17 août 2008
Un petit bonjour
En passant.
On retourne là :
Pour faire ça :
A bientôt ! (pas trop vite quand même !)
31 juillet 2008
J'ai rencontré ...
Je gare ma voiture à la place que j’occupe normalement l’hiver. Le soir, bien après la sortie des bureaux et juste avant les premières arrivées au restaurant, j’arrive à l’avoir cette place. Me fait moins loin à marcher pour rentrer chez moi après.
Mais surtout, ça m’a permit de les voir tous les deux et j’avoue que vue l’heure, je m’y attendais un peu.
Elle s’est tournée vers moi, doucement … il faut dire que je n’étais pas vraiment discrète, musique à fond et vitre baissée. Nos regards se sont croisés. Elle a souri en serrant les dents, j’adore ce sourire qui n’en est pas un.
Et j’ai deviné ce qu’elle lui marmonnait. J’ai ouvert ma portière et j’ai juste dit
- Surtout ne te retourne pas ! c’est ma mère !
Gniark ! Gniark !
Enfin ! j’ai fait connaissance avec scooter bout de ponton.
J’adore cette gène qu’ont les ados, surpris en flagrant délit de tendresse … par les vieux.
Ils étaient mignons tous les deux, sagement assis sur un banc, à discuter tranquillement…. En se tenant la main.
En se tenant la main. Ils se tenaient la main ! Je ne me sens pas du tout prête à voir ma fille à moi, mon bébé d’amour, embrasser un garçon ! Je n’ose imaginer le choc que ça me fera le jour où ça arrivera. Vu l’effet que ça m’a fait, de les voir juste là, sagement assis … et main dans la main ! La main de ma fille. Dans celle de ce (très sympathique) garçon.
En même temps, ça fait vraiment tout drôle.
Ca fait vraiment quelque chose à mon cœur de maman !
Ils grandissent trop vite. J’ai du mal à suivre !
Bonjour le coup de vieux. M’en vais continuer de vivre ma crise d’ado de la quarantaine pour me consoler tiens !
29 juillet 2008
Les malheurs d'une ado
Donc, ma fille est amoureuse. C’est beau une ado amoureuse.
Ca tire la tronche toute la journée, et ça s’illumine au moindre sms-coup-de-fil-mms-msn.
Ca passe l’après-midi avec son amoureux, ça demande à 19h00 si ça peut rentrer à 20h00, ça picore le repas du soir, tente de sauter celui de midi, et ça fonce sur msn dès 22h00 jusqu’à 2 heures du matin. Et puis ça rattrape les heures de sommeil le matin. Jusqu’à midi.
C’est ainsi qu’aujourd’hui, j’ai eu un sérieux conflit à gérer de mon bureau, par téléphone.
Et moi ce que j’aime, c’est la façon dont Rahan et Boudeuse ont de me raconter la même scène mais d’une manière tout à fait différente.
- Tiens, j’ai fait la connaissance de scooter bout de ponton.
C’est ainsi que les vieux du coin surnomment les petits amis passés présents et à venir de ma fille.
Scooter bout de ponton, c’est donc ce charmant garçon qui renverse le cœur de ma jolie ado.
- Ah bon ? il était où scooter bout de ponton ?
- Et bien … au bout du ponton. Il voulait voir Boudeuse
- Et alors ? il est comment ?
- Ben … c’est un scooter bout de ponton.
Pffffffffffff ! totalement impossible d’avoir des détails croustillants avec cet homme des âges farouches ! Comme pour Timousse. « ben c’est un garçon et il est zentil ! »
Oui mais moi, je voudrais des détails moi ! la couleur de ses yeux par exemple. Et quand je pose la question voici les réponses que j’ai.
- Boudeuse : il a des yeux ohhhhhhhh si tu voyais ses yeux !!!!
Bon donc, il a des yeux.
- Timousse : euh … ze sais pas !
- Rahan : en fait, en matière d’yeux, je ne les ai pas vu derrière sa mèche.
Donc, je sais au moins qu’il n’est pas chauve. Et qu’il a des yeux, même si Timousse n’est pas certain.
Boudeuse s’est donc levée vers euh … midi … quelque chose comme ça. Rahan est allé se chercher son petit cadeau à lui tout seul, un laser (les connaisseurs apprécieront) que je me demande comment on va faire pour se trainer ça cet été nous …
A son retour, en bout de ponton, il croise scooter bout de ponton. Qui n’a, je précise, aucun scooter.
Ne me demandez aucun détail de si ils se sont parlés l’un et l’autre, battus, s’ils ont bu un pot ensemble ou ont marché silencieusement côte à côte à se jauger … je n’en sais rien, Rahan étant avare de détails.
En même temps, j’ai la haine QUE TOUTE LA FAMILLE ET MEME LES VOISINS SACHENT A QUOI RESSEMBLE CE GARCON SAUF MOI !
Dixit Rahan :
Rahan est monté sur le bateau, à toqué (je suppute) à la porte de la cabine de ma fille et lui a dit que scooter bout de ponton était là. DANS le bateau.
Ce à quoi, en parfaite ado, ma fille lui a répondu
- Ah mais il est en avance
Ce à quoi Rahan a rétorqué
- Eh bien il attend.
Dixit Rahan : 15 minutes plus tard.
- Boudeuse (il ouvre la porte de sa chambre) scooter bout de ponton est toujours là.
- Ah mais non dis lui qu’il repasse plus tard.
Boudeuse était toujours allongée dans le noir à écouter sa musique et n’avait pas bougé d’un poil. Rahan s’est agacé légèrement. Scooter bout de ponton est donc entré dans la cabine de Boudeuse. C’est qu’il voulait la voir lui ! Rahan était très chiffonné que Boudeuse ose le prendre pour son messager, il a autre chose à faire et elle règle elle même ses problèmes avec ses amis, sinon on va avoir droit aux coups de fils « dis lui que je suis pas là ! » Rahan estime de même que quand quelqu’un vient nous voir, la moindre des choses est de le recevoir. Ce en quoi il n’a pas que tort.
Dixit Boudeuse.
Rahan a dit « Boudeuse, il y a scooter bout de ponton qui est là ! »
Boudeuse a paniqué. Ok, il était 14h00 mais ils avaient rendez-vous à 14h30. Et Boudeuse n’est pas ma fille pour rien. Ok, il était 14h00 et Boudeuse était encore en PYJAMA
- En plus t’imagines maman ? j’étais en py-ja-ma ! pas coiffée pas maquillée rien du tout !
Donc Boudeuse n’a trouvé que ça à dire :
- Il est en avance.
Puis Boudeuse est restée cloitrée dans sa cabine, planquée toutes lumières éteintes et rideaux tirés pour que surtout surtout, il ne la devine pas, scooter bout de ponton. Elle est restée cloitrée en attendant que scooter bout de ponton se sauve.
Ce qu’il n’a pas fait.
