahan est arrivé comme un malade, en marche arrière, il n’a pas vu l’énorme trou qu’il y avait dans la route ni même l’énorme bloc de pierre qui saillait sur le côté. En même temps, à la vitesse où il reculait, je ne vois pas comment il aurait vu le trou ! et ça fait bing ! STOOOOOOOOOOOOOOOP !!!!!!!! (c’est moi ça) shhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !
Là, j’avais la haine. La bonne nouvelle, c’était qu’à dix centimètres près, c’était tout le bas de caisse qui aurait explosé. La mauvaise nouvelle, c’était que le shhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh qu’on entendait n’était rien d’autre que l’air qui s’échappait de mon pneu arrière gauche, pneu que Rahan avait littéralement déchiqueté avec sa putain de marche arrière !
Et devinez où se trouve la roue de secours ? dans le coffre, oui. Sous le bordel qu’il y a dans mon coffre, oui. OUI ET ALORS ???? c’est moi qui aie crevé le pneu peut être ?
Donc il a fallu vider l’intégralité du coffre, que même une copine et Timousse se sont joint au mouvement. Il a fallu soulever le truc qui protège la roue de secours et il a fallu changer la roue. Ce que Rahan a fait en un temps record, à mon avis il peut être embauché dans une écurie automobile, je n’ai jamais vu une roue se changer aussi vite. Et il a fallu re-remplir le coffre. D’ailleurs, je crois que ces deux manutentions ont été plus longues que le changement de roue. Ce qui ne m’a pas empêchée de faire la gueule tout le long du retour, parce que merde quoi. Rahan prend MA voiture à chaque fois qu’on sort sous prétexte que la clim de MA voiture fonctionne et pas la sienne, ce qui me fait une belle jambe vu qu’à chaque fois on coupe la clim et qu’on roule toutes vitres ouvertes ! Et en plus de prendre MA voiture et de décider de la conduire sans même me demander si je suis d’accord ou pas, en plus de ça, il m’explose un pneu ! et cékiki va se taper le déplacement chez le garagiste ? Ah non hein, c’est pas Rahan !
Donc j’ai fait la gueule parce que merde. Lorsque nous sommes arrivés, ma Boudeuse nous attendait sagement et nous demandait comment c’était passée notre journée. Avant même que je n’ouvre la bouche, Timousse a prit la parole
- Alors tout allait très bien toute la zournée, sauf que z’ai marché sur un oursin et que ça fait trop mal et sauf que papa il a reculé comme un mâlâde avec la voiture de maman et …
- Merci Timousse hein ! merci pour le malade ! Tu n’es pas obligé d’en rajouter non plus hein !
Ben du coup, allez donc savoir pourquoi, j’ai arrêté de faire la gueule.
Après, y’a eu lundi. Lundi où c’était mon anniversaire à moi même je. Et alors lundi, c’était trop géant de chez géant de trop géant, je n’en suis toujours pas remise. Mais bon, j’ai du boulot et je dois aller récupérer MA voiture chez le garagiste pour ce que vous savez.
02 juin 2009
Un samedi soir sur la terre
Samedi soir, avec les copines et en famille, nous sommes sortis faire un tour en ville parce que c’est fête ces jours-ci.
Et puis au bout d’un moment, nos gosiers asséchés réclamaient une pause bien méritée et nous voici attablés au seul café presque vide de clients.
Il y avait Lucette, nous l’appellerons Lucette, les enfants de Lucette, il y avait Maurice, nous l’appellerons Maurice, il y avait Mauricette, nous l’appellerons Mauricette (parce qu’ils sont ensemble et qu’il faut pas que je dise « mariés » vu qu’ils ne sont pas mariés oh putain quelle horreur mariés !!!) il y avait Rahan, Timousse et moi.
Une fois attablés, j’ai lancé un regard en coin à Mauricette, parce qu’il faut que je vous dise que Mauricette, elle m’a fait découvrir il y a quelques temps la Téquila Sunrise. Sa faute si je bois aujourd’hui. Et nous avons donc commandé 4 TS . Sauf Rahan. Rahan, il a bu une valeur sure, un truc fermé hermétique genre jus de fruit réhydraté. Et puis sauf les enfants aussi hein, nous étions en public quoi.
