Au fil de l'eau

"Avant, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants."

04 novembre 2009

Célibataire, sans enfant.

Célibataire sans enfant depuis vendredi. C’était une grande première pour moi. Ca fait du bien, une semaine sans devoirs, sans bataille pour le choix de la musique à écouter, les banquettes pour moi toute seule, sans repas à préparer ….

Mais bon c’est un peu trop silencieux. A tel point que je vais finir par me causer toute seule histoire d’avoir la sensation que je raconte encore quelque chose.

La nuit, avant de me coucher, je fais le tour de mon chez moi minutieusement. Je vérifie partout si un satyre en mal de sadisme ne s’est pas planqué dans un coin. Je sais, j’ai trop d’imagination.

Je pensais faire une cure de sommeil pour commencer. Ca a merdé dès le premier jour. Après une super soirée filles chez moi le jour du départ de ma petite famille, autre grande première pour moi, je me suis couchée vers 3h30. Du matin. Yeux grands ouverts à 6h, j’avais la haine. Je me suis obligée à rester au lit parce que bordel, j’ai pas à me lever pour bosser, j’ai pas à me lever pour les gosses, alors je dors !

Ben je n’engueulerai plus jamais mes gosses qui n’arrivent pas à s’endormir le soir. C’est vrai quoi ! tu débarques dans sa chambre, y’a école le lendemain, il est pas loin de 22h et tu vois bien à sa façon de fermer les yeux qu’il est en train de faire tout ce qu’on veut, sauf dormir. Alors après mille et une tentatives douces et compréhensives, tu pètes un câble et tu quittes leur chambre dans une froide et sèche injonction (la tienne) MAINTENANT TU DORS ! Et même que tu es persuadée que ça va fonctionner.

Que hop ! coup de baguette magique, le môme il se dit que là, faut arrêter de chercher des poux dans la tête à maman et hop ! le môme s’endort. Ben ça, c’est dans les films. Les tiens. En vrai, tu peux lui dire sur tous les tons de s’endormir, s’il n’y arrive pas, il n’y arrive pas.

Même que j’ai essayé sur moi-même ce fameux samedi matin. Et de guerre lasse, à 8h, je me suis levée. En plus, il faisait un temps de merde. Et je reçois un appel breton qui me parle de grand soleil, de jardin en tee-shirt alors que chez nous, le ciel commence à pleurer.

Lundi, je bosse alors que j’ai des courbatures, des frissons, mal de gorge latent …. Je me couche avec un bon bouquin et ne le referme que vers 3 heures du mat’.

Je dois être abonnée à cette heure là. Eh oh ! j’ai lu jusqu’à 3 heures du mat’ DANS MON LIT ! avec la grande lumière éblouissante, personne pour grogner à côté que le bruit que je fais en tournant les pages le dérange …. Le pied. Sauf qu’il fait froid dans un grand lit vide. Je me disais que pas grave, le lendemain j’avais posé ma journée, j’allais rattraper mes heures de sommeil. Doit y avoir un petit rigolo là-haut, qui attend juste que je me propose de m’offrir une grasse mat’ sans la moindre petite culpabilité. A 5h30, un bruit énorme me réveille en sursaut. J’ouvre les yeux, m’attendant à voir un homme armé d’une hache dressée au-dessus de moi, un bon gros sadique sanguinolent qui tient à ce que ses victimes le voient les découper, je m’apprête à hurler comme la folle de massacre à la tronçonneuse (mais si, tu sais, la nana à la fin du film qui court partout en hurlant que toi t’as qu’une envie, c’est que l’autre malade qui lui court après l’achève pour qu’elle arrête de hurler) bon en fait, je crois bien que j’ai hurlé …. Mais je ne vois que l’annexe du bateau, et son moteur. Oui parce que au-dessus de mon lit, y’a un capot qui me permet de voir le beau ciel bleu ou étoilé, suivant l’heure à laquelle j’y suis.

Rassurée, ce n’est pas maintenant que je vais faire la une des journaux, je me recouche.

L’annexe du bateau … et son moteur … au-dessus de moi. Pas banal ça. Enfin au moins, c’était pas un malade avec une tête de porc sur la figure. L’annexe du bateau. Et son moteur. PUTAIN MAIS QU’EST-CE QU’ELLE FOUTAIT LA ????

Là, j’en oublie toutes les précautions d’usage et je me précipite au dehors comme une malade, en petite tenue pieds nus. Des rafales de vent comme on en a jamais ici, des trombes d’eau qui n’en finissaient pas de tomber et moi couchée sur l’annexe pour l’empêcher de s’envoler à nouveau. Au bout d’un moment, je me dis quand même que je ne vais peut être pas passer la nuit là, trempée et grelottante, à prévenir les rafales de vent. Alors je retourne à l’intérieur, j’en oublie de vérifier que personne n’en a profité pour s’introduire chez moi, je m’habille plus chaudement, j’enfile un ciré et des bottes, je ressors … bon je fais quoi ? Putain mais pourquoi il faut toujours que ça arrive quand il n’est pas là ????

Il me faut un bout’ (ou une corde, mais vous avez interdiction de dire corde sur un bateau). Bien entendu, Rahan le maniaco a tout viré sur le pont, tout est bien ficelé et rangé. Je retourne à l’intérieur, cherche les clés du coffre extérieur, fouille pour trouver une amarre (ou une corde, mais vous avez interdiction de dire corde sur un bateau) n’importe laquelle m’en fou. J’en trouve une, je repars sur le pont, je me jette juste à temps sur l’annexe pour qu’elle ne s’envole pas à nouveau, putain de nuit de merde, et je commence à saucissonner l’annexe pour qu’elle reste plaquée au pont …. Sauf qu’en fait, elle est en suspens au-dessus du pont, l’annexe. Ben oui, c’est comme ça qu’on la laisse quand on est au port. Légèrement en suspens et tenue à l’avant pour qu’elle ne se balade pas.

Merde merde merde merde merde. Je cherche la drisse (ou la corde, mais vous avez interdiction de dire corde sur un bateau) qui maintient l’annexe en hauteur, je déroule tout ce que Rahan a bien lové autour du winch, je lâche tout doucement histoire que l’annexe ne se viande pas non plus sur le pont et entre temps une nouvelle rafale, mon saucissonnage est maintenant lâche et ne sert plus à rien, je me jette sur l’annexe pour qu’elle ne s’envole pas encore une fois, putain de nuit de merde !

Je reprends l’amarre, re-saucissonne cette putain d’annexe que bordel, il aurait pu prévoir ça Rahan …. Et là je t’entends t’offusquer mais étant donné que c’est moi qui me retrouve trempée en pleine nuit sur le pont à me battre avec une annexe alors que je voudrais DORMIR, j’ai le droit d’accuser les absents même si j’aurais pu moi aussi prévoir ça. Merde alors ! … Je retourne à l’intérieur, trempée jusqu’aux os parce que bien sur, j’avais oublié d’attacher la capuche du ciré et que bien sur, à la première rafale, elle s’est abaissée et que j’avais autre chose à foutre à ce moment là qu’à penser à me la remettre correctement. Je vire mon ciré dégoulinant et en cherchant une serviette pour me sécher les cheveux, je croise malencontreusement le réveil … 6h30.

Je suis maudite.

Sinon, tout va bien. Eux ils ont beau temps, ils ont arpenté la Bretagne sud et sa super côte sauvage, ils vont à la piscine et au hammam de l’hôtel, ils se sont fait un ciné, ils s’offrent des repas gargantuesques, Timousse découvre les merveilles de l’océan (marée, petits ports à marée basse, pêche à pied, petits villages typiques, tempêtes …) Boudeuse confirme ses talents de photographe et affiche une bonne humeur épatante, tandis que Rahan me noie de photos sur leur périple.

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27 octobre 2009

Je suis exceptionnelle

Je pense sincèrement que j’ai loupé un truc. Fut un temps où je leur laissais porter le poids de leurs dérapages.

T’as un grain, t’es pas fini, t’as pas le gaz à tous les étages, tu yoyotes du bulbe, t’es pas clair …

Mais bon je dois bien y être pour quelque chose. C’est moi qui les aie faits.

Ca ne peut pas être que de leur faute, j’ai du louper un truc au cours des 9 mois de conception (oui, parce qu’ils ont été du genre à se laisser porter 9 mois … voire un peu plus) et les petites années d’éducation qui ont suivi.

Le petit encore, ça reste sur des trucs basiques très terre à terre genre va te coucher et non tu ne regardes pas un film avant, termine ton assiette (ou plutôt ce qu’il y a dedans parce qu’une assiette n’est pas très digeste) et non tu ne refiles pas tes carottes à ta sœur ou encore arrête de courir sur ce t’ain de ponton en regardant derrière toi bordel !

Mais la grande, oh là là, la grande, dans le genre experte à me balancer des trucs qui me trouent sévère, elle se pose là.

Comme l’an dernier alors que je lui demandais comment se faisait-il qu’elle passait toutes ses soirées, mercredi après midi et week-end avec scooter bout de ponton CHEZ NOUS en plein centre de notre chez nous que après tout je suis chez moi, mais que lorsqu’ils sont là je ne peux même pas trouver un coin pour m’assoir, et qu’elle me répondit

-          Oui mais j’ose pas trop m’incruster comme ça chez ses parents, tu comprends, les pauvres, ils travaillent.

