Au fil de l'eau

"Avant, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants."

29 septembre 2009

Merci

On a le droit de faire de la pub sur un blog ? non hein ?

Bon, je vais faire de la pub sans en faire alors. Je vais parler d’une radio super méga connue dans notre beau pays. Elle est ce qu’elle est, pour ma part j’adore 95 % de ses émissions.

Lorsque nous partons en mer pendant un mois l’été, elle est notre seul lien avec le monde dit civilisé.

Bon ok, le soir, niveau musical, je n’accroche pas systématiquement. C’est vrai qu’ils ne passent pas you two en boucle, ils auraient donc du mal à me satisfaire. Mais on s’en cogne.

C’est avec cette radio que je fais une partie de mes choix de lecture, parce que j’adore cette façon qu’ils ont de recevoir des auteur(e)s, de les faire parler, de nous donner envie de lire leur dernier roman. C’est avec cette radio que je voyage ou que je me replonge dans mes souvenirs africains.

J’ai juste envie d’ouvrir une parenthèse avant d’en arriver au vif du sujet. POURQUOI AVEZ-VOUS SUPPRIME LA METEO MARINE ?????? oui, je sais qu’elle passe sur les ondes courtes mais voyez vous, j’ai un souci avec mon poste, il ne capte pas cette radio sur ces ondes.

Avez-vous une idée de ce dont vous nous avez privés ? C’était une minute (ou deux) de pure magie. Une voix féminine douce à l’oreille nous débitant à la vitesse grand V des lieux dont nous n’entendons jamais parler dans la vie de tous les jours. Une météo balayant tous les secteurs de notre beau pays, annonçant succinctement les avis de grand frais à coup de vent, les mers fortes ou très fortes, les brises et mer belle …. Même si on ne navigue pas, c’est du pur plaisir que d’écouter la présentatrice prononcer des lieux imprononçables sans fauter, tout en retenant parfois un fou rire parce qu’on se doute bien que dans le studio des petits rigolos font les clowns pour lui faire perdre son fil. Vous ne réalisez peut être pas, mais c’est un prodige que de réussir cet exploit !

C’était un moment magique dans notre petite famille, le soir à l’apéro. Timousse hurlait un chuuuuuuuuuuuuut ! ME-TE-O ! nous levions le son et écoutions religieusement ce qui allait nous tomber sur la gueule le lendemain. Ou pas.

Ok allez vous me dire, on ne navigue pas avec une météo sur 24 heures aussi brève. Oui mais. On savait ce qui se passait autour de nous, on devinait ce qui allait arriver avec le nord Sardaigne, on se marrait en entendant ce qui tombait dans le nord. Et tout marin qui se respecte écoute au moins mille météos différentes, parce qu’il a envie et puis c’est tout.

Ok allez vous me dire, t’as qu’à t’offrir une radio qui captera la météo marine sur les bonnes ondes. Je vais le faire. Mais je n’aime pas qu’on perturbe mes habitudes. Fin de la parenthèse, j’en arrive à ce qui amène cette nouvelle note à rallonge.

Ce matin comme toujours, je me préparais en écoutant la dite radio que vous n’avez certainement pas reconnue, je n’ai aucun doute là-dessus. Il y avait un reportage et si vous voulez savoir de quoi il en retourne exactement, suivez donc ce lien.

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/reporter/

Je voudrais les remercier, sans faire leur pub, je voudrais remercier les journalistes qui se sont penchés sur ce nouveau phénomène de société, un de plus, une honte de plus.

Parce que bien entendu, en écoutant ce reportage, j’ai pensé à ma fille. Qui s’est laissée bercer par des promesses vaporeuses, qui ne sera pas reprise en cycle général parce qu’elle n’avait qu’à pas déconner à 15 ans, personne ne déconne à 15 ans ! merde alors ! et qui, pour combler le tout, se retrouvera piégée dans leur nouvelle réforme à la con.

Parce que sachez-le, non seulement on lui ferme les portes du cycle général en lui « imposant » gentiment de passer son BEP, vu qu’elle n’est plus prioritaire pour être acceptée en seconde …. Mais en plus, il y a 99% de chances qu’elle se retrouve à la rue à la fin de l’année avec (peut être) un diplôme en poche qui ne lui servira à rien.

Eh oui. Avec leur nouvelle réforme, elle tombe pile poil dans l’année où le bac pro ne s’obtient plus en 4 mais en 3 ans. Avec leur nouvelle réforme, elle ne peut pas accéder au nouveau bac pro en trois ans, puisque les sortis de troisième seront prioritaires sur les sortis de BEP.

Elle ira faire la queue, comme tout le monde, chez les enfoirés.

Donc voilà. Merci à ces journalistes qui ont si bien traité ce sujet encore tabou, vu qu’il ne faut surtout pas faire de bruit avec les mômes qui ne sont pas premiers de la classe dans toutes les matières et qui ne font pas comme tout le monde.

Merci d’avoir commencé à dénoncer à coup de témoignages l’aberration de ce nouveau système. Même si ça ne change rien pour le moment, je veux croire qu’à force d’être entourés de personnes intelligentes, nous sauverons quelques enfants.

Qu’ils puissent au moins retarder le moment où ils pointeront au chômage quoi.

Non, je ne suis pas négative, je suis juste lucide. Et un peu en crise.

Posté par Kaliuccia à 10:50 - Coup de gueule - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 septembre 2009

Histoire de fou

Ca n’arrive qu’à moi. A tel point que j’en arrive à oublier l’histoire pour ne pas avoir à la raconter, parce que personne ne va me croire….

Et pourtant, c’est bien arrivé.

Avec Timousse, nous avons assisté à la fête du sport. Une manifestation que je trouve pour ma part être une excellente idée, puisqu’elle permet aux petits et grands d’avoir un aperçu des divers sports que nous pouvons pratiquer et même de s’y frotter …

Pour ceux qui ne suivent pas, l’an dernier Timousse avait refusé de tester le judo et le karaté. Motif, trop violent…... Timousse trouve le judo trop violent. Boudeuse, je dis pas. Mais … c’est Timousse quoi !

Pour ma part, je me laisserais bien tenter pour inscrire mon fils dans une activité qui lui permettrait de canaliser sa … on va dire trop grande énergie, de respecter les règles et d’apprendre à se MAITRISER ! Bref, là n’est pas le sujet.

Après s’être essayé au kick boxing (qui, comme chacun sait n’est absolument pas un sport violent) et avoir craqué pour l’activité en question « oh maman maman ! inscris moi maman maman ! z’adoooooooooooooooooooooooooore le qurique bosxingue maman maman s’il te plaiiiiiiiiiiiiiiiiiiit ! » ; après m’avoir fait fléchir et s’être fait inscrire pour un véritable test, Timousse a foncé direct vers une autre de ses activités favorites : les échecs.

Ben oui. Cherchez pas à comprendre, moi j’ai laissé tomber depuis un moment. Timousse se lance donc dans une première partie sanglante contre un plus grand que lui (au moins un an de plus, vous vous rendez compte ????) et hurle au bout de 20 mn ECHEEEEEEEEEC ET MAAAAAAAAAAAAAT !

