Au fil de l'eau

"Avant, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants."

29 mai 2009

L'écologie à ma façon

Dans la série ça n’arrive qu’à moi, je vais finir par écrire un bouquin.

Pas les trucs graves non, rien de dramatique … rien ne vient faire palpiter mon quotidien au point d’en retourner la planète …

Justement, je parlais avec un ami dernièrement de l’histoire de nos familles, des destins assez extraordinaires de ces enfants de la guerre, de la vie hors du commun de leurs parents. Et du côté banalement paisible de nos vies à côté …. Ça laisse rêveur non ? Et lui, dubitatif

-          Quoi ? tu aurais voulu vivre une guerre ?

-          Mais non ! mais je ne dis pas ça ! je dis juste que leur vie, parfois, c’est Balzac à eux tout seul !

-          Quoi ? t’aurais voulu faire comme ta grand-mère ? mourir à ton âge ?

-          Mais non !!! je dis juste que c’est quand même …. Dingue ce qui lui est arrivé quoi et la façon dont elle s’est battue et dont ses gosses se sont battus pour survivre tout ça …

-          Quoi ? t’as besoin de reconnaissance ? qu’on parle de toi ?

-          OH PUTAIN C’EST BON LAISSE TOMBER !

Donc ma petite vie est bien tranquille, je ne fais rien d’extraordinaire, je fais mon boulot aussi bien que je le peux, Rahan continue à faire la gueule pour aller bosser et les gosses vont user leur fond de pantalon sur les bancs de l’école. Donc tout comme vous.

Par contre cette petite vie banale est pleine de petits accros qui le sont tout autant sauf que quand ça s’accumule, on finit par se dire que merde quoi. Pourquoi moi ?

Alors je vous fait grâce des situations dans lesquelles je me colle toute seule comme une grande et qui sont dues à ma grande blondeur. Comme lorsque je passe aux caisses automatiques de ma grande surface préférée et que je décide, pour une fois, de payer en liquide. Et qu’il y a du monde derrière moi et que ce monde vérifie bien que je n’ai pas plus de 10 articles dans mon panier. Parce que sinon, le monde, s’il voit que quelqu’un devant tente de frauder à la caisse en passant une vingtaine d’articles, et bien ce monde ne se contente pas de faire la gueule, non, il va cafter. Ben oui, après tout, nous sommes les arrières petits enfants de la guerre, l’occupation, c’est dans nos gènes.

Donc ça va, ils ont tout bien compté, je n’ai que six articles. Ils ne perdent néanmoins aucun de mes gestes des yeux. Maintenant qu’ils sont rassurés sur mon honnêteté, ils s’en vont vérifier ma rapidité. Et plus je mets de temps à trouver le code barre, plus ils soufflent fort. Eh oh ! mon premier boulot, c’était caissière ok ? y’a pas plus doué que moi pour trouver un code barre et le passer sur le lecteur ok ? Et je devine un éclair d’envie passer dans leur regard. T’ain ! elle est vachement à l’aise la nana là.

Ces regards insistants, moi ça me stresse quand même. Je les sens près à bondir sur moi à la moindre hésitation et ça me stresse. Alors je me donne une certaine contenance, je me tiens droite fière et sure de moi. Et puis j’ai l’habitude quoi. Sauf que d’habitude, je paye par CB. Et là, l’air de rien, tout en continuant à passer mes derniers articles, je détaille bien le petit dessin représentant la caisse et signalant d’une flèche l’endroit où je dois glisser mes billets. Vous avez remarqué que c’est toujours super évident super bien indiqué quand on paye par CB que presque la machine va se mettre à clignoter tout en débitant d’une voix robotique « glissez-votre-carte-ici » mais que ça devient tout de suite le bordel dès qu’on cherche l’endroit où il faut glisser le billet ? hum ???

Le dessin me montre une ouverture, là, juste sous les touches, ça me semble complètement idiot de coller le paiement par billet à cet endroit là, m’enfin le dessin le dit hein. Donc l’air de rien, limite sifflotant et regardant autour de moi de cet air détaché qui transpire le « je-suis-habituée-je-fais-ça-tous-les-jours-admirez-l’artiste » je tente de glisser le billet là où le dit le dessin.

Ben il rentre pas. L’air de rien, ignorant les nouveaux signes d’impatience des clients derrière moi, j’insiste. Un peu. Tout en gardant mon air de rien. Mais déjà, je sens une goutte de sueur couler le long de ma colonne vertébrale, pas bon ça. Je respire tranquillement, histoire de ne pas précipiter mes gestes, un œil sur le billet, l’autre sur le dessin pour vérification (si, si, c’est possible) le billet rentre un peu, puis il bloque. Merde y’a un truc qui bloque. Je retire le billet, et là j’en oublie de regarder tout autour de moi l’air de rien, là je suis totalement concentrée sur le geste que je suis en train de faire, là je commence à forcer un peu pour que ce putain de billet rentre dans leur putain de machine que ça commence à me gaver sévère ces conneries de trucs à la con qui ne fonctionnent jamais ! Bordel !

Arrive une gentille hôtesse pleine de sourires

-          Vous avez besoin d’aide Madame ?

-          Oui, il doit y avoir quelque chose qui bloque, mon billet ne rentre pas.

-          Ah mais là vous pouvez toujours essayer Madame, là vous êtes en train de le glisser sous la caisse, Madame.

-          Ah bon ?

-          Oui Madame, c’est ici (à au moins dix km de l’endroit où je m’excite comme une malade) c’est ici qu’on met les billets Madame

Là c’est plus une goutte de sueur qui coule le long de ma colonne vertébrale, ce sont les chutes du Niagara. Je déteste me taper la honte comme ça, je déteste. Les épaules légèrement à peine voutées, je glisse mon billet à l’endroit prévu, je ramasse mes affaires, mon tickets, mes pièces de monnaie, et JE ME CASSE.

-          MADAAAAAAAAME  !

Oh putain non, oh putain non faites que ce Madame ne me soit pas adressé, oh putain non ! Ben putain si, c’est bien pour moi.

-          Madame ! vous oubliez votre monnaie Madame !

-          Mais non, je l’ai ma monnaie

Et là, elle me montre les deux billets qui me narguent là, juste sous la caisse là.

Alors non, je ne vais pas vous parler de ça, non, je vous épargne les hontes monumentales que je me tape comme ça en public parce que sinon, je vous le dis, on pourrait en faire un livre tellement c’est fréquent.

Aujourd’hui, je vais plutôt rester dans le ça n’arrive qu’à moi parce que c’est vrai, j’en ai la preuve, ça m’est arrivé pas plus tard que ce matin, et ça n’est arrivé qu’à moi bien entendu.

Je venais de récupérer mon panier de légumes, celui qui m’attend sagement tous les vendredis matin, direct chez l’agriculteur. Au rond point, j’attend trois plombes comme toujours pour pouvoir me glisser dans le flot de la circulation.

Le fait de prendre ma voiture me fout un peu les boules puisque c’est contraire à mes convictions légèrement écolo, mais bon aller au boulot en vélo, ce serait suicidaire moi je vous le dit. Donc, voiture puisqu’en plus y’a pas un moyen de transport qui me conduirait d’un point à l’autre dans ma ville.

Donc je ne mets pas la clim dans ma voiture, parce que c’est encore moins écolo que de prendre sa voiture pour aller bosser en mettant la clim. Donc je me donne bonne conscience en laissant ma clim éteinte et je roule vitres ouvertes.

Quoi ça fait consommer plus ? Eh oh vous avez une idée de la chaleur qu’il fait ici ? et vous voudriez que je sois en train de cuire dans ma bagnole par 40° à l’ombre sans clim et fenêtres fermées sous prétexte que rouler les fenêtres ouvertes ça fait consommer plus ???? Ca va aller oui ?

Je suis écolo suivant mes moyens moi merde alors ! Donc, je roule vitre ouverte. Faut quand même que je respire quoi. J’en étais où … vous me faites perdre le fil avec vos réflexions désobligeantes là … ah oui. Je me glisse dans le flot de circulation. Et je reste sur ma gauche, je longe donc le rond point tout joliment fleuri.

Comme il y a beaucoup de voitures, on n’avance pas très vite. Comme il fait chaud et que je ne veux pas utiliser ma clim, j’ai ma vitre baissée. Comme je roule vitre baissée, j’entend tous les bruits dehors … et j’entend ce tic-tic-tic-tic-tic-tic-tic-tic-tic qui m’est très familier mais … qu’est-ce donc ?

Vous savez, c’est comme quand vous rencontrez quelqu’un dans la rue qui vous demande des nouvelles de votre petite famille toussa, mais que vous n’osez même pas lui poser de questions trop précises sur sa petite vie à lui parce que sa tête là, elle vous dit bien quelque chose mais … c’est qui ?

