23 octobre 2009
'aciste !
J’ai une vie palpitante.
Si si, je vous jure. Mais avant de vous en parler, je commence tout d’abord par la fin de ma dernière note pour débuter celle-ci. Fermer mon blog, je l’ai dit comme ça, comme on dit au boulot qu’on va se casser pour se planquer sous la couette, comme on dit à ses gosses qui nous prennent le chou gravissime à être puni pour cause de bagarre qu’on va se tirer sur une île déserte, comme on dit à son mec qu’on retourne chez notre mère.
Parce que le jour où j’aurais décidé de fermer ce blog, je ne l’annoncerais pas comme ça.
Voilà. Alors je ne dis pas que c’était des mots en l’air, je n’ai pas envie de mentir. C’est le même type d’envie que le coup de la couette, l’île déserte ou maman. Ca me turlupine depuis quelques mois, je me force parfois à pondre une note, je me rends compte qu’il m’arrive de ne rien trouver à répondre d’intelligent aux commentaires et je m’aperçois que je peux rester des jours sans lire un seul blog. Pas que je me lasse. Je crois que je suis fatiguée. Mon cerveau a bien trop de choses à gérer ces derniers temps et il n’est pas très grand, le pauvre.
Enfin bon, je ne suis pas tombée dans le questionnement sur la réelle valeur des relations virtuelles mais tout de même. Il y a de quoi se poser des questions sur le pourquoi on continue pourquoi on arrête, pourquoi on laisse ouvert ocazou. Et je me les pose.
Maintenant que j’ai expliqué ce ressenti actuel, je vais vous confier un petit morceau de ma palpitante vie. A midi, au lieu de rester enfermée dans mon bureau comme tous les jours, j’ai décidé de prendre l’air à la grande surface du coin. Eh oh ! il ne fait que 20° aujourd’hui et je caille ok ?
Je n’avais que deux trois bricoles à prendre et pour une fois, je me suis contentée des deux trois bricoles. Ce qui n’est pas bon signe chez moi. Ca rime avec fatigue, lassitude. Enfin bon, on s’en cogne. Je quittais le centre commercial d’un pas vif et décidé avec un seul sac dans les mains et vous l’aurez compris, l’autre main libre. Un petit bonhomme de quelque chose comme trois ans pas plus, échappe à la vigilance de maman sous mon nez. Faut dire que la pauvre maman, elle a du rentrer dans le magasin avec l’idée de ne prendre que deux trois bricoles et qu’elle en est ressortie comme je le fais d’habitude : avec la moitié des rayons du magasin dans son caddy.
Le petit bonhomme passe tout droit devant moi au pas de course genre sa vie en dépend si sa mère le rattrape. D’ordinaire, je n’interviens pas. Pas envie d’avoir à affronter le regard noir d’un minus qui me décroche un coup de pied pour se libérer. Mais là, alors qu’il n’y avait pas de danger en soi puisque les portes vitrées s’ouvraient, qu’on arrivait sur un large trottoir, que la mère était à deux pas derrière et à deux doigts de le récupérer, allez savoir pourquoi, j’ai rattrapé le petit bonhomme en stoppant net sa course et la mienne.
Et là, sur le trottoir large comme une autoroute, j’ai cru un moment que le vent s’était levé. Qu’il m’attendait pour balancer une bourrasque tiède. Mais ce n’était pas le vent. J’ai vu un truc sombre me passer sous le nez, à grande vitesse, au ras de mes chaussures. Un pas de plus et il me roulait sur les pieds. Un pas et demi de plus et il me percutait. C’est mon sac qui a prit. Je dois avoir une démarche militaire quand je suis pressée. Sous la surprise, le petit bonhomme en est tombé sur le derrière. Et il a commencé à hurler.
Tandis que sa mère se précipitait sur lui et que je ramassais mon sac tombé à terre, le connard en scooter a pilé. Parce que c’était un connard en scooter. Je n’ai rien contre les deux roues, j’adore les motards et la façon qu’ils ont de me dire merci en levant le pied, mais les connards en scooter, je les rayerai volontiers de la planète. Ces types, ils n’ont aucun permis, et s’ils ont le permis voiture, ils ont oublié que le code se respecte AUSSI en scooter. Ces types, ils ne lèvent jamais le pied pour me dire merci quand je les laisse passer.
Et dans la catégorie connard en scooter, celui-ci détenait une putain de palme. Je peux y aller, s’il passe par là, Monsieur Bleck ne lira cette note qu’en diagonale vu la longueur, il ne pourra pas repérer toutes mes grossièretés.
Il a pilé me direz-vous, c’est déjà ça. Il a pilé surtout parce qu’après, y’avait un mur mais il a pilé. Un peu tard. Et connard en scooter, il me regarde, et il me dit
- Vous pourriez le tenir votre môme !
J’aurais pu lui répondre que c’était pas mon môme et qu’il en cause avec la mère affolée à côté de moi, m’est avis qu’en la poussant un peu j’aurais réussi à la transformer en serial killer de connard en scooter.
- On est sur un trottoir ! t’as pas vu que c’était un trottoir ???
Oui oui, je sais, je passe facilement au tutoiement. Surtout quand je suis en crise.
- Ben je m’attendais pas non plus à voir un gosse débouler !
- Mais putain c’est un trottoir ! c’est plutôt nous qui ne devrions pas nous attendre à voir un connard en scooter débouler !
Oui oui, je sais, je passe facilement au langage grossièrement gromoteux. Surtout quand je suis en crise.
- Je vais quand même pas me faire engueuler alors que vous ne tenez pas votre gosse !
Eh oh ! sans dèc ? il n’en tient pas une couche le mec là ? Remarquez tout de même que lui, il est resté poli et dans les mots et dans l’emploi de la personne.
- Mais c’est pas la question de tenir ou pas son gosse ! t’as rien à foutre sur un trottoir et qui plus est à la vitesse où tu allais !!!!!
- Mais d’habitude, y’a pas de gosses qui déboulent comme ça quand j’arrive !
Il n’en était donc pas à son premier test, ce type est hallucinant.
- Et ta connerie ? tu te lèves avec le matin ou elle déboule comme ça dès que tu montes sur ton scooter de merde ?
- Raciste !
Ouaich ! le type m’a traitée de raciste. Je ne sais pas de quoi je suis raciste vu que je n’ai pas entendu d’accent particulier et que derrière son casque j’avais du mal à deviner ses traits. Mais il m’a traitée de raciste et il est parti. Ou alors, je suis raciste anti-connard-en-scooter.
J’en ai perdu mon latin et mes mots. Je l’ai regardé partir hébétée. Y’a un moment où j’ai beau essayer, je ne comprends plus les gens. Je me suis alors retournée vers la dame, toujours avec son petit bonhomme dans les bras. Il me lançait un regard noir entre ses larmes et j’étais heureuse qu’il soit dans l’impossibilité de réaliser son rêve : me décrocher un coup de pied. La dame me remerciait, que si je n’avais pas été là …. oh non elle ne voulait même pas imaginer ce qui aurait pu arriver.
Ce à quoi j’ai rétorqué que tout compte fait, son petit bonhomme m’avait certainement évité un accident en courant à côté de moi. Je ne me serais pas arrêtée alors et … PAF !
- Hein petit bonhomme ? lui dis-je avec mon plus beau sourire.
Et là le petit bonhomme durcit plus encore son regard et me crache un mot, un seul :
- ‘aciste !
29 septembre 2009
Merci
On a le droit de faire de la pub sur un blog ? non hein ?
Bon, je vais faire de la pub sans en faire alors. Je vais parler d’une radio super méga connue dans notre beau pays. Elle est ce qu’elle est, pour ma part j’adore 95 % de ses émissions.
Lorsque nous partons en mer pendant un mois l’été, elle est notre seul lien avec le monde dit civilisé.
Bon ok, le soir, niveau musical, je n’accroche pas systématiquement. C’est vrai qu’ils ne passent pas you two en boucle, ils auraient donc du mal à me satisfaire. Mais on s’en cogne.
C’est avec cette radio que je fais une partie de mes choix de lecture, parce que j’adore cette façon qu’ils ont de recevoir des auteur(e)s, de les faire parler, de nous donner envie de lire leur dernier roman. C’est avec cette radio que je voyage ou que je me replonge dans mes souvenirs africains.
J’ai juste envie d’ouvrir une parenthèse avant d’en arriver au vif du sujet. POURQUOI AVEZ-VOUS SUPPRIME LA METEO MARINE ?????? oui, je sais qu’elle passe sur les ondes courtes mais voyez vous, j’ai un souci avec mon poste, il ne capte pas cette radio sur ces ondes.