Faudra que je cause à son prof, qu’il lui apprenne à avoir la victoire un peu plus soft. Fort heureusement pour moi, il y avait une chaise pas loin des tables de jeux, sur laquelle j’ai pu me vautrer en attendant la fin de la partie. Et sachez-le, durant ces 20 minutes, je me suis fait royalement …. caguer. Je me lève alors, soulagée de réaliser que cette fin de partie mette par la même occasion un terme à l’ennuyeuse attente que je viens de subir, quand Timousse tire son prof par la main pour …. Se lancer dans une partie contre lui. A sa décharge, cette partie a au moins eu l’avantage d’être intéressante, vu que le prof lui expliquait chaque déplacement de pièce.

Je m’intéressais donc à ce nouvel échange quand une montagne de chair humaine s’est dressée entre les joueurs et moi. Un homme sans âge, sourire aux lèvres, me demande alors si j’attends mon tour pour jouer aux échecs. Ce à quoi je réponds le plus poliment du monde (si si, j’en suis capable) que non, je ne sais pas y jouer.

-          Oh mais vous devriez apprendre ! tenez, moi je joue, je joue tous les soirs sur mon ordinateur même. J’ai bidule sur mon ordi (j’ai oublié ce qu’il a comme jeu, et d’ailleurs je m’en cogne) et je joue du coup ça me fait faire des maths. Et du coup aussi, je fume.

-          Ah.

Je dis « ah » sur le ton du « je suis contente pour toi » puis je penche la tête sur le côté histoire de lui faire bien comprendre que là, il me gène, je ne peux plus voir mon fils jouer et que la conversation est terminée.

Il sort une cigarette de sa poche et l’allume.

-          Alors tu vois (oui oui, je sais, il est passé assez vite au tutoiement) tu vois, je fume un peu trop même. Je fume 4 paquets par jour. Mais bon, ils n’augmentent qu’en octobre alors pour le moment, je fume parce que c’est moins onéreux. Là, j’ai acheté une cinquantaine de cartouches pour voir venir. Tu sais combien de temps ça va me faire tenir cinquante cartouches ?

-          Euh … (125 jours pour ceux qui cherchent. Mais on s’en cogne hein ?)

-          De toute façon, j’y passe ma vie sur mon ordinateur tu vois ? même dans la journée j’y suis parce que j’ai 5 000 albums. Mais faut dire que j’ai un ordinateur super puissant alors je peux mettre la musique que je veux. J’ai un mal fou à tout écouter alors je colle la musique quand je joue aux échecs tu vois ? non parce qu’avant, j’étais pilote de chasse. (et là, il me donne quatre métiers différents rapport à l’aviation dont je me cogne autant que du jeu d’échec qu’il a installé sur son ordi). C’était la belle vie, pilote de chasse. (et moi, je commence sérieusement à me marrer) Mais maintenant, je suis à la retraite. Remarque, je m’en tape (moi aussi) je gagne 4 000 € par mois sans rien foutre ! 4 000 € ! t’imagines ? y’en a qui les touchent même pas en bossant (oui, moi). Donc je manque pas de fric. D’autant que j’ai 600 000 € de côté. Alors je peux voir venir tu vois ? les emmerdes de fric, je les aurais jamais ! En plus, j’ai un super appartement de 1000 m² au-dessus du centre ville, t’imagines ? le pied. Une vingtaine de pièces, rien que pour moi, personne à me faire chier t’imagines ?

-          Euh …. Non.

-          Et puis de toute façon, j’ai aussi 6000 films sur mon ordinateur. J’arrive pas à tous les voir, parce que t’imagines ? 6000 films ??? dingue non ? tout ça bien entendu, téléchargé hein !

-          Ah bon.

-          Ben voilà, t’as tout compris. Je les emmerde avec leur loi, je fais ce que je veux, ils ne m’auront pas de toute façon. Et donc hier, j’en ai eu marre de jouer aux échecs parce que l’ordinateur, je l’éclate moi tu vois ? alors je me suis regardé au moins 4 films (dont j’ai oublié le nom comme le reste) à la suite parce faut que j’épure quoi. Mais ce qui est pénible, c’est que je ne peux pas écouter la musique pendant que je regarde un film. Sinon, je ne comprends rien au film.

-          Alors il faut le regarder en sous-titré.

-          Ah ouais t’as raison, c’est pas con ça. Je vais essayer ce soir, allez ciao à plus tard, je vais faire un tour.

Je vous le dis, y’a qu’à moi que ça arrive. Il y avait une bonne cinquantaine de personnes dans le coin où j’étais, je suis la seule qu’il est venu voir. Et puis pfiout ! il a disparu.

Il m’a certainement raconté autre chose mais je vous assure que j’ai oublié. Déjà pas mal que je me souvienne aussi bien d’une partie de la conversation son monologue.

N’empêche, j’ai halluciné. Je me dis que je dois dégager un petit quelque chose qui doit attirer les grands malades de la tête. Parce qu’en général, quand il y a un(e) barge dans une ville, il est pour moi. Bon ok, c’est la première fois qu’on me fait le coup de parler plus vite que moi au point que j’ai eu un mal fou à en placer une. C’est la première fois qu’on me fait le coup de me raconter autant de conneries en si peu de temps, tout en restant aussi sérieux. C’est la première fois qu’on me débite autant de délires sans réagir devant mon air hilare.

Parce que je trouvais l’histoire tellement dingue que j’en étais morte de rire. Et pendant que j’essuyais mes yeux pleins de larmes, il continuait à me raconter sa pseudo vie le plus naturellement du monde. Même que j’ai bien détaillé le monsieur pour voir si par hasard je ne l’avais pas déjà vu quelque part. Même que j’ai cherché la caméra.

Parce que son débit façon sketch, c’était tellement irréel que ça aurait pu coller à une caméra cachée.

Même que j’ai attendu un bon moment assise sur ma chaise, à me marrer toute seule en attendant qu’un mec vienne me voir avec un micro et un papier pour me demander de signer une décharge pour qu’ils puissent passer l’émission à la télévision.

Même que personne n’est venu, que Timousse a fait égalité avec son prof et qu’on a pu enfin passer à autre chose.

Et pour conclure, j’en déduis déjà une chose. Rahan, adepte du « oui-non-ah-bon-je-sais-pas » en guise de conversation, arrive toujours à y mettre un terme (à la conversation qui le gonfle) en utilisant ses « oui-non-ah-bon-je-sais-pas » à outrance. Moi, j’ai du me fendre d’une phrase complète pour que le type me foute la paix. La vie est inzuste.

Posté par Kaliuccia à 16:39 - Nous - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 septembre 2009

L'ado baobab

Il était une fois une gamine de 15 ans qui décide de s’offrir, un beau matin au saut du lit, une méga crise d’ado. Certes, elle ne décide pas d’opter pour la crise d’ado dans le genre méga violente.

