Au fil de l'eau

"Avant, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants."

28 juillet 2009

Sale môme !

Depuis que j’ai passé une soirée mémorable en compagnie du groupe qui a bercé de ses mélodies rockesques (ben oui, c’est un groupe de rock, un très bon groupe de rock même, n’en déplaise à certaines mauvaises langues) mes vingt dernières années de vie sur cette belle planète qui est la notre … depuis cette nuit là, je n’ai absolument pas décroché.

Chaque soir, j’écoute en boucle tous leurs albums, dans ma voiture, au bureau et même dans la rue merci l’Ipod.

Je suis ici mais toujours là-bas, avec eux et même quand je ne mets aucune musique, elle est là dans ma tête. Même quand je dors.

Heureusement que Rahan me suit dans mon délire, sinon ça pourrait créer une tension palpable.

Depuis, j’ai 20 ans. Et c’est super d’avoir 20 ans. Au début, j’avais 15 ans mais j’ai un peu vieilli parce que c’est moins compliqué pour continuer à vivre ma vie de femme.

Depuis quelques mois, j’ai envie de foncer chez le coiffeur pour m’offrir une coupe courte, pas garçonne mais presque. Ca m’est déjà arrivé de le faire. D’ailleurs, j’ai fait le coup à Rahan il y a quelques années, mais j’ai eu la bonne idée de le faire au début de notre histoire, là où on se pardonne tout.

J’étais presque blonde, mes cheveux mous et fins chatouillaient ma taille. Je suis rentrée un soir brune aux cheveux très courts. Je reconnais que même moi, il m’a fallu quelques jours pour ne pas croire qu’une nana s’était introduite dans ma salle de bain lorsque je jetais un coup d’œil au miroir.

Cette fois-ci, j’en ai beaucoup parlé, mais je n’ai pas osé passer le cap. Je suis donc allée au concert de mon groupe préféré avec mes cheveux mi-longs, méchés blonds, tellement sans forme que je ne les supporte plus.

Tellement sans forme que j’ai acheté ce soir là un tube de gel que j’ai pratiquement vidé sur mon crane. Ce qui a donné un effet que j’ai trouvé plutôt sympathique, légèrement ondulés, le truc qui change quoi. Et les rides en moins, j’ai retrouvé mon look, celui que je portais à 20 ans.

Sauf que pour avoir ce look, je devais d’abord faire un tour chez le coiffeur. Et lorsque j’en sortais, vu la texture de mes cheveux et l’obligation pour eux de permanenter un peu plus fort et un plus longtemps que le commun des mortels, lorsque j’en sortais, je ressemblais à un mouton. Et il me fallait attendre quelques mois pour que mes cheveux prennent le pli que je recherchais.

Ca, c’était à 20 ans. A 30, j’ai laissé tomber l’affaire, j’ai tout coupé et basta.

Mais vous savez quoi ? des fois ça repousse. Au fil de ces dernières années, j’ai espacé mes rendez-vous et j’ai retrouvé une certaine mi-longueur.

Donc, en juillet, le 11 juillet très exactement, pour aller voir mes idoles du rock, j’avais la tête de mes 20 ans. Les rides en plus. Du coup, à mon retour, j’ai continué à vider des tubes de gel sur ma tête le matin.

Ca a duré très exactement une semaine. Ca m’a très vite gavée, je ne suis pas du genre à passer des heures à m’entretenir.

Mercredi dernier, alors que je crevais de chaud dans mon hamac, j’appelle ma copine coiffeuse et décroche un rendez-vous dans la foulée. Elle sait qu’avec moi, faut se libérer quand l’envie me prend sinon après j’oublie.

-       Tu vois ça sur ma tête ? je veux la même chose. Parce que tu vois, j’ai vu you two en concert et depuis, j’ai 20 ans. Alors je veux la même chose, avec tes produits et si jamais je ressemble à un mouton en sortant de là, t’es morte.

Ben oui, je vous le dis, on est copines.

J’ai obtenu à peu près la même chose, elle est donc toujours vivante.

Ca veut dire plus d’entretien, plus rien à coiffer, tu t’asperges le matin, tu ébouriffes et tu files bosser. Le pied quoi. En plus, une seule de mes copines s’est aperçue que j’avais changé quelque chose, les autres n’y ont vu que du feu, le truc parfaitement discret.

Donc, j’ai 20 ans en économisant un tube de gel par jour. Les rides en plus.

Depuis que je les aie vus, je ne sais pas si c’est lié, mais je suis d’une zénitude presque inquiétante. Nous partons en mer à la fin de la semaine, pour un petit mois et je n’ai pas fait le plus petit achat. Rien, nada, j’ai dit qu’au pire, on mangerait des spags. Ma fille est partie en vacances sur le continent pour dix jours, elle a oublié son téléphone chez nous et même pas j’ai crisé. Enfin rien qu’un peu par rapport à ce que je peux être capable de faire. Ma fille est rentrée de vacances samedi dernier, elle a oublié son téléphone sur le continent (que je m’étais empressée de lui envoyer en pli express, bien fait pour moi) même pas j’ai crisé. D’autant qu’en fait, il était dans la valise, le téléphone … ma fille quoi.

Boudeuse rentrait donc samedi et …. Et vous savez quoi ? même pas j’ai crisé. Non parce que d’habitude, quand je dois aller la chercher à l’aéroport, je stresse. Je sais que c’est lié à un passé pas si lointain mais on ne se soigne pas comme on veut. Donc je stresse, je suis oppressée dès le matin, je tourne en rond, je suis à l’aéroport au moins 1 heure avant (alors qu’il nous faut même pas 10 minutes pour y aller ….)

Et bien samedi, j’ai proposé à Timousse d’aller à la plage. Oui, moi. Moi qui déteste la plage, le sable sur les pieds et le sel qui colle à la peau, les serviettes des autres juste à côté de la mienne et les hurlements des gosses, les ados qui jouent au ballon que le ballon, c’est toujours sur ta tronche qu’il atterrit … moi, j’ai proposé à Timousse d’aller à la plage. Même que Rahan et Timousse m’ont dévisagée un long moment pour s’assurer que je n’avais pas pris une drogue quelconque.