Ben voilà. Le tic-tic-tic-tic-tic-tic-TIC-TIC-TIC il me dit bien quelque chose, et je l’entend qui se rapproche, mais c’est quoi ?

Ah, ça bouge un peu devant, donc j’avance, le TIC-TIC-TIC-tic-tic-tic-tic-tic-tic s’éloigne … puis se rapproche. tic-tic-tic-tic-tic-tic-TIC-TIC-TIC

Etrange me dis-je tout en admirant le beau parterre de fleurs qui orne le rond-point auquel je suis collée. Je remarque un bel arc-en-ciel créé par le jet automatique. Mécaniquement, je regarde la route … tiens, il est mal réglé leur jet automatique, s’est trempé par terre.

Ah y’en a qui ont du se faire arroser en passant par là, Mouarf !

Rond point, vitre ouverte, parterre de fleur, arrosage automatique … PUTAIN VITRE OUVERTE !

Et splash !

En arrivant au boulot, la bouche de mes collègues s’est arrondie d’un « ohhhhhhhhh ! mais qu’est ce qui t’est arrivé ????? »

C’est rien que j’ai répondu. C’est juste que je suis écolo, moi.

Posté par Kaliuccia à 11:39 - Morte de honte - Commentaires [26] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 janvier 2009

Les résolutions et moi, ça fait deux : note longue !

Bon allez j’ai cinq minutes, je vous la refait façon moi.

Arrivés le samedi, nous avons donc offert un Paris by night à notre Timousse bien aimé. Boudeuse, on ne l’a pas beaucoup vue de la semaine : elle l’a passée avec des cousins de son âge. Le dimanche matin, nous avons joué les touristes congelés sur la Seine. A 14 heures, nous sommes entrés affamés dans un restaurant japonais qui n’est resté ouvert que pour nos beaux yeux puis avons continué à visiter Paris et ses grandes vitrines de magasin avant de rentrer le soir presque en rampant.

Le lundi, nous avons continué à nous congeler aux côtés de Mickey et avons terminé la soirée chez mon frère alors que nous pouvions à peine garder les yeux ouverts ….

C’est dans le taxi qui nous ramenait chez notre amie dans le treizième et alors que je lui narrait le lourd programme de la journée/soirée du mardi que Rahan m’a solennellement annoncé

-          Je ne sors plus, tu fais ce que tu veux avec Timousse moi je ne mets plus le nez dans un endroit où la température passe en dessous de 25°.

Et il est breton !

Bon faut dire qu’à Disney, y’a eu un clash parce que même dans la plus rose de toute les vies, faut bien que ça pète un peu sinon on s’ennuierait.

Vers 18 heures, Rahan est parti faire un tour de manège à sensation avec les ados (vous savez, le genre de truc que vous ne savez plus où vous habitez quand vous en descendez et qu’il vaut mieux éviter de prendre après déjeuner si on a l’estomac fragile) tandis que je choisissais un petit voyage en bateau sur le Mississipi pour Timousse.

Une fois à terre, Rahan m’appelle « on est bloqués à cause de la parade, on ne peut pas vous rejoindre on se retrouve à l’entrée près du sapin »

Ok. Pas de souci. Je fais un peu la gueule parce que bon, je suis comme ça, mais pas de souci. On se faufile comme on peut tout en trainassant pour voir passer les chars et leurs personnages magnifiques. Au bout de 15 minutes, c’est comme si j’étais moi même montée dans la fusée qui vous propulse dans les airs, j’avais perdu tout sens de l’orientation. Déjà qu’il est quasi inexistant en temps normal, ce sens chez moi, imaginez dans une foule qui s’agite dans tous les sens avec la trouille au ventre de perdre son petit bonhomme.

-          Maman ! c’est par là qu’il faut passer pour retrouver le sapin

-          Mais non mon chéri ! fais confiance à maman, on va contourner le château il y a moins de monde par là.

-          Ben peut être mais là on se refroidit du sapin

On tombait vers -6°, l’a de l’humour mon fils des fois. Ca faisait ½ heure qu’on tournait sans que n’apparaisse la moindre cime de sapin (putain mais ils l’ont quand même décoré leur putain de sapin non ?) et la nuit tombait sérieusement, et je commençais à flipper sérieusement.

-          Et voilà ! z’en étais sur ! maintenant on est perdu !

-          Mais non mon chéri, on ne peut pas se perdre ici (sauf que je suis larguée, aucune idée de l’endroit où je me trouve)

-          Ah ben t’as peut être vécu la moitié de ta vie à Paris, mais là ze crois que tu nous as perdus maman !

Je ne sais pas ce qui m’a prit de dire à mon fils que j’avais vécu 20 ans à Paris, il me l’a ressorti à toutes les occasions ….

-          Moi ze te dis qu’il faut passer par là, il est par là le sapin.

-          T’es haut comme trois pommes, tu es perdu dans une foule de géants qui s’agitent dans tous les sens comment tu peux savoir où se trouve ce (putain de ) sapin ?????

-          Ben ze sais qu’il faut passer par là !

Je ne sais pas combien de temps nous avons tourné en rond mais le labyrinthe d’Alice à côté c’était de la gneugneute. Au bout de ce temps incertain, j’ai rappelé Rahan. Je vous préviens les coincés du grossier, quittez ce blog sur le champ si vous ne voulez pas être choqués.

-          Là ça y’est, je commence à en avoir plein le cul ! vous êtes dégueulasses de nous avoir laissés tomber !

-          Mais on ne vous a pas laissé tomber on est bloqué par la parade

-          J’y suis bien moi dans la foule de la parade avec TON fils et j’avance quand même !

-          Et bien nous on ne bouge pas on est aux pieds du sapin

-          MAIS JE LE TROUVE PAS CE PUTAIN DE SAPIN DE MERDE J’AI AUCUNE PUTAIN D’IDEE DE L’ENDROIT OU IL SE TROUVE CE PUTAIN DE SAPIN !

-          Ben il est à l’entrée

-          MAIS J’AI PAS UNE PUTAIN D’IDEE DE L’ENDROIT OU ELLE SE TROUVE CETTE PUTAIN D’ENTREE DE MERDE !

-          Ben t’as qu’à suivre la foule

-          MAIS ELLE VA DANS LES DEUX SENS CETTE PUTAIN DE FOULE !

-          ….

-          BORDEL !

-          ….

-          MERDE QUOI !

-          ….

-          Bon j’ai compris, je me démerde.

Une fois ma conversation terminée, j’ai regardé mon Timousse avec un air le plus rassurant possible.

-          Bon maman, si t’arrêtes de dire des gros mots attachés avec tous les mots, moi ze te montre où on doit aller pour retrouver le sapin que le pauvre, il n’y est pour rien si tu nous as perdus.

Et là, je me demandais si en disant le pauvre, Timousse parlait du sapin ou de son père …. Après moult hésitations j’ai cédé. Oui, j’ai cédé. J’ai dit à Timousse « allez vas-y, montre moi par où il faut passer » De toute façon, perdus pour perdus, il ne pouvait rien y avoir de pire. Et j’avais la ferme intention de me glisser dans une boutique tout en surmontant ma honte pour leur demander de m’indiquer le chemin qui pourrait me mener à leur (putain) de sortie.

En plus, il faisait nuit pour de bon et avec les illuminations dans tous les sens, mon sens de l’orientation était tombé sous la barre du zéro, comme la température extérieure.

Timousse s’est faufilé un peu partout et je l’ai suivi sans la moindre conviction, tout en me disant parfois que j’avais tout de même la désagréable sensation d’être déjà passé par là …

-          Ben oui, ze t’avais dit qu’on n’était pas dans le bon sens.

Et tout à coup, alors que je m’apprêtais à dire à Timousse que bon, ça suffisait ça, qu’on était en train d’aller vers le bout du bout du parc, qu’on avait plutôt intérêt à faire franchement demi-tour …. J’ai vu le sapin illuminé.

Je crois que nous n’avons jamais été aussi heureux de voir un sapin illuminé que ce soir là. Et Timousse, je ne sais pas comment il a fait mais il s’y est dirigé sans la moindre hésitation alors que son champ de vision s’étendait à 1 mètre au-dessus de sol ! devait y avoir des dessins sur le béton, je ne vois aucune autre explication. Je n’ai pas trop montré à Rahan que j’étais heureuse de les retrouver parce que j’avais (une putain d’) envie de continuer à faire la gueule.

Tout en virant les icebergs qui pendouillaient de son menton, Rahan a embrassé Timousse qui tout heureux lui hurlait « c’est moi qui ai retrouvé le chemin !!!! »

Boudeuse s’est glissée vers moi, inquiète.

-          Je ne sais pas ce que tu lui as dit, mais il était super en pétard papa !