Elle reste sage, polie, respectueuse, timide … mais elle se ferme. Totalement. A ses parents, à ses amis, à ses professeurs. Le poil qu’elle exhibait fièrement au creux de sa main se transforme en baobab au fil des mois ce qui, vous en conviendrez, ne facilite pas les déplacements.

Un baobab dans la main droite, quand on est droitière, ça n’aide pas à bosser. Durant ses deux années de troisième, l’ado baobab se présente chaque jour et à l’heure à l’intégralité de ses cours. En touriste. En deux années consécutives, son agenda sera aussi neuf à la fin de l’année scolaire qu’il l’était au début. Neuf et vierge. L’ado baobab a beaucoup de chance, l’ado baobab est tombé sur des professeurs qui ne donnent aucun travail à la maison. C’est ce que nous appellerons la résistance passive.

L’année de ses 16 ans, l’ado baobab entre en conflit ouvert avec sa mère. Si le dialogue n’est pas totalement rompu, les conversations tournent vite au conflit, les laissant l’une et l’autre épuisées, enragées et en larmes, une tempête d’incompréhension mutuelle vient balayer des années de complicité.

Comment faire comprendre à une ado Baobab qu’elle est en train de briser son avenir avant même qu’elle ne soit en âge de l’effleurer, quand l’avenir se traduit par ce qu’elle pourra porter le lendemain ?

Rien n’y fait. Ni les menaces, ni la douceur, ni le chantage, ni le lâcher-prise, ni l’amour, ni les cris … rien.

Arrive ce qui devait arriver, l’ado Baobab souffle ses 16 bougies dans l’incertitude la plus complète. Ejectée du cursus général, ce n’est qu’après une bataille ardue qu’elle est acceptée en LP, se contentant de miettes pour ne pas se retrouver totalement exclue du système scolaire. Entendons par là qu’elle est casée d’office dans la seule classe où l’on recherche des élèves pour combler les trous et répondre aux cotas des effectifs.

La mère est déçue par son ado, terriblement déçue par ce gâchis, tant de talent et d’intelligence en une seule personne …. La mère ne veut plus écouter les discours de son entourage, les témoignages de réussite d’un cancre, les histoires de déclic … la mère n’y croit plus, elle ne peut que regarder sa fille s’enfoncer dans un monde qui finira de l’éteindre totalement.

Contre toute attente pourtant, le déclic s’opère. Est-ce ce nouvel amoureux qui croit si fort en elle ? Est-ce cet environnement qui lui convient ? Est-ce le dépôt des armes que sa mère à laissé à ses pieds ? Est-ce une nouvelle révolte ? L’ado baobab s’éveille, se découvre, se débat et décide de briller.

Après un an de cris et de larmes, les rapports de l’ado et sa mère reviennent doucement au beau fixe, effaçant doucement les rancœurs cumulées au fil des mois. Au vu de ses nouveaux résultats, l’ado baobab qui n’en fait tout de même pas plus que nécessaire parce que faut pas que déconner non plus, l’ado baobab en déduit qu’en travaillant un strict minimum, elle peut obtenir pas loin du maximum. Sans en parler à sa mère, la sachant échaudée par ses milliers de promesses non tenues, elle décide d’organiser son retour dans la filière générale. Le 20 avril, après deux mois de harcèlement, le LG finit par contacter la mère qui ne laissera rien transparaitre de son ignorance.

-          Votre fille passe trois fois par semaine pour demander sa réintégration chez nous. Nous ne pouvons qu’encourager des jeunes comme elle, qui savent ce qu’ils veulent faire, qui ont la volonté pour l’obtenir. Si à la fin de son année, ses professeurs émettent un avis favorable, c’est avec plaisir que nous l’accueillerons dans notre établissement.

La mère ne pose aucune question, acquiesce et contact alors son ado baobab pour savoir de quoi il en retourne exactement. Traduisez par c’est quoi ce bordel ?

Commence alors un long combat. Il faut convaincre le LP que cette enfant n’est pas dans une voie qui lui convient et qu’au lieu de se laisser abattre, elle travaille pour en sortir. Il faut convaincre l’IA qu’il ne s’agit pas d’un caprice ou de l’intervention de parents insatisfaits mais bien d’un réveil. Tardif certes, mais réveil tout de même. La dernière semaine de juin, l’ado baobab qui n’en fait toujours pas plus que nécessaire parce que faut pas que déconner toujours, rapporte un bulletin (presque) excellent couronné des encouragements du conseil de classe. L’ado baobab parvient à obtenir l’accord du LP qui accepte de soutenir sa demande auprès du LG, lequel est de toute façon déjà conquis. C’est là qu’intervient un petit pouvoir qui décide d’ériger de nouvelles règles. Parce qu’il faut savoir qu’aucune législation n’existe pour ce type de cas. Le petit pouvoir décide à trois jours de la fin des cours, que les professeurs doivent donner un avis sur la demande de l’ado.

Le petit pouvoir pond un tableau, exigeant de l’ado baobab qu’elle se mette en contact avec chaque professeur qui devra émettre un avis, favorable ou non, tout en justifiant cet avis. Le petit pouvoir contacte les deux lycées en leur exprimant ses doutes quant à la capacité de l’ado à s’adapter à un rythme de travail qu’elle a refusé durant deux trop longues années.

Et là j’ai envie de dire qu’est ce que ça peut te faire si elle se plante ? Comme chacun sait, à trois jours de la fin des cours et qui plus est en période d’examen, la plupart des professeurs sont difficiles à toucher. L’ado baobab réussit tout de même un exploit, elle fait compléter son tableau par chaque professeur et obtiendra même des avis très favorables dans les matières les plus importantes pour le cursus qu’elle demande.

Après bien des doutes et des balades entre services (lisez donc la BD d’Astérix confronté à l’administration pour vous faire une idée) le dossier est enfin monté et déposé au LG sans que l’ado ne puisse en avoir une copie. Ce qui aurait du mettre la puce à l’oreille à la mère.

La veille des vacances scolaires, le LG contacte enfin la mère. Détendue parce que persuadée qu’il ne s’agit là que des dernières formalités administratives, la mère n’oppose pas la moindre défense quand une voix mécanique l’informe que « le dossier de votre fille est refusé ».

Sous le choc de la nouvelle, la mère ne peut qu’en demander la raison. « Pas de place ». En ces mots, exactement. Comme on vous dirait qu’il n’y a plus de beurre.

L’été se passe dans la plus grande incertitude, la mère étant contrainte de réinscrire son ado en LP pour ne pas la laisser à la rue.

Il faut savoir que le LP s’était engagé à soutenir l’action de l’ado si elle obtenait de bons résultats. L’ado a obtenu les résultats demandés. Du jour au lendemain, le LP s’est rétracté. Il n’a plus voulu donner son appui. Pourquoi ? Eux répondent simplement « elle va se planter ».