Arrive le serveur pour prendre notre commande. Imaginez un singe sans poils. Enfin sans poils apparent, imaginez le dos vouté qui donne la sensation que ses bras sont trop longs pour lui, imaginez les doigts légèrement repliés qu’on a l’impression qu’il va s’en servir pour se déplacer d’un point à l’autre, imaginez surtout sa gueule, sa sale gueule fermée et antipathique, son regard fuyant, sa sale gueule qui ne sourit que lorsqu’il se brule (et encore, j’ émets un sérieux doute) ben voilà, c’était notre serveur attitré. Sale gueule, on va l’appeler sale gueule.
Arrivent nos consommations. Bien entendu, sale gueule oublie une téquila et nous devons tous attendre qu’il rectifie son omission avant de nous jeter sur nos cocktails. Chacun attrape sa paille goulument.
- Argh !
- Beurk !
- Beuh !!!!
- Dégueulasse !
Afin d’être certains de ne pas s’être planté, chacun touille un peu son verre puis tire un peu moins goulument sur sa paille
- Argh !
- Beurk !
- Beuh !!!!
- Dégueulasse !
Après comparaison, il s’avère que pas un cocktail n’a la même couleur une fois touillé. … Pour être certains que nous ne nous étions pas trop plantés parce que bordel, c’est vachement bon ce cocktail normalement, nous avons gouté prudemment le cocktail des autres. Et nous avons bien fait.
- Argh !
- Beurk !
- Beuh !!!!
- Dégueulasse !
- Argh !
- Beurk !
- Beuh !!!!
- Dégueulasse !
- Argh !
- Beurk !
- Beuh !!!!
- Dégueulasse !
- Argh !
- Beurk !
- Beuh !!!!
- Dégueulasse !
- Argh !
- Beurk !
- Beuh !!!!
- Dégueulasse !
Sans déconner, je sais pas comment il a fait sale gueule, mais il a réussi un exploit qu’on pourrait noter dans le livre des records. Il a réussi à faire 4 euh … trucs parfaitement différents et qui ne se ressemblaient qu’en un point : ils étaient tout aussi dégueulasses les uns que les autres. J’sais pas. On suppute que la tête à Mauricette ne lui revenait pas et qu’il nous a versé de l’alcool à brûler en guise de Téquila pour nous punir de sortir avec une poivrote.
De quoi vous plomber la soirée, je vous le dis. Et puis arrive le moment de payer. Ca fait mal là où vous savez de se dire qu’en plus il va falloir payer ce truc immonde qu’il nous a été impossible d’avaler et qu’on aurait plutôt envie de balancer à la gueule de sale gueule !
Et commencez pas à me dire que nous n’aurions pas du payer, que nous aurions du appeler sale gueule et lui balancer ses TS loupés à la tronche, commencez pas hein ! On est connus dans le quartier ok ? On est digne chez nous. On ne fait pas de scandales ici. Par contre, si on peut faire chier, on fait chier.
Fort heureusement, Mauricette et moi avions avec nous nos sacs à mains de tous les jours. Un jour, pour le fun, je vous ferais l’inventaire de tout ce qui se trouve dans mon sac à main…. Un jour. Samedi soir, Mauricette et moi avons tout fouillé retourné (moi jusqu’à mes poches de pantalon) pour trouver des pièces qui nous serviraient à payer un solde de 7€50. En petites coupures. En toutes petites coupures. Et moi, je vous le dis, j’ai réussi à retrouver dans chaque recoin de mon sac des petites pièces que je ne savais même pas qu’elles étaient là. Et nous avons compté. Imaginez pour compter 7€50 en pièces de 5, 2 et 1 centimes, ce que ça peut donner. Surtout quand sur 5 adultes, y’en a un qui file se coucher, j’ai nommé Rahan, un qui préfère regarder c’est moins crevant, j’ai nommé Maurice, deux presque aveugles la nuit, j’ai nommé Lucette et moi même, une qui a une super bonne vue mais qui sait pas compter, j’ai nommé Mauricette … ben ça donne.