Donc, le jour du retour de Boudeuse, j’étais à la plage avec Timousse. Plage qui est juste à côté de l’aéroport. Son avion devait se poser à 17h50. A 17h30, je proposais à Timousse de ramasser la tonne de jouets qu’il avait éparpillés sur le sable. A 17h44, nous étions dans la voiture. A 17h45, je garais ma voiture sur le parking de l’aéroport.

Et nous sommes entrés dans le hall exactement au moment où l’avion se posait sur la piste. Le tout cool, sans stresser … faudra que je songe à recommencer.

Arrive ma fille, superbe et épanouie. Tandis que nous attendions sa valise, je lui raconte les derniers potins, on a eu un rat dans les coffres pendant trois jours … non ne dis rien à Timousse, il va faire une syncope, mais non t’en fais pas, il est parti mourir dans un coin …. Truc a quitté bidule mais est revenu à la maison … et tu sais où j’étais là ? juste avant de venir te chercher ?

-       J’étais à la plage !

-       Oui, je m’en suis doutée, ça se voit

-       Ah ben oui, Timousse, il s’est baigné pendant deux heures, mais pas moi. Moi, je suis restée sur le sable à lire et … mais comment ça, ça se voit ?

-       Ben à tes cheveux, ça se voit à tes cheveux que tu étais à la plage.

-       ………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Sale môme !

Posté par Kaliuccia à 15:48 - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 juillet 2009

Découvre quand tu vas mourir.

Fais le test de la mort et découvre quand tu vas mourir …

Je suis tombée sans trop me faire mal, sur cette accroche au hasard de mes lectures bloguesques et j’avoue que les bras m’en sont tombés ploc ploc, l’un après l’autre.

Eh oh sans déconner ,,,, y’en a qui ont planché sec pour réussir à pondre une connerie pareille ?

Y’en a qui sont  payés à l’heure pour pondre ce type de site ?


Non mais oh ? Ça va pas la tête ?

Imagine l’ado, en pleine crise d’ado, qui passe dans le coin et percute par le plus grand des hasards ce lien. Il va faire quoi à ton avis, l’ado en pleine crise d’ado ?

Ben il va cliquer dessus ! Vous croyez qu’on n’a pas assez d’emmerdes avec nos ados , déjà qu’avec leur nouveau mouvement, qui cultive une émotivité ou une émotion ou une émotruc à son summum, cette espèce de mélancolie que nous pourrions résumer en « j’aime tellement la vie que je veux mourir » (ben oui, logique adoesque …. ) déjà on a un peu de mal à assurer … mais alors avec ça on fait quoi ?

D’ailleurs j’avoue que je suis larguée là. Je me souviens de mes 15-16 ans, des fleurs bleues plein la tête, je passais mes journées à écrire des poèmes mièvres qui auraient émus cendrillon aux larmes.

Mes classeurs, mes cahiers et jusqu’à mon sac de lycéenne étaient recouverts de citation à l’eau de rose et de cœurs brisés ou sommairement réparés et je me planquais pour lire Angélique …

Bon ok, j’ai bien eu ma période sombre jusqu’au bout des ongles mais je n’affectionnais dans le gothique que ce que ce style pouvait provoquer chez les vieux qui ne comprenaient rien à la vie.

La vie justement, la vie. J’en restais à la vie. Là, il y a comme un choc de génération que j’ai beaucoup de mal à amortir.

Découvre quand tu vas mourir. Ce type d’accroche, ça me fait penser aux pubs sms dont ils nous inondent à l’heure où seuls les insomniaques et les ados sont devant leur écran télé…. « Est-ce que ton ex t’aime encore ? » … sérieux ? Qu’est ce que ça peut faire ? c’est un(e) ex !

Ou encore « quand seras-tu enceinte ? »

Non mais ça va pas la tête ?

Ce sont encore des bébés qu’il faut réveiller doucement le matin, qu’on doit déposer à proximité du lycée mais pas trop près sinon c’est trop la honte ; ils n’ont toujours pas pigé dans quel bac on met la lessive (déjà, faudrait qu’ils sachent ou est planqué le lave linge .. mais avant tout qu’ils sachent faire la différence entre linge sale et linge propre …) et ils sont incapable de gérer leur forfait téléphonique sans l’exploser dans la première semaine, tout comme ils ne savent même pas décapiter un œuf à la coque sans le pulvériser ET TU VOUDRAIS QU’EN PLUS ILS SE REPRODUISENT ?

Tu crois pas qu’ils ont assez de trucs bizarres qui nagent dans les  brumes de leur cerveau, nos ados, y’a vraiment pas besoin d’en rajouter hein !

Je vais te dire moi, quand elle sera enceinte. Un jour, peut être, loin dans le futur lointain. Faudra déjà commencer par grandir.

Je préfère presque encore Timousse qui en est à la phase de s’interroger sur la façon de les faire, les bébés. J’ai dit presque.

Mais alors là, découvre quand tu vas mourir …. Pardon hein ! Même pas je n’ai pas cliqué sur le lien. D’abord je ne clique jamais sur les liens des pubs moi, mais alors celui là certainement pas ! Non parce que imagine, l’ado clique, une date s’affiche.

On fait quoi après ? Il se dit c’est bon, je suis peinard, j’en ai encore pour 50 ans à pouvoir faire tout et n’importe quoi, j’ai vu un site qui me donnait la date exacte de ma mort. Et c’est pas pour tout de suite. Qui plus est, ça doit même leur semble très loin vu la notion du futur qu’ils ont. Déjà qu’ils se mettent parfois dans des situations, certains ados, que leur pauvre ange gardien, il doit s’arracher les ailes tellement il a du boulot pour les sauver in-extremis…

Et si il se fiche en l’air l’ado, à faire le couillon, on fait quoi ? On attaque le site pour publicité mensongère ?