Je connais assez bien la mère pour savoir qu’elle ne se serait pas démenée ainsi pour sa fille si elle n’avait pas été persuadée que c’était ce qu’il fallait faire pour elle. Qu’elle ne se serait jamais lancée dans toutes ces démarches si le LG ne l’avait pas contactée, relancée, pour lui promettre d’accepter l’ado baobab dans son établissement. J’insiste bien sur le fait que c’est le LG qui a contacté la mère et non l’inverse.

Du jour au lendemain, le LG refuse un dossier qu’il disait pourtant attendre impatiemment il y a quelques mois. Les parents d’élèves s’en mêlent dès la rentrée et la mère d’ado n’hésite pas à faire appel à ses connaissances pour tenter de comprendre la raison réelle du refus.

La réponse est la même, il n’y a pas de place.

Et pourtant, les effectifs ne sont pas complets dans la section demandée par l’ado baobab. Le savoir est une chose, le prouver en est une autre. Après discussions ici et là, une terrible interrogation s’élève. Est-ce que le dossier de l’ado serait finalement refusé parce qu’il ne faudrait pas que son cas serve de jurisprudence ? C’est une demande tellement inhabituelle que peu de villes y sont confrontées. Et la peur principale serait que d’autres enfants, mal orientés, s’amusent à monter un dossier tout en exigeant que leur cas soit accepté. Traduisez par si vous la prenez elle, pourquoi pas moi ?

Et bien moi, je trouve ça parfaitement dégueulasse. Des adultes promettent à une ado de la soutenir dans son projet tout en secouant une carotte sous son nez. Quand elle attrape la carotte, les mêmes adultes se rétractent. Quand on connait la fragilité des ados, quand on connait le manque de confiance qu’ils vouent au monde des adultes, on finirait presque par les comprendre.

Je connais cette ado, elle est loin d’être parfaite mais elle mérite qu’on la traite mieux. Vous pouvez y aller avec vos beaux discours sur la filière professionnelle qui n’est pas une honte et qu’il faut estimer comme une filière normale, je vous trouve bien frileux lorsqu’il faut en sortir un môme.

Bien entendu, la mère continue le combat aux côtés de son ado qui malgré tout continue de travailler. Je suis épatée par son courage et sa ténacité. Elle a plus de valeur que vous tous réunis, bardés de diplômes et de belles paroles.

Il y a quelques années, cette enfant m’a regardée droit dans les yeux et m’a dit

-          On m’a dit de faire confiance aux adultes, je leur ai tout raconté et ils m’abandonnent.

Sur ces mots, elle a tourné les talons et s’est dirigée vers le chemin qui lui imposait la justice, au nom des liens du sang. Elle avait 9 ans. Elle a brisé mon cœur ce jour là. Je n’oublierai jamais ses mots, ils me hanteront jusqu’à la fin de mes jours.

Sachez que je vous tiendrais pour personnellement responsable, s’il arrivait quoi que ce soit à cette enfant qui a fait, encore une fois, l’erreur de croire aux promesses des adultes.

Je sais que cette note est longue et qu’elle fera fuir le peu de lecteurs qui ne m’ont pas abandonnée en chemin. Mais il fallait que je couche ici ma révolte.

Posté par Kaliuccia à 11:23 - Coup de gueule - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 septembre 2009

Les virus attaquent

Ce n’est rien, il se mouche. C’est ce que me disait ma mère lorsque l’un de mes enfants, encore à l’étape du nourrisson, éternuait bruyamment dans mes bras.

Sa remarque se voulait rassurante. Mon tout petit tout juste endormi dans mes bras plissait les yeux, ouvrait grand la bouche, remontait ses jambes potelées à la poitrine puis expulsait avec force ce qui lui chatouillait le nez en raidissant son petit corps dans un sursaut, non sans tout postillonner au passage, avant de replonger dans un sommeil paisible.

Sa remarque se voulait rassurante, parce qu’elle lisait dans ma surprise la peur d’une maladie grave dont les éternuements n’en était que les prémices. Mais ma surprise n’était qu’une surprise. Peut être se rassurait-elle toute seule.

Ma mère est de cette génération où la plus petite poussée de fièvre chez un enfant est sujet d’inquiétude. Parce qu’en ces temps, on en mourait. Je me souviens, enfant, de mes angines annuelles, des 40 de fièvre qui les accompagnaient me laissant grelotant sous la couverture … mais je souviens surtout de son regard soucieux, j’aurais pu toucher son anxiété tant elle était palpable.

Ce n’est rien, il se mouche, c’est toujours cette phrase qui me revient en tête lorsque je vois un enfant éternuer. Un enfant à qui l’on apprend à tousser et/ou éternuer en protégeant son visage de ses mains. Enfin en protégeant surtout les autres des effets collatéraux. Enfin moi, j’ai toujours entendu ça. Mets ta mais devant ta bouche quand tu tousses !

Même le grand tableau noir sur lequel les enfants du centre aéré avaient noté les 57 règles à respecter, même le grand tableau noir rappelait la règle N° 15 : « je dois mettre ma main devant ma bouche quand je tousse ou j’éternue. »

Ben maintenant, c’est plus ça. Maintenant, il faut tousser dans son bras. Dans le creux de son coude. Ce que je trouve un peu dégueu soit dit en passant. Alors je ne voudrais pas être que critique sur la campagne dont on nous rabat les oreilles depuis des mois déjà, parce que grâce à cette campagne, nous avons appris quelque chose de vital. Et je tiens au passage à remercier du fond du cœur ceux qui ont pensé à pondre cette campagne, parce que je ne sais pas ce que nous serions devenus sans eux.

Depuis peu de temps, je sais qu’il faut jeter son mouchoir une fois qu’on l’a utilisé. Merci, merci à vous, J’eu été bien ennuyée, une fois que la grippe fut venue, si vous ne m’aviez pas autorisée à jeter les mouchoirs usagés (qu’on appelle aussi mouchoirs jetables soit dit en passant). Peut être que sans votre intervention, peut être que je les aurai gardés. Tous. En souvenir de la grippe de l’année 2009/2010.

Grâce à cette campagne, nous savons aussi que nous devons nous laver les mains. Putain ! Heureusement que vous êtes là !

Alors vous allez me dire que je ne suis qu’une peste mauvaise langue et qu’il y a des gens qui ne se lavent pas systématiquement les mains et que cette campagne leur est destinée. Eh oh ! un peu de sérieux là. Vous ne me ferez pas croire que ces personnes commenceront à le faire maintenant qu’ils ont appris la bonne nouvelle.

J’en reviens donc à l’objet de cette note qui part dans tous les sens, j’en reviens à cette démarche qu’il nous est demandé d’entreprendre, à savoir tousser ou éternuer dans notre bras. Déjà c’est con parce que du coup, le méchant virus va rester sur nos vêtements. Et s’il est certain qu’on ne va pas faire la bise à notre voisin de rame de métro en pleine heure de pointe, on risque fort d’être en contact à un moment ou à un autre avec le creux de son bras. Et là, tout le monde va se mettre à paniquer. Meeeeeeeeeeeerde ! ma main vient d’effleurer le creux de son bras, t’ain si ça se trouve, il vient juste de tousser dedans !!!!