Avez-vous une idée de ce dont vous nous avez privés ? C’était une minute (ou deux) de pure magie. Une voix féminine douce à l’oreille nous débitant à la vitesse grand V des lieux dont nous n’entendons jamais parler dans la vie de tous les jours. Une météo balayant tous les secteurs de notre beau pays, annonçant succinctement les avis de grand frais à coup de vent, les mers fortes ou très fortes, les brises et mer belle …. Même si on ne navigue pas, c’est du pur plaisir que d’écouter la présentatrice prononcer des lieux imprononçables sans fauter, tout en retenant parfois un fou rire parce qu’on se doute bien que dans le studio des petits rigolos font les clowns pour lui faire perdre son fil. Vous ne réalisez peut être pas, mais c’est un prodige que de réussir cet exploit !
C’était un moment magique dans notre petite famille, le soir à l’apéro. Timousse hurlait un chuuuuuuuuuuuuut ! ME-TE-O ! nous levions le son et écoutions religieusement ce qui allait nous tomber sur la gueule le lendemain. Ou pas.
Ok allez vous me dire, on ne navigue pas avec une météo sur 24 heures aussi brève. Oui mais. On savait ce qui se passait autour de nous, on devinait ce qui allait arriver avec le nord Sardaigne, on se marrait en entendant ce qui tombait dans le nord. Et tout marin qui se respecte écoute au moins mille météos différentes, parce qu’il a envie et puis c’est tout.
Ok allez vous me dire, t’as qu’à t’offrir une radio qui captera la météo marine sur les bonnes ondes. Je vais le faire. Mais je n’aime pas qu’on perturbe mes habitudes. Fin de la parenthèse, j’en arrive à ce qui amène cette nouvelle note à rallonge.
Ce matin comme toujours, je me préparais en écoutant la dite radio que vous n’avez certainement pas reconnue, je n’ai aucun doute là-dessus. Il y avait un reportage et si vous voulez savoir de quoi il en retourne exactement, suivez donc ce lien.
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/reporter/
Je voudrais les remercier, sans faire leur pub, je voudrais remercier les journalistes qui se sont penchés sur ce nouveau phénomène de société, un de plus, une honte de plus.
Parce que bien entendu, en écoutant ce reportage, j’ai pensé à ma fille. Qui s’est laissée bercer par des promesses vaporeuses, qui ne sera pas reprise en cycle général parce qu’elle n’avait qu’à pas déconner à 15 ans, personne ne déconne à 15 ans ! merde alors ! et qui, pour combler le tout, se retrouvera piégée dans leur nouvelle réforme à la con.
Parce que sachez-le, non seulement on lui ferme les portes du cycle général en lui « imposant » gentiment de passer son BEP, vu qu’elle n’est plus prioritaire pour être acceptée en seconde …. Mais en plus, il y a 99% de chances qu’elle se retrouve à la rue à la fin de l’année avec (peut être) un diplôme en poche qui ne lui servira à rien.
Eh oui. Avec leur nouvelle réforme, elle tombe pile poil dans l’année où le bac pro ne s’obtient plus en 4 mais en 3 ans. Avec leur nouvelle réforme, elle ne peut pas accéder au nouveau bac pro en trois ans, puisque les sortis de troisième seront prioritaires sur les sortis de BEP.
Elle ira faire la queue, comme tout le monde, chez les enfoirés.
Donc voilà. Merci à ces journalistes qui ont si bien traité ce sujet encore tabou, vu qu’il ne faut surtout pas faire de bruit avec les mômes qui ne sont pas premiers de la classe dans toutes les matières et qui ne font pas comme tout le monde.
Merci d’avoir commencé à dénoncer à coup de témoignages l’aberration de ce nouveau système. Même si ça ne change rien pour le moment, je veux croire qu’à force d’être entourés de personnes intelligentes, nous sauverons quelques enfants.
Qu’ils puissent au moins retarder le moment où ils pointeront au chômage quoi.
Non, je ne suis pas négative, je suis juste lucide. Et un peu en crise.
17 septembre 2009
L'ado baobab
Il était une fois une gamine de 15 ans qui décide de s’offrir, un beau matin au saut du lit, une méga crise d’ado. Certes, elle ne décide pas d’opter pour la crise d’ado dans le genre méga violente.
Elle reste sage, polie, respectueuse, timide … mais elle se ferme. Totalement. A ses parents, à ses amis, à ses professeurs. Le poil qu’elle exhibait fièrement au creux de sa main se transforme en baobab au fil des mois ce qui, vous en conviendrez, ne facilite pas les déplacements.
Un baobab dans la main droite, quand on est droitière, ça n’aide pas à bosser. Durant ses deux années de troisième, l’ado baobab se présente chaque jour et à l’heure à l’intégralité de ses cours. En touriste. En deux années consécutives, son agenda sera aussi neuf à la fin de l’année scolaire qu’il l’était au début. Neuf et vierge. L’ado baobab a beaucoup de chance, l’ado baobab est tombé sur des professeurs qui ne donnent aucun travail à la maison. C’est ce que nous appellerons la résistance passive.
L’année de ses 16 ans, l’ado baobab entre en conflit ouvert avec sa mère. Si le dialogue n’est pas totalement rompu, les conversations tournent vite au conflit, les laissant l’une et l’autre épuisées, enragées et en larmes, une tempête d’incompréhension mutuelle vient balayer des années de complicité.
Comment faire comprendre à une ado Baobab qu’elle est en train de briser son avenir avant même qu’elle ne soit en âge de l’effleurer, quand l’avenir se traduit par ce qu’elle pourra porter le lendemain ?
Rien n’y fait. Ni les menaces, ni la douceur, ni le chantage, ni le lâcher-prise, ni l’amour, ni les cris … rien.
Arrive ce qui devait arriver, l’ado Baobab souffle ses 16 bougies dans l’incertitude la plus complète. Ejectée du cursus général, ce n’est qu’après une bataille ardue qu’elle est acceptée en LP, se contentant de miettes pour ne pas se retrouver totalement exclue du système scolaire. Entendons par là qu’elle est casée d’office dans la seule classe où l’on recherche des élèves pour combler les trous et répondre aux cotas des effectifs.
La mère est déçue par son ado, terriblement déçue par ce gâchis, tant de talent et d’intelligence en une seule personne …. La mère ne veut plus écouter les discours de son entourage, les témoignages de réussite d’un cancre, les histoires de déclic … la mère n’y croit plus, elle ne peut que regarder sa fille s’enfoncer dans un monde qui finira de l’éteindre totalement.
Contre toute attente pourtant, le déclic s’opère. Est-ce ce nouvel amoureux qui croit si fort en elle ? Est-ce cet environnement qui lui convient ? Est-ce le dépôt des armes que sa mère à laissé à ses pieds ? Est-ce une nouvelle révolte ? L’ado baobab s’éveille, se découvre, se débat et décide de briller.
Après un an de cris et de larmes, les rapports de l’ado et sa mère reviennent doucement au beau fixe, effaçant doucement les rancœurs cumulées au fil des mois. Au vu de ses nouveaux résultats, l’ado baobab qui n’en fait tout de même pas plus que nécessaire parce que faut pas que déconner non plus, l’ado baobab en déduit qu’en travaillant un strict minimum, elle peut obtenir pas loin du maximum. Sans en parler à sa mère, la sachant échaudée par ses milliers de promesses non tenues, elle décide d’organiser son retour dans la filière générale. Le 20 avril, après deux mois de harcèlement, le LG finit par contacter la mère qui ne laissera rien transparaitre de son ignorance.
- Votre fille passe trois fois par semaine pour demander sa réintégration chez nous. Nous ne pouvons qu’encourager des jeunes comme elle, qui savent ce qu’ils veulent faire, qui ont la volonté pour l’obtenir. Si à la fin de son année, ses professeurs émettent un avis favorable, c’est avec plaisir que nous l’accueillerons dans notre établissement.
La mère ne pose aucune question, acquiesce et contact alors son ado baobab pour savoir de quoi il en retourne exactement. Traduisez par c’est quoi ce bordel ?
Commence alors un long combat. Il faut convaincre le LP que cette enfant n’est pas dans une voie qui lui convient et qu’au lieu de se laisser abattre, elle travaille pour en sortir. Il faut convaincre l’IA qu’il ne s’agit pas d’un caprice ou de l’intervention de parents insatisfaits mais bien d’un réveil. Tardif certes, mais réveil tout de même. La dernière semaine de juin, l’ado baobab qui n’en fait toujours pas plus que nécessaire parce que faut pas que déconner toujours, rapporte un bulletin (presque) excellent couronné des encouragements du conseil de classe. L’ado baobab parvient à obtenir l’accord du LP qui accepte de soutenir sa demande auprès du LG, lequel est de toute façon déjà conquis. C’est là qu’intervient un petit pouvoir qui décide d’ériger de nouvelles règles. Parce qu’il faut savoir qu’aucune législation n’existe pour ce type de cas. Le petit pouvoir décide à trois jours de la fin des cours, que les professeurs doivent donner un avis sur la demande de l’ado.