Imagine si on lui dit que c’est pour l’année prochaine. Déjà que c’est pas des nerveux pour la plupart niveau travail à la maison mais alors là, on peut s’accrocher pour leur faire réviser leur cours d’histoire que ça peut leur servir pour le bac dans trois ans.

Alors on passe notre temps, nous parents, à s’entendre dire qu’il faut faire attention à nos enfants, que c’est de notre faute s’ils ne travaillent pas assez, s’ils sortent trop ou pas du tout, on nous vend des logiciels à installer sur leurs ordis pour leur interdire d’aller naviguer ici ou là …

Que soit dit en passant nos ados prennent leur pied à dévier tous nos pièges, vu que la plupart sont mille fois plus doués que leurs deux parents réunis.

Et là, sur un site parfaitement clean que jamais de la vie tu n’interdirais à tes mômes d’aller y faire un tour, sur un blog tout ce qui est de plus propret que si tu surprends ton ado en train de le lire tu te dis t’ain ! mon ado n’est pas illettré en fait  … et bien vlam ! ça clignote juste en dessous, et ça te propose de connaître la date et l’heure de ta mort.

Ben désolée pour les yeux chastes, mais ça me troue.

Le mot de la fin : Déconner, connerie, emmerdes …. J’ai bien essayé de coller bordel quelque part, mais malgré tous mes efforts, j’ai du abdiquer..

Posté par Kaliuccia à 14:34 - Coup de gueule - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 juillet 2009

Fais ce que je dis ...

J’ai eu le malheur, il y a quelques années, de m’attacher à une amie dont le mari était trop possessif, jaloux, réducteur, suspicieux, parano et vampirique. Dès le premier jour, il a combattu notre amitié à coups de sourires hypocrites, pics acerbes, discours influençables …. Tout à coup, il n’était plus l’unique raison de vivre de sa compagne. Tout à coup, elle riait avec quelqu’un d’autre que lui. Tout à coup, quelle horreur !!!!! ça se trouve, on parlait de lui, on médisait ….

Ca se trouve, on s’offrait quelques parties de jambes en l’air avec des passants qu’on choppait dans la rue … je ne vois pas trop comment nous aurions réussi à vivre ce type d’expérience avec le peu de temps libres dont nous disposions mais il y a des logiques imperturbables.

La naïveté de nos 20 ans nous laissait penser que notre amitié serait plus forte que sa bêtise, mais nous nous trompions. Et le jour vint où mon amie, fatiguée de se battre, décida de choisir la paix. Je l’ai perdue.

Je suis bien incapable de la juger, même si j’ai terriblement souffert. Victime de son éducation, elle n’avait ni les armes ni la force de se battre. Je suis d’autant plus incapable de la juger que quelques années plus tard, je m’amourachais d’un homme qui devint au fil des années possessif, jaloux, réducteur, suspicieux, parano et vampirique. Je sais ce qu’elle a vécu.

Des soirées à démonter des scénarios aussi vicieux qu’inimaginables, des années à justifier un regard, un mot, une minute de retard.

Je sais aussi que cette incapacité qu’ont certaines personnes à accepter que leur compagne ou leur compagnon puisse avoir un/une ami(e) est assez fréquente.

Il ne supportait pas me voir rire comme une ado avec quelqu’un d’autre que lui, il ne supportait pas que je passe un seul moment avec une amie hors de son contrôle. Toutes mes tentatives se soldaient par un échec. Des jours entiers de gueule, de reproches, de suspicions … Tout à coup, il n’était plus mon unique raison de vivre. Tout à coup, je riais avec quelqu’un d’autre que lui. Tout à coup, quelle horreur !!!!! ça se trouve, on parlait de lui, on médisait ….

J’ai bien tenté de lui faire comprendre qu’il existait sur terre des milliers de sujets de conversation qui nous permettaient de parler de quelqu’un d’autre que lui … en vain.

Ca se trouve, on s’offrait quelques parties de jambes en l’air avec des passants qu’on choppait dans la rue … je ne vois pas trop comment nous aurions réussi à vivre ce type d’expérience avec le peu de temps libres dont nous disposions mais il y a des logiques imperturbables.

Tout ça me fait penser à ces pays dictatoriaux où l’on interdit l’école parce qu’il est plus facile de maintenir à l’état d’esclavage un être ne sachant ni lire ni écrire, un être ne se doutant même pas que la liberté existe, juste à côté.

Il n’est pas facile de quitter ce genre d’homme parce que leur pouvoir de manipulation est sans limite. Mais j’ai eu beaucoup de chance, j’ai réussi à le quitter.

Je me suis jurée, au souvenir de ma première amie de ne plus jamais m’attacher à une femme dont le compagnon ressemblerait de près ou de loin à mon ex, au compagnon de mon amie. J’ai même réussi à le faire. Mais j’ai continué à me faire avoir de temps à autre. Parce que c’est comme l’amour, il y a des sentiments qui ne se commandent pas.

Aujourd’hui, je suis en colère. Et ce que je vais raconter, ce n’est pas du tout pour me justifier, juste pour expliquer la situation telle qu’elle est. J’ai une copine dont le compagnon ne me semblait pas trop chiant. Avec cette amie, nous nous sommes souvent retrouvées le dimanche matin, à la laverie. Et plutôt qu’attendre bêtement dans ce lieu peu sympathique, nous avons décidé d’aller boire un café juste à côté. Cette habitude nous semblait si agréable que nous avons décidé de la prolonger même maintenant que je n’ai plus besoin d’aller à la laverie. Elle et moi pensions que son compagnon, tout comme Rahan, ne voyait aucun problème dans ces petites rencontres innocentes, auxquelles parfois ils se joignaient.

Je prends des cours de yoga gym une fois par semaine le soir, elle a trouvé l’idée sympa et a décidé d’en faire avec moi.

La semaine passée, boss  a distribué à tout le bureau des places pour aller voir une comédie musicale. Nos compagnons respectifs n’étant pas du tout branchés pour ce type de sortie, nous avons décidé de nous y rendre sans eux.