-          ????????? ……………….. ?????????????????? ……………. Ils travaillent ? ILS TRAVAILLENT ????? Et tu crois qu’on fait quoi toute la journée Rahan et moi ????????? on va faire bronzette au club Med ???????

-          C’est pas pareil.

C’est pas pareil. Je n’ai jamais compris en quoi ce n’était pas pareil, mais tenez-le vous pour dit, c’est pas pareil. Eux ils bossent, et nous on bosse. Mais c’est pas pareil.

La semaine dernière, j’ai rencontré ses professeurs. Pour la première fois depuis des années, je n’ai entendu que des éloges et croyez moi, ça FAIT DU BIEN !

« Boudeuse ? ah elle est volontaire, Boudeuse (..). Je suis très content d’elle (…) Excellente moyenne … elle navigue entre 17 et 19 (...) Si je devais miser sur quelqu’un pour son exam’, ce serait elle (…) Elle est excellente Boudeuse (…) Je m’entends très bien avec Boudeuse cette année…. » Là voyez-vous, à ce stade de la conversation, j’avais un sourire tellement immense que j’en avais mal aux zygomatiques.

« C’est vrai que l’an dernier c’était plus difficile. Toujours son téléphone à la main …. »

Toujours son téléphone à la main …. En cours ? Ma mâchoire s’est viandée sur le bureau de sa prof vlam !

Et l’explication de Boudeuse,

-          Je ne jouais pas avec mon téléphone, je regardais l’heure.

-          Et le truc là que tu trimballes à ton poignet, c’est un GPS peut être ?

-          Ah ben non mais c’est plus discret.

Alors là ma fille, pour la discrétion tu repasseras. Et me voilà partie dans de grandes explications sur le respect que l’on mérite qui commence par se donner, sur le fait qu’un portable, ça doit rester éteint en cours, que même moi, quand je vais en réunion, je le coupe mon portable, que si j’étais prof je me sentirais doublement en boule après elle. Déjà, on ne fait pas mumuse avec son téléphone en cours, (sinon ledit téléphone va rester au chaud près de son lit pendant les heures de cours) et ensuite, on ne regarde pas l’heure sous le nez de son prof. Ca fait genre je m’emmerde quoi. Que même moi, je ne me permets pas ça, même moi à 44 ans, je ne …

… intervention intrusive de Timousse totalement paniqué

-          QUOIIIIIIIIIIII ????? T’AS QUA-RANTE-QUATR’ANS ?????

Je suis fatiguée de ces mômes !

Ce week-end, Boudeuse est rentrée en crise de sa petite promenade en ville que ras-le-bol ce ces bas biiiiiiiiiip qui tiennent rien du tout et qu’elle passe son temps à les remonter.

Vrai qu’on n’a pas de bol elle et moi, la taille -2 n’existe pas, vu les cuisses de grenouilles qu’on se trimballe. Quoi que les miennes sont bien plus musclées que les siennes.

-          Maman ! faut absooooooooolument que TU me trouves de nouveaux bas ou des collants qui tiennent.

-          Euh …. Dis voir ? t’as des jambes ? des pieds au bout ? de l’argent de poche ? un porte monnaie pour le mettre dedans et des mains pour manipuler ton fric si je n’m’abuse ? Alors tu te débrouilles.

-          Mais tu te rends pas compte ????????

-          Nan nan, je sais, me rends jamais compte.

-          Mais j’ai pas le temps MOI !

Franchement, je me demande ce que ma fille pense que je fabrique de mes journées. Franchement hein. Je me demande. Entre les pauvres parents de scooter bout de ponton qui travaillent, EUX, les pauvres, et ma fille qui n’a pas le temps ELLE, la pauvre, je me demande.

-          T’as pas le temps ? t’es en vacances et t’as pas le temps ? Mais tu crois que je fais quoi de mes journées moi ? tu sais à quoi elles ressemblent mes journées à moi ? je suis pas encore levée le matin que je cours déjà dans tous les sens, MOI ! Je bosse ma belle, je bosse. Et d’ailleurs, le fait de bosser me permet entre autre de te filer ton argent de poche, figure toi. Je bosse 12 heures par jour ma belle, les bonnes journées. Je mange un sandwich quand j’ai le temps, au-dessus de mon ordi (demande à l’informaticien ce qu’il en pense, quand il doit pianoter sur mon clavier) et quand je ne bosse pas, je passe mon temps à courir pour faire des courses et faire cuire les courses que je viens de faire ET TU ME DIS QUE T’AS PAS LE TEMPS ?????

-          Oui mais toi, tu as une voiture, toi.

Allez, soyons cool, on peut mettre à son actif pour ce coup là, qu’elle a eu la présence d’esprit de me regarder et de se rendre compte assez vite qu’elle se mettait en danger. Elle a donc terminé sa phrase dans un souffle, nourrissant certainement le secret espoir que je n’ai pas tout saisi.

-          Là où tu peux trouver tes bas biiiiiiip ou tes collants, c’est au biiiiiiiiip en plein centre ville. Et au centre ville, je n’y vais pas en voiture. J’y vais à pied. Donc, tu te trouves un moment entre la Xee et l’ordinateur et tu y vas comme une grande.

-          Pfffffffff mais j’ai pas …

-          Ah non hein ! ne me dis pas ENCORE que t’as pas le temps où je te jure que …

-          Mais non mais toi, tu as plus l’habitude que moi, tu sauras trouver toi.

Et oui. Parce que je ne vous l’avais pas dit, mais pour Rahan je suis venue au monde avec un fer à repasser dans une main et sa notice dans l’autre. Pour ma fille, non seulement elle reste toujours persuadée que je suis venue au monde à 40 ans, donc déjà vieille, mais en plus que je suis venue au monde en sachant et pouvant faire tous les trucs qui la gonflent. Y’a pas, je dois être quelqu’un d’exceptionnel à leurs yeux.

On se rassure comme on peut non ?

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16 octobre 2009

Grande première

C’est quand les vacances ?

C’est une question que me posent souvent mes enfants, les mamans que je vois devant l’école le matin, mes copines ou même mes collègues de boulot, à tel point que je soupçonne tout ce beau monde de penser que je bosse pour l’éduc’nat’ pour être aussi persuadé que j’aurai obligatoirement la réponse.

De tout le monde, oui mais Rahan, jamais.

Rahan, il va me demander TU as du beurre ? TU as de l’aspirine ? TU as des enveloppes ? à tel point que je soupçonne ce beau mâle d’oublier que nous vivons ensemble depuis 15 belles années et qu’il pourrait tout aussi bien utiliser le NOUS à la place du TU. Voir à lever son joli petit derrière de temps à autre pour vérifier par lui-même si NOUS avons du beurre, de l’aspirine, ou des enveloppes.

Mais là n’est pas le sujet du jour.

-          C’est quand les vacances ?

Que Rahan me pose la question, ça m’a trouée sur place. D’ordinaire, je déteste ceux qui se prennent pour des Jésuites, à répondre à mes questions par des questions. D’ordinaire, je réponds aux questions avec des réponses. Mais là, j’étais tellement trouée que pas une seconde, je n’ai pensé répondre tout simplement à la question de Rahan.

-          Pourquoi tu me demandes ça ?

-          Comme ça.

Comme ça ????? toi ? vouloir savoir quand arrivent les vacances des enfants comme ça ? pardon mais mon cul oui ! Toi, tu as une idée derrière la tête et tu n’iras pas te coucher tant que je ne la connaîtrais pas.

-          Le 24 pourquoi ?

-          T’es sure ?

-          Oui. C’est affiché dans le cahier de texte de Timousse, tu peux vérifier

-          Et jusqu’à quand ?

-          Bon ok, t’as pas envie de vérifier. Jusqu’au 6. Pourquoi ?

-          T’es sure ?

-          Tu me cherches là ? t’as qu’à vérifier. Pourquoi tu veux savoir ça ?

-          Comme ça.

Y’a un tas de truc que n’importe qui pourrait me faire gober, parce que je suis comme ça moi, niaise et naïve, parce que je crois avant tout que les gens disent la vérité, mais personne ne me fera croire que Rahan veut connaître les dates des vacances scolaires …. Comme ça.

Rahan qui ne se donne même pas la peine d’ouvrir l’enveloppe du courrier que nous envoie le centre aéré, tous les deux mois, pour l’inscription de Timousse.

Rahan qui ne sait même pas à quelle heure Timousse va jouer aux échecs, encore moins à quelle heure il termine. Qui ne connait aucun des horaires pour les activités de Timousse, pas même celle qu’il est sensé gérer le vendredi soir.

Rahan qui n’a tellement pas envie de savoir qu’il me téléphone régulièrement pour me demander à quelle heure Timousse quitte l’école, à quelle heure il commence, à quelle heure il doit aller à son cours d’arts martiaux le vendredi soir. RAHAN QUI A ETE EN RETARD AU PREMIER COURS DU VENDREDI SOIR, Rahan qui a poussé le vice, vendredi dernier, pour m’appeler à 18h30, alors que je suis encore au boulot, alors qu’il est avec son fils …

-          Il termine à quel heure son cours Timousse ?