Le petit pouvoir pond un tableau, exigeant de l’ado baobab qu’elle se mette en contact avec chaque professeur qui devra émettre un avis, favorable ou non, tout en justifiant cet avis. Le petit pouvoir contacte les deux lycées en leur exprimant ses doutes quant à la capacité de l’ado à s’adapter à un rythme de travail qu’elle a refusé durant deux trop longues années.
Et là j’ai envie de dire qu’est ce que ça peut te faire si elle se plante ? Comme chacun sait, à trois jours de la fin des cours et qui plus est en période d’examen, la plupart des professeurs sont difficiles à toucher. L’ado baobab réussit tout de même un exploit, elle fait compléter son tableau par chaque professeur et obtiendra même des avis très favorables dans les matières les plus importantes pour le cursus qu’elle demande.
Après bien des doutes et des balades entre services (lisez donc la BD d’Astérix confronté à l’administration pour vous faire une idée) le dossier est enfin monté et déposé au LG sans que l’ado ne puisse en avoir une copie. Ce qui aurait du mettre la puce à l’oreille à la mère.
La veille des vacances scolaires, le LG contacte enfin la mère. Détendue parce que persuadée qu’il ne s’agit là que des dernières formalités administratives, la mère n’oppose pas la moindre défense quand une voix mécanique l’informe que « le dossier de votre fille est refusé ».
Sous le choc de la nouvelle, la mère ne peut qu’en demander la raison. « Pas de place ». En ces mots, exactement. Comme on vous dirait qu’il n’y a plus de beurre.
L’été se passe dans la plus grande incertitude, la mère étant contrainte de réinscrire son ado en LP pour ne pas la laisser à la rue.
Il faut savoir que le LP s’était engagé à soutenir l’action de l’ado si elle obtenait de bons résultats. L’ado a obtenu les résultats demandés. Du jour au lendemain, le LP s’est rétracté. Il n’a plus voulu donner son appui. Pourquoi ? Eux répondent simplement « elle va se planter ».
Je connais assez bien la mère pour savoir qu’elle ne se serait pas démenée ainsi pour sa fille si elle n’avait pas été persuadée que c’était ce qu’il fallait faire pour elle. Qu’elle ne se serait jamais lancée dans toutes ces démarches si le LG ne l’avait pas contactée, relancée, pour lui promettre d’accepter l’ado baobab dans son établissement. J’insiste bien sur le fait que c’est le LG qui a contacté la mère et non l’inverse.
Du jour au lendemain, le LG refuse un dossier qu’il disait pourtant attendre impatiemment il y a quelques mois. Les parents d’élèves s’en mêlent dès la rentrée et la mère d’ado n’hésite pas à faire appel à ses connaissances pour tenter de comprendre la raison réelle du refus.
La réponse est la même, il n’y a pas de place.
Et pourtant, les effectifs ne sont pas complets dans la section demandée par l’ado baobab. Le savoir est une chose, le prouver en est une autre. Après discussions ici et là, une terrible interrogation s’élève. Est-ce que le dossier de l’ado serait finalement refusé parce qu’il ne faudrait pas que son cas serve de jurisprudence ? C’est une demande tellement inhabituelle que peu de villes y sont confrontées. Et la peur principale serait que d’autres enfants, mal orientés, s’amusent à monter un dossier tout en exigeant que leur cas soit accepté. Traduisez par si vous la prenez elle, pourquoi pas moi ?
Et bien moi, je trouve ça parfaitement dégueulasse. Des adultes promettent à une ado de la soutenir dans son projet tout en secouant une carotte sous son nez. Quand elle attrape la carotte, les mêmes adultes se rétractent. Quand on connait la fragilité des ados, quand on connait le manque de confiance qu’ils vouent au monde des adultes, on finirait presque par les comprendre.
Je connais cette ado, elle est loin d’être parfaite mais elle mérite qu’on la traite mieux. Vous pouvez y aller avec vos beaux discours sur la filière professionnelle qui n’est pas une honte et qu’il faut estimer comme une filière normale, je vous trouve bien frileux lorsqu’il faut en sortir un môme.
Bien entendu, la mère continue le combat aux côtés de son ado qui malgré tout continue de travailler. Je suis épatée par son courage et sa ténacité. Elle a plus de valeur que vous tous réunis, bardés de diplômes et de belles paroles.
Il y a quelques années, cette enfant m’a regardée droit dans les yeux et m’a dit
- On m’a dit de faire confiance aux adultes, je leur ai tout raconté et ils m’abandonnent.
Sur ces mots, elle a tourné les talons et s’est dirigée vers le chemin qui lui imposait la justice, au nom des liens du sang. Elle avait 9 ans. Elle a brisé mon cœur ce jour là. Je n’oublierai jamais ses mots, ils me hanteront jusqu’à la fin de mes jours.
Sachez que je vous tiendrais pour personnellement responsable, s’il arrivait quoi que ce soit à cette enfant qui a fait, encore une fois, l’erreur de croire aux promesses des adultes.
Je sais que cette note est longue et qu’elle fera fuir le peu de lecteurs qui ne m’ont pas abandonnée en chemin. Mais il fallait que je couche ici ma révolte.
21 juillet 2009
Découvre quand tu vas mourir.
Fais le test de la mort et découvre quand tu vas mourir …
Je suis tombée sans trop me faire mal, sur cette accroche au hasard de mes lectures bloguesques et j’avoue que les bras m’en sont tombés ploc ploc, l’un après l’autre.
Eh oh sans déconner ,,,, y’en a qui ont planché sec pour réussir à pondre une connerie pareille ?
Y’en a qui sont payés à l’heure pour pondre ce type de site ?
Non mais oh ? Ça va pas la tête ?
Imagine l’ado, en pleine crise d’ado, qui passe dans le coin et percute par le plus grand des hasards ce lien. Il va faire quoi à ton avis, l’ado en pleine crise d’ado ?
Ben il va cliquer dessus ! Vous croyez qu’on n’a pas assez d’emmerdes avec nos ados , déjà qu’avec leur nouveau mouvement, qui cultive une émotivité ou une émotion ou une émotruc à son summum, cette espèce de mélancolie que nous pourrions résumer en « j’aime tellement la vie que je veux mourir » (ben oui, logique adoesque …. ) déjà on a un peu de mal à assurer … mais alors avec ça on fait quoi ?
D’ailleurs j’avoue que je suis larguée là. Je me souviens de mes 15-16 ans, des fleurs bleues plein la tête, je passais mes journées à écrire des poèmes mièvres qui auraient émus cendrillon aux larmes.
Mes classeurs, mes cahiers et jusqu’à mon sac de lycéenne étaient recouverts de citation à l’eau de rose et de cœurs brisés ou sommairement réparés et je me planquais pour lire Angélique …
Bon ok, j’ai bien eu ma période sombre jusqu’au bout des ongles mais je n’affectionnais dans le gothique que ce que ce style pouvait provoquer chez les vieux qui ne comprenaient rien à la vie.
La vie justement, la vie. J’en restais à la vie. Là, il y a comme un choc de génération que j’ai beaucoup de mal à amortir.
Découvre quand tu vas mourir. Ce type d’accroche, ça me fait penser aux pubs sms dont ils nous inondent à l’heure où seuls les insomniaques et les ados sont devant leur écran télé…. « Est-ce que ton ex t’aime encore ? » … sérieux ? Qu’est ce que ça peut faire ? c’est un(e) ex !
Ou encore « quand seras-tu enceinte ? »
Non mais ça va pas la tête ?
Ce sont encore des bébés qu’il faut réveiller doucement le matin, qu’on doit déposer à proximité du lycée mais pas trop près sinon c’est trop la honte ; ils n’ont toujours pas pigé dans quel bac on met la lessive (déjà, faudrait qu’ils sachent ou est planqué le lave linge .. mais avant tout qu’ils sachent faire la différence entre linge sale et linge propre …) et ils sont incapable de gérer leur forfait téléphonique sans l’exploser dans la première semaine, tout comme ils ne savent même pas décapiter un œuf à la coque sans le pulvériser ET TU VOUDRAIS QU’EN PLUS ILS SE REPRODUISENT ?
Tu crois pas qu’ils ont assez de trucs bizarres qui nagent dans les brumes de leur cerveau, nos ados, y’a vraiment pas besoin d’en rajouter hein !