Cette amie vit actuellement des moments très difficiles avec son compagnon. Je l’ignorais jusqu’à la semaine dernière, que ça allait si mal, elle est assez discrète sur sa vie privée et je respecte ça. Je l’ignorais jusqu’à ce qu’elle m’annonce qu’elle avait fait sa valise et s’était installée chez un couple d’amis en leur absence, histoire de faire le point ou de préparer un nouveau départ. C’est certain que la nouvelle m’a plus que surprise, mais bon, on n’est pas dans la vie des autres.

Après réflexion, elle m’a annoncé ce matin qu’elle avait décidé de retourner vivre avec lui. C’est son choix, c’est sa vie, si elle est heureuse, j’en suis heureuse pour elle.

J’ai été un peu surprise qu’elle m’annonce que son compagnon ne voulait plus jamais entendre parler des amis qui avaient accepté de l’héberger quelques jours durant cette période de crise.

Je l’ai été un peu moins lorsqu’elle a ajouté que moi, il me haïssait plus que tout, puisqu’il m’estimait responsable de ce qui leur arrivait. Non pas que je l’ai obligée à quitter son mec quelques jours (quoique, je me demande s’il n’en est pas rendu à penser ça après réflexion) mais parce que j’ai une mauvaise influence sur elle. Sur le moment, c’est vrai que j’ai pris la nouvelle avec beaucoup de philosophie. On a toujours besoin d’un coupable. Mais plus j’y pense, plus ça me fout en rogne.

C’est quoi ce bordel ? C’est quoi ces mecs qui pensent que leur femme sont connes au point d’être incapables de prendre des décisions toutes seules ? c’est quoi ces gros cons de mecs qui pas une seconde ne seront capables de se dire que merde, là j’ai déconné et je l’ai un peu poussée à bout, il faut que je me prenne en main ? C’est quoi cette grosse lâcheté de merde ?

C’est quoi ce bordel ? en quoi le fait de se boire un café une heure le dimanche matin, à deux pas de chez soi peut être une mauvaise influence ???? en quoi le fait de s’offrir une heure de détente le soir en semaine peut être une mauvaise influence ???? en quoi le fait d’aller quand même à une soirée où le mec est invité mais où le mec n’a pas envie d’aller est une mauvaise influence ????

C’est quoi ces mecs ou ses nanas qui confondent la relation de couple avec une relation parent enfant ? Putain j’ai l’impression d’avoir 10 ans et d’entendre mon père m’interdire d’aller manger le gâteau d’anniversaire de ma voisine de pallier !

Ma copine, c’est sur, elle est pour le moment assez en colère que son compagnon puisse la trouver aussi … bêtement influençable. Bien sur, elle ressent ça comme une atteinte à son intégrité d’autant qu’on n’est plus des gamines et elle encore moins que moi. Mais je ne me fais pas trop d’illusion. Je crois que j’ai perdu mes cafés du dimanche matin, mes soirées yoga et tous les autres moments qui auraient pu être agréables.

Tout ça parce qu’un connard de pauvre mec ne supporte pas que bobonne vive autre chose que sa vie de bobonne. Elle l’aime et je respecte ça, mais ça ne m’interdit pas de penser que rien que pour ce qu’il a dit, ce mec est un gros con. Il va certainement très mal et j’en suis désolée pour lui mais le fait d’aller mal n’excuse pas tout.

Ras-le-bol des cons. Et je vous jure que si jamais il se pointe devant Rahan pour sous-entendre que j’ai une mauvaise influence sur sa femme, je vous jure que ça va chauffer pour son matricule. Putain de merde pour un café de temps en temps !!!!!

Je crois que c’est lui qui n’a surtout pas intérêt à croiser ma route. Je crois que c’est mieux pour lui parce que je sature sévère des cons.