-          Ben maintenant, à 18h30. (là, une seconde, j’ai eu peur qu’il ne me dise un truc genre meeeeeeerde ! je suis à l’autre bout de la ville, j’avais oublié ! Là, j’ai eu peur pour Rahan. Pour sa vie. Parce que là, Rahan était foudroyé direct par mes soins si c’était le cas.)

-          Ah. Ben c’est pas terminé, ils n’ont même pas fait le salut

-          Ah.

Je fais quoi ? je me propulse ? je traverse l’espace enveloppée dans la jolie cape de supergirl je viens casser la gueule au prof de Timousse parce que merde quoi ! IL EST 18H30 ET T’AS TOUJOURS PAS FAIT LE SALUT QUI PROCLAME LA FIN DU COURS ?????

Voilà, ça c’est du Rahan tout craché. Alors qu’il me demande les dates des vacances qui arrivent là … ben pardon mais ça me troue. Il a une idée derrière la tête, Rahan et je dois la connaître.

Rahan a décidé de poser une semaine de congés sans solde pour partir en Bretagne. Pendant les vacances scolaires. Et Rahan me demande

-          Ca t’embêterait que j’y aille avec Timousse ?

Il faut savoir qu’il y a …. Deux ans ? un an ? j’aurais sacrément été triste de me retrouver toute seule. Je suis de ces mamans qui ont du mal à être séparée de leurs enfants. Je suis de ces compagnes qui n’aiment pas dormir dans un lit vide.

Là, j’ai retenu un hurlement de joie. Parce que ma joie, ce n’était pas seulement que Timousse parte enfin avec son père découvrir la région dont il est de moitié originaire. Ma joie, ce n’était pas seulement que mon demi-breton de fils allait enfin savoir à quoi ressemblait une marée. Ma joie, c’était aussi de me dire oh putain !!!! une semaine pour moi ! Oui parce qu’en plus, Boudeuse a absolument tenu à y aller. Une semaine !!!! Ca ne m’est jamais arrivé !

Ces jours ci, je suis tellement surmenée, fatiguée de tout gérer  à la force de mes bras musclés, certes, mais minus tout de même, fatiguée de courir dans tous les sens pour tout le monde, qu’une pause (même en bossant) ne pourrait pas me faire de mal.

Alors j’ai retenu mon hurlement de joie, j’ai même payé les billets moi-même. Pour être certaine qu’ils partent. Et en même temps, je trouve ça génial que Rahan ait envie d’offrir une semaine de vacances et de promenades à ses enfants. Et quelque part, ça me fait quand même chier de ne pas y être, mais ce sera pour une autre fois.

Alors j’ai retenu mon hurlement de joie. Et dès le lendemain, tandis que Rahan dépliait sous les yeux excités des enfants la carte de Bretagne pour leur montrer où ils iraient, tandis que Timousse notait les kilomètres à parcourir en s’écriant « oh ben ça va ! c’est gagné, là c’est sur que ze vais dégobiller si on fait tout ça en voiture ! » j’appelais discrètement toutes mes copines pour leur annoncer la nouvelle. ILS PARTENT LE 30 !!!! T’IMAGINES ?????????? UNE SEMAINE MON CHEZ MOI RIEN QUE POUR MOI ! Ils partent le 30 !!!! On se fait une soirée fille  ???? CHEZ MOIIIIIIIIIIII !!!!!!!! LE 30 ! OUI ! OUI !

C’est seulement lorsque j’ai raccroché que j’ai surpris le trio de regards posés sur moi. Rahan s’est alors fendu d’une phrase plus longue que celles dont il est d’ordinaire friand.

-          Ca va, tu perds pas le Nord !

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12 octobre 2009

Révélations

20h30. J’entasse mes courses dans le coffre, la semaine se termine enfin ce vendredi soir : je rentre chez moi. Sur le trajet, j’ai du mal à porter toute mon attention sur ma conduite tant le ciel est magnifique. Noir d’encre, zébré d’éclairs, l’orage se rapproche. A moins que ce ne soit moi qui me rapproche de lui. Je gare ma voiture sur le parking du port, les premières rafales humides s’abattent sur la ville, j’entasse tous mes paquets sur le trottoir en souhaitant arriver chez moi avant le déluge.

Trop tard. A peine le dernier paquet sorti de ma voiture, il me tombe la saucée du siècle.

En moins de temps qu’il ne m’en a fallu pour les sortir, je re-balance en vrac tous mes paquets dans ma voiture et m’y engouffre trempée jusqu’aux os. Un coup de fil à Rahan pour lui dire que oui, j’ai quitté le boulot tard encore une fois cette semaine, oui les courses sont faites, oui je suis arrivée mais je n’ai pas pu aller plus loin que le parking.

Rahan me conseille d’attendre une accalmie, parce que d’ordinaire ce type d’orage ne dure pas longtemps. Rahan n’avait pas prévu dans ses sages conseils que nous allions nous taper trois orages d’affilé. Les minutes s’égrainent lentement, tout s’illumine autour de moi et le tonner ne cesse de gronder. Que dis-je gronder ? Je fais des bonds de plus en plus épouvantés à chaque fois que ça explose au-dessus du toit de la voiture. En bref, je flippe sec sans jeux de mots. Pas que l’orage me fasse peur, pas que mes non-origines gauloises me fasse craindre que le ciel ne me tombe sur la tête, mais je préfère être chez moi quand la nature se déchaine comme ça. Plutôt que dans une voiture où l’air commence sérieusement à me manquer.

Au bout de je ne sais combien de temps, soyons honnêtes, j’en ai plein le cul d’attendre que ça se calme. J’ouvre la portière, en deux secondes je me retrouve trempée et je traverse le ponton en emportant le maximum de paquets avec moi, merde alors !

J’arrive chez moi dans un état indescriptible et Rahan commence à me demander pourquoi je n’ai pas attendu mais il se ravise très vite rien qu’à cause du regard noir, aussi noir que le ciel entre deux éclairs, que je lui jette. Pas le moment de me chatouiller.

Entre deux nouveaux orages, nous nous extirpons de chez nous pour aller chercher le reste de mes achats et le premier qui n’est pas content à cause de la marque de céréales que j’ai choisie, il va entendre parler du pays.

Soirée d’orage, soirée sans télé ni Internet. Une fois tout le monde repus et séché (surtout moi) nous nous installons (pour ne pas dire nous vautrons) chacun dans un coin du carré. Rahan avec sa musique, Boudeuse et moi nos derniers romans en main et Timousse qui cherchait absolument un « truc intellizent à faire » se lance dans un dessin. Sachez le mais ne le dites jamais à Timousse, Timousse en dessin, ce n’est pas Boudeuse. Disons qu’elle a du prendre pour elle toute seule tout le don qu’il pouvait y avoir dans cette activité. Les dessins de Timousse sont donc particulièrement uniques. Le genre de souvenir qu’on va garder longtemps non pas pour s’extasier, mais pour rigoler plus tard …. Quand il aura acquis assez de sens de l’humour.

Timousse quand il dessine, ce n’est pas Boudeuse non plus. Il n’est absolument pas captivé par ce qu’il fait. Il bouge et il cause. T’ain qu’est ce qu’il cause ! A tel point que Rahan et Boudeuse posent un casque sur leur tête, me laissant seule face au bavardage incessant de mon fils. Les traitres.

Sur le ton de la confidence, Timousse se livre alors à de grandes révélations.

-          Tu sais maman, maintenant ze sais c’est quoi la différence entre les filles et les garçons.

Ce genre de remarque, ça vous fait le même effet que le fameux « comment on fait les bébés ? » Le mieux est de cesser toute activité pour écouter la suite et se préparer à quelques questions plus délicates. Boudeuse me voit poser mon livre et libère une de ses oreilles, toujours à l’affut d’un petit secret volé.

-          Ah oui ? et c’est quoi la différence ?

-          Ben en fait, y’en a deux des différences entre les filles et les garçons.

Boudeuse lève à mon attention un sourcil parfaitement épilé et interrogateur. Et oh ça va hein ! pas moi que l’ai branché sur le sujet ! Je lis un livre qui fiche la pétoche là ! rien de sexuel là-dedans hein !

-          En fait, la première différence (et là, il prend un air méga sérieux du môme qui va faire découvrir à sa vieille mère les secrets de la vie) c’est que les filles et ben elles ont deux maillots de bain. Un en haut (et il montre sa poitrine) et un en bas (et il montre ses hanches).

Alors que les garçons, ben ils z’ont que un seul maillot de bain. Là (et il montre ses hanches).

Eh, je vous jure, c’est super dur de garder son sérieux quand la conversation prend cette tournure.

-          Oui ben y’a des filles, elles ne mettent pas le haut hein !

-          Boudeuse, retourne dans ta musique, commence pas à compliquer les choses s’il te plait.

-          Oh ben non, j’attends la suite moi !

