Au fil de l'eau

"Avant, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants."

09 mars 2009

La pagaille

Oyé oyé, parents d’ado, ce texte devrait interpeler une partie d’entre vous. Exception faite, bien entendu, de ceux qui ont donné vie à une des nombreuses merveilles du monde, un enfant-sur-parfait-doué devenu ado-sur-parfait-doué. Exception faite aussi de ceux qui ont mis au monde, tout comme moi, un maniaque pré-pré-pré-pré-ado, et qui rêvent, tout comme moi, que cet enfant, j’ai nommé Timousse, ne devienne jamais l’ado bord… pagailleur qu’est sa sœur ainée, j’ai nommé Boudeuse.

Quoi qu’il faudrait que la chose ne devienne pas inquiétante non plus. J’ai souvenir de mon enfance et de cette époque (pas tout à fait révolue) où je ne supportais pas d’avoir le moindre grain de sable sur mes pieds chaussés de tongs à la sortie de la douche … ce qui n’est pas chose aisée lorsqu’on est au camping en bord de mer. Que voulez-vous, j’ai toujours aimé les défis insurmontables. Mais Timousse, dans le genre, je crois bien qu’il me bat. L’été dernier, nous avions décidé de passer la journée à la plage en famille. Avec cousins cousines de tous âges. Et voici Timousse qui s’installe tranquillement à mes côtés, étalant sa serviette avec amour sur le sable chaud. Et que je tire à droite pour effacer ce vilain plis, et que je tapote à gauche pour écraser cette petite bosse, et que je caresse dans le sens du tissu pour retirer tout grain de sable malvenu ….

Nous autres adultes contemplions ce spectacle mi-amusés (les autres) mi-désespérée (moi) quand notre horde de pré-pré-pré-pré ados et d’ados tout court a déboulé d’on se sait où, jetant au passage en vrac ce qui devait être une serviette avant de se jeter eux même dans les vagues. Si vous faites un effort pour imaginer la scène, je vous assure que le contraste surprend.

Bref, jamais contente me direz-vous, mais si je pouvais caresser l’espoir même un très court instant que mes enfants ne plongent pas systématiquement dans un excès ou un autre, ma vie serait certainement plus douce.

Mais je m’égare. Les impromptus nous demandent de décrire la pagaille de notre choix et j’avoue sans modestie aucune qu’à la lecture de la consigne, je n’ai pensé qu’à une seule et unique personne, Boudeuse. Boudeuse qui représente parfaitement la caricature de l’ado, l’agressivité en moins.

Tout commence dans cette pièce qui à l’origine portait le nom de chambre, dans laquelle aujourd’hui il nous est impossible de distinguer le lit du bureau et de la penderie. Pièce dans laquelle depuis plus d’un an j’ai décidé de ne plus mettre un pied, il parait qu’il faut laisser à nos ados un morceau de territoire. Certes. La seule différence entre les animaux et les ados, c’est que les ados ne marquent pas leur territoire en urinant tout autour pour le délimiter. Et c’est heureux. Sinon pour le reste, c’est tout pareil. Jusqu’à l’odeur de fauve. Je n’ai donc plus accès à la pièce qui lui sert de chambre, mais j’en devine l’état durant les courts moments où sa porte reste ouverte.

-          Quelle est cette montagne proéminente au pied de ton lit ?

M’inquiète-je, tandis que je devine le fumet délicat qui s’en dégage.

-          C’est rien, je vais ranger.

Je VAIS. Voilà un des termes favoris de mos ados. Je VAIS. Il y a aussi encore-5-minutes ; c’est-pas-juste ; pourquoi-toujours-moi ; tu-peux-pas-comprendre ; mes-copines-ont-le-droit ; j’ai-pas-entendu-le-téléphone-sonner … mais je VAIS détient la médaille d’or. Plus tard, toujours plus tard, ne jamais faire le jour même ce que je peux porter au mois prochain.

Et le Monte Cinto au pied de son lit est composé, je le sais pour en avoir fait le tri une fois (toute première et toute dernière fois de ma vie) de vêtements portés une journée. Mais aussi de vêtements simplement extraits de la penderie, tendus deux secondes sur le corps devant la glace puis jetés négligemment sur le sol ah-non-je-ne-peux-pas-mettre-ce-haut-là-il-n’irait-pas-avec-ma-nouvelle-coiffure. Ce qui nous amène à une nouvelle expression adoesque toutes les 48 heures « mamaaaaaaaaaaaaaaaaan ! j’ai plus rien à me meeeeeeeeettre ! »

Je profite de la présente pour m’adresser à toutes les personnes qui m’ont aimablement conseillé de laisser à mon ado son territoire et d’en faire ce qu’elle en veut. Je tiens tout d’abord à vous remercier pour ce précieux conseil, je vis beaucoup mieux depuis. Moins de palpitations, moins de stress, moins de disputes maman-ado-range-ta-chambre. Cependant, il serait de bon usage d’informer les ados que si leur territoire commence à la porte de leur chambre, il serait bien qu’il se termine AUSSI à la porte de leur chambre.

Parce que voyez vous, si Boudeuse est ravie de posséder un verrou qui nous interdit l’entrée de sa tanière, elle a la fâcheuse tendance à lever la patte de plus en plus à l’extérieur de son territoire.