Ce qui a énervé Rahan qui de toute façon « s’énerve toujours pour rien »
Et Rahan a osé IL A OSE MAMAN ! laisser entrer scooter bout de ponton dans le bateau. Et scooter bout de ponton a fini dans la cabine de ma fille.
- MAAAAAAAAAAAAAAMAAAAAAAAAAAAAAN ! J’ETAIS EN PYJAMA …
Oui oui, je sais ma fille, pas coiffée, pas habillée.
J’étais au bureau en train de me battre contre mes paies lorsque Rahan et Boudeuse m’ont tour à tour raconté leur version des faits.
- MAAAAAAAAAMAAAAAAAAAAAN LA HONTE QUE J’AI EU !
Et bien entendu, j’ai pris la défense de ma fille.
- M’enfin Rahan ! t’as déconné là ! la pauvre ! elle n’était pas prête !
- Ben oui mais lui il attendait
- M’enfin elle était en pyjama !
- Ah bon ? elle était en pyjama ? (j’hallucine là, je vous jure que j’hallucine !) Ben pourquoi elle m’a pas dit qu’elle était pas prête ?
- Elle te l’a dit mais tu n’as pas compris
- Oui bon ça va, et même si elle était en pyjama … à 14h00 en plus, ce n’est pas grave hein, pas besoin d’être en beauté pour recevoir scooter bout de ponton.
Rahan, mon amour, je t’aime oui je t’aime vraiment. Mais tu ne comprends rien aux femmes !
27 juillet 2008
16 ans
J’ai parlé de toi il y a quelques jours avec une amie qui lutait contre le sommeil tandis que nous rentrions de nuit, d’un concert. J’ai parlé de toi et de ce tout premier moment où j’ai su que tu étais là, en moi, un tout petit bout de moi qui allait vitre grandir et prendre toute la place. En moi et dans ma vie plus tard. J’ai parlé de cette toute première fois où j’ai entendu le galop de ton cœur, et de cette toute première rencontre sur un écran noir et blanc. Tu étais déjà tellement belle.
Tu m’as fait mère en venant au monde et bien souvent je me réjouis à haute voix d’avoir vécu une nouvelle naissance, la mienne, le jour où une femme émue a posé ton minuscule corps sur ma poitrine. Je suis une autre depuis toi, ta délivrance m’a délivrée.
Dès la naissance, tu as su montrer ce caractère qui te détermine encore, que j’admire même si cela m’a souvent déstabilisée : cette faculté que tu as de t’opposer dans la douceur.
Ma petite fille devenue une belle jeune fille aujourd’hui. Ma petite fille pour toujours malgré tout. Chaque année, je me souviens avec bonheur de ce merveilleux moment de notre rencontre. Aucune nostalgie. Chaque âge que tu as traversé à mes côtés a apporté son lot de bonheur, de douceur et d’amour. Aucune nostalgie, juste de merveilleux souvenirs. Et la promesse d’autres à venir.
Ma petite fille, une enveloppe si fragile qui protége une force incroyable. Je t’admire, jolie ado, je t’admire et je suis fière d’être ta mère, tellement si fière ….
Ma jolie ado qui cache de si beaux yeux tendrement sombres derrière une mèche toujours trop longue. Ma si jolie ado au si joli sourire qui tournera bien des têtes …
Oh bien sur, tout n’est pas tous les jours rose entre nous. Il y a des moments où je dévisserais volontiers ta jolie petite tête de ton joli petit cou lorsque tu repousses mes limites. Mais ces moments ne sont rien à côté de la beauté de notre relation. Je suis fière de nous, fière de ce que nous avons construit ensemble au fil des ans. Fière de notre complicité et de nos fous rires, fière de nos réconciliations et de nos longues confidences. Fière de cette confiance que nous avons l’une en l’autre. Fière de rester ta mère et toi ma fille. Nous ne sommes pas amies, nous sommes mère et fille. Et je suis comblée par cet amour qui nous lie malgré tout.
J’aime cette jeune fille pleine de vie et d’assurance que tu es devenue. J’aime te voir chaque jour combattre et dépasser la timidité que je t’ai léguée. J’aime ton allure, lorsque tu relèves la tête en marchant à mes côtés. J’aime comme tu ronchonnes lorsque je refuse que tu écoutes ta musique en marchant dans la rue avec moi. J’aime cette gentillesse innée, lorsque tu acceptes de venir déjeuner avec des amis que je meure d’envie de te présenter, alors que tes amis t’attendent un peu plus loin. J’aime à t’écouter jouer de la guitare le soir dans le silence du mouillage. J’aime entendre ta jolie voix si douce et si claire chanter nos airs préférés. J’aime tous ces talents qui se bousculent en toi et que tu exprimes si bien. J’aime comme tu t’occupes de ton frère sans même que je ne t’en fasse la demande. J’aime comme tu le protèges.
Aujourd’hui tu as 16 ans, petit rayon de soleil. Tu as 16 ans et tes premiers amours te rendent plus belle encore. J’aime déjà ce garçon qui me vole des moments de toi. Je l’aime pour ton regard qui part parfois dans le vague, pour ces sourires qui illuminent ton visage lorsque tu penses à lui.
Aujourd’hui tu as 16 ans et je n’oublierais jamais ces premiers instants de ta vie qui n’ont appartenu qu’à nous. J’ai soigné tant d’égratignures, sur tes genoux et dans ton cœur. Je voudrais tant en avoir de moins en moins à guérir. Tu les guériras sans moi, de plus en plus souvent. Et c’est tant mieux, c’est la vie, tu grandis et tu suis ton chemin.
Je t’aime, ma ravissante ado, ma jolie princesse, ma superbe planeuse.
Je voudrais juste que tu t’éveilles un peu plus aux études, à l’avenir qui t’attend même si pour toi l’avenir se résume à demain.
Aujourd’hui tu as 16 ans, 16 ans de bonheur, de larmes, de joie, d’amour. Merci pour tout ça ma petite fille, ma jolie jeune fille, merci pour tout cet amour.
Bon anniversaire mon amour.
21 juillet 2008
De tout et de rien
Ce week-end, nous sommes partis en mer puisque Dame météo était clémente. Une belle journée était prévue hier, et c’est en toute confiance que nous avons jeté l’ancre dans un petit mouillage sympathique loin de la ville. Vers 17 heures nous avons quitté la grande plage presque déserte sur laquelle j’ai joué avec Timousse durant trois bonnes heures.
Nous avons relevé l’ancre et une légère brise nous a permis de hisser les voiles pour le trajet du retour. Mer belle, à peine un petit frisotis à la surface.
Je m’endormais au gré du léger balancement du bateau quand Rahan m’a appelée. De ce ton à la fois calme et ferme qui me fait me lever aussitôt. Je ne saurais vous le décrire, ce ton, mais je le reconnais à chaque fois. Sans lâcher la barre, il m’a demandé d’aller fermer hermétiquement tous les capots que nous avions laissés grands ouverts afin de créer moult courants d’air à l’intérieur.
