Au fil de l'eau

"Avant, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants."

04 novembre 2009

Célibataire, sans enfant.

Célibataire sans enfant depuis vendredi. C’était une grande première pour moi. Ca fait du bien, une semaine sans devoirs, sans bataille pour le choix de la musique à écouter, les banquettes pour moi toute seule, sans repas à préparer ….

Mais bon c’est un peu trop silencieux. A tel point que je vais finir par me causer toute seule histoire d’avoir la sensation que je raconte encore quelque chose.

La nuit, avant de me coucher, je fais le tour de mon chez moi minutieusement. Je vérifie partout si un satyre en mal de sadisme ne s’est pas planqué dans un coin. Je sais, j’ai trop d’imagination.

Je pensais faire une cure de sommeil pour commencer. Ca a merdé dès le premier jour. Après une super soirée filles chez moi le jour du départ de ma petite famille, autre grande première pour moi, je me suis couchée vers 3h30. Du matin. Yeux grands ouverts à 6h, j’avais la haine. Je me suis obligée à rester au lit parce que bordel, j’ai pas à me lever pour bosser, j’ai pas à me lever pour les gosses, alors je dors !

Ben je n’engueulerai plus jamais mes gosses qui n’arrivent pas à s’endormir le soir. C’est vrai quoi ! tu débarques dans sa chambre, y’a école le lendemain, il est pas loin de 22h et tu vois bien à sa façon de fermer les yeux qu’il est en train de faire tout ce qu’on veut, sauf dormir. Alors après mille et une tentatives douces et compréhensives, tu pètes un câble et tu quittes leur chambre dans une froide et sèche injonction (la tienne) MAINTENANT TU DORS ! Et même que tu es persuadée que ça va fonctionner.

Que hop ! coup de baguette magique, le môme il se dit que là, faut arrêter de chercher des poux dans la tête à maman et hop ! le môme s’endort. Ben ça, c’est dans les films. Les tiens. En vrai, tu peux lui dire sur tous les tons de s’endormir, s’il n’y arrive pas, il n’y arrive pas.

Même que j’ai essayé sur moi-même ce fameux samedi matin. Et de guerre lasse, à 8h, je me suis levée. En plus, il faisait un temps de merde. Et je reçois un appel breton qui me parle de grand soleil, de jardin en tee-shirt alors que chez nous, le ciel commence à pleurer.

Lundi, je bosse alors que j’ai des courbatures, des frissons, mal de gorge latent …. Je me couche avec un bon bouquin et ne le referme que vers 3 heures du mat’.

Je dois être abonnée à cette heure là. Eh oh ! j’ai lu jusqu’à 3 heures du mat’ DANS MON LIT ! avec la grande lumière éblouissante, personne pour grogner à côté que le bruit que je fais en tournant les pages le dérange …. Le pied. Sauf qu’il fait froid dans un grand lit vide. Je me disais que pas grave, le lendemain j’avais posé ma journée, j’allais rattraper mes heures de sommeil. Doit y avoir un petit rigolo là-haut, qui attend juste que je me propose de m’offrir une grasse mat’ sans la moindre petite culpabilité. A 5h30, un bruit énorme me réveille en sursaut. J’ouvre les yeux, m’attendant à voir un homme armé d’une hache dressée au-dessus de moi, un bon gros sadique sanguinolent qui tient à ce que ses victimes le voient les découper, je m’apprête à hurler comme la folle de massacre à la tronçonneuse (mais si, tu sais, la nana à la fin du film qui court partout en hurlant que toi t’as qu’une envie, c’est que l’autre malade qui lui court après l’achève pour qu’elle arrête de hurler) bon en fait, je crois bien que j’ai hurlé …. Mais je ne vois que l’annexe du bateau, et son moteur. Oui parce que au-dessus de mon lit, y’a un capot qui me permet de voir le beau ciel bleu ou étoilé, suivant l’heure à laquelle j’y suis.

Rassurée, ce n’est pas maintenant que je vais faire la une des journaux, je me recouche.

L’annexe du bateau … et son moteur … au-dessus de moi. Pas banal ça. Enfin au moins, c’était pas un malade avec une tête de porc sur la figure. L’annexe du bateau. Et son moteur. PUTAIN MAIS QU’EST-CE QU’ELLE FOUTAIT LA ????