Allons, ne me dites pas qu’il ne vous est jamais arrivé de laisser votre ado remis à lui même quelques petites heures pour à votre retour être confronté à un spectacle désolant. La vaisselle pas faite malgré son encore-5-mn-je-VAIS-la-faire, la bouteille de soda ouverte et à moitié vide trônant sur la table, aux côtés de verreS à moitié pleins de ci de là. Le bouchon de la bouteille de soda retrouvé en général (après plusieurs menaces et de oh-ça-va-y’a-pas-de-quoi-s’énerver) sous une pile de BD gores elles même extraites de l’antre du fauve. Quelques vestiges de pseudos-repas-d’ado sur la table, planqués sous la nappe et jonchant le sol (oh-ça-va-je-VAIS-nettoyer). Ainsi que l’emballage de la tablette de votre chocolat aux noisettes que vous aviez pourtant bien planqué (oh-ça-va-tu-peux-partager-quand-même), alors que vous vous êtes ruiné en achat de barres énergétiques censées remonter leur tension plafonnant péniblement à 2.

Un simple regard circulaire vous informe que toute partie horizontale de la pièce est recouverte de pochettes de CD, de CD sans pochette, de pochettes DVD, de DVD sans pochette, de jeux vidéos portables ou non, (oh-ça-va-je-vais-ranger) et encore de téléphones filaire et portable (celui qui ne sonne jamais quand les parents appellent), l’ordinateur au centre de tout ça, sur l’écran duquel clignotent une bonne dizaine de fenêtres msn ou facetruc, quand ce n’est pas un gros malade qui s’arrache le cœur, tandis que la chaîne hurle à tue-tête ce que vous prenez pour la longue plainte d’un pauvre homme qui se fait arracher les dents à vif et que la télé confirme en images sanguinolentes votre première impression.

Eh … sans rire … je trouve que je suis plutôt douée pour être multitâches mais alors là, j’avoue que je suis dépassée ! Ce qui m’amène à me demander si ma fille participe à un concours pour celui qui mettra le plus de bor… pagaille (j’écris pour les impromptus, je dois rester un minimum polie) en un minimum de temps. Et au vu de l’ardeur qu’elle met pour obtenir le premier prix, je me dis même qu’il doit être tocu-de-trop-génial !

On va dire que je trouve le temps même où il n’est pas pour jouer avec eux

http://www.impromptuslitteraires.fr/dotclear/

Le but étant de décrire une pagaille ...

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27 février 2009

Boudeuse boude

Boudeuse aura certainement son ordinateur à elle toute seule pour son anniversaire.

En apprenant la nouvelle, Boudeuse a fait la gueule. Ben oui, qu’est ce que vous croyez ? Qu’elle allait nous sauter au cou « vous êtes les meilleurs parents du monde, je vous adore, c’est génial, c’est super merci merci merci ! »

Non, boudeuse fait la gueule parce qu’elle n’aura peut être son ordinateur que fin juillet. Et comme Rahan est d’un naturel taquin, il s’est empressé d’ajouter « et comme on part en mer au mois d’août, tu recevras peut être ton ordinateur et pfiut ! plus d’internet ! » Et Boudeuse a triplé du menton.

A ce moment là, j’ai évité de rappeler à Rahan qu’au vu de l’âge de notre tendre ado, m’est avis que le manque d’Internet ne sera pas le pire dilemme que nous aurons à régler pour nos prochains voyages en mer …

Je crois que je vais lui repasser en boucle la petite maison dans la prairie à Boudeuse. J’aurais bien voulu voir la tronche de Laura moi, si on lui avait promis que peut être à condition que, dans quelques mois elle aurait un ordinateur pour elle toute seule !

Bref. En attendant, ne croyez pas que Boudeuse soit si malheureuse, elle utilise mon propre ordinateur que bientôt, il va me falloir déposer une demande en quadruple exemplaire pour oser caresser l’espoir de pouvoir l’utiliser quelques minutes. Et ne croyez pas que le fait d’utiliser MON ordinateur perturbe Boudeuse en quoi que ce soit. Mon écran de veille a brusquement changé, mes images sont devenues les siennes et je me suis même retrouvée avec un tout nouveau navigateur manquait plus que les virus et Boudeuse terminait au fond d’un cercueil.

Comme je le dis souvent, Boudeuse a sa propre définition de la propriété. Boudeuse râle parce qu’elle ne peut pas installer certains jeux sur MON ordinateur, paraît qu’il y aurait un problème de place … euh je m’excuse de bosser avec hein !

Mon ordinateur est donc entretenu par ma boite. Et pour l’installation d’un nouveau logiciel, ils ont décidé de me poser un nouveau disque dur méga plus puissant. Je me suis dit que ça tombait bien pour Boudeuse et ses jeux trop volumineux. Comme je pars trop tôt le matin et rentre trop tard le soir, Rahan s’est prit de pitié et m’a proposé de s’en occuper et de laisser l’ordinateur à la boutique pour moi.

Il y a 15 jours trois semaines environ.

Régulièrement, je lui ai rappelé sa promesse, régulièrement il m’a répondu « oh oui c’est vrai, j’ai oublié » et régulièrement, Boudeuse a conclu « c’est pas demain que je vais pouvoir jouer à mes nouveaux jeux ! ».

Eh oh ! Tu sais quoi ? tu as 16 ans. Tu es en droit de travailler ma belle, pour te payer ton ordinateur.

Tra-vai-ller ? c’est quoi ce gros mot ?

Dimanche soir, j’ai dit à Rahan que ça devenait urgent l’histoire de mon ordinateur, que j’allais le faire moi même tant pis, ils viendraient le chercher au boulot … non non m’a t-il affirmé, je m’en occupe demain. Ce à quoi Boudeuse a grogné « l’était temps ! »

Lundi soir, mon ordinateur étant sur la table, je m’enthousiasme.