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13 juillet 2009

You two, c'était samedi

Alors alors alors …. Malgré nos places numérotées, nous sommes arrivés bien en avance, il faut dire qu’on ne tenait pas en place dans notre petite chambre d’hôtel. Le dit hôtel étant complet de fans au moins aussi déjantés que nous.
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A 17 heures, nous étions déjà devant les portes du stade hermétiquement closes, le sac à dos plein de sandwichs et de bouteilles d’eau, des bouchons de rechange dans les poches (merci Gilsoub)  pressés comme des citrons dans la file d’attente.
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J’arborais fièrement un tee-shirt à l’effigie  de leur tournée actuelle, la lettre U et le chiffre 2 savamment peint sur mon bras gauche par mon bien aimé (le droit étant recouvert de bracelets fluo). Déjà, c’était magique.
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Un grondement sauvage, de ceux qui vous enveloppent, s’est élevé dans la foule, à l’ouverture des portes, nous tenions tous dans nos mains les mêmes tickets d’entrée comme un trophée.
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Samedi soir, j’étais une gamine de 15 ans. Et depuis, j’avoue que je n’ai pas trop grandi.
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Je m’accrochais à Rahan comme un noyé à sa bouée de sauvetage pour que la foule ne nous sépare pas. Vient enfin notre tour de glisser nos billets sous les scanners.
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Et une lumière rouge la plus rouge, la plus horrible, la plus angoissante de toutes les lumières rouges du monde illumine nos billets, le tout accompagné d’un biiiiiiip totalement et négativement antipathique.
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Putain de bordel de merde c’est quoi encore ce putain de bordel de merde ??????
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Oui ben pardon hein ! quand on passe un mois et demi à sautiller sur place en hurlant à tout va qu’on va aller à son premier concert de son groupe préféré au monde, quand on passe un mois et demi à cauchemarder qu’on oublie les billets, qu’on perd les billets, qu’on se choppe une gastro le jour du concert, que le concert est annulé pour cause de pandémie, qu’on rate l’avion, qu’il y a une putain de grève surprise qui nous fait rater l’avion …. Quand on passe un mois et demi à supporter les conneries des copains qui passent leur temps à inventer les pires scénarios qui vous feraient rater un des moments les plus magiques de votre vie, comme si vous n’aviez pas assez d’imagination pour le faire tout seul …. Quand on passe un mois et demi à se passer et se repasser tous les albums en se demandant quelles chansons ils vont retenir, si on connait bien toutes les paroles, si on pourra hurler avec la foule, ce que ça peut bien représenter 94 000 personnes dans un stade en folie ….
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Quand on passe le mois et demi que je viens de passer et de faire subir à l’intégralité de mon entourage et qu’une putain de machine de merde à la con dégueule un biiiiiiiiiiiip rouge au moment où on passe son putain de billet qu’on a pensé à tout ce qui pouvait arriver à ce putain de billet SAUF A CA !!!! ben je suis désolée, mais ça rend grossier.
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Alors si j’ai envie de caser putain, bordel et merde dans une seule et même phrase, ben je le fais.
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Le vigil nous montre du doigt une masse grouillante à traverser pour rejoindre là-bas tout au bout perdu un petit monsieur qui tient une petite machine dans les mains qui nous lira à sa façon notre putain de billet.
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Je me colle à Rahan qui pousse à grands coups d’épaules décidés des centaines de corps qui refusent de bouger d’un millimètre. Sauf pour avancer vers la putain de machine de merde qui ne va pas leur dégueuler son biiiiiiiiiip rouge de merde à eux, c’est sur ! Parce que ce genre de plan, faut le savoir, y’a qu’à nous que ça arrive !
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Très digne, Rahan tend nos billets au gentil petit monsieur à la petite machine. Et moi, moi je suis au bord de l’asphyxie. Je crois que je suis en train de mourir, mon cœur vient de se casser la gueule de ma poitrine, je l’ai entendu tomber par terre dans un splash humide en entendant le biiiiiiiiiiiiip rouge.
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Et vous savez quoi ? Ben sa petite machine au petit monsieur, sa petite machine qu’était pas du tout une putain de machine de merde, sa petite machine elle nous a dit tiiiit vert. Le vert, c’est beau. Le tiiiiit aussi ! Le tiiiiiiiit vert, c’est carrément grandiose. Je suis revenue à la vie. Mon cœur a reprit sa place et c’était assez douloureux parce que pour ce faire, il a du jouer des coudes avec dame angoisse oppressée et même un tube entier de ventoline n’aurait pas réussi à me rendre le souffle que j’avais perdu durant quelques minutes.
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Il nous a dit c’est bon, vos billets sont bons. J’avais envie de l’embrasser, de le soulever de terre, d’embrasser les 94 000 personnes qui allaient assister au concert, d’embrasser la terre entière … non pas le nain, le nain j’aurais pas pu. Mon soulagement devait être flagrant parce que le gentil petit monsieur, il nous a prit en pitié et  nous a fait passer devant tout le monde pour le premier contrôle en arrosant son geste de « vous allez voir, c’est superbe ce qu’ils ont fait, vous allez passer une merveilleuse soirée, bon concert …. » et le reste je ne m’en souviens plus parce qu’une dame vérifiait déjà si je n’avais pas planqué un missile anti-aérien dans mes poches.
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Je ne me suis pas assise, je me suis écroulée sur mon siège. J’avais une heure et demie pour me remettre de mes émotions et ce n’était pas de trop.
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Au centre du stade, la griffe trônait, bichonnée par des dizaines de bonhommes qui s’agitaient dans tous les sens. Nous avons admiré les derniers préparatifs tandis que le stade n’en finissait pas se remplir.
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21h10, après trois heures de olla, de balancé de bras, de sifflements et de hurlements divers …. Je l’ai vu. Nous n’étions pas très loin alors je l’ai vu. Nous étions tous debout, les mains déjà douloureuses, les bras en l’air et je l’ai vu monter sur scène et nous saluer. Et là, comment vous dire, toute l’émotion de ces dernières semaines est remontée à la surface, ma gorge s’est nouée et mes yeux se sont remplis d’eau. Enfin, je le voyais en vrai de vrai, enfin je les voyais en vrai de vrai. Ils étaient là pour moi, rien que pour moi et ils allaient m’offrir deux heures trente de pur bonheur. Et je crois bien que nous étions 94 000 à penser la même chose.
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Alors voilà, je vous aurais bien pondu une tocu de note genre critique de concert pour vous dire combien c’était grandiose, que les effets spéciaux étaient à tomber, qu’ils ont joué comme des Dieux, que ça méritait largement le mois et demi d’attente fébrile que je viens de passer, que le son était méga bien balancé, qu’ils étaient en osmose avec leur public, qu’ils nous ont même laissé chanté une de leurs chansons parce que de toute façon on gueulait tellement qu’on ne les entendait plus. Je vous aurais bien dit qu’ils nous ont fait une prestation somptueuse, que c’était génial, géant, merveilleux, magique, que nous sommes sourds et aphones, qu’ils jouent comme des Dieux (quoi je l’ai déjà dit ?) qu’ils ont une présence sur scène époustouflante, que c’était plus que magique ….
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Mais y’a plein de gens qui savent très bien le faire, images à l’appui, avec les mots qui frappent et qui vous donnent envie de vivre un moment pareil.
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Moi j’en serais bien incapable.
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Tout ce que je peux vous dire c’est que j’ai depuis des airs dans la tête qui ne me quittent pas, que j’ai toujours 15 ans et les yeux un peu mouillés quand j’y pense. Que je n’ai pas encore vraiment réalisé ce que je viens de vivre, que je n’ai pas fini d’emmerder mon monde avec ce week-end magique qui m’a été offert, que je suis toujours un peu beaucoup avec eux et que jamais de ma vie je n’oublierais cette soirée fantastique.
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Je suis comblée. Ils nous ont offert plus que ce que j’attendais.

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En_concert

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07 juillet 2009

Prise de tête

J’étais en train de me promener sur les sites de proverbes comme ça, histoire de pondre celui du jour pour m’amuser quand je tombe sur un d’une grande lucidité.

« Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée ».

Proverbe français, s’il vous plait. J’en suis encore toute retournée.