J’ai plongé dans le bateau sans même regarder autour de moi, je suis une matelote parfaite qui s’exécute d’abord et pose des questions ensuite. J’ai jeté un regard circulaire à l’intérieur pour m’assurer que rien ne risquait de verser en cas de manœuvre agitée et j’ai installé mon petit garçon sous la capote.
Puis, sans qu’un mot ne soit échangé, j’ai remplacé Rahan à la barre tandis qu’il s’occupait des voiles. J’aime notre entente silencieuse lorsqu’il faut faire vite.
En quelques minutes, la mer avait revêtu un manteau blanc et formait des creux impressionnants. Les rafales de vent étaient si puissantes et irrégulières tant dans leur force que dans leur direction que nous n’avons conservé qu’un bout de génois pour avancer. Pendant la manœuvre, une rafale a arraché l’écoute du génois de son emplacement. La voile s’est déroulée presque entièrement et l’écoute s’est mise à battre violemment contre la capote. Timousse était terrorisé par le bruit que pouvait faire un petit bout de « corde » contre la bâche et le plastique. Sans lâcher la barre, je le rassurais en l’obligeant à se concentrer sur moi tout en suivant les directives de Rahan « face au vent ! direction la ville ! marche avant ! arrête le moteur ! tiens le cap c’est bon ! »
En quelques secondes, Rahan a rétablit le génois et moi je m’accrochais à la barre, bien campée sur mes jambes pour garder le cap. Des gerbes d’eau ont recouvert le pont et le cockpit mais la capote nous a sauvés de la douche salée. Pendant presque une heure, nous avons navigué dans une mer agitée par un vent devenu fou. La girouette elle-même en a perdu la tête.
Voilà pourquoi on dit que la Méditerranée est traitre. En quelques secondes, elle peut passer de la petite fille sage à l’hystérie la plus totale. C’est pour ça que je la respecte autant. Elle est plus forte que tout. Il faut savoir faire preuve d’humilité lorsqu’on est entre ses mains.
Rahan était dans son élément. Je regardais mon héros et me disais qu’il était vraiment le plus beau des marins. Timousse riait aux éclats et moi j’étais radieuse. D’ailleurs, en écrivant cette note, j’ai gardé un sourire immense, d’une oreille à l’autre.
Si l’on me demandait de décrire rapidement ce que j’ai ressenti à ce moment là, je répondrais simplement que c’était terriblement excitant.
Et pour finir, le calme revenu, alors que je caressais la capote martyrisée par l’écoute en furie en la couvrant de « ma pauvre petite capote chérie » (elle n’a rien, merci) Timousse m’a dédaigneusement assuré que « ça va hein ! elle n’est pas vivante non plus ! »
16 juillet 2008
Je hais les touristes
C’est peut être juste une impression hein, mais là comment dire … je me sens comme un peu toute seule là. Heureusement qu’il reste une petite poignée d’irréductibles qui pondent des notes ou laissent des coms ici et là parce que presque, presque, ça résonnerait là dans la blogo (que il parait que ça n’existe pas la blogo mais ça, c’est une autre histoire) tellement ça sent le vide …
Bon ok ok, je n’ai pas trop le temps de commenter non plus, vu que je prépare mes VACANCES pour dans DEUX SEMAINES et que je vais partir TOUT UN MOIS en MER ! Ce qui veut dire double boulot en un mois.
Enfin bon. Je me dis que si vous n’êtes plus là, tous, c’est aussi parce que vous y êtes déjà en vacances. M’enfin merde quoi vous pourriez faire un petit effort quand même, pour ceux qui n’y sont pas encore hein !
Où qui n’en auront pas d’ailleurs !
Je me dis que beaucoup de personnes sont en vacances en ce moment, et que d’ailleurs, il y a même un peu trop de personnes en vacances ces jours-ci, particulièrement SUR MON ILE !
Bordel ! (oups ! pardon ! un gros mot !)
Déjà, ne venez pas me dire que heureusement qu’il y a les touristes ceci-cela, qu’ils nous font manger ceci-cela, qu’heureusement qu’ils sont là pour l’économie de l’île ceci-cela …. Je vais vous en apprendre une bien bonne, je m’en tape ! moi en tout cas, ils ne me font pas manger ! (par contre, ils me piquent tous mes produits préférés dans les supermarchés du coin qui ne savent pas encore ce que le mot « stock » veut dire !)
Je m’en tape parce que les sous, ce n’est pas à moi qu’ils les filent les touristes, pas même à l’économie de l’île hein, faut pas croire. Faudrait déjà qu’ils en aient des sous, les touristes, pour en filer. Donc, soit nos touristes à nous sont fauchés, soit ils sont tous originaires d’Ecosse, mais en tout cas ils ne filent pas un sous à l’économie de l’île. Bon ok, rien que pour se payer le voyage, les trois quart de la cagnotte y passent. Donc pour le voyage, les sous sont généreusement offert à d’énormes multinationales (qui auront le genre humain).
Une fois sur place, les touristes il faut qu’ils mangent. Ici tout est plus cher qu’ailleurs, on le sait. Donc des sous sont encore généreusement offert à d’énormes multinationales (qui auront elles aussi le genre humain). Ok, ils vont dormir dans des camping ou des hôtels ou louer chez l’habitant … mais les sous ne sont toujours pas pour moi.
Donc je m’en tape qu’ils rapportent de l’argent, moi je ne vois qu’une chose : les emmerdes qu’ils trainent avec eux.
Je déteste les touristes ! Voilà, c’est dit !
Je sais. J’ai toujours dit qu’il ne fallait pas généraliser, que c’était ma règle à moi de ne pas généraliser … et bien justement. Je suis française. La grammaire française est truffée d’exceptions et les touristes sont une parfaite exception à ma règle !
Ok, pas tous. Y’a un peu de touristes qui sont bien. 0,01%. Les 99,99 % restant, je les déteste !
Les ferrys dégueulent des hordes de touristes tous les jours, toute la journée, en particulier aux heures de pointe putain ! (oups ! pardon ! un gros mot !). Je sais, ce n’est pas leur faute. Ben ils ont qu’à prendre le bateau à une autre heure. Et le ferry, il est à deux pas de chez moi. Doooooooooonc le matin je souffre pour partir bosser et le soir … je n’arrive pas à rentrer. Et quand j’arrive à rentrer, il n’y a plus une putain de place de libre dans ce putain de parking (ohhhhhhhhhhhhhhhhhh des gros mots !)
Hey sans dèc les mecs, c’est super moche où vous vous garez en plus hein, y’a pas plus moche ! non je dis ça parce qu’en plus, ils s’y garent pour y rester. Sur place. Ils y mangent et parfois même ils y dorment. Sur un parking méga super crade ! Beurk quoi ! Alors qu’il y a la plage juste un peu plus bas !