-          Il était super en pétard ???? non mais j’hallucine ! vous nous avez a-ban-do-nnés pour aller faire votre putain d’attraction qu’à cause de ça on s’est perdu dans le parc et que du coup on a loupé les trois quart de la parade (que ça je vous jure, ça m’empêche encore de dormir de savoir que j’ai fait louper ça à Timousse, ça me rend malade d’y penser !) et c’est lui qui est en colère ?

-          Euh … on n’est quand même pas responsable si tu n’as aucun sens de l’orientation hein !

-          Ben justement ! sachant ça, fallait pas nous a-ban-do-nner ! Et en plus, je me tape la honte pour dix ans au moins que c’est un morveux de 7 ans qui a retrouvé …. Ce putain de sapin !

Alors faut bien que je trouve un responsable non ?

Et c’est donc le soir, dans le taxi, que Rahan a déposé son préavis de grève.

Musée, ciné, promenades au grand air, on ne l’a plus revu. Vraiment ces hommes, un rien les épuise ! Bon j’ai quand même réussi à le trainer au restaurant le soir pour retrouver Barbasucre et Mapping (Gilsoub manquant cruellement à l’appel). Et c’est justement après cette soirée là que j’ai avoué à mes deux amis que bon, j’aurais peut être des excuses à présenter à Rahan.

J’ai dit peut être ! faut encore que je réfléchisse.

Surtout à la façon dont je vais les formuler.

Posté par Kaliuccia à 17:31 - Morte de honte - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 novembre 2008

Tête de dinosaure

Je suis certaine que tête de dinosaure est vivante et qu’elle me déteste autant que je la déteste. Elle pue et elle est ultra moche. C’est vrai qu’elle plait drôlement à Timousse. Mais Timousse aime le changement. Bon, en même temps, elle a quatre portes, ce qui m’évite de me ruiner le dos à chaque fois que je transporte mes enfants.

Le premier soir, la bataille entre tête de dinosaure et moi a commencé. Je me gare, je coupe le contact, j’ouvre la portière et TIDUTIDUTIDUTIDU le truc méga ultra stressant que j’en ai re-claqué la portière prestement tout en interrogeant tête de dinosaure « quoi ? qu’est ce que t’as ? » Oui, je lui cause, je suis certaine qu’elle vit et que tout ce qu’elle fait, c’est pour m’emmerder. Et comme pour me narguer, tête de dinosaure a cessé son TIDUTIDUTIDUTIDU. Rassurée, j’ai ouvert la portière. TIDUTIDUTIDUTIDU Vlam ! je referme. Silence. Tout doucement, légèrement penchée en avant en pinçant les lèvres comme mon fils quand il s’apprête à faire une connerie, j’ouvre la portière TIDUTIDUTIDUTIDU ! Vlam !

Je commençais à croire que j’allais passer la nuit dans le ventre du dinosaure quand j’ai vu que j’avais laissé les feux allumés. J’ai tout éteint, j’ai rouvert la portière touuuuuuuuut doucement, m’apprêtant à la refermer … rien.

Ben MA voiture, elle au moins, elle m’engueule pas quand j’oublie de couper les feux. Puisque je ne risque pas d’oublier, elle les coupe toute seule ELLE ! oui, je sais, y’a certainement un réglage à faire et à ce sujet, Rahan a même sorti le fascicule de prise en main du véhicule, il est resté une journée sur mon siège et a terminé sa course dans la boite à gant. C’est dire que je m’en tape un peu.,

Vendredi matin, après avoir laissé Timousse à l’école, je suis repartie pour la réunion du bureau. Je n’avais pas fait 10 mètres que tête de dinosaure m’a à nouveau agressée TIDUTIDUTIDUTIDU ! Quoi encore ? ok j’ai les feux ok, mais là je roule merde alors ! TIDUTIDUTIDUTIDU eh oh, vous savez, c’est ultra dangereux ce truc hein ! non parce qu’on en oublie presque de s’intéresser au plus important : la route, pour essayer de voir d’où vient ce putain de TIDUTIDUTIDUTIDU.

Je me suis garée, j’ai enfin vu le voyant des portières et j’ai compris que Timousse avait certainement mal claqué la portière. J’ai tenté de la refermer sans quitter mon siège, le corps à moitié dans le vide, un pied posé sur la portière, un genou sur le volant et j’ai abandonné à deux doigt du torticolis. Passablement agacée, je me suis extirpée de dinosaure TIDUTIDUTIDUTIDU  à cause des feux allumés meeeeeeerde ! je fais le tour de la voiture et je devais avoir l’air d’une barge lorsque j’ai ouvert puis claqué toutes les portières une après l’autre, parce que le petit couple qui passait à pied à ce moment là a fait un léger écart …. Je rouvre la portière TIDUTIDUTIDUTIDU oui oui je sais, les feux. Et je redémarre parce que là, je vais vraiment être en retard. Tout en passant la première, je remets ma ceinture TIDUTIDUTIDUTIDU

TA GUEULE ! laisse moi le temps quoi !

Ben MA voiture, elle au moins, elle m’engueule pas quand je ferme mal une portière ou que je n’ai pas encore ma ceinture alors que j’ai passé la première, elle se contente d’un voyant.

Y’a pas, tête de dinosaure me stresse.

Sur le tableau qui indique en clignotant que nous sommes aujourd’hui le 17 janvier 2007 et qu’il est 20h15 à 8h00 du matin (que si vous croyez que je vais me prendre la tête à régler la date et l’heure alors qu’ils n’ont pas été fichus de le faire quand j’ai loué la voiture) sur le tableau donc, une information silencieuse mais toute aussi stressante que le TIDUTIDUTIDUTIDU s’affiche.

La consommation au 100. Alors oui, sus aux mauvaises langues, je regarde la route quand je conduis. Mais si j’ai réussi à ne plus laisser mon regard être attiré par la mauvaise date clignotante, je ne peux pas m’empêcher de jeter un œil sur les chiffres qui changent dès qu’on passe une vitesse et c’est méga stressant ! Oh la vache ! là je suis en train de consommer du 68 l au 100 ! wha ! 89 l au 100 ! ah ben là 0 l au 100 si je suis à l’arrêt. MENTEUSE !

Mais le pire du pire, ça m’est tout de même arrivé en ville, alors qu’une nouvelle lubie m’a prise tout d’un coup, il fallait absolument que je m’assure que la fermeture des portes s’opérait bien dès que j’avais dépassé le 10km/h. En tout cas, MA voiture, elle le fait elle, et ça me rassure. Oui, je sais, y’a pas de vol à l’arraché dans notre petite ville mais … qui_ sait. Le jour où ça arrivera, l’autre il aura l’air bien con à s’énerver sur une portière pour tenter de l’ouvrir. La musique était tellement forte (au moins un truc qui fonctionne comme j’aime) que je n’ai pas entendu de clac m’annonçant la fermeture automatique des portes. A l’arrêt au feu rouge le plus long de toute la ville, j’ai commencé à bidouiller les boutons situés au volant. Y’en a un paquet. A un moment, un voyant s’est enfin allumé sur mon tableau de bord. Il représentait un truc que je ne sais toujours pas ce qu’il représente tant il est mal dessiné (en même temps tête de dinosaure est tellement moche que ça m’étonne pas vraiment) et au-dessus de ce dessin super mal fait, le mot « off » puis le chiffre 33. A force de pianoter sur les boutons, je trouve enfin comment activer le « on » y’a pas, je suis trop forte !

Le feu passe au vert, je passe la première toute contente de moi tout en coupant le son afin de pouvoir entendre le clac m’annonçant la fermeture automatique des portes. Je passe la seconde en accélérant franchement pour me rabattre sur la file de gauche et l’espèce de dinosaure s’étouffe.

C’est quoi ce délire encore ? J’appuie comme une malade sur l’accélérateur … me suis pas plantée de pédale au moins ? non non, c’est bien l’accélérateur, mais ce débile de dinosaure plafonne à … 33km/h. Me dit quelque chose ce chiffre … bah, pas le temps de m’appesantir sur la question, faut absolument que dinosaure se décide à avancer, j’ai l’air complètement abrutie de rouler à … à combien ? à 30 km/h et des brouettes pied au plancher. Et là, un éclair de lucidité traverse mon éprit blond … sur quel bouton est ce que j’ai appuyé avant que tête de dinosaure plafonne à 33 ? Celui là ! Et vraaaaaaaaaaam ! tête de dinosaure est repartie toute seule. Elle veut ma mort ! Parce que tête de dinosaure, elle m’a pas hurlé son TIDUTIDUTIDUTIDU quand j’ai fait la connerie hein ! je vous le dis moi, elle me déteste au moins autant que je la déteste !

J’aurais pu emboutir la voiture qui était devant moi. Quoi à la vitesse que je roulais, aucun risque qu’une voiture se trouve juste devant moi ? ben ça aurait pu !