-          Euh déjà ? ils ont tout fait le nettoyage et la sauvegarde et l’installation et …

-          Ah ben non ! j’ai oublié ! tu aurais du me le rappeler, si tu ne me le rappelles pas, j’oublie.

Faut que je me la refasse celle-là, j’ai peur de ne pas avoir tout compris.

Il a bien dit «  Tu aurais du me le rappeler, si tu ne me le rappelles pas, j’oublie ? il a bien dit ça ? vous l’avez lu comme moi là ?

Je vous le dis de suite, à défaut d’être trouée, j’ai failli m’étouffer. En plus, Rahan c’est le genre à bougonner quand-on-lui-rappelle-de-faire-quelque-chose-qu’il-sait-très-bien-qu’il-doit-faire-ça-va-on-ne-va-pas-lui-répéter-les–choses-mille-fois-il-a-dit-qu’il-va-le-faire-alors-il-va-le-faire …. Et à vous reprocher de ne pas lui avoir rappelé pour la millième fois ce qu’il a oublié de faire !

C’est qu’ils commencent tous à me chatouiller sévère avec leurs rendez-vous et obligations qu’ils ne savent gérer que si je suis derrière eux !

C’est comme Boudeuse. Depuis le mois de septembre, Boudeuse doit prendre rendez-vous chez l’orthodontiste pour sa visite mensuelle. Depuis le mois de septembre, Boudeuse « oublie » de prendre rendez-vous. Boudeuse refuse que je m’en occupe, Boudeuse « va le faire ». Boudeuse n’a plus de forfait pour appeler … Et bien entendu, Boudeuse n’a rien fait.

Au bout d’un moment, j’ai compris qu’elle était passée dans le cadre du « je n’appelle pas parce que là je vais me faire remonter les bretelles »

Et je me suis dit que là, ma fille, ça va t’apprendre à vivre.

Comme nous étions déjà en février et que j’aime à ce que mes enfants assument chacun de leurs actes, j’ai longuement sermonné Boudeuse que et voilà, à trop faire trainer les choses, il y a un moment où ça devient trop tard, que pourtant je lui rappelle souvent qu’on ne doit jamais reporter au lendemain et …. Rien n’y a fait. J’ai appelé moi et j’ai demandé un rendez-vous pour elle. Gardez vos principes et relisez ce que j’ai indiqué en tête de mon blog.

Et lorsque je l’ai annoncé à ma fille ….

-          Tu aurais pu prendre rendez-vous à un autre moment, je suis en vacances là et je vais devoir me lever tôt !

Ca vous soigne de les cocooner ça, je vous jure que ça vous soigne.

Mardi soir, à deux doigts de la crise de nerfs, Boudeuse cherchait frénétiquement MON ordinateur j’ai-un-truc-super-important-à-dire-à-Julie-sur-msn. Rahan la rassure alors

-          J’ai laissé l’ordinateur à la boutique ce matin. Tu vas être contente, tu pourras jouer à tes nouveaux jeux quand on le récupèrera ….

-          AH NON !!!! PAS PENDANT LES VACANCES !!!! J’EN AI BESOIN MOI !!!

Un adoticide, ça prend dans les combien ?

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05 février 2009

Le Deal

En rentrant mardi soir, j’ai retrouvé une Boudeuse rayonnante. Je n’ai pas eu besoin de poser la question qui tue.

-          Alors le cours de soutien en math, c’était délirant.

Je m’attendais à toute sorte de qualificatif, j’avoue. Chiant, horrible, terrible, pénible, inutile … mais délirant, certainement pas.

-          Ca veut dire que c’était bien ?

Et là, Boudeuse a prit cet air que j’aime tellement chez les ados, lancer des yeux vers le plafond avec regard de travers, bouche entrouverte, mains tendues paumes vers le haut, le tout souligné d’un petit mouvement de hanche qui se traduirait par « tu te fous de moi ? »

-          On a écrit des lettres de motivation !

-         

-          Non mais t’imagines le cours de soutien en math ? des lettres de motivation ! pour un emploi ! En plus j’ai 16 ans et je n’ai absolument pas l’intention de travailler …

-          Oui ça j’ai remarqué

-          Mais non je veux dire rentrer dans la vie active quoi j’ai le temps ! et elle me fait faire des lettres de motivations ! pour un cours de soutien en math !!!!

Là j’avoue que je suis coincée. D’un côté, je suis bien heureuse : l’idée ne venait pas de moi. Je n’ai rien à me reprocher, si ce n’est de l’avoir forcée à se lever ce fameux mardi matin, mais je n’ai jamais émis l’idée qu’elle devait suivre des cours supplémentaires en math. Enfin pas cette année. Ca m’est arrivé les autres années (et ça a failli coûter la santé mentale d’un pauvre prof de math) mais pas cette année. D’un autre côté, c’est un peu étrange d’envoyer de force une ado en pleine crise d’ado en cours de soutien en math pour qu’elle y ponde … une lettre de motivation.

-          Alors, je suis allée voir le proviseur

-          Tu es allée voir qui ???? (d’un coup, je me suis assise)

-          Ben tu m’as bien dit que c’est lui qui est responsable de tout ça non ?

-          Ben oui mais bon. Tu as cafté que tu as écrit une lettre de motivation en cours de soutien ?

-          Pfffffffffff ! mais n’importe quoi hein ! pour qui tu me prends ? Mais bon en arrivant en cours, je me disais que peut être ce serait bien, ça m’apporterait quelque chose après tout … (PUTAIN MAIS POURQUOI JE N’AI PAS PENSE A ENREGISTRER CETTE CONVERSATION ???) et puis bon finalement, j’avais raison c’est trop nul. Et me lever pour ça alors là, pas question. De toute façon, j’avais déjà cherché à le voir le proviseur avant, mais il n’était pas là.