Le touriste, quand il vient ici, il a son timing. Il vient pour bronzer. Timing serré : trois jours sur le dos, trois jours sur le ventre. Donc si par malheur il n’a pas de soleil, le touriste nous en veut. A nous les habitants. Parce que forcément, c’est de notre faute. Et qu’est ce qu’il fait pour se venger le touriste ? il va faire ses courses dans les grandes surfaces. De l’ouverture à la fermeture, les grandes surfaces pullulent de touristes. Comment je les reconnais ?
Ce sont des écrevisses qui puent des pieds. Pourquoi ils puent des pieds ? Ils mettent des chaussettes dans leurs sandales. Des chaussettes dans les sandales ! il fait 40° degré à l’ombre ! Et puis les hommes, ils portent des marcels mais bien souvent, ils n’ont pas brûlé avec ce marcel là. Donc on voit dépasser dudit marcel des marques laiteuses qui jurent terriblement avec le putain (oups ! … etc.) de coup de soleil qu’ils viennent juste de se chopper. Les femmes, c’est la marque de la bretelle du maillot de bain qu’on voit. Toujours le même douloureux contraste. Que même la plupart du temps, la bretelle du débardeur elle a disparu vu que ça doit chauffer sec sur les épaules tellement c’est rouge.
D’ailleurs, la première fois que Timousse a vu un touriste, il a eu super peur : « maman ! la dame elle saiiiiiiiiiigne ! » Mais non, mon chéri, c’est juste un coup de soleil. Si en plus les touristes terrorisent mon gosse …
Et les gosses, ce sont les pires. La brosse à cheveux, ils l’ont oubliée dans les valises. Ils sont recouvert de sable de la tête aux pieds. Et comme ils n’ont jamais porté de tongs avant de débarquer sur notre île, ils passent leur temps à les paumer dans tous les rayons du magasins. Des tongs dégueulasses pleines de sable de terre de boue, de je ne veux pas savoir quoi … du coup je comprend pourquoi les parents, eux, ils portent des sandales avec des chaussettes hein !
Je déteste 99,99 % des touristes.
Le pire, c’est quand ils conduisent. Je ne dis rien quand ils cherchent leur chemin, je comprend, je les laisse prendre leur temps, je laisse un énoooooorme espace entre eux et moi par sécurité, je ne leur hurle pas dessus quand ils sont longs à démarrer au feu, je ne leur hurle pas dessus quand ils ralentissent sur une voie d’accélération …. Mais bon, sur l’île aussi, quand le feu passe au rouge, faut s’arrêter hein ! Le fait de chercher son chemin ne dispense pas le respect des règles de la sécurité routière hein !
Le pire avec eux, ce sont les ronds points. Bon ok, chez nous c’est la folie des ronds points. Il y en a tous les 100 mètres (normal, on roule comme des malades dès qu’on a une ligne droite) Mais bon, de là à ne pas savoir comment on rentre sur un rond point, de là à s’arrêter sur un rond point pour regarder sa carte routière … Y’A PAS DE ROND POINT CHEZ VOUS ?
Cet après-midi, justement, en m’engageant sur un rond point, je me suis trouvée nez à nez avec une voiture de touriste. M’a fallu un quart de dixième de seconde pour comprendre que la voiture, c’étaient ses phares avant que je voyais là. Le type, il prenait le rond point à l’envers ! en plus, c’est un rond point à voie unique. Donc aucun moyen de passer à deux.
Je me suis arrêtée, et j’ai attendu. Bon ok, je ne devais pas avoir l’air très sympa, je n’avais pas le sourire de miss monde, mais je n’était pas non plus agressive. J’attendais. Le hic, c’est que le touriste, il attendait aussi. Il m’a fait un signe de la main que j’ai traduis par « fais marche arrière, la blonde, je passe ». Ok. On va être copains toi et moi ! Je lui ai donc fait un signe de la main qu’il fallait traduire par « tu n’es pas dans le bon sens, pauvre naze, reprends le rond point correctement ». Il a sorti sa tête de sa voiture, j’ai sorti la mienne.
- Reculez pour que je puisse passer !
- Certainement pas, vous n’êtes pas dans le bon sens, vous avez pris le rond point à l’envers !
Et vous savez ce qu’il me dit ce gros con ? hein ?
- T’es de la police ?
- Non, je ne suis pas flic mais c’est toi, connard de touriste, (oui, j’ai dit connard de touriste et ça m’a fait un bien fou figurez-vous !) qu’est pas foutu de prendre un rond point dans le bon sens, alors c’est toi connard de touriste (oui je l’ai redit oui, oui, et ça m’a fait toujours le même bien fou) qui va faire marche arrière pour dégager la route parce que je ne vais pas MOI me mettre en danger et faire une manœuvre à la con pour laisser passer un connard de touriste (oui oui !) qui sait pas reconnaître un rond point !
Et là, j’ai repris mon souffle. Le touriste, il a fait marche arrière et il a reprit le rond point dans le bon sens. NANMEO !
Bon, c’est pas tout ça, mais je dois y aller. Ce soir, j’ai des amis touristes qui arrivent par le ferry de 18h00, s’agirait de ne pas les louper !
En même temps, c’est bon quand plus personne (ou presque) ne passe par ici, je n’offusque personne avec mes coups de gueule.
08 juillet 2008
Mais à quoi je vais servir maintenant ?
Je viens de me prendre une claque dans la tête, quelque chose de monstrueux !
Nan pas pour de vrai ! Pas une véritable claque physique ! une claque quoi.
Il y a tout plein de mauvaises langues qui disent que je suis trop mère poule, que je ne lâche pas mes enfants, que je suis toujours à leur mâcher le travail … c’est plus fort que moi. Je me dis que la vie aura bien le temps de les malmener.
A côté de ça, si je les couve trop, ils risquent de me ressembler à 19 ans lorsque j’ai quitté le cocon familial et …. Ben j’étais vraiment paumée hein ! quelle torture !
Enfin bon, à chacun son école de la vie.
Depuis quelques jours, je fais beaucoup appel à Boudeuse pour s’occuper de son petit frère. Ce qu’elle fait volontiers (et bien) tant que je ne suis pas dans les parages … je ne comprends pas pourquoi …
La dernière semaine d’école a été assez difficile à gérer et à deux reprises, j’ai demandé à Boudeuse de récupérer Timousse à la sortie de l’école.
Non sans l’avoir noyée de recommandations (tu m’appelles quand il est avec toi, vous faites attention en traversant, tu m’appelles quand tu rentres, pense à prendre un peu d’eau s’il a soif …) QUOI JE SUIS CHIANTE ?
Les deux jours, Boudeuse est allée chercher son petit frère, mais ne s’est pas contentée d’aller le chercher. Boudeuse est allée avec lui à la Bibliothèque, a rapporté des livres qu’il a choisi, lui a offert un tour de manège, une petite glace à l’eau … bref Timousse voudrait que ce soit sa sœur qui vienne le chercher tous les soirs (et en plus mes copains ils ont dit qu’elle est zolie !) Et dire que si j’avais demandé à Boudeuse de le faire, elle m’aurait poussé son plus gros soupir de pauvre ado maltraitée et utilisée par des parents un peu trop demandeurs. Allez comprendre …
Cette semaine, le centre aéré m’a gentiment annoncé qu’il n’y avait de place pour Timousse jusqu’au 15 juillet. J’étais RAVIE !
