23 octobre 2009
'aciste !
J’ai une vie palpitante.
Si si, je vous jure. Mais avant de vous en parler, je commence tout d’abord par la fin de ma dernière note pour débuter celle-ci. Fermer mon blog, je l’ai dit comme ça, comme on dit au boulot qu’on va se casser pour se planquer sous la couette, comme on dit à ses gosses qui nous prennent le chou gravissime à être puni pour cause de bagarre qu’on va se tirer sur une île déserte, comme on dit à son mec qu’on retourne chez notre mère.
Parce que le jour où j’aurais décidé de fermer ce blog, je ne l’annoncerais pas comme ça.
Voilà. Alors je ne dis pas que c’était des mots en l’air, je n’ai pas envie de mentir. C’est le même type d’envie que le coup de la couette, l’île déserte ou maman. Ca me turlupine depuis quelques mois, je me force parfois à pondre une note, je me rends compte qu’il m’arrive de ne rien trouver à répondre d’intelligent aux commentaires et je m’aperçois que je peux rester des jours sans lire un seul blog. Pas que je me lasse. Je crois que je suis fatiguée. Mon cerveau a bien trop de choses à gérer ces derniers temps et il n’est pas très grand, le pauvre.
Enfin bon, je ne suis pas tombée dans le questionnement sur la réelle valeur des relations virtuelles mais tout de même. Il y a de quoi se poser des questions sur le pourquoi on continue pourquoi on arrête, pourquoi on laisse ouvert ocazou. Et je me les pose.
Maintenant que j’ai expliqué ce ressenti actuel, je vais vous confier un petit morceau de ma palpitante vie. A midi, au lieu de rester enfermée dans mon bureau comme tous les jours, j’ai décidé de prendre l’air à la grande surface du coin. Eh oh ! il ne fait que 20° aujourd’hui et je caille ok ?
Je n’avais que deux trois bricoles à prendre et pour une fois, je me suis contentée des deux trois bricoles. Ce qui n’est pas bon signe chez moi. Ca rime avec fatigue, lassitude. Enfin bon, on s’en cogne. Je quittais le centre commercial d’un pas vif et décidé avec un seul sac dans les mains et vous l’aurez compris, l’autre main libre. Un petit bonhomme de quelque chose comme trois ans pas plus, échappe à la vigilance de maman sous mon nez. Faut dire que la pauvre maman, elle a du rentrer dans le magasin avec l’idée de ne prendre que deux trois bricoles et qu’elle en est ressortie comme je le fais d’habitude : avec la moitié des rayons du magasin dans son caddy.
Le petit bonhomme passe tout droit devant moi au pas de course genre sa vie en dépend si sa mère le rattrape. D’ordinaire, je n’interviens pas. Pas envie d’avoir à affronter le regard noir d’un minus qui me décroche un coup de pied pour se libérer. Mais là, alors qu’il n’y avait pas de danger en soi puisque les portes vitrées s’ouvraient, qu’on arrivait sur un large trottoir, que la mère était à deux pas derrière et à deux doigts de le récupérer, allez savoir pourquoi, j’ai rattrapé le petit bonhomme en stoppant net sa course et la mienne.
Et là, sur le trottoir large comme une autoroute, j’ai cru un moment que le vent s’était levé. Qu’il m’attendait pour balancer une bourrasque tiède. Mais ce n’était pas le vent. J’ai vu un truc sombre me passer sous le nez, à grande vitesse, au ras de mes chaussures. Un pas de plus et il me roulait sur les pieds. Un pas et demi de plus et il me percutait. C’est mon sac qui a prit. Je dois avoir une démarche militaire quand je suis pressée. Sous la surprise, le petit bonhomme en est tombé sur le derrière. Et il a commencé à hurler.
Tandis que sa mère se précipitait sur lui et que je ramassais mon sac tombé à terre, le connard en scooter a pilé. Parce que c’était un connard en scooter. Je n’ai rien contre les deux roues, j’adore les motards et la façon qu’ils ont de me dire merci en levant le pied, mais les connards en scooter, je les rayerai volontiers de la planète. Ces types, ils n’ont aucun permis, et s’ils ont le permis voiture, ils ont oublié que le code se respecte AUSSI en scooter. Ces types, ils ne lèvent jamais le pied pour me dire merci quand je les laisse passer.
Et dans la catégorie connard en scooter, celui-ci détenait une putain de palme. Je peux y aller, s’il passe par là, Monsieur Bleck ne lira cette note qu’en diagonale vu la longueur, il ne pourra pas repérer toutes mes grossièretés.
Il a pilé me direz-vous, c’est déjà ça. Il a pilé surtout parce qu’après, y’avait un mur mais il a pilé. Un peu tard. Et connard en scooter, il me regarde, et il me dit
- Vous pourriez le tenir votre môme !
J’aurais pu lui répondre que c’était pas mon môme et qu’il en cause avec la mère affolée à côté de moi, m’est avis qu’en la poussant un peu j’aurais réussi à la transformer en serial killer de connard en scooter.
- On est sur un trottoir ! t’as pas vu que c’était un trottoir ???
Oui oui, je sais, je passe facilement au tutoiement. Surtout quand je suis en crise.
- Ben je m’attendais pas non plus à voir un gosse débouler !
- Mais putain c’est un trottoir ! c’est plutôt nous qui ne devrions pas nous attendre à voir un connard en scooter débouler !
Oui oui, je sais, je passe facilement au langage grossièrement gromoteux. Surtout quand je suis en crise.
- Je vais quand même pas me faire engueuler alors que vous ne tenez pas votre gosse !
Eh oh ! sans dèc ? il n’en tient pas une couche le mec là ? Remarquez tout de même que lui, il est resté poli et dans les mots et dans l’emploi de la personne.