Ca donne que nous avons compté 5 ou 6 fois notre butin tellement on se marrait (surtout moi) tellement on ne savait plus si on avait dit 5 ou 6 €uros juste avant de compter 1 € en pièces de 1 et 2 centimes (surtout Mauricette) tellement on perturbait les copines exprès « mais non ! on en était à 5 € 50 pas à 4 € 50 » OH PUTAIN FAUT RECOMMENCER ! (surtout Lucette).
Tellement Maurice il nous regardait en silence sans que la moindre émotion ne trahisse ses pensées.
- Ce que je vois moi, c’est que vous êtes en train de vous faire chier à compter et recompter en espérant faire chier sale gueule alors qu’à mon avis, vous vous faites plus chier qu’il ne se fera chier lui.
Peut être. Mais c’est ça une vengeance. Des siècles de préparation pour une minute de plaisir. Et en même temps, on se payait une bonne rigolade. Surtout moi.
Lucette a réuni les quatre boissons imbuvables, a placé en leur centre la montagne de monnaie, a placé légèrement en retrait 1cts d’€uros de pourboire (parce que faut pas que déconner, chez nous on laisse toujours un pourboire). Et puis nous avons quitté la table pour nous installer tranquillement au café d’à côté, juste à côté tellement à côté que la seule chose qui nous a permit de nous assurer que nous avions changé de café c’était la couleur des chaises.
Et puis nous avons commandé quelque chose de moins dangereux à consommer et puis nous avons attendu. Que sale gueule vienne débarrasser notre table. En ricanant qu’il verrait bien combien nous avions trouvé abominables ses mixtures, que même pas nous ne les avions bues, que pour bien le lui faire savoir, nous avions vidé notre tirelire de collection de petites pièces cuivrées. Nous avons occupé l’attente en supputant les diverses réactions qu’il pourrait avoir. Il allait voir les verres pleins, le monticule de pièces à compter, il allait balancer l’éponge ou le plateau, jeter un regard rageur tout autour de lui, oh putain le pied ! Il allait piquer une petite gueulante tout seul, bien ridicule, peut être même jeter les pièces dans un premier temps puis se raviser et les ramasser à 4 pattes. Et nous, nous étions aux premières loges, pour admirer le spectacle.
Et le voilà qui arrive, les bras toujours trop long et la même sale gueule. Il se dirige vers notre taaaaaaaable regarde ! regarde ! chhhhhhhuuuuuuuuuuuut ne rigole pas trop fort, ayééééééééééé il a vu les boissons regarde ! regarde ! oh putain supeeeeeeeeeeeeer ! il les pose sur son plateau génial génial ! il va voir le monticule de pièces là, il va ha-llu-ci-ner !!!! On avait le sourire qui nous mangeait le visage, tellement on se préparait à la scène du siècle. Et notre sourire, il est resté là, comme ça, figé, un bon moment. Jusqu’à la crampe.
Il a ramassé le monticule de pièces comme ça, l’a posé sur son plateau, a passé un coup d’éponge dégueulasse sur la table et est reparti avec ses bras trop long et sa sale gueule. Il a tout ramassé sans broncher. IL A TOUT RAMASSE SANS BRONCHER !!!!!!!
Pour un flop, c’était un flop. Gigantesque. On s’est VRAIMENT FAIT CHIER à compter et recompter des putains de pièces de 1 et 2 centimes POUR CA ????? Et puis il est retourné à l’intérieur comme ça, sans broncher. Sale gueule, ce n’était ni un mec ni un singe en fait. Sale gueule, c’était un robot. Loupé comme ses cocktails, mais un robot quand même.
Devant notre mine dépitée, Maurice a tenté de nous consoler.
- Regardez, il ne revient pas tout de suite, il doit être en train de compter.