Messieurs les constructeurs, vous êtes des assassins en puissance ! c’est de la connerie ce truc de régulateur de vitesse ! particulièrement si je conduis la voiture.

En même temps, foutez vous bien de moi, moi j’en connais un qui a du demander l’aide du pompiste pour trouver comment ouvrir la portière du réservoir d’essence de sa toute nouvelle voiture,  que le pompiste a bien du s’interroger sur l’appartenance du véhicule hein ...

En même temps, je n’ai pas encore fait le plein.

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20 novembre 2008

Ma première loc

Hier, c’est exactement au moment où je n’étais pas en état d’avoir une nouvelle gamberge à mettre au point que mon portable a sonné.

C’était le garage qui me prévenait que je pouvais déposer ma voiture dès demain (donc ce matin) ils avaient reçu les pièces, ils allaient la réparer.

En d’autres temps, j’aurais été soulagée et j’aurais poussé un enfin ! d’aise. Mais là, tout ce à quoi j’ai pensé c’est  oh putain ! manquait plus que ça.

Oui parce que j’en étais arrivé à un état de gamberge assez élevé pour un tout autre sujet, à savoir comment j’allais me dépatouiller pour la grève de demain (donc d’aujourd’hui). A savoir faire un choix entre mes convictions intimes et mes obligations. Sachez que j’ai opté pour le second choix, la mort dans l’âme et que mes convictions sont allées se ranger dans la même case que mes principes d’avant mes enfants. Et je culpabilise assez comme ça, évitez d’en rajouter une couche. (Même Tonga Soa s’est contentée d’un « oh non ! t’as pas fait ça ! » c’est vous dire combien je peux faire pitié !)

Donc au moment où, après deux jours de gamberge, j’avais pris la grave décision d’aller travailler avec Timousse dans mes jambes (et je peux vous dire que connaissant Timousse, cette décision relevait du suicide professionnel), le garage m’appelle pour me dire que je pouvais déposer ma voiture dès le lendemain.

La chose aurait pu être simple, me direz vous, puisque j’ai un véhicule de prêt en échange.

Mais s’il y a une chose qui caractérise ma vie, c’est que même les choses les plus simples peuvent être ultra compliquées. Parce qu’en fait, si j’ai droit à un véhicule de remplacement, ce n’est pas le garage qui me la prête, c’eut été trop simple. D’autant que j’ai, entre autre, choisi ce garage parce qu’il propose des véhicules de prêt. Mais mon assurance m’a dit que nenni, il n’y a aucune raison que pour une fois les choses se fassent simplement, si je veux un autre véhicule, je dois le louer. A leur frais bien entendu. Manquerait plus que ça merde alors !

J’ai reçu le coup de fil entre deux rendez-vous pour Timousse, ceux qui suivent se souviendront que le premier rendez-vous se terminait à 11h15 et que le second débutait à 11h00 …. J’sais pas, doit y avoir une sorte de nuage noir qui se ballade sur ma tête, comme dans les BD…

J’ai donc appelé l’assurance qui m’a renvoyé à un numéro ultra chèrement payant pour monter par téléphone un dossier qui me permettrait de louer un véhicule.

Le type de procédure que j’adore. Avec une voie robotisée qui me demande d’utiliser la touche étoile de mon téléphone (elle est où ?), puis la dièse, puis je fais le 1 pour dire que ça concerne mon assurance automobile, le 5 pour dire que c’est un accident, le 3 pour dire que je n’y suis pour rien, le 4 pour dire qu’il n’y a pas de blessés, puis mon numéro de sociétaire avec la touche étoile où elle est déjà cette putain de touche !!!!!! et encore un ballet de 1 de 2 ou de 3 jusqu’à ce que j’ai enfin … un disque qui me demande de patienter. Au bout d’un temps plus incertain que défini, j’ai eu une adorable personne qui m’a retenue encore un bon quart d’heure pour monter le dossier de location.

Bien. Donc, ce matin, je devais laisser ma voiture entre les mains du tôlier du coin et ensuite me rendre à l’aéroport pour louer une voiture. Oui parce que nous avons des loueurs de voiture en ville hein, croyez pas, mais non. C’est  à l’aéroport que je dois aller. J’ai donc écarté l’éventualité d’aller travailler avec mon fils. Je me suis décidée, la mort dans l’âme : j’ai laissé mon fils à la garderie.

Et comme si ma culpabilité n’était pas assez forte … ils étaient trois.

J’ai appelé à l’aide la seule personne qui dans mon entourage accepterait de se lever tôt le matin pour m’accompagner à l’aéroport. Tonga Soa a d’ailleurs tellement eu pitié de moi (ou bien était-ce la curiosité ? peut être un peu des deux ….) qu’elle a tenu à venir avec moi chez le loueur.

La dame m’a assez vite remis une pochette et les clefs de ma nouvelle voiture, 20 km au compteur…. Moi qui n’ai jamais conduis que des voitures d’occasions  … La dame m’a donné le code pour sortir du parking et le numéro d’immatriculation. Et nous voici larguée, Tonga Soa et moi, dans un immense parking plein de voitures de locations à chercher le bon numéro, alors que je ne sais même pas à quoi ressemble une 207. Dans un premier temps, nous nous sommes partagé le boulot, elle pour la file de droite, moi pour la file de gauche. Mais comme Tonga Soa est un peu moins blonde que moi, elle a vite compris que le parking regroupait toutes les boites de locations. Nous avons donc terminé notre recherche ensemble, quand tout à coup je me suis retrouvée nez à nez avec elle. La 207. Et en plus, elle est moche avec ses gros yeux saillants.

Telle une poule qui voit son poussin derrière un grillage, je me suis énervée sur un petit bouton situé sur la clef de la voiture, pour tenter en vain de faire fonctionner l’ouverture centralisée. Fort heureusement, Tonga Soa la zorotte m’a expliqué que ce petit bouton servait à replier la clef dans son boitier, que le bouton d’ouverture centralisée, c’était ce gros truc noir, juste là ! Et c’est elle qui est jeune conductrice hein ! Et en plus la clef est ultra moche.

Pourriez vous imaginer deux gamines de quinze ans empruntant le véhicule de maman/papa pour aller en douce en boite le samedi soir ? c’est bon ? vous visionnez ? ben voilà, c’était nous.

Sauf que moi, je flippais. Parce que moi, je n’aime pas changer de voiture. En plus d’être moche, elle pue. Ben oui, le neuf ça pue. C’est bien pour ça que nous nous sommes hâtées d’allumer une cigarette chacune … on laisse ses marques comme on peut.

La dame nous avait certainement expliqué comment quitter le parking pour arriver à la barrière et composer le code mais aucune de nous ne s’en souvenait. A la demande expresse de Tonga Soa, j’ai emprunté une petite route étrange toute de terre revêtue, tout en lui hurlant que si à cause d’elle je me retrouvais à devoir faire demi tour là-dessus, elle m’entendrait.

Je n’ai pas eu à faire demi-tour. Mais bien entendu, ce n’était pas la route de la sortie. A la place d’une barrière avec un code à composer, il y avait des blocs rouges et blancs de travaux.

-          Là ! me hurle Tonga Soa, tourne là ! tu as la place pour passer entre les deux blocs !

D’ordinaire, je suis multi tâche. Mais là je peux vous dire que la prise de connaissance de ce nouveau véhicule moche et qui pue le neuf a utilisé l’intégralité de mes neurones blondesques, j’ai donc tourné là.

Comme une seule femme, une fois que je me suis engagée sur la route, nous avons hurlé

-          Tu Je es suis à contre sens !!!!!!!!!!!!!!!

Ben oui. Trois voies à sens unique mènent à l’aéroport, mais nous nous sommes retrouvées dans le mauvais sens sur cette voie.

Là, je vous vois venir. Vous allez vous dire que Kali, elle est trop forte, elle a donné vite vite un coup de volant pour se retrouver dans le bon sens n’est ce pas  ?

Tain mais vous suivez pas hein ! je viens de dire que la multi tâches que je suis occupait toutes ses neurones blondesques à faire connaissance avec sa voiture moche qui pue ! Vous ne croyez tout de même pas que j’étais en plus en état de réfléchir !

Donc, je me suis engagée à contre sens sur cette triple voie. Je précise, avant de recevoir des mails d’insultes sur mon manque de respect d’autrui, ou mon comportement pas très adulte ou encore un éventuel abus de pouvoir de conductrice en folie, je précise que et d’une, des camions bouchaient la voie sur laquelle j’étais (puisque le parking est en travaux) et de deux j’ai bien regardé avant pour m’assurer qu’aucune voiture n’arrivait en face (avec Tonga Soa qui me criait de vérifier) et de trois j’ai même tenté de passer entre deux camions quand je ne sais pour quelle raison Tonga Soa a hurlé (tu dois être aphone à l’heure qu’il est) NOOOOOOOOOOOOOON NE PASSE PAS PAR LA !!!!