Là, j’en oublie toutes les précautions d’usage et je me précipite au dehors comme une malade, en petite tenue pieds nus. Des rafales de vent comme on en a jamais ici, des trombes d’eau qui n’en finissaient pas de tomber et moi couchée sur l’annexe pour l’empêcher de s’envoler à nouveau. Au bout d’un moment, je me dis quand même que je ne vais peut être pas passer la nuit là, trempée et grelottante, à prévenir les rafales de vent. Alors je retourne à l’intérieur, j’en oublie de vérifier que personne n’en a profité pour s’introduire chez moi, je m’habille plus chaudement, j’enfile un ciré et des bottes, je ressors … bon je fais quoi ? Putain mais pourquoi il faut toujours que ça arrive quand il n’est pas là ????

Il me faut un bout’ (ou une corde, mais vous avez interdiction de dire corde sur un bateau). Bien entendu, Rahan le maniaco a tout viré sur le pont, tout est bien ficelé et rangé. Je retourne à l’intérieur, cherche les clés du coffre extérieur, fouille pour trouver une amarre (ou une corde, mais vous avez interdiction de dire corde sur un bateau) n’importe laquelle m’en fou. J’en trouve une, je repars sur le pont, je me jette juste à temps sur l’annexe pour qu’elle ne s’envole pas à nouveau, putain de nuit de merde, et je commence à saucissonner l’annexe pour qu’elle reste plaquée au pont …. Sauf qu’en fait, elle est en suspens au-dessus du pont, l’annexe. Ben oui, c’est comme ça qu’on la laisse quand on est au port. Légèrement en suspens et tenue à l’avant pour qu’elle ne se balade pas.

Merde merde merde merde merde. Je cherche la drisse (ou la corde, mais vous avez interdiction de dire corde sur un bateau) qui maintient l’annexe en hauteur, je déroule tout ce que Rahan a bien lové autour du winch, je lâche tout doucement histoire que l’annexe ne se viande pas non plus sur le pont et entre temps une nouvelle rafale, mon saucissonnage est maintenant lâche et ne sert plus à rien, je me jette sur l’annexe pour qu’elle ne s’envole pas encore une fois, putain de nuit de merde !

Je reprends l’amarre, re-saucissonne cette putain d’annexe que bordel, il aurait pu prévoir ça Rahan …. Et là je t’entends t’offusquer mais étant donné que c’est moi qui me retrouve trempée en pleine nuit sur le pont à me battre avec une annexe alors que je voudrais DORMIR, j’ai le droit d’accuser les absents même si j’aurais pu moi aussi prévoir ça. Merde alors ! … Je retourne à l’intérieur, trempée jusqu’aux os parce que bien sur, j’avais oublié d’attacher la capuche du ciré et que bien sur, à la première rafale, elle s’est abaissée et que j’avais autre chose à foutre à ce moment là qu’à penser à me la remettre correctement. Je vire mon ciré dégoulinant et en cherchant une serviette pour me sécher les cheveux, je croise malencontreusement le réveil … 6h30.

Je suis maudite.

Sinon, tout va bien. Eux ils ont beau temps, ils ont arpenté la Bretagne sud et sa super côte sauvage, ils vont à la piscine et au hammam de l’hôtel, ils se sont fait un ciné, ils s’offrent des repas gargantuesques, Timousse découvre les merveilles de l’océan (marée, petits ports à marée basse, pêche à pied, petits villages typiques, tempêtes …) Boudeuse confirme ses talents de photographe et affiche une bonne humeur épatante, tandis que Rahan me noie de photos sur leur périple.

Posté par Kaliuccia à 15:19 - Nous - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

D'un autre coté, chez toi, il est vite fait le tour du propriétaire à la recherche du sadique! Et pis pour se planquer sans être vu...
Mais je confirme que la semaine passé il faisait beau à l'ouest ;-)

Posté par Gilsoub, 04 novembre 2009 à 16:15

Plié de rire

Tu es l'épouse idéale : celle qui ne dort pas, sait faire la cuisine, le lavage et le repassage, sait saucissonner les putains d’annexes et de plus est célibataire !

Bises&Bisous

Posté par Le Refuge, 04 novembre 2009 à 16:21

A Gilsoub

Maître Gilsoub, sachez que dans mon chez moi, si petit soit-il, y'a des possibilités de se planquer.
Nanméo !