J’ai laissé quelques instants le monologue de Boudeuse bourdonner tandis que je me répétais sans cesse « j’en reviens pas, ma timide effacée Boudeuse a prit rendez-vous avec le proviseur ! »

-          Et là, vu que je n’avais rien à faire de 10 à 11, je suis retournée devant son bureau, il y était et il m’a reçue. Et tout de suite je lui ai expliqué que je ne voulais pas continuer les cours de soutien. Que ça ne me servirait à rien etc. Il m’a dit who who who ! dis moi d’abord ton nom, ta classe.

-          Ah bon ? (j’avoue que j’avais tellement de mal à imaginer ma fille dans le bureau du proviseur que je n’ai rien trouvé d’autre à rétorquer)

-          Ben oui, t’imagines combien on est ? il ne peut pas se souvenir de tout le monde hein. Donc je lui ai dit, il a sortit mon dossier sur son ordi et il m’a expliqué que bon, c’était pour moi qu’ils avaient fait ça, que j’avais des bonnes notes et que ça me tirait vers le bas ce 2 en math. Et moi je lui ai expliqué que j’étais d’accord (manquerait plus que ça !) mais que tout ça ne servirait à rien. Que j’étais un cas désespéré, que mon dernier prof OU TU M’OBLIGEAIS A ALLER à même dit « avec Boudeuse, on fait un pas en avant et deux en arrière » et que c’était injuste de m’obliger à aller à un cours de soutien et tu sais ce qu’il m’a répondu ??? Qu’il ne pouvait pas m’obliger à y aller ! (Ah ben on n’est pas dans la merde) mais que c’était pour mon bien, mais qu’il ne pouvait pas me forcer (ah oui, on y est !) Alors hein ! si je ne veux pas y aller, je n’y vais pas.

-          Et alors ? il a abandonné comme ça ?

-          Oh ben non tu penses, j’ai eu le grand discours que ces cours, c’était pour nous aider, il m’a parlé du programme mis en place au lycée pour sortir les élèves de leurs difficultés toussa. Mais moi je lui ai dit que j’avais dépassé le stade des difficultés, qu’il y avait tout à reprendre, qu’il faudrait toute une vie pour me remettre à niveau et que même mon prof de math de cette année, il a dit qu’il n’avait jamais vu quelqu’un bloqué comme moi (je confirme). Je lui ai dit qu’en plus, ça me forçait à me lever le mardi alors que maintenant, je n’ai cours que l’après midi et donc je viens au lycée juste pour passer deux heures de soutien qui ne se suivent même pas, alors que je pourrais dormir.

-          Tu lui as dit « alors que je pourrais dormir ???? »

-          Ben oui, c’est la vérité ! je lui ai dit que ça me forçait à me lever à 6h30 alors tu vois !

Des fois, dans les dessins animés, on voit le toons qui apprend un millier de mauvaises nouvelles en quelques secondes et qui s’affaisse doucement jusqu’à ne plus ressembler qu’à une crêpe sans même avoir reçu un coup de poêle sur la tête vous voyez la scène ? Ben le toons, c’était moi.

-          Et donc, il m’a dit ok, on fait un deal.

-          Le proviseur t’a proposé un deal ?

-          Oui. Il m’a dit de tenter le coup au moins jusqu’à Pâques et après on en reparle.

Je lui ai dit d’accord, mais seulement de 10 à 11 heures, pour que je puisse dormir le mardi.

-         

-          Et aussi une semaine sur deux, comme ça j’aurais au moins un mardi sur deux où je resterais toute la matinée tranquille chez moi.

Et là, splash ! , la crêpe écrasée sur le sol que j’étais a explosé avant de disparaître totalement.

Ma fille, mon ado timide et effacée qui ne prend toujours pas le bus parce qu’elle a peur de ne pas savoir comment faire pour prendre le bus (si si, uniquement pour ça) ma pas dégourdie planeuse qui sait tout juste se servir du micro-ondes pour réchauffer les plats préparés la veille par mes soins …. Boudeuse est allée voir le proviseur pour lui dire que ça la gonflait d’aller aux cours de soutien puisqu’elle ne devait se lever tôt pour se faire et même obtenu de diviser son soutien par quatre !

J’ai encore du mal à l’imaginer avec tout ce culot. Et mieux encore, qu’elle ait obtenu gain de cause !

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03 février 2009

Oui oui, encore 5 mn

Ce ne fut pas si simple que ça. Je crois gagner une guerre avec Boudeuse lorsqu’elle n’a concédé qu’une bataille.

Et nous voici à jouer la revanche.

Il y a des journées faites de hauts et de bas et lundi fut l’une d’entre elle. Je combattais tant bien que mal ma fatigue de début de semaine tout en préparant la pate à crêpes … et bien oui, hier c’était soirée crêpes. Tous les ans, je loupe cette soirée alors que je fais des crêpes plus que souvent et la chandeleur, j’ai tendance à la zapper.

Je combattais donc tant bien que mal ma fatigue de début de semaine tout en préparant la pate à crêpes quand je me suis rendue compte que depuis que j’étais rentrée, Boudeuse n’avait pas levé les yeux de l’écran de MON ordinateur. Après avoir répondu « oui oui encore 5 minutes » à mes nombreux « éteins moi cet ordinateur » … Tiens, parlons en de ce fichu « oui oui, encore 5 minutes »

Dans la langue ado, « oui oui, encore 5 minutes » peut se traduire par :

Cause toujours ; Va caguer ; Dans une heure ; Si je veux ; Rêve ; Je ne comprend pas ce que tu dis ; Mais tu te rends pas compte ! c’est super important ! je ne peux pas arrêter maintenant ; Plutôt mourir ; Elle est folle si elle croit que dans 5 minutes j’aurais arrêté ; Au moins tu me fous la paix pendant 5 mn ; 5 Mn ???? Ce que t’es naïve ma pauvre maman ….