-          Alors la deuxième différence …. (puis il prend sa voix la plus grave pour bien appuyer la gravité de la révélation qui va suivre) la deuxième différence, eh ben c’est que les garçons, ils peuvent faire pipi debout !!!! mais pas les filles ! les filles, elles font pipi assises parce que c’est lozique, elles z’ont pas de zizi !

Ben je vous le dis, les soirs d’orage, c’est vachement instructif par chez nous.

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22 septembre 2009

Histoire de fou

Ca n’arrive qu’à moi. A tel point que j’en arrive à oublier l’histoire pour ne pas avoir à la raconter, parce que personne ne va me croire….

Et pourtant, c’est bien arrivé.

Avec Timousse, nous avons assisté à la fête du sport. Une manifestation que je trouve pour ma part être une excellente idée, puisqu’elle permet aux petits et grands d’avoir un aperçu des divers sports que nous pouvons pratiquer et même de s’y frotter …

Pour ceux qui ne suivent pas, l’an dernier Timousse avait refusé de tester le judo et le karaté. Motif, trop violent…... Timousse trouve le judo trop violent. Boudeuse, je dis pas. Mais … c’est Timousse quoi !

Pour ma part, je me laisserais bien tenter pour inscrire mon fils dans une activité qui lui permettrait de canaliser sa … on va dire trop grande énergie, de respecter les règles et d’apprendre à se MAITRISER ! Bref, là n’est pas le sujet.

Après s’être essayé au kick boxing (qui, comme chacun sait n’est absolument pas un sport violent) et avoir craqué pour l’activité en question « oh maman maman ! inscris moi maman maman ! z’adoooooooooooooooooooooooooore le qurique bosxingue maman maman s’il te plaiiiiiiiiiiiiiiiiiiit ! » ; après m’avoir fait fléchir et s’être fait inscrire pour un véritable test, Timousse a foncé direct vers une autre de ses activités favorites : les échecs.

Ben oui. Cherchez pas à comprendre, moi j’ai laissé tomber depuis un moment. Timousse se lance donc dans une première partie sanglante contre un plus grand que lui (au moins un an de plus, vous vous rendez compte ????) et hurle au bout de 20 mn ECHEEEEEEEEEC ET MAAAAAAAAAAAAAT !

Faudra que je cause à son prof, qu’il lui apprenne à avoir la victoire un peu plus soft. Fort heureusement pour moi, il y avait une chaise pas loin des tables de jeux, sur laquelle j’ai pu me vautrer en attendant la fin de la partie. Et sachez-le, durant ces 20 minutes, je me suis fait royalement …. caguer. Je me lève alors, soulagée de réaliser que cette fin de partie mette par la même occasion un terme à l’ennuyeuse attente que je viens de subir, quand Timousse tire son prof par la main pour …. Se lancer dans une partie contre lui. A sa décharge, cette partie a au moins eu l’avantage d’être intéressante, vu que le prof lui expliquait chaque déplacement de pièce.

Je m’intéressais donc à ce nouvel échange quand une montagne de chair humaine s’est dressée entre les joueurs et moi. Un homme sans âge, sourire aux lèvres, me demande alors si j’attends mon tour pour jouer aux échecs. Ce à quoi je réponds le plus poliment du monde (si si, j’en suis capable) que non, je ne sais pas y jouer.

-          Oh mais vous devriez apprendre ! tenez, moi je joue, je joue tous les soirs sur mon ordinateur même. J’ai bidule sur mon ordi (j’ai oublié ce qu’il a comme jeu, et d’ailleurs je m’en cogne) et je joue du coup ça me fait faire des maths. Et du coup aussi, je fume.

-          Ah.

Je dis « ah » sur le ton du « je suis contente pour toi » puis je penche la tête sur le côté histoire de lui faire bien comprendre que là, il me gène, je ne peux plus voir mon fils jouer et que la conversation est terminée.

Il sort une cigarette de sa poche et l’allume.

-          Alors tu vois (oui oui, je sais, il est passé assez vite au tutoiement) tu vois, je fume un peu trop même. Je fume 4 paquets par jour. Mais bon, ils n’augmentent qu’en octobre alors pour le moment, je fume parce que c’est moins onéreux. Là, j’ai acheté une cinquantaine de cartouches pour voir venir. Tu sais combien de temps ça va me faire tenir cinquante cartouches ?

-          Euh … (125 jours pour ceux qui cherchent. Mais on s’en cogne hein ?)

-          De toute façon, j’y passe ma vie sur mon ordinateur tu vois ? même dans la journée j’y suis parce que j’ai 5 000 albums. Mais faut dire que j’ai un ordinateur super puissant alors je peux mettre la musique que je veux. J’ai un mal fou à tout écouter alors je colle la musique quand je joue aux échecs tu vois ? non parce qu’avant, j’étais pilote de chasse. (et là, il me donne quatre métiers différents rapport à l’aviation dont je me cogne autant que du jeu d’échec qu’il a installé sur son ordi). C’était la belle vie, pilote de chasse. (et moi, je commence sérieusement à me marrer) Mais maintenant, je suis à la retraite. Remarque, je m’en tape (moi aussi) je gagne 4 000 € par mois sans rien foutre ! 4 000 € ! t’imagines ? y’en a qui les touchent même pas en bossant (oui, moi). Donc je manque pas de fric. D’autant que j’ai 600 000 € de côté. Alors je peux voir venir tu vois ? les emmerdes de fric, je les aurais jamais ! En plus, j’ai un super appartement de 1000 m² au-dessus du centre ville, t’imagines ? le pied. Une vingtaine de pièces, rien que pour moi, personne à me faire chier t’imagines ?

-          Euh …. Non.

-          Et puis de toute façon, j’ai aussi 6000 films sur mon ordinateur. J’arrive pas à tous les voir, parce que t’imagines ? 6000 films ??? dingue non ? tout ça bien entendu, téléchargé hein !

-          Ah bon.

-          Ben voilà, t’as tout compris. Je les emmerde avec leur loi, je fais ce que je veux, ils ne m’auront pas de toute façon. Et donc hier, j’en ai eu marre de jouer aux échecs parce que l’ordinateur, je l’éclate moi tu vois ? alors je me suis regardé au moins 4 films (dont j’ai oublié le nom comme le reste) à la suite parce faut que j’épure quoi. Mais ce qui est pénible, c’est que je ne peux pas écouter la musique pendant que je regarde un film. Sinon, je ne comprends rien au film.

-          Alors il faut le regarder en sous-titré.

-          Ah ouais t’as raison, c’est pas con ça. Je vais essayer ce soir, allez ciao à plus tard, je vais faire un tour.

Je vous le dis, y’a qu’à moi que ça arrive. Il y avait une bonne cinquantaine de personnes dans le coin où j’étais, je suis la seule qu’il est venu voir. Et puis pfiout ! il a disparu.

Il m’a certainement raconté autre chose mais je vous assure que j’ai oublié. Déjà pas mal que je me souvienne aussi bien d’une partie de la conversation son monologue.

N’empêche, j’ai halluciné. Je me dis que je dois dégager un petit quelque chose qui doit attirer les grands malades de la tête. Parce qu’en général, quand il y a un(e) barge dans une ville, il est pour moi. Bon ok, c’est la première fois qu’on me fait le coup de parler plus vite que moi au point que j’ai eu un mal fou à en placer une. C’est la première fois qu’on me fait le coup de me raconter autant de conneries en si peu de temps, tout en restant aussi sérieux. C’est la première fois qu’on me débite autant de délires sans réagir devant mon air hilare.

Parce que je trouvais l’histoire tellement dingue que j’en étais morte de rire. Et pendant que j’essuyais mes yeux pleins de larmes, il continuait à me raconter sa pseudo vie le plus naturellement du monde. Même que j’ai bien détaillé le monsieur pour voir si par hasard je ne l’avais pas déjà vu quelque part. Même que j’ai cherché la caméra.

Parce que son débit façon sketch, c’était tellement irréel que ça aurait pu coller à une caméra cachée.

Même que j’ai attendu un bon moment assise sur ma chaise, à me marrer toute seule en attendant qu’un mec vienne me voir avec un micro et un papier pour me demander de signer une décharge pour qu’ils puissent passer l’émission à la télévision.

Même que personne n’est venu, que Timousse a fait égalité avec son prof et qu’on a pu enfin passer à autre chose.

Et pour conclure, j’en déduis déjà une chose. Rahan, adepte du « oui-non-ah-bon-je-sais-pas » en guise de conversation, arrive toujours à y mettre un terme (à la conversation qui le gonfle) en utilisant ses « oui-non-ah-bon-je-sais-pas » à outrance. Moi, j’ai du me fendre d’une phrase complète pour que le type me foute la paix. La vie est inzuste.

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11 septembre 2009

T'imazines ?

Timousse ne supporte pas les trajets en voiture, si ça tourne.

Vu le superbe lieu dans lequel on vit, c’est con pour lui. Tu fais dix mètres et t’es en montagne. En même temps, il a de qui tenir. Je suis fragile moi aussi dès qu’on prend la voiture. Le mieux, c’est que je conduise. Quoi que … j’ai quand même réussi une fois à me rendre malade en conduisant … Et le TGV, même pas honte de le dire, le TGV aussi me rend malade.