Contre toute attente, ma fille a proposé sa gracieuse participation. Elle s’occupe de son frère le matin, je vais le chercher à 13h30 pour le laisser à son cours de voile et comme Rahan est en pleine période d’heures sup à gogo (ben oui un bonheur n’arrive jamais tout seul) c’est Boudeuse qui récupère son frère à 18h00. J’ai appelé Boudeuse pour qu’elle n’oublie pas (parce que Boudeuse, elle est capable d’oublier !) d’aller chercher son frère. Je l’ai appelée à 16h30, 16h45, 17h00, 17h15, 17h30, 17h45, 18h00 ….Normal quoi … Je ne comprends pas pourquoi, elle a fini par m’envoyer promener.
QUOI JE SUIS CHIANTE ?
Hier, elle s’est promenée avec lui et ils sont rentrés une heure après. Ce soir, elle m’a prévenue qu’elle passerait par la plage avec lui avant de rentrer. (merde faudrait peut être que je l’appelle pour savoir s’ils sont bien arrivés) Moi je suis scotchée. Encore une fois, si je le lui avais demandé, elle m’aurait objecté que son brushing, son maquillage, les chaussures pas faites pour ça … mais là, bon ok je me tais.
Où c’est y que j’ai pris une baffe me direz-vous ? Boudeuse, je dois lui mâcher tout le travail et non ce n’est pas par plaisir quoi que vous en pensiez !
Mais là, comme je suis trrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrès en colère qu’elle ait bousillé deux années de scolarité, j’ai décidé qu’elle assumerait une partie de tout ce qu’il faut faire pour sa nouvelle inscription en BEP. Par exemple, il lui faut trois photos d’identité. J’aurais bien refilé les vieilles photos qu’on se traine depuis des lustres mais « même pas en rêve ! tu as vu la tête que j’ai là-dessus ? »
En temps normal, j’aurais pesté et j’aurais pris ma fille sous le coude pour qu’on aille ensemble chez le photographe.
Là, j’ai fait un effort monstrueusement surhumain. J’ai donné les sous à ma fille, et je lui ai dit qu’il y avait un photographe dans la rue en face de chez nous, qu’elle y aille toute seule pour se faire photographier, mais que surtout elle n’oublie pas de m’appeler une fois qu’elle sera devant le photographe pour que je lui explique bien … QUOI JE SUIS CHIANTE ?
Ne pas pouponner ma fille même à ses presque 16 ans, ça a été terriblement difficile pour moi. Mais bon, je l’ai responsabilisée. Et ça m’a fait tout drôle.
Boudeuse s’est pointée devant le photographe et m’a donc téléphoné : fermé.
Prise de panique, j’ai aussitôt appelé Tonga Soa qui sait toujours tout pour qu’elle m’indique un autre photographe. Elle me cause du photomaton du coin. Euh … Tonga Soa, Tonga Soa. On parle de ma fille là, on parle de Boudeuse. T’imagines, faut mettre les sous à l’endroit prévu à cet effet, faire tourner le siège jusqu’à ce qu’il soit à bonne hauteur, attendre connement en souriant connement que la machine se mette en route, attendre que les photos soient faites … nan ! pas bon plan.
Donc j’ai juste dit à Tonga Soa « je crois pas qu’elle saura faire ». Très patiemment, elle m’a alors indiqué un nouveau photographe. J’ai rappelé Boudeuse, lui ai expliqué où aller, qu’elle m’appelle une fois devant …
QUOI JE SUIS CHIANTE ?
Une heure plus tard, sans nouvelles de Boudeuse, je recompose son numéro (que je crois commencer à comprendre pourquoi elle l’entend de moins en moins souvent son téléphone …)
Et vous savez ce qu’elle me dit ? Ayé ! j’ai fait les photos depuis un moment ! je vais chercher Timousse là !
Là, j’étais heureuse d’être assise. Ma fille a prit ses photos sans moi derrière son dos, ma fille a ensuite décidé d’aller chercher son frère sans que je ne l’appelle dix fois pour le lui rappeler. Et elle ajoute
- il y avait un photomaton sur le chemin alors j’ai choisi l’option.
- Hein ? oh ben dis donc ! je n’osais pas t’en parler du photomaton, je pensais que tu n’y arriverais pas !
Je ne sais pas pourquoi, Boudeuse a été très très très vexée. Mais aussi, c’est un peu sa faute tout ça à donner toujours l’impression de vivre à des milliers d’années lumières de notre galaxie.
Donc là j’ai pris une sérieuse baffe. Ma fille a grandi. Ma fille n’a pas eu besoin de moi …. Mais alors à quoi je vais servir maintenant ? Ma fille n’a plus dix ans. Bouh !
Bon, demain je l’envoie se renseigner sur les horaires de bus pour aller au lycée et sur les conditions d’obtention d’une carte.
Je me tâte…. Est-ce qu’elle pourra le faire toute seule ? Est ce qu’elle trouvera ? saura poser la question …
QUOI JE SUIS CHIANTE ?
La télé menteuse
Moi qui suis cinéphile, mais télévore aussi par la force des choses (venez voir un peu l’état de nos cinémas pour comprendre) moi qui aujourd’hui ne louperais pour rien au monde mes séries préférées débilement américaines, je reconnais qu’à trop forte dose la télévision grignote le peu de neurones actives qu’il me reste en fin de journée.
Elle peut même être dangereuse, cette petite boite si on s’y laisse prendre.
Quand j’étais toute jeune, je regardais en famille tous les dimanches après-midi la merveilleuse famille Ingalls, en pleurant ou riant selon les désirs du réalisateur. Et je rêvais à la famille parfaite que je bâtirais une fois grande.
Aujourd’hui, avec le recul de mon grand âge, je me dis que cette série n’est pas seulement débile, elle a surtout honteusement abusé de ma naïveté et j’en conclu que putain (oups ! pardon ! un gros mot !) je me suis laissée avoir en beauté.
VOUS ETES DES MENTEURS !
Où t’as vu qu’elle pouvait exister cette famille parfaite hein ?
Vous allez me dire que c’était une autre époque, que ce n’est pas comparable, qu’avant le respect de la famille toussa … ok. Alors on va remettre cette jolie famille au 21ème siècle, pour voir.
J’ai donc mis en place un casting familial.
Il y a au moins Rahan qui pourrait préserver la famille idéale chez nous, cheveux longs, gueule de mauvais garçon avec un cœur gros comme ça, super attentionné, rarement un mot plus haut que l’autre sauf quand le matos qu’il a acheté qui coûte une fortune et qui est de la grosse daube lui pète entre les doigts.