Dans la langue ado, « oui oui encore 5 minutes » peut se traduire par tout ce que vous voulez mais JAMAIS par « oui oui, encore 5 minutes ». Croyez moi, c’est un leurre d’ado confirmé !

J’en étais où moi ? Ah oui. J’ai du lui demander pendant une bonne heure de couper MON ordinateur, et elle m’a répondu une dizaine de fois « oui oui, encore 5 minutes » lorsque j’ai enfin compris qu’en fait elle me disait quelque chose qui ressemblait plus à « va caguer ». Là, sans même monter le ton j’ai sifflé entre mes dents que si les nombreuses fenêtre de discussion ne se fermaient pas illico, je me proposais de les fermer à ma façon. Dans un bruyant soupir, mon ado s’est exécutée. La soirée promettait d’être superbe. J’avais hâte d’aborder le sujet brûlant du moment. Les cours de math.

J’ai tout de même obtenu un léger sursis grâce à la chandeleur. Une fois la table débarrassée, les pots rangés, la vaisselle lavée et Timousse couché, j’ai attaqué le vif du sujet avec Boudeuse. Délicatement, je lui demande si elle a préparé ses affaires de math. J’ai mal interprété son regard, j’ai cru qu’il était simplement méprisant de « tu me prends pour qui ? tu crois que je ne sais pas ce que j’ai à faire ? » En fait, il était interrogatif « de quoi tu parles ? »

Ne voyant pas ma fille préparer quoi que ce soit pour le lendemain matin, je lui rappelle que demain, réveil 6h30. Elle marmonne une histoire de semaine 1 et semaine 2 que je ne cherche même pas à comprendre.

Et là, je me dis que je ne peux plus tourner autour du pot, je dois affronter le problème de face.

-          Boudeuse, même si nous étions en semaine 15, demain tu as ton premier cours de soutien.

-          QUOIIIIIIIIIIIIIIIIII ???????????????

-          Boudeuse, ne fait pas celle qui découvre, nous en avons parlé fin de semaine dernière.

-          Mais oui, tu m’avais dit que j’aurais des cours mais tu ne m’avais pas dit quand.

-          Comment ça je ne t’avais pas dit quand ? tu te fous de moi ? (remarquez que j’ai perdu toute forme de zénitude parce qu’il y a un moment où il ne faut pas que dèc non plus)

-          Mais non ! je te dis que je ne savais pas quel jour c’était.

-         

-          C’est à quelle heure ?

-          8 à 9 et 11 à 12

-          Oui mais c’est quel jour ?

-          Sérieux ? c’est une caméra caché c’est ça ? LE MARDI  !

-          QUOIIIIIIIIIIIIIIII ??????????????

-          Réveillez moi, c’est un cauchemar

-          MAIS C’EST POUR MOI LE CAUCHEMAR !!!! LE MEME JOUR ?????????????? MAIS ILS SONT MALADES !!!!!!!!!!!!!!!!!! Mais justement demain je devais dormir, j’avais toute la matinée pour dormir ! C’est dégueulasse ! je n’avais QUE le mardi pour dormir (et le mercredi, et le samedi, et le dimanche …) je croyais être tranquille pour la matinée ! Bon ben voilà, faut que je prévienne scooter bout de ponton maintenant !

-          Euh … Qu’est ce qu’il vient faire dans l’histoire scooter bout de ponton ?

Vlam ! « BOUDEUSE ! SI TU CONTINUES A CLAQUER TA PORTE JE LA VIRE ! » (oui oui, c’était bien Rahan, vous l’avez reconnu)

-          Il est 21h30, tu pleures vite fait sur l’épaule virtuelle de scooter bout de ponton et tu raccroches.

-          Oui oui, encore 5 mn !

Bien entendu, à 22h00, Boudeuse n’avait toujours pas raccroché. Lorsque je suis rentrée dans sa chambre à deux doigts de péter un câble, Boudeuse brandissait une copie de cours « il m’aide à réviser, il y a des mots que je ne comprend pas ! »

Bouche ouverte, index brandit et bloqué dans son élan, j’ai fait un demi-tour sur place puis suis ressortie, vaincue.

22h30, les éclats de rire ne sont certainement pas liés à une quelconque révision ou alors je veux bien retourner à l’école moi !

-          Mais j’ai un contrôle demain !

-          Ce n’est pas la veille à 22h30 que tu révises ton contrôle

-          Mais je comptais le réviser demain matin MAIS JE NE PEUX PAS PUISQUE JE VAIS EN SOUTIEN

-          OHHHHHHHHHHHHHHHHH ! et en plus elle me prend pour plus blonde que je ne suis ! Tu comptais DORMIR demain matin ! alors maintenant, tu raccroches !

-          Bon, ben si je rate mon contrôle demain …

-          Si tu rates ton contrôle demain tu es punie de sortie !

-          M’en fou, je sors pas.

-          RACCROCHE !

Ce matin, Timousse se levait avec énormément de difficulté, il serait bien resté tout au fond de sa couette encore quelques minutes. Superbement pomponnée, sa sœur dépose un baiser vaporeux sur son front .