Et j’ai le mal de mer aussi. Ce qui est cool quand on vit sur un bateau non ? Ne croyez pas tout ce qu’on vous raconte. On ne s’y fait pas obligatoirement. Au bout d’un mois, je ne suis pas amarinée. Dès que ça bouge, je ne suis pas au top de ma forme. Timousse lui, ça va. Quand ça roule, il se laisse glisser d’un bout à l’autre du bateau tandis que je me laisse mourir au fond de mon lit.

Donc nous testons tout pour que Timousse ne soit pas malade en voiture. Et rien ne fonctionne. Ni les médocs, ni les bracelets, ni les bonbons à la menthe. On s’est même cogné ses CD de comptines … Ca nous a rendu dingues et lui a terminé quand même sur le bas côté de la route à … enfin vous savez quoi. J’ai tenté en dernier recours les histoires sur CD, sur un trajet moyen.

Je lui ai trouvé entre autre, un cd de plus de deux heures, je l’ai mis en route dès le départ, il s’est confortablement installé au fond de son rehausseur, le nez collé à la vitre, et n’a pas changé de position durant toute l’heure du trajet.

Mais il y a un inconvénient à cette méthode. La conductrice, surtout lorsqu’elle est méchée blonde, la conductrice dis-je, se laisse prendre au jeu et fini par écouter elle aussi religieusement l’histoire. Et la conductrice se plante de route.

-          Euh maman, là ze crois que tu as oublié de tourner sur la petite route de droite.

Oui parce que faut le savoir, Timousse connaît la route mieux que moi la plupart du temps. C’est ainsi qu’un trajet d’une demi-heure se transforme en balade d’une heure. Et c’est pourquoi j’ai longuement suggéré à Timousse d’ajouter à sa liste de cadeaux de Noël (oui oui, il l’a déjà commencée) un lecteur cd portable. Même si je suis contre l’idée de voir un jeune enfant coller des écouteurs sur ses oreilles. Y’a un moment où ses principes, on les colle dans sa poche.

Durant cette jolie petite promenade donc, nous avons eu le plaisir de faire la connaissance d’une charmante petite famille vivant dans le nord de la France, on début des années 60. Une famille de 5 garçons, de 2 à 10 ans. 5 garçons qui portent le même prénom JeanA JeanB JeanC etc … parce que le père n’a pas la mémoire des noms.

-          T’imazines maman ? 5 Timousse dans le bateau ? TimousseA TimousseB ...

De vous à moi, on va éviter d’y songer. Peu avant Noël, la maman réuni sa petite famille pour leur annoncer une grande nouvelle. Après, c’est une question d’approche hein. Y’en a pour qui six mômes, c’est le grand bonheur, y’en a d’autres qui arrivent tout juste à s’organiser avec deux.

-          Six ?????????????? Six enfants ???????? ah moi ze voudrais pas hein ! ze voudrais pas que avec papa tu fasses six enfants !

Mouarf ! aucun risque !

-          Alors là, si on est six enfants, ça c’est sur que moi ze me sauve de chez nous hein ! En plus ils me piqueraient touzours mon lit, mes zouets, mes livres, mes z’amoureuses …. ILS ME PIQUERAIENT MES Z’AMOUREUSES !!!! alors là non hein ! là moi ze me sauve hein !

Putain où elle est cette putain de route déjà ? C’est quoi ce panneau là ? c’est quoi ce bled ? c’est quoi ce …

-          Eh maman, t’imazines si mon amoureuse qui veut avoir des bébés … ze te l’ai dit hein ? qu’elle voulait des bébés ?

-          Timousse ! déjà j’ai du mal à retrouver mon chemin alors ne me demande pas de réfléchir à tes futurs enfants !

-          Ben t’imazines, si elle voulait 10 enfants mon amoureuse ? (rien à foutre de ce que je dis quoi) alors là, moi ze lui dis non hein ! et si zamais elle les fait quand même et ben si zamais un zour on a 10 enfants et ben z’en tue.

-          Ne raconte pas n’importe quoi Timousse ! on parle d’être vivants, on ne tue pas des enfants !

-          Ah oui mais non reu-reu-reu-reu ! ze disais ça pour rire. Ze vais pas les tuer. Mais ze vais les abandonner ! parce que 10 enfants …

-          TIMOUSSE ! enfin ! on n’abandonne pas les enfants non plus !

-          Ah oui mais non reu-reu-reu-reu ! ze disais ça pour rire ze vais lui dire de se faire aspirer.

J’hallucine là ! et il me fait le coup EN PLUS quand je suis en train de conduire !!!

-          TIMOUSSE ! t’ain je conduis là ! tu ne veux pas écouter l’histoire calmement au lieu de … et puis comment tu connais ce terme aspirer ? non non, je ne veux pas savoir là tout de suite maintenant, je conduis, mais on va en reparler au calme. Maintenant, tu écoutes ton histoire et tu arrêtes de dire n’importe quoi.

-          Oui mais quand même t’imazines ….

-          NOOOOOOOOON ! Je n’imagine rien du tout ! j’imagine juste qu’on va à la plage, qu’on va chercher ta copine si je retrouve cette putain de route, et qu’on va tous bien s’amuser et qu’on ne parlera ni de gosses, ni d’aspirateur, ni de rien d’autre que s’amuser !

-          Oui mais …

-          TIMOUSSE !

-          Oui mais moi, ze veux seulement deux enfants. Une fille un garçon comme ça c’est bien z’ai les deux.

-          Ecoute ton histoire !

En chemin, nous avons récupéré la copine de Timousse accompagnée de sa maman. Nous avons laissé le CD en route pour les plus jeunes à l’arrière et avons papoté tranquillement. Jusqu’à ce qu’on se mette à écouter une bride de leur conversation …

-          T’imazines ? 10 enfants ????

-          Moi je m’en fou, j’aurai pas d’enfants. Et si mon mari veut des enfants, je divorce et je garde la maison et la voiture. Moi, j’aurai un chien.

Et là, je me demande si ce CD, c’était vraiment une bonne idée.

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04 septembre 2009

Tu repars quand ?

Ca m’énerve !

Allez, avouez, sur que ça vous manquait de ne plus m’entendre me lire râler.

Ca m’énerve les gens qu’ont des gosses qui n’ont qu’une envie : retourner à l’école. Ca m’énerve d’entendre leur gosse dire « oh moi j’ai trop hâte de reprendre l’école ! » gna gna gna gna gna gna !

Et moi, je suis certaine que tes parents ils te passent un cd en boucle toutes les nuits pendant que tu dors … ça s’appelle du lavage de cerveau ! Ou alors ils te battent si tu ne le dis pas à chaque fois qu’on te demande si tu es content(e) de retourner à l’école. Ou alors, ils te font du chantage.

Oui parce que nous, on en est encore à la période où on leur demande « c’est quand la rentrée ? » parce que nous, c’est dans une semaine. Ah ben c’est comme ça hein ! Et Timousse, ça fait 60 jours qu’il répond « la rentrée, c’est dans 60 zours »

D’ailleurs, de toute façon, cette question elle m’énerve. Les gosses sont encore à plonger dans l’eau cristalline et chaude qu’on leur demande « au fait ? c’est quand la rentrée ? » Comme si on voulait, là tout de suite, effacer leur sourire radieux et éteindre la lueur pétillante de leur regard. Peut être qu’au lieu de leur apprendre à répondre « oh moi j’ai trop hâte de reprendre l’école ! » je vais leur apprendre à répondre un truc genre « qu’est ce que ça peut te f… » Non. Pas bien, je ne peux pas faire ça. Quoique … non, vraiment, je ne peux pas. Mais après réflexion …. Bon, faut que je pèse le pour et le contre.

Elle m’énerve cette question, parce que ça me renvoie en plus à cette époque de ma jeunesse où je vivais dans la capitale et venais passer mes vacances sur mon île. A peine avais-je posé le pied sur le sol qu’on m’accueillait d’un « et tu repars quand ? »

Bordel !

Laisse-moi arriver déjà ! Quand j’étais petite, je fondais en larmes parce que je n’avais pas envie de partir. En vieillissant (j’ose pas dire grandissant vu qu’il ne s’est pas passé grand-chose entre mon enfance et l’âge adulte niveau taille) en vieillissant donc, j’ai commencé à répondre à cette question débile par une question. Pas si débile d’ailleurs. Genre « pourquoi ? t’es pressé ? »

Sérieux, quand les gens sont en vacances, arrêtez de leur demander quand ils vont reprendre le boulot ou l’école ! Arrêtez ça tout de suite ! C’est pénible. Ca nous renvoie à une réalité qu’on est censé oublier pendant nos congés, vu qu’on est censés se détendre en vacances. Alors si dès le premier jour, on doit penser à la reprise ….

L’autre jour j’ai rencontré l’amie d’une amie qui était en vacances chez nous et je lui ai demandé un truc du genre si ils avaient un programme chargé en balades toussa …

Ben l’amie d’une amie m’a répondu on repart samedi 18. C’est dire qu’elle a du tellement entendre les « et tu repars quand ? » qu’elle en a fait une réponse automatique.