Au passage, je n’ai toujours pas compris pourquoi je ne pouvais pas passer par là donc si tu pouvais m’expliquer ….

Je pense qu’on nous a vues. Pire que tout, le compagnon d’une copine bossait justement sur place et je pense qu’il nous a vues. Tain, si on avait encore une réputation à défendre, on est foutues. Surtout moi ! M’enfin bon, j’accuserais Tonga Soa.

J’ai roulé pendant quelques mètres en sens inverse et nous avons parcouru ces quelques mètres …. En hurlant.. Non seulement je me tape la honte devant le compagnon d’une copine, manquerait plus que j’ai un accident dix minutes après avoir pris la voiture de location !

Telle que vous me lisez là, je suis toujours vivante et Tonga Soa est arrivée en un seul morceau à sa propre voiture. J’ai garé ma voiture moche qui pue devant mon bureau et je n’ai pas bougé depuis. On verra ce soir. Je ne sais même pas où sont les feux de position.

Qui vient avec moi le jour où je dois rendre la voiture au loueur ?

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27 octobre 2008

Fable réelle

Vendredi dernier soit une semaine avant l’heure, Timousse était invité à une soirée halloween.

Deux mois qu’il me tanne avec cette soirée : avant même qu’ils ne la décident mon fils m’en parlait.

Faut dire que l’an dernier, il s’est totalement éclaté à la soirée en question, organisée par le même club. Faut dire aussi que moi je m’y étais profondément et copieusement … emmerdée. Ceci s’expliquant par le fait que je n’y connaissais personne. De plus, j’y étais arrivée en vêtements de ville alors que 9/10ème des adultes sur place arboraient d’horribles costumes parfaitement appropriés. Me faire remarquer dans ces conditions … tout ce que j’aime quoi !

Vendredi dernier, je rentre donc du boulot en catastrophe, tout le monde se déguise et se maquille en deux temps trois mouvements. Tout le monde oui, j’ai même réussi à y traîner ma fille

En même temps, si Boudeuse s’est décidée à venir déguisée (en gothique) ce n’est pas uniquement parce que son petit frère s’est mis à genoux devant elle, mains jointes pour la supplier. C’est surtout parce que j’ai proposé à scooter bout de ponton de se joindre à nous. Je ne suis pas QUE con !

Tout le monde était déguisé, oui, sauf Rahan qui s’est lâchement contenté de faire le taxi sous prétexte qu’il est trop vieux pour ces conneries là. Y’a des films, je devrais interdire à Rahan de les visionner moi …

Enfin bon. J’étais donc déguisée moi aussi. En un espèce de machin truc avec des araignées dorées, et maquillée de toiles dégoulinantes beurk !

Mais il faut dire que Timousse m’a aussi suppliée de me plier au jeu, s’il-te-plait-maman-que-j’aime-et-que-j’adore-viens-déguisée-tu-vas-être-trop-belle-en-plus-tous-les-parents-vont-venir-déguisés-mes-copains-me-l’ont-dit- s’il-te-plait-maman-que-j’aime-et-que-j’adore-viens-déguisée-tu-vas-être-trop-belle !

Sur que quand on me prend par les sentiments …

J’ai refusé de me rendre à la fête à pieds. Passe encore le jour J d’Halloween (tain qu’il est chiant à taper ce mot !), si en plus je peux porter un masque pour me planquer … mais là non ! Pour ça que Rahan a fait le taxi.

Nous arrivons et la fête battait son plein. Super sono, d’horribles gamins déguisés en trucs immondes à l’extérieur. Très afférée à trainer difficilement Boudeuse gothique et scooter bout de ponton (qui lui était déguisé en scooter bout de ponton) j’ai très vite perdu de vue Timousse-squelette.

Les amoureux ont profité d’un moments d’égarement de ma part pour s’enfuir dans la pénombre de la cour. Totalement seule face à l’adversité, j’ai décidé de faire mine d’être occupée à remettre la main sur mon garnement histoire de me donner une toute relative contenance en pénétrant dans les lieux festifs.

Beaucoup avaient répondu présents à l’invitation. Bien me dis-je, je passerais plus facilement inaperçue vu que même au bout d’un an, je ne connais que peu de monde.

D’un côté, j’ai fait de l’effet, ce qui fait que je n’ai pas eu une minute pour m’emmerder à cette divine soirée : bien trop employée que j’étais à combattre mes pulsions de fuite ou à grimacer sous les flashs de paparazzis en rut. Au sens figuré hein ! J’avais assez de problèmes à résoudre comme ça.

Parce que bien entendu, 9/10ème des personnes adultes sur place … n’étaient pas déguisés.

J’ai juré, mais un peu tard, qu’on ne m’y reprendrait plus ...

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24 octobre 2008

Note de rappel

Leçon de conduite (Note du 23/03/06 rien que pour montrer à Père Aimé que je SAIS CONDUIRE !)

Ce matin, j’ai fait ultra fort.

J’arrivais presque à mon boulot, via la nationale, et je ralentissais au niveau du dernier rond point.

Ne me demandez pas pourquoi, mais c’est justement à ce moment la que je me suis dit que mon siège semblait trop avancé sur le volant.

Donc, j’actionne la manette située sous le siège.

Sauf que je suis en train de freiner au même moment. Du coup, merci l’effet attraction, mon siège avance totalement, me plaquant contre le volant dont je voulais m’éloigner.

Je pousse un ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ! Et je cale.

Comme il y a une voiture juste derrière et que je me dis qu’il ne trouvera pas rigolo, son conducteur, que je m’amuse à régler mon siège avant de repartir,  je redémarre aussitôt et entreprend de faire le tour de ce maudit rond point.

Je suis ridicule. Totalement coincée entre le volant et le siège, aussi droite que je le peux, mes coudes pratiquement à l’horizontale de part et d’autre du volant.

Les pédales sont beaucoup trop proches, ma pression en devient trop forte, j’ai le nez pratiquement sur le pare brise … nan ! ça va pas le faire, vont me faire interner les flics, s’ils me voient comme ça.

En plus, on dirait que ma voiture a le hoquet. Elle fait un bond en avant, stop net, un bon en avant  ….

Et c’est en plein milieu du rond point que je me décide à manipuler à nouveau mon siège. Je ne suis pas en train de freiner, ça devrait aller, je suis même en train d’accélérer.

Ben le résultat est catastrophique. De la main gauche, je tourne le volant, de la main droite, j’actionne la manette, et merci à nouveau l’effet attraction. Comme je suis en train d’accélérer (je roule AU MOINS à 20km/h), et que j’appuie un peu trop fort sur mes jambes, mon siège est propulsé en arrière, au maximum VLAM ! Sous l’effet de surprise, je pousse un ohhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !

Ben j’ai l’air encore plus ridicule, les bras tendus pour garder le volant en main, et mes courtes jambes battant le vide. Et tandis que je termine ma rotation sur le rond point, je m’allonge presque sur le siège pour que mes pieds atteignent enfin les pédales. Et j’arrive à donner un coup de clignotant, à freiner en me garant sur le bas côté.

Le type derrière moi, il s’arrête aussi. Et tandis que je me bagarre avec cette bachibouzoukette de manette pour rétablir la situation, il arrive au niveau de ma portière et cogne à la vitre.

C’est tout mon corps qui s’électrise de peur, je fais un bond sur place et me mange le rétro intérieur. Et je cale. Voumf fait ma voiture dans un dernier tressautement.

J’ouvre ma portière. Le monsieur, il a l’air d’avoir du mal à garder son sérieux. Il arrive quand même à me demander si je vais bien.

Parce que m’explique-t-il, « j’étais derrière vous quand vous avez calé, et je vous ai vu grandir tellement sur votre siège, que j’ai cru que vous alliez passer par le toit ouvrant. Je vous ai vu manœuvrer sur le rond point de manière disons .. peu orthodoxe. Et tout ça coup, vous avez disparu !  plus personne sur le siège !!!! »

Ah ! ah ! ah ! rigole tant que tu peux !

Je regarde le monsieur un peu mieux …. Et je vois un uniforme … meeeeeeeeeeeeeeeeeeeerde ! c’est bien ma chance ça !

J’ai une conduite exemplaire, euh …. En temps normal… je respecte toujours les limitations de vitesse, les feux, les lignes continues qui sont considérées comme un mur infranchissable, le port de la ceinture, un petit clic valant mieux qu’un grand choc, les stop et cédez le passage, et vla ty pas que le jour où je fais mumuse avec mon siège, il faut qu’un gendarme roule juste derrière moi dans une voiture banalisée !

« J’ai eu un petit soucis avec mon siège, il n’était pas bloqué. » Non mais oh ! vous ne croyez quand même pas que je vais lui dire ce qui m’est VRAIMENT arrivé ????