Alors vous me direz que de toute façon, je m’en cogne, y’a pas de métro chez nous. On n’arrive déjà pas à avoir un train qui fasse autre chose qu’un shaker, alors un métro…. Mais quand même. Tousser ou éternuer dans son bras, ben moi je dis qu’il faut être sur de son coup. Non parce que sans vouloir rentrer dans les détails, il peut y avoir quelques petits accidents lorsqu’on éternue. Et franchement, le mouchoir c’est quand même mieux que le bras. Et j’en sais quelque chose qu’il peut arriver des petits accidents, je suis mère de famille vous rappelle-je. Et j’ai un spécimen là chez nous qui, il y a peu de temps encore, éternuait violemment. Je dis violemment parce que sa tête à ce moment là est projetée d’arrière en avant et passe à chaque fois à un micro centième de millimètre de la table, qu’on finissait par se dire avec Rahan qu’un jour, cette histoire se finirait aux urgences. Et on aurait peut être eu quelques problèmes avec les services sociaux au passage. Le gosse, le visage en sang, une vilaine coupure au niveau du front et une bosse à rendre jaloux elephant man : l’interne qui nous demande ce qui est arrivé et nous de répondre « il a éternué » … à mon avis ça ne serait pas passé.

Nous avons résumé les mises en garde en « tain Timousse éloigne toi de la table quand tu éternues, on n’a pas envie de passer la nuit au poste » ce que, je le conçois, peu de gens comprennent.

Mais je m’égare. Il y a peu de temps encore donc, Timousse se laissait surprendre par un énorme éternuement puis (au fait maman, t’as raison, quand il éternue.. enfin voilà quoi) puis il hurlait « bouchoiiiiiiiiiiir » Et restait ensuite sans bouger sous le regard horrifié de sa sœur « beuuuuuuuurk ! ce gosse est trop dégueu ! » Et nous de nous précipiter (merci pour ton aide Boudeuse) sur la boite à mouchoir pour la refiler le plus vite possible à Timousse. Et nous de lui expliquer que bordel, il pourrait mettre sa main devant la bouche quand il éternue bordel !

-          Ze beu ba ! après ze bais en aboir blein les bains !

-          AAAAAAAAHHHHHHHHHH ! mais il est dégueu ce gosse c’est pas possiiiiiiiiible ! (oui oui, c’est toujours Boudeuse)

Et nous d’insister qu’en ce cas, il faut absolument qu’il garde toujours sur lui un mouchoir et … et que voilà quoi. Je ne vais pas vous faire un dessin comme dans la campagne.

Sauf que maintenant, s’ils commencent à dire à Timousse qu’il doit éternuer dans son bras …. Ça va pas le faire.

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11 septembre 2009

T'imazines ?

Timousse ne supporte pas les trajets en voiture, si ça tourne.

Vu le superbe lieu dans lequel on vit, c’est con pour lui. Tu fais dix mètres et t’es en montagne. En même temps, il a de qui tenir. Je suis fragile moi aussi dès qu’on prend la voiture. Le mieux, c’est que je conduise. Quoi que … j’ai quand même réussi une fois à me rendre malade en conduisant … Et le TGV, même pas honte de le dire, le TGV aussi me rend malade.

Et j’ai le mal de mer aussi. Ce qui est cool quand on vit sur un bateau non ? Ne croyez pas tout ce qu’on vous raconte. On ne s’y fait pas obligatoirement. Au bout d’un mois, je ne suis pas amarinée. Dès que ça bouge, je ne suis pas au top de ma forme. Timousse lui, ça va. Quand ça roule, il se laisse glisser d’un bout à l’autre du bateau tandis que je me laisse mourir au fond de mon lit.

Donc nous testons tout pour que Timousse ne soit pas malade en voiture. Et rien ne fonctionne. Ni les médocs, ni les bracelets, ni les bonbons à la menthe. On s’est même cogné ses CD de comptines … Ca nous a rendu dingues et lui a terminé quand même sur le bas côté de la route à … enfin vous savez quoi. J’ai tenté en dernier recours les histoires sur CD, sur un trajet moyen.

Je lui ai trouvé entre autre, un cd de plus de deux heures, je l’ai mis en route dès le départ, il s’est confortablement installé au fond de son rehausseur, le nez collé à la vitre, et n’a pas changé de position durant toute l’heure du trajet.

Mais il y a un inconvénient à cette méthode. La conductrice, surtout lorsqu’elle est méchée blonde, la conductrice dis-je, se laisse prendre au jeu et fini par écouter elle aussi religieusement l’histoire. Et la conductrice se plante de route.

-          Euh maman, là ze crois que tu as oublié de tourner sur la petite route de droite.

Oui parce que faut le savoir, Timousse connaît la route mieux que moi la plupart du temps. C’est ainsi qu’un trajet d’une demi-heure se transforme en balade d’une heure. Et c’est pourquoi j’ai longuement suggéré à Timousse d’ajouter à sa liste de cadeaux de Noël (oui oui, il l’a déjà commencée) un lecteur cd portable. Même si je suis contre l’idée de voir un jeune enfant coller des écouteurs sur ses oreilles. Y’a un moment où ses principes, on les colle dans sa poche.

Durant cette jolie petite promenade donc, nous avons eu le plaisir de faire la connaissance d’une charmante petite famille vivant dans le nord de la France, on début des années 60. Une famille de 5 garçons, de 2 à 10 ans. 5 garçons qui portent le même prénom JeanA JeanB JeanC etc … parce que le père n’a pas la mémoire des noms.

-          T’imazines maman ? 5 Timousse dans le bateau ? TimousseA TimousseB ...

De vous à moi, on va éviter d’y songer. Peu avant Noël, la maman réuni sa petite famille pour leur annoncer une grande nouvelle. Après, c’est une question d’approche hein. Y’en a pour qui six mômes, c’est le grand bonheur, y’en a d’autres qui arrivent tout juste à s’organiser avec deux.

-          Six ?????????????? Six enfants ???????? ah moi ze voudrais pas hein ! ze voudrais pas que avec papa tu fasses six enfants !

Mouarf ! aucun risque !

-          Alors là, si on est six enfants, ça c’est sur que moi ze me sauve de chez nous hein ! En plus ils me piqueraient touzours mon lit, mes zouets, mes livres, mes z’amoureuses …. ILS ME PIQUERAIENT MES Z’AMOUREUSES !!!! alors là non hein ! là moi ze me sauve hein !

Putain où elle est cette putain de route déjà ? C’est quoi ce panneau là ? c’est quoi ce bled ? c’est quoi ce …

-          Eh maman, t’imazines si mon amoureuse qui veut avoir des bébés … ze te l’ai dit hein ? qu’elle voulait des bébés ?

-          Timousse ! déjà j’ai du mal à retrouver mon chemin alors ne me demande pas de réfléchir à tes futurs enfants !