C’est dire.

Donc mes monstres, ils reprennent la semaine prochaine. J’ai commencé à le faire comprendre à Timousse. Qu’il peut enlever un 0 à son 60 jours maintenant.

-          Mais ze le sais maman, que ça fait longtemps que ça fait plus 60 zours. C’est zuste pour leur faire croire aux zens que ze suis en vacances.

Ok,  chacun son truc. T’as pas envie de leur répondre un truc du genre « oh moi ze suis trop content de retourner à l’école ! » Non ? Bon, laisse tomber.

En même temps, à part le fait que son périple en mer soit terminé, c’est vrai que Timousse est trop jeune pour être triste de reprendre l’école. Il en est encore à ne penser qu’au jour de la rentrée, avec l’odeur de neuf dans son cartable, les retrouvailles avec les copains et la découverte de sa nouvelle classe. Boudeuse, c’est autre chose. Boudeuse, elle sait. Et elle est fatiguée depuis 60 jours à la seule pensée de retourner en cours.

Alors on va dire que la plus stressée à l’approche de la rentrée, c’est moi. Parce que la reprise du boulot, ça va. J’assure. J’aime mon boulot, ça aide. Mais la reprise de l’école, c’est toujours un moment difficile pour moi. Je pense que si je ne bossais pas, je serais méga heureuse de les voir reprendre le chemin de l’école, histoire de respirer un peu dans la journée. Mais bon, il se trouve que je bosse. Et rentrée scolaire pour moi, ça rime aussi avec

-          Les devoirs du soir. Tu rentres vers 19h00 les meilleurs jours, tes mômes n’ont qu’une envie, faire leurs devoirs avec toi, c’est bien connu. Et toi, t’as qu’une envie, leur faire réciter leur dernière poésie où te replonger dans les équations à 5 inconnues, c’est bien connu. Tu vas me dire, tu as Rahan qui pourrait … sauf que Rahan, quand tu lui poses la question, il te répond « pourquoi ? y’avait des devoirs ? »

-          Les horaires à respecter. Pas que je sois du genre en retard tous les matins, mais je dois avouer que je ne suis pas du tout du matin. Alors quand ce n’est que pour le boulot, vu les heures que je fais on ne regarde pas l’heure de mon arrivée et ça me convient tout à fait. Mais l’école, elle s’en tape les deux genoux avec une coquille d’œuf de savoir si on est du matin ou pas. Donc, faut être à l’heure. Et ça, ça me stresse la course du matin.

-          Les rapports sociaux de Timousse à qui je dois régulièrement rappeler que désaccord avec petit camarade ne doit pas se terminer en bain de sang.

-          Les parents parfaits d’enfants parfaits devant l’école. Je crois que je vais en faire une overdose à force. Je crois qu’en fait, j’ai dépassé le stade de l’overdose. Je les entends déjà raconter les deux mois passés avec leur enfant parfait à réviser tout le programme des deux années à venir. Rien que d’y penser, ça me hérisse le poil. Je les entends déjà vanter les progrès époustouflants de leur petite merveille avant même que les cours n’aient repris. Sur que les mômes, ils savent déjà poser une division à 50 chiffres après la virgule quand Timousse a difficilement révisé quatre malheureuses tables de multiplications. Et encore, je le vois compter sur ses doigts quand je lui demande combien font 4x8.

C’est pas que j’ai honte de dire que pendant que Charles-Henri apprenait la méthode de la dissertation (oui, oui, à 8 ans), Timousse partait en plongée avec son père, c’est pas que j’ai honte puisque de toute façon, j’estime que des vacances doivent avant tout être des vacances.

C’est pas que j’ai honte d’avoir eu un mal fou à caser une heure de cahier vacances par jour parce que soit on se levait r_veil soit on naviguait et Timousse préférait apprendre le réglage des voiles. Soit on se baignait. Soit on partait faire une mini randonnée à terre. Soit on allait à la plage. Soit on partait ramasser les coquillages pour l’apéro du soir. Soit on s’écroulait dans les hamacs pour regarder les étoiles filantes.

Soit on regardait la lune

lune

Ou le coucher de soleil

la_tortue

Ou le ciel

ciel

Ou la nuit

lune2

Soit on s’allongeait pour lire un bon bouquin. Soit on jouait à des jeux de société débiles. C’est pas que j’ai honte.

C’est juste que nous sommes loin d’être parfaits.

M’en fou. Timousse a vu des dauphins cette année encore,

Dauphin2

c’est pas ça qui lui fera comprendre la table de trois,Dauphins3

mais au moins son cœur a-t-il failli se casser la gueule par terre. Dauphin4

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13 juillet 2009

You two, c'était samedi

Alors alors alors …. Malgré nos places numérotées, nous sommes arrivés bien en avance, il faut dire qu’on ne tenait pas en place dans notre petite chambre d’hôtel. Le dit hôtel étant complet de fans au moins aussi déjantés que nous.
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A 17 heures, nous étions déjà devant les portes du stade hermétiquement closes, le sac à dos plein de sandwichs et de bouteilles d’eau, des bouchons de rechange dans les poches (merci Gilsoub)  pressés comme des citrons dans la file d’attente.
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J’arborais fièrement un tee-shirt à l’effigie  de leur tournée actuelle, la lettre U et le chiffre 2 savamment peint sur mon bras gauche par mon bien aimé (le droit étant recouvert de bracelets fluo). Déjà, c’était magique.
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Un grondement sauvage, de ceux qui vous enveloppent, s’est élevé dans la foule, à l’ouverture des portes, nous tenions tous dans nos mains les mêmes tickets d’entrée comme un trophée.
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Samedi soir, j’étais une gamine de 15 ans. Et depuis, j’avoue que je n’ai pas trop grandi.
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Je m’accrochais à Rahan comme un noyé à sa bouée de sauvetage pour que la foule ne nous sépare pas. Vient enfin notre tour de glisser nos billets sous les scanners.
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Et une lumière rouge la plus rouge, la plus horrible, la plus angoissante de toutes les lumières rouges du monde illumine nos billets, le tout accompagné d’un biiiiiiip totalement et négativement antipathique.
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Putain de bordel de merde c’est quoi encore ce putain de bordel de merde ??????
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Oui ben pardon hein ! quand on passe un mois et demi à sautiller sur place en hurlant à tout va qu’on va aller à son premier concert de son groupe préféré au monde, quand on passe un mois et demi à cauchemarder qu’on oublie les billets, qu’on perd les billets, qu’on se choppe une gastro le jour du concert, que le concert est annulé pour cause de pandémie, qu’on rate l’avion, qu’il y a une putain de grève surprise qui nous fait rater l’avion …. Quand on passe un mois et demi à supporter les conneries des copains qui passent leur temps à inventer les pires scénarios qui vous feraient rater un des moments les plus magiques de votre vie, comme si vous n’aviez pas assez d’imagination pour le faire tout seul …. Quand on passe un mois et demi à se passer et se repasser tous les albums en se demandant quelles chansons ils vont retenir, si on connait bien toutes les paroles, si on pourra hurler avec la foule, ce que ça peut bien représenter 94 000 personnes dans un stade en folie ….
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Quand on passe le mois et demi que je viens de passer et de faire subir à l’intégralité de mon entourage et qu’une putain de machine de merde à la con dégueule un biiiiiiiiiiiip rouge au moment où on passe son putain de billet qu’on a pensé à tout ce qui pouvait arriver à ce putain de billet SAUF A CA !!!! ben je suis désolée, mais ça rend grossier.
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Alors si j’ai envie de caser putain, bordel et merde dans une seule et même phrase, ben je le fais.
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Le vigil nous montre du doigt une masse grouillante à traverser pour rejoindre là-bas tout au bout perdu un petit monsieur qui tient une petite machine dans les mains qui nous lira à sa façon notre putain de billet.
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Je me colle à Rahan qui pousse à grands coups d’épaules décidés des centaines de corps qui refusent de bouger d’un millimètre. Sauf pour avancer vers la putain de machine de merde qui ne va pas leur dégueuler son biiiiiiiiiip rouge de merde à eux, c’est sur ! Parce que ce genre de plan, faut le savoir, y’a qu’à nous que ça arrive !
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Très digne, Rahan tend nos billets au gentil petit monsieur à la petite machine. Et moi, moi je suis au bord de l’asphyxie. Je crois que je suis en train de mourir, mon cœur vient de se casser la gueule de ma poitrine, je l’ai entendu tomber par terre dans un splash humide en entendant le biiiiiiiiiiiiip rouge.
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Et vous savez quoi ? Ben sa petite machine au petit monsieur, sa petite machine qu’était pas du tout une putain de machine de merde, sa petite machine elle nous a dit tiiiit vert. Le vert, c’est beau. Le tiiiiit aussi ! Le tiiiiiiiit vert, c’est carrément grandiose. Je suis revenue à la vie. Mon cœur a reprit sa place et c’était assez douloureux parce que pour ce faire, il a du jouer des coudes avec dame angoisse oppressée et même un tube entier de ventoline n’aurait pas réussi à me rendre le souffle que j’avais perdu durant quelques minutes.
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Il nous a dit c’est bon, vos billets sont bons. J’avais envie de l’embrasser, de le soulever de terre, d’embrasser les 94 000 personnes qui allaient assister au concert, d’embrasser la terre entière … non pas le nain, le nain j’aurais pas pu. Mon soulagement devait être flagrant parce que le gentil petit monsieur, il nous a prit en pitié et  nous a fait passer devant tout le monde pour le premier contrôle en arrosant son geste de « vous allez voir, c’est superbe ce qu’ils ont fait, vous allez passer une merveilleuse soirée, bon concert …. » et le reste je ne m’en souviens plus parce qu’une dame vérifiait déjà si je n’avais pas planqué un missile anti-aérien dans mes poches.
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Je ne me suis pas assise, je me suis écroulée sur mon siège. J’avais une heure et demie pour me remettre de mes émotions et ce n’était pas de trop.
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Au centre du stade, la griffe trônait, bichonnée par des dizaines de bonhommes qui s’agitaient dans tous les sens. Nous avons admiré les derniers préparatifs tandis que le stade n’en finissait pas se remplir.
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21h10, après trois heures de olla, de balancé de bras, de sifflements et de hurlements divers …. Je l’ai vu. Nous n’étions pas très loin alors je l’ai vu. Nous étions tous debout, les mains déjà douloureuses, les bras en l’air et je l’ai vu monter sur scène et nous saluer. Et là, comment vous dire, toute l’émotion de ces dernières semaines est remontée à la surface, ma gorge s’est nouée et mes yeux se sont remplis d’eau. Enfin, je le voyais en vrai de vrai, enfin je les voyais en vrai de vrai. Ils étaient là pour moi, rien que pour moi et ils allaient m’offrir deux heures trente de pur bonheur. Et je crois bien que nous étions 94 000 à penser la même chose.
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Alors voilà, je vous aurais bien pondu une tocu de note genre critique de concert pour vous dire combien c’était grandiose, que les effets spéciaux étaient à tomber, qu’ils ont joué comme des Dieux, que ça méritait largement le mois et demi d’attente fébrile que je viens de passer, que le son était méga bien balancé, qu’ils étaient en osmose avec leur public, qu’ils nous ont même laissé chanté une de leurs chansons parce que de toute façon on gueulait tellement qu’on ne les entendait plus. Je vous aurais bien dit qu’ils nous ont fait une prestation somptueuse, que c’était génial, géant, merveilleux, magique, que nous sommes sourds et aphones, qu’ils jouent comme des Dieux (quoi je l’ai déjà dit ?) qu’ils ont une présence sur scène époustouflante, que c’était plus que magique ….
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Mais y’a plein de gens qui savent très bien le faire, images à l’appui, avec les mots qui frappent et qui vous donnent envie de vivre un moment pareil.
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Moi j’en serais bien incapable.
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Tout ce que je peux vous dire c’est que j’ai depuis des airs dans la tête qui ne me quittent pas, que j’ai toujours 15 ans et les yeux un peu mouillés quand j’y pense. Que je n’ai pas encore vraiment réalisé ce que je viens de vivre, que je n’ai pas fini d’emmerder mon monde avec ce week-end magique qui m’a été offert, que je suis toujours un peu beaucoup avec eux et que jamais de ma vie je n’oublierais cette soirée fantastique.
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Je suis comblée. Ils nous ont offert plus que ce que j’attendais.