Pour faire bonne figure, je souris timidement.

Il donne deux petites tapes sur le toit de ma voiture « allez, circulez. A l’avenir, attendez d’être à l’arrêt pour régler votre siège. »

Un regard dans le rétro, et je vois le bonhomme repartir vers son véhicule. Ses épaules tressautent. Je le soupçonne de se payer une bonne rigolade à mes dépends.

Alors ??? hum ??? qui aurait pu réussir cet exploit hum ?

Posté par Kaliuccia à 18:15 - Morte de honte - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 octobre 2008

Pourquoi ça n'arrive qu'à moi ?

Je voudrais que quelqu’un m’explique pourquoi les concepteurs de garages sous-terrain s’obstinent à nous concocter des places minusculissimes pour garer nos voitures. Parce que même nos minuscullissimes voitures (à moins d’être un pot de yaourt) y rentrent tout juste. Et encore, quand on manipule bien le braquage de volant. Vu qu’il n’y a que la place nécessaire à un pot de yaourt pour manœuvrer entre les places minuscullissimes.

Moi, j’ai l’hybride en miniature entre le 4x4 et le pot de yaourt. La voiture de ville quoi. Et bien souvent, je me retrouve coincée entre deux énormes 4x4, dont il faudra qu’un jour on m’explique l’utilité en ville.

Et j’adore plus que tout au monde, mais alors j’adore retrouver ma voiture coincée entre deux 4x4 dans un parking sous-terrain.

Du coup, j’évite de choisir la place du centre. Parce que faut savoir que dans notre unique parking sous-terrain de la ville, les places sont par trois. Un poteau en béton, trois places à pot de yaourt, un poteau en béton. Alors au choix, on se colle contre la voiture voisine ou contre le poteau.

Etant donné que le poteau ne risquera pas de nous arracher tout le côté de la voiture en se barrant (vu qu’il ne bouge pas, lui) on choisi tant que faire ce peut de se coller au poteau. Mais si possible avec le poteau sur notre droite. Vu qu’après, je vous mets au défit d’ouvrir votre portière avec un poteau-monstrueusement-moche-en-béton-et-énorme, juste à son niveau.

Ben oui, ils ont collé des poteaux juste au niveau des portières, sinon ce serait moins rigolo.

Vous en conviendrez, j’ai déjà trois fois moins de chance de trouver une place.

Mais bon, admettons que comme ce matin, j’arrive à en trouver une. Bien collée contre le poteau sur ma droite, une voiture comme la mienne sur ma gauche. Juste la place qu’il faut pour sortir.

Au retour, tout se complique. Et c’est justement ce matin que je me suis posé une question existentielle : Messieurs-dames concepteurs (désolée les filles, le masculin l’emporte)de parking sous-terrain, êtes vous en train de préparer une nouvelle émission téléréalité ? Que le gagnant sera celui qui aura réussi à retrouver sa voiture et la sortie en moins de x minutes. Même pas besoin de rajouter des pièges, ils y sont déjà naturellement les pièges.

Non parce que déjà, au retour, faut se rappeler du sous-sol, du côté du sous-sol, et du numéro de la place. J’ai bien essayé un jour de noter tout ça sur le tickets du parking, mais comme j’ai oublié le ticket du parking dans ma voiture …. Un fois la voiture retrouvée, (que le mec qui mate sur les écrans de contrôle de son bureau les paumés qui cherchent désespérément leur véhicule, il doit bien se bidonner LUI !) il suffit d’avoir quelques mèches blondes pour se rappeler à ce moment là qu’il fallait payer le parking AVANT de retrouver son véhicule.

Et hop, demi tour à droite, me voici à la recherche de l’unique banque de paiement se trouvant à l’entrée principale du parking sous-terrain. Et comme j’ai vraiment beaucoup de mèches, un fois que j’ai enfin trouvé la banque de paiement, je dois à nouveau me souvenir de l’endroit où j’ai garé ma voiture …

Et lorsque pour la seconde fois, je retrouve ma voiture bien aimée …. V’là t’y pas qu’un énooooooooorme 4X4 s’est collé à MA minusculissime voiture. Et là, j’ai vécu un grand moment de solitude en passant par le coffre et en pensant à l’autre abruti, derrière son écran de contrôle, qui devait préparer son DVD pour vidéo gag.

Mais bon, mon calvaire est terminé, pense-je naïvement, me voici enfin derrière mon volant, je n’ai plus qu’à trouver la sortie.

Expliquez moi un truc comme ça, là, au passage, juste pour voir. Pourquoi est ce qu’il est si facile d’entrer dans vos parking et si difficile d’en sortir ??????

C’est plus des parkings sous-terrain qu’ils nous pondent là, ce sont des labyrinthes !

Et le balai commence. Comme une naufragée, je m’accroche au panneau « sortie de véhicules ». Virage à droite, crissement des pneus criiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! descente d’un niveau, clang clang. Virage à gauche, crissement des pneus criiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! montée d’un niveau clang clang.

Quelques criiiiiiiiiiii et clang clang plus tard, mes yeux affolés fouillent l’immensité du parking sous-terrain … et je dois bien me rendre à l’évidence : plus un seul panneau « sortie de véhicule »

J’sais pas, doit y avoir un petit rigolo qui me poursuit, qui s’amuse à voler les horodateurs sur les parking à l’air libre et les panneau « sortie de véhicules » dans les parking sous-terrain.

Plusieurs criiiiiiiiiiiiiiiiiii et clang clang plus tard et après avoir eu la désagréable sensation à de nombreuses reprises d’être « déjà passée par là » je me retrouve à nouveau dans l’espace intersidérale démuni de panneau « sortie de véhicule ».

Enfin pas tout à fait démuni. Le panneau y est bien. Suffit de le chercher. Posé contre le mur, à demi explosé. Et c’est par déduction, à savoir en levant les yeux un peu plus haut et en apercevant que ce qui servait autrefois à tenir le panneau pendouillait dans le vide, que j’ai ENFIN trouvé la sortie.

Je glisse mon ticket dans l’immonde machine et j’attend.

Beeeeeeeug !

Quoi Beeeeeeeug ? Oh ben merde alors ! mon ticket est ressorti ! Je glisse à nouveau mon ticket dans l’immonde machine, et j’attend. Beeeeeeeeug !

Deux ou trois Beeeeeeeeug plus tard et au moins aussi exaspérée que le malade derrière moi qui croit qu’en s’excitant sur son klaxon cette conne de machine va arrêter de gueuler son beeeeeeeeug et se décider enfin à accepter mon ticket, j’appuie sur le petit bouton juste en dessous pour appeler à l’aide.

-          Cric cric cric oui ?

-          Bonjour Monsieur, j’ai un problème avec mon ticket, la machine n’en veut pas

-          Cric cric cric Avez-vous bien payé avant ?

-          (il me prend pour une blonde lui ?) bien sur que j’ai payé ! mais je vais vous dire, si jamais votre (putain) de machine n’accepte pas mon ticket sous prétexte que j’ai mis trois plombes à trouver votre (putain) de sorite parce que figurez vous que le dernier panneau « sortie de véhicules » il s’est cassé la gueule, si jamais c’est à cause de ça, je vais ….

-          Cric cric cric Avez vous glissé le ticket dans le bon sens ?

-          (non mais il joue avec sa vie lui là hein ! quel bon sens ?) Le bon sens ? pourquoi y’a un sens ?

-          Cric cric cric Oui Madame, il y a un dessin juste sous la fente qui vous montre le sens dans lequel vous devez glisser votre ticket

-          Ah ? ah oui. Ah ben non. Ah ben merci Monsieur

Et hop ! la chevillette cherra. Et moi, je ne retournerais plus JAMAIS dans ce parking.

Posté par Kaliuccia à 16:33 - Morte de honte - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 octobre 2008

Oui et alors ?

Dans ma jolie ville les pieds dans l’eau, c’est le ….. bordel !

Deux ans qu’ils font des travaux et que ça chamboule toutes nos petites habitudes, deux ans que les habitants râlent parce que

-          Ca fait du bruit

-          Ca fait de la poussière

-          On ne voit même pas le résultat.

Ben oui. Vu qu’ils refont tous les réseaux arrivée et évacuation des eaux, vu que le tout se passe sous terre, ben ils passent leur temps à éventrer le seul et unique cours de la ville, à y faire leurs petites affaires, à refermer les trous et hop ni vu ni connu. Du coup tout le monde est frustré. C’est quand même assez ingrat pour les gens qui bossent puisqu’on ne peut même pas admirer leur boulot. Et c’est assez frustrant pour les résidents et usagers du cours parce qu’ils ont mille emmerdes pour voir au final le même paysage.