-          Ben t’imazines, si elle voulait 10 enfants mon amoureuse ? (rien à foutre de ce que je dis quoi) alors là, moi ze lui dis non hein ! et si zamais elle les fait quand même et ben si zamais un zour on a 10 enfants et ben z’en tue.

-          Ne raconte pas n’importe quoi Timousse ! on parle d’être vivants, on ne tue pas des enfants !

-          Ah oui mais non reu-reu-reu-reu ! ze disais ça pour rire. Ze vais pas les tuer. Mais ze vais les abandonner ! parce que 10 enfants …

-          TIMOUSSE ! enfin ! on n’abandonne pas les enfants non plus !

-          Ah oui mais non reu-reu-reu-reu ! ze disais ça pour rire ze vais lui dire de se faire aspirer.

J’hallucine là ! et il me fait le coup EN PLUS quand je suis en train de conduire !!!

-          TIMOUSSE ! t’ain je conduis là ! tu ne veux pas écouter l’histoire calmement au lieu de … et puis comment tu connais ce terme aspirer ? non non, je ne veux pas savoir là tout de suite maintenant, je conduis, mais on va en reparler au calme. Maintenant, tu écoutes ton histoire et tu arrêtes de dire n’importe quoi.

-          Oui mais quand même t’imazines ….

-          NOOOOOOOOON ! Je n’imagine rien du tout ! j’imagine juste qu’on va à la plage, qu’on va chercher ta copine si je retrouve cette putain de route, et qu’on va tous bien s’amuser et qu’on ne parlera ni de gosses, ni d’aspirateur, ni de rien d’autre que s’amuser !

-          Oui mais …

-          TIMOUSSE !

-          Oui mais moi, ze veux seulement deux enfants. Une fille un garçon comme ça c’est bien z’ai les deux.

-          Ecoute ton histoire !

En chemin, nous avons récupéré la copine de Timousse accompagnée de sa maman. Nous avons laissé le CD en route pour les plus jeunes à l’arrière et avons papoté tranquillement. Jusqu’à ce qu’on se mette à écouter une bride de leur conversation …

-          T’imazines ? 10 enfants ????

-          Moi je m’en fou, j’aurai pas d’enfants. Et si mon mari veut des enfants, je divorce et je garde la maison et la voiture. Moi, j’aurai un chien.

Et là, je me demande si ce CD, c’était vraiment une bonne idée.

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10 septembre 2009

Z'ai faim !

Il va peut être falloir que je les débaptise. Même s’ils ne le sont pas (baptisés).

zai-faim-quand-est-ce-qu’on-manze.

qu’est-ce-qu’on-mange.

Voici leurs nouveaux pseudos.

Remarquez qu’ils font dans l’originalité ces deux là. Et ça ne s’arrange pas en grandissant !

Ils ont quand même 9 ans d’écart ! Crotte ! Au moins, me direz-vous, au moins font-ils l’effort de ne pas poser la même question.

Néanmoins, le résultat est le même une fois que mon cerveau a analysé chaque question. Ca créé un court-circuit.

Je ne vous donnerais pas la réponse que leur fait Rahan. Enfin surtout la réponse à qu’est-ce-qu’on-mange. D’abord parce que je ne fais pas de la merde. Ensuite parce que ce n’est jamais en paquet de douze. Enfin parce que je trouve cette réponse très incorrecte.

C’est vrai quoi. On passe notre temps à leur dire d’ôter leur doigt de leur nez, de ne pas manger avec les doigts (surtout juste après les avoir retiré du nez … ), que c’est la fourchette qui va à la bouche et non l’inverse, qu’on va leur frotter la langue avec de l’ail s’ils disent encore un gros mot …. Si on donne le mauvais exemple avec des réponses grossières comme celles de Rahan qu’est ce qu’ils vont retenir de notre éducation ? Hum ? Je vous le demande ?

Mais y’a pas. Ces deux questions, elles me gonflent. Et imaginez, imaginez le calvaire que j’ai subi cet été pendant trente longs jours ! Au lieu d’une fois le soir, j’y avais droit à deux fois par jour.

PLUSIEURS FOIS PAR JOUR MEME !!!!!

Merde quoi !

Alors tu te dis t’ain vivement la reprise (du boulot) ! Je n’aurais plus à me faire rabattre les oreilles des mêmes questions !

Et quand tu bosses ….

Tu rentres du boulot, t’es crevée ; t’as pas trouvé de place et t’as du te coltiner à bout de bras les courses que t’as fait au passage parce que le frigo est vide ; en rentrant tu t’aperçois que tu as oublié la moitié des choses parce que même quand tu te fends d’une liste tu oublies ce qu’il y a sur la liste ; tu te prends les pieds dans les jouets que zai-faim-quand-est-ce-qu’on-manze a « oublié » de ranger ; tu ne peux pas poser tes paquets parce que la table est jonchée de cadavres de canettes de sodas et des affaires personnelles que qu’est-ce-qu’on-mange a « oublié » de ranger ….

…. Et sans même décoller leurs yeux d’un dessin animé lobotomiseur …

-          zai-faim-quand-est-ce-qu’on-manze ?

ou d’un ordinateur chronophage ….

-          qu’est-ce-qu’on-mange ?

ET BONJOUR ????? BONJOUR VOUS SAVEZ DIRE BONJOUR ?????

Là, tes gosses ils te regardent comme si tu avais un truc sur le nez. Un truc tellement énorme qu’ils se demandent comment tu fais pour ne pas remarquer ce truc monstrueux sur ton nez. Alors tu insistes.

-          Vous pourriez même ajouter ohhhhhhhhhh ma petite maman chérie, la plus belle de toutes les mamans du monde !!! Tu es rentrée !!!! ohhhhhhhhh mais attend, je vais te débarrasser de tes paquets ! Tu veux que je les range ? Tiens, assied-toi petite maman chérie, ne bouge plus. Voiiiiiiiiiilà, enlève tes chaussures, je vais te préparer un petit planteur…

-          Ben j’sais pas préparer un planteur moi ! Pourquoi tu voudrais que je t’en propose ?

-          Ca se manze le planteur ?

Et là, là voyez vous, je me demande si encore une fois, ce n’est pas Rahan qui sait le mieux s’y prendre. Parce qu’à lui au moins, ils ne la posent plus la question. Comme pour l’ordinateur. Ils ne lui demandent jamais son ordinateur à lui.

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04 septembre 2009

Tu repars quand ?

Ca m’énerve !

Allez, avouez, sur que ça vous manquait de ne plus m’entendre me lire râler.

Ca m’énerve les gens qu’ont des gosses qui n’ont qu’une envie : retourner à l’école. Ca m’énerve d’entendre leur gosse dire « oh moi j’ai trop hâte de reprendre l’école ! » gna gna gna gna gna gna !

Et moi, je suis certaine que tes parents ils te passent un cd en boucle toutes les nuits pendant que tu dors … ça s’appelle du lavage de cerveau ! Ou alors ils te battent si tu ne le dis pas à chaque fois qu’on te demande si tu es content(e) de retourner à l’école. Ou alors, ils te font du chantage.

