07 juillet 2009
Prise de tête
J’étais en train de me promener sur les sites de proverbes comme ça, histoire de pondre celui du jour pour m’amuser quand je tombe sur un d’une grande lucidité.
« Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée ».
Proverbe français, s’il vous plait. J’en suis encore toute retournée.
Ce que j’aime bien, lorsque je découvre un proverbe, c’est en connaître sa signification exacte. Le pourquoi du comment il a été pondu.
Comme « Jeu de main, jeu de vilain ». Je l’ai entendu celui-là, depuis toute petite et je l’ai toujours associé à « si tu continues à chahuter débilement, il va t’arriver une tuile ». Style un coup qui part tout seul et après ça vient pleurer dans les jupes de maman.
Aujourd’hui, ça me fait surtout penser à un film dont j’ai oublié le nom et jusqu’aux acteurs mais une scène me reste en mémoire. Ils sont tous là, autour d’une table, à jouer à se mettre des baffes genre je te tiens tu me tiens par la barbichett-eu. Sauf qu’ils passent direct aux baffes. Et il faut se les prendre dans la tête sans broncher. Le premier qui bronche, il a perdu. Au début, de petites claques. Et puis à force, ça doit faire mal de se prendre même des petites claques toujours sur la même joue. Alors la tension monte, tout doucement. Et paf ! et paf ET PAF ET PAAAAAAAAAF !
Jusqu’à ce que l’un d’entre eux devienne complètement dingue et se jette sur la personne qui vient de lui en coller une sévère. J’avais 18 ans à l’époque, et cette scène m’avait littéralement fait mourir de rire. Jusqu’au moment où ils se foutent réellement dessus. J’avais 18 ans donc, et du haut de l’intelligence de nos 18 ans (et dire qu’on a le droit de vote à cet âge là …) nous avions décidé d’appliquer la scène. Voilà pourquoi aujourd’hui, ils sont obligés de préciser à la télé que ce qu’on va voir dans le reportage qui suit, il ne faut surtout pas le reproduire à la maison.
Donc au début on rigolait tous bien, les uns en face des autres et on a commencé à se coller des petites ta-pettes. Comme ça, pour s’amuser sans trop faire mal. Tap – tap.
Ben vous savez quoi ? y’a un moment où effectivement il y a un truc qui disjoncte dans le cerveau. Y’a la claque de trop qui laisse une fine marque sur la joue qui rend votre main un peu plus leste.
Et à la fin, ça se termine par un gros splash dans la tronche de l’autre. Sauf que la tronche de l’autre, c’était la mienne, et que je m’en suis prise une tellement balaise que j’en suis tombée de ma chaise.
Donc voilà. Le proverbe a raison : jeu de main, jeu de vilain. Ce jeu était vraiment trop con, je n’ai jamais recommencé.
Mais alors « Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée »…
Je cherche, je cherche …
Sans dèc, la personne qui a pondu ça, l’a au moins fait math sup’.
Parce que la porte, tu l’ouvres et/ou tu la fermes et puis c’est tout. Je cherche, je cherche, et je ne vois pas du tout ce que je peux faire d’autre avec une porte.
Ou alors, c’est peut être un marin qui l’a pensé, ce proverbe.
Attention ! ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. On peut avoir fait math sup’ et être marin.
C’est même peut être un marin qui a fait math’ sup, parce qu’il a du pratiquer. A bord, c’est sur que même sans le savoir, on l’applique tous les jours. La porte, elle est soit fermée soit ouverte et même bloquée ouverte. Vu qu’au moindre mouvement ça commence à battre et je vous jure qu’au mouillage, avec le léger roulis permanant, ça prend la tête du plus zen de tous les zens de la terre le clang… clang …. clang …
De toute façon, c’est sur qu’il n’a pas d’ado. Ou alors il n’en avait pas quand il a pensé à « Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée ».
Parce que l’ado, sa porte elle est plutôt plus que fermée. A clef. Et quand elle est ouverte, elle ne l’est pas longtemps. En général, elle est fermée, l’ado s’engueule, il ouvre la porte et VLAAAAAAAAAAAAM ! il la referme façon ado.
« Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée ».
Pour ça que je suis nulle aux mots croisés et aux devinettes. Pas que je manque d’imagination hein. Mais j’entends toujours les mots dans leur signification première. Un peu comme Boris, qui collait de vrais cafard dans son histoire quand son héroïne avait le cafard.
D’ailleurs, elle me prend la tête cette citation. Donc comme j’en ai eu marre de chercher, j’ai fait comme les rares fois où j’ai joué aux mots croisés. Je suis allée chercher la solution.
Face à un problème clair, il ne faut pas chercher un compromis ni rester dans la demi-mesure. Autrement dit, entre deux solutions opposées, il n'y a pas de troisième réponse : il faut faire son choix.
Donc ça veut dire qu’il faut se décider. Ca va plus vite de le dire et on a surtout l’air moins con je m’excuse hein !
Parce que imagine, t’es avec une copine, elle est là à te raconter qu’elle n’arrive pas à se décider si elle doit passer la soirée avec Jules l’officiel ou Robert, le beau ténébreux qui lui a laissé son numéro de téléphone …..
Imagine que tu penses que c’est le moment où jamais de lui montrer ta culture et que tu lui dises que merde quoi ! « Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée ».
Ben moi je voudrais bien voir la tête de la copine à ce moment là. Sur qu’elle va penser que t’as encore piqué un pétard à zone.
06 juillet 2009
Je sais, il y a toujours pire.
Le pire dans le pire, c'est l'attente du pire.
Daniel PENNAC.