Sauf une petite montée, ils ont tout pavé ça fait joli. Et ils l’ont rendue piétonne, c’est sympa. Sauf que bon, ça servait pas mal de parking cette petite montée, et justement les parking, c’est ce qui manque cruellement chez nous.

On a de plus en plus de véhicules et de moins en moins de places pour les garer. Alors moi j’aime bien les beaux discours comme roulez en vélo toussa …. Viens rouler en vélo en Corse mon coco, tu vas comprendre très vite. Ou bien prenez les transports en commun toussa …. Y’a pas de transports en commun. Le bus, c’est toutes les heures et je n’ai même pas d’arrêt de bus à proximité de mon boulot. Et le train … ah ah ! le train … Nous aussi, nous avons le TGV, mais ce sont plutôt les initiales du Train Grande Vibration. 4 heures MINIMUM à vibrer pour faire 150  km. Ouaich, je déconne même pas. Et donc voilà, moi l’écolo à fond dans l’âme, ben ça me fait mal au ventre de voir ça. Du coup chez nous, on prend la voiture. Et si on est quatre dans la famille à être en âge de conduire et de bosser, ben la plupart du temps on a quatre voitures. Sauf que la ville n’est pas du tout équipée pour ça.

Donc en ce moment, c’est le bordel. Avec un grand B. Parce qu’avec les travaux (qui sont loin d’être terminés) on a des places de parking qui ont sauté, on a des artères qui sont fermées. Les embouteillages qu’on commence à avoir, c’est impressionnant.

Ils construisent en parallèle de plus en plus de parking. Payant. Donc travaux, donc bordel pour circuler. Et le peu d’espace piétons / vélos / trottinettes / rollers qu’on avait ont disparus comme ça pfiut ! tout ça pour le règne de la voiture. Et pour que des groupes se fassent du fric sur notre pomme un peu plus chaque jour.

Et le peu de parking « sauvages » et surtout gratuits que nous avions à la sortie de la ville (où je suis donc) et bien ils deviennent eux aussi payant. A l’entrée des parking, ils posent des barrières et des pancartes qui disent « ici la ville travaille pour votre bien être ». Ouaich. Ca me laisse rêveuse. Ca grignote du terrain petit à petit. Et plus ça va, plus les gens qui bossent en ville viennent se garer chez nous. Parce que les rares places de la ville sont toute payantes, en travaux, ou inaccessibles pour cause de travaux.

Et comme on adooooooooooore faire les choses bien par chez nous, on a EN PLUS le tour de Corse. Ouaich. Deux jours qu’ils sont installés pour faire les essais, et depuis ce matin ça chauffe sec. Ils leur réserve les seuls parking payant pas en travaux et accessibles malgré les travaux. Et en plus, ils leur réserve une voie pour qu’ils quittent la ville et aillent faire leur course en montagne. Et ce même si il y a une voie unique. Du coup, vous ne sortez plus  ni ne rentrez d’ailleurs.

J’ose même pas rentrer chez moi.

Alors le mieux quand même, c’est que ça devient tellement le bazar qu’on s’y perd. L’hiver dernier, j’ai eu la première prune de ma vie de conductrice parce que j’étais garée sur des places payantes et que je croyais naïvement que personne ne passerait vérifier si j’avais bien glissé mon petit ticket sous le pare brise. Depuis je peux vous dire qu’à chaque fois que je peux me garer à cet endroit, je fonce à l’horodateur et j’offre gracieusement 1€ à la ville.

Lundi dernier, le fameux jour du dentiste où j’ai lâchement planté le dentiste, j’ai miraculeusement trouvé une place à cet endroit là. Je me lance dans un magistral créneau que je réussis, je cherche ma tite pièce d’1 €, je m’extirpe de mon véhicule, et je me dirige vers  l’horodateur.

Que je n’ai jamais trouvé. Quatre fois j’ai refait le chemin de ma voiture jusqu’au poteau où devait se trouver l’horodateur, voire même jusqu’au poteau suivant, en vain. On aurait dit une poule qui voyait son poussin derrière un grillage !

J’aperçois un horodateur sur le trottoir d’en face et je me dis que merde ils déconnent quand même là, merde quoi ! c’est super dangereux de traverser à cet endroit là, surtout que je devrais retraverser pour coller mon ticket sous le pare-brise et re-re traverser pour aller chez le dentiste (chez qui, comme chacun sait, je ne suis jamais allée …)

Toujours très poule dans l’âme, je me retape un aller retour de ma voiture à l’emplacement où devrait se trouver ce putain d’horodateur que je vais finir par prendre les lieux en photo moi, parce que si jamais je me mange un PV à cause d’un con qui n’a rien trouvé de plus rigolo que de piquer un horodateur, je m’en vais leur envoyer la preuve par l’image qu’il y a bien un poteau sur lequel il y a noté « horodateur » avec une flèche vers le bas SAUF QUE SOUS LA FLECHE Y’A PLUS D’HORODATEUR BORDEL !

Résignée, je me dis qu’il va falloir que je mette ma vie en danger en traversant trois fois la route que si jamais il m’arrive quelque chose je vous jure que je porte plainte contre la ville qui n’est même pas foutue de se rendre compte qu’on lui a piqué un horodateur, vu que la ville est bien trop occupée à faire des travaux et des trous tous les 10 mètres !

Et c’est tout en ronchonnant que je lève les yeux et aperçois à … allez, 2 mètres de ma voiture, un panneau tout nouveau tout neuf qui nous prévient gentiment que les places de ce côté de la route sont gratuites.

Ouais ? Et alors ? Y’a pas de quoi avoir honte hein ! y’en a qui font pire que moi dans la vie. Y’en a qui vous expliquent pendant une heure qu’une croissance, elle peut être négative. Alors hein !

Posté par Kaliuccia à 17:02 - Morte de honte - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 octobre 2008

Vous croyez aux signes ?

Ce matin j’ai fait un truc … tain j’ai honte tellement c’est tout petit, ce que j’ai fait et j’ai honte tellement je suis une grande lâche devant l’éternel.

Je déteste le dentiste. Z’allez me dire que peu de monde aime aller se faire torturer chez le dentiste, mais je vous répondrais que peu de monde déteste autant que moi le dentiste.

Tellement j’ai mal avant pendant après.

Et j’ai tellement souffert et je souffre encore tellement que quand je me décide enfin à aller le voir, je suis rampante, suppliante, j’ai atteints le point de non retour, le déjà trop tard le fallait-venir-avant-ma-petite-dame-maintenant-on-dévitalise (ou pire, on arrache). D’ailleurs, si je pouvais tenir le con qui a inventé les dents, j’aurais deux trois petits trucs à lui dire.

Ca fait quelques semaines que j’ai repris mon courage à deux mains et que je suis retournée voir mon bourreau. L’a du boulot. Chaque lundi matin, je lui rappelle combien je le déteste. Chaque lundi matin, pour pouvoir m’anesthésier, il doit d’abord anesthésier ma gencive. Et il y a des lundi matin où l’anesthésie ne fonctionne pas, je vous passe les détails ne serait-ce que pour me ménager.

Ce matin, j’avais une tonne de choses à faire. Etant donné que j’ai eu la grande intelligence de me présenter à nouveau comme délégué parent d’élève auprès des établissements de Timousse et de Boudeuse (je dois penser que je n’ai pas un emploi du temps assez chargé comme ça …), j’ai du déposer les documents pour les votes à l’école de Timousse.

Ensuite, le programme était d’aller à ma séance de torture, d’aller au lycée de Boudeuse pour déposer le deuxième dossier volumineux, d’assister à la réunion hebdomadaire du boulot. J’étais en train de me demander comment j’allais m’en sortir pour discuter avec le CPE et intervenir à la réunion avec la gueule anesthésiée. D’autant qu’il m’a prévenu qu’il allait m’endormir toute la mâchoire et que j’en aurais pour la matinée. Je me voyais déjà avec cette putain de sensation qu’on a d’avoir la bouche énorme, de travers et le filet de bave qui va avec.

Je suis arrivée avec quelques minutes d’avance. Ce qui est rare. J’ai attendu dans la salle d’attente, ce qui est encore plus rare. J’ai compris qu’il avait du prendre une urgence vu que d’ordinaire, je suis sa première cliente. Comme j’ai vu le monsieur rentrer, j’en ai déduis qu’il en avait pour une demi-heure.

Une demi-heure dans la salle d’attente. La salle d’attente d’un dentiste. J’ai choisi ce dentiste parce que :

-          Il ne dit pas un mot quand il bosse (allez répondre avec la bouche écartelée, le tuyau dans la bouche et la toupie qui vous explose la dent !)

-          Il tient compte de ma trouille d’avoir mal

-          Je n’attends jamais chez lui, pas même une minute.