Oui parce que nous, on en est encore à la période où on leur demande « c’est quand la rentrée ? » parce que nous, c’est dans une semaine. Ah ben c’est comme ça hein ! Et Timousse, ça fait 60 jours qu’il répond « la rentrée, c’est dans 60 zours »

D’ailleurs, de toute façon, cette question elle m’énerve. Les gosses sont encore à plonger dans l’eau cristalline et chaude qu’on leur demande « au fait ? c’est quand la rentrée ? » Comme si on voulait, là tout de suite, effacer leur sourire radieux et éteindre la lueur pétillante de leur regard. Peut être qu’au lieu de leur apprendre à répondre « oh moi j’ai trop hâte de reprendre l’école ! » je vais leur apprendre à répondre un truc genre « qu’est ce que ça peut te f… » Non. Pas bien, je ne peux pas faire ça. Quoique … non, vraiment, je ne peux pas. Mais après réflexion …. Bon, faut que je pèse le pour et le contre.

Elle m’énerve cette question, parce que ça me renvoie en plus à cette époque de ma jeunesse où je vivais dans la capitale et venais passer mes vacances sur mon île. A peine avais-je posé le pied sur le sol qu’on m’accueillait d’un « et tu repars quand ? »

Bordel !

Laisse-moi arriver déjà ! Quand j’étais petite, je fondais en larmes parce que je n’avais pas envie de partir. En vieillissant (j’ose pas dire grandissant vu qu’il ne s’est pas passé grand-chose entre mon enfance et l’âge adulte niveau taille) en vieillissant donc, j’ai commencé à répondre à cette question débile par une question. Pas si débile d’ailleurs. Genre « pourquoi ? t’es pressé ? »

Sérieux, quand les gens sont en vacances, arrêtez de leur demander quand ils vont reprendre le boulot ou l’école ! Arrêtez ça tout de suite ! C’est pénible. Ca nous renvoie à une réalité qu’on est censé oublier pendant nos congés, vu qu’on est censés se détendre en vacances. Alors si dès le premier jour, on doit penser à la reprise ….

L’autre jour j’ai rencontré l’amie d’une amie qui était en vacances chez nous et je lui ai demandé un truc du genre si ils avaient un programme chargé en balades toussa …

Ben l’amie d’une amie m’a répondu on repart samedi 18. C’est dire qu’elle a du tellement entendre les « et tu repars quand ? » qu’elle en a fait une réponse automatique.

C’est dire.

Donc mes monstres, ils reprennent la semaine prochaine. J’ai commencé à le faire comprendre à Timousse. Qu’il peut enlever un 0 à son 60 jours maintenant.

-          Mais ze le sais maman, que ça fait longtemps que ça fait plus 60 zours. C’est zuste pour leur faire croire aux zens que ze suis en vacances.

Ok,  chacun son truc. T’as pas envie de leur répondre un truc du genre « oh moi ze suis trop content de retourner à l’école ! » Non ? Bon, laisse tomber.

En même temps, à part le fait que son périple en mer soit terminé, c’est vrai que Timousse est trop jeune pour être triste de reprendre l’école. Il en est encore à ne penser qu’au jour de la rentrée, avec l’odeur de neuf dans son cartable, les retrouvailles avec les copains et la découverte de sa nouvelle classe. Boudeuse, c’est autre chose. Boudeuse, elle sait. Et elle est fatiguée depuis 60 jours à la seule pensée de retourner en cours.

Alors on va dire que la plus stressée à l’approche de la rentrée, c’est moi. Parce que la reprise du boulot, ça va. J’assure. J’aime mon boulot, ça aide. Mais la reprise de l’école, c’est toujours un moment difficile pour moi. Je pense que si je ne bossais pas, je serais méga heureuse de les voir reprendre le chemin de l’école, histoire de respirer un peu dans la journée. Mais bon, il se trouve que je bosse. Et rentrée scolaire pour moi, ça rime aussi avec

-          Les devoirs du soir. Tu rentres vers 19h00 les meilleurs jours, tes mômes n’ont qu’une envie, faire leurs devoirs avec toi, c’est bien connu. Et toi, t’as qu’une envie, leur faire réciter leur dernière poésie où te replonger dans les équations à 5 inconnues, c’est bien connu. Tu vas me dire, tu as Rahan qui pourrait … sauf que Rahan, quand tu lui poses la question, il te répond « pourquoi ? y’avait des devoirs ? »

-          Les horaires à respecter. Pas que je sois du genre en retard tous les matins, mais je dois avouer que je ne suis pas du tout du matin. Alors quand ce n’est que pour le boulot, vu les heures que je fais on ne regarde pas l’heure de mon arrivée et ça me convient tout à fait. Mais l’école, elle s’en tape les deux genoux avec une coquille d’œuf de savoir si on est du matin ou pas. Donc, faut être à l’heure. Et ça, ça me stresse la course du matin.

-          Les rapports sociaux de Timousse à qui je dois régulièrement rappeler que désaccord avec petit camarade ne doit pas se terminer en bain de sang.

-          Les parents parfaits d’enfants parfaits devant l’école. Je crois que je vais en faire une overdose à force. Je crois qu’en fait, j’ai dépassé le stade de l’overdose. Je les entends déjà raconter les deux mois passés avec leur enfant parfait à réviser tout le programme des deux années à venir. Rien que d’y penser, ça me hérisse le poil. Je les entends déjà vanter les progrès époustouflants de leur petite merveille avant même que les cours n’aient repris. Sur que les mômes, ils savent déjà poser une division à 50 chiffres après la virgule quand Timousse a difficilement révisé quatre malheureuses tables de multiplications. Et encore, je le vois compter sur ses doigts quand je lui demande combien font 4x8.

C’est pas que j’ai honte de dire que pendant que Charles-Henri apprenait la méthode de la dissertation (oui, oui, à 8 ans), Timousse partait en plongée avec son père, c’est pas que j’ai honte puisque de toute façon, j’estime que des vacances doivent avant tout être des vacances.

C’est pas que j’ai honte d’avoir eu un mal fou à caser une heure de cahier vacances par jour parce que soit on se levait r_veil soit on naviguait et Timousse préférait apprendre le réglage des voiles. Soit on se baignait. Soit on partait faire une mini randonnée à terre. Soit on allait à la plage. Soit on partait ramasser les coquillages pour l’apéro du soir. Soit on s’écroulait dans les hamacs pour regarder les étoiles filantes.

Soit on regardait la lune

lune

Ou le coucher de soleil

la_tortue

Ou le ciel

ciel

Ou la nuit

lune2

Soit on s’allongeait pour lire un bon bouquin. Soit on jouait à des jeux de société débiles. C’est pas que j’ai honte.

C’est juste que nous sommes loin d’être parfaits.