-          Pauvre petite chose ! c’est dur quand maman nous oblige à nous lever pour aller à l’école hein ? et bien moi j’aurais pu dormir ce matin, faire la grasse matinée pour une fois (en plus du mercredi et du samedi et du dimanche) mais non, il faut que j’aille en cours de math … alors que j’aurais pu dormir c’est dég…

-          Boudeuse ! les gros mots tu évites !

-          Ah mais moi c’est pas grave, z’aime bien l’école et puis z’aurais pas besoin d’aller en cours comme toi, ze suis fort en math moi ! Hein maman ze suis fort en math ?

-          Vlam …

Ah ben Rahan était déjà parti au boulot. Dommage.

Vous voyez le coup que le prof était absent ? Oh là là ! si c'est le cas, ce soir ça va donner !

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02 février 2009

Boudeuse et les maths

Au dernier conseil de classe de Boudeuse, il a été décidé par les professeurs de l’inscrire en cours de soutient, histoire de relever un peu sa note en math. Ce qui en soit ne devrait pas être compliqué : elle a 2.

Je pense qu’elle obtient un point pour avoir correctement écrit son nom en haut à gauche de la feuille et un autre pour avoir correctement recopié l’énoncé.

Bref . En apprenant la nouvelle, Boudeuse avait très mal réagit. Elle avait monologué des milliers d’insultes de « c’est pas juste » de « c’est dégueulasse » de « ça ne sert à rien » pendant plus de deux heures.

Depuis le conseil de classe, il y a eu les vacances, puis la reprise et l’organisation qui va avec, puis pas moins de quinze jours de grève, puis un retour difficile post grève, puis … enfin un coup de fil du Lycée qui m’annonce les horaires pour les cours de soutient en math.

Jeudi soir, je m’installe confortablement et regarde longuement ma fille avec un sourire de circonstance : niais.

-          Quoi ? qu’est ce qu’il y a ?

-          En fait …. J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle

-          Ah. Commence par la bonne.

-          La bonne, c’est que tu vas remonter ton 2 en math.

-          Mouarf ! ce n’est pas une bonne nouvelle ça, c’est une utopie.

-          Bien. Ca va pas être simple encore. Et pour vivre ce moment d’utopie, nous en arrivons à la mauvaise nouvelle : le lycée m’a appelée, tu commences tes cours de soutient ma….

-          Alors là ! même pas en rêve !

Voyez vous, j’étais confrontée à deux attitudes possibles à ce moment là. Soit laisser l’agacement me gagner (parce que quand Boudeuse explose, elle est aussi agaçante qu’une ado qui explose) et couper court à toute revendication, en la braquant et lui donnant une nouvelle occasion de faire la gueule toute la soirée avec force de claquage de portes et regards noirs … Soit …

Soit prendre le tout à la légère et la laisser déverser son fiel d’ado maltraitée et incomprise …

J’ai opté pour la seconde solution.

-          Je n’irais pas ! (Vlam ! ça c’est MON ordi que Boudeuse referme)

-          Ah mais je crois que tu n’as pas le choix et vas-y doucement avec MON ordi s’il te plait.

-          Tu vas voir si je n’ai pas le choix ! c’est moi qui décide, c’est mon avenir ! (Vlam ! ça, c’est le bruit de sa porte qui claque)

-          BOUDEUSE TU NE CLAQUES PAS LES PORTES OU JE TE JURE QUE JE VIRE TA PORTE (ça c’est Rahan qui participe à la conversation)

-          Ah non, tu n’es pas encore en position de décider, tu es mineure. Et nulle en math.

-          Et moi ze suis fort en math hein maman ?

-          Toi tu sais à peine poser une addition à une retenue alors tu ramèneras ta fraise quand tu rentreras en sixième morveux ! (deng deng deng deng. Ca, c’est la porte de Boudeuse qui bat parce qu’elle a oublié de la bloquer.)

-          BOUDEUSE ATTACHE MOI CETTE PORTE OU JE TE JURE QUE JE LA VIRE (ben oui, la délicatesse légendaire de Rahan)

-          Ze suis pas un morveux !

-          Si ! tu es un morveux lèche bottes.

-          Timousse, ne te mêles pas des conversations, Boudeuse tu ne traites pas ton frère de morveux.

-          Lèche bottes je peux ?

A ce stade de la conversation, je suis en train de me demander si j’ai bien fait d’enfiler le rôle de la maman zen qui laisse son ado se défouler.

-          Ce n’est pas en m’obligeant à suivre des cours de soutient que je vais m’améliorer ! Ca ne sert à rien leur cours de soutient, juste à emmerder les …

-          Boudeuse, les gros mots tu évites.

-          M’en fou, je n’irais pas. Ils ne peuvent pas m’obliger. T’as qu’à leur dire que ça ne sert à rien

-          Tu ???? tu tu tu … tu ??? donc je ? Moi ?????

-          Oh mais si tu as peur, moi je vais le faire ! (même pas j’ai relevé : maman zen je vous dis) je vais leur dire que ça ne va servir qu’à me dégoûter et à me décourager. S’ils m’envoient en soutient, je ne travaillerais plus les autres matières ! Je m’en fou, je n’irais pas ! Il n’en est pas question ! je refuse ! je vais sécher le cours ! Ca ne sert à rien de s’acharner, il n’y aura pas de déclic. Quand on est nul, on est nul ! En plus ce sera quel prof ?

-          Euh … je n’ai pas demandé. Et au passage, puisque tu me donnes le bâton de parole, non tu ne sècheras pas les cours.

-          Alors là, c’est ce qu’on verra ! En plus, ça se trouve ça va être l’autre conn…

-          Boudeuse, les insultes, tu évites.