Je vais te dire moi, quand elle sera enceinte. Un jour, peut être, loin dans le futur lointain. Faudra déjà commencer par grandir.
Je préfère presque encore Timousse qui en est à la phase de s’interroger sur la façon de les faire, les bébés. J’ai dit presque.
Mais alors là, découvre quand tu vas mourir …. Pardon hein ! Même pas je n’ai pas cliqué sur le lien. D’abord je ne clique jamais sur les liens des pubs moi, mais alors celui là certainement pas ! Non parce que imagine, l’ado clique, une date s’affiche.
On fait quoi après ? Il se dit c’est bon, je suis peinard, j’en ai encore pour 50 ans à pouvoir faire tout et n’importe quoi, j’ai vu un site qui me donnait la date exacte de ma mort. Et c’est pas pour tout de suite. Qui plus est, ça doit même leur semble très loin vu la notion du futur qu’ils ont. Déjà qu’ils se mettent parfois dans des situations, certains ados, que leur pauvre ange gardien, il doit s’arracher les ailes tellement il a du boulot pour les sauver in-extremis…
Et si il se fiche en l’air l’ado, à faire le couillon, on fait quoi ? On attaque le site pour publicité mensongère ?
Imagine si on lui dit que c’est pour l’année prochaine. Déjà que c’est pas des nerveux pour la plupart niveau travail à la maison mais alors là, on peut s’accrocher pour leur faire réviser leur cours d’histoire que ça peut leur servir pour le bac dans trois ans.
Alors on passe notre temps, nous parents, à s’entendre dire qu’il faut faire attention à nos enfants, que c’est de notre faute s’ils ne travaillent pas assez, s’ils sortent trop ou pas du tout, on nous vend des logiciels à installer sur leurs ordis pour leur interdire d’aller naviguer ici ou là …
Que soit dit en passant nos ados prennent leur pied à dévier tous nos pièges, vu que la plupart sont mille fois plus doués que leurs deux parents réunis.
Et là, sur un site parfaitement clean que jamais de la vie tu n’interdirais à tes mômes d’aller y faire un tour, sur un blog tout ce qui est de plus propret que si tu surprends ton ado en train de le lire tu te dis t’ain ! mon ado n’est pas illettré en fait … et bien vlam ! ça clignote juste en dessous, et ça te propose de connaître la date et l’heure de ta mort.
Ben désolée pour les yeux chastes, mais ça me troue.
Le mot de la fin : Déconner, connerie, emmerdes …. J’ai bien essayé de coller bordel quelque part, mais malgré tous mes efforts, j’ai du abdiquer..
16 juillet 2009
Fais ce que je dis ...
J’ai eu le malheur, il y a quelques années, de m’attacher à une amie dont le mari était trop possessif, jaloux, réducteur, suspicieux, parano et vampirique. Dès le premier jour, il a combattu notre amitié à coups de sourires hypocrites, pics acerbes, discours influençables …. Tout à coup, il n’était plus l’unique raison de vivre de sa compagne. Tout à coup, elle riait avec quelqu’un d’autre que lui. Tout à coup, quelle horreur !!!!! ça se trouve, on parlait de lui, on médisait ….
Ca se trouve, on s’offrait quelques parties de jambes en l’air avec des passants qu’on choppait dans la rue … je ne vois pas trop comment nous aurions réussi à vivre ce type d’expérience avec le peu de temps libres dont nous disposions mais il y a des logiques imperturbables.
La naïveté de nos 20 ans nous laissait penser que notre amitié serait plus forte que sa bêtise, mais nous nous trompions. Et le jour vint où mon amie, fatiguée de se battre, décida de choisir la paix. Je l’ai perdue.
Je suis bien incapable de la juger, même si j’ai terriblement souffert. Victime de son éducation, elle n’avait ni les armes ni la force de se battre. Je suis d’autant plus incapable de la juger que quelques années plus tard, je m’amourachais d’un homme qui devint au fil des années possessif, jaloux, réducteur, suspicieux, parano et vampirique. Je sais ce qu’elle a vécu.
Des soirées à démonter des scénarios aussi vicieux qu’inimaginables, des années à justifier un regard, un mot, une minute de retard.
Je sais aussi que cette incapacité qu’ont certaines personnes à accepter que leur compagne ou leur compagnon puisse avoir un/une ami(e) est assez fréquente.
Il ne supportait pas me voir rire comme une ado avec quelqu’un d’autre que lui, il ne supportait pas que je passe un seul moment avec une amie hors de son contrôle. Toutes mes tentatives se soldaient par un échec. Des jours entiers de gueule, de reproches, de suspicions … Tout à coup, il n’était plus mon unique raison de vivre. Tout à coup, je riais avec quelqu’un d’autre que lui. Tout à coup, quelle horreur !!!!! ça se trouve, on parlait de lui, on médisait ….
J’ai bien tenté de lui faire comprendre qu’il existait sur terre des milliers de sujets de conversation qui nous permettaient de parler de quelqu’un d’autre que lui … en vain.
Ca se trouve, on s’offrait quelques parties de jambes en l’air avec des passants qu’on choppait dans la rue … je ne vois pas trop comment nous aurions réussi à vivre ce type d’expérience avec le peu de temps libres dont nous disposions mais il y a des logiques imperturbables.
Tout ça me fait penser à ces pays dictatoriaux où l’on interdit l’école parce qu’il est plus facile de maintenir à l’état d’esclavage un être ne sachant ni lire ni écrire, un être ne se doutant même pas que la liberté existe, juste à côté.
Il n’est pas facile de quitter ce genre d’homme parce que leur pouvoir de manipulation est sans limite. Mais j’ai eu beaucoup de chance, j’ai réussi à le quitter.
Je me suis jurée, au souvenir de ma première amie de ne plus jamais m’attacher à une femme dont le compagnon ressemblerait de près ou de loin à mon ex, au compagnon de mon amie. J’ai même réussi à le faire. Mais j’ai continué à me faire avoir de temps à autre. Parce que c’est comme l’amour, il y a des sentiments qui ne se commandent pas.
Aujourd’hui, je suis en colère. Et ce que je vais raconter, ce n’est pas du tout pour me justifier, juste pour expliquer la situation telle qu’elle est. J’ai une copine dont le compagnon ne me semblait pas trop chiant. Avec cette amie, nous nous sommes souvent retrouvées le dimanche matin, à la laverie. Et plutôt qu’attendre bêtement dans ce lieu peu sympathique, nous avons décidé d’aller boire un café juste à côté. Cette habitude nous semblait si agréable que nous avons décidé de la prolonger même maintenant que je n’ai plus besoin d’aller à la laverie. Elle et moi pensions que son compagnon, tout comme Rahan, ne voyait aucun problème dans ces petites rencontres innocentes, auxquelles parfois ils se joignaient.
Je prends des cours de yoga gym une fois par semaine le soir, elle a trouvé l’idée sympa et a décidé d’en faire avec moi.
La semaine passée, boss a distribué à tout le bureau des places pour aller voir une comédie musicale. Nos compagnons respectifs n’étant pas du tout branchés pour ce type de sortie, nous avons décidé de nous y rendre sans eux.
Cette amie vit actuellement des moments très difficiles avec son compagnon. Je l’ignorais jusqu’à la semaine dernière, que ça allait si mal, elle est assez discrète sur sa vie privée et je respecte ça. Je l’ignorais jusqu’à ce qu’elle m’annonce qu’elle avait fait sa valise et s’était installée chez un couple d’amis en leur absence, histoire de faire le point ou de préparer un nouveau départ. C’est certain que la nouvelle m’a plus que surprise, mais bon, on n’est pas dans la vie des autres.
Après réflexion, elle m’a annoncé ce matin qu’elle avait décidé de retourner vivre avec lui. C’est son choix, c’est sa vie, si elle est heureuse, j’en suis heureuse pour elle.
J’ai été un peu surprise qu’elle m’annonce que son compagnon ne voulait plus jamais entendre parler des amis qui avaient accepté de l’héberger quelques jours durant cette période de crise.
Je l’ai été un peu moins lorsqu’elle a ajouté que moi, il me haïssait plus que tout, puisqu’il m’estimait responsable de ce qui leur arrivait. Non pas que je l’ai obligée à quitter son mec quelques jours (quoique, je me demande s’il n’en est pas rendu à penser ça après réflexion) mais parce que j’ai une mauvaise influence sur elle. Sur le moment, c’est vrai que j’ai pris la nouvelle avec beaucoup de philosophie. On a toujours besoin d’un coupable. Mais plus j’y pense, plus ça me fout en rogne.