- Mais c’est pas la question de tenir ou pas son gosse ! t’as rien à foutre sur un trottoir et qui plus est à la vitesse où tu allais !!!!!
- Mais d’habitude, y’a pas de gosses qui déboulent comme ça quand j’arrive !
Il n’en était donc pas à son premier test, ce type est hallucinant.
- Et ta connerie ? tu te lèves avec le matin ou elle déboule comme ça dès que tu montes sur ton scooter de merde ?
- Raciste !
Ouaich ! le type m’a traitée de raciste. Je ne sais pas de quoi je suis raciste vu que je n’ai pas entendu d’accent particulier et que derrière son casque j’avais du mal à deviner ses traits. Mais il m’a traitée de raciste et il est parti. Ou alors, je suis raciste anti-connard-en-scooter.
J’en ai perdu mon latin et mes mots. Je l’ai regardé partir hébétée. Y’a un moment où j’ai beau essayer, je ne comprends plus les gens. Je me suis alors retournée vers la dame, toujours avec son petit bonhomme dans les bras. Il me lançait un regard noir entre ses larmes et j’étais heureuse qu’il soit dans l’impossibilité de réaliser son rêve : me décrocher un coup de pied. La dame me remerciait, que si je n’avais pas été là …. oh non elle ne voulait même pas imaginer ce qui aurait pu arriver.
Ce à quoi j’ai rétorqué que tout compte fait, son petit bonhomme m’avait certainement évité un accident en courant à côté de moi. Je ne me serais pas arrêtée alors et … PAF !
- Hein petit bonhomme ? lui dis-je avec mon plus beau sourire.
Et là le petit bonhomme durcit plus encore son regard et me crache un mot, un seul :
- ‘aciste !
Commentaires
:-) sale gosse.
Et te force pas à répondre hein, moi non plus j'ai rien d'intelligent à dire, comme tu vois.
J'te trouve très sympa avec connard en scooter, parce que perso, entre deux insultes fleuries, j'aurais déjà chopé mon portable et appelé la maréchaussée pour lui transmettre la plaque de ce petit trou du cul.
Et que si un jour mon gosse a un scooter (il en veut pas, elle est pas belle la vie ?), ou tout autre truc fait pour rouler sur la route, et que les flics m'appellent pour m'apprendre qu'il a fait un truc comme ça, oh, j'irai, vu que j'ai pas le choix tant qu'il est mineur, mais il a pas fini de m'entendre bordel de dieu !
Et moi aussi je suis 'aciste anti contre connards en tout genre, et en scooter en particulier !
A Seashell
Bon, je ne te réponds pas alors :-)
A Jath'
Je t'avoue que j'étais tellement sous le coup de la surprise que je n'ai pas vraiment eu le temps de penser à quoi que ce soit !
Et je crois que l'envie d'un scooter éventuelle de mes enfants restera au stade de l'envie.
Trop de danger ...
la seule chose qu'il faut que tu retiennes dans tout ça, c'est que ton geste instinctif vous a sauvé, toi, le petit bonhomme et le mec en scooter, d'un accident quasi inévitable
ensuite je suis d'accord avec toi, c'est rageant la connerie humaine, et il y a vraiment des abrutis ambulants, de vrais dangers publics :(
mais pas d'assimilation à tous les conducteurs de scooter : j'en connais quelques uns de très bien, comme le parrain de ma fille, 53 ans, en costard (uniforme obligé compte tenu de son poste professionnel), et qui se conduit aussi bien en scooter qu'en voiture :o)
A Tisseuse
Ah mais tu sais, ici aussi je connais des tas de gens qui conduisent ultra bien en scooter (dont mon boss). Mais il y en a de plus en plus, circulation oblige qui choisissent ce mode de déplacement et qui devraient rester à pied. Hélas.
Tout est déjà dit sur l'attitude de connard en scooter alors je m'abstiens mais la chute, trop drôle. Merci pour l'éclat de rire que je me suis empressée de partager avec les barbas. Tu écris toujours aussi bien.
Bon je vais voir la note précédente où semble t-il tu parles de fermer, et comme je ne ferai ptêt pas deux comms dans la même soirée, je te le dis tout de suite en clair en net et en condensé : Ah noooooooooooon !
hihi...Ulysse et moi venons de nous régaler au p'tit dej à raconter à Loup ton billet.
"Kali sortait de faire ses courses..."
"Ah ouais ! mais là, tu le dis en une phrase ! elle ça fait déjà 20 lignes ou t'es tordu de rire" !
Comment parler de ce qui constitue, détail après détail, les petits dérapages de notre société tout en nous faisant nous poiler sévère.
je crois qu'à ce jeu là t'es carrément hors concours !
Sinon ben, c'est sûr que ça m'a l'air d'être un connard première catégorie ce skooterman là, mais bon, de là à le dénoncer à la maréchaussée ! oups... attention p't'être à garder un peu de mesure !
Gamine, je roulais parfois sur les trottoirs en vélo. C'était pas bien malin, c'est sûr, mais je n'étais pas pour autant de la graine à maison de redressement.
Voilà, c'était ma petit minute de moralisatrice à la con.
Sinon, ben, merci et merci et encore merci pour cette belle balade.
Groooooooooos bisous de toute la famille.
A Barbasucre
T'es bien placée toi pour me parler de blog ... tu y retournes quand sur le tien ? hum ?????
On fait un deal ?
A Pakita
Surtout, surtout ne t'en fais pas. Je n'appelle personne, jamais. J'ai un tellement putain de mauvais caractère de merde que j'ai plutôt tendance à régler mes problèmes toute seule.
Je ne suis pas armée, mes seules armes sont les mots. C'est une chance (enfin tout est relatif, je sais) ;-)
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