J’ai pris un magazine au hasard sur la table. Au passage, j’aimerais savoir si c’est une tradition de coller des magazines de merde dans les salles d’attente des dentistes ??? J’entendais le bruit des instruments de torture. Je l’ai feuilleté debout. Mes dents ont commencé à me faire mal, terriblement, toutes mes dents. J’ai reposé le magazine, puis l’ai repris. L’odeur, le bruit, mes dents qui me font tellement mal que j’ai la sensation qu’elles vont tomber. J’ai du lire au moins mille fois la même phrase et je ne sais toujours pas ce que cette phrase racontait. J’ai reposé le magazine et …

Et je suis repartie de la salle d’attente. En courant. J’ai dévalé les quatre étages sans même penser à allumer la lumière dans les escaliers au risque de me rompre le cou à chaque marche.

Une fois dans la rue, j’ai appelé le dentiste.

-          Oui bonjour, c’est Madame Kali. Ecoutez, je suis désolée, mais j’étais dans la salle d’attente pour mon rendez-vous de ce matin et l’école m’a appelée alors je dois y aller tout de suite.

Moi qui suis superstitieuse à mort j’ai osé bobardiser que l’école m’avait appelée. En même temps, je n’ai pas dit pourquoi l’école m’avait appelée, ça peut être pour n’importe quoi. Tiens d’ailleurs, cet après-midi, l’école m’a appelée. Et moi, j’ai commencé à me sentir ultra mal et à me dire que voilà, j’avais porté malheur à mon fils, que l’école m’appelait vraiment…. Mais bon c’était juste pour un souci administratif … Bon en même temps, vous me direz que ça ne s’est jamais vu qu’une école appelle, que c’est plutôt la secrétaire de l’école qui appelle mais reconnaissez que ça va plus vite de dire « l’école m’a appelée ».

Enfin bref, le dentiste a été très compréhensif. M’a dit que je pouvais y aller alors que j’étais déjà dans la rue. En raccrochant, j’ai fait un petit pas de danse tellement j’étais contente. Et puis j’ai serré le poing et l’ai abaissé brusquement comme si je voulais frapper le sol en poussant un yééééé ! de victoire.

Une passante m’a regardée de façon étrange. J’ai ressenti le besoin de justifier ce soudain bonheur.

Alors dans un clin d’œil, je lui ai murmuré « je viens d’annuler mon rendez-vous chez le dentiste ! »

Et la dame m’a répondu d’un radieux sourire. Noir de chicots.

Bon, demain je rappelle le dentiste.

Posté par Kaliuccia à 17:43 - Morte de honte - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 septembre 2008

Incorrigible

Pire qu’une crise d’achat compulsif, ce n’est pas que posséder que je recherche, mais surtout dépenser.

D’où cette manie pourrait bien me venir, je ne sais. Peut être de cette époque où, je me suis amusée à gonfler les rangs des jeunes ménages un peu fous qui avaient poussé le gouvernement à créer la fameuse loi sur le surendettement.

En ces temps difficiles, nos maigres salaires n’avaient pas le temps de s’échouer sur nos comptes qu’ils étaient happés par une horde de créanciers insatiables.

Non satisfait de la situation, mon adorable banquier ajoutait son grain de sel en me facturant divers frais sur tous ces chèques refusés, tous les virements que je ne pouvais honorer. Ca m’amusait beaucoup à l’époque : tu es à découvert, ton proprio s’en cogne, ton chèque ne passe pas et paf ! tu te retrouves à payer des agios pour le découvert, des frais de gestion pour chaque chèque émis, des frais bancaires pour chaque chèque refusé. Sur qu’avec ça, j’allais sortir la tête hors de l’eau.

Un matin, fatiguée, j’ai remis à mon adorable banquier ma carte bleue, mon chéquier, ma voiture, et l’intégralité de mes revenus. (En même temps, il ne m’a pas vraiment laissé le choix) Et durant un an, je me suis saignée à rembourser tout ce que je devais et à pleurer tous les mois pour pouvoir obtenir un malheureux billet de 200 F que je tentais désespérément de faire durer trente longues journées pour manger. Euh … pour grignoter. En fait, pour boire du lait.

Pendant un an, j’ai crevé de faim et je n’avais que 20 ans.

En même temps, me direz vous, ça soigne. Ben non. Au contraire. Après 20 ans de parfaite gestion de mes entrées – sorties, je suis tombée dans l’excès inverse, à haïr faire mes comptes, à être incapable de gérer correctement la frustration d’un manque quelconque. Je ne supportais plus m’entendre dire « ah non, ce mois ci, je ne peux pas ».

Après bien des années de galère et de privations, me voici non pas riche (hélas) mais tranquille. Au point que j’en ai oublié de faire mes comptes durant trois ans. Ben vi. Les cordonniers, comme chacun sait …

Aujourd’hui, alors même que je devrais être entrée dans l’âge de raison, je me comporte en enfant gâtée jamais satisfaite. Putain de crise d’ado tardive !

Si je ne cherche pas plus que ça à posséder, c’est uniquement un problème de place. Mais comme ce problème de place est lié à mon choix de vie, je ne ressens aucun manque. Ca fait partie du jeu quoi. Par contre, j’ai réalisé dernièrement que ce que j’aimais plus que tout, c’était dépenser.

Pour le plaisir de dépenser. Pour le plaisir de l’abondance. Et une fois la crise passée, j’ai honte. Bien entendu, je ne me mets pas en danger. J’ai quand même deux gosses quoi, faut pas que déconner.

Mais il m’arrive de me lever le matin et de me dire « aujourd’hui, je prends X € et je DOIS les dépenser ». C’est grave docteur ?

En parallèle, je suis entrée depuis cet été dans une nouvelle crise réactive : ras le bol d’entrer dans le jeu de la consommation à tout prix. Ras le bol de cette vie qui ne correspond pas à mes idéaux et ras le bol de voir mes enfants grandir dans cette société consommatrice. Je veux leur donner d’autres valeurs, de vraies valeur, je veux leur donner le plaisir des choses simples de la vie et non pas celui de consommer. Me voici donc à gérer un grave dilemme et encore une fois je vois que je suis incapable d’être en accord avec moi même. Comment voulez-vous que ça ne soit pas le bazar dans ma tête avec tout ça hein ?

Mercredi matin, je me suis levée dans l’esprit halte à la consommation, cette société ne m’aura pas. A dix heures, Timousse et moi avons enfourché nos vélos pour nous rendre à l’autre bout de la ville pour son cours de voile. J’ai eu beaucoup de mal à conserver mon équilibre avec les deux sacs à dos pleins à craquer que je portais. Même pour une demie journée, on dirait que je pars pour 1 mois au bout du monde pfffffffffff ! Timousse est parti voguer sur les océans combattre les pirates tandis que je me suis rendue à pieds en ville. Premier arrêt chez mon marchand de sel délicieux, alors que je pourrais me contenter du premier prix à la grande surface du coin … mais non, nos grillades sont si bonnes avec ce soupçon de vanille et mes plats en sauce se marient tellement bien avec ce sel épicé …

Me voici maintenant à choisir de la laine pour faire une étole à ma maman, une autre à ma sœur, une écharpe toute douce à Timousse et son pull assorti, un gilet à Boudeuse …. et j’en ressors avec un beau sac plein de laines variées. Vous me direz, c’est toujours mieux que les acheter, les vêtement. Ok. On va dire ça.

Et ma boutique de vêtements préférés me tend les bras, là, sur le cours. Il commence à faire frais le matin, j’enfilerais bien des jeans neufs pour aller bosser …

Me voici ressortie, même pas honteuse, avec trois petits hauts, deux gilets, trois jeans. Un normal, un rouge et un rose. Moi. Moi, j’ai acheté des vêtements de couleur, moi. Moi qui ne porte que du noir et accessoirement du bleu, moi je me suis choisi des jeans et des  hauts rose bonbon, moi.

Adieu mes belles résolutions, mes idées économiques, mes convictions anti-consommatrice. Et en plus, je vais m’habiller en rose … y’a vraiment un plomb qui a lâché.

Et c’est dans la rue, quatre volumineux sacs à bout de bras, retournant chercher Timousse à la voile que cette évidence est venue me frapper en plein fouet. Ca m’a fait une brûlure dans l’estomac, vous savez, comme quand vous vous rendez compte brutalement que vous venez de faire la plus grosse connerie de votre vie et que vous allez le payer très cher, et pas que sur le plan financier.

Ca m’a frappée tellement fort que j’ai stoppé net ma marche rapide au point que surpris, le monsieur qui me suivait a eu beaucoup de mal à éviter la collision. Le rouge m’est monté aux joues, mon cœur s’est emballé douloureusement.

J’ai regardé les sacs qui cisaillaient mes poignets …

J’avais complètement oublié que nous étions venus en vélo. Et que j’allais devoir repartir en vélo !

Posté par Kaliuccia à 12:27 - Morte de honte - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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