C’est quoi ce bordel ? C’est quoi ces mecs qui pensent que leur femme sont connes au point d’être incapables de prendre des décisions toutes seules ? c’est quoi ces gros cons de mecs qui pas une seconde ne seront capables de se dire que merde, là j’ai déconné et je l’ai un peu poussée à bout, il faut que je me prenne en main ? C’est quoi cette grosse lâcheté de merde ?
C’est quoi ce bordel ? en quoi le fait de se boire un café une heure le dimanche matin, à deux pas de chez soi peut être une mauvaise influence ???? en quoi le fait de s’offrir une heure de détente le soir en semaine peut être une mauvaise influence ???? en quoi le fait d’aller quand même à une soirée où le mec est invité mais où le mec n’a pas envie d’aller est une mauvaise influence ????
C’est quoi ces mecs ou ses nanas qui confondent la relation de couple avec une relation parent enfant ? Putain j’ai l’impression d’avoir 10 ans et d’entendre mon père m’interdire d’aller manger le gâteau d’anniversaire de ma voisine de pallier !
Ma copine, c’est sur, elle est pour le moment assez en colère que son compagnon puisse la trouver aussi … bêtement influençable. Bien sur, elle ressent ça comme une atteinte à son intégrité d’autant qu’on n’est plus des gamines et elle encore moins que moi. Mais je ne me fais pas trop d’illusion. Je crois que j’ai perdu mes cafés du dimanche matin, mes soirées yoga et tous les autres moments qui auraient pu être agréables.
Tout ça parce qu’un connard de pauvre mec ne supporte pas que bobonne vive autre chose que sa vie de bobonne. Elle l’aime et je respecte ça, mais ça ne m’interdit pas de penser que rien que pour ce qu’il a dit, ce mec est un gros con. Il va certainement très mal et j’en suis désolée pour lui mais le fait d’aller mal n’excuse pas tout.
Ras-le-bol des cons. Et je vous jure que si jamais il se pointe devant Rahan pour sous-entendre que j’ai une mauvaise influence sur sa femme, je vous jure que ça va chauffer pour son matricule. Putain de merde pour un café de temps en temps !!!!!
Je crois que c’est lui qui n’a surtout pas intérêt à croiser ma route. Je crois que c’est mieux pour lui parce que je sature sévère des cons.
06 juillet 2009
Chaud !
L’hiver, j’entend râler autour de moi qu’il fait froid, que ras le bol de ce temps merdeux et même qu’il m’arrive de me mêler au concert. Ca se pelotonne sous des pulls trop grands, ça pose ses fesses sur le radiateur poussé à son maximum. Arrive le printemps, qui ces dernières années n’était pas très sympathique c’est vrai. Et il fait froid, et il pleut tout le temps et vivement l’été. Y’a plus de radiateurs parce que faut pas que déconner, mais il reste la couette qu’on tire jusque sous le menton pour regarder le film du soir.
Et puis l’été. Ahhhhhhhhhh ! l’été. Le soleil qui brûle si on n’y prend garde, les sorties en mer, les boissons glacées, les dégustations de crustacés les pieds dans l’eau.
Et là, qu’est ce que c’est-y que j’entend à chaque coin de rue ? Hum ???
Pfffffffffff ! qu’est ce qu’il fait chaud ! c’est pas possible cette chaleur ! c’est insupportable une chaleur pareil ! j’en peux plus de cette chaleur …
EH OH ???? sans dèc ? ça vous arrive d’être content ?
Bon ok, les vieux je dis pas. Ils souffrent du froid tout autant que de la chaleur, je dis pas. Les personnes qui, pour des raisons physiques ou médicales ne supportent pas la chaleur, je dis pas non plus.
Mais sans dèc ! Les touristes, quand les touristes s’y mettent, alors là je dis merde ! Parce que quand même, ils se la cherchent un peu la chaleur là hein !
Quoi ? quoi qu’est ce que j’ai encore après les touristes ? Rien du tout ! Si ce n’est qu’il me serait agréable que certains touristes consultent leur carte routière autre part qu’en plein milieu des ronds points, entre autre. Et aussi qu’ils choisissent une autre heure pour faire leur course qu’au moment de la sortie des bureaux. Et aussi que lorsqu’ils débarquent sur la terrasse ENORME et VIDE d’un café, ils trouvent un autre endroit pour s’écrouler sur leur chaise que celui situé juste à côté de moi.
C’est pas parce que je suis assise à cet endroit que c’est le seul et unique endroit sympa de la terrasse du café !
Surtout quand je m’offre une pause bien méritée, ma petite noisette, mon grand verre d’eau fraîche, et mon dernier roman sur les genoux. Mes pieds déchaussés, posés sur la chaise d’en face.
Les voilà donc qui arrivent, en grand nombre, chaussettes dans les sandales. Ca y’a pas, les chaussettes dans les sandales, je ne m’y ferais jamais. Bien entendu, la table qu’ils ont choisi sur l’immense terrasse déserte, la table juste à côté de moi, elle est trop petite. Et que je te racle une nouvelle table, et que je te racle de nouvelles chaises, et que je cherche de nouvelles chaises parce que d’autres vont arriver ….
- Mademoiselle ? pouvons nous prendre cette chaise ?
- Non.
- Ah ? mais vous avez trois chaises !
Non mais sérieux ? qu’est ce que ça peut te foutre ? Si je veux une chaise pour mes fesses, une chaise pour mon sac, une chaise pour mes pieds ? et même si j’en veux une quatrième juste pour avoir le plaisir de mater une chaise vide ???? qu’est ce que ça peut te foutre ? Avec toutes les chaises qu’il y a ? Quoi je suis désagréable ?
Alors je m’attendais à ce qu’ils insistent un peu plus, genre que j’étais pas très sympa, que je pourrais au moins poser mon sac par terre, ou remettre mes pieds sans chaussettes dans mes claquettes pour libérer une chaise. J’avais presque envie qu’ils le fassent d’ailleurs, qu’ils me le disent que j’étais pas sympa, qu’ils me donnent une occasion de pouvoir me défouler sur quelqu’un. Oh oui ! j’aurais vraiment adoré qu’ils me disent que j’étais pas très sympa.
Pas très sympa ??? PAS TRES SYMPA ???? MOI ???? non mais j’hallucine !!! y’a un million de chaises là, VIDES ! non seulement ils se collent à moi malgré toute la place qu’il y a qu’on se croirait à la plage, mais en plus ils voudraient prendre MA chaise ?
Ben non, même pas. Ils ont fait quelques pas sur la terrasse désespérément vide pour prendre d’autres chaises vides de fesses. Et ils sont restés, juste à côté de moi, à brailler comme une bande d’ados livrés à eux même pour la première fois de leur vie.
Sur le moment, j’ai cru que je pourrais m’y faire. Mais après avoir relu pour la dixième fois la même ligne de mon livre, j’ai abandonné. Je fouillais dans mon sac pour payer ma consommation et me tirer le plus vite possible quand ….
- Oh là là mais qu’est ce qu’il fait chaud !
- Ah oui c’est vrai, c’est insupportable cette chaleur
- Ah moi c’est pareil, la chaleur, j’ai du mal à supporter !
- C’est incroyable quand même qu’il fasse si chaud
- J’en peux plus, je n’ai même pas la force de ….
C’est un mouvement que je n’ai pas vraiment maîtrisé, c’était plus fort que moi. Moi qui avais décidé de les ignorer, je n’ai pas pu m’empêcher de tourner la tête vers eux et de les regarder par-dessus mes lunettes de soleil.
Je les soupçonne d’avoir mal interprété mon regard. Pourtant il parait que je suis assez expressive, qu’on peut lire dans mes yeux ce que je suis en train de penser. Et là, je vous assure que mon regard n’avait rien de compatissant.
Pourtant, ils l’ont cru. C’est pour ça qu’ils ont insisté en me prenant à parti. J’ai oublié ce qu’ils m’ont demandé exactement, mais ça concernait la chaleur, l’insupportable chaleur, les méfaits de la chaleur …. Mais surtout, surtout, l’aspect incroyable de cette incroyable chaleur. Ils s’adressaient à moi, il eut été impoli de les ignorer.
- Vous êtes bien en vacances là.
Ce n’était pas une question, c’était une affirmation. Pour ça que je n’ai pas utilisé le ton interrogatif, pour ça que vous n’aurez pas de point d’interrogation à la fin de ma phrase.
- Oui, ça fait une semaine déjà, on vient tous les ….
- On est au mois de juillet.
- Euh ben euh … oui oui, on aime bien le mois de juillet ici
- Ben en juillet, en Corse, il fait chaud. Fallait vous payer un voyage au pôle nord si vous vouliez garder vos chaussettes.
Et je vous jure, ils ont tous regardé leurs chaussettes dans leurs sandales. Le serveur qui venait débarrasser ma table était mort de rire et a plus ou moins réussi à se planquer.