-          Je peux pas le saquer, un gros débile ce prof ! On dirait qu’il va pleurer à chaque fois qu’il me rend mes interros ! (à vrai dire, y’a de quoi) Il refuse de reconnaître que je suis un cas désespéré ! il me prend en cours même si je suis seule tu te rends compte ???? il n’a pas le droit de faire ça ! et en plus il me fait bosser ! (sans déconner ????). Ce sera quel jour ?

-          Le mardi

-          Ah ben voilà ! le seul jour où j’ai des trous dans mon emploi du temps ! (ben euh … oui, justement !) c’est dégu…

-          Boudeuse, les gros mots tu évites.

-          Alors là, pas question que j’y aille ils peuvent se brosser !

-          Tiens Boudeuse, tu mets le couvert s’il te plait

-          C’est pas juste ! mais qu’est ce qu’ils ont à vouloir jouer les héros qui ont des solutions à tout ? à quoi ça va me servir de savoir que a+b au carré ça fait c ? (ah non, c’est pas tout à fait ça …) Je ne comprends rien à leur truc, je n’ai même pas les bases ! y’aurait tout à reprendre, depuis le début ! depuis le CP faudrait reprendre !

-          Si tu veux, ze peux t’aider à faire une addition

-          Tiens Boudeuse, tu as oublié les verres … douuuuuuuuuuuuuucement les verres !

-          M’en fou, j’irais pas. J’irais voir la CPE et je lui dirais qu’il n’est pas question que j’aille perdre mon temps à un cours qu’en plus je déteste ! alors là, ils vont m’attendre longtemps à leur soutient et en plus je suis la seule de ma classe à y aller (ben en même temps ….) c’est dég…. C’est pas juste ! je vais me retrouver avec des analphabètes tu vas voir, plutôt crever qu’y aller ! j’irais voir le médecin, elle m’a dit que je pouvais aller la voir sans toi maintenant, je lui demanderais un certificat (mouarf ! j’ai hâte de voir ça !) J’irais pas ! c’est à quelle heure ?

-          Alors le premier à 8h00

-          A PARCE QU’IL N’Y A PAS QU’UN COURS ???????????????? mais c’est le seul matin où je peux dormir une heure de plus !!!!!!!!!!!! alors là, ils verront si je vais me lever plus tôt pour aller à leur cours qui ne sert à rien ! ils verront ! pas question ! pas question que je me lève plus tôt le mardi, pas question ! Et je suppose que l’autre, c’est le soir après les cours, comme si j’étais pas assez crevée après les cours ! on bosse toute la journée, et ils nous bloquent pour leur soutient jusqu’à 19h00 ! Alors là, pas question que j’y aille ! moi je suis crevée et je ne risque pas de comprendre des maths le soir après les cours si je suis crevée ..

-          Et bien justement, ça tombe bien : le deuxième cours, c’est à 11h.

-          QUOI ????? mais c’est le seul jour où je peux rentrer déjeuner ! Alors là non ! pas question je n’irais pas ! je refuse de suivre leur cours de soutient alors là de la merde !

-          Boudeuse ! les gros mots tu évites ! allez hop, à table on mange le sujet est clos.

-          Ca c’est sur qu’il est clos. Il est tellement clos que j’irais pas. Manquerait plus que ça ..

-          Boudeuse, changement de sujet, on mange.

Et dix minutes plus tard ….

-          Bon, ça commence quand ?

Si vous voulez connaître la réaction de Boudeuse quand je lui ai répondu que ça commençait ce mardi, reprenez la conversation depuis le début, ça m’évitera le copier-coller.

Et demain, je vous dis.

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26 janvier 2009

La révolte d'une mère d'ado

A quoi pourrait-on reconnaître un ado de nos jours ?

A son foutage de gueule, entre autre. Il faudrait que je vérifie, on a du être en lune montante ou pleine ces derniers jours parce que Boudeuse est en train de me pousser dans de tels retranchements que je craindrais presque pour sa vie.

Je passe sur les menaces « si tu m’obliges à faire ça, je te garantis une soirée gueule » et les aberrations « et pourquoi je devrais manger ? une tartine au chocolat, ça me suffit ! »

Non mais sans déconner, ça me troue que ma fille ose me dire « si tu m’obliges à faire ça, je te garantis une soirée gueule » non mais où on va là ????

Je passe sur les difficultés à respecter l’heure et les retards systématiques et de principe, un peu comme le fait de toujours laisser quelque chose dans son assiette. Je passe aussi sur ses compréhensions des « tu ne sors pas après les cours » et d’en profiter pour faire venir scooter bout de ponton chez nous … tiens, parlons en de ça.

Pourquoi les gosses restent-ils si longtemps chez leurs parents ? hein ? je me souviens des larmes de maman lorsque nous parlions de quitter la maison à 17 ans et la quittions réellement à 19 pour nous plonger dans la vie réelle sans airbag maternel. Ben maman, je vais te dire une bonne chose TU NE CONNAIS PAS TON BONHEUR ! parce que les mômes là, cette génération qui se déploie et celle de ma fille qui suit, ils ne sont pas prêts de partir de la maison, ils y sont trop bien ! Ils y sont tellement bien qu’ils y passent tout leur temps libre.

Alors vous allez me dire que c’est super méga cool d’avoir fi-fille à portée de main tout le temps, au moins n’ai-je pas le souci de la savoir dehors, à trainer fumer et boire (ou pire) avec des fréquentations plus ou moins fréquentables….

Et vous aurez raison de me le dire. Mais je vous répondrais sans hésiter :

SERAIT-IL POSSIBLE D’AVOIR UN JUSTE MILIEU ???