Là où ça commence à déraper, c’est que je n’ai jamais vu Charles s’endormir à table, sur une chaise de jardin hyper inconfortable, alors qu’il était invité chez un couple qu’il connaissait à peine. Charles, il ne l’a pas fait ça lui. Rahan, il l’a fait. Le mec il lui pose une question et Rahan lui a répondu en ronflant ! j’étais mortifiée! M’enfin bon, si tout le monde était à l’image de Rahan dans notre famille, nous pourrions presque vivre dans la prairie.
C’est avec moi que les emmerdes (oups ! pardon ! un gros mot !) commencent réellement en fait. Je me désespère moi même. Ok, je cours dans tous les sens pour le bien être de mes petits amours chair de ma chair sang de mon sang, ok. Mais je peux vous dire qu’il m’arrive de le leur faire payer. Ok, je te les bisouille, je te les couvre de cadeaux, je suis toujours à la recherche d’une activité où ils s’éclateront et j’en fais beaucoup avec eux mais quand ils me gonflent sévère, ils le savent relativement vite. Degré de tolérance zéro. « T’ain Timousse tu commences à me faire chi-er ! » Ce à quoi répond invariablement mon petit monstre « ça existe pas T’ain et si-er ! c’est des gros mots T’ain et si-er et ça existe pas ! »
En plus, je dois avouer à ma grande honte qu’il n’y a pas plus pénible que moi avec Rahan. Si si, je reconnais, j’admets, j’avoue, je suis super hyper méga chi-ante. (Ca existe pas siante, c’est un gros mot siante !) Je suis tellement immonde que ceux qui me lisent savent qu’une nuit, j’ai réveillé Rahan pour lui demander de se faire vasectomiser. Ouaich. Et pas parce que je ne veux plus d’enfant hein ! Parce que je m’imaginais morte, lui qui rencontre quelqu’un d’autre et que cette pé-tasse (oups pardon un gros mot !) qui dormirait dans MON lit qui élèverait MES gosses, veuille un enfant.
IL EST DEJA PAPA ! Conn-asse ! (oups ! pardon …) Et même que Rahan, il ne s’était même pas énervé après ça. Donc lui il pourrait décrocher le rôle de Charles mais moi pour Caroline, je crois que c’est râpé !
Il pourrait y avoir ma fille dans le rôle de la douce ado parce que c’est tout de même une douce enfant. Elle s’occupe de son frère, elle débarrasse SON assiette, elle me dit bonjour tous les matins et bonne nuit tous les soirs, elle me parle beaucoup et …. Stop les violons.
Elle dort sur un lit jamais fait croulant sous les dizaines de tenues qu’elle a essayées avant de jeter son dévolu sur LE débardeur qu’elle DOIT porter aujourd’hui. Elle me pique MES chaussures et MES écouteurs d’Ipod et elle refuse que je lui pique ses petits hauts sous prétexte que je vais les élargir !!!! Elle se dessine tellement bien les yeux qu’on ne voit plus que ça même à travers la mèche qui lui recouvre le visage. Elle écoute une sorte de mélange de bruit et de hurlements qu’elle ose appeler de la musique (t’ain heureusement qu’à côté de ça, elle aime Muse et heureusement qu’à côté de ça aussi, elle joue de la guitare !!!) elle est capable de rester vautrée sur la banquette à me regarder d’un air bovin tandis que je cours dans tous les sens pour faire dix mille trucs en même temps. Boudeuse, elle n’ira pas touiller la soupe du soir, jamais de la vie ! elle est plutôt adepte du « qu’est ce qu’on mange ce soir ? »
Et puis Boudeuse, elle est tout sauf … énergique. D’ailleurs, elle et sa meilleure amie, tout aussi ado yop avant la prise du yop, attendaient avec impatience la sortie d’une boisson gazeuse dont j’ai oublié le nom. Je crois qu’elle avait été retirée du marché parce que trop dotée de caféine et donc rendait les ados un peu trop nerveux. Ah ! ah ! si j’avais su, j’en aurais fait un stock juste avant l’interdiction !
Donc, Boudeuse et sa meilleure amie attendaient que le produit soit à nouveau autorisé à la vente. Un jour, je la croise avec son amie, sur la plus grande place de la ville, à moitié vautrées à l’ombre, attendant mollement que la journée s’égraine. Et je vois deux cadavres de ces boissons à leurs côtés.
- Ben on a voulu essayer la boisson en se disant que ça nous donnerait un peu d’énergie mais … bof ! on attend depuis une heure et on ne sent aucune évolution !
Vous vous rendez-compte ? même ça, ça ne fonctionne pas sur elle !!!!
Reste Timousse. Aïe ! Timousse lui c’est plutôt l’inverse, faudrait que je trouve un moyen de lui injecter du xanax direct dans les veines au lieu de chercher vainement le bouton off !
Je crois que même dans les pires rôles joués dans la famille, aucun gosse n’a le putain (oups ! pardon un gros mot !) de caractère de mon fils. Pas plus tard que dimanche, nous passions la journée en mer avec des amis qui ont une fille de son âge. Jusqu’à l’an dernier, leurs rapports étaient plutôt … chauds. Mais depuis quelques mois, ils s’entendent beaucoup mieux. Et justement, vautrées sur la plage à regarder nos bambins, nous nous disions que Timousse s’était tout de même bien calmé, qu’il était moins agressif, qu’il s’entendait mieux avec … c’est là qu’on a entendu un hurlement. Et j’ai hélas reconnu le désastreux cri de mon fils. Faut l’avoir entendu une fois pour comprendre. Même Rahan qui faisait la sieste au fond d’une cabine, loin loin sur l’eau, même Rahan l’a entendu. Timousse il vous pousse le cri qui tue, celui qui paralyse l’adversaire, que la gamine en est tombée à la renverse, assise sur le cul dans le sable comme ça pof ! Même pas j’ai osé regardé la maman en face quand je suis partie régler le problème. Et puis Timousse, il faut aussi savoir que quand sa maîtresse lui a dit que non, il ne retournerait pas en classe chercher son goûter oublié au fond d’un sac, et bien Timousse s’est planté face à elle, bras croisés sur sa minuscule poitrine, l’a regardée dans le blanc des yeux et lui a dit « si z’ai envie d’y aller, z’ai envie ! »
Je crois donc que même Albert et ses conneries j’ai mis le feu à la maison ceci cela, même Albert peut reprendre son costume :-(
Conclusion, j’ai décidé de ne plus regarder que super Nanny ou le grand frère à la télé. Parce que quand on a fini de regarder ces émissions, on peut enfin regarder nos gosses en face et se dire rassuré que ouf ! Ca aurait pu être pire !
30 juin 2008
C'est pas juste
Je crois que je vais mettre en place chez moi un nouveau code, arrêter de penser que tout ce qui est décidé, mis en place, exigé chez nous l’est uniquement pour emmerder mes gosses.
Je suis assez laxiste en matière d’éducation, je le sais et je le paie chèrement aujourd’hui.
Parce qu’à avoir trop protégé ma fille fragilisée si tôt par la cruauté de certain, je ne lui ai fixé aucune limite. Je ne m’en étais pas vraiment rendue compte jusqu’à aujourd’hui, c’était une enfant facile, une ado facile, une personnalité agréable.