D’habitude, je suis super sympa comme personne. Enfin ça dépend avec qui, mais en moyenne, je suis relativement sympa. Pas gentille, sympa. Mais là, ça fait une semaine que j’entend qu’il fait trop chaud, que c’est trop dur d’avoir chaud, que cette chaleur c’est pas possible…..
Alors voilà, y’a un moment où je sature sévère.
27 avril 2009
Je suis choquée
Au hasard de mes promenades netesques, j’ai lu quelque part que nos amis célébrités voyaient leurs cachets diminuer avec la crise et que leurs pertes se comptaient en million.
Laissez moi une seconde là, que j’ai le temps d’écraser une larme.
…
….
Ah ben non, elle ne coule pas.
Pardonnez moi, je ne suis qu’une petite salariée aux revenus modestes. Je ne crève pas la dalle, mais ce n’est pas ce mois ci que j’irais m’offrir une voiture neuve même avec leurs reprises à la con. D’abord parce que si j’ai les finances assez basses pour me contenter de rouler dans une bagnole qu’est bonne à la casse, ce n’est pas parce qu’on me file l’aumône que je vais pouvoir m’endetter via l’achat d’une neuve.
Bref. Y’a pas, je n’arrive pas à m’émouvoir que les célébrités riches de notre monde en crise soient eux aussi touchés par la crise. Je ne m’en réjouis pas non plus hein. En fait je m’en tape.
D’autant que les célébrités riches de ce monde, allez, soyons sincères, ils s’en battent un peu les genoux avec une coquille d’œuf, de notre monde à nous. D’ailleurs, y’en a, ils ne savent même pas qu’on existe.
Il y a un film qui est sorti au ciné récemment, réalisé par un comique très en vogue. Ils ont passé des scènes ratées de ce film à la télé, ces scènes qui souvent nous font plus marrer que le film lui même. Dans ce film, il y a un grand acteur français (on l’aime ou on l’aime pas, c’est quand même un grand acteur) de son petit nom Gérard. Et ben Gérard, la scène qu’il loupait et devait rejouer à chaque fois, c’est celle où je crois me souvenir qu’il est médecin et qu’il doit demander sa carte vitale à son patient.
Carte vitale, il n’arrive pas à le dire. Il donne un autre nom de carte à chaque fois, mais carte vitale il n’y arrive pas. Alors tout le monde est mort de rire autour de lui, on la rejoue et paf ! il se plante encore … et puis il finit par dire « de toute façon je ne sais même pas ce que c’est ».
Personne, absolument personne n’a relevé cette petite phrase anodine semble-t-il. Et bien moi je me la repasse sans cesse cette petite phrase.
Gégé, je sais pas, je connais pas ton enfance ni à quel âge tu as commencé à marcher parce qu’à vrai dire je m’en cogne, mais Gégé, je crois me souvenir qu’un jour tu as raconté avoir grandi dans une famille prolétaire avec papa au boulot et maman aux fourneaux et que vous n’avez pas bouffé du gigot tous les soirs. Gégé, tu reconnais avoir fait quelques abus au cours de ta jeunesse et tu as tout de même, si je me souviens bien, eu de très graves soucis de santé (avec intervention lourde toussa). En gros, Gégé tu n’es pas né avec une petite cuillère en or dans la bouche et tu as certainement eu la pétoche du siècle le jour où la vie s’est chargée de te rappeler que tu n’étais pas incassable (Bruce, il l’est mais pas toi).
Gégé, sérieux, tu n’as pas l’air con du tout et j’ose supposer que tu dois de temps à autre regarder les infos, les écouter ou les lire, bref t’informer de ce qui arrive autour de toi dans ton pays.
Et c’est là que j’ai du mal, vraiment beaucoup de mal, à imaginer que tu aies loupé la mise en place de la carte vitale il y a quelques années dans ce beau pays qui est le tien.
Explique moi un peu …. T’as foutu quoi toutes ces années dis ? T’es allé vivre sur quelle planète pour louper une seule information concernant cette précieuse carte qui nous est réclamée un peu partout où nous allons ?
Bon ok, je veux bien croire que les gens de ton monde ne vont jamais chez le médecin, c’est le médecin qui vient à toi. Je veux bien croire que les gens de ton monde ont des petites mains (et pieds) qui vont à la pharmacie pour toi, à moins que ce ne soit la pharmacie qui vienne à toi. Je veux bien croire que les mêmes petites mains se sont occupées à ta place de toute la paperasse administrative à l’époque où tu t’es fait charcuter dans une des meilleures cliniques de la région. Je veux bien croire que t’as assez de fric pour ne pas t’inquiéter de savoir si les millions qu’ont pu coûter cette intervention ont été remboursés ou pas.
Je veux même bien croire que cette carte, tu ne l’aies même pas dans ton portefeuille mais ….
Sans déconner ? Comment peux tu dire que tu ne sais même pas ce que c’est ? comment ne peux tu même pas savoir ce que c’est ? Sérieux, tu me déçois. Te sentir à ce point au-dessus du petit peuple que nous sommes, tu me déçois. Et après, ce sont ces gens là qu’on va retrouver dans les grandes manifestations pour aider le SDF qui crève la dalle dans la rue ? Alors que ça se trouve, ils ne savent même pas ce que veulent dire ces initiales ?
C’est là que ça m’affole un peu plus chaque jour, ce gouffre, ce néant, ce trou noir qu’il y a entre la grande majorité qui fait un pays et …. Les autres.
Et tu vois, ce qui m’affole aussi, c’est de savoir que si ça se trouve, la semaine dernière tu t’es tapé une bonne bouffe avec quelques hommes politiques qui eux ne sont pas (grassement) payés pour nous faire marrer ou pleurer …. Quoi que, des fois on se demande …. Et que ces hommes là qui vivent dans une opulence sensiblement identique à la tienne, ces hommes là sont à même de décider qu’un smicard gagnera environ 1 000 € par mois … que ça lui suffira bien d’avoir passé la journée à suer comme une bête ou à risquer sa vie, où à se faire chier mortellement derrière une caisse enregistreuse, ou à passer leur journée à se faire insulter au téléphone, que ça lui suffira bien ces 1 000 € pour bouffer.
Sérieux Gégé, je suis déçue. C’est pire que le mépris cette petite phrase. C’est l’ignorance totale d’un système social. Un système fragile pour lequel on doit se battre chaque jour, une richesse que notre pays possède quand d’autres en sont dépourvus.
Y’a un monde qui bouge autour du tiens Gégé et dans ce monde, y’a nous. Et c’est quand même un peu grâce à nous que tu peux vivre aujourd’hui dans un monde qui te permet d’ignorer ce que nous savons tous.
24 avril 2009
Je n'en vois pas le bout
Hier matin, forte de toutes les discussions des derniers jours, je rencontre damepsy. Je pensais sincèrement avoir gagné la bataille sur l’arrêt du groupe …. ce que je peux être prétentieusement naïve moi alors ! Remarquez les efforts que je fournis pour ne pas avoir à écrire tout simplement « ce que je peux être conne ! » Ayé, c’est fait. Durant pratiquement une heure, nous avons débattu de tout ça. Tous mes arguments sont irrecevables. C’est moi que ça emmerde, pas mon fils. Les progrès récents sont la résultante d’un ensemble (dont le groupe) et depuis que la menace d’être exclu a été faite à Timousse, tout se passe bien. Tiens donc. Vous m’en direz tant.
Tout ça pour ne pas dire :
Bordel !
Ca fait quand même un bail que cette menace a été faite et qu’elle me travaille, me retravaille et que j’en saoule tout le monde !
J’en déduis encore une fois que pour me dire du négatif sur l’attitude de mon fils, toute une équipe s’est soudée comme un bloc face à moi. Par contre, que ça allait mieux (beaucoup mieux) que Timousse présentait de constants progrès, que Timousse s’adaptait et qu’il intégrait, PERSONNE N’A PRIT LA PEINE DE PRENDRE 5 MN DE SON PUTAIN DE PRECIEUX TEMPS POUR VENIR ME LE DIRE ????!!!!????
Ben non, désolée, trop facile. Parce que je me demande si ce discours n’est pas surtout lié au fait que j’ai décidé de mettre fin à tout ça. Durant presque une heure, nous sommes restées chacune sur notre position, utilisant les arguments de l’autre pour défendre son propre bifteck. Il ne reste plus que deux mois de toute façon … JUSTEMENT, il ne reste plus que deux mois. Il progresse. JUSTEMENT, il progresse. C’est à vous de voir ce qui est plus important pour votre fils … oh putain, ça c’est un putain de coup bas !