Genre l’ado, il sort un peu mais pas trop. Genre l’ado, il dégage le mercredi après-midi. Genre l’ado, il va se faire un ciné avec son scooter bout de ponton au lieu de rester vautré sur la banquette de notre lieu de vie principal à jouer à la XEE pendant que Rahan ronfle sans complexe à 50 cm d’eux.

J’en ai d’ailleurs fait la remarque à Boudeuse dernièrement et avec tact. Parce qu’il faut en plus ménager l’extrême sensibilité susceptible de nos ados lorsqu’on a une remarque à leur faire. Du style :

-          Comment se fait-il que scooter bout de ponton et toi passiez L’INTEGRALITE DE VOTRE TEMPS LIBRE ici ?

-          Parce que j’en avais un peu marre de m’incruster chez lui, je ne veux pas déranger ses parents, tu comprends, ils travaillent.

-          …………………………………………

Ca c’est une réponse nucléaire qui a totalement dévasté mon pauvre gruyère !

-          Dis voir … Ote-moi d’un doute … tu crois qu’on fait quoi Rahan et moi ? Tu crois qu’on passe nos journées au club Méd ?

-          Mais non mais je sais que vous travaillez mais c’est pas pareil

-          Alors là, je veux bien que tu m’expliques la différence parce que je n’ai pas tout compris là, à vrai dire.

-          C’est que ça me gène c’est tout.

-          Et qu’est ce qui te gène ?

-          Ah ! j’ai compris ! en fait, tu es en train de me dire que scooter bout de ponton et moi, on te gène.

Et voilà, nous y voilà, j’ai beau essayer de biaiser dans tous les sens, on y arrive à l’accusation implacable du faut-le-dire-si-on-dérange.

J’avoue, je n’ai pas encore osé le dire, mais ça va finir par arriver lorsque je n’aurais plus d’arguments. OUI ! VOUS DERANGEZ !

D’autant que je ne lui demande pas non plus de s’incruster chez scooter bout de ponton, mais vu la chance que nous avons de vivre sur une île où il fait beau et bon 11 mois sur 12 … ils sont tout de même mieux dehors quoi !

J’ai donc tenté d’expliquer à Boudeuse ce qui me dérangeait dans le fait des les avoir toujours dans les jambes, mais Boudeuse en bon ado qui se respecte a réponse à tout.

-          Tu vois, le dimanche par exemple, il m’arrive d’avoir envie d’en faire un dimanche pyjama à traîner ici et là avec mes gros chaussons ridicules et ma coiffure tue l’amour et juste bouquiner enveloppée dans ma grosse couverture et …

-          Ah mais tu peux hein ! scooter bout de ponton il s’en fou si il te voit comme ça

Boudeuse, y’a plus rien à dévaster ! je n’ai plus de gruyère tu m’entends ? parce que moi, je m’en tape de savoir s’il s’en fou ou pas de me voir dans le même état que si je sortais d’un sèche linge, JE NE VEUX PAS QU’ON ME VOIT COMME CA ET PISSETOU ! merde alors quoi !

A bout d’argument, lorsque scooter bout de ponton est venu la chercher à 14h30 précise, alors même que nous terminions le repas dominical, j’ai grogné à Boudeuse entre mes dents.

-          Vous sortez !

-          Et pourquoi ? je n’ai pas envie moi !

-          Parce que je l’ai dit, et ça suffit comme réponse : vous sortez.

Et Boudeuse est sortie en … boudant.

Mais je m’égare, l’objet de ma note se basant sur un ultime agacement créé par Boudeuse pas plus tard qu’hier soir, alors que je lui rappelais à 20h30 que si elle voulait se doucher c’était maintenant, vu qu’il n’était pas question qu’elle se couche à minuit, vu qu’elle me fait le coup à chaque fois à nous coller le sèche cheveux dans les oreilles alors que le lendemain matin, elle se lève à 6h30. Quand même quoi !

20h32, Boudeuse allume MON ordinateur. Je lui ordonne de l’éteindre, elle s’exécute en soufflant puis s’affale bruyamment en tripotant son téléphone portable.

20h34, je lui rappelle que si elle veut se doucher c’est maintenant pour pouvoir se coucher aux environs de 21h00.

20h36, Boudeuse reçoit un appel sur le filaire et je ne peux plus gérer la situation vu que j’ai un Timousse survolté à coucher. Tandis que Rahan Mourant se meure dans notre lit mais ceci est une autre histoire.

21h00, je somme Boudeuse de raccrocher. Elle me regarde comme on dévisage un extra-terrestre et je traduis ça pour un accord. C’est que j’ai un film à regarder.

21h30, Mourant se lève pour me dire, tenez vous bien …. « je vais me coucher ». Plus rien ne me surprend dans cette famille.

22h00, j’ai terminé ma couture et pendant la pub je commence à engueuler sérieusement l’ado qui se fout royalement de ma gueule en continuant à téléphoner.

22h15, je reste plantée devant elle jusqu’à ce qu’elle raccroche. Et je rate le moment crucial de mon film. Boudeuse raccroche en faisant la gueule.

22h30, j’entends ma fille rire alors que je la pensais déjà sous la douche et surprise !!! scooter bout de ponton l’a rappelée sur l’autre ligne.

22h40, j’ai loupé la fin du film et confisqué tous les téléphones. Je lui ordonne de se coucher sans prendre de douche, tant pis pour elle.

22h50 Boudeuse prend sa douche. Et le sèche cheveux, et les va-et-vient rageurs …

Ce soir, il y a conversation sérieuse. Et ce soir, ça va chier.

Posté par Kaliuccia à 11:44 - Les ados - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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