Ce que j’aime bien, lorsque je découvre un proverbe, c’est en connaître sa signification exacte. Le pourquoi du comment il a été pondu.

Comme « Jeu de main, jeu de vilain ». Je l’ai entendu celui-là, depuis toute petite et je l’ai toujours associé à « si tu continues à chahuter débilement, il va t’arriver une tuile ». Style un coup qui part tout seul et après ça vient pleurer dans les jupes de maman.

Aujourd’hui, ça me fait surtout penser à un film dont j’ai oublié le nom et jusqu’aux acteurs mais une scène me reste en mémoire. Ils sont tous là, autour d’une table, à jouer à se mettre des baffes genre je te tiens tu me tiens par la barbichett-eu. Sauf qu’ils passent direct aux baffes. Et il faut se les prendre dans la tête sans broncher. Le premier qui bronche, il a perdu. Au début, de petites claques. Et puis à force, ça doit faire mal de se prendre même des petites claques toujours sur la même joue. Alors la tension monte, tout doucement. Et paf ! et paf ET PAF ET PAAAAAAAAAF !

Jusqu’à ce que l’un d’entre eux devienne complètement dingue et se jette sur la personne qui vient de lui en coller une sévère. J’avais 18 ans à l’époque, et cette scène m’avait littéralement fait mourir de rire. Jusqu’au moment où ils se foutent réellement dessus. J’avais 18 ans donc, et du haut de l’intelligence de nos 18 ans (et dire qu’on a le droit de vote à cet âge là …) nous avions décidé d’appliquer la scène. Voilà pourquoi aujourd’hui, ils sont obligés de préciser à la télé que ce qu’on va voir dans le reportage qui suit, il ne faut surtout pas le reproduire à la maison.

Donc au début on rigolait tous bien, les uns en face des autres et on a commencé à se coller des petites ta-pettes. Comme ça, pour s’amuser sans trop faire mal. Tap – tap.

Ben vous savez quoi ? y’a un moment où effectivement il y a un truc qui disjoncte dans le cerveau. Y’a la claque de trop qui laisse une fine marque sur la joue qui rend votre main un peu plus leste.

Et à la fin, ça se termine par un gros splash dans la tronche de l’autre. Sauf que la tronche de l’autre, c’était la mienne, et que je m’en suis prise une tellement balaise que j’en suis tombée de ma chaise.

Donc voilà. Le proverbe a raison : jeu de main, jeu de vilain. Ce jeu était vraiment trop con, je n’ai jamais recommencé.

Mais alors « Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée »…

Je cherche, je cherche …

Sans dèc, la personne qui a pondu ça, l’a au moins fait math sup’.

Parce que la porte, tu l’ouvres et/ou tu la fermes et puis c’est tout. Je cherche, je cherche, et je ne vois pas du tout ce que je peux faire d’autre avec une porte.

Ou alors, c’est peut être un marin qui l’a pensé, ce proverbe.

Attention ! ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. On peut avoir fait math sup’ et être marin.

C’est même peut être un marin qui a fait math’ sup, parce qu’il a du pratiquer. A bord, c’est sur que même sans le savoir, on l’applique tous les jours. La porte, elle est soit fermée soit ouverte et même bloquée ouverte. Vu qu’au moindre mouvement ça commence à battre et je vous jure qu’au mouillage, avec le léger roulis permanant, ça prend la tête du plus zen de tous les zens de la terre le clang… clang …. clang …

De toute façon, c’est sur qu’il n’a pas d’ado. Ou alors il n’en avait pas quand il a pensé à « Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée ».

Parce que l’ado, sa porte elle est plutôt plus que fermée. A clef. Et quand elle est ouverte, elle ne l’est pas longtemps. En général, elle est fermée, l’ado s’engueule, il ouvre la porte et VLAAAAAAAAAAAAM ! il la referme façon ado.

« Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée ».

Pour ça que je suis nulle aux mots croisés et aux devinettes. Pas que je manque d’imagination hein. Mais j’entends toujours les mots dans leur signification première. Un peu comme Boris, qui collait de vrais cafard dans son histoire quand son héroïne avait le cafard.

D’ailleurs, elle me prend la tête cette citation. Donc comme j’en ai eu marre de chercher, j’ai fait comme les rares fois où j’ai joué aux mots croisés. Je suis allée chercher la solution.

Face à un problème clair, il ne faut pas chercher un compromis ni rester dans la demi-mesure. Autrement dit, entre deux solutions opposées, il n'y a pas de troisième réponse : il faut faire son choix.

Donc ça veut dire qu’il faut se décider. Ca va plus vite de le dire et on a surtout l’air moins con je m’excuse hein !

Parce que imagine, t’es avec une copine, elle est là à te raconter qu’elle n’arrive pas à se décider si elle doit passer la soirée avec Jules l’officiel ou Robert, le beau ténébreux qui lui a laissé son numéro de téléphone …..

Imagine que tu penses que c’est le moment où jamais de lui montrer ta culture et que tu lui dises que merde quoi ! « Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée ».

Ben moi je voudrais bien voir la tête de la copine à ce moment là. Sur qu’elle va penser que t’as encore piqué un pétard à zone.

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06 juillet 2009

Chaud !

L’hiver, j’entend râler autour de moi qu’il fait froid, que ras le bol de ce temps merdeux et même qu’il m’arrive de me mêler au concert. Ca se pelotonne sous des pulls trop grands, ça pose ses fesses sur le radiateur poussé à son maximum. Arrive le printemps, qui ces dernières années n’était pas très sympathique c’est vrai. Et il fait froid, et il pleut tout le temps et vivement l’été. Y’a plus de radiateurs parce que faut pas que déconner, mais il reste la couette qu’on tire jusque sous le menton pour regarder le film du soir.

Et puis l’été. Ahhhhhhhhhh ! l’été. Le soleil qui brûle si on n’y prend garde, les sorties en mer, les boissons glacées, les dégustations de crustacés les pieds dans l’eau.

Et là, qu’est ce que c’est-y que j’entend à chaque coin de rue ? Hum ???