Je suis en train d’essayer de rompre un programme mis en place à l’insu de mon plein gré et plus je me débats, plus je m’enfonce. L’entrevue s’est terminée par « réfléchissez, mais nous nous avons déjà étudié le problème et nous vous demandons de continuer POUR LE BIEN DE VOTRE FILS ».
Sur que si j’étais plus neutre dans l’affaire, je me dirais que la pauvre psy a face à elle une maman un peu trop têtue qui refuse de reconnaître que ce qu’elle s’apprête à faire là, (arrêter le groupe) correspond à :
- De l’orgueil mal placé (elles ont voulu virer mon fils ? je le retire avant)
- De l’égoïsme anti-maternel à fond (ça me pèse ce suivi, il est trop lourd et je n’arrive plus à suivre)
- De l’inconscience (je préfère que mon fils passe son mercredi à la voile surtout maintenant qu’il fait beau plutôt que dans un groupe censé lui apprendre à vivre en société)
- De la projection vampirique (je vis mal le fait qu’il aille à ce groupe, je suis contre le principe depuis le début, depuis qu’on a fait la pause mon fils va beaucoup mieux ou traduisez cela par « mets un pull, j’ai froid »)
Seulement voilà. Je ne suis pas neutre, je suis en plein dedans et je dois ENCORE mener un combat et je suis FATIGUEE d’avoir à me battre sans arrêt, argumenter, prouver, discuter, me déplacer, écrire, téléphoner, prendre rendez-vous, gérer, signer ici … je suis fatiguée.
Je rappelle que le mercredi, c’est la course. L’horaire du groupe tombe à cheval avec la voile et après la voile, Timousse file aux échecs. Donc Timousse arrive en retard à la voile et je ne parle pas du stress à courir comme ça. Quand j’ai expliqué que le fait d’arriver toujours en retard était pénible pour tout le monde, il m’a été demandé de m’arranger avec le club de voile. En gros, tout le monde doit se plier et s’organiser devant la grande toute puissance du groupe qui ne module pas ses activités d’une seconde. Et si je refuse, ça veut dire que je ne m’interroge pas sur ce qui est plus important pour mon fils. Si c’est pas culpabiliser ENCORE ça.
Quand j’insiste sur les angoisses de Timousse, il m’est répondu que ses angoisses sont liées au fait qu’il n’a aucune limite solides rassurantes sur lesquelles tout enfant a besoin de compter.
Putain mais merde ! y’a plus que ça autour de lui, des limites ! Tu veux quoi de plus ? il marche carrément sur un chemin encadré de mines qui vont lui exploser à la tronche … et puis non, je ne vois pas pourquoi j’écrirais tronche d’abord ! A la gueule, c’est à la gueule qu’elles vont lui exploser les mines au moindre écart ! Merde alors !
Bref, j’ai été nulle, retour à la case départ.
J’ai été nulle parce que je n’ai pas réussi à être assez ferme pour que notre entretien se solde par un NON TIMOUSSE NE RETOURNE PAS AU GROUPE. Et si je suis aussi nulle à ça parce que j’ai un mal fou à rompre. Parce que c’est ça que je ressens. Je suis en train de rompre.
Et sinon, pour ceux qui s’interroge de ce « je » un peu partout à la place du nous censé représenter le couple, je me dois de préciser que si j’emploie le « je » c’est à bon escient. Et là je vais piquer l’expression à une fumeuse de pétard, Rahan m’assure de son soutient inconditionnel mais … discret. Très.
Avant Rahan j’ai eu deux hommes de ma vie que j’ai quitté. Ben oui, sinon je serais accusée de bigamie. S’il y avait un livre sur les records en nullité dans la méthode, je serais indétrônable. Je n’ai jamais su y mettre les formes, les mots, rien. Avant la confrontation, je suis excellente, motivée, mes arguments sont imparables. Pendant la confrontation, tout me semble vide. Je n’ai plus aucune persuasion. Je ne cède pas, mais je ne coupe pas.
Pareil en amitié, en camaraderie … si je me sens envahie ou si tout simplement la relation me lasse, me gonfle, me pèse … je tourne autour du pot sans réussir à m’affirmer. Même rompre une amitié, une camaraderie m’est difficile. Surtout si j’ai de la résistance en face.
J’ai peur de l’engueulade, j’ai peur de la peine de l’autre, j’ai peur de faire mal, j’ai peur de décevoir, j’ai peur des mots qu’il va me dire, je ne sais pas de quoi j’ai peur, mais je ne maitrise plus rien. J’ai surtout peur parce que je sais qu’au bout du compte, je vais me retrouver comme un chat qui n’a plus d’échappatoire. Acculé le cul contre le mur avec en face de moi un morveux tout bavouilleux qui veut absolument attraper mes délicates moustaches avec ses doigts poisseux. Alors j’attaque.
Donc si je suis obligée de batailler pour arriver enfin à rompre, c’est le bain de sang assuré.
Parce que si les mots exprimés calmement ne suffisent pas pour être entendu, j’en perds le contrôle. Et soit je m’engueule à en perdre l’usage de mes cordes vocales durant plusieurs jours, soit je me tire lâchement en ne donnant plus aucun signe de vie.
Et quoi ? vous pensiez quoi ? que j’allais débarquer dans le bureau de la psy la prochaine fois avec une ceinture d’explosifs sous mon blouson ?
Je ne sais pas rompre. Je ne sais pas rompre dignement. Toutes les ruptures de ma vie ont été brutales et douloureuses, minables et honteuses avec aucune possibilité de retour. Les « on reste bons copains » j’en ai toujours rêvé mais je mets l’autre en face dans une position que l’idée ne peut même pas être effleurée. Et je voudrais bien qu’on ne me pousse pas dans de tels retranchements.
Et puis bon en même temps, ce genre de décision, vu que le centre n’est pas le seul concerné, de genre de décision demande encore des explications, justifications, rendez-vous, entretiens … Assumer encore une fois sans baisser les yeux honteusement, tenir tête, contrer, prouver …. Je vous jure, à force, ça fatigue.
10 avril 2009
Info ou pas ?
Voilà comment sont passées les lois dans notre beau pays, les uns partent déjeuner et les autres jouent à cache-cache. Eh oh sans dèc hein ! Sans faire de politique, aucune, sans dèc quoi ! Sinon, j’ai une question. Puisque la loi n’est pas passée mais qu’elle va de nouveau être présentée … à quoi ça sert de voter ? Puisque de toute façon, ils présenteront le dossier, jusqu’à ce que mort s’en suive. J’s’ais pas. Enfin bon, on s’en fou. Ce n’est pas vraiment une question, c’est une réflexion blondesque comme ça pour le fun. Ca ridiculise un peu plus encore une fois le système. Et après c’est mon fils qu’on va envoyer dans un groupe pour apprendre à respecter les règles.
Vous me direz, y’a pas que chez nous qu’on déconne. L’autre là, dirigeant d’un pays en deuil tout de même, l’autre là qui va leur dire aux rescapés traumatisés qui ont tout perdu, qui dorment sous des tentes avec la trouille de revivre ça, l’autre là il leur dit « c’est pas grave mes amis, vous n’avez qu’à faire comme si vous étiez en week-end au camping. »
????
Non mais sérieux ??? sérieux !!!!!! C’est un coup monté ? Une compétition de la plus grosse connerie ? Z’êtes jaloux de n’avoir pas eu le temps d’affirmer que le virus passait à travers le caoutchouc ? c’est ça ? Alors vous improvisez pour qu’on parle un peu de vous aussi ?
C’est hallucinant. Vous me direz, c’est toujours comme ça, dès qu’on écoute les infos, les regarde, c’est le bordel. Qu’on n’a qu’à ne plus suivre les actualités et basta. Oui mais bon.
Je l’ai fait ça. Je l’ai fait à 20 ans. Je regardais les infos tranquillement affalée sur mon canapé à grignoter quand mon écran télé s’est transformé en porte des enfers. La guerre, un prisonnier attaché entre deux camions, chaque camion part dans son coin et un corps démantelé. Comme ça, sous nos yeux sans prévenir. Un bras ici, une jambe là, du sang et des larmes. Les miennes. Bref.
Je me suis totalement coupée des horreurs que déversaient chaque jour la télé, la radio, jusqu'aux journaux.
Seulement voilà, faut pas tomber dans l’autre extrême, à savoir se désinformer totalement comme je l’ai fait. Parce que le jour où vous apprenez au hasard d’une conversation le nom de votre président, vous commencez à vous dire que bon, là ça craint. Je déconne, mais à peine hein.