Posté par kaliuccia, 04 novembre 2009 à 17:28

A le Refuge

Il faut vite que je fasse quelque chose pour que tu ne te berces pas de trop d'illusions. Exceptionnelle mais loin d'être parfaite, je suis. D'ordinaire je dors. Même si ça démonte dehors, je n'entend rien. Ca devait être ma grande solitude qui m'a donné un sommeil plus léger. Sinon, tout le reste je sais faire. Rahan aussi. Sauf repasser, ça il dit toujours "ça je sais pas faire".

Posté par kaliuccia, 04 novembre 2009 à 17:31

M'en veut pas mais j'ai pas pu m'empêcher de penser à Ellen Mc Arthur en te lisant (hihi). Y'avait même un poil de vocabulaire quand tu t'empêchais de dire cor.. lol.

Ce que j'adore avec toi c'est que même la pire des catastrophes se transforme en marée de rire sous ta plume. Et que tu transmets bien ce que tu veux transmettre aussi. On le vit à travers toi.

Toujours autant de talent quoi.

Sinon je confirme aussi qu'il faisait beau ;-p.

Des bises

Posté par morganlafey, 04 novembre 2009 à 18:19

Quand ils sont tous là on n'en peut plus et puis quand ils sont pas là on s'ennuie d'eux... c'est cela être exceptionnelle!!!
Bises

Posté par manoudanslaforet, 05 novembre 2009 à 18:14

Tiens, et bien moi j'aime bien quand tu raconte ta vie de femme amarinée !!

Non, entendons nous bien, les mômes c'est bien... mais les histoires d'annexes qui se gaufrent à cause de la piaule ça a quand même une autre gueule !

Bleck

Posté par bleck, 05 novembre 2009 à 19:22

Petit saut en arrière.
Il y a 1 an environs, je posais ici mon premier commentaire, complètement conquise par le ton des billets et l'âme de la propriétaire des lieux.
Pas une seule fois je n'ai regretté d'avoir amarré en tes eaux ma kali... car toujours je retrouve ici ce mélange percutant de légèreté et d'essentiel.
Merci pour ce voyage, merveilleux comme tous les autres.

Posté par pakita, 06 novembre 2009 à 08:50

Merci.
Non seulement je ris (c'est méchant je sais) mais en plus grâce à toi je vais briller en soirée maintenant que je sais dire corde de plusieurs façons différentes!

Posté par Elle, 06 novembre 2009 à 13:01

je confirme de nouveau (pas pour enfoncer le clou, non...en plus dans un bateau ça pourrait ouvrir une voie d'eau), mais exceptionnellement il a fait un temps extraordinaire dans l'ouest il y a quelques jours

mais je compatis vraiment parce que c'est pas ce que tu espérais comme jours de calme :(

Posté par Tisseuse, 08 novembre 2009 à 20:30

A Morganlafey

Ah là là, Ellen ... même les plus grands marins peuvent se sentir tous petits à côté d'elle alors tu penses que moi, je suis un microbe :-)

Posté par kaliuccia, 09 novembre 2009 à 13:52

A Manoudanslaforet

En fait, en résumé et pour faire vite, on n'est jamais satisfait ;-)

Posté par kaliuccia, 09 novembre 2009 à 13:53

A Bleck

C'est vrai, ça dépayse. Désolée de ne pas vivre assez de moments de solitude pour en raconter un peu plus ... mais je promets d'y réfléchir.

Posté par kaliuccia, 09 novembre 2009 à 13:54

A Pakita

Whaaaaaaaaaaaa ! plus que très joliement dit tout ça ! merci.

Posté par kaliuccia, 09 novembre 2009 à 13:55

A Elle

Ah mais si tu veux, aucun souci. On peut s'amuser à monter un petit dico spécial brillance de société pour s'amuser un peu.

Posté par kaliuccia, 09 novembre 2009 à 13:56

A Tisseuse

Et en plus, chez nous, il a fait beau juste pile poil le jour où j'étais à Paris. Bon ok, il a fait beau à Paris aussi. Mais plus froid.
Et on vient de passer un week-end que je n'ai même pas de mots pour le décrire, tellement il était nullissime

Posté par kaliuccia, 09 novembre 2009 à 13:58

Punaise la galère !!!Je connais les joies de "la montagne isolée" mais ça je connais pas!
Finalement on a toujours besoin de nos hommes pour affronter les éléments...et réchauffer nos pieds ! Je crois que je suis pas faites pour vivre seule...

Posté par Lau, 17 novembre 2009 à 16:08

A Lau

Je crois que moi non plus :-)

Posté par kaliuccia, 17 novembre 2009 à 16:27

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