J’ai cru que j’avais établi encore moins de règles avec Timousse et que c’était ce qui avait fait de lui l’enfant ultra chiant « ça existe pas siant ! ze suis pas siant moi ! » qu’il est aujourd’hui, mais non. Timousse est différent, plus actif, plus vindicatif, plus exigeant. Donc lui nous le prenons en main dès aujourd’hui pour éviter qu’il ne nous marche sur la tête dans un peu moins de dix ans.
Boudeuse elle, n’avait aucun besoin jusqu’à maintenant. Aujourd’hui, elle a un cercle d’ami(e)s qu’elle a envie de retrouver plutôt que rester avec nous et c’est normal, c’est de son âge, nous avons eu tous les mêmes envies et les mêmes besoins au même âge. C’est la vie. Et c’est tant mieux.
Boudeuse n’a cependant aucune notion de rien toute protégée qu’elle a toujours été dans le cocon familial, et Boudeuse nous le fait payer chèrement aujourd’hui.
Tout en restant une gentille jeune fille, agréable, fine, sympathique … sauf quand elle fait la gueule pendant deux jours.
Vendredi, j’ai rappelé à Boudeuse qu’elle devait rentrer à 19h30. Elle m’a légèrement envoyée chier « tu n’as pas besoin de me menacer, JE SAIS ». J’ai donc lourdement insisté sur un récent historique.
Lundi dernier, Boudeuse devait rentrer à 19h30, elle est rentrée à 19h40. Je lui ai dit ce n’est pas bien ça Boudeuse, tu respectes l’heure que je te donne.
Le mardi, elle rentre à 19h45. Comme je suis quelqu’un qui use et abuse de la prévention, je me suis contentée de l’accueillir d’un « la prochaine fois, tu es punie ».
Le mercredi, elle rentre à 19h45. Hop, punition.
C’est injuste, la vie est injuste, je suis injuste, elle me déteste, les parents de ses copines EUX AU MOINS sont cool.
Vendredi donc, Boudeuse sort, a la gentillesse d’aller chercher son petit frère à l’école et de le raccompagner chez nous après lui avoir offert une glace pleine de sucre avec son propre argent, puis ressort avec ses amis non sans m’avoir envoyée légèrement chier « tu n’as pas besoin de me menacer, JE SAIS ».
Et elle est rentrée à 19h45.
Vous allez me dire que ce n’est rien 10 ou 15 minutes, qu’elle ne le fait certainement pas exprès, que quand on est avec ses amis, on ne voit pas passer l’heure …
Certes.
Et moi je réponds que inconsciemment au moins, je suis certaine qu’elle me cherche « tu ne m’imposeras rien, je fais ce que je veux ». Et que ça commence par un quart d’heure et ça termine par la nuit complète dehors J’AI EU SON AGE ! Et que si je n’arrive pas à faire respecter le peu de règles que je mets en place, je vais droit à la catastrophe. D’autant qu’il y a un tout petit derrière qui n’en perd pas une miette et qui est de nouveau rentré dans le cercle infernal du « je cherche toutes les limites possibles et imaginables de mes parents et putain que c’est bon de les trouver aussi vite !»
Donc, j’ai puni Boudeuse pour le week-end. De sortie et de portable.
Et Boudeuse m’a fait la gueule toute la soirée de vendredi et toute la journée de samedi. Pour me demander samedi soir, un entretien en privé.
Nous avons attendu que les deux mâles ronflent en chœur et le bras de fer a commencé.
D’après Boudeuse, je suis à l’affut du moindre faux pas pour lui tomber dessus. Ma pauvre petite fille, si tu savais ce que serait ta vie si c’était le cas… Mais Boudeuse est une ado nombriliste à l’égo surdimensionné, parano et maniant à la perfection l’art de la victimabilité (ben oui, j’invente, j’invente). Boudeuse est donc une ado.
D’après Boudeuse, les règles établies sont injustes, et les punitions découlant du non respect de ces règles injustes sont tout aussi injustes.
On n’est pas dans la merde avec ça.
J’ai donc patiemment expliqué à ma fille que les règles, dans une famille, n’étaient établies ni pour faire plaisir ni pour emmerder. Sourire sardonique de l’ado sous entendant que si, les règles étaient là pour l’emmerder. Quand on applique une règle, elle est mise en place dans le but de respecter la vie de famille, manger ensemble, se dire bonjour le matin, bonne nuit le soir, participer à certaines corvées, respecter les autres. Et lorsque je demande à ce qu’on rentre à une heure que j’ai fixé, je n’attends pas que mon ado donne son assentiment. J’attends que ce soit respecté.
19h30 ce peut être 19h29 mais certainement pas 19h35. Et oui j’y tiens parce que au boulot ou à l’école, 8h30 le matin, ce n’est pas non plus 8h35. Et on prévient si on a un empêchement, entre autre avec le portable que JE paye.
J’ai ensuite patiemment expliqué à ma fille que si elle pensait qu’une punition (injuste) découlant du non respect d’une règle (injuste) devait être bien vécue par la personne punie … ben c’est qu’elle n’avait pas encore compris la véritable signification du mot « punition ».
Bon ! tu es rentrée avec 15 minutes de retard pour la quatrième fois malgré mes avertissements et bien pendant une semaine, je ne te répondrais pas quand tu me demanderas « qu’est ce qu’on mange ? » Je peux aussi te punir avec d’autres trucs cool, tu ne feras plus la vaisselle pendant une semaine, ou tu ne m’aideras pas à porter les paquets quand je rentre des courses !
Et qui plus est, moi je punie par là où on a pêché. Tu rentres en retard, tu ne sors plus. Tu ne préviens pas, tu n’as plus ton téléphone.
Donc, lorsque je te punie, je ne fais pas un deal avec toi, ma jolie petite ado, je ne suis pas en train de parlementer sur ce qui serait le meilleur pour toi ou pour moi ou pour nous deux réunies.
Nan. Je te rends service même si tu ne le sais pas encore. C’est en respectant les autres qu’on peut espérer se faire respecter. D’autant que ça fou la merde avec Timousse qui se dit que lui aussi, il peut déroger à certaines prescriptions.
Donc je crois que je vais coller une banderole chez moi, histoire de rappeler certaines définitions.
Article 1 - Les règles ne sont pas établies pour plaire ou emmerder les trois pommes imberbes ou les ado yop avant la prise du yop
Article 2 - Les règles sont établies pour être respectées.
Article 3 – En cas de non respect des règles, la punition tombe.
Article 4 – Les parents ne prennent pas un plaisir sadique à punir leurs enfants.
Article 5 – Les punitions ne sont pas balancées dans le but de faire plaisir mais dans celui d’intégrer le fait qu’une connerie a été faite. Et toute personne normalement constituée ne commettra pas deux fois la même connerie (pas une raison pour en chercher un autre).
