05 février 2008
Le sucre au poivre
Eclat de sucre au poivre de Penja.
Superbe nom hein ? Rien qu’à le lire, je voyage. Je ferme les yeux, je suis au Cameroun. Je ferme les yeux et je m’imprègne de son parfum.
Je goûte quelques grains de sucre comme ça, pour le plaisir. Délicieux. Délicieusement parfumé, un poil épicé. Parfait.
Je verse le thé dans ma petite tasse noire, j’y glisse une cuillère à café de sucre. Je le regarde fondre, se mélanger délicatement, naturellement à mon délicieux breuvage. Quelques petites bulles nagent à la surface. Le mariage est prêt à être consommé.
Je porte la tasse à mes lèvres, j’avale doucement, à petites gorgées, le liquide brûlant imprégné d’un doux arôme. Un fumet légèrement épicé vient taquiner mes narines.
J’ai la gorge en feu. Et ce n’est pas le thé. Un incendie s’est déclaré, il descend le long de mon cou. A l’intérieur de moi ! J’avale précipitamment un grand verre d’eau fraîche pour apaiser la vague incandescente qui vient me picoter les yeux et rosir mes joues.
Ca me brûle ! ça me brûle ! Je pleure maintenant, je tiens ma gorge à deux mains, l’air me manque, j’avale encore de l’eau sous l’œil médusé de Boudeuse qui elle, pas folle, s’en est tenue aux pépites de canne traditionnel.
Quelle aventure !
Beurk ! Dégueulasse ! Laissez tomber hein ! à ne surtout pas faire. A moins que vous n’aimiez vous faire arracher la G ….. à l’heure sacrée du thé !
Bien, je n’ai plus qu’à trouver l’utilisation de ce délicieux sucre … au poivre ! Mais au poivre de Penja ! Huuuuuuuuuum ! je ferme les yeux ….
24 janvier 2008
Voile, chocolat et thé
Hier, j’ai laissé Timousse à son cours de voile. Les conditions météos étaient idéales. Un temps superbe, une fin de Libecciu, soit un vent bien établi mais pas trop fort pour que les petites barcasses ne s’envolent pas …
Après avoir jeté mon dévolu dans la boutique de thé, je me suis installée à une des nombreuses terrasses de café de la ville pour lire un peu. A l’abri du vent un peu trop frais à mon goût, j’étais bien. J’aime ce café pour le délicieux chocolat chaud qu’ils y servent, et pour les petits gâteaux de chez nous qui l’accompagnent.
Quand la petite équipe est rentrée de son périple en mer, j’ai pu constaté qu’il y avait eu un démâtage sauvage ... Sept bateaux, six voiles … Ouch ! peut être y avait il un peu plus de vent que je ne pensais.
Les enfants étaient frigorifiés, mais les joues rouges et les yeux pétillants témoignaient silencieusement du plaisir qu’ils venaient de vivre.
Cet après midi, une amie est venue me rejoindre, et nous avons dégusté ce fameux thé blanc.
Sa réputation n’a rien de surfait. Une exquise boisson duveté que nous avons dégusté avec tout l’honneur qui lui est du.
Mercredi prochain, je retourne en acheter du nature.
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Promis, très bientôt, je reviens avec des notes plus intéressantes. Mais là, je trouve la vie un peu trop brutale ces jours ci pour réussir à aborder autre chose que des sujets sans grands intérêts.
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Du thé de toutes les couleurs
Il y a quelques jours, j’ai découvert une nouvelle boutique de thé. Et chez nous, c’est tellement rare que s’ouvre une boutique qui vende autre chose que des vêtements de marque, que lorsque ce petit bonheur arrive, je m’y précipite.
La première fois que j’y suis allée, j’étais comme une enfant un peu intimidée.
Je crois bien que c’était la première fois que je rentrais dans une boutique spécialisée dans la vente de thé. Alors il a fallu que je laisse mes yeux s’émerveiller de tous ces bocaux pleins à craquer de feuilles de toutes sortes, de toutes formes, de toutes couleur.
Je me suis enivrée des parfums qui s’échappaient dès qu’un thé était présenté à une potentielle cliente. Il y avait trop de monde ce jour là, je n’ai pas eu envie de trop chercher. Alors j’ai laissé mon odorat me guider, et j’ai choisi un thé vert aux fruits exotiques.
Depuis, je sais que je préfère le thé vert au noir, bien moins amer ou âpre, c’est comme vous voulez, à mon goût.
En discutant de cette boutique avec Tonga Soa, j’apprends que la demoiselle n’aime pas trop le thé vert. Mais que celui qu’elle aime le moins est le noir. Pour une personne qu’il me semblait connaître comme une dégustatrice de thé, je suis stupéfaite. Il y a le thé vert et le thé noir. Comment peut elle boire du thé et n’aimer aucun des deux ?