M’en fou. Timousse a vu des dauphins cette année encore,

Dauphin2

c’est pas ça qui lui fera comprendre la table de trois,Dauphins3

mais au moins son cœur a-t-il failli se casser la gueule par terre. Dauphin4

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02 septembre 2009

Retour de vacances et Tag

Ce n’est vraiment pas facile de revenir après un mois complet de vacances.

En mer.

Météo parfaite.

Pas un coup de vent.

Pas un orage.

Pas de houle.

Eh oh ! c’est pas le top du top ça ?

La seule fois où nous avons posé nos délicats orteils sur un sol bétonné d’une ville du sud de l’ile, c’était pour faire le plein d’eau et de victuailles. En à peine deux heures.

Alors puisque ma potesse Jath’ a eu la bonne idée de me tagguer, je m’en vais faire d’une pierre deux coups. 7 photos que du bleu. Ca, c’est le tag. Non mais je précise pour ceux qui ne suivent pas.

Et un micro résumé de nos vacances dans le sud.

Sauf que – désolée Jath’ – ça va finir par vous lasser toujours le même bleu …

Tant pis pour vous. Moi je ne serais jamais lassée.

Nous avons découvert le maquis de Sénétosa,

voyage___Senetosa

sa tour

Tour_de_S_n_tosa

et son phare.

Phare

Que du bleu non ?

Deux heures de marche en plein cagnard avec Timousse. Casquettes, chaussures de marche et bouteilles d’eau sur le dos. Nous économisions notre souffle et notre salive pour arriver en un seul morceau au but de notre promenade. Nous, sauf Timousse. Ne me demandez pas comment il fait, je l’ignore. Ce môme, il a toujours un truc à dire, même sur la fourmi qui se trimballe sous son nez. D’ailleurs, nous avons des doutes sur ce qui nous a le plus fatigués cet été. La marche et la baignade ou …. Timousse.

Sauf dans ces moments là :

P_re_et_fils___Conca

Quoi que ... il arrivait  à causer sous l'eau. Cherchez bien, il y a du bleu.

Même si notre île était cette année la première destination touristique, nous avons tout de même réussi  à trouver des endroits déserts.

Mouillage_sauvage

Des plages non accessibles par la route, s’étalant sur des kilomètres et totalement vides.

J’étais juste un peu triste pour les enfants. Nous avons beaucoup bougé, mais ce n’était pas une année à dauphin.

Sauf que le jour du retour à la civilisation, Rahan a vu au loin un éclat sur la mer. Puis un autre, et encore un autre. Chaussant ses jumelles, il s’est écrié DAUUUUUUUUUUUPHIIIIIIIIIIINS !

Les ados pourtant fatigués de porter leur trop grande jeunesse se sont élancés à la suite d’un Timousse survolté sur le pont du bateau. Bon ok, ils étaient loin. Très même. Les voilà tous à scruter l’horizon en râlant qu’ils ne voyaient pas grand-chose, putain jamais contents ces mômes !

Nous avons bondis comme un seul homme en reconnaissant le shhhhhh caractéristique juste sous nos pieds.

Même qu’on a des photos. Mais comme je suis dans un tag de bleu et que je ne peux tout de même pas vous refiler toutes les photos sur un même thème, vous en aurez juste une.

dauphin

Avec en prime, le grand honneur de découvrir mes délicats pétons et un bout de main. Ca, c’est surtout pour que vous puissiez voir combien ils étaient près de nous.

Ils ont joué comme ça pendant dix minutes avec l’étrave du bateau. Deux jeunes dauphins et une adulte qui faisait bien deux mètres. Elle nageait sur le dos pour nous regarder. Dix minutes d’un bonheur tellement intense que même Timousse qui en a pourtant déjà vu, m’a dit

-          Maman ! mon cœur va se casser la gueule de ma poitrine !

Ben oui, pardonnez du peu, un mois en tête à tête avec deux ados, ça n’aide pas un gamin de 8 ans à peaufiner son vocabulaire.

Non mais sérieux hein ! ils en disent plus que moi des gros mots, mes ados ! Ca vous donne une idée non ?

Pas une phrase qui ne commence par putaiiiiiiiiiiiiin ! et ne se termine par meeeeeeeeerde.

Ah oui parce que je ne vous ai pas dit mais …. Scooter bout de ponton nous a accompagné durant ce mois de vacances. C’était un peu risqué, je l’avoue. Deux ados au lieu d’un à bord, sans Internet, peu d’électricité et restriction d’eau douce …. Deux ados et un Timousse …. Deux ados amoureux et un Timousse, oui nous prenions des risques.

En fait, nous avons eu raison d’en prendre, des risques, ils ont passé leur temps avec Timousse. En même temps, ils n’avaient pas vraiment le choix, vu le pot de glue que c’est, mais en même temps il n’y a pas eu de clash entre les trois. Ils se sont super bien entendus.

Jusqu'au bout.

Même que nous avons trouvé le truc pour que les ados se lavent. Suffit de leur dire qu’ils ne peuvent pas se laver. Suffit de leur dire que là, on va faire super gaffe à l’eau douce, qu’on lave tout à l’eau de mer et qu’après on dessale simplement à l’eau douce, suffit de leur dire ça pour que tout d’un coup, ils aient envie de se laver trois fois par jour.

Et ils ont tenté le coup tous les jours.

-          On peut se prendre une vraie douche ce soir ?

-          Oui

-          AHHHHHHHHHHH !

-          Après lavage à l’eau de mer...

Plouf

... vous avez droit à un rinçage succin

-          Oh mais j’ai froiiiiiiiiiiid

-          Voyons voir …. L’eau à 27° l’air à 40° … ouaich, le pôle nord quoi.

Même que je n’ai jamais vu des ados se laver aussi souvent les mains. Bon ils ont un peu fait la gueule parce qu’ils ne pouvaient pas appliquer les trois après shampoings quotidiens sur leurs cheveux colorés, frisés ou raidis ….

Eh oh ! sans déconner ! sont chochottes mes ados ou je me fais des films ? Trois soins après shampoing !!!! T’ain j’en fais même pas un moi ! QUOI IL FAUDRAIT ???

Enfin bref. C’était bien, chaud, beau, calme. Nous avons même voyagé pendant une semaine avec des amis qui avaient leur propre voilier et …. Un ado trois après shampoing à bord. Je ne sais pas si ça devait me rassurer mais …. Quelque part, je me suis sentie comprise.

Je sais, tout se mélange un peu dans cette note, mais je vous l’ai dis, le retour est difficile. J’ai reprit le boulot hier et tiens, justement, faut que je m’y recolle.

Ah zut faut pas que j'oublie de tagguer.

Alors .... ma petite Etoile, Mapping et Barbasucre comme ça ils vont bien finir par revenir, Euqinorev qu'est balaise en photos, Pakita qu'est aussi balaise en photos, Elle parce qu'elle vit dans le bleu elle aussi, LGC si elle a envie (les autres n'ont pas le choix, oui c'est du favoritisme et alors ?) et Monsieur Bleck parce qu'il déteste les Tags ;-)

Posté par Kaliuccia à 13:23 - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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