Pfffffffffff ! qu’est ce qu’il fait chaud ! c’est pas possible cette chaleur ! c’est insupportable une chaleur pareil ! j’en peux plus de cette chaleur …

EH OH ???? sans dèc ? ça vous arrive d’être content ?

Bon ok, les vieux je dis pas. Ils souffrent du froid tout autant que de la chaleur, je dis pas. Les personnes qui, pour des raisons physiques ou médicales ne supportent pas la chaleur, je dis pas non plus.

Mais sans dèc ! Les touristes, quand les touristes s’y mettent, alors là je dis merde ! Parce que quand même, ils se la cherchent un peu la chaleur là hein !

Quoi ? quoi qu’est ce que j’ai encore après les touristes ? Rien du tout ! Si ce n’est qu’il me serait agréable que certains touristes consultent leur carte routière autre part qu’en plein milieu des ronds points, entre autre. Et aussi qu’ils choisissent une autre heure pour faire leur course qu’au moment de la sortie des bureaux. Et aussi que lorsqu’ils débarquent sur la terrasse ENORME et VIDE d’un café, ils trouvent un autre endroit pour s’écrouler sur leur chaise que celui situé juste à côté de moi.

C’est pas parce que je suis assise à cet endroit que c’est le seul et unique endroit sympa de la terrasse du café !

Surtout quand je m’offre une pause bien méritée, ma petite noisette, mon grand verre d’eau fraîche, et mon dernier roman sur les genoux. Mes pieds déchaussés, posés sur la chaise d’en face.

Les voilà donc qui arrivent, en grand nombre, chaussettes dans les sandales. Ca y’a pas, les chaussettes dans les sandales, je ne m’y ferais jamais. Bien entendu, la table qu’ils ont choisi sur l’immense terrasse déserte, la table juste à côté de moi, elle est trop petite. Et que je te racle une nouvelle table, et que je te racle de nouvelles chaises, et que je cherche de nouvelles chaises parce que d’autres vont arriver ….

-          Mademoiselle ? pouvons nous prendre cette chaise ?

-          Non.

-          Ah ? mais vous avez trois chaises !

Non mais sérieux ? qu’est ce que ça peut te foutre ? Si je veux une chaise pour mes fesses, une chaise pour mon sac, une chaise pour mes pieds ? et même si j’en veux une quatrième juste pour avoir le plaisir de mater une chaise vide ???? qu’est ce que ça peut te foutre ? Avec toutes les chaises qu’il y a ? Quoi je suis désagréable ?

Alors je m’attendais à ce qu’ils insistent un peu plus, genre que j’étais pas très sympa, que je pourrais au moins poser mon sac par terre, ou remettre mes pieds sans chaussettes dans mes claquettes pour libérer une chaise. J’avais presque envie qu’ils le fassent d’ailleurs, qu’ils me le disent que j’étais pas sympa, qu’ils me donnent une occasion de pouvoir me défouler sur quelqu’un. Oh oui ! j’aurais vraiment adoré qu’ils me disent que j’étais pas très sympa.

Pas très sympa ??? PAS TRES SYMPA ???? MOI ???? non mais j’hallucine !!! y’a un million de chaises là, VIDES ! non seulement ils se collent à moi malgré toute la place qu’il y a qu’on se croirait à la plage, mais en plus ils voudraient prendre MA chaise ?

Ben non, même pas. Ils ont fait quelques pas sur la terrasse désespérément vide pour prendre d’autres chaises vides de fesses. Et ils sont restés, juste à côté de moi, à brailler comme une bande d’ados livrés à eux même pour la première fois de leur vie.

Sur le moment, j’ai cru que je pourrais m’y faire. Mais après avoir relu pour la dixième fois la même ligne de mon livre, j’ai abandonné. Je fouillais dans mon sac pour payer ma consommation et me tirer le plus vite possible quand ….

-          Oh là là mais qu’est ce qu’il fait chaud !

-          Ah oui c’est vrai, c’est insupportable cette chaleur

-          Ah moi c’est pareil, la chaleur, j’ai du mal à supporter !

-          C’est incroyable quand même qu’il fasse si chaud

-          J’en peux plus, je n’ai même pas la force de ….

C’est un mouvement que je n’ai pas vraiment maîtrisé, c’était plus fort que moi. Moi qui avais décidé de les ignorer, je n’ai pas pu m’empêcher de tourner la tête vers eux et de les regarder par-dessus mes lunettes de soleil.

Je les soupçonne d’avoir mal interprété mon regard. Pourtant il parait que je suis assez expressive, qu’on peut lire dans mes yeux ce que je suis en train de penser. Et là, je vous assure que mon regard n’avait rien de compatissant.

Pourtant, ils l’ont cru. C’est pour ça qu’ils ont insisté en me prenant à parti. J’ai oublié ce qu’ils m’ont demandé exactement, mais ça concernait la chaleur, l’insupportable chaleur, les méfaits de la chaleur …. Mais surtout, surtout, l’aspect incroyable de cette incroyable chaleur. Ils s’adressaient à moi, il eut été impoli de les ignorer.

-          Vous êtes bien en vacances là.

Ce n’était pas une question, c’était une affirmation. Pour ça que je n’ai pas utilisé le ton interrogatif, pour ça que vous n’aurez pas de point d’interrogation à la fin de ma phrase.

-          Oui, ça fait une semaine déjà, on vient tous les ….

-          On est au mois de juillet.

-          Euh ben euh … oui oui, on aime bien le mois de juillet ici

-          Ben en juillet, en Corse, il fait chaud. Fallait vous payer un voyage au pôle nord si vous vouliez garder vos chaussettes.

Et je vous jure, ils ont tous regardé leurs chaussettes dans leurs sandales. Le serveur qui venait débarrasser ma table était mort de rire et a plus ou moins réussi à se planquer.

D’habitude, je suis super sympa comme personne. Enfin ça dépend avec qui, mais en moyenne, je suis relativement sympa. Pas gentille, sympa. Mais là, ça fait une semaine que j’entend qu’il fait trop chaud, que c’est trop dur d’avoir chaud, que cette chaleur c’est pas possible…..