Alors certains vont me dire que oui mais même quand on écoute les infos, on est désinformé. Que les médias nous manipulent et transforment les faits, sortent les mots de leur contexte. Qu’il y a aussi l’acharnement médiatique qui soulève les foules … ce n’est pas que faux. D’autant que chez nous par exemple, vu la réputation de notre île et des ses habitants, dès qu’un môme traverse en dehors des clous, PAF ! on passe aux nationales ! Et selon le journaliste, le reportage commencera ainsi « la COoooooorse …. » Avec un bon appui sur le Co de Corse, comme quand ils montent le son pour les pubs. Et puis une légère pause juste après « la COooooooorse » ……. …….. ……. …… Histoire qu’on ai le temps de se dire que putain ils font chier ceux là, qu’est ce qu’ils ont encore inventé, qu’est ce qu’on attend pour s’en débarrasser ?
Et non, je ne suis pas (que) parano. Quand ça se passe dans l’Ain ils commencent par « l’Aiiiiiiiiiiiiiiin …… » peut être ? hum ?
Et puis tiens, petite parenthèse comme ça pour le fun encore une fois … de toute façon cette note part dans tous les sens alors au point où on en est …. J’ai une nouvelle très importante à vous annoncer. Chez nous, c’est pas Beyrouth. Il n’y a pas un sniper sur chaque toit de la ville (sauf quand le roi soleil vient nous voir mais là ce sont ses snipers). On ne tombe pas sur une bombe à chaque coin de rue, et quand les hélicos sillonnent le ciel, c’est pour transférer un blessé à l’hôpital. Ou pour faire du tourisme, ça dépend des heures. Pas pour nous canarder. Et quand on entend la sirène hurler dans la rue, c’est pas parce qu’on a une attaque aérienne, c’est parce qu’il est midi et qu’on est le premier mercredi du mois. On ne va pas vous enlever pour réclamer une rançon quand vous venez envahir nos plages l’été, juste on vous déteste un peu parce que vous piquez nos places de parking quand on rentre du boulot. Et mieux ! mieux que tout, la monnaie chez nous, c’est l’€uro. Siiiiiiiiiiiiiiiii ! je vous jure hein ! Même qu’on accepte vos chèques et vos cartes bleues.
Voilà, la vérité étant rétablie, je reprends.
Enfin bref. Oui je suis d’accord, des fois l’information désinforme mais faites comme moi, démerdez vous. Suis pas là pour vous donner un cours d’information non plus hein.
Alors frileusement, j’y suis revenue à m’informer. A ma façon bien sur, je choisis mes stations radios, mes journaux et j’évite au maximum le JT sauf celui des marionnettes qu’est bien plus drôle. C’est comme ça que j’ai su que si je ne voulais pas faire un séjour en taule, d’autant qu’au vu du dernier rapport, ce serait le pied de ne même pas avoir à rester une heure en garde à vue … vu les conditions immondes dans lesquelles on y serait maintenu … donc j’ai su que si je ne voulais pas faire un séjour en taule, fallait d’abord que je demande à un mec de me montrer ses papiers avant de lui filer un coup de main pour traverser la rue. Donc s’informer c’est bien, ça peut vous sauver la vie. Alors déconnez pas avec ça hein !
Mais le JT, j’évite un max. Et je fais bien parce que moi, voyez vous, je n’ai pas du tout envie de tomber sur la vidéo qui passe partout en ce moment, qui montre une bande tabasser un homme dans un bus. Je n’ai pas besoin de voir ces images d’extrême violence, ultra choquantes, pour réaliser l’horreur de l’acte. Les mots me suffisent largement.
Voilà pourquoi, entre autre, je ne regarde pas le JT. Je préfère et de loin écouter mon fils me raconter que
Cet après midi, dans la cour de récréation, et ben Simon-Marcel, il m’a donné un coup de pied zuste là ou z’avais mal parce que le dermato m’a brûlé ma verrue qui ressemble à une verrue mais qui n’est pas une verrue (comme Tang et le jus d’orange quoi) avec du froid …. Mais comment ça se fait que le froid il fait d’abord froid et après il brûle hein maman ? … et ben Simon-Marcel, z’ai bien vu qu’il avait pas fait exprès parce que tu sais maman, il me regardait pas Simon-Marcel quand il m’a donné le coup de pied. Il regardait Zean-Hervé à droite et moi z’étais à gauche comme ça tu vois ? Mais comme il m’a fait très mal, z’ai pleuré. Pourtant ze leur avais bien dit ce matin qu’il fallait suuuuuuurtout pas me faire mal ici parce que z’avais déza mal ! mais voilà ! ils m’écoutent zamais ! alors moi z’ai eu très mal et z’ai pleuré.
Mais ze l’ai pas frappé hein ! Ze suis allé le dire de lui à la dirrrrectrrrrice. Et elle m’a dit « va me chercher Simon-Marcel ». Alors c’était un peu embarrassant (si si, il dit ça Timousse) mais ze suis allé chercher Simon-Marcel en boitant parce que z’avais très mal tu sais maman. Parce que Simon-Marcel, il m’a tapé zuste là où …
Ouaich ! Le soir, à l’heure du JT, je peux vous dire que c’est vachement plus instructif de discuter avec Timousse que d’entendre que si à 50 ans t’as pas de Rolex, c’est que t’as raté ta vie.
09 avril 2009
Internet et la loi
Il ya quelques jours, j’ai vu une émission qui traitait de la traque des pédophiles sur Internet.
Alors je suis assez nullissime en matière de textes de lois et sur la façon de les appliquer. Je suis tout aussi nullissime pour me souvenir des termes exacts mais …
J’ai bien retenu qu’une loi était passée pour permettre aux traqueurs de pédophiles de mieux chopper ces déchets de la vie que sont ces monstres. Et qu’il fallait encore qu’elle passe un cap cette loi pour qu’il soit possible de l’appliquer.
Seulement voilà. Depuis un ou deux ans, ce cap n’est pas passé. Et les traqueurs sont bloqués.
Elle est pas belle la vie ?
Entre temps, j’entends parler de cette nouvelle loi pour traquer les méchants téléchargeurs. OOOOOOOOOOh les vilains qui téléchargent illégalement musiques et films ! Et bien maintenant, c’est terminé ce petit jeu. On va vous punir méchants que vous êtes ! Maintenant, vous allez recevoir deux mails d’avertissements.
On t’a repéré, méchant téléchargeur illégal. Attention, si tu continues, tu reçois un second mail.
Tu n’as pris au sérieux notre premier mail et tu continues à télécharger illégalement ? piskecécomça, tu seras puni !
Et la punition, c’est hop ! on te coupe le net. Et comme la punition ne semblait pas assez dure, hop ! on te coupe le net pendant un certain temps mais tu continueras à payer le net.
Et là je vous avoue, ça me troue le cul sévère. Encore une fois je n’ai pas retenu le montant exact, mais la mise en place de cette loi va coûter à l’état (donc nous) une coquette somme de quelques millions d’Euros. Vive la crise.
Et cette loi, elle va être mise en place parce que putain ça suffit de télécharger comme ça à tout va gratos merde alors !
Donc, j’en déduis une chose.
Chez nous, le téléchargement sauvage est illégal et sera sévèrement puni par la loi. Et on y met les moyens pour ça. Et si cette loi fonctionne, ce seront encore une fois les pauvres qui se feront baiser tandis que les multinationales continueront à se faire plein de fric et que les moins pauvres auront les moyens de payer une connexion dont ils seront privés un temps tout en en prenant une autre à côté en attendant. Sachant que les ¾ des téléchargeurs illégaux sont nos propres ados, ils seront les premiers à prendre une grosse baffe.
A côté de ça, on est un peu plus frileux en ce qui concerne les lois sur la pédophilie. Là attention, il faut des fonds c’est pas dit qu’on les ai (ben oui, sont partis dans la lois contre le téléchargement illégal entre autre) et puis il faut que les lois soient validées et on n’a tout plein de trucs à faire (comme passer des lois contre le téléchargement illégal).
Et on me dit à moi, petite française moyenne qui ne comprend pas tout que c’est méga super difficile de chopper ces monstres sur Internet et on a tout plein de bonnes raisons (que je veux bien gober parce que je ne suis pas très intelligente) que ce sont des réseaux super organisés toussa. Même pas ils ont peur les monstres.
Par contre, par contre, les méchants téléchargeurs là, eux on va leur tomber dessus. Et on ne va pas faire semblant.
Alors voilà. Allez y tranquillou. Violez nos enfants, vous n’êtes pas prêts de vous faire chopper, c’est trop difficile de le faire. En même temps, si nos mômes se font chopper à télécharger illégalement, comme on va leur couper la connexion, ben vous serez bien dans la merde pour venir les attirer dans vos filets sans le net ..
Dans le fond, elle est peut être salvatrice cette loi.
Oui, je suis cynique, oui.