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En_concert

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03 juillet 2009

A Taaaaaaaable !

Il y a des jours, tu dois déjeuner avec ton ado mais des impératifs imprévus viennent chambouler un emploi du temps déjà fragilisé. Tout autant que tes nerfs qui ne sont pas loin de lâcher.

Il arrive que ton ado ne comprenne pas ou refuse de comprendre que là, tu préfèrerais mille fois déguster une salade fraîche sur le port en tête à tête avec elle plutôt que galérer là où tu es en train de galérer mais que tu ne peux pas faire autrement. Et que ton ado s’obstine à répondre à tes « je ne pourrais pas être là » par des « pas grave, je t’attends.»

La mienne d’ado, elle a peur du feu. Jamais elle ne craquera une allumette, pas plus qu’elle ne jouera avec un briquet alors se faire cuire un truc sur le gaz, même pas en rêve.

Et bien ce jour là, son rêve se transforma en cauchemar parce que si elle voulait manger quelque chose, étant donné qu’il n’y avait rien de prêt (vu qu’à l’origine, nous devions sortir pour manger) si elle voulait manger quelque chose donc, il fallait bien qu’elle s’y colle.

C’est donc par téléphone, entre les embouteillages et les diverses courses à faire que j’ai du offrir à ma fille une formation allumage de gaz.

-          Mais il est où l’allume gaz ?

Et croyez pas, elle n’en était pas à sa première fois, mais c’est comme les maths. Quand elle a décidé de zapper, elle zappe.

Je n’avais pas le temps de m’enquérir de ce qu’elle se préparait à manger, j’avais encore des petites choses bien pénibles à faire avant de passer en coup de vent la voir deux minutes, même si elle s’obstinait à ne pas vouloir comprendre que non, nous n’allions pas déjeuner ensemble.

Entre une levée de corps et un passage éclair chez l’agricultrice pour récupérer mon panier hebdomadaire, j’ai tout de même eu ma fille quatre fois au téléphone.

-          Où est ce que je peux trouver une poêle ?

-          Ca, ma fille, si tu prenais la peine de temps à autre de ranger la vaisselle après l’avoir lavée au lieu d’attendre qu’on s’en occupe, tu n’aurais pas besoin de me poser la question ! Et là tu vois, j’ai peut être autre chose à faire pour l’heure que de t’expliquer ce que tu devrais normalement savoir !

-          Oui mais peut être que ça irait plus vite pour toi si tu me disais simplement où se trouve la poêle !

T’ain ça me troue sévère qu’elle me parle comme ça, ça me troue !

-          J’ai aussi besoin d’un couvercle pour la poêle je trouve ça où ?

-          LA OU TU AS TROUVE LA POELE !

Merde alors !

Le summum tout de même, le summum du nec plus ultra du tocu de top, c’est lorsque ma Boudeuse d’ado m’a demandé, a osé me demander avec quoi elle pouvait touiller son frichti.

-          Ben tant qu’à faire, prend une cuillère en bois

-          Ah ? une cuillère tout court ça n’irait pas ?

-          Putain Boudeuse, je sors de la morgue là, je ne vais quand même pas te donner un cours par téléphone pour t’expliquer pourquoi on doit touiller avec une putain de cuillère en bois dans une poêle !!!!

-          Oui mais le problème, c’est que je sais où se trouvent les cuillères tout court mais je ne sais pas où sont les cuillères en bois !

-          Ah !

Là, je me sens glisser au sol de découragement, parce que merde quoi. Démunie de pétards de zone, je me suis contentée d’une cigarette salvatrice.

-          Ah ! Bon ben alors tu vois le tiroir du …. Mais attends voir là, ôte-moi d’un doute … c’est toi ? c’est bien toi Boudeuse ?

-          Ben oui c’est moi pourquoi ?

-          C’est toi ma fille qui me demande où se trouve les cuillères en bois ?

-          Ben euh oui pourquoi ?

-          Et tu ne sais vraiment pas où elles se trouvent ? sérieusement ?

-          Ben euh non pourquoi ?

-          Non mais dis moi Boudeuse… est ce que toi et moi on vit vraiment ensemble ????

Non parce que je sais pas là, mais je m’interroges sérieux quoi ! on vit dans un espace plus petit que ça tu meures, et tout au long de ces années, ma fille n’a jamais pu savoir où on rangeait les poêles, les couvercles pour les poêles, et les putain de cuillères en bois ????? C’est plus planer ça, c’est du délire puissance mille !!!!

Boudeuse a enfin trouvé la cuillère en bois et moi j’ai terminé mes petites affaires chiantes puis je suis passée la voir quand même, avant d’aller à mon ultime rendez-vous qui avait été avancé d’une heure (d’où mon énervement nettement palpable).

Et là, je vois ma Boudeuse debout devant son assiette, la poêle dans une main, la cuillère en bois dans l’autre, en train de se servir et je vois une autre assiette, la mienne, pleine à déborder du petit repas qu’elle venait de préparer.

Des pates aux gambas.

D’un coup d’un seul, tout est retombé. La tension du boulot, l’énervement des dernières démarches, le stress de l’enterrement …. Je me suis assise, muette de surprise, derrière le premier repas préparé par ma fille. Pour moi. Même que j’étais servie. Et j’ai dis merde pour le rendez-vous, ils attendront. Je ne pouvais décemment pas planter ma fille qui venait de faire ses premiers pas dans le monde de la cuisine.

Pour moi en plus.

Du coup, on a passé un super moment en tête à tête à se raconter des bêtises inavouables.

Et même que c’était super bon !

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29 juin 2009

Jamais comme tout le monde

Timousse a été super chiant parait-il à la garderie et à la cantine. Quand les dames-de-l’école ont voulu sévir …

-          Mais si ze suis un peu (UN PEU ?????) pénible, c’est parce que ma mère, elle est partie à Paris pour 60 zours ! Alors ça me rend triste.