Alors voilà, y’a un moment où je sature sévère.

Posté par Kaliuccia à 16:14 - Coup de gueule - Commentaires [35] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Je sais, il y a toujours pire.

Le pire dans le pire, c'est l'attente du pire.

Daniel PENNAC.

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03 juillet 2009

A Taaaaaaaable !

Il y a des jours, tu dois déjeuner avec ton ado mais des impératifs imprévus viennent chambouler un emploi du temps déjà fragilisé. Tout autant que tes nerfs qui ne sont pas loin de lâcher.

Il arrive que ton ado ne comprenne pas ou refuse de comprendre que là, tu préfèrerais mille fois déguster une salade fraîche sur le port en tête à tête avec elle plutôt que galérer là où tu es en train de galérer mais que tu ne peux pas faire autrement. Et que ton ado s’obstine à répondre à tes « je ne pourrais pas être là » par des « pas grave, je t’attends.»

La mienne d’ado, elle a peur du feu. Jamais elle ne craquera une allumette, pas plus qu’elle ne jouera avec un briquet alors se faire cuire un truc sur le gaz, même pas en rêve.

Et bien ce jour là, son rêve se transforma en cauchemar parce que si elle voulait manger quelque chose, étant donné qu’il n’y avait rien de prêt (vu qu’à l’origine, nous devions sortir pour manger) si elle voulait manger quelque chose donc, il fallait bien qu’elle s’y colle.

C’est donc par téléphone, entre les embouteillages et les diverses courses à faire que j’ai du offrir à ma fille une formation allumage de gaz.

-          Mais il est où l’allume gaz ?

Et croyez pas, elle n’en était pas à sa première fois, mais c’est comme les maths. Quand elle a décidé de zapper, elle zappe.

Je n’avais pas le temps de m’enquérir de ce qu’elle se préparait à manger, j’avais encore des petites choses bien pénibles à faire avant de passer en coup de vent la voir deux minutes, même si elle s’obstinait à ne pas vouloir comprendre que non, nous n’allions pas déjeuner ensemble.

Entre une levée de corps et un passage éclair chez l’agricultrice pour récupérer mon panier hebdomadaire, j’ai tout de même eu ma fille quatre fois au téléphone.

-          Où est ce que je peux trouver une poêle ?

-          Ca, ma fille, si tu prenais la peine de temps à autre de ranger la vaisselle après l’avoir lavée au lieu d’attendre qu’on s’en occupe, tu n’aurais pas besoin de me poser la question ! Et là tu vois, j’ai peut être autre chose à faire pour l’heure que de t’expliquer ce que tu devrais normalement savoir !

-          Oui mais peut être que ça irait plus vite pour toi si tu me disais simplement où se trouve la poêle !

T’ain ça me troue sévère qu’elle me parle comme ça, ça me troue !

-          J’ai aussi besoin d’un couvercle pour la poêle je trouve ça où ?

-          LA OU TU AS TROUVE LA POELE !

Merde alors !

Le summum tout de même, le summum du nec plus ultra du tocu de top, c’est lorsque ma Boudeuse d’ado m’a demandé, a osé me demander avec quoi elle pouvait touiller son frichti.

-          Ben tant qu’à faire, prend une cuillère en bois

-          Ah ? une cuillère tout court ça n’irait pas ?

-          Putain Boudeuse, je sors de la morgue là, je ne vais quand même pas te donner un cours par téléphone pour t’expliquer pourquoi on doit touiller avec une putain de cuillère en bois dans une poêle !!!!

-          Oui mais le problème, c’est que je sais où se trouvent les cuillères tout court mais je ne sais pas où sont les cuillères en bois !

-          Ah !

Là, je me sens glisser au sol de découragement, parce que merde quoi. Démunie de pétards de zone, je me suis contentée d’une cigarette salvatrice.

-          Ah ! Bon ben alors tu vois le tiroir du …. Mais attends voir là, ôte-moi d’un doute … c’est toi ? c’est bien toi Boudeuse ?

-          Ben oui c’est moi pourquoi ?

-          C’est toi ma fille qui me demande où se trouve les cuillères en bois ?

-          Ben euh oui pourquoi ?

-          Et tu ne sais vraiment pas où elles se trouvent ? sérieusement ?

-          Ben euh non pourquoi ?

-          Non mais dis moi Boudeuse… est ce que toi et moi on vit vraiment ensemble ????

Non parce que je sais pas là, mais je m’interroges sérieux quoi ! on vit dans un espace plus petit que ça tu meures, et tout au long de ces années, ma fille n’a jamais pu savoir où on rangeait les poêles, les couvercles pour les poêles, et les putain de cuillères en bois ????? C’est plus planer ça, c’est du délire puissance mille !!!!

Boudeuse a enfin trouvé la cuillère en bois et moi j’ai terminé mes petites affaires chiantes puis je suis passée la voir quand même, avant d’aller à mon ultime rendez-vous qui avait été avancé d’une heure (d’où mon énervement nettement palpable).

Et là, je vois ma Boudeuse debout devant son assiette, la poêle dans une main, la cuillère en bois dans l’autre, en train de se servir et je vois une autre assiette, la mienne, pleine à déborder du petit repas qu’elle venait de préparer.

Des pates aux gambas.

D’un coup d’un seul, tout est retombé. La tension du boulot, l’énervement des dernières démarches, le stress de l’enterrement …. Je me suis assise, muette de surprise, derrière le premier repas préparé par ma fille. Pour moi. Même que j’étais servie. Et j’ai dis merde pour le rendez-vous, ils attendront. Je ne pouvais décemment pas planter ma fille qui venait de faire ses premiers pas dans le monde de la cuisine.

Pour moi en plus.

Du coup, on a passé un super moment en tête à tête à se raconter des bêtises inavouables.

Et même que c’était super bon !

Posté par Kaliuccia à 16:14 - Nous - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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