Donc, après lui avoir rappelé combien elle pouvait être chiante à être difficile comme ça, je lui demande en plaisantant si elle boit plutôt du thé rouge. Ah ah ah ! fière de ma blague je suis.
Elle me répond « oui et d’ailleurs, tu en as bu chez moi ».
Merde ! me voilà bien idiote, j’apprend qu’il existe plusieurs couleurs de thé. Du vert, du noir, du rouge, que même j’en ai bu du rouge …. Et même du blanc !
Aujourd’hui, je décide donc de retourner visiter cette boutique. Je suis plus à l’aise, les lieux me sont familiers.
J’adore les personnes qui vendent des produits, qui sont passionnés par ce qu’ils font, qui savent ce qu’ils vendent et qui savent vous faire partager leur amour. Ces gens là, je resterais des heurs à les écouter parler et vanter leur produit. Rien à voir avec le vendeur des grands magasins qui est balancé au rayon crèmerie alors qu’ils n’ont jamais goûter autre chose que de la mimolette en tranches sous cellophane.
Je pense à cette librairie avec son chat nonchalant, et tous ces mots sur les livres, écrits de la main de la libraire, mieux qu’un résumé, mieux que le conseil d’un ami. Une invitation à partager un petit bonheur.
Je pense à ce disquaire, lorsque je vivais à Paris. Je rentrais dans sa boutique avec mon walkman à cassettes. Je lui faisais juste écouter un morceau que j’avais enregistré sauvagement à la radio. Un morceau qui me faisait vibrer passionnément. Et en quelques secondes, il me donnait le nom de l’artiste, le titre de la chanson, le nom de l’album …
Et là, je suis dans cette boutique de thé, les sens en éveil, et ce Monsieur un peu froid au premier abord, ce Monsieur a les yeux qui pétillent lorsque je lui demande son aide.
Du thé rouge. Ce n’est pas du thé. C’est une plante d’Afrique du Sud, il me le propose nature ou aux épices, je choisis les épices à cause de la cannelle. Nous l’avons goûté ce soir ma fille et moi. J’ai adoré sentir les parfums de tous ces épices remplir ma bouche délicatement. J’avais la sensation que ma langue venait de subir une transfusion de cannelle. Mais ma fille, elle m’a demandé de lui trouver le même thé qui n’est pas du thé, nature.
Le Monsieur un peu froid au premier abord, ce Monsieur dont les yeux ont pétillé à ma demande d’aide, ce Monsieur a eu un regard passionné lorsque je lui ai demandé s’il avait du thé blanc. S’en est suivi un cours sur la cueillette du thé. Je n’ai pas retenu la moitié de ses explications, mais j’ai adoré me laisser porter par la magie de son partage. J'ai tout de même appris qu'il existait toutes sortes de couleur de thé .... Il m’a ouvert quelques bocaux. « D’abord le regard » m’a-t-il dit. Regardez bien ces feuilles, leur forme, leur pliure. Et d’un air de conspirateur, il a ouvert le bocal de thé blanc. « Regardez maintenant ».
Bon j’étais super déçue, il n’était pas blanc le thé. Enfin pas blanc immaculé comme je m’y attendais. Mais c’est vrai, son apparence n’a rien à voir avec ce que j’ai vu jusqu’alors. Les feuilles sont plus rondes, plus gonflées. « ce ne sont pas les feuilles, ce sont des bourgeons ».
Il en a versé quelques unes au creux de sa main. « Ensuite, le toucher. Donnez moi votre main. » Velouté. C’était si agréable que je n’avais pas envie de me séparer de ces quelques feuilles que je faisais danser dans ma paume. J’étais comme un tout petit tripotant son doudou.
« Et maintenant, le parfum ». Et j’ai plongé mon nez dans tous les bocaux qu’il me présentait, tour à tour surprise, émerveillée, étonnée, mais jamais déçue.
Tandis qu’il glissait le thé blanc dans le sachet, il me précisait que ce thé là, il ne pouvait pas se boire comme tous les thés.
« Vous ne pouvez pas vous dire que vous allez vous faire un thé comme ça, vous installer devant la télé, et le boire comme un verre d’eau.
Ce thé, c’est le caviar du thé, il se déguste. Vous choisissez le moment, un moment intime. Pas d’enfants, pas de DVD, éventuellement une musique que vous adorez. Ce thé, vous le buvez avec une amie, et en le dégustant, vous ne parlez que de lui. »
Et bien. Je teste demain. Qui se joint à moi ?
PS : J’ai même acheté un bocal d’éclat de sucre au poivre de Penja, mais je n’ai aucune idée de la façon de le déguster ! Faudra que je retourne lui demander de m’en parler …