J’étais donc heureuse d’apprendre la bonne nouvelle vendredi soir à la kermesse, de la bouche des dames elles-mêmes qui se disaient que quand même, ça devait être dur pour ce pauvre petit garçon d’être séparé de sa maman pendant deux longs mois.

Ben putain j’aurais peut être du le faire ça ! Parce que bien entendu, elles l’ont cru ! Lorsque nous avons confronté Timousse et son mensonge à moi, sa mère, j’ai enfin vu la tête qu’il leur fait lorsqu’il est prit en faute et qu’il n’a plus aucune marge de manœuvre.

Vous avez vu Shrek avec le chat là qui fait ses yeux qui fait fondre tout le monde ? ben c’est encore pire que ça.

A un papa choqué d’apprendre la nouvelle qui m’a assuré que lui, pourtant quatre garçons, aucun d’entre eux n’a jamais fait un « coup » pareil, j’ai rétorqué que en fait, ses garçons ont même du faire pire que ça. Sauf qu’il ne l’a jamais su. Nuance. C’est que je commence à saturer sévère des parents parfaits d’enfants parfaits. Merde alors !

Les dames de cantine commençaient à me narrer en détail combien Timousse les rendait chèvres certains jours comme lorsqu’il s’amusait à frotter les murs de la cantine avec son ballon en mousse lorsqu’il fallait passer à table.

J’ai tenu bon. J’ai rétorqué qu’elles n’avaient qu’à le lui enlever, le ballon, qu’il n’avait rien à faire avec un ballon en mousse à la cantine et que d’ailleurs il le sait très bien. Et que c’était à elle de faire respecter certaines règles. J’sais pas, ça me semble ultra logique à moi. Le gosse, il tente le coup, l’adulte il dit niet. Et basta. Mais oui mais, ajoutent-elles, on a du mal avec Timousse. Du mal ???? comment ça du mal ? comment un adulte censé gérer je ne sais combien de gamins tous les jours, comment un adulte peut me dire qu’il a du mal avec un gosse de 8 ans tout frais ? Et c’est là qu’elles m’ont dit que Timousse, il avait une façon de les regarder, de les supplier de son regard bleu qu’on s’y noierait dedans, qu’elles avaient du mal à sévir. Sérieux, j’ai halluciné ! je sais pas moi, achète toi un tuba ou colle lui des lunettes de soleil à mon gosse !

Oui mais, insistent-elles, quand il fait des bêtises assez graves pour être puni, on tient rarement la punition parce que en plus, il n’est pas rancunier. Euh … pardon, pense-je très fort à ce moment là, mais manquerait plus que ça qu’en plus il fasse la gueule le gamin ! Oui mais précisent-elles, en plus au bout de quelques minutes, il vient nous voir en nous demandant « dis ? tu me pardonnes dis ? » alors comment voulez-vous qu’on fasse nous ? on craque !

Ok. Je ne me suis pas reconnue moi-même sur ce coup là, mais j’ai catégoriquement refusé de les plaindre même si je sais qu’elles n’attendaient que ça. C’est quand même ce qui m’a foutu en l’air ces dernières années, à me dire que je n’arriverai à rien avec cet enfant. A me demander où et en quoi j’avais loupé quelque chose. Timousse, je l’élève avec des principes éducatifs qui sont ce qu’ils sont mais au moins les a-t-il acquis. Maintenant, s’il se trouve que mon fiston est assez malin pour manipuler le cœur trop fragile des dames qui le surveillent entre les heures de cours, je n’y peux pas grand chose. D’autant que ça va quoi. Ok il a les yeux bleus, mais moi le môme il me prend la tête, il peut même avoir les yeux verts fluo, il ne va pas me prendre la tête pendant trois plombes hein !

C’est dimanche, au cours d’un anniversaire que mes doutes se sont confirmés en la matière. Une amie m’a dit il y a quelques temps déjà « ce qui sauve ton fils, c’est qu’il est gentil ». Entendez par là qu’il a un bon fond. Cette amie qui se reconnaitra avait raison. Mais pas que. Ca ne fait pas que le sauver, vu qu’il a bien compris comment utiliser ce petit pouvoir sur certains adultes. Dimanche donc, Timousse m’a fait péter un câble à force de caprices et là je vais vous dire, il pouvait me faire les yeux de toutes les couleurs qu’il voulait Timousse, il était à deux doigts de se faire dévisser la tête des épaules, Timousse.

Ben figurez-vous que pas moins de 5 parents, hommes et femmes, ont prit la défense de ce petit monstre parce que « ton fils, il a un putain de caractère, mais c’est ce qu’on aime chez lui et en plus il est vraiment trop trop trop craquant ».

Ben merde alors ! Je ne voyais pas du tout mon fils sous cet aspect là. Je le voyais avec mes yeux de maman énamourés et souvent à bout, mais je ne le voyais pas avec les yeux des autres, ceux qui le côtoient pendant les sorties scolaires, pendant les anniversaires …

Ca n’a pas été une année facile avec les dérapages de Timousse. C’est vrai que j’ai mis le temps à comprendre que effectivement, comme le disait la même amie, putain heureusement qu’elle était là soit dit en passant, on demandait à Timousse de devenir un parfait petit garçon sage et sans histoire. Ce dont il était bien évidemment incapable. Ce qui l’a bien évidemment perturbé au point de cumuler les conneries. Je sais, ça peut sembler illogique mais c’est ainsi. Il y a eu beaucoup de souffrance en lui, une frustration terrible de ne pas pouvoir rentrer dans la norme.

C’est vrai qu’il est chiant ce gosse, quand il y met tout son cœur à l’être. C’est vrai que ça ne doit pas être facile à gérer, dans une classe de 30 gosses, un phénomène comme mon fils. Nous allons apprendre à vivre avec ça. Je ne sais pas encore comment, mais on va y arriver.

Et puisque j’en suis à m’étaler sur mes enfants, j’ai un message d’espoir pour les parents d’ado qui décrochent scolairement parlant (les ados, pas les parents). Ma Boudeuse à moi, ceux qui ont lu ce blog l’an dernier le savent, ma Boudeuse à moi m’a rendue dingue l’an passé et même l’année d’avant, à vivre deux années de troisième comme deux années sabbatiques. Jamais de ma vie je n’ai vu une enfant travailler aussi peu. Pour ne pas dire pas du tout. Son agenda était aussi beau en fin d’année qu’il l’était le jour de la rentrée scolaire. Faut savoir que Boudeuse, elle avait une chance inouïe. Boudeuse, elle avait des profs géniaux qui ne donnaient aucun boulot à faire à la maison. Boudeuse, elle a fait acte de présence durant deux années consécutives, elle n’avait la moyenne dans aucune matière, elle a frôlé l’exclusion scolaire puisqu’elle soufflait ses 16 bougies l’été dernier.

Boudeuse a été orientée bien malgré elle et de justesse dans un BEP qui ne lui convient absolument pas. Elle a passé une année dans une classe qui s’est avérée être difficile dès la fin du premier trimestre. Boudeuse, elle nous a dit d’entrée de jeu qu’il n’était pas question qu’elle fasse un jour le boulot auquel on la préparait. Ce qui nous a bien fait marrer, vu le niveau de ses notes. Boudeuse s’est découvert un projet d’avenir alors qu’il y a encore quelques mois, l’avenir se résumait pour elle à ce qu’elle allait bien pouvoir se mettre sur le dos le lendemain matin.

Boudeuse a décidé de bosser, contre toute attente et envers ma propre logique. Entendez par là que moi, à sa place, je pense que j’aurais totalement baissé les bras. Mais Boudeuse n’est pas moi. Boudeuse a décidé de se battre pour retourner en seconde générale. Ses profs ont accepté sa demande si de son côté, elle prouvait qu’elle ne faisait pas un caprice. Et elle a bossé. Tant et si bien qu’elle sort de son troisième trimestre première de sa classe, avec les encouragements du conseil de classe, en progrès constants. Avec des moyennes qu’elle ne nous avait pas rapporté depuis la 6ème. Bon sauf en math où elle frôle toujours autant la bulle. Mais pour le reste, elle a plus qu’assuré. Elle nous a tous bluffés.

Tant et si bien que le défi qu’on lui avait lancé, certains adultes étaient persuadés qu’elle ne le relèverait pas. Et tout à coup, ces adultes font marche arrière et tentent de la maintenir en BEP. D’où mon état de crise actuel, je n’avais absolument pas prévu ce combat de fin d’année.

Je suis trop fière de ma fille. Je vais me battre pour et avec elle. Oui c’est vrai, le déclic arrive. Et pourtant, personne ne m’aurait fait croire ça il y a un an. Mais oui c’est vrai. Ceci explique donc mon absence sur la toile. Parce que ça demande beaucoup d’énergie et que nous sommes en phase de découragement. Une histoire de batailles et de moulins.

Je ne retiens tout de même qu’une chose, et pas des moindres, dans cette histoire.

Je suis trop fière de ma fille. Elle a du cran ma fille.

Posté par Kaliuccia à 15:02 - Nous - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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