Article 6 – N’allez pas provoquer en affirmant à vos parents « vous pouvez me punir autant que vous voulez, de toute façon je ne cèderais pas ». Vous serez bien dans la merde pour rentrer en retard … si vous n’avez plus le droit de sortir …
Article 7 – Si les enfants trouvent la punition injuste c’est qu’ils n’ont pas encore intégré la nécessité de respecter les règles.
Article 8 – Non, ce n’est pas parce que j’ai la haine que tu aies enfin des amis que je te punie de sortie.
Article 9 – Non, je n’ai pas décidé tout d’un coup de faire ton éducation. Je continue à t’éduquer, nuance.
Article 10 – Et putain merde ! déjà que je suis assez cool pour tout le reste, au moins pouvez vous respecter l’heure à laquelle vous devez rentrer !
Article 11 – Et si vous n’êtes pas contents, j’en envoie un chez super Nanny et l’autre chez le grand frère et on en reparlera
26 juin 2008
Mes abdos
Je déteste la plage et pourtant j’ai passé la journée de dimanche à la plage.
Je déteste en particulier cette plage et pourtant c’est sur cette plage que j’ai passé la journée.
Je déteste me mettre en maillot de bain si je ne suis pas seule, c’est aussi un peu pour ça que je n’aime pas la plage.
Et cette plage que je déteste a l’avantage d’être très peu fréquentée.
Nous étions 5 adultes, deux femmes et trois hommes à surveiller nos bambins sur la plage tout en nous protégeant des premières fortes chaleur comme nous le pouvions. Donc en nous baignant. Donc, en maillot de bain.
Deux couples plus un type, un sale type, un pauvre type, un que je vais pulvériser s’il continue à me gonfler comme ça.
Nous devisions sur la qualité ou pas des résultats d’une machine qui fait fureur sur l’île depuis deux ou trois ans, une machine dont j’avais parlé sur l’autre blog il y a longtemps, une machine dont de plus en plus de kinés s’équipent pour muscler.
Une sorte de plateforme vibrante qui fait travailler les muscles à notre place, sans que nous ne fournissions le moindre effort.
Je me souviens encore de ce jour où j’étais dans la salle d’attente de mon kiné et que j’avais remarqué une affiche publicitaire sur cette fameuse machine vibrante sur laquelle était fièrement installée une sorte de beauté sauvage méga super bien foutue.
Je me souviens avoir demandé à mon kiné qui voulait me faire tester cette machine, si j’allais devenir comme elle après la torture.
Je me souviens de son air ahuri lorsqu’il m’a répondu « je suis kiné, je fais travailler les muscles, je ne fais pas de miracles »
Dans ce genre de situation j’ai encore assez d’humour pour m’en amuser.
J’ai eu quelques séances avec l’engin et je n’ai pas trop aimé le principe mais mes muscles avaient effectivement assez souffert pour que ce soit efficace.
Sur la plage, nous parlions donc de cette machine parce que l’autre con là, il venait de perdre 20 kgs mais qu’il continuait à arborer une généreuse bouée de gras autour du ventre … ben oui, c’est ce qu’on a le plus de mal à perdre, même en période de régime. Et l’autre con, son médecin lui avait fortement conseillé d’aller voir un kiné qui lui ferait travailler ses muscles sur cette machine, vu qu’ils avaient été un peu trop longuement au repos.
Et l’autre con hésitait. Et ma copine lui explique un peu comment ça fonctionne. Et l’autre con hésitait toujours. Et l’autre con m’a demandé mon avis sur la question.
J’ai donc répondu à l’autre con que j’avais testé cet appareil après mon opération d’une hernie parce qu’il me fallait remuscler mes abdos, il y a de cela deux ou trois ans.
- Oui mais ça ne se voit pas alors comment tu sais si ça fonctionne ?
Sur le moment, je n’ai pas vraiment voulu comprendre les allusions goujatesques de l’autre con, j’ai donc patiemment expliqué que oui, ça m’avait permis de retrouver ma ceinture abdominale à l’époque.
- Oui mais bon, ça ne se voit pas du tout ! alors comment tu sais si ça fonctionne ?
Je commençais à avoir un léger doute sur ce qu’il essayait de me dire, mais j’ai joué la carte de la blonde.
- Eh bien j’ai vu que j’avais retrouvé mes abdos, puisque j’ai pu à nouveau compter sur eux, donc oui ça fonctionne. Tu as mal deux jours après comme si ..
- Oui mais (et là, il tapote sa bouée puis il pointe avec insolence la mienne du doigt) ça ne se voit pas du tout que tu as des abdos, alors comment tu peux dire que ça fonctionne ?
Là, je n’avais plus aucun doute. Ce gros con était en train de me dire ouvertement que j’avais du bide, de la graisse, et pas un poil d’abdo … ce gros con était en train de me dire ouvertement et avec un mépris totalement insupportable que j’avais du bide !!!!
Connard !
Quand on insiste comme ça, si ce n’est pas de la provocation méchante sous prétexte qu’on est trop con pour avoir un tant soit peu d’éducation alors qu’est ce que c’est ? A la limite, je pourrais comprendre qu’un môme de cinq ans pointe mon nombril du doigt en me demandant si je resterais toute ma vie comme ça, mais de la part d’un gros con de cinquante ans j’ai du mal à encaisser.
J’aurais pu être méchante et lui dire un truc méchant et bien copieux sur son physique parce que en plus, je suis bien plus jolie que lui !
J’aurais pu être méchante et lui dire un truc méchant sur son QI qui ne doit pas dépasser celui d’un poulet sortant à peine de l’état de poussin parce que en plus, je suis bien plus intelligente que lui !
Nan mais qui t’es qui toi pour me balancer trois fois dans la tronche et en moins d’une minute que j’ai du bide, jusqu’à ce que tu sois certain que j’ai bien compris hein ?
J’aurais pu mais je n’ai pas fait. Parce que ces jours ci, je manque pas mal d’énergie et de répartie. Parce que je ne suis pas comme ça. Je suis méchante tout court, mais je ne me moque pas du physique des autres MOI.
Connard !
J’ai décidé de rester sur le ton léger de la conversation. Et de parler franc puisqu’on en était à parler franc. Et d’appeler un chat un chat, puisqu’il avait décidé de le faire.
- Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhh ! tu parles de ta bouée de graisse là ? ah mais j’ai dit que ça te faisait travailler les abdos, j’ai pas dit que ça ferait des miracles !
- Mais tu m’as dit que ça marchait, sauf que ça ne se voit pas sur toi !
- J’ai des abdos, mais ma graisse est toujours là. Maintenant je te conseille plutôt de te faire liposucer et ensuite tu iras faire tes abdos.
Connard !
Tain même les nanas ne sont pas aussi immondes avec moi !
Il m’a dit que j’avais du bide ce gros con ! L’est encore pire que le vieillard qui m’avait demandé il y a quelques années sur la plage si j’étais la mère ou la grand mère de Timousse !